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    -16-coteCapture06@

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    comme une colombe qui fuit (d'après Guillaume Apollinaire) () comme une colombe qui fuit (d'après Guillaume Apollinaire) ()

    Tu m'as prise contre ta poitrine, comme une colombe qu’une petite fille étouffe sans le savoir
    Je t’ai prise avec toute ta beauté. J’ai empli mon avidité sensuelle
    de ton sourire, de tes regards, de tes frémissements ...
    Et qui peut prendre, qui peut saisir des nuages ?
    qui peut mettre la main sur un mirage ?
    et qu’il se trompe celui-là qui croit emplir ses bras de l’azur céleste
    J’ai bien cru prendre toute ta beauté et je n’ai eu que ton corps
    Le corps hélas n’a pas l’éternité, le corps a la fonction de jouir mais il n’a pas l’amour
    Et c’est en vain maintenant que j’essaie d’étreindre ton esprit
    Il fuit il me fuit de toutes parts comme un nœud de couleuvres qui se dénoue
    Et tes beaux bras sur l’horizon lointain sont des serpents couleur d’aurore
    qui se lovent en signe d’adieu. Je reste confus je demeure confondu
    Je me sens las de cet amour que tu dédaignes
    Je suis honteux de cet amour que tu méprises tant
    Le corps ne va pas sans l’âme.
    Et comment pourrais-je espérer rejoindre ton corps de naguère
    puisque ton âme était si éloignée de moi
    Et que le corps a rejoint l’âme
    Comme font tous les corps vivants

    Guillaume Apollinaire