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    GROMAIRE (Marcel), la guerre - BRASSENS (Georges), mourir pour des idees

    GROMAIRE (Marcel), la guerre - BRASSENS (Georges), mourir pour des idees
    Marcel GROMAIRE - la guerre () Marcel GROMAIRE - la guerre ()

    Marcel GROMAIRE - la guerre
    Cinq soldats casqués, engoncés dans des manteaux-cuirasses, attendent l’assaut éventuel, Gromaire depeint la guerre vecue par des hommes-robots. Ces derniers apparaissent comme figés, se confondant presque avec le paysage au point de ressembler à des blocs de pierre. Gromaire a peint ce tableau sept ans après la fin de la guerre, avec la distance d’une vision rétrospective fondée sur sa propre expérience d’ancien combattant. La composition générale, tout en renvoyant à la mécanisation et à la déshumanisation des affrontements, évoque également un de ces nombreux monuments aux morts construits dès l’immédiat après-guerre pour témoigner collectivement de l’hécatombe et ne pas oublier le sacrifice des soldats. Marcel Gromaire a créé son propre style, qu’on ne peut confondre avec aucun autre. Un style qui allie un puissant souffle lyrique avec le goût d’une construction géométrisante.

    Illustration musicale: Georges BRASSENS - mourir pour des idees
    Brassens, né il y a exactement 100 ans aujourd'hui, traite dans cette chanson de l'absurdité du fanatisme sur un ton désinvolte. La chanson illustre la face anarchiste et antimilitariste de l'auteur, ainsi que sa défiance envers toute idéologie. C'est une de ses rares chansons de nature fortement politique.

    Mourir pour des idées L'idée est excellente
    Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue
    Car tous ceux qui l'avaient Multitude accablante
    En hurlant à la mort me sont tombés dessus

    Ils ont su me convaincre Et ma muse insolente
    Abjurant ses erreurs se rallie à leur foi
    Avec un soupçon de réserve toutefois
    Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
    D'accord, mais de mort lente

    Jugeant qu'il n'y a pas Péril en la demeure
    Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
    Car, à forcer l'allure Il arrive qu'on meure
    Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain

    Or, s'il est une chose Amère, désolante
    En rendant l'âme à Dieu, c'est bien de constater
    Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
    Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
    D'accord, mais de mort lente

    Les Saint Jean bouche d'or Qui prêchent le martyre
    Le plus souvent d'ailleurs, s'attardent ici-bas
    Mourir pour des idées C'est le cas de le dire
    C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas

    Dans presque tous les camps On en voit qui supplantent
    Bientôt Mathusalem dans la longévité
    J'en conclus qu'ils doivent se dire
    En aparté, "mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
    D'accord, mais de mort lente"

    Des idées réclamant Le fameux sacrifice
    Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
    Et la question se pose Aux victimes novices
    Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles?

    Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
    Quand il les voit venir Avec leur gros drapeau
    Le sage, en hésitant Tourne autour du tombeau,
    "mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
    D'accord, mais de mort lente"

    Encore s'il suffisait De quelques hécatombes
    Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
    Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
    Au paradis sur terre, on y serait déjà

    Mais l'âge d'or sans cesse Est remis aux calendes
    Les Dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
    Et c'est la mort, la mort Toujours recommencée,
    mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
    D'accord, mais de mort lente

    Ô vous, les boutefeux Ô vous les bons apôtres
    Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
    Mais de grâce, morbleu Laissez vivre les autres
    La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas

    Car, enfin, la Camarde Est assez vigilante
    Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
    Plus de danse macabre Autour des échafauds,
    mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
    D'accord, mais de mort lente