![]() | A L OMBRE DES FILLES, Étienne Comar 2021, Alex Lutz, Agnes Jaoui (musical)@@Luc est un chanteur lyrique renommé. En pleine crise personnelle, il accepte d'animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Il se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des détenues. Entre bonne conscience et quête personnelle, Luc va alors tenter d'offrir à ces femmes un semblant de liberté à travers le chant. TELERAMA Un chanteur lyrique se reconstruit en découvrant la force des femmes en milieu carcéral. Très beau casting. Celles-ci ne sont ni jeunes ni en fleurs, mais vraiment à l’ombre, purgeant des peines dont on ne sait rien. Car ce drame carcéral et musical est, surtout, une peinture de la féminité dans ses secrets et son insolente fierté. Pour ce faire, le réalisateur choisit un élément extérieur en la personne d’un chanteur lyrique en pleine crise personnelle (Alex Lutz, parfaitement mélancolique) : venu animer un atelier de chant en prison, voilà ce blond fluet qui « chante comme une fille », poussé dans ses retranchements par un petit groupe hétéroclite de taulardes, bien décidées à se faire entendre. Avec son casting féminin étonnant et cohésif, son refus du manichéisme et son réalisme sur les prisons « modernes », ce film impose une humanité délicate. | A L OMBRE DES FILLES, Étienne Comar 2021, Alex Lutz, Agnes Jaoui (musical)@@ (E) Luc est un chanteur lyrique renommé. En pleine crise personnelle, il accepte d'animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Il se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des d&eac ... |
![]() | GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Josiane Balasko, Alain Chabat, Victoria Abril (comique moeurs)@@Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alors en compagnie de la jeune femme, Laurent gagne le comptoir pour téléphoner discrètement à une autre de ses maîtresses, Ingrid, et lui fixer un rendez-vous dans la soirée. Pendant ce temps, sa charmante épouse, Loli, restée dans leur confortable pavillon, s'occupe du ménage et des deux enfants. TELERAMA Une routarde lesbienne déboussole un couple hétéro… En pervertissant les recettes du vaudeville, Josiane Balasko signe un film souvent troublant, mais inégal. Personne ne pourrait y croire. Et pourtant, si : Loli, femme comblée, mère heureuse, tombe raide dingue de Marijo, une camionneuse, la caricature de la gouine. Mais tendre, aussi. À l’écoute. Belle, en définitive, sous ses dehors de faux mec. Ce qu’a voulu Josiane Balasko, c’est filmer l’inexplicable. L’incompréhensible. Une passion a priori absurde, dont tout le monde se moque, et qui, pour ces raisons, devient touchante et troublante. Elle l’a fait sous la forme d’une grosse farce. Avec, mine de rien, des scènes plus nostalgiques, avec les copines de Marijo, vieillissantes et forcément solitaires. L’épilogue (avec le beau Miguel Bosé) est ridicule, mais le film ne l’est pas : grave, entre deux rires. | GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Josiane Balasko, Alain Chabat, Victoria Abril (comique moeurs)@@ (E) Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alor ... |
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![]() | LA BELLE DE GAZA, Yolande Zauberman 2024 (film documentaire moeurs histoire)@@Ils ont eu une vision fugace une nuit pendant le tournage de M. Beautiful. L'une d'entre elles a raconté en arabe à Selim Nassib qu'elle avait quitté Gaza à pied pour devenir transsexuelle à Tel Aviv. Je l'ai appelée La Belle de Gaza. Avec ma caméra, je l'ai cherchée partout. TELERAMA Elles ont fui les violences et assument avec courage qui elles sont devenues… Avec ce documentaire projeté au Festival de Cannes, Yolande Zauberman achève en beauté sa trilogie de la nuit. Si Yolande Zauberman aime tant la nuit, c’est parce que la vie peut y briller avec éclat, et chacune ou chacun s’y autoriser à être tout à fait soi. « Dans La Belle de Gaza comme dans les deux autres films de [ma] trilogie de la nuit, je cherche la lumière pour repousser les ténèbres », explique la cinéaste, qui a tourné, pour l’essentiel, son nouveau documentaire dans une rue de Tel-Aviv où se pratique la prostitution. Après avoir questionné les noctambules de « la ville qui ne dort jamais » (Would You Have Sex With an Arab ?, en 2012) et signé le portrait nocturne d’un Israélien au caractère incandescent, abusé durant son enfance dans la communauté juive orthodoxe de Bnei Brak (M, en 2019), Yolande Zauberman est partie à la recherche d’une silhouette croisée sur le tournage de son précédent film. Celle d’un jeune Gazaoui dont la rumeur dit qu’il aurait marché jusqu’à Tel-Aviv pour devenir la femme qu’il se savait être. Arpentant la rue Hatnufa avec ces femmes qui vont et viennent dans les phares des voitures, rembarrent les curieux et se protègent autant que faire se peut des violences qu’elles ont fuies, la réalisatrice suit la trace de la « belle de Gaza », dont l’image floue sur l’écran d’un portable autorise toutes les suppositions. « C’est moi », confie d’ailleurs une inconnue au visage voilé, en adoptant un ton presque interrogatif qui nous laisse dans le doute. Peu importe qu’elle soit ou non cette « belle », car toutes pourraient se reconnaître dans la figure entraperçue sur un trottoir, assumant crânement le courage d’être soi. Telle Talleen Abu Hanna, élue Miss Trans Israël en 2016, ou Israela Stephanie Lev, qui fut mariée à un rabbin et se raconte dans une scène gorgée d’humour. Qu’elle capte leur visage palpitant d’émotions, leur regard traversé par de vives douleurs ou leur corps en mouvement, emporté par la danse, Yolande Zauberman joue de sa caméra avec une liberté qui épouse la leur. Ce partage d’intimité fait la beauté et la force d’un documentaire d’une fulgurante humanité. Un film flamboyant, réalisé avant le 7 octobre 2023 mais qui, à sa manière, traite de bout en bout de passages de frontières. | LA BELLE DE GAZA, Yolande Zauberman 2024 (film documentaire moeurs histoire)@@ (E) Ils ont eu une vision fugace une nuit pendant le tournage de M. Beautiful. L'une d'entre elles a raconté en arabe à Selim Nassib qu'elle avait quitté Gaza à pied pour devenir transsexuelle à Tel Aviv. Je l ... |
![]() | LOVE AND MERCY, Bill Pohlad 2014, Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks (musical bio)@@Les "Beach Boys" n'ont jamais été aussi populaires et leur leader veut révolutionner la musique. Malgré les membres du groupe qui trouvent le projet trop original, Brian Wilson s'entête à fignoler l'album "Pet Sounds," ce qui provoque son lot de conflits pendant les séances d'enregistrement. TELERAMA Un film inventif et bouillonnant dans lequel le cinéaste insiste surtout sur le destin de Brian Wilson (John Cusack), qui s’écarte du groupe pour composer des mélodies aux envolées lyriques. Passionnant. Il y a deux actes dans la vie de Brian Wilson. Dans les années 1960, le succès des Beach Boys, chantres juvéniles d’une Californie idéale, ne suffit pas à son ambition musicale. À 22 ans, il s’écarte du groupe et boude les tournées pour se consacrer au travail de l’ombre, en studio. Les ritournelles pop font place aux envolées lyriques nées d’un caractère introverti. Les drogues le désinhibent. Un nouvel entourage le persuade de son génie. Ce Brian-là a les traits de Paul Dano. Le voir en gosse immature diriger l’enregistrement du chef-d’œuvre Pet Sounds, entouré de joueurs de basson ou de cor en costume trois-pièces, est en soi un régal. L’autre temps du film est celui d’une douloureuse rédemption. Le musicien y apparaît, au milieu des années 1980, comme un gentil zombie, cornaqué par Eugene Landy, gourou mental qui le coupe du monde en l’assommant de cachets. Face au fumeux « docteur », John Cusack prête une silhouette épaissie et beaucoup de subtilité à cette seconde incarnation, peu flatteuse. Pic créatif des années bouillonnantes d’un côté, lente renaissance de l’autre : la grande idée du réalisateur et de ses scénaristes est d’avoir choisi, plutôt que leur succession chronologique, l’alternance entre ces deux faces du miroir, suscitant contraste et échos. Dans cette partition des styles, Love & Mercy trouve sa dynamique. Sa forme fragmentée zappe forcément des moments clés de l’histoire des Beach Boys, mais offre sur le sujet Brian Wilson une perspective généreuse et assez complète. | LOVE AND MERCY, Bill Pohlad 2014, Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks (musical bio)@@ (E) Les "Beach Boys" n'ont jamais été aussi populaires et leur leader veut révolutionner la musique. Malgré les membres du groupe qui trouvent le projet trop original, Brian Wilson s'entête à f ... |
![]() | WASABI, Gérard Krawczyk 2001, Jean Reno, Michel Muller, arole Bouquet, Ryôko Hirosue (thriller japon)@@Hubert Fiorentini est un policier quadragénaire au caractère bien trempé, qui éprouve de ce fait quelques difficultés dans ses relations avec les femmes. Il n'est jamais parvenu à oublier son amour pour la jeune Miko, sa compagne japonaise, partie vingt ans plus tôt sans donner d'explication. Un jour, son tempérament violent conduit Hubert à démolir, sans le savoir, le portrait du fils du préfet. Les représailles ne se font pas attendre, et son supérieur lui impose aussitôt un congé. C'est alors que le flic turbulent apprend qu'il doit se rendre au Japon : Miko, décédée subitement, l'a désigné comme unique légataire d'un héritage dont le contenu reste une énigme... TELERAMA Un flic solitaire et retors retrouve sa fille lors d’une mission au Japon. Résultat : ce film écrit par Luc Besson est une pâte molle à peine relevée de quelques canardages. Wasabi, c’est le petit tas de moutarde verte sur le côté du plateau de sushis. Jean Reno mange ça sur le bout du doigt, comme si c’était de la mousse au chocolat. Voilà un dur à cuire. Pendant ce temps, le spectateur avale tout aussi distraitement Wasabi-le-film, pâte molle à peine relevée de quelques castagnes et canardages. Un scénario niveau CE2 dépêche Jean Reno, superflic jamais remis d’une romance nippone, à la rencontre du fruit de cette liaison passée : une poupée choc aux tifs soleil couchant. À Tokyo, le gendarme en vadrouille dézingue les yakusas à coups de club de golf. Il est tantôt flanqué de la post-lolita survoltée (cliché rituel des productions Luc Besson), tantôt d’un comparse gaffeur type La Chèvre, que Michel Muller (intéressant guignol canalesque) fait de son mieux pour étoffer. Aucun des deux tandems n’est vraiment exploité. Mais on s’en fout un peu, comme du reste. Une seule chose ici compte : Jean Reno. Chaque nouveau rôle coule un peu plus dans le bronze sa statue d’acteur populaire. C’est un homme qu’on aime aimer, avec ses yeux cernés, sa barbe de trois jours, ses airs de chien fidèle. On voit doucement vieillir ce massif clergyman de la castagne. D’un film à l’autre et beaucoup sont médiocres il est le même et il est là. C’est un héros récurrent qui ne dit pas son nom. Sauf qu’ici (clin d’œil volontaire ?) il s’appelle Hubert, comme dans Les Visiteurs. Chevalier solitaire, anachronique et mutant, sympathique et opaque, Jean Reno aura un jour sa rétrospective à la Cinémathèque. | WASABI, Gérard Krawczyk 2001, Jean Reno, Michel Muller, arole Bouquet, Ryôko Hirosue (thriller japon)@@ (E) Hubert Fiorentini est un policier quadragénaire au caractère bien trempé, qui éprouve de ce fait quelques difficultés dans ses relations avec les femmes. Il n'est jamais parvenu à oublier son amour ... |