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A BOUT DE SOUFFLE, Jean-Luc Godard 1960, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg


Michel Poiccard, jeune voyou insolent, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris. Mais en route, lors d'un contrôle, il tue un policier qui le poursuivait. Arrivé à Paris, il retrouve une étudiante américaine, Patricia. Tout au long du film, Michel essaiera de la persuader de coucher à nouveau avec lui, et elle lui résistera un certain temps en affirmant que lui ne l'aime pas vraiment.

TELERAMA:
Ce grand coup de neuf dans l'histoire de la realisation cinematographique demeure un moment de rupture. On ne cessera, ensuite, de reprocher à Godard son excès d’intelligence, alors qu’il avait su bricoler ce drôle de film, beau et (un peu) con à la fois.
À bout de souffle devient aussi, de scènes de rue en scènes de chambre, un documentaire sur son duo de jeunes acteurs. Belmondo et Seberg démodent instantanément tout ce qu’on voit autour d’eux. Avec le recul du temps, on les croirait découpés dans un magazine et collés sur une époque indifférente à ces ­gamins idéaux. La vie est pourtant de leur côté. Ce souffle passe encore aujourd’hui.
A BOUT DE SOUFFLE, Jean-Luc Godard 1960, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg (E)
Michel Poiccard, jeune voyou insolent, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris. Mais en route, lors d'un contrôle, il tue un policier qui le poursuivait. Arrivé à Paris, il retrouve une é ...

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A L EST D EDEN, Elia Kazan 1955, James Dean, Julie Harris (sentimental)@@@


En 1917, Adam Trask exploite ses terres à Salinas Valley, aidé par ses deux fils jumeaux, Cal et Aaron. Cal, jeune homme troublé, est convaincu que son père ne l'aime pas et tente par tous les moyens de gagner l'affection de son père qui ne voit en lui que des défauts.

TELERAMA
La vieille Amérique chrétienne et puritaine étouffe les jeunes « rebelles sans cause » qui hurlent leur fureur de vivre et leur haine des carcans. Le beau roman de John Steinbeck, publié en 1952, s’inscrit dans cet air du temps, ce goût de liberté qui donne envie de s’affranchir des codes établis. Kazan, adaptateur fidèle, en profite pour rompre avec les règles du cinéma classique : décadrages révélant la haine à peine maîtrisée d’un père pour son fils, scènes d’hystérie dans l’obscurité d’une maison close, ou ce splendide arrêt sur image, saisissant au vol la folie d’une foule de lyncheurs — un homme tient dans sa main la barrière qu’il vient d’arracher, une vieille femme brandit le poing…

Mais, surtout, le cinéaste donne toute latitude à James Dean, dont c’est le premier rôle, pour improviser un personnage à la limite de l’autisme, dont la démarche inégale et enfantine, les yeux étranges et fous, la façon de marmonner ses phrases ou de relâcher sans prévenir sa brutalité restent inégalés. Kazan avait d’abord envisagé pour le rôle un autre débutant, du nom de Paul Newman. A quoi un mythe tient-il ?
A L EST D EDEN, Elia Kazan 1955, James Dean, Julie Harris (sentimental)@@@ (E)
En 1917, Adam Trask exploite ses terres à Salinas Valley, aidé par ses deux fils jumeaux, Cal et Aaron. Cal, jeune homme troublé, est convaincu que son père ne l'aime pas et tente par tous les moyens de gagner l' ...

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AMARCORD, Federico Fellini 1973, Magali Noel, Pupella Maggio (societe)@@@


Chronique autobiographique de Federico Fellini rêvée à Corpole, dans l'Italie fasciste des années 30, où quelques souvenirs d'enfance, fantasmes sexuels et ses visions oniriques se mêle à son goût pour les récits digressifs et truculents. Les habitants célèbrent l'arrivée du printemps en brûlant tout ce qui leur tombe sous la main. La Volpina, une étrange mythomane, subit la rudesse des noceurs. La belle Gradisca s'exhibe en compagnie de ses soeurs.

TELERAMA
À Rimini, les seins de la Gradisca et la parade grotesque des fascistes… Fellini sublime ses souvenirs.
Jamais Fellini n'a été plus proche de l'autobiographie qu'avec ce film au titre évocateur : « Je me souviens », en dialecte romagnol. Souvenirs plus ou moins avérés, donc, du jeune Federico, quand il découvrait la vie à Rimini dans les années 1930.

La mémoire transforme ces instantanés de vie ordinaire en saynètes, tableaux, images irrésistibles. Au fil d'une chronique décousue main surgissent les seins de la Gradisca, l'hyperbolique vamp locale, le directeur du cinéma qui s'est fait la tête d'un célèbre jeune premier hollywoodien, le fabuleux paquebot Rex glissant dans la nuit et la parade grotesque des pompeux guignols en uniforme de la fête fasciste. Rassemblés, tous ces signes, trop beaux pour ne pas être véridiques, cernent les émois d'une adolescence hantée par « la chair » et le péché qui va avec, confrontée à la molle veulerie ambiante vis-à-vis du régime mussolinien, et traversée aussi d'une gravité furtive quand, une nuit, un violon solitaire joue L'Internationale...

La plus mince anecdote est, ici, sublimée par l'oeil de l'artiste Fellini (et de ses complices, le chef op Giuseppe Rotunno et le compositeur Nino Rota) et représente un incomparable hommage au cinéma. Celui qui faisait fantasmer l'adolescent de Rimini et celui qui permet au Maestro de continuer à transfigurer la réalité en rêve éveillé.
AMARCORD, Federico Fellini 1973, Magali Noel, Pupella Maggio (societe)@@@ (E)
Chronique autobiographique de Federico Fellini rêvée à Corpole, dans l'Italie fasciste des années 30, où quelques souvenirs d'enfance, fantasmes sexuels et ses visions oniriques se mêle à son g ...

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ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@


Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La principale suspecte est alors toute désignée : Sandra, l'épouse du défunt, qui va devoir se défendre lors d'un procès. Si les analyses n'ont pas permis d'établir avec certitude la cause du décès - suicide ou meurtre -, les soupçons des enquêteurs ont amené à l'arrestation de Sandra. Un an plus tard, lors du procès, tous les détails de la vie du couple sont disséqués et notamment l'infidélité de la mère, le tout en présence du jeune Daniel...

TELERAMA
Sandra a-t-elle tué son mari ? Ou est-ce un suicide ? Justine Triet dissèque le naufrage d’un couple au scalpel. Une Palme d’or au scénario diabolique.

Dans un coin isolé de montagne, un homme a chuté, du haut de sa maison. Il est retrouvé mort, par son fils, 11 ans, malvoyant, revenu d’une promenade avec son chien. Que s’est-il passé ? L’hypothèse de l’accident étant assez vite écartée, il reste le suicide. Ou l’homicide. Une enquête est ouverte. L’épouse du défunt, Sandra (Sandra Hüller, formidable en femme de tête, séduisante dans son refus de l’être), romancière réputée, présente dans la maison au moment des faits, est suspectée. Arrive aussitôt un ami de confiance (Swann Arlaud), avocat de profession, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Il lui demande de raconter en détail tout ce qu’elle a fait, ce qu’elle a entendu. S’il laisse comprendre que pas mal d’éléments l’accablent, il est clair qu’il ne doute pas de son innocence.

Et nous ? On ne cessera d’apprendre et d’être bousculé, de s’interroger, avant de se forger sa propre conviction ou de se raccrocher au bénéfice du doute. Il y a bien là tous les éléments concourant au suspense d’une véritable intrigue policière, mais largement rehaussée d’une approche très intime des personnages. Dès le début, un sentiment de proximité s’instaure en effet avec Sandra, cette héroïne complexe, monstre d’ambiguïté, appréhendée (au double sens du mot) dans son foyer, lieu d’ancrage et d’effondrement de l’histoire. Le décor, la vie matérielle et domestique, l’expertise des faits, d’un côté ; de l’autre, le vertige de la fiction, la verticalité de l’abîme, le puits sans fond d’une vérité multiple.

Scénario diabolique
Voilà comment se déploie Anatomie d’une chute, Palme d’or 2023 et quatrième long métrage d’une réalisatrice (La Bataille de Solférino, Victoria, Sibyl) qu’on défend ardemment depuis ses débuts. Et qui franchit clairement un palier, avec ce film ambitieux sur la défaite d’un couple, analysée et disséquée avec d’autant plus d’intérêt que les protagonistes semblent très lucides sur eux-mêmes. Ce sont des fortes personnalités, ayant chacune la passion de l’écriture. Passion contrariée chez Samuel, le mari, professeur charismatique, qui avait décidé de faire classe à leur fils à la maison. Est-ce par manque de temps, d’énergie, de confiance en lui ? Il n’était pas parvenu au statut de reconnaissance littéraire de sa femme.

Bataille d’ego, désir, frustration, mensonges, jalousie sont au cœur du film. Faire perdurer le couple n’est pas chose aisée, il faut que chacun y trouve sa place, son équilibre, son indépendance. C’est une construction fragile, où peut surgir de la violence, en mots voire en actes. Arthur Harari et Justine Triet, couple à la ville, le savent pertinemment. C’est ensemble qu’ils ont écrit ce scénario diabolique, manière qu’on imagine heureuse pour eux d’expurger le pire. La grande sagacité de leur histoire est d’aborder cette faillite du couple à travers tous les angles — psychologique, politique, sexuel et finalement judiciaire. Pari fou, pleinement gagné.

Le procès de Sandra ne va pas sans théâtre — voir le numéro virevoltant de l’avocat général (Antoine Reinartz, histrion pernicieux à souhait). L’enceinte de ce tribunal est une scène qui offre un terrain idéal pour tout apprendre de l’inculpée, sachant que voir sa vie privée ainsi exposée en public n’est pas sans risque pour son fils meurtri, Daniel, un garçon vif, intense. Il est rarissime qu’un enfant soit dépeint ainsi, avec tant d’aplomb et de foi, balayant toute sagesse ou principe de précaution. Et c’est sans doute la hardiesse majeure du film : faire de Daniel, face à sa mère accusée du meurtre de son père, une sorte de voyant extralucide. Qui laisse médusée, par ses témoignages, la présidente du tribunal.

Croire en la capacité d’écoute et de raisonnement de chacun. Voilà ce qui motive Justine Triet, si sensible dans sa mise en scène au son, à la parole, à la langue — aux langues : bien qu’allemande, Sandra parle le français et l’anglais, dont la traduction constitue ici un enjeu de plus. Voilà du cinéma qui veille en somme à toujours élever ses personnages vers le haut, quels que soient leur égoïsme, leur ingratitude ou leur cruauté. Tout le contraire d’une chute.
ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@ (E)
Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La princip ...

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APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@


Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause de l'ennemi.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1979, Apocalypse Now s’est d’emblée imposé comme le film définitif sur la guerre du Vietnam. Mais, paradoxalement, ce chef-d’œuvre n’a pas eu de forme définitive avant son quarantième anniversaire, avec ce montage qui ajoute trente minutes à la première version et ôte vingt minutes à la version longue. Finalement, Coppola a réussi à atteindre l’équilibre dans l’excès, qui est ici partout.

On retrouve, bien sûr, dans Apocalypse Now Final Cut, les morceaux de bravoure qui scandent le voyage halluciné du capitaine Willard (Martin Sheen), traquant le colonel renégat Kurtz (Marlon Brando) au milieu du chaos. La musique des Doors s’enflamme comme les paysages. Le lieutenant-colonel Kilgore bombarde une plage du Vietnam avec l’US Army au son de La Chevauchée des Walkyries, de Wagner. Et lâche ces mots comme une bombe de plus : « J’adore l’odeur du napalm au petit matin »… Apocalypse Now a pris place dans l’histoire du cinéma. On redécouvre aujourd’hui, grâce à cet ultime montage, la dimension purement majestueuse de ce film monumental et aérien, fait d’immenses destructions et d’incroyables harmonies.
APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@ (E)
Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause ...

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AU REVOIR LES ENFANTS, Louis Malle 1987


En 1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, un nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant, ce lien ne pourra jamais s'épanouir. La Gestapo débarque un jour au collège et arrête le Père Jean et les trois enfants juifs qu'il avait cachés parmi ses petits catholiques.

TELERAMA:
Cette chronique vivante, dure et sensible, est inspirée d’un souvenir d’enfance de Louis Malle. Quatorze ans après Lacombe Lucien, parcours d’un jeune milicien sans états d’âme, le cinéaste revisite l’Occupation sous un angle plus intime. Si l’on retrouve son regard sans illusions sur la grisaille morale ambiante, on ressent aussi, dans la délicatesse des portraits d’enfants, dans la douleur de la séquence finale, une émotion profonde et un hommage à tous ceux qui eurent le courage de risquer leur vie pour en sauver d’autres.
AU REVOIR LES ENFANTS, Louis Malle 1987 (E)
En 1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, un nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant, ce lien ne pourra jamais s'épanoui ...

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AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@


En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...

TELERAMA:
Autant en emporte le vent fut une réussite commerciale sans précédent et continue d'avoir ses fans éperdus. Leigh et Gable sont parfaits, c'est vrai : impossible d'oublier Scarlett, ruinée, se faisant une robe avec les rideaux de Tara, sa chère propriété. Ni Rhett, lassé des caprices de sa bien-aimée, qui lui lance : « Frankly, my dear, I don't give a damn ! » (traduction : « Franchement, ma chère, j'en ai rien à cirer ! »).
AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@ (E)
En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fian& ...

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BAGDAD CAFE, Percy Adlon 1987, Marianne Sagebrecht,Cch Pounder, Jack Palance


Après une dispute violente, Jasmin, une touriste allemande en vacances aux États-Unis, est abandonnée par son mari en plein milieu du désert mojave. Elle trouve refuge au Bagdad Café, un motel délabré. Dès son arrivée, elle est mal accueillie par la patronne, Brenda, mais au fur et à mesure, la glace se brise entre les deux femmes. Jasmin va de plus faire la connaissance de Sal Junior, un peintre romantique qui la fascine.

TELERAMA:
Le public français fit un triomphe à cette comédie venue d'Allemagne, dont la liberté de ton échappe à toute étiquette. Mais le propos de Bagdad Café donne de vraies raisons à son succès : c'est l'histoire d'un monde où les frontières culturelles n'existent plus. Un sujet sérieux qui prend le parti de la fantaisie avec cette image inoubliable d'une ­Bavaroise massive, en loden et chapeau à plumes, larguée en plein ­désert de Mojave, dans l'Ouest américain. C'est une fable, l'artifice des couleurs est là pour le rappeler. Mais dans cette utopie, le cinéaste a mis une irrésistible conviction.
BAGDAD CAFE, Percy Adlon 1987, Marianne Sagebrecht,Cch Pounder, Jack Palance (E)
Après une dispute violente, Jasmin, une touriste allemande en vacances aux États-Unis, est abandonnée par son mari en plein milieu du désert mojave. Elle trouve refuge au Bagdad Café, un motel délab ...

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BILLY ELLIOT, Stephen Daldry 2000, Jamie Bell


Dans un petit village minier du nord-est de l'Angleterre, Billy, 11 ans, découvre avec stupeur qu'un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D'abord effaré, il devient peu à peu fasciné par la magie de la gestuelle du ballet, activité pourtant trop peu virile au regard de son père et de son frère Tony, mineurs en grève. Billy abandonne les gants de cuir pour assister discrètement aux leçons de danse professées par Mme Wilkinson.

TELERAMA:
Si l’on ferme les yeux sur un brin de roublardise sentimentale, ce premier film d’un metteur en scène de théâtre renommé – dont le talent se confirma avec The Hours – distille une sensibilité réelle. Quand Billy, par exemple, se trouve confronté à l’univers snob et codé d’une école de danse huppée à Londres. Quelques touches de réalisme social haussent le film au-dessus du mélodrame annoncé, et l’interprète, Jamie Bell, apporte au rôle un charisme brut, naturel, auquel il est difficile de résister.

BILLY ELLIOT, Stephen Daldry 2000, Jamie Bell (E)
Dans un petit village minier du nord-est de l'Angleterre, Billy, 11 ans, découvre avec stupeur qu'un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D'abord effaré, il devient peu à ...

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BLOW UP, Michelangelo Antonioni 1966, David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Peter Bowles (thriller sentimental)@@@


Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu'il croit être un couple d'amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buisssons...

TELERAMA
es couleurs vives et le noir d’encre (mention spéciale à Carlo Di Palma), l’architecture ancienne mais surtout nouvelle de Londres, l’approche résolument plastique, c’est ce qui saisit d’abord aujourd’hui, en revoyant cette Palme d’or de 1967. Second film en couleurs après Le Désert rouge du maître italien, Blow-Up est son premier hors d’Italie, objet de scandale en son temps (pour ses scènes de nu et ses joints fumés). On ne peut qu’être frappé par le don d’observation d’Antonioni de l’anglicité, au-delà même du Swinging London auquel on associe souvent son film.

Certes, il y a bien l’attitude surexcitée du photographe de mode (inspiré de David Bailey), le défilé des fringues et des mannequins (avec l’apparition de Jane Birkin), le concert chaotique dans un club des Yardbirds, avec Jeff Beck qui détruit sa guitare. Mais le film, plutôt excentré et silencieux, se réduit presque à deux lieux : le studio du photographe et ce parc désert où il traîne un jour par hasard, prend de loin un couple qui flirte et découvre après coup, à travers tirages et agrandissements successifs, qu’un crime a peut-être été commis.

Énigme avec multiplication d’indices, le film est une réflexion captivante sur la réalité et l’apparence, la vérité qui nous échappe toujours, le voyeurisme et la part vampirique de la création artistique. À ce titre, le photographe cynique en jean blanc et boots incarné par le formidable David Hemmings n’est guère sympathique — c’est un mufle égocentrique, comme le sont souvent les hommes chez Antonioni —, mais ses déboires tendent à le bonifier un peu. Blow-Up (qui signifie à la fois « agrandir », « révéler », « exploser ») reste un grand film conceptuel sur l’opacité du réel et le mystère de l’existence, dont l’image photographique, la peinture (aussi évoquée ici) et le cinéma ne font que refléter la surface.

| Film de Michelangelo Antonioni (Italie/GB, 1966) | Scénario : M. Antonioni, Tonino Guerra, d’après Julio Cortázar | 110 mn. VO | Avec David Hemmings (Thomas), Vanessa Redgrave (Jane), Sarah Miles (Patricia), Peter Bowles (Ron).
BLOW UP, Michelangelo Antonioni 1966, David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Peter Bowles (thriller sentimental)@@@ (E)
Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu'il croit être un couple d'amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buisssons...

TELERAMA
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BUENA VISTA SOCIAL CLUB Wim Wenders 1999, Compay Segundo, Omara Portuondo


Buena Vista Social Club est un groupe formé en 1996 pour faire revivre la musique cubaine pré-révolution. Le projet a été imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder

TELERAMA:
Ce documentaire est d'abord la chronique d'une renaissance : certains de ces musiciens ne jouaient ou ne chantaient plus depuis des années. Le pianiste Rubén González n'avait plus de piano, Eliades Ochoa alignait les disques incognito, Ibrahim Ferrer cirait des chaussures. Sur la scène du Carré, à Amsterdam, on les sent frétiller d'une excitation juvénile. Entre concert, studio et intérieurs havanais, le film s'éclaire par petites touches. Sa force ne tient pas tant à la mise en scène. Elle n'est pas non plus dans les histoires des membres du groupe. Non, ce charme est affaire d'ambiance, de bonnes vibrations. Ici, on aime la musique, on la saisit avec ferveur, on la partage.

BUENA VISTA SOCIAL CLUB Wim Wenders 1999, Compay Segundo, Omara Portuondo (E)
Buena Vista Social Club est un groupe formé en 1996 pour faire revivre la musique cubaine pré-révolution. Le projet a été imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste ...

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CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@


A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie.

TELERAMA
1942, Casablanca. Pour l’amour d’une femme, un Américain sort de sa neutralité désabusée et aide deux résistants. Un de ces classiques qu’on ne cesse de revoir.

Dans ce café brumeux de Casablanca, au milieu de la Seconde Guerre, le port du voile intérieur est indispensable, pour cacher ses souvenirs et ne pas regarder l’avenir en face. Voilà pourquoi, au commencement, le patron, Rick, n’a pas de visage. Ce n’est qu’une main lasse et inquiète, dont la caméra capte les mouvements crispés au bas d’un chèque, puis sur une pièce de jeu d’échecs. Ilsa, la cliente qu’il ne veut pas voir, n’a d’yeux que pour d’autres mains, celles d’un pianiste qui joue un air ancien, aux parfums de madeleine de Proust. Évidemment, Ilsa et Rick se sont aimés autrefois, dans un Paris de carton-pâte dont les artifices ne font que renforcer la douleur onirique. Évidemment, leurs retrouvailles ne peuvent que secouer les murs d’une ville bâtie pour l’entre-deux…

Tourné en pleine guerre, ce classique du cinéma surprend d’abord par son ironie visionnaire : on y jette à la poubelle des bouteilles d’eau de Vichy, et la victoire de la Résistance paraît certaine. Mais c’est surtout la magie éternelle du couple Bogart-Bergman qui ébranle. L’actrice raconta que la grâce lunaire et chancelante de leur jeu venait de l’état d’incertitude dans lequel ils étaient maintenus en permanence. Leurs répliques étaient écrites au jour le jour, et le dénouement de l’histoire leur fut caché jusqu’au dernier moment. Dire qu’à l’origine les studios pensaient faire jouer ce couple mythique par Ann Sheridan et Ronald Reagan…
CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@ (E)
A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer ...

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CASINO, Martin Scorcese 1995, Robert De Niro, Sharon Stone (drame sentimental)@@@


Las Vegas, années 70. Ace Rothstein dirige d'une main de fer le Tangiers, hôtel casino parmi les plus prospères de la ville, financé en sous main par le puissant syndicat des camionneurs. Ace est devenu le grand manitou de Las Vegas, secondé par son ami d'enfance, Nicky Santoro. Impitoyable avec les tricheurs, Rothstein se laisse un jour séduire par une virtuose de l'arnaque d'une insolente beauté, Ginger McKenna.

TELERAMA
Une voiture explose dans les flammes, le somptueux générique de Saul Bass développe ses arabesques, les chœurs de La Passion selon saint Matthieu retentissent. D’entrée, Scorsese place la barre très haut. Il la maintiendra à ce niveau d’exigence et de beauté pendant les trois heures ou presque de Casino, sa réalisation la plus ambitieuse, tout à la fois documentaire historique, thriller nerveux et grand film d’amour.

La grandeur et la décadence d’un gérant de casino (Robert De Niro, impeccable), de son ami truand (Joe Pesci, impressionnant) et de son épouse ex-prostituée (Sharon Stone, sublime) sont inscrites dans les convulsions du Las Vegas des années 1970 et 1980. Une ville-mirage où la fête permanente dissimule à grand-peine une corruption généralisée. Scorsese décrit minutieusement le fonctionnement de la Mafia, sans jamais perdre de vue la dimension romanesque de son récit. La bande-son utilise ainsi à plusieurs reprises le thème romantique composé par Georges Delerue pour Le Mépris, et c’est bien plus qu’un simple hommage au classique de Godard. Ces deux chefs-d’œuvre traitent en effet d’un amour déçu. Et Ginger, Sam, Nicky, chez Scorsese, tout comme Camille, Paul, Prokosch, chez Godard, sont des héros au sens antique du terme : des demi-dieux, au-dessus du commun des hommes, mais rarement admis dans l’Olympe. Sam « Ace » Rothstein, l’employé juif de parrains italiens, se rêve en démiurge omniscient ; il ne pourra empêcher la chute de son monde, miné par l’orgueil et l’ambition, ces fatalités humaines. Au terme de ce film grandiose, il n’y a plus que désolation.


CASINO, Martin Scorcese 1995, Robert De Niro, Sharon Stone (drame sentimental)@@@ (E)
Las Vegas, années 70. Ace Rothstein dirige d'une main de fer le Tangiers, hôtel casino parmi les plus prospères de la ville, financé en sous main par le puissant syndicat des camionneurs. Ace est devenu le grand m ...

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CERTAINS L AIMENT CHAUD, Billy Wilder 1959, Marylin Monroe, Tony Curtis, Jacl Lemmon (sentimental)@@@


Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d'eux, malheureusement, les seuls témoins d'un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le chef de l'une d'entre elles, Spats Colombo, les a repérés et veut les éliminer.

TELERAMA
On connaît la réplique qui clôt ce superbe film : « Personne n'est parfait. » Et moins celle qui résume une grande partie de la philosophie de Billy Wilder, que prononce un Jack Lemmon travesti, sidéré, soudain, par le monde incroyable qu'il découvre : « Les femmes, dit-il alors à son pote Tony Curtis, sont un sexe tout à fait différent. » On n'a jamais mesuré si bien et de manière si concise une des grandes évidences de la vie...
En pleine Prohibition, deux musiciens, poursuivis par des gangsters pour avoir assisté à un massacre, rejoignent, maquillés et pomponnés, un orchestre féminin, dont la vedette est une adorable paumée qui joue de l'ukulélé, tombe amoureuse de tous les saxophonistes mâles qu'elle rencontre et chante « I wanna be loved by you, pooh pooh pee dooh » à la Betty Boop.
Le scénario, d'une audace et d'un humour ravageurs, baigne dans une sensualité gouailleuse (Lemmon et les girls dans sa couchette) et rigolote (Curtis, qui prétend être impuissant, est trahi par la buée de ses lunettes, alors que Marilyn l'embrasse savamment). Le film est une merveille de rythme, d'invention et de gaîté. Si Marilyn est magique, c'est Lemmon dont on se souvient avec le plus d'enthousiasme, dansant un tango érotico-comique avec son soupirant milliardaire et pestant contre un groom qui, dans l'ascenseur, lui a pincé les fesses, alors qu'il (elle) n'est même pas joli(e). On mesure, en revoyant Certains l'aiment chaud, le manque de rythme et de fantaisie effrayant de la comédie américaine actuelle.
CERTAINS L AIMENT CHAUD, Billy Wilder 1959, Marylin Monroe, Tony Curtis, Jacl Lemmon (sentimental)@@@ (E)
Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d'eux, malheureusement, les seuls témoins d'un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le c ...

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CHANTONS SOUS LA PLUIE, Stanley Donen 1952, Gene Kelly (musical)@@@


1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood et Lina Lamont forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, ils ne peuvent en réalité pas se souffrir. L'arrivée du cinéma parlant provoque un drame. Car, malgré son port de reine, Lina a une voix de crécelle.

TELERAMA
En 1927, à la naissance du parlant, un couple-vedette du muet se voit contraint de se reconvertir en « véritables » comédiens, au grand désespoir de la jeune femme dotée d’une voix de crécelle.

Le coucher de soleil ? Des projecteurs. La brise d’été ? Un ventilo. Le balcon sous lequel Don (Gene Kelly) déclare son amour à Kathy (Debbie Reynolds) ? Une bête échelle au milieu d’un studio désert. Ainsi mise en scène, via des artifices revendiqués comme tels, la vérité des sentiments (« Tu m’étais destinée, je t’étais destiné », lalala) peut enfin s’exprimer, dans un lyrisme créé quasi ex nihilo sous nos yeux émerveillés. De fait, au-delà de l’éblouissante perfection de ses numéros chantés et dansés, dont les plus fameux, Singin’in the Rain, Make ’em Laugh ou Moses Supposes, procurent une joie inoxydable, Chantons sous la pluie émeut par sa foi inébranlable dans le 7e art.

S’il moque affectueusement ses artisans (nervosité du réalisateur, indécision chronique du producteur, perfidie de la star à la voix stridente interprétée par la géniale Jean Hagen…), le film célèbre d’abord la vitalité, l’inventivité (re) bondissante du cinéma. En effet, c’est à la fois l’histoire d’un nanar sauvé du naufrage par son ripolinage en comédie musicale et le récit de la fin d’un monde, celui du muet, résolument envisagée avec un optimisme en Technicolor — pour le versant tragique, il faudra voir Babylon, de Damien Chazelle. Jamais Hollywood n’a été plus beau en son miroir que dans ce jeu de dupes trépidant, où les scénarios s’imaginent en deux temps trois mouvements, et où la débutante jaillie du gâteau finit en haut de l’affiche. Une définition du bonheur.
CHANTONS SOUS LA PLUIE, Stanley Donen 1952, Gene Kelly (musical)@@@ (E)
1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood et Lina Lamont forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, ils ne peuvent ...

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CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@


Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aussi à l'occupation française. Beaucoup de ses compatriotes mettent sur le même plan la France, Hitler ou les Américains. Pour eux, il faut entrer en résistance.

TELERAMA
Coup d’éclat pour un réalisateur, sorti de l’ombre grâce à la Palme d’or obtenue au festival de Cannes en 1975, mais qui ne retrouvera plus guère l’inspiration par la suite (tout en pesant de tout son poids sur le cinéma algérien). Divisé en plusieurs chants (les années de cendre, les années de feu…), le film s’achève, en 1954, lorsque débute cette guerre que les Français voudront « sans nom », durant des années. Mohammed Lakhdar-Hamina interprète lui-même le fou du village, celui qui, en fait, détient la sagesse et la vérité.

En 1939, Ahmed quitte son village d’Algérie pour la ville. Il y laisse sa famille qui sera anéantie par une épidémie de typhus. C’est la Seconde Guerre mondiale : le jeune berger est enrôlé dans l’armée française. De retour au pays, il prend conscience de la situation en Algérie…

CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@ (E)
Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aus ...

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CINEMA PARADISO, Giuseppe Tornatore 1988, Philippe Noiret


À Rome, à la fin des années 1980, Salvatore, cinéaste en vogue, vient d'apprendre la mort de son vieil ami Alfredo. Avec le souvenir d'Alfredo, c'est toute son enfance qui remonte à la surface : son village natal, en Sicile, quand on l'appelait Toto et qu'il partageait son temps libre entre l'église et la salle de cinéma paroissiale, où régnait Alfredo, le projectionniste qui, au travers des films qu'il projetait, lui apprenait la vie.

TELERAMA:
C'est le type même du film nostalgique. Mélo ? Non, pas vraiment, mais sentimental, assurément. Peut-être un peu trop. Le cinéaste Giuseppe Tornatore s'est vraisemblablement impliqué à l'extrême dans cette évocation. Chaque spectateur qui a connu le cinéma de papa doit avoir autant de souvenirs dans sa tête. Outre la mélancolie, il y a de l'humour dans ce film, et la présence écrasante, rassurante, de Philippe Noiret dans le rôle du projectionniste sympa. C'est vivant, aéré, et de cette tristesse dont on est content de subir le charme : le délicieux masochisme du romantisme.
CINEMA PARADISO, Giuseppe Tornatore 1988, Philippe Noiret (E)
À Rome, à la fin des années 1980, Salvatore, cinéaste en vogue, vient d'apprendre la mort de son vieil ami Alfredo. Avec le souvenir d'Alfredo, c'est toute son enfance qui remonte à la surface : son villag ...

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CITIZEN KANE, Orson Welles 1941, Orson Welles, Joseph Cotten (thriller)@@@@


Lorsqu'un journaliste est chargé de déchiffrer les derniers mots du magnat de la presse Charles Foster Kane, son enquête révèle peu à peu le portrait fascinant d'un homme complexe qui est passé de l'obscurité à des sommets vertigineux.

TELERAMA
C'est le film de tous les records, celui que tant de cinéastes et de critiques placent au plus haut : il fut tourné en 1940 par un jeune homme de 25 ans qui faisait ses débuts derrière la caméra : Orson Welles. Pour le centième anniversaire de sa naissance, qui va être célébré à Cannes, Citizen Kane est, pour la première fois, édité en haute définition dans le format Blu-ray, avec un livret plein de photos et de documents d'époque. Dans les bonus, on accède à un commentaire passionnant (mais non sous-titré) du réalisateur Peter Bogdanovich, qui s'exclame presque à chaque scène : « Personne n'avait jamais filmé comme ça avant ! », « Un tel cadrage n'avait jamais été fait ! »...

Citizen Kane, c'est le cinéma pris d'assaut par un jeune prodige qui s'est rendu suffisamment célèbre au théâtre et à la radio pour décrocher un contrat en or à Hollywood : on lui accorde toutes les libertés, et il les prend. Acteur reconnu déjà, il s'offre un vrai cadeau en interprétant Kane, ambitieux patron de presse, de 25 à 75 ans. Et à cette saga qui raconte le pouvoir, la fortune, la solitude et le passage du temps, il donne une forme somptueuse et baroque, avec une mise en scène qui défie les règles et bouscule les spectateurs. Ceux de l'époque furent, d'ailleurs, décontenancés, et le film considéré comme un échec. Welles ne retrouva jamais le pouvoir qu'il avait eu pour son premier film. Le de
CITIZEN KANE, Orson Welles 1941, Orson Welles, Joseph Cotten (thriller)@@@@ (E)
Lorsqu'un journaliste est chargé de déchiffrer les derniers mots du magnat de la presse Charles Foster Kane, son enquête révèle peu à peu le portrait fascinant d'un homme complexe qui est passé ...

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COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL, Roger Michell 1999, Hugh Grant Julia Roberts


William Thacker est propriétaire d'une librairie indépendante dans le quartier de Notting Hill, à Londres. Il partage un appartement avec Spike, un Gallois excentrique, et a un petit groupe d'amis proches. Il rencontre un jour l'actrice renommée de Hollywood Anna Scott, quand elle entre dans sa librairie.

TELERAMA:
La force de cette séduisante comédie est de ne jamais chercher à justifier l'improbable romance, mais de lister toutes les bonnes raisons qui pourraient la contrarier... Les dialogues pétillants rendent ce conte de fées crédible. L'interprétation fait le reste : on ne dira jamais assez le talent et le charme de Hugh Grant. Julia ­Roberts n'est pas mal non plus. Entre eux se crée cette irrésistible alchimie des couples mythiques.

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL, Roger Michell 1999, Hugh Grant Julia Roberts (E)
William Thacker est propriétaire d'une librairie indépendante dans le quartier de Notting Hill, à Londres. Il partage un appartement avec Spike, un Gallois excentrique, et a un petit groupe d'amis proches. Il rencontre ...

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CRIS ET CHUCHOTEMENTS, Ingmar Bergaman 1972, Ingrid Thulin, Liv Ullmann (societe sante)@@@


Dans un château suédois, à la fin du siècle dernier, Agnès agonise, rongée par un cancer de l’utérus. Ses deux sœurs tentent de la soutenir, mais finissent par ne plus supporter cette déchéance. Seule la servante, Anna, trouve la force d’accompagner Agnès vers la mort. Mais toutes les quatre semblent faire le triste bilan de leur vie, réalisant qu’elles sont passées à côté du bonheur.

TELERAMA
Personne ne sort indemne de la vision de ce film, sans doute le plus violent des coups de poing métaphysiques qu’Ingmar Bergman ait jamais donnés. Trois sœurs, trois couleurs (rouge sang, blanc cadavérique, noir ténébreux), trois unités spatio-temporelles (hier idyllique, aujourd’hui asphyxiant, demain fuyant) : pour affronter la mort à visage découvert, le cinéaste décline ad nauseam cette sainte trinité qui régit son éducation rigide de fils de pasteur. Mais l’au-delà l’intéresse moins que l’ici-bas. Au cancer d’Agnès, qui la réduit à l’état d’animal rugissant, répond une autre forme de cancer, aussi spectaculaire et dévastateur : le puritanisme de sa sœur Karin, pour qui la moindre caresse est une torture. Seul un retour aux sources, simple et innocent, offre le salut aux humains perdus. Le giron maternel devient ainsi en pensée le plus confortable des cercueils.

Le secret de la beauté suffocante de ce film vient peut-être de cette volonté de clore un cycle, de vie, et aussi de cinéma. L’actrice Harriet Andersson mettait ici un point final à vingt ans de travail avec Ingmar Bergman. Après ses débuts de prolétaire sulfureuse et vibrante dans Monika, la voilà qui finissait en dépouille cireuse, le regard traversé d’éclairs de lucidité terminale, consciente du chemin parcouru…
CRIS ET CHUCHOTEMENTS, Ingmar Bergaman 1972, Ingrid Thulin, Liv Ullmann (societe sante)@@@ (E)
Dans un château suédois, à la fin du siècle dernier, Agnès agonise, rongée par un cancer de l’utérus. Ses deux sœurs tentent de la soutenir, mais finissent par ne plus supporter ce ...

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DANS LA CHALEUR DE LA NUIT, Norman Jewison 1967, Sydney Poitier


Dans une petite ville du Mississippi, un crime vient d'être commis. L'adjoint du sherif arrête un inconnu assis dans le hall de la gare. Il est directement accusé du meurtre : il est noir et a beaucoup d'argent sur lui. Après vérification de son identité, il s'avère que cet homme est Virgil Tibbs, un policier, membre de la brigade criminelle de Philadelphie. Il est alors relâché sans un mot d'excuse.

TELERAMA:
Si l’aspect policier laisse à désirer (accumulation insistante de faux suspects), Dans la chaleur de la nuit reste un classique antiraciste, dont certaines scènes, comme la tentative de lynchage de Tibbs ou sa confrontation avec un notable qui se croit encore au temps de l’esclavage, continuent de faire froid dans le dos. Face à Rod Steiger en léger cabotinage, Sidney Poitier incarne avec majesté le refus de plier devant la violence et la bêtise. En 1968, ce film a remporté l’oscar, bien qu’ayant de très sérieux concurrents : Bonnie and Clyde, Le Lauréat et Devine qui vient dîner…, autre long métrage avec Sidney Poitier sur la condition des Noirs dans les années 1960 aux États-Unis. Cette même année, Martin Luther King était assassiné.
DANS LA CHALEUR DE LA NUIT, Norman Jewison 1967, Sydney Poitier (E)
Dans une petite ville du Mississippi, un crime vient d'être commis. L'adjoint du sherif arrête un inconnu assis dans le hall de la gare. Il est directement accusé du meurtre : il est noir et a beaucoup d'argent sur lui. A ...

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DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@


Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assurer leur défense lors de leur procès.

TELERAMA:
Etonnante Amérique ! Adapté d'une pièce ­ qui a fait un tabac, pourtant au plus fort de l'hystérie nationaliste liée à la guerre du Golfe ­, Des hommes d'honneur serait-il un film subversif ? Non, démocrate, simplement démocrate. Et bien dans la tradition du grand cinéma hollywoodien : on ne s'en prend pas au système, mais aux gens qui le dévoient. En dégommant Jessep le facho, ce film élimine un ennemi de la démocratie américaine. En acquittant les deux abrutis, il occulte certes le problème de la responsabilité individuelle, mais il leur donne une chance de redevenir bons patriotes et bons démocrates. La démonstration est efficace. Rob Reiner (Stand by me, Misery) filme au carré. Et pas besoin d'être un antimilitariste forcené pour jubiler devant la performance de Nicholson. Si le cinéma français savait extirper de tels zigotos de nos casernes, notre démocratie ne s'en porterait pas plus mal.
DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@ (E)
Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assure ...

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DES HOMMES ET DES DIEUX, Xavier Beauvois 2010, Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Sean Connery (histoire religion Algerie)(palme d or)@@@


Au coeur de l'Atlas algérien, dans les années 1990, huit moines cisterciens français vivent en parfaite entente avec leurs frères musulmans dans le village de Tibhirine. La terreur s'installe dans la région après le massacre d'un groupe de travailleurs étrangers. Le GIA (Groupe islamique armé) est immédiatement suspecté et l'armée propose de protéger le monastère. Les moines refusent de quitter les lieux malgré la menace grandissante.

TELERAMA
Un petit groupe de croyants en terre étrangère, que leur dévouement a rendus proches d’une population déboussolée par la guerre civile, s’obstine à ne rien lâcher. Ce sacrifice, au cœur d’un fait divers célèbre, offre à Xavier Beauvois la matière de son meilleur film. Magnifiquement éclairé par Caroline Champetier, le film rime avec l’iconographie catholique. Ainsi, ces corps et visages qu’aurait pu peindre le Caravage : la scène où Luc, le moine médecin, ausculte le doyen de la communauté, vieillard aux membres fragiles. Ces références picturales sacralisent les tâches banales, élèvent les personnages. Deux séquences superbes : un chant choral lancé comme une réponse au bruit oppressant d’un hélicoptère. Puis un repas pendant lequel les frères communient littéralement autour d’un enregistrement du Lac des cygnes. Remplacer les cantiques par du Tchaïkovski donne la clé d’une grâce profane, où l’art est vécu comme un sacrement. Des hommes et des dieux est le digne représentant de cette foi-là.
DES HOMMES ET DES DIEUX, Xavier Beauvois 2010, Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Sean Connery (histoire religion Algerie)(palme d or)@@@ (E)
Au coeur de l'Atlas algérien, dans les années 1990, huit moines cisterciens français vivent en parfaite entente avec leurs frères musulmans dans le village de Tibhirine. La terreur s'installe dans la régio ...

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DIVERTIMENTO, Marie-Castille Mention-Shaar 2022, Zinedine Soualem, Nadia Kaci (musical)@@@


À 17 ans, Zahia Ziouani rêve de devenir cheffe d'orchestre. Sa sœur jumelle, Fettouma, est de son côté violoncelliste professionnelle. Bercées depuis leur plus tendre enfance par la musique symphonique classique, elles souhaitent à leur tour la rendre accessible à tous et dans tous les territoires.

TELERAMA
En 1995, deux jeunes musiciennes, Zahia et Fettouma Ziouani, décident de fonder à Stains (93) l’orchestre symphonique Divertimento. L’une est altiste, l’autre violoncelliste. Leurs objectifs ? Sortir la musique classique de sa cage dorée. Et donner à Zahia les moyens de réaliser son rêve de direction, empêché par un certain racisme social comme par la misogynie structurelle du monde musical…

Les mélomanes le savent, les sœurs Ziouani ont remporté leur pari. Divertimento, le film, en relève un autre : transformer la réalité en fiction sans verser dans le biopic édifiant. Marie-Castille Mention-Schaar (Les Héritiers, A Good Man) y parvient doublement en s’attachant au duo fusionnel formé par les jumelles plutôt qu’à la seule Zahia. Le cheminement de ces deux volontés, renversant un obstacle après l’autre et s’insufflant réciproquement l’énergie nécessaire, constitue la principale dynamique d’un film sans grande recherche formelle, mais très juste, parfois drôle, et souvent émouvant.

Coachées par leurs modèles pour la bonne tenue de la baguette et de l’archet, Oulaya Amamra et Lina El Arabi peaufinent leurs incarnations, et font ressortir, au-delà de leur complicité, les différences de caractère des sœurs Ziouani.

Les œuvres jouées, enfin, ont été choisies avec soin. Certaines sont très connues, comme ce Boléro de Maurice Ravel qui ouvre le film sur une révélation, et le referme sur une consécration. D’autres un peu moins. Mais si le film trouve son public, l’irrésistible Bacchanale de Camille Saint-Saëns pourrait bien (re)devenir un tube.
DIVERTIMENTO, Marie-Castille Mention-Shaar 2022, Zinedine Soualem, Nadia Kaci (musical)@@@ (E)
À 17 ans, Zahia Ziouani rêve de devenir cheffe d'orchestre. Sa sœur jumelle, Fettouma, est de son côté violoncelliste professionnelle. Bercées depuis leur plus tendre enfance par la musique symphonique ...

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DOUZE HOMMES EN COLERE, Sydney Lumet 1957, Henri Fonda (justice thriller)@@@


Un jeune homme d'origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote: onze votent coupables, or la décision doit être prise à l'unanimité.

TELERAMA
Un jeune homme modeste est accusé d‘avoir tué son père. Douze jurés se réunissent pour décider du verdict. Onze jurés votent coupable et un, non coupable. Un classique de Sydeny Lumet qui ne vieillit pas.

Plan large sur le fronton du palais de justice. Dans la ­salle 228, un adolescent comparaît pour le meurtre de son père. Pourtant, dans ce premier film de Sidney Lumet, nous ne verrons rien du procès, à peine le visage olivâtre et désemparé de l’accusé, regardant le jury partir vers la salle des délibérations. La pièce est petite, il y règne une chaleur orageuse, étouffante. Le verdict semble couru d’avance. Un vote unanime, et les jurés pourront retourner vaquer à leurs occupations. Mais à « non coupable », une main se lève. Le huitième juré ne prétend pas être sûr de l’innocence du prévenu : il dit juste « c’est possible ». Et le répétera sans relâche...

Ce classique ne vieillit pas. La mécanique en est si précise et prenante, l’interprétation si convaincante qu’il se découvre ou se revoit avec la même passion. Henry Fonda, noble figure de la démocratie, se bat pied à pied, refaisant le procès à huis clos. En face de lui, onze Américains de tempéraments, de couches sociales et de préjugés différents.

Lumet réussit, en quelques traits, à les hisser au-delà des archétypes. Il filme leurs visages soudain assaillis par le doute et rend presque audible le déclic qui les fait passer, l’un après l’autre, dans le camp de la présomption d’innocence.

Mais, au fait, qui est ce juré n° 8, ce type en blanc qui a su faire pencher la balance ? Un type comme vous et moi. Juste un citoyen comme les aimait Lumet.
DOUZE HOMMES EN COLERE, Sydney Lumet 1957, Henri Fonda (justice thriller)@@@ (E)
Un jeune homme d'origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vo ...

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DOWNTON ABBEY, Michael Engler 2019, Michelle Dockery, Hugh Bonneville


Cette série dramatique suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton Abbey, une demeure anglaise dans les années 1910. La série commence en 1912 avec le naufrage du Titanic, qui laisse l'avenir de Downton Abbey en danger, car les héritiers présomptifs de Robert Crawley, comte de Grantham -- son cousin James, et le fils de James, Patrick -- périssent lors de la catastrophe, laissant la famille sans héritier mâle.

TELERAMA:
Downton Abbey final offre des occasions de se réjouir. D’abord, les échanges à fleurets mouchetés rappellent tout le talent du scénariste et offrent aux comédiens une partition piquante — mention spéciale pour la joute que se livrent Maggie Smith et la nouvelle venue, Imelda Staunton. Ensuite, l’auteur parvient à dessiner avec soin, à travers le destin de chacun, différents visages de l’Angleterre de 1927, sans jamais verser dans la leçon d’histoire.
DOWNTON ABBEY, Michael Engler 2019, Michelle Dockery, Hugh Bonneville (E)
Cette série dramatique suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton Abbey, une demeure anglaise dans les années 1910. La série commence en 1912 avec le naufrage du Titanic, qui laisse l'ave ...

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ENTRE LES MURS, Laurent Cantet 2008 (societe education racisme)@@@


François est un jeune professeur de français d'une classe de 4ème dans un collège ordinaire réputé difficile du 20ème arrondissement de Paris. Il doit affronter ses élèves Esméralda, Souleymane, Khoumba, et les autres. François n'hésite pas à sortir du cadre académique et à pousser les adolescents jusqu'à leurs limites afin de les motiver, quitte à prendre parfois le risque de l'excès.

TELERAMA
La chronique d’une classe de quatrième : c’était la règle que s’était fixée François Bégaudeau dans son livre. Laurent Cantet la garde. Face aux élèves qui « vannent » sans arrêt, François a fort à faire. Mais il possède une qualité : il incite à parler, il la joue collectif, pour filer la métaphore footballistique. D’où le feu d’artifices de la langue, avec tous ses rythmes et mixages possibles (verlan, arabe, etc.).

L’énergie est le maître mot, ce sur quoi le film s’appuie pour croire que rien n’est perdu. Énergie débordante d’une jeunesse plurielle. Lorsqu'Esmeralda, Souleymane ou Khoumba s’expriment, ce sont aussi leurs visages, leurs corps tout entiers qui entrent en action. Le film dégage quelque chose de musical et de chorégraphique à la fois. Comme si l’important, pour Cantet, était de sonner non pas vrai mais juste. Ni état des lieux alarmiste ni profession de foi à l’optimisme béat, Entre les murs montre surtout l’école comme le siège d’un formidable jeu social, y compris entre les professeurs. Un jeu de pouvoir, de feintes et de stratégies diverses, où chacun tente avec plus ou moins de bonheur de se distinguer.
ENTRE LES MURS, Laurent Cantet 2008 (societe education racisme)@@@ (E)
François est un jeune professeur de français d'une classe de 4ème dans un collège ordinaire réputé difficile du 20ème arrondissement de Paris. Il doit affronter ses élèves Esm&e ...

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ERIN BROKOVITCH Steven Soderbergh 2000


Mère élevant seule ses trois enfants, Erin Brockovich est employée comme archiviste dans un cabinet d'avocat. Elle va découvrir, dans un dossier mineur, qu'une société de distribution d'énergie, la Pacific Gas and Electric Company (PG&E), filiale d'une grosse société, rachète une à une les maisons d'une petite ville californienne de Hinkley dans le désert des Mojaves. Là-bas, de nombreux habitants souffrent d'importants problèmes de santé, tels que des cancers. Enquêtant sur place, elle parvient à montrer que ces maladies graves sont causées par l'eau potable contenant des rejets toxiques, notamment du chrome hexavalent (ou chrome-6), issus de l'eau de refroidissement de l'usine. Seule au début, elle mène le combat, rassemble des preuves, motive un à un les habitants, convainc son patron de l'ampleur de l'affaire, pour obtenir enfin un dédommagement important pour chacune des victimes de la part de la société fautive.

TELERAMA:
Cette Erin Brockovich pourrait être le symbole rassurant d'une Amérique où la vérité triomphe toujours du mensonge, le bien du mal. Mais en nous racontant comment son héroïne découvre et dénonce un scandale d'eau empoisonnée qui provoque des cancers, Steven Soderbergh n'essaie pas de faire le portrait d'une sainte ni celui d'une pasionaria sociale. C'est aux pouvoirs féminins qu'il rend d'abord hommage : comment Erin Brockovich s'habille, marche, parle, sourit...
Tout est là, ou presque. Car, plus qu'au contenu du dossier brûlant démêlé au fil de l'intrigue, le film s'intéresse à la manière de faire, aussi séduisante que percutante, du personnage et de son interprète, Julia Roberts. C'est elle le vrai sujet d'Erin Brockovich. Soderbergh n'a d'yeux que pour elle, mais son regard est franc, sans excès de réalisme ni d'arti­fices, juste et neuf, à l'unisson de cette comédienne qui renouvelle l'image de la star.
ERIN BROKOVITCH Steven Soderbergh 2000 (E)
Mère élevant seule ses trois enfants, Erin Brockovich est employée comme archiviste dans un cabinet d'avocat. Elle va découvrir, dans un dossier mineur, qu'une société de distribution d'énerg ...

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, Robert Redford 1992, Brad Pitt, Craig Sheffer, Tom Skerritt, Emily Lloyd


Fils de pasteur, Norman et Paul MacLean, nés au tournant du XXe siècle dans une localité du Montana, grandissent dans un milieu presbytérien avec pour seul loisir celui d'accompagner leur père à la pêche tous les dimanches.

TELERAMA:
Robert Redford, servi par une formidable distribution (notamment Brad Pitt, dont la ressemblance avec son metteur en scène jeune donne au film des airs d'autobiographie masquée), a réussi son pari de faire un cinéma « antinarratif ».
Le film oppose sans didactisme deux choix de vie, l'un sérieux, l'autre dissipé, montre la fascination muette que les deux frères, si différents, ont l'un pour l'autre. S'appuyant sur la superbe photo de Philippe Rousselot, le cinéaste fait de la rivière Blackfoot une métaphore centrale et polysémique, symbole de l'existence humaine, du temps, de la narration. Il fait jaillir l'émotion d'instants fugitifs, de non-dits chargés de sens. Ce film humaniste et écologique (au sens le moins politique du terme) est une pure merveille.
ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, Robert Redford 1992, Brad Pitt, Craig Sheffer, Tom Skerritt, Emily Lloyd (E)
Fils de pasteur, Norman et Paul MacLean, nés au tournant du XXe siècle dans une localité du Montana, grandissent dans un milieu presbytérien avec pour seul loisir celui d'accompagner leur père à la ...

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ET DIEU CREA LA FEMME, Roger Vadim 1956, Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant, Curd Jurgens (film e)


À Saint-Tropez, une jeune orpheline, Juliette, évolue parmi trois hommes qui la convoitent : Michel, qui travaille avec sa famille sur un carénage ; son frère Antoine, plus aventureux ; et un quinquagénaire étranger, Carradine, promoteur et directeur de boîte de nuit qui veut bâtir un casino sur la plage.

TELERAMA
Achaque diffusion, c’est la même chose : on rappelle aux jeunes générations l’immense scandale qui fit, en son temps, l’aura de ce film même pas culte. On constate la banalité du scénario de roman de gare, les couleurs criardes, la fin conventionnelle… Et on en vient à la seule trouvaille de Vadim : la création du mythe Bardot. L’actrice venait des comédies légères et sucrées. En lui demandant de ne pas jouer mais d’être elle-même, Vadim la lâchait en liberté. Moue boudeuse, démarche lascive, cheveux à la diable, dans le rôle de Juliette la mineure, qui a « le courage de faire ce qui lui plaît quand ça lui plaît », elle devenait l’emblème d’une petite révolution sexuelle…
Toutes ces « audaces » font sourire aujourd’hui, mais ce pied de nez aux hypocrisies venait à point. Et si l’histoire du cinéma ne manquait pas, avant BB, d’apparitions mythiques, la scène d’ivresse où elle danse furieusement le mambo dans une boîte de jazz reste un beau moment de défoulement sauvage.

ET DIEU CREA LA FEMME, Roger Vadim 1956, Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant, Curd Jurgens (film e) (E)
À Saint-Tropez, une jeune orpheline, Juliette, évolue parmi trois hommes qui la convoitent : Michel, qui travaille avec sa famille sur un carénage ; son frère Antoine, plus aventureux ; et un quinquagénair ...

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FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@


Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

TELERAMA
Au sortir de la Grande Guerre, un Français rencontre la femme de Frantz, son ami allemand mort. Ozon joue avec leur inconscient et leurs illusions. D’une main de maître.

En 1919, sur la tombe de son fiancé mort au combat, elle trouve un homme en pleurs. Anna ne savait pas que Frantz avait un ami français. Les parents du mort repoussent, d’abord, ce jeune homme qui ajoute à leur chagrin. Mais Adrien évoque avec tant de flamme sa vie avec Frantz, à Paris, qu’ils en redemandent. Un jour, il s’enfuit. Anna part à sa recherche, en France…

Le film repose sur deux périples. Deux rêves qui ne peuvent que finir mal. Mais le grand personnage, c’est elle, qui s’éveille, se révèle, s’accepte — contrairement à lui.

Chez Ozon, les images contredisent les discours. Sans doute parce qu’il confronte l’inconscient de ses personnages avec ce qu’ils disent ou taisent. Le cinéaste con­temple leurs erreurs, leurs mensonges avec une indulgence dénuée de la pro­vocation de ses débuts. Il semble avoir ­atteint l’osmose délicate entre audace et lyrisme. Reste l’épouvante, intacte, devant les pères. Dans Frantz, ils sont tous des ­infanticides qui envoient leurs fils à la mort et trinquent à leur décès. Le ­moment le plus intense est celui où deux de ces ­victimes s’étreignent dans une tranchée. L’un assassiné, l’autre épargné, mais à ­jamais mort.
FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@ (E)
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu s ...

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GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@


Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une militante émérite vivant à Berlin-Est, n'en a rien su. Depuis la veille, elle était dans le coma. Terrassée par un infarctus foudroyant en découvrant une manif pacifique contre le régime sauvagement réprimée par la police. L'Histoire joue d'emblée un rôle essentiel dans ce film. Mais rien n'y est plus décisif que l'amour d'un fils pour sa mère.

TELERAMA
Good Bye Lenin ! est d'abord une belle démonstration de l'art et la manière de mêler avec légèreté l'intime et l'universel, le destin d'un peuple déboussolé et celui, tout aussi problématique, d'une famille aux abois... Quand Christiane Kerner va rouvrir les yeux, huit mois plus tard, il ne reste plus rien de cette « patrie socialiste » dont elle demeurait, avec une désarmante sincérité, l'avocate idéaliste. À Berlin-Est, on a procédé à un frénétique nettoyage par le vide. Sur les façades des immeubles où flottaient les immenses bannières écarlates célébrant le 40e (et dernier) anniversaire de la RDA se déploient désormais des publicités géantes pour Coca Cola. En huit mois, on a bazardé, liquidé, mis au rebut tout ce qui renvoyait à « l'ancien monde », et en particulier le moche, le tarte, le ringard, cette empreinte supposée indélébile du régime défunt sur le quotidien de chacun. Changer de vie, c'était aussi, symboliquement, se débarrasser des papiers peints marronnasses et des chandails made in Bulgaria... Problème. Les médecins ayant averti Alex, le fils de Christiane, que le moindre choc émotionnel pouvait lui être fatal, comment lui cacher l'invraisemblable vérité ? A partir de cette donnée qu'on peut prendre, d'abord, pour un simple « truc » scénaristique, Good Bye Lenin ! va développer une cascade de péripéties, où la satire pointilliste d'un système totalitaire ossifié jusqu'au ridicule fait contrepoids aux désillusions nées du trop brutal basculement collectif des Ossis.

Cette mère si fragile, il s'agit d'organiser sa survie par la plus aléatoire des méthodes : en inventant un énorme mensonge. En clair, Alex décide de faire revivre une RDA disparue, volatilisée, de réinventer entre les quatre murs d'une chambre un microcosme conforme à la vision de sa mère. On ne dévoilera pas à quelles improvisations funambules le fils recourt pour mener à bien son ingénieux travail de « reconstitution historique ». Reconstruire la société est-allemande à l'identique, c'est aussi simple et aussi compliqué, donc aussi drôle, que de partir en chasse d'une marque de cornichons est-allemande disparue des supermarchés de la nouvelle Allemagne... La comédie change d'échelle quand Alex décide de se servir de la télévision pour peaufiner l'illusion. Bricoler une actualité fictive dans de pseudo-journaux télévisés avec présentateur récitant les vérités truquées du catéchisme socialiste : cela devient du grand art. La télé, c'est l'arme absolue d'Alex, et le réalisateur de Good Bye Lenin ! s'en sert pour une savoureuse illustration du pouvoir de l'image quand il ne reste qu'elle pour faire croire à une réalité qui n'existe plus.

Comment rendre plus vrai que vrai ce qui n'était qu'un leurre mis en scène par la machine de propagande du Parti ? Tout se passe comme si Alex réinventait, sans le chercher, cet ordre ancien où l'on manipulait l'information avec la complicité plus ou moins consentante des figurants (ici les voisins de palier) « jouant » à acclamer les bienfaits du régime. Au comble d'une inspiration débridée, il ira jusqu'à changer radicalement le sens de la chute du Mur en une parodie carrément absurde des contrevérités distillées par un régime en déroute.
Surtout, entre deux gags, le réalisateur insuffle une émotion contenue, une forme de mélancolie, qui est cette « ostalgie » de certains Allemands de l'Est moins pour la vie d'avant, si triste et sans horizon, que pour tous ces repères disparus (une certaine marque de café ou le programme de télé favori des petits enfants de la RDA...) où s'accrochent les restes d'une identité perdue. Good Bye Lenin ! est une comédie intelligente, une fable futée, jamais manichéenne. Cela aurait suffi à assurer son succès. Si ce « petit » film, écrit par un scénariste débutant et réalisé par un metteur en scène de modeste réputation, a connu un triomphe sans égal en Allemagne, c'est sans doute parce qu'il reflète bien ce sentiment diffus que la « réunification » allemande, brutalement entrée dans les faits après la chute du Mur, reste toujours en jachère dans les esprits.
GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@ (E)
Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une ...

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GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali


En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu'au Sud profond, ils doivent se confronter aux humiliations, perceptions et persécutions, tout en devant trouver des établissements accueillant les personnes de couleurs.
GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali (E)
En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'un ...

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GUERRE ET PAIX, Serge Boudarchouk 1966 (saga histoire guerre)@@@


Guerre et Paix est une adaptation cinématographique soviétique du roman de Léon Tolstoï réalisée par Sergueï Bondartchouk, composée de quatre parties sorties entre 1966 et 1967. Avec un budget de 8 291 712 roubles soviétiques en 1967 c'est le film le plus cher jamais réalisé en URSS

TELERAMA
Une realisation à la fois intime et phénoménale. 10 ans plus tôt, la première grande adaptation de Guerre et paix, le trésor national de la littérature russe, fut américaine, signée King Vidor en 1956. En pleine guerre froide, laver l’affront devenait une obligation nationale, d’autant que le film hollywoodien avait attiré la grande foule dans les salles soviétiques.

Le projet, supervisé de près par le Kremlin, est confié à un acteur célèbre en URSS mais cinéaste quasi-débutant avec une mission : faire mieux que les capitalistes yankees. Sergueï Bondartchouk va consacrer quatre ans de sa vie à sa réalisation, au prix de deux crises cardiaques. Dans le livre qui accompagne l’édition Blu-ray collector du film-fleuve (sept heures en tout !) parallèlement à sa reprise en salles, le journaliste Marc Moquin raconte dans le détail les coulisses, aussi captivantes qu’insensées, de cette superproduction de tous les records.

14 000 soldats détachés par l’Armée rouge
Contrairement à la légende (lancée par... le distributeur américain du film), l’Armée rouge n’a pas détaché cent vingt mille soldats pour la reconstitution de la bataille de Borodino, mais « seulement » quatorze mille. Même souci de la démesure lors de la grande scène du bal pour laquelle le réalisateur a voulu surpasser celle, déjà grandiose, du Guépard, de Visconti.

En raison de cette débauche de moyens, et de son statut de film « officiel », Guerre et paix a une réputation d’académisme. À tort. Bien aidé par son jeune chef opérateur virtuose Anatoly Petritski, Bondartchouk mutiple les expérimentations visuelles mais aussi sonores, avec des audaces techniques (la caméra fixé sur une crémaillère ou sur une tyrolienne pour les séquences militaires) ou des trouvailles aussi artisanales que poétiques (les foulards agités devant l’objectif pendant le bal). Il parvient à retrouver l’esprit, sinon l’âme, de Tolstoï, par son mélange lyrique de gigantisme et d’intimité, de barbarie et d’humanité.
GUERRE ET PAIX, Serge Boudarchouk 1966 (saga histoire guerre)@@@ (E)
Guerre et Paix est une adaptation cinématographique soviétique du roman de Léon Tolstoï réalisée par Sergueï Bondartchouk, composée de quatre parties sorties entre 1966 et 1967. Avec un bu ...

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HOTEL DU NORD, Marcel Carne 1938, Arletty, Louis Jouvet, Jean-Pierre Aumont (societe)@@@


Paris, 1938. Dans un hôtel proche du canal Saint-Martin, on fête une communion. Les clients de l'hôtel et les patrons célèbrent l'événement autour d'un repas. Au cours du repas, un jeune couple d'amoureux vient louer une chambre dans le but de se suicider. Pendant la nuit, le coup de feu retentit, la jeune femme est blessée et le jeune homme disparaît. Les hôteliers embauchent la jeune femme comme serveuse.

TELERAMA
Un hôtel modeste au bord du canal Saint-Martin... Inutile de raconter l'histoire, ce qui compte, évidemment, c'est... l'atmosphère de ce quatrième film de Marcel Carné. Au départ, il est embauché par la société de production Sedi pour tourner un film avec la star du studio, la jeune et douce Annabella. On ne lui donne qu'une directive : faire un Quai des brumes, mais un Quai des brumes moral...

Privé de son ami Prévert, en voyage aux Etats-Unis, le réalisateur choisit alors Jean Aurenche et Henri Jeanson comme scénaristes. Très vite agacés par la fadeur du couple de jeunes premiers dramatiques (Annabella, donc, et Jean-Pierre Aumont), ils imaginent un autre couple (merci à eux) pour leur voler la vedette (pari gagné !) : monsieur Edmond, un voyou repenti (Jouvet, un seigneur dans son costard de mac), et Raymonde (Arletty, incarnation géniale de la gouaille du Paris po­pulo), la prostituée au coeur tendre qui lance la réplique la plus célèbre du cinéma français.

Au bout du compte, Hôtel du Nord, véritable festival de dialogues, est plus un film de Jeanson que de Carné. Même les décors d'Alexandre Trauner sont plus importants que l'histoire : à eux seuls, ils feraient regretter à la Nouvelle Vague d'avoir déplacé les tournages en extérieurs naturels. Tendresse particulière pour le jeune Bernard Blier, dans le rôle de l'éclusier dingue de Raymonde (« Oui, ma petite reine », « Voilà, ma petite reine »)... Poussiéreux, l'Hôtel du Nord ? Ceux qui osent dire ça sont de « drôles de bled »... — Guillemette Odicino
HOTEL DU NORD, Marcel Carne 1938, Arletty, Louis Jouvet, Jean-Pierre Aumont (societe)@@@ (E)
Paris, 1938. Dans un hôtel proche du canal Saint-Martin, on fête une communion. Les clients de l'hôtel et les patrons célèbrent l'événement autour d'un repas. Au cours du repas, un jeune couple ...

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HUIT ET DEMI, Frederico Fellini 1963, Marcello Mastroianni, Anouk Aimée (societe)@@@


Un cinéaste dépressif fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l'école religieuse de sa jeunesse, ses rêves fous de "harem", ses parents décédés. Dans la station thermale où il s'est isolé, son épouse Luisa, sa maîtresse Carla, ses amis, ses acteurs, ses collaborateurs et son producteur viennent lui tourner autour, pour qu'enfin soit réalisé le film sur lequel il est censé travailler.

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Voici un chef-d’œuvre façonné non seulement par un cinéaste de génie, mais par son époque. Au début des années 1960, le quadragénaire Fellini est devenu une légende vivante : La dolce vita, sa Palme d’or, son oscar et son immense succès ont parachevé sa mutation en figure de l’artiste absolu. Est-il seulement encore un homme ? C’est la question qui hante son huitième film et demi (après sept longs métrages et trois courts qui comptent pour un et demi). Sous les traits de son complice Marcello Mastroianni, le réalisateur se met en scène en créateur perdu dans sa propre identité, faite de souvenirs, de visions, de vérités, de mensonges et de fantasmes. Dans une station thermale qui évoque une antichambre du paradis ou un purgatoire, ce Guido travaille au film qu’il doit tourner, ou, plutôt, est-ce ce film rêvé qui le travaille…

Aujourd’hui, Fellini est presque aussi ignoré qu’il était adulé il y a soixante ans, et le contraste qu’il établissait entre son rayonnement mondial et cet exercice d’introspection est moins sensible — sinon à travers la présence de la foule qui accompagne Guido dans son cheminement intérieur. Une fièvre s’est dissipée mais la modernité, elle, saute toujours aux yeux. Tout particulièrement avec les sublimes portraits de femmes, qui sont le cœur battant de Huit et demi. Quand les belles se rebellent et que Guido feint de pouvoir les dompter avec un fouet, ce kaléidoscope vertigineux semble nous faire des clins d’œil et défier le temps.
HUIT ET DEMI, Frederico Fellini 1963, Marcello Mastroianni, Anouk Aimée (societe)@@@ (E)
Un cinéaste dépressif fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l'école religieuse de sa je ...

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IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST Sergio Leone 1968,


Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer).
IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST Sergio Leone 1968, (E)
Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la va ...

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INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy


Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine sénégalaise tout droit sorti de prison, comme auxiliaire de vie à domicile. Pourquoi lui ? Tout simplement parce qu'il ne regarde pas Philippe avec le même regard de pitié que les autres candidats.
INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy (E)
Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine s ...

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INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon


À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée.
INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon (E)
À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée. ...

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JEUX INTERDITS, René Clément 1952, Brigitte Fossey, Georges Poujouly (guerre societe)@@@


Au cours de l'Exode de 1940 en France, Paulette, cinq ans, perd ses parents. À l'abandon, elle erre sans savoir où elle va jusqu'au jour où elle rencontre Michel, un petit garçon de dix ans qui la conduit chez lui. D'abord réticent, le père de Michel accueille la petite, notamment pour ne pas que leurs voisins en tire profit. Puis les deux enfants commencent à créer des sépultures pour divers animaux morts et Michel vole des croix pour les tombes, créant des ennuis.

TELERAMA
En 1940, une opheline de 5 ans vit la guerre à sa façon aux côtés du garçon de la famille paysanne qui l’a recueillie. Le réalisateur René Clément s’immisce dans l’imaginaire morbide de l’enfance.

À5 ans, Paulette trottine en famille sur les routes du Cantal pendant l’exode de 1940. Une pluie d’obus tue ses parents et son chien. Désormais seule, elle rencontre Michel, un peu plus âgé qu’elle, qui tanne sa famille pour qu’elle adopte l’orpheline.

À force d’entendre les débutants à la guitare égratigner sa musique, on avait fini par oublier la perfection du film. Célèbre pour avoir tourné, dès 1945, le premier film événement sur la Résistance (La Bataille du rail), René Clément reprend un thème proche avec la même rigueur documentaire, assortie d’un humanisme délicat et tragiquement féerique. Il épin­gle sans pitié la hargne clanique de familles paysannes qui se jalousent et défendent leurs petits intérêts.

Bien avant Charles Laughton et sa légendaire Nuit du chasseur, il s’immisce aussi dans l’imaginaire morbide et franc de l’enfance, avec son lot d’images oniriques lourdes en symboles : un hibou au regard scru­tateur, un poussin à l’agonie… Comme pour remplacer son chien, mort à sa place, Paulette erre sans autre arme que son instinct trop pur, petit animal perdu à qui la Croix-Rouge prend finalement soin de mettre un collier. Brigitte Fossey est bouleversante.


JEUX INTERDITS, René Clément 1952, Brigitte Fossey, Georges Poujouly (guerre societe)@@@ (E)
Au cours de l'Exode de 1940 en France, Paulette, cinq ans, perd ses parents. À l'abandon, elle erre sans savoir où elle va jusqu'au jour où elle rencontre Michel, un petit garçon de dix ans qui la conduit chez lu ...

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JOYEUX NOEL, Christian Carion 2005, Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Daniel Bruhl, Dany Boon@@@


Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu'il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant.
Le prêtre anglican Palmer s'est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l'église. Ils quittent leur Ecosse, l'un comme soldat, l'autre comme brancardier.
Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l'ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent.
Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des Etats majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes...

TELERAMA
Pour reconstituer un épisode véridique de fraternisation entre soldats allemands, français et britanniques la nuit de Noël 1914, Christian Carion (Une hirondelle a fait le printemps) a choisi des modalités tout sauf surprenantes. Avec une régularité scolaire, il passe d’un camp à l’autre et du drame à la légèreté. Il alterne, dans le même esprit appliqué, une histoire d’amour, une his­toire de fraternité et une histoire de paternité, toutes contrariées par la guerre. Et il façonne des seconds rôles « comme le cinéma français n’en fait plus » (vieux refrain), mais dont il reste à prouver qu’ils manquent : Dany Boon en aide de camp chtimi légèrement neuneu en fait des tonnes pour un effet Bourvil très manqué...
C’est assurément une chose bouleversante que des ennemis improvisent une paix éphémère et clandestine, renvoyant un conflit à son absurdité. Mais le film, telle une toile figurative des plus banales, n’a rien à ajouter à ce prodige.

JOYEUX NOEL, Christian Carion 2005, Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Daniel Bruhl, Dany Boon@@@ (E)
Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa be ...

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JULES ET JIM, Francois Truffaut 1962, Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre(sentimental)@@@@


Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance. Ils sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de femmes. C'est alors qu'ils rencontrent Catherine, dont ils tombent tous les deux amoureux. Mais c'est Jules que Catherine choisit...

TELERAMA
Jules et Jim, l’Allemand et le Français, sont amis. Catherine est la maîtresse, la confidente… Truffaut signe une mise en scène éblouissante et un hymne à Jeanne Moreau, héroïne moderne et poignante.

Dans « Jules et Jim », Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre forment un triangle amoureux. Films du Carrosse

Lorsqu'il cita pour la première fois le roman Jules et Jim dans l'une de ses critiques de la revue Arts, François Truffaut n'avait pas réalisé de film. Il se fit la promesse de commencer sa carrière de cinéaste en adaptant cet extraordinaire livre d'Henri-Pierre Roché, un vieil inconnu de 76 ans.

Même si Truffaut retarda le projet, Jules et Jim fête le passage d'un homme de mots vers un monde d'images : c'est un hymne au plaisir d'« entrer en cinéma ». Tout en gardant un ton très littéraire, il met en scène la rage d'aimer, à travers des scènes purement visuelles. A la lecture du livre, le cinéaste fut « frappé par le caractère scabreux des situations et la pureté de l'ensemble ». Son film réussit le même tour de force. Il évoque la discipline fervente d'une femme libre, décidée à « inventer l'amour ». Jeanne Moreau mord à pleines dents dans ce rôle d'égérie grave et gourmande. Cachée derrière le titre doublement masculin, elle est le pilier central de cet éblouissant chef-d'œuvre.
JULES ET JIM, Francois Truffaut 1962, Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre(sentimental)@@@@ (E)
Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance. Ils sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de femm ...

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KRAMER CONTRE KRAMER, Robert Benton 1979, Dustin Hoffman, Meryl Streep (societe)@@@


Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de son entreprise. Cependant, Joanna ne lui en laisse pas le loisir. Elle lui déclare tout de go qu'elle le quitte et s'en va sans attendre, lui laissant la charge de Billy, leur fils. Tant bien que mal, Ted s'organise, entre travail, courses, ménage, toasts brûlés et réunions de parents d'élèves.

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En plein boom, dans les années 70-80, le divorce était alors le grand thème de société dont on aimait à débattre à longueur d'éditoriaux et de fictions en tout genre. Kramer contre Kramer en illustre méthodiquement toutes les tribulations, petits tracas et grands déchirements. Avec, petit supplément de modernité « d'époque », le point de vue d'un père « abandonné », obligé d'assumer seul, du jour au lendemain, le quotidien de son petit garçon.
Oscar du meilleur film en 1979, cette étude de moeurs est restée, peu ou prou, dans les mémoires des spectateurs, le film de référence sur le sujet. Qui, d'une rediffusion à l'autre de cette oeuvre presque trentenaire, n'a pas trituré son mouchoir devant la détresse de Ted Kramer, papa new-yorkais débordé et aimant (Dustin Hoffman, débordant de charme) ? Qui n'a pas senti, comme le jeune Billy, son petit coeur balancer, au jardin public, entre l'étreinte paternelle et le regard embué de la mère prodigue (Meryl Streep, que le film contribua à révéler) ?...
Certes, Robert Benton joue à fond la carte de l'attendrissement, appuyant avec toute son habileté de faiseur hollywoodien sur la détresse de l'enfant et le désarroi des parents. Mais, grâce à la verve et à la sensibilité des comédiens, à l'humour et à la justesse de scènes très quotidiennes (un repas maladroitement improvisé, une engueulade père-fils, un rendez-vous galant raté...), Benton ne fait pas la morale, ne prend parti pour aucun de ses personnages paumés, blessés et malgré tout pleins d'espoir, et son film reste, encore aujourd'hui, étonnamment tendre et vivant.
KRAMER CONTRE KRAMER, Robert Benton 1979, Dustin Hoffman, Meryl Streep (societe)@@@ (E)
Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de ...

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L ARNAQUE, George Roy Hill 1973, Paul Newman, Robert Redford (musical)@@@


Une bande de trois petits arnaqueurs dépouille par hasard un convoyeur de fonds d'un grand bandit de la pègre de New York. Celui-ci cherche à se venger et tue Luther, un des arnaqueurs qui a participé au vol. Avant de se faire assassiner, Luther remet à Johnny Hooker la carte de visite d'un ancien grand faisandier : Henry Gondorff. Johnny se rend donc à Chicago pour rencontrer Henry.

TELERAMA
Au son du ragtime, une évocation nostalgique de l’Amérique des années 1930, avec Newman et Redford. Le mélange d’humour et de vengeance fait mouche.

En 1974, l'année où L'Arnaque rafla sept oscars, dont celui du meilleur film, à la barbe (souillée de vomi) de L'Exorciste, Hollywood fit le choix du classicisme : une bonne vieille comédie malicieuse et nostalgique sur l'Amérique de la Grande Dépression, à l'opposé des brûlots contestataires des jeunes-turcs du Nouvel Hollywood (Scorsese, Coppola...). L'inoubliable ritournelle - le piano ragtime, bande-son des films burlesques des années 1910-1920 - a évidemment contribué au charme anachronique de l'ensemble.

Déjà rétro au moment de sa sortie, l'image sépia n'avait aucune raison de vieillir. Et si l'on ajoute qu'on peut y admirer les deux plus belles paires d'yeux bleus de l'histoire du cinéma (le couple Redford-Newman, déjà à l'unisson, en 1969, dans Butch Cassidy et le Kid, du même George Roy Hill), on comprend pourquoi ce film est devenu indémodable. Comme dans tous les films reposant sur une machination, le plaisir le plus évident consiste à se laisser manipuler. Un plaisir intact.
L ARNAQUE, George Roy Hill 1973, Paul Newman, Robert Redford (musical)@@@ (E)
Une bande de trois petits arnaqueurs dépouille par hasard un convoyeur de fonds d'un grand bandit de la pègre de New York. Celui-ci cherche à se venger et tue Luther, un des arnaqueurs qui a participé au vol. Ava ...

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L AUBERGE ESPAGNOLE, Cedric Klapisch 2002, Romain Duris, Cecile de France (sentimental)@@@


Xavier, 25 ans, part achever son DEA de sciences économiques à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus. Il quitte sa petite amie Martine pour une année. Lorsqu'il débarque en Espagne, il fait la connaissance d'un jeune couple de Français chez qui il va habiter, le temps de trouver un logement. Il finit par trouver un appartement à partager avec six colocataires venus de toute l'Europe...

TELERAMA
La construction européenne, selon Klapisch : humour léger, trait satirique et précis…
Xavier suit sa dernière année d’études en économie à Barcelone, où il cohabite avec sept autres étudiants venus de toute l’Europe. Le moteur de l’action, c’est la construction européenne à l’échelle d’un appartement — assez vaste pour la contenir en entier, mais trop exigu pour éviter les frictions quotidiennes.

L’échantillon est trop parfait pour échapper aux clichés, mais Klapisch explore le caractère de chacun comme il dévoile la ville de Barcelone : avec une apparente désinvolture, par touches légères mais précises. Dans cette « auberge espagnole », on trouve de tout, mais rien n’est mieux que les scènes de comédie : le cours de rattrapage sur le plaisir féminin donné au héros éberlué par la copine lesbienne… Ainsi, l’espèce de dilettantisme narratif finit par dégager un vrai charme : celui que crée une distance amusée avec un sujet que des cinéastes plus « sérieux » auraient qualifié de « sociétal ».
L AUBERGE ESPAGNOLE, Cedric Klapisch 2002, Romain Duris, Cecile de France (sentimental)@@@ (E)
Xavier, 25 ans, part achever son DEA de sciences économiques à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus. Il quitte sa petite amie Martine pour une année. Lorsqu'il débarque en Espagne, il fait la connaissance ...

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L EMMERDEUR Francis Veber 1973, Jacques Brel, Lino Ventura (comique thriller)@@


Ralph Milan est un tueur à gages implacable. Caché dans une chambre d'hôtel, il opère sa nouvelle mission : exécuter Louis Randoni, un fâcheux témoin, mais les préparatifs de Milan sont contrariés par la présence de François Pignon. Dans la pièce voisine, ce voyageur dépressif, abandonné par sa femme, tente de se suicider en se pendant à la tuyauterie de la salle de bains et provoque une inondation dans la chambre de Milan.
L EMMERDEUR Francis Veber 1973, Jacques Brel, Lino Ventura (comique thriller)@@ (E)
Ralph Milan est un tueur à gages implacable. Caché dans une chambre d'hôtel, il opère sa nouvelle mission : exécuter Louis Randoni, un fâcheux témoin, mais les préparatifs de Milan sont ...

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L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@


Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il raconte son arrivée dans l'ouest. Sauvagement battu par le bandit Liberty Valance, le jeune juriste Stoddard fut alors pris en amitié par Tom Doniphon. Ce dernier lui enseigna la seule loi qui prévaut dans la région : celle des colts.

TELERAMA
La photo est un écrin noir et blanc pour une distribution éblouissante. L’un des meilleurs westerns de John Ford.

Ce John Ford est accessoirement connu pour la fameuse sentence : « Quand la légende prime les faits, on imprime la légende. » C’est par le vieux sénateur que la légende a glorifié que nous apprendrons les faits. Mais ce faux suspense vient seulement enfoncer le clou. L’essentiel tient dans la confrontation de deux types d’hommes de l’Ouest. Ransom Stoddard (James Stewart) est un jeune juriste fébrile qui ne cesse d’agiter, tel un chiffon blanc, la vertu des lois. Tom Doniphon (John Wayne) incarne, lui, la force tranquille, taciturne, efficace. Ford prend un malin plaisir à féminiser le premier, réduit, en attendant son heure, à faire la plonge en tablier dans le restau du coin. Wayne est, comme d’habitude, blindé de virilité. C’est pourtant lui qui va craquer en voyant la rivalité amoureuse qui se noue autour de la belle Hallie tourner à son désavantage.

Chez Ford, rien n’est jamais aussi simple qu’on pourrait le croire au premier coup d’œil. L’opposition des deux figures, de leur gestuelle, de leur langage, suffirait à faire le film. S’y ajoutent un noir et blanc au piqué superbe et une galerie de seconds rôles gratinée, Lee Marvin en tête, qui joue Liberty Valance avec délectation, aussi brutal et sans merci que son nom est élégant.
L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@ (E)
Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il racont ...

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LA BALLADE DE NAYARAMA, Shohei Imamura 1983 (societe)@@@


Ce film est une réflexion sur la société japonaise du XIXe siècle. Selon une tradition, les vieillards qui atteignent 70 ans doivent partir en pèlerinage sur le mont Narayama pour y mourir. Le moment est venu pour Orin de se retirer du monde à son tour. Or, elle est toujours en bonne santé et son fils Tatsuhei ne veut pas la laisser partir pour mourir. Afin d'éviter le déshonneur, Orin décide alors de se faire mal en se cassant les dents pour contraindre son fils à la laisser partir.

TELERAMA
La Ballade de Narayama est la seconde adaptation japonaise d’une nouvelle de Shichirō Fukazawa (1914-1987), après la version, fortement imprégnée de théâtre kabuki, qu’en avait tirée le prolifique Keisuke Kinoshita, en 1958. Imamura en reprend donc la trame, située dans une petite communauté villageoise à l’extrême nord du Japon, à la fin de l’ère Edo (deuxième moitié du XIXe siècle). Celle-ci tourne autour d’un personnage de grand-mère, Orin (Sumiko Sakamoto), atteignant l’âge avancé pendant lequel elle doit accomplir le rite funéraire traditionnel : gravir le mont Narayama sur les épaules de son fils aîné, pour y finir ses jours livrée aux éléments et à la divinité des lieux.

Le film qu’en tire Imamura, cinéaste résolument moderne, s’oppose en tout point au classicisme de Kinoshita, qui exaltait la piété filiale et le respect des traditions. Au contraire, Imamura perpétue sa vision décapante et désacralisée d’une humanité primitive (comme dans Profonds désirs des dieux, 1968) qu’il se plaisait à saisir « par le bas du corps », à ras d’instincts et de pulsions.

La première partie du film se penche surtout sur la vie quotidienne du village, au fil des saisons et des travaux qui les rythment. Dès les premières images, qui survolent les chaînes de montagne enneigées, Immamura souligne l’isolement de cette petite communauté agricole, éloignée des évolutions du monde, puis décrit par le détail la rudesse et la ténuité de ses conditions d’existence. En se focalisant sur la famille d’Orin (ses fils, petits-fils et brus) et ses relations avec le voisinage, Imamura en résume les nécessités : la survie, qui se mesure en bouches à nourrir, et la perpétuation du clan, qui régule les rapports entre les sexes.

Nécessités qui semblent justifier un enchaînement de situations scabreuses, potentiellement choquantes : nourrissons jetés aux rizières, exécution d’une famille de voleurs enterrés vivants, zoophilie et gérontophilie… Mais la beauté du film est d’exempter ces actes, apparemment révoltants, de toute considération morale, pour les restituer au sein d’un ordre naturel primitif, où les cycles de vie et de mort s’abordent frontalement, sans hypocrisie. C’est pourquoi des vues animales – serpents, rongeurs, rapaces, poules, lapins – s’insèrent entre les scènes de la vie humaine, résonnent ou riment avec elles : pour Imamura, l’homme partage la même histoire naturelle que celle des animaux.

Le film chemine, avec trivialité et détachement, vers son apothéose : l’ascension du mont Narayama

Le film chemine ainsi, avec trivialité et détachement, vers son apothéose : l’ascension du mont Narayama, à l’occasion d’une séquence magnifique et quasiment muette – le rituel interdit de prononcer un mot. Orin, portée par son fils Tatsuhei (le formidable Ken Ogata), s’élève vers sa propre mort, dans des hauteurs escarpées envahies d’une brume automnale et spectrale.

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Imamura aurait pu dénoncer facilement la barbarie du rite, mais choisit de faire naître, en son point culminant, une émotion spécifiquement humaine : Tatsuhei éprouvant le besoin d’étreindre une dernière fois sa vieille mère, au moment de l’abandonner au milieu d’un cimetière d’ossements, cerné par les corbeaux. Le rite au summum de sa cruauté (laisser mourir un aïeul dans la nature) coïncide curieusement avec l’effusion inattendue d’un sentiment. Le seul à pousser comme une fleur sauvage sur le granit insécable de la vie primitive.
LA BALLADE DE NAYARAMA, Shohei Imamura 1983 (societe)@@@ (E)
Ce film est une réflexion sur la société japonaise du XIXe siècle. Selon une tradition, les vieillards qui atteignent 70 ans doivent partir en pèlerinage sur le mont Narayama pour y mourir. Le moment est v ...

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LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh 2022 (thriller)@@@


Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meurt soudainement. Adam se retrouve alors au coeur d'une lutte de pouvoir implacable entre les élites religieuse et politique du pays.

TELERAMA
Un étudiant se retrouve précipité dans les guerres de pouvoir d’un haut lieu de l’islam sunnite égyptien. Une métaphore brillante du régime d’al-Sissi.

Trois jours avant le début du tournage de Le Caire confidentiel, en 2015, Tarik Saleh avait dû quitter l’Égypte sur ordre des services de sécurité. Depuis, le cinéaste suédois né de père égyptien est indésirable au pays des pharaons. Et il devrait le rester pour longtemps, au vu de son nouveau long métrage, prix du scénario mérité au dernier Festival de Cannes. La Conspiration du Caire se révèle, en effet, une critique virulente des dérives de pouvoir autoritaire du maréchal Al-Sissi, et plus particulièrement de ses barbouzeries sanglantes.

Après avoir utilisé avec bonheur les codes du film noir dans Le Caire confidentiel, le réalisateur propose ici un genre cinématographique composite, que l’on pourrait qualifier de « thriller d’espionnage religieux ». Adam, fils d’un modeste pêcheur du nord du pays, obtient une bourse pour étudier à l’université cairote al-Azhar, haut lieu de l’islam sunnite dont le grand imam est plus ou moins l’équivalent du pape pour les catholiques. À la mort brutale de ce dernier, les services secrets sont bien décidés à influer sur l’élection en interne de son successeur en poussant un candidat proche de leurs idées… et en déstabilisant ses concurrents les plus dangereux. Un officier expérimenté, Ibrahim, jette son dévolu sur Adam, qui va devenir sa « taupe » au sein d’al-Azhar et l’instrument d’une manipulation politico-religieuse où tous les coups sont permis.

« Tu es un cœur pur, mais qu’al-Azhar va souiller de plus en plus », dit en substance l’assistant d’un enseignant à Adam. De fait, l’étudiant à la gueule d’ange, à qui on donnerait Allah sans confession, se transforme en agent double, voire triple, particulièrement doué, capable, même si c’est la mort dans l’âme, de trahir l’un de ses rares amis, dans un récit riche en rebondissements et en coups tordus que n’auraient pas renié les maîtres espions de John le Carré. L’ascension de ce novice moins naïf que prévu ressemble à celle du héros d’Un prophète, de Jacques Audiard, le trafic de drogue en moins, l’exégèse des paraboles coraniques en plus. Tarik Saleh filme d’ailleurs l’université islamique, reconstituée dans le décor étonnant et puissamment cinégénique de la mosquée Süleymaniye d’Istanbul, comme une prison où tout le monde soupçonne tout le monde. Une métaphore de l’Égypte et de sa société sous surveillance où la Sûreté d’État fait régner la terreur.

Face au jeune Tawfeek Bahrom, peut-être un peu tendre pour le rôle complexe d’Adam, Fares Fares, l’inoubliable interprète de l’inspecteur Nourredine dans Le Caire confidentiel, est méconnaissable, mais une nouvelle fois saisissant, dans la peau de l’officier traitant Ibrahim. Un personnage trouble, dur, cruel, finalement proche de son personnage du précédent film : un exécutant dévoué, vaguement désabusé, mais dont l’humanité pourrait se réveiller face à l’injustice ou l’ignominie de trop…

LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh 2022 (thriller)@@@ (E)
Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meur ...

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LA DOLCE VITA, Frederico Fellini 1960, Marcello Mastroiani, Anita Ekberg (sentimental)@@@


Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain, mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est susceptible de décrocher quelques scoops afin d'alimenter sa chronique. Un soir, las de la jalousie maladive de sa maîtresse Emma il sort avec Maddalena. Le lendemain Sylvia, une grande star hollywoodienne fait son arrivée à Rome.

TELERAMA
Avec “La Dolce Vita”, tourné en décors naturels, le cinéaste de l'imaginaire signe son dernier hommage au réel, avant de lui tourner définitivement le dos.
Par Aurélien Ferenczi
Federico Fellini, cinéaste de l'imaginaire ? Roi du fantasme qui invente sa propre réalité, si différente de la nôtre, dans le célèbre studio 5 de Cinecittà, son antre ? Bien sûr, mais après La Dolce Vita. Car le film, qui sort en Italie en février 1960 et conquiert la Palme d'or au festival de Cannes trois mois plus tard, compile très fidèlement quelques événements ayant rythmé la vie de l'Italie des années 1950.
Ainsi la longue scène du « miracle » – deux enfants qui auraient vu la Sainte Vierge – s'inspire-t-elle d'un cas similaire, un canular dont les journaux ont fait leurs choux gras en juin 1958. Et, bien sûr, le récit suit à la trace le roi des photographes mondains, Tazio Secchiaroli, le premier paparazzo, qui volait des photos aux people de l'époque, se battait avec ses sujets – inventant une facette de la médiatisation contemporaine du monde. Dolce vita ? Pazza vita, plutôt.

Le héros journaliste, joué par Marcello Mastroianni (Fellini refusa Paul Newman !), ou la figure de l'intellectuel Steiner, joué par Alain Cuny, regardent ces mœurs avec distance, voire désespoir. Pas sûr que Fellini ne soit pas de leur avis : le monde déréglé, il le fuira désormais, réfugié dans son imaginaire.
Pour La Dolce Vita, tourné principalement en décors naturels (beaucoup dans le quartier de l'EUR), la Via Veneto avait été reconstruite à Cinecittà : les décorateurs avaient reproduit son tracé sinueux, mais pas sa pente assez marquée. De ce jour, Fellini ne cessa de détester la vraie Via Veneto, qu'il jugeait raide et inhospitalière.
Que lui importaient les vrais lieux ? « Quelquefois, racontait-il, je me promène n'importe où dans Rome, je vois tel monument, tel ou tel quartier. Je me dis : ‘Ah, ce décor, on ne l'a pas encore démonté ?’ » La Dolce Vita est le dernier film réaliste du maestro.
LA DOLCE VITA, Frederico Fellini 1960, Marcello Mastroiani, Anita Ekberg (sentimental)@@@ (E)
Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain, mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est ...

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LA FAMILLE BELIER, Eric Lartigau 2014, Karin Viard, Francois Damiens, Louane Emera (sante societe)@@@


Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l'exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l'éloignement de sa famille et un passage inévitable à l'âge adulte.
LA FAMILLE BELIER, Eric Lartigau 2014, Karin Viard, Francois Damiens, Louane Emera (sante societe)@@@ (E)
Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l'exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son ...

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LA FEMME DU BOULANGER, Marcel Pagnol, Raimu, Ginette Leclerc, Charpin (societe)@@@


Une matinée d'effervescence au village de Sainte-Cécile, en Provence : Aimable Castanier, le nouveau boulanger, prépare sa toute première fournée et chacun veut donner son avis. Tout le monde remarque aussi la beauté de sa jeune épouse Aurélie, qui tient la caisse. Aurélie ne regarde que Dominique, le berger du marquis Castan de Venelles. Le coup de foudre se concrétise dès la nuit suivante par la fuite des tourtereaux sur un cheval volé.

TELERAMA
Le portrait d’Aimable Castanier, brave bougre oscillant entre stupeur et chagrin, bêtise et colère, est grandiose. Raimu, d’une drôlerie irrésistible, peut, ensuite, d’un frémissement de sa carcasse, vous tirer les larmes. Les dialogues de Pagnol, magnifiques, lui permettent ces sommets : « Cocu ? C’est un mot rigolo ! C’est un mot pour les riches. Moi, si ça m’arrivait, je serais pas cocu, je serais malheureux. »
Certes, le personnage du curé est caricatural, les femmes du village sont toutes des mégères, et la fin semble bâclée. Quant à la tirade de « la pomponnette », elle est un brin misogyne, émaillée d’un couplet à la limite du racisme. Mais La Femme du boulanger reste un formidable hymne à la Provence, au pastis, à la fougasse, à la fraternité et aux cœurs simples.
LA FEMME DU BOULANGER, Marcel Pagnol, Raimu, Ginette Leclerc, Charpin (societe)@@@ (E)
Une matinée d'effervescence au village de Sainte-Cécile, en Provence : Aimable Castanier, le nouveau boulanger, prépare sa toute première fournée et chacun veut donner son avis. Tout le monde remarque auss ...

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LA GRANDE VADROUILLE Gerard Oury 1966, Louis De Funes, Bourvil@@@


Au retour d'un bombardement sur la Ruhr, un avion anglais de la R.A.F. se trouve pris dans le feu de la Flak allemande qui le descend au-dessus de Paris. Sir Reginald, avant de sauter en parachute sur la ville occupée, fixe à ses hommes un point de ralliement: le Hammam.

TELERAMA
cette paire d’aventuriers improvisés résiste encore et toujours à l’envahisseur. Ils n’ont pas de potion magique, mais sont malins, coléreux, bref, gaulois. À leurs trousses, les écrasants vainqueurs se muent en tas de guignols poussifs. Cette célébrissime comédie, l’une des meilleures de Gérard Oury, s’arrange avec l’Histoire, cueille la revanche du rire. Un an après Le Corniaud, de Funès, plus teigneux que jamais, tyrannise à nouveau Bourvil le tendre. On ne se lasse pas de ce road movie de l’Occupation mené tambour battant, avec, ici et là, une goutte d’humour poétique : « Il n’y a pas d’hélice, hélas ! — C’est là qu’est l’os ! »
LA GRANDE VADROUILLE Gerard Oury 1966, Louis De Funes, Bourvil@@@ (E)
Au retour d'un bombardement sur la Ruhr, un avion anglais de la R.A.F. se trouve pris dans le feu de la Flak allemande qui le descend au-dessus de Paris. Sir Reginald, avant de sauter en parachute sur la ville occupée, fixe à ...

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LA LISTE DE SCHINDLER Steven Spielberg 1993, Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes


L'homme d'affaires Oskar Schindler arrive à Cracovie en 1939, prêt à profiter de la Seconde Guerre mondiale, qui vient de commencer. Après avoir rejoint le parti nazi pour des raisons politiques, il emploie des ouvriers juifs dans son usine.
LA LISTE DE SCHINDLER Steven Spielberg 1993, Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes (E)
L'homme d'affaires Oskar Schindler arrive à Cracovie en 1939, prêt à profiter de la Seconde Guerre mondiale, qui vient de commencer. Après avoir rejoint le parti nazi pour des raisons politiques, il emploie des ou ...

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LA MAISON DU LAC, Marc Rydell, Henry Fonda, Catharine Hepburn, Jane Fonda


Ethel et Norman Thayer s'apprêtent à passer leur quarante-huitième été dans leur maison de Golden Pond. Norman, qui va fêter ses 80 ans, est hanté par la mort. Cette obsession a développé en lui un humour caustique que seule sa femme comprend.
LA MAISON DU LAC, Marc Rydell, Henry Fonda, Catharine Hepburn, Jane Fonda (E)
Ethel et Norman Thayer s'apprêtent à passer leur quarante-huitième été dans leur maison de Golden Pond. Norman, qui va fêter ses 80 ans, est hanté par la mort. Cette obsession a développ ...

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A MORT AUX TROUSSES, Alfred Hitchcock 1959, Gary Grant, Eva Mary Saint (thriller)@@@


Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d'un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. Il fuit à travers les États-Unis et part à la recherche d'une vérité qui se révélera très surprenante.

TELERAMA
Charme, élégance, interprétation, suspense, scènes mythiques : autant de morceaux de bravoure qui font de la course folle de Cary Grant, traqué par de mystérieux espions, un monument du cinéma.

Véritable encyclopédie du cinéma selon Hitchcock, La Mort aux trousses est un film dont la réussite donne le vertige. Elle est éclatante à tout point de vue : scénario, interprétation, décors et, évidemment, mise en scène. Tant de perfection pourrait peser, les chefs-d’œuvre sont souvent écrasants. Celui-ci est d’une superbe légèreté et a toutes les élégances. L’argument a la saveur d’un coup de dés. Le publicitaire Roger Thornhill est pris pour un certain George Kaplan, agent secret. Mais Kaplan n’existe pas, c’était un leurre pour tromper d’autres espions…

Kidnapping, assassinats, La Mort aux trousses est une course folle. Il y a bien quelques microfilms dans cette histoire. Mais l’important est dans l’élan, la fuite en avant. Les scènes s’enchaînent, plus mémorables les unes que les autres : la vente aux enchères, la fuite sur le mont Rushmore. Et l’attaque de l’avion dans une immensité désertique où Thornhill ne peut se cacher, géniale leçon de cinéma.

Mais Hitchcock sait aussi faire un morceau de bravoure d’un baiser entre Cary Grant et Eva Marie Saint, et raconter leur rééducation sentimentale avec esprit. Jusqu’au fameux dernier plan, le plaisir est complet.
A MORT AUX TROUSSES, Alfred Hitchcock 1959, Gary Grant, Eva Mary Saint (thriller)@@@ (E)
Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d'un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. ...

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LA OU CHANTENT LES ECREVISSES, Olivia Newman 2022, Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson (thriller sentimental)@@


Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la "Fille des Marais" de Barkley Cove, isolant encore davantage la sensible et résiliente Kya de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville lui ouvre un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l'un d'eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte. A mesure que la vérité sur les événements se dessine, les réponses menacent de révéler les nombreux secrets enfouis dans les marécages.

ALLOCINE
Les paysages, les animaux, surtout les oiseaux et les personnages se partagent l’affiche de cette adaptation du premier roman de Délia Owens. C’est une histoire qui parle de solitude, d’abandon, d’amour et de meurtre ou d’accident, seule l’enquête le dira. Si les acteurs sont tous excellents, mention spéciale pour Daisy Edgar-Jones, qui est vraiment sublime. Le rôle semble fait pour elle tellement il lui colle à la peau.
malgré l’importance de la nature sauvage, l’importance de cette solitude qui écrase tout et le poids des émotions, elle semble porter le film. Alors je ne dirais pas à elle toute seule, mais pas loin. Après, il est vrai que le film raconte l’histoire de son personnage. Il y a beaucoup d'émotions, vous verserez sans doute une petite larme ou deux. Quant-à la fin, elle est très surprenante.
LA OU CHANTENT LES ECREVISSES, Olivia Newman 2022, Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson (thriller sentimental)@@ (E)
Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la "Fille des Marais" de Barkley Cove, isolant e ...

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LA PART DES ANGES, Ken Loach 2012, Paul Brannigan, John Henshaw (societa)@@@


Écossais, tout juste 20 ans et un casier judiciaire déjà bien chargé, Robbie passe de nouveau devant le tribunal pour une bagarre de plus. Comme il va être père, le juge lui accorde la clémence et le condamne à des travaux d'intérêt général ainsi que trois losers de première catégorie.

TELERAMA
Visage balafré, jogging flottant, l’Écossais Robbie pourrait être le frère des héros nerveux et marginaux de Riff-Raff. Une copine enceinte, pas de boulot, une tendance à la bagarre : ça part mal. Dans un accès de violence, Robbie a agressé un inconnu. Le début, au tribunal, suggère un drame social, dur, poignant, comme ceux auxquels Loach nous a habitués. Pourtant, dès que Robbie est condamné — à des travaux d’intérêt général —, le film s’attache à son sauvetage. La rédemption prend un chemin inattendu : celui de la comédie. Grâce à son superviseur, amateur de pur malt, le voyou se ­découvre un talent de goûteur. Un avenir. Tournée des distilleries, dégustation… et illumination. Avec ses compagnons de peine, un ahuri, une kleptomane et un rustre, il bricole une arnaque…
Ken Loach rêve d’une revanche des pauvres mais évite tout sermon. Rien, dans cette équipée de branquignols, n’est pris trop au sérieux. Le naturel des acteurs rappelle l’ambiance des comédies italiennes des années 1950. Cette drôle de « cambriole pour les nuls », c’est presque une version en kilt du Pigeon, de Mario Monicelli. À une (énorme) différence près : les antihéros de jadis restaient dans leur mouise. Ceux d’aujourd’hui font flamber la fatalité sociale au whisky.
LA PART DES ANGES, Ken Loach 2012, Paul Brannigan, John Henshaw (societa)@@@ (E)
Écossais, tout juste 20 ans et un casier judiciaire déjà bien chargé, Robbie passe de nouveau devant le tribunal pour une bagarre de plus. Comme il va être père, le juge lui accorde la clémenc ...

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LA PRISONNIERE DU DESERT, John Ford 1956, John Wayne, Natalie Wood (western)@@@@


En 1868, au Texas, après avoir combattu aux côtés des Sudistes puis au Mexique, Ethan Edwards revient au pays. Juste après son retour, la famille de son frère est attaquée par les Comanches. Tous périssent, à l'exception de la petite Debbie, la nièce d'Ethan, et de la jeune Lucy, enlevées par les Indiens. Ethan jure alors de les retrouver et de se venger. Accompagné de Martin Pawley, le frère adoptif des jeunes filles, et de Brad, le fiancé de Lucy, il se lance à la poursuite des ravisseurs. Les hommes apprennent bientôt que Lucy est morte. Fou de douleur, Brad gagne à bride abattue le camp des Indiens, qui le tuent. Une longue traque commence pour Ethan et Martin, que ne rebutent ni les hivers rigoureux, ni les étés torrides. Ethan vieillit mais s'obstine...

TELERAMA
Ethan retrouve sa nièce, enlevée par les Comanches... John Wayne en héros déchu et raciste, des Indiens assassins et victimes, une Natalie Wood déchirée : toute l’ambiguïté de l’Ouest au soleil brûlant de Monument Valley. Western monument.

Qu’est-ce qui pousse un homme à errer ? » La ballade qui ouvre le film le plus mythique de John Ford ne parle pas de ruban jaune ou de cavalerie. Elle pose une question existentielle, une question homérique. Dans le rôle d’Ulysse, revoici John Wayne et sa Winchester. Sa guerre de Troie était celle de Sécession, dont il revient les yeux remplis de fantômes et de poussière. Mais le foyer est un leurre et son odyssée débute au pied des mesas de Monument Valley par le rapt de sa nièce Debbie, emportée par les Comanches qui ont massacré le reste de sa famille. Parti à la recherche de la prisonnière du désert (Natalie Wood), Ethan, le « searcher » du titre original, entame un périple de plusieurs années. Une quête sans Ithaque ni Pénélope vaut-elle la peine d’être menée ?

Mal-aimé à sa sortie en 1956, ce prodigieux western est désormais considéré par beaucoup comme le meilleur film américain de tous les temps. C’est l’opinion de Martin Scorsese, notamment, qui envoie Robert De Niro et Harvey Keitel le voir dans Mean Streets. Sa narration elliptique et sa vision désenchantée du monde, qui tranchent avec l’humanisme fordien des débuts, en font un film de rupture, de la modernité encore balbutiante des années 1960. Le voir est une épiphanie ; le revoir, un ravissement.
LA PRISONNIERE DU DESERT, John Ford 1956, John Wayne, Natalie Wood (western)@@@@ (E)
En 1868, au Texas, après avoir combattu aux côtés des Sudistes puis au Mexique, Ethan Edwards revient au pays. Juste après son retour, la famille de son frère est attaquée par les Comanches. Tous p&e ...

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LA TRAVERSER DE PARIS, Claude Autant-Lara 1956, Jean Gabin, Bourvil) (thriller)@@@


Alors que le marché noir sévit dans le Paris de l'Occupation, le brave et pas très futé Martin est chargé par l'épicier de coltiner à l'autre bout de la ville un cochon proprement découpé.

TELERAMA
Quand s’unissent le goût pour la provocation et le cynisme d’Aymé et d’Autant-Lara. Comédie très très noire portée par un duo d’acteurs exceptionnels.

«Salauds de pauvres ! » : la réplique d'Aurenche et Bost est restée célèbre. Tout comme la colère homérique de Gabin contre tous les Français médiocres et lâches, profitant de l'Occupation pour s'enrichir : « Admirez le mignon, sa face d'alcoolique, sa viande grise et du mou partout, les bajoues qui croulent de bêtise. Et l'autre rombière, la guenon, l'enflure, la dignité en gélatine, avec ses trois mentons de renfort et ses gros nichons en saindoux qui lui dévalent la brioche »...

Sous la caméra de Claude Autant-Lara, « ce boucher qui s'obstine à faire de la dentelle », disait Truffaut, l'odyssée minable d'un pauvre type et d'un artiste peintre, faisant du marché noir dans le Paris nocturne de 1943, devient un règlement de comptes avec l'ignominie ordinaire, une minifresque sur la barbarie à visage humain. Réalisé durant les Trente Glorieuses, qui voulaient oublier les ombres noires de l'Occupation et qui croyaient, même vaguement, en l'avenir de l'homme, le film choqua. Aujourd'hui, il devrait séduire à 100 %, puisque le cynisme, le doute et la suspicion sont pratiquement devenus des règles de vie. Avec Douce (plus subtil) et Occupe-toi d'Amélie (plus bouffon), La Traversée de Paris reste le chef-d'oeuvre noir d'Autant-Lara : du vitriol pur jus. Après quoi, le cinéaste, toujours poussé par un ardent anarchisme de gauche, sombrera dans un extrémisme détestable. Au point de devenir un de ces médiocres que ses premiers films ridiculisaient si bien.
LA TRAVERSER DE PARIS, Claude Autant-Lara 1956, Jean Gabin, Bourvil) (thriller)@@@ (E)
Alors que le marché noir sévit dans le Paris de l'Occupation, le brave et pas très futé Martin est chargé par l'épicier de coltiner à l'autre bout de la ville un cochon proprement déco ...

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LA VERITE, Henri Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot, Charles Vanel (thriller judiciaire)@@@


Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se défend alors que tout l'accuse : son enfance difficile, ses moeurs libres. Dominique s'est mis en tête de séduire Gilbert pour ennuyer sa soeur, la trop sage et studieuse Annie. Puis, devenue la maîtresse de Gilbert, elle s'est laissée prendre au piège de l'amour-passion.

TELERAMA
Une femme, accusée d’avoir tué son amant, passe aux assises. Le deuxième grand rôle dramatique de Brigitte Bardot. Clouzot reste fidèle à son style, avec une direction d’acteurs au cordeau : Charles Vanel et Paul Meurisse sont magistraux.

Tourné en pleine « bardolâtrie », La Vérité défraya la chronique. L’ogre Clouzot allait-il dévorer la star ? Après En cas de malheur, d’Autant-Lara, c’était son deuxième grand rôle dramatique. Le succès fut à la hauteur du battage. Grand Prix du cinéma français et une nomination aux Oscars.

Le scénario, pourtant, est des plus banals : une jeune fille trop belle, trop libre, est accusée du meurtre de son amant. À son procès, témoins et flash-back nous font revivre le drame. C’est la « qualité française », que contestaient les jeunes loups de la Nouvelle Vague. Rien n’est laissé au hasard et les effets d’audience avec cinglantes répliques d’avocats font mouche. Cinquante ans après, on peut sourire devant ce Saint-Germain-des-Prés dépeint comme un lieu de débauche.

Mais l’intérêt du film, c’est « l’animal Bardot », que Clouzot s’acharne à faire jouer. Elle résiste, la mine boudeuse, puis finit par craquer, telle une bête traquée poussant un hurlement. L’auditoire, à qui elle crie « vous ne m’avez jamais aimée, vous êtes tous morts… », préfigure les bonnes gens qui pousseront au suicide l’héroïne de Vie privée, de Louis Malle. Peu après, Godard s’inclinera lui aussi devant le mythe.
LA VERITE, Henri Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot, Charles Vanel (thriller judiciaire)@@@ (E)
Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se dé ...

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LA VIE DES AUTRES, Florian Henckel von Donnersmarck 2006, Ulrich Muhe, Sebastian Koch (histoire espionnage allemagne de l est)@@@


Allemagne de l'Est, 1983. Ayant exprimé le doute qu'un dramaturge célèbre soit loyal envers la ligne communiste, Gerd Wiesler, un officier de la Stasi, reçoit l'approbation d'espionner l'homme et sa maîtresse, l'actrice Crista-Maria.

TELERAMA
Gerd Wiesler enseigne les méthodes qui permettent d’arracher à un être humain tout ce qu’il cache derrière ses mines d’innocent. Avec Wiesler, les lâches qui comptent fuir à l’Ouest doivent tomber le masque. Simple affaire de savoir-faire. En quelques minutes, tout est là : l’atmosphère d’un pays, la peur de ceux qui y vivent, leur fragilité. D’emblée, un personnage s’impose : Wiesler, l’instrument parfait du régime, dont les yeux perçants sont un étau (excellent Ulrich Mühe, disparu l’été dernier).

Mais la machine inhumaine peut se dérégler, dès lors qu’y interfèrent désirs et sentiments, tout ce qui est humain, et donc incontrôlable. Von Donnersmarck se montre un habile conteur et donne toute sa saveur à l’histoire du revirement de Wiesler, touché par l’amour et l’art, réunis en une actrice finalement moins douée que lui pour jouer la comédie. On assiste à une partie d’échecs entre volonté de pouvoir et envies de possession, loi et transgression. Le spectacle est prenant, à la manière d’un thriller.

La justesse de cette reconstitution offre un accès inédit à une réalité qu’on n’a guère eu l’occasion de revisiter au cinéma, tout en prenant une dimension de fable universelle sur le totalitarisme.
LA VIE DES AUTRES, Florian Henckel von Donnersmarck 2006, Ulrich Muhe, Sebastian Koch (histoire espionnage allemagne de l est)@@@ (E)
Allemagne de l'Est, 1983. Ayant exprimé le doute qu'un dramaturge célèbre soit loyal envers la ligne communiste, Gerd Wiesler, un officier de la Stasi, reçoit l'approbation d'espionner l'homme et sa maîtres ...

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LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@


En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l'enlève le jour de ses fiançailles. Quelques années plus tard, Guido et Dora ont un fils, Giosué, mais les lois raciales sont entrées en vigueur et Guido est juif. Il est déporté avec son fils.

TELERAMA
Guido est déporté en camp de concentration avec sa femme et son petit garçon. Il n’a qu’une idée : les aider à tenir et cacher la vérité à son fils, en opposant au cauchemar la force du rêve inlassablement réinventé. Alors il explique au petit que ce séjour est un jeu de survie, au terme duquel on peut gagner un char, un vrai !

Une émotion poignante sourd peu à peu de ce film souvent très drôle, constitué de courtes scènes où se condense tout le désespoir. Entre l’infilmable et le trop filmé, Benigni prend le seul parti possible : il s’éloigne de tout réalisme et stylise pour ne pas trahir. Ce choix, moral autant qu’esthétique, est décisif. Lorsqu’il n’y a plus de quoi rire et que le mal devient d’une évidence à pleurer, on mesure la réussite du cinéaste et son habileté à éviter les facilités d’une dramatisation à outrance et de la bonne conscience.

La grande audace de Benigni aura été de faire parler aussi le cœur en des parages historiques où la réflexion est plus nécessaire que jamais. Inventer une histoire d’amour tragi-comique d’un père pour son fils avec la Shoah comme toile de fond, où ­cela pouvait-il mener ? À ceci : un clown a imaginé, le temps d’une fable, tenir en respect la barbarie.
LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@ (E)
En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et ...

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LA VINGT-CINQUIEME HEURE, Henri Verneuil 1967, Antony Quinn, Virna Lisi (guerre)@


Au printemps 1939, le roi de Roumanie décrète que les Juifs du pays devront être envoyés en camp de travail. Johann Moritz, un brave paysan, est alors victime de la machination du capitaine des gardes qui convoitent sa femme Suzanna. Dénoncé par lui comme juif, Moritz se retrouve en camp de travail. L'année suivante, les troupes allemandes entrent en Roumanie et confisquent les biens des Israélites.

TELERAMA
Avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, un paysan roumain se retrouve ballotté de camp en camp, victime impuissante du destin et des horreurs du conflit. Une adaptation à très grand spectacle du célèbre roman de Virgil Gheorghiu.
Avec Week-end à Zuydcoote (1964), Henri Verneuil était parvenu à renouveler le genre très codifié du film de guerre en le rendant populaire. Il remet le couvert trois ans plus tard avec cette production internationale, dans laquelle on retrouve un trio sensationnel : le Mexicano-Américain Anthony Quinn, le Français Serge Reggiani et l’italienne Virna Lisi. Le premier interprète Iohann Moritz, un fermier roumain qui devient la cible de policiers convoitant sa femme. Après un passage dans un camp de prisonniers, il est recruté pour rejoindre les rangs des SS…
Tout le savoir-faire du réalisateur se retrouve dans ce drame au ton déroutant, qui mise sur l’absurde pour dépeindre une Europe meurtrie par le conflit. La menace nazie s’impose alors comme une excuse pour pointer du doigt une population sans cœur, qui se prête aux pires crasses pour accéder aux désirs les plus bas. Anthony Quinn, inspiré, livre une performance émouvante, bien accompagné par la musique indémodable de Georges Delerue.
LA VINGT-CINQUIEME HEURE, Henri Verneuil 1967, Antony Quinn, Virna Lisi (guerre)@ (E)
Au printemps 1939, le roi de Roumanie décrète que les Juifs du pays devront être envoyés en camp de travail. Johann Moritz, un brave paysan, est alors victime de la machination du capitaine des gardes qui convoite ...

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LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@


Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cependant, lorsque Rudolf doit être muté à Oranienburg, leur petite vie idéale menace de s'effondrer et il cache l'information à son épouse. Quand Hedwig l'apprend, elle refuse de quitter sa maison de rêve.

TELERAMA
Le quotidien d’un officier SS zélé, en famille, dans une maison tout confort voisine du camp d’Auschwitz. Allégorie puissante ou esthétisation facile ? À (re)voir pendant le Festival Cinéma Télérama, du 22 au 28 janvier 2025, au prix de 4 euros la séance.

POUR
Si la Shoah était une maison, comment serait-elle ? C’est à partir de ce postulat un peu fou que La Zone d’intérêt prend forme. S’inspirant du roman de Martin Amis, Jonathan Glazer nous reçoit dans un « charmant » pavillon avec piscine, qui jouxte le camp d’Auschwitz. C’est là où vivent Rudolf Höss, le commandant du camp, sa femme, Hedwig, et leurs cinq enfants blonds. Une existence familiale qui tient du tableau idyllique. La maison comporte de grandes pièces, l’été resplendit, des massifs de fleurs de toutes les couleurs embaument le jardin. « C’est paradisiaque », constate la mère de Hedwig, qui a fait le voyage pour voir sa fille et qui est heureuse de la voir ainsi installée. La voilà si détendue qu’elle fait une sieste au soleil, dans un transat. Un toussotement la fait se réveiller. Elle se lève, un peu hagarde, et se hâte de rentrer. Au loin, derrière le mur surmonté de barbelés, on a vu de la fumée s’échapper d’une cheminée. Un four crématoire, sans doute.

Soit les délices d’un éden paisible, alors qu’on extermine à 50 mètres de là. Jonathan Glazer, remarqué pour la singularité d’un film fantastique inquiétant (Under the Skin), est un cinéaste rigoureux et consciencieux, qui sait parfaitement les enjeux moraux liés à la représentation de la Shoah. S’interdisant d’entrer dans le camp d’Auschwitz, il en filme uniquement les murs d’enceinte depuis l’extérieur, laissant apparaître quelques-uns de ses symboles macabres (cheminées, miradors). L’atrocité du génocide reste invisible mais elle résonne de partout, au quotidien. On l’entend, en sourdine, grâce à un travail remarquable sur le son. Ce sont des échos lointains et confus de soufflements, claquements, entrechocs, tirs, chiens qui aboient, ordres. Autrement dit une partition spécifique : celle de la machine de mort hitlérienne, de l’industrialisation du crime nazi. La nuit venue, ce bruit de fond s’amplifie.

Tels des nababs d’une villa de la Riviera
Comment est-ce possible d’habiter ici ? Comment supporter cela ? Le voisinage du mal, sa cohabitation, voilà l’une des clés d’entrées possibles de cette fiction fascinante et malaisante, conceptuelle et structurelle à la fois. Où il est surtout question d’architecture, de délimitation entre le dedans et le dehors, de cloisonnement, de compartimentage d’espaces. Le réalisateur vise à montrer le foyer du bourreau et de son épouse comme une construction organique, le logis représentant à la fois leur corps et leur cerveau. Le lieu de l’obsession ménagère, où tout doit être propre, rangé, sélectionné, évacué. Le lieu du plaisir de façade – les Höss se goinfrent, boivent, profitent du jardin et de la piscine tels des nababs d’une villa de la Riviera – radiographié de manière clinique. Un monde verrouillé de l’intérieur, abritant fierté mais aussi vide, névrose, déni, hantise à venir.

C’est la force de l’allégorie de susciter en nous toutes sortes de troubles et d’interrogations sur ce qui nous éloigne ou nous rapproche de ces monstres ordinaires. Sur ce qui est occulté, enfoui en eux. Avec ses plans géométriques au scalpel, de lumière qu’on éteint, de couloirs et d’escaliers, de fenêtres, de portes qu’on ouvre et ferme, La Zone d’intérêt ressemble parfois étrangement au ballet domestique de Jeanne Dielman…, le chef-d’œuvre de Chantal Akerman. Même sens de « l’installation » plastique, même scénographie, même métacinéma. Avec une perspective tout autre ici, où les métaphores filées, où les cendres et reliques exhumées, sont reliées à un contexte historique précis, documenté, cartographié, topographié. L’expérience a ceci de vertigineux qu’elle enferme et ouvre à la fois sur un abîme d’obscurité. — Jacques Morice

CONTRE
Il y a trente ans, lors de la sortie de La Liste de Schindler, Claude Lanzmann accusait Steven Spielberg de « trivialiser l’Holocauste », rappelant un interdit de représentation de la Shoah par la fiction. Interdit que László Nemes bravait, en 2015, avec Le Fils de Saul, où il choisissait de nous immerger de manière violemment frontale dans l’horreur. Jonathan Glazer, lui, opte pour l’exact contraire : l’installation cérébrale et glaçante, le formalisme géométrique, avec pour seule embardée émotionnelle, et particulièrement contestable, le sous-entendu de soudains remords de la part de la belle-mère, qui écourte sa visite dans cette « maison du bonheur ».

Le cinéaste utilise, certes, le hors-champ de manière radicale, et, reconnaissons-le, particulièrement dérangeante. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas le choix de la… facilité. Quoi de plus malin, en effet, que de se braquer sur la banalité du mal en son jardin, de réduire la machine de mort à une partition sonore, pour ne pas avoir à montrer ce qui se passe de l’autre côté ? Faire du quotidien des bourreaux son sujet revient à invisibiliser les victimes, et la réalité de leur extermination, et donc à se protéger, justement, de tout risque de cette « trivialité » dénoncée par Lanzmann. Avec La Zone d’intérêt, Jonathan Glazer peut ainsi exceller en restant dans sa zone de confort esthétique.— Guillemette Odicino
LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@ (E)
Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cepend ...

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LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@


En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edward Lawrence d'évaluer l'importance de la rébellion. Passionné par sa mission, Lawrence prend contact avec le prince Fayçal, l'un des chefs de la révolte. Ce dernier met une cinquantaine d'hommes à sa disposition pour l'accompagner dans sa périlleuse traversée du désert du Nefoud. Le jeune soldat s'éprend instantanément de la grandiose beauté de cette terre et de la noblesse des guerriers qui la peuplent. Il adopte alors leur tenue adaptée aux rigueurs du climat et milite pour leur indépendance...

TELERAMA
Le lieutenant Lawrence et ses rêves d’une nation arabe. Peter O’Toole et son regard turquoise souligné de khôl. Le silence et la guerre. épopée amère avec pour vedette, majestueux, hostile et fascinant, le désert.
Sous les traits de Peter O’Toole, Lawrence d’Arabie est aussi mystérieux qu’une légende ancienne. Héros insolite, il incarne le rêve panarabe, toujours caressé, sans cesse compromis. Comment ce soldat anglais peu gradé a-t-il pu acquérir une telle légitimité, dans une société qui n’était pas la sienne ? Comment a-t-il pu mettre en échec la redoutable armée turque, à la tête d’une poignée de Bédouins ? David Lean ne répond pas à ces questions. Mais il procède à une soigneuse reconstitution historique, à laquelle il insuffle une dimension éperdument épique, incomparable. Le film est avant tout un univers. Celui du désert, immense, hostile. Et fascinant.
LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@ (E)
En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edw ...

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LE BLEU DU CAFTAN, Maryam Touzani 2022, Lubna Azabal, Saleh Bakri (societe Maroc)@@@


Halim est marié depuis longtemps à Mina, avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé, au Maroc. Le couple vit depuis toujours avec le secret d'Halim, son homosexualité qu'il a appris à taire. Afin de répondre à une clientèle exigeante, ils engagent un jeune homme talentueux comme apprenti. Mina réalise peu à peu à quel point son mari est ému par sa présence.

TELERAMA
Au Maroc, un tailleur doit cacher son homosexualité, connue seulement de son épouse. Jusqu’à ce qu’un apprenti jette le trouble... Maryam Touzani signe, avec son deuxième film, une grande œuvre.

Dans Adam (2019), Maryam Touzani racontait une émancipation et un retour de la vie dans le huis clos d’une modeste pâtisserie. La noblesse d’un petit artisanat en voie de disparition et le réveil de désirs longtemps refoulés sont, à nouveau, au cœur du deuxième, et splendide, long métrage réalisé par l’actrice marocaine. Avec une différence majeure : il est cette fois question d’homosexualité, sujet encore tabou en terre d’Islam.

Halim, tailleur traditionnel dans la médina de Salé, confectionne à la main des caftans richement brodés dans la boutique gérée par sa femme, Mina. Le couple est très complice, uni peut-être plus encore qu’aux premiers jours, mais vit depuis toujours avec le secret d’Halim, attiré par les hommes. Alors que les jours de Mina, en récidive d’un cancer, sont comptés, un étonnant triangle amoureux va se former avec l’arrivée d’un jeune apprenti, Youssef.

Tandis qu’Halim prépare le tissu de la tunique luxueuse dont la conception rythmera tout le récit, le couturier explique à son élève l’importance de la marge entre la ligne de découpe et le patron du vêtement : c’est « le centimètre du mâalem » (le maître artisan), qui fait la différence entre une création exceptionnelle et les produits standardisés des usines. Le film de Maryam Touzani se situe, lui aussi, dans cette bande étroite, et fragile, qui fait les grandes œuvres. Pour rester dans la métaphore couturière, la mise en scène a la précision millimétrée des dentellières pour rendre sensibles, dans des clairs-obscurs délicats, les désirs contraints d’Halim (Saleh Bakri, élégant et subtil), la douleur de Mina (Lubna Azabal, poignante), le trouble de Youssef (Ayoub Missioui, toujours juste). Si les émotions ne s’y expriment qu’avec la plus grande pudeur, Le Bleu du caftan déborde en revanche de sensualité. Pas besoin de scènes érotiques pour cela (les rencontres d’Halim avec ses amants passagers au hammam sont, d’ailleurs, laissées hors champ) : des gros plans de mains caressant un tissu ou palpant une broderie suffisent.
LE BLEU DU CAFTAN, Maryam Touzani 2022, Lubna Azabal, Saleh Bakri (societe Maroc)@@@ (E)
Halim est marié depuis longtemps à Mina, avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé, au Maroc. Le couple vit depuis toujours avec le secret d'Halim, son homosexualité qu'il ...

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LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef@@@


Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Sentenza, la Brute, qui tue sans états d’âme ; Tuco, le Truand, truculent ; et Blondin, alias l’homme sans nom, le Bon…

TELERAMA
Sergio Leone achève sa trilogie spaghetti et révolutionne le western en initiant un genre qu’il mènera à la perfection. Son propos est parfois simpliste, mais pourquoi bouder le plaisir de revoir le poncho d’Eastwood et les trognes de ses acolytes ?
Avec ce film, Sergio Leone clôt sa trilogie spaghetti. L’Ouest, terre sans morale. Tous pourris, y compris l’ami Eastwood, qui a mis au point avec le Truand, dont la tête est mise à prix, un numéro très lucratif : il l’arrête, touche la prime et le libère aussitôt, partageant l’argent de la justice… Leone dit aussi sa haine de la guerre. Mais c’est dans la mise en forme qu’il est décidément le plus novateur. Son style n’a pas pris une ride : utilisation brillante de l’écran large, dilution du temps par un montage savant. Le règlement de comptes final, un duel à trois dans un cimetière, est un modèle du genre.
LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef@@@ (E)
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés &agra ...

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LE CERCLE DES POETES DISPARUS Peter Weir 1989, Robin Williams@@


Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études. C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant réservé et de ses amis.
LE CERCLE DES POETES DISPARUS Peter Weir 1989, Robin Williams@@ (E)
Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là o ...

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LE CONCERT, Radu Mihaileanu 2009, Aleksei Guskov, Mélanie Laurent


A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Cependant, après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Il travaille toujours au Bolchoï 30 ans plus tard, mais comme homme de ménage.
LE CONCERT, Radu Mihaileanu 2009, Aleksei Guskov, Mélanie Laurent (E)
A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Cependant, après avoir refusé de se sép ...

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LE CORNIAUD Gerard Oury 1965, Louis De Funes, Bourvil


Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d'Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Ce dernier, un homme naïf et bienveillant, déjoue innocemment les plans de contrebande de son employeur.
LE CORNIAUD Gerard Oury 1965, Louis De Funes, Bourvil (E)
Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d'Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Ce dernier, un homme naïf et bi ...

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LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, Ray Milland (thriller)@@@


Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

TELERAMA
Tony Wendice, un homme oisif et sportif, découvre que sa femme, Margot, a un amant. Sans complexe, il décide de la faire supprimer, afin de devenir un veuf éploré et très riche. Méticuleusement, il prépare le crime et paie Lesgate, un de ses camarades d'enfance, pour qu'il assassine Margot et lui fournisse en même temps un solide alibi. Il organise son départ du domicile et cache un double des clefs sous le tapis d'une marche du perron, afin que son complice puisse entrer dans l'appartement. Mais le plan ne se déroule pas comme prévu, et Lesgate est tué par Margot. Au vu des preuves accablantes qui pèsent contre son épouse, Tony change son fusil d'épaule et tente de la faire accuser du meurtre de Lesgate...
LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, Ray Milland (thriller)@@@ (E)
Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

TELERAMA
Tony Wendice, un homme oisif et ...

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LE DERNIER METRO, François Truffaut 1980, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@


Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'efforce de maintenir le théâtre en état de marche, mais cela ne va pas sans difficulté.

TELERAMA
Dix césars pour Truffaut grâce aux amours, sous l’Occupation, de Marion, directrice de théâtre, et Bernard, acteur. Mécanique romanesque, seconds rôles, reconstitution, tout est parfait.

En 1942, François Truffaut avait 10 ans. Le jour, il se réfugiait dans les cinémas, au point de connaître par cœur les dialogues du Corbeau, d'Henri-Georges Clouzot. La nuit, il dormait dans les stations de métro, où il échangeait des poignées de porte en cuivre contre du vin, qu'il revendait ensuite. Le Dernier Métro est une transposition labyrinthique de ses souvenirs de cette époque noire, le théâtre prenant la place du septième art, les personnages d'adultes doubles et intransigeants parlant pour l'enfant qu'il fut.

Même à la fin de sa carrière, la dissimulation reste le thème favori du cinéaste, qui bâtit un scénario plein de portes secrètes : armée d'un faux certificat d'aryanisation, la comédienne Marion Steiner cache son mari, metteur en scène juif allemand, dans la cave de son théâtre, d'où il suit incognito les répétitions d'un spectacle. Dans les coulisses, Marion cède aux feux de la passion avec l'acteur principal, Bernard Granger... Cela donne l'occasion à Truffaut de remettre dans la bouche de Catherine Deneuve les répliques fétiches qu'elle prononçait, dix ans auparavant, dans La Sirène du Mississippi, et qui sonnent comme des paroles de retrouvailles intenses et complices. À l'image de ces innombrables poignées de main qui traversent le film, tour à tour fiévreuses, amicales, méfiantes ou charnelles.
LE DERNIER METRO, François Truffaut 1980, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@ (E)
Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'ef ...

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LE DIABLE S HABILLE EN PRADA, David Frankel 2006, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tuci


Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu'assistante de la rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode. Un job de rêve. En apparence seulement car sa boss est en réalité un monstre tyrannique et caractériel ; Andrea, qui envisage son nouveau travail comme un tremplin vers une illustre carrière de journaliste, décide d'endurer les sévices de sa diablesse de patronne.
LE DIABLE S HABILLE EN PRADA, David Frankel 2006, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tuci (E)
Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu'assistante de la rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode. Un job de rê ...

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LE DICTATEUR, Charlie Chaplin 1945, Paulette Godard (comique)@@@


En 1918, un humble soldat de Tomania devient amnésique après avoir sauvé la vie de Schultz, un aviateur. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, il s'enfuit et regagne sa boutique de barbier, dans le ghetto juif. Il ignore tout des événements politiques et s'en prend à des gardes de Hynkel, le dictateur au pouvoir. Hannah, une voisine, le tire d'affaire. Devenu un personnage puissant, Schultz le protège de l'antisémitisme.

TELERAMA
Les mésaventures d’un petit barbier juif, sosie d’un dictateur à la moustache tristement célèbre, dans un pamphlet humaniste.
En pleine préparation du Dictateur, Charlie Chaplin étudie les bandes d’actualité du Führer, et constate : « Ce type est l’un des plus grands acteurs que je connaisse. » Il filme alors, avant tout, un monde déréglé. Lorsque, après des années d’amnésie, un petit barbier revient chez lui, il constate qu’on a tracé des lettres sur sa boutique : JEW (« juif »). Il se fait molester dès qu’il entreprend de les effacer. Et lorsqu’il fait appel à la police du régime, sur qui tape-t-elle ? Sur lui… Chaplin se déchaîne. Ses gags deviennent des obus chargés de détruire le tyran Hynkel et ses sbires. La mappemonde du dictateur lui explose à la figure ; le train de son ami Napaloni (Mussolini) ne cesse de s’arrêter et de repartir, forçant Hynkel à courir à droite et à gauche comme un clown… Lors d’un souper, les deux dictateurs se battent comme des chiffonniers à coups de spaghettis élastiques et incassables. On est fasciné devant la perfection d’un comique qui jamais, pourtant, n’efface la terreur diffuse. La peur rôde sous le rire.
LE DICTATEUR, Charlie Chaplin 1945, Paulette Godard (comique)@@@ (E)
En 1918, un humble soldat de Tomania devient amnésique après avoir sauvé la vie de Schultz, un aviateur. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, il s'enfuit et regagne sa boutique de barbier, dans le ghetto ...

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LE DISCOURS D UN ROI, Tom Hooper 2010, Colin Firth, Helena Bonham Carter


D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l'abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce).
LE DISCOURS D UN ROI, Tom Hooper 2010, Colin Firth, Helena Bonham Carter (E)
D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l'abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pe ...

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LE DOCTEUR JIVAGO David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif (saga)@@@


Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au début du XXe siècle, le drapeau rouge fait irruption dans les rues de Moscou. Le jeune médecin et poète Youri Jivago est plutôt de ceux qui dansent dans les soirées mondaines. Lara, un peu moins argentée, vit sous le joug de l'amant de sa mère.

TELERAMA
« Un film grandiose, une belle histoire, de belles images », résumait déjà Télérama à la sortie de la superproduction de David Lean, en 1966. Avec une pointe d’ironie ? Quarante ans après, on pique encore du nez et des fous rires devant cet « archipel du goulasch » (Libération), qui cuisine la révolution russe à la sauce hollywoodienne.

On connaît l’histoire : Youri Jivago, médecin et poète moscovite, épouse Tonya, la fille de ses parents adoptifs, puis croise le chemin de Lara, infirmière bolchevik. Entre la brune et la blonde, son cœur balance pendant trois longues, très longues heures, agitées par d’inévitables morceaux de bravoure : l’arrivée du train en gare de Moscou, la chevauchée sur lac gelé à la Alexandre Nevski, la datcha cryogénisée, les sept mille jonquilles... Et la fameuse scène finale des retrouvailles ratées entre Omar Sharif et Julie Christie (qui fait hurler de douleur Nanni Moretti dans Palombella Rossa chaque fois qu’il la revoit à la télévision). Sans parler du sirop flonflonnant de Maurice Jarre, qui tuerait un diabétique sur le coup. Un monument — d’ennui — mais un monument.
LE DOCTEUR JIVAGO David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif (saga)@@@ (E)
Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au déb ...

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LE GUEPARD, Luchino Visconti 1963, Burt Lancaster, Romolo Valli (histoire saga)@@


D'après l'oeuvre de Giuseppe Tomasi Di Lampedusa. Musique de Nino Rota. En 1860, tandis que la Sicile est submergée par les bouleversements de Garibaldi et de ses chemises rouges, le prince Salina se rend avec toute sa famille dans sa résidence de Donnafugata. Prévoyant le déclin de l'aristocratie, ce dernier accepte une mésalliance et marie son neveu Tancrède à la fille du maire de la ville, représentant la classe montante.

TELERAMA
1860, en Sicile. Visconti peint la décadence d’un monde aristocratique avec un raffinement inouï… et une lucidité politique ravageuse. Avec Alain Delon et Claudia Cardinale, fascinants de beauté, et Burt Lancaster, royal félin fatigué.

Le Guépard reprend le Risorgimento là où Senso l’avait laissé, mais le mélodrame cède la place au réalisme glacé. Le film historique, pour Visconti, n’est jamais une reconstitution : le soin apporté aux décors et aux costumes est un moyen pour imposer un imaginaire. La contemplation l’emporte sur l’action. Le cinéaste n’en rend que plus pathétique ce monde qui va à sa perte.

Tancrède (Alain Delon) savoure l’avènement d’une nouvelle classe sociale, la sienne, sous le regard du prince Salina (Burt Lancaster), fasciné et séduit par cet être en marche. Mais en marche vers quoi ? Si Tancrède approuve la répression des émeutes de 1866, on peut se demander comment il réagirait, plus tard, face au fascisme… Au prince il ne reste, comme ultime consolation, que la beauté d’un domaine ou, même si cela paraît bien dérisoire, celle d’un bal. Cependant, au matin, ce sont les pots de chambre souillés par les invités que survole la caméra de Visconti…

LE GUEPARD, Luchino Visconti 1963, Burt Lancaster, Romolo Valli (histoire saga)@@ (E)
D'après l'oeuvre de Giuseppe Tomasi Di Lampedusa. Musique de Nino Rota. En 1860, tandis que la Sicile est submergée par les bouleversements de Garibaldi et de ses chemises rouges, le prince Salina se rend avec toute sa famille ...

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LE JARDIN DES FINZI CONTINI, Vottorio de Sica 1970, Dominique Sanda, Helmut Berger (histoire guerre)@@


Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens, mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l'imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micól et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l'immense parc qui entoure le palazzo familial.

TELERAMA
Italie, 1938. Film obsédant de Vittorio De Sica, dont la mise en scène suggère la progression de l’antisémitisme et la corrosion du fascisme.
Dans la fin de carrière décevante de Vittorio De Sica, “Le Jardin des Finzi-Contini” est obsédant pour ses qualités esthétiques.
Le jardin des Finzi-Contini est ouvert : c’est l’occasion pour quelques jeunes gens de Ferrare d’entrer dans cette somptueuse propriété et d’y retrouver, sur le court de tennis, la belle Micòl. Mais, en 1938, dans l’Italie fasciste, les juifs sont exclus des écoles, des entreprises et… des clubs de tennis.

Ce film unique est dédié à l’évocation minutieuse et poignante d’une chose invisible : le sentiment de la fin. Dans le jardin de la propriété où Micòl et Giorgio retrouvent leur enfance, De Sica filme des arbres majestueux qui ont plus de cinq cents ans, et de frêles silhouettes. Il est dans la fragilité du présent, comme à la surface d’une réalité qu’il effleure pour dire tout ce qu’elle a d’éphémère. Ce style très particulier est d’une beauté sublime mais il faut accepter le fatalisme de ce film où tout est déjà joué. À la victoire impitoyable des exterminateurs, rien ne s’oppose ici. La mort hante le splendide jardin. Tout en choisissant un registre éminemment intime, De Sica donne toute sa résonance à l’Histoire en marche. L’atmosphère d’époque qu’il reconstitue fait ressentir la raréfaction de l’air pour les juifs, les décors deviennent souricière, le piège n’a plus qu’à se refermer. Ce film dont chaque plan dit la douceur de vivre qui s’en va, et qui déploie une délicatesse aérienne pour raconter une tragédie, finit par être d’une puissance émotionnelle rare.
LE JARDIN DES FINZI CONTINI, Vottorio de Sica 1970, Dominique Sanda, Helmut Berger (histoire guerre)@@ (E)
Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens, mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferra ...

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LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@


En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescence. Le général Eisenhower hésite quant à la date fixée, le 6 juin, en raison du mauvais temps. L'atterrissage des troupes aéroportées et le débarquement sur cinq plages en mer du Nord s'annoncent difficiles.

TELERAMA
En 1962 Le Jour le plus long marqua autant les esprits que le Soldat Ryan, de Steven Spielberg, sorti trente-six ans plus tard. Le projet, lancé par Darryl F. Zanuck, était faramineux : la production la plus chère, cinquante-sept stars internationales, six réalisateurs, Romain Gary au scénario, Maurice Jarre et Paul Anka à la musique, Bourvil et Mitchum au générique. Le succès fut phénoménal.
Le débarquement (tourné en Corse !) et l’assaut de Sainte-Mère-Église, avec le parachutiste accroché au clocher, sont restés ancrés dans nos mémoires. Mais, en revoyant le film, on se laisse aussi prendre par le réalisme des scènes de caserne, par les moments intimistes (même si la partie française est la moins convaincante) et par le suspense de la tactique militaire. Aujourd’hui, Le Jour le plus long, avec ses nombreuses intrigues parallèles, serait décliné en série télé sur plusieurs saisons…
LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@ (E)
En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescen ...

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LE PARRAIN, Francis Ford Coppola 1972, Marlon Brando, Al Pacino (thriller saga)@@@@


En 1945, à New York, les Corleone sont une des 5 familles de la mafia. Don Vito Corleone, `parrain' de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, `parrain' de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable. Afin de traiter avec Sonny, Sollozzo tente de faire tuer Don Vito, mais celui-ci en réchappe.

TELERAMA
La saga baroque des Corleone prend son envol. Brando et Pacino devant la caméra, Coppola en homme-orchestre : l’opéra sanglant peut commencer, avec ses meurtres et ses trahisons.

Découvrir Le Parrain aujourd'hui, c'est d'abord constater à quel point certaines idées reçues ont la vie dure. Pour commencer, ce n'est pas un film de gangsters. Du best-seller complaisant de Mario Puzo sur un chef mafieux, Coppola a tiré une véritable tragédie familiale. La Mafia n'est qu'un prétexte pour faire entrer la violence, le crime et la trahison dans l'histoire de cette famille. Le personnage principal n'est pas Marlon Brando, qui disparaît presque totalement au quart du film, mais un quasi-débutant nommé Al Pacino : Le Parrain, ou l'histoire du destin tragique de Michael Corleone, fils de Vito. S'il réprouve les pratiques criminelles de sa famille au début du film, il sera amené, mû par un destin inexorable, à prendre la place de son père, renonçant ainsi à tous ses idéaux.

Près de quarante ans après la sortie du film, l'aptitude formidable du jeune Coppola à s'entourer de collaborateurs d'exception (voir les superbes plans en clair-obscur de Gordon Willis) et son sens aigu du casting ne cessent de laisser admiratif. Surtout, en ce début des années 1970, où le monde artistique n'aspire qu'aux expérimentations de toutes sortes, Coppola a l'intelligence du classicisme. Sa mise en scène souveraine reste un modèle de précision et d'évidence.
LE PARRAIN, Francis Ford Coppola 1972, Marlon Brando, Al Pacino (thriller saga)@@@@ (E)
En 1945, à New York, les Corleone sont une des 5 familles de la mafia. Don Vito Corleone, `parrain' de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, `parrain' de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une as ...

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LE PIANISTE, Roman Polanski 2002, Adrien Brody, Thomas Kretschmann(histoire)@@@


Programme campus Varsovie, au mois d'octobre 1939. un jeune pianiste juif, Wladyslaw Szpilman, est enfermé dans le ghetto avec sa famille. Il assiste, impuissant, aux humiliations que subissent quotidiennement les siens. Grâce à une aide extérieure, il échappe de justesse à la déportation mais voit partir toute sa famille. Le jeune homme se cache alors dans les maisons vides et observe passivement les derniers habitants se révolter contre l'occupation allemande.
LE PIANISTE, Roman Polanski 2002, Adrien Brody, Thomas Kretschmann(histoire)@@@ (E)
Programme campus Varsovie, au mois d'octobre 1939. un jeune pianiste juif, Wladyslaw Szpilman, est enfermé dans le ghetto avec sa famille. Il assiste, impuissant, aux humiliations que subissent quotidiennement les siens. Grâce ...

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LE ROI ET L OISEAU, Paul Grimault 1980 (animation)@@


En son château labyrinthique, le roi de Takicardie, triste personnage tyrannique et fat, se pâme d'amour pour une jolie bergère, peinte sur l'une des boiseries de sa chambre. Mais la bergère aime le ramoneur, son voisin. Les tourtereaux prennent la fuite. Furieux, le roi fait rechercher la bergère.

TELERAMA
Une bergère amoureuse d’un ramoneur, un roi tyrannique et un oiseau philosophe… Grimault et Prévert s’inspirent d’Andersen. Un tendre hommage, qui a la magie immortelle d’un chef-d’œuvre.

Au royaume de Takicardie, le roi Charles Cinq-et-trois-font-huit-et-huit-font-seize, despote prétentieux, est amoureux d'une bergère. Mais la bergère aime le ramoneur. Pour échapper au roi, les amoureux trouvent refuge dans la ville basse...

On sait avec quelle patience Paul Grimault est parvenu à réaliser son rêve : remanier La Bergère et le Ramoneur, un film commencé avec Jacques Prévert en 1950, dont la finition leur avait été retirée par des distributeurs sans scrupule. Trente ans après, le poète du dessin animé a eu le dernier mot. À son ami disparu il rend le plus beau des hommages. Car tous les thèmes chers à Prévert sont là : la dénonciation de la vanité et de la bêtise et l'innocence et l'amour symbolisés par « la charmante bergère et le petit ramoneur de rien du tout ». Dans le coup de poing final du robot sur la cage aux oiseaux éclate la saine colère des deux amis contre toute entrave à la liberté. Rien de frénétique ici. Même les décors de la cité kafkaïenne semblent tracés avec tendresse.
LE ROI ET L OISEAU, Paul Grimault 1980 (animation)@@ (E)
En son château labyrinthique, le roi de Takicardie, triste personnage tyrannique et fat, se pâme d'amour pour une jolie bergère, peinte sur l'une des boiseries de sa chambre. Mais la bergère aime le ramoneur, son v ...

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LE SEPTIEME SCEAU, Ingmar Bergaman 1957, Max von Sydow, Gunnar Bjornstrand (fable morale)@@@@


Au XIVe siècle, une épidémie de peste ravage la Suède. Le long d'une plage déserte, le chevalier Antonius Block et son écuyer, de retour de croisade, rencontrent la Mort. Le chevalier lui propose de jouer aux échecs la solution des problèmes métaphysiques qui l'assaillent. Chaque soir, la partie se jouera sur la plage. Ce délai permet à Antonius de rechercher le sens de la vie. Sur une route, il rencontre un couple de baladins pleins de gaieté. Leur amour et leur bonheur simple contrastent avec la désolation des villages voisins. Les autochtones, tenaillés par une peur mystique, vivent dans le crime perpétuel. Un soir, la Mort remporte la partie. Le chevalier disparaît, accompagné par tous ceux qui l'entourent...

TELERAMA
L'histoire. Au milieu du XIVe siècle, le chevalier Antonius Block revient de la croisade, plein de doutes et d'incertitudes, avec son écuyer Jöns, qui, lui, est devenu athée. La peste noire ravage le pays. Au bord de la mer, Block rencontre la Mort, sous les traits d'un homme vêtu de noir, au visage livide et bouffi. Pour obtenir un délai, il entame avec elle une partie d'échecs. Tant que cette partie durera, il essaiera de donner un sens à sa vie. En allant vers le château de Block, celui-ci et Jöns rencontrent une famille de bateleurs, une sorcière condamnée au bûcher, une procession de flagellants, une fille muette, un forgeron et sa femme.

Ce que j'en pense. Après «Sourires d'une nuit d'été», qui révéla Ingmar Bergman en France, Le septième sceau, prix spécial du jury au festival de Cannes 1957, fut alors son film le plus admiré, le plus analysé, car il posait, à travers une sorte de fabliau du Moyen Age, les problèmes de la vie, de la mort et de l'existence de Dieu. Plus tard, Bergman donna, dans d'autres œuvres « pessimistes » les réponses aux questions qui le hantaient ici. Ce film magnifique s'ouvre sur l'envol de l'aigle de l'Apocalypse. On y retrouve les personnages des peintures des églises médiévales, et c'est tout un Moyen Age nordique qui surgit sur l'écran, avec ses pénitents hurlants, ses foules épouvantées par la peste, ses soldats et ses prêtres, représentants respectifs de l'ordre social et religieux, et la sorcière, bouc émissaire qui va périr dans les flammes. Le regard jeté sur cet univers est pourtant celui d'un Suédois élevé dans la tradition luthérienne.

La Croisade y apparaît comme la vaine quête d'un Graal privé de sens mystique. En une suite d'images poétiques et pourvues d'un sens allégorique (sans parler de leur beauté plastique), Bergman a inscrit le cycle apocalyptique dans un climat moderne : la peste devient la bombe atomique, l'angoisse de vivre et la recherche des secrets de la mort sont envisagées selon une position agnostique. Bergman formulait, ici, la vanité de la métaphysique, tout en affirmant les idées qui le préoccupaient à cette époque : la seule valeur qui échappe au néant est l'amour qui donne la vie et la joie. C'était, tout de même, avoir foi en l'homme. Plus de trente ans après sa réalisation, Le septième sceau s'impose toujours comme un des plus grands films du cinéma mondial.
LE SEPTIEME SCEAU, Ingmar Bergaman 1957, Max von Sydow, Gunnar Bjornstrand (fable morale)@@@@ (E)
Au XIVe siècle, une épidémie de peste ravage la Suède. Le long d'une plage déserte, le chevalier Antonius Block et son écuyer, de retour de croisade, rencontrent la Mort. Le chevalier lui propose de ...

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LE TAMBOUR, Volker Schlöndorff 1979, David Bennent, Angela Winkler, Mario Adorf (guerre)@@@



En 1899, dans un champ de pommes de terre près de Dantzig (Gdansk), un fuyard se cache sous les jupes d'une paysanne kachoube. C'est ainsi qu'Anna Bronski conçoit sa fille Agnès, qui, à son tour, le 12 septembre 1924, met au monde le petit Oscar.

TELERAMA
Dantzig, 1924. Seule la promesse de recevoir un tambour le jour de son troisième anniversaire convainc le nouveau-né Oskar de ne pas retourner dans le ventre de sa mère ! Trois ans plus tard, l’enfant décide de ne plus grandir. Pendant ce temps, l’Histoire poursuit sa triste sarabande et le parti nazi menace…

Avec son petit tambour dont il ne se sépare jamais, Oskar sème partout la zizanie. Et grâce à sa voix stridente, il brise tout ce qui l’ennuie : paire de lunettes de son institutrice, pendule du salon familial, vitres du quartier.

Avec cette adaptation du roman de Günter Grass, Volker Schlöndorff ne se contente pas de multiplier les dérivations fantaisistes, il bâtit une fable métaphorique qui radiographie trente années de l’histoire allemande. Le film convainc quand il s’intéresse exclusivement à Oskar et à sa perception du monde. Mais il se révèle lourdement démonstratif dans la peinture allégorique des événements politiques. La mise en scène peine à relever les délirantes promesses du scénario. Le Tambour avait tout pour être un chef-d’œuvre, il se révèle seulement passionnant par intermittence.

LE TAMBOUR, Volker Schlöndorff 1979, David Bennent, Angela Winkler, Mario Adorf (guerre)@@@ (E)

En 1899, dans un champ de pommes de terre près de Dantzig (Gdansk), un fuyard se cache sous les jupes d'une paysanne kachoube. C'est ainsi qu'Anna Bronski conçoit sa fille Agnès, qui, à son tour, le 12 septe ...

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LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, Fred Zinnemann 1952, Gary Cooper, Grace Kelly (western)@@@


L'ancien shérif Will Kane s'apprête à quitter la petite ville de Hadleyville, au Nouveau-Mexique, avec sa nouvelle épouse, Amy, lorsqu'il apprend que le criminel Frank Miller a été libéré et vient se venger du shérif qui l'a dénoncé.

TELERAMA
Réalisée en 1952, cette œuvre multi-oscarisée à la gloire du courage, qui oppose la détermination d’un homme honnête et intransigeant à la lâcheté collective d’une petite ville, était une entreprise salutaire.

Will Kane abandonne ses fonctions de shérif pour se marier avec Amy. Le jour de ses noces, il apprend qu’un truand qu’il avait arrêté revient par le train de midi pour se venger. Contre l’avis d’Amy, il décide de reprendre du service… Ce classique multi-oscarisé du western fut écrit par Carl Foreman, scénariste victime du maccarthysme.

Derrière la couardise des habitants de Hadleyville, c’est la passivité des Américains face à la chasse aux sorcières que stigma­tise le film. Mais si Le train sifflera trois fois impressionne toujours aujourd’hui, il le doit à un suspense en temps réel, alimenté par les gros plans d’horloge : l’angoisse augmente au fil des minutes, et avec elle la détresse du shérif, abandonné de tous. Dans la grande rue désertée avant le règlement de comptes final, un ample mouvement d’appareil en contre-plongée souligne sa solitude désabusée.

Dernière qualité, rare dans un western : de beaux personnages féminins, sub­tile­ment écrits, avec Grace Kelly, en épouse quakeresse tiraillée entre sa non-violence et la fidélité à son mari, et Katy ­Jurado, en « commerçante » (entendre prostituée) trop cons­ciente de l’hypocrisie des hommes.
LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, Fred Zinnemann 1952, Gary Cooper, Grace Kelly (western)@@@ (E)
L'ancien shérif Will Kane s'apprête à quitter la petite ville de Hadleyville, au Nouveau-Mexique, avec sa nouvelle épouse, Amy, lorsqu'il apprend que le criminel Frank Miller a été libér&eacut ...

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LE VENT SE LEVE, Ken Loach 2006, Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham (histoire guerre)@@@


Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy dans le dangereux combat pour la liberté.

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On réduit trop souvent l’œuvre de Ken Loach à la défense des opprimés. En omettant de dire que le combat à mener est toujours compliqué, violent — il oblige à des sacrifices. C’est le sujet même de cette fresque (Palme d’or). Dans la lande irlandaise, en 1920. Teddy et Damien, deux frères très proches, sont engagés dans la lutte pour l’indépendance de leur pays. Lorsque les Britanniques torturent le premier, le second le soigne puis le remplace dans ses responsabilités, quitte à effectuer le sale boulot. Puis survient le moment où la guerre d’indépendance vire à la guerre fratricide, au double sens du mot. Des divisions surgissent. Les partisans du traité de paix avec les Britanniques jurent que c’est un premier pas, les autres que c’est un recul. Pour Loach, marxiste devant l’éternel, ce débat occulte surtout une chance historique : la possibilité de la révolution socialiste. L’échec est ici d’autant plus poignant que les deux frères sont traités avec la même compassion. C’est toute la force du film, qui tend vers une forme de tragédie shakespearienne.
Loach combine le général (l’histoire politique et militaire) et le particulier. Il reste toujours concret, direct et sec, d’un classicisme digne des grands, comme Ford. Il y a bien quelques phases d’exaltation. Mais l’amertume domine le tableau, intense avec ses couleurs de tweed, ses intérieurs de ferme plongés dans la pénombre, ses ciels bas et lourds. « Nous sommes des étranges créatures pour nous-mêmes », dit Damien. Le vent orageux qui se lève ici est chargé de cendres.
LE VENT SE LEVE, Ken Loach 2006, Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham (histoire guerre)@@@ (E)
Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du p ...

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LE VIEIL HOMME ET L ENFANT, Claude Berri 1966, Michel Simon, Alain Cohen (societe guerre)@@@


L'histoire se passe dans un village francais durant l'Occupation allemande. Elle raconte la vie de Claude Langmann (c'est le nom d'état-civil de Claude Berri) dans la famille d'accueil où ses parents l'ont envoyé pour éviter les rafles nazies. La famille d'accueil est un couple de grands-parents : Pépé (Michel Simon) et Mémé (Luce Fabiole). Pépé est un ancien poilu de la Première Guerre. Gueulard anticlérical et antisémite, Pépé ne cesse d'accuser les Juifs, les rouges et les francs-maçons d'être la cause de tous les maux de la France. Mais Claude (Alain Cohen), auquel ses parents ont formellement interdit de laisser paraître ses origines juives, fait craquer le vieil homme sans que celui-ci se doute que Claude est juif. Celui-ci adore également son nouveau Pépé, mais prend un malin plaisir à le faire déblatérer sur les Juifs, voire à inverser les rôles : c'est Pépé qui a le « physique d'un juif » et pas lui… Mais il le console lorsque survient la Libération et que le Maréchal prend la fuite…
LE VIEIL HOMME ET L ENFANT, Claude Berri 1966, Michel Simon, Alain Cohen (societe guerre)@@@ (E)
L'histoire se passe dans un village francais durant l'Occupation allemande. Elle raconte la vie de Claude Langmann (c'est le nom d'état-civil de Claude Berri) dans la famille d'accueil où ses parents l'ont envoyé pour & ...

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LE VOYAGE DANS LA LUNE, Georges Melies 1904 @@


Six savants, membres du club des astronomes, entreprennent un voyage dans la lune. Installés dans un obus, ils sont propulsés par un canon géant vers leur lieu de destination. Ils assistent sur la lune à un coucher de terre.

TELERAMA
Une image a longtemps résumé le film le plus célèbre de Georges Méliès : une fusée-obus s'écrase sur l'oeil de la Lune, planète-visage qui grimace de dépit. En découvrant Le Voyage dans la Lune dans des conditions optimales — restauration numérique de ses couleurs d'origine, peintes à la main —, on mesure à quel point ce plan mémorable est une idée de génie, une trouvaille limpide et poétique. Il illustre la nature duelle du travail de Méliès, appliquant au cinéma naissant ses tours de magicien professionnel : un va-et-vient permanent entre illusion et réalité. L'illusion d'une expédition de savants croquignolets sur l'astre voisin ; la réalité d'une troupe de saltimbanques, danseuses en tenue légère comprises, s'incrustant dans des décors en trompe-l'oeil inspirés de Gustave Doré.

Avec une oeuvre du muet, mieux vaut musique contemporaine que composition d'époque : la partition écrite par le duo électro Air dynamise ces images d'un autre âge. Elle contribue à la grande pagaille temporelle du film : se mêlent théâtre du XIXe, art cinématographique du siècle suivant, tempos électriques d'aujourd'hui. Le déplacement dans l'espace devient ainsi un voyage dans le temps. Pour introduire ce manifeste rétro-futuriste, Serge Bromberg, qui a mené à bien la restauration, a concocté avec Eric Lange un documentaire passionné et érudit, Le Voyage extraordinaire (diffusé juste avant, à 21h). Une fois qu'on sait (presque) tout sur Méliès, on est paré pour l'expérience : un objet vieux de plus d'un siècle peut en mettre plein les yeux autant que la plus sophistiquée des images numériques... — Aurélien Ferenczi

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Fan de Méliès, Serge Bromberg a restauré “Le Voyage dans la Lune” de 1902. Diffusion sur Ciné+ Classic puis France 3 dans la case “Retour de Flamme”.
Par Propos recueillis par Anne Dessuant

Publié le 02 décembre 2011 à 00h00

Mis à jour le 08 décembre 2020 à 04h47

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C'est grâce à Ser­ge Bromberg et à sa société Lobster Films que Le Voyage dans la Lune, de George Méliès, connaît une seconde naissance, dans une version en couleurs restaurée. A l'occasion du 150e an­niversaire de la naissance de Méliès (le 8 décembre), triple programmation sur Ciné+ Classic, Paris Première et France 3. Serge Bromberg lui dédie son magazine, Retour de flamme.


Pourquoi Le Voyage dans la Lune est-il considéré comme un chef-d'oeuvre ?
Serge Bromberg : Méliès lui-même n'a jamais considéré Le Voyage comme son chef-d'oeuvre. Ce qui en a fait la particularité, c'est le succès phénoménal qu'il a rencontré à l'époque. Au début du siècle, la Lune faisait rêver. Il faut imaginer qu'en 1902 les spectateurs qui allaient voir Le Voyage avaient lu Jules Verne (De la Terre à la Lune est publié en 1865) et peut-être vu l'opéra d'Offenbach (Le Voyage dans la Lune, 1875). La force de l'image de l'obus planté dans l'oeil de la Lune a aussi énormément contribué à son succès. Un film comme Le Royaume des fées, qui, selon moi, est encore plus poétique, ne contient pas une telle image symbolique. De plus les gens savaient que les fées n'existent pas, alors qu'ils pensaient vraiment avoir affaire à des images prises sur la Lune. Les spectateurs du film de Méliès furent les premiers hommes à avoir marché sur la Lune !

Dans le documentaire Le Voyage extraordinaire, qui raconte la restauration du film de Méliès, vous demandez aux restaurateurs de laisser quel­ques défauts. Pourquoi ?
Il faut qu'on comprenne d'où le film vient. A l'époque du Voyage dans la Lune, les cameramen tournaient avec des systèmes primitifs. L'image était instable, les couleurs bavaient... Aujourd'hui, quand on restaure, on peut tout stabiliser et rendre le film aseptisé. Il y a, dans l'imprécision des images du début du siècle dernier, une magie qui disparaît dès qu'on veut tout stériliser. Ces défauts font partie de la poésie de l'époque.

Ciné+ Classic organise un cycle de films ayant pour thè­me les voyages dans la Lune. Voyez-vous en eux une filiation avec Méliès ?
Les Premiers Hommes dans la Lune (1964), de l'Amé­ricain d'origine autrichienne Nathan Juran, marque la rencontre entre le cinéma fan­tastique des années 1950 à la Ed Wood et les effets spéciaux de Ray Harryhausen, un grand maître de l'animation. Les scè­nes sur la Lune mélangent plusieurs sources d'inspiration : Méliès bien sûr, H.G. Wells -dont le film s'inspire - et Offenbach. L'Arche de M. Servadac (1970) est réalisé par le Tchè­que Karel Zeman, roi du trucage et héritier direct de Méliès dans sa façon de penser. Comme lui, il n'avait pas peur d'inventer. La plupart des scénarios de films de science-fiction sont assez conventionnels. Karel Zeman était un poète, et ses films sont de vrais délires visuels et narratifs. Comme Méliès, il a fait s'envoler les esprits.
LE VOYAGE DANS LA LUNE, Georges Melies 1904 @@ (E)
Six savants, membres du club des astronomes, entreprennent un voyage dans la lune. Installés dans un obus, ils sont propulsés par un canon géant vers leur lieu de destination. Ils assistent sur la lune à un couch ...

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LES 3 JOURS DU CONDOR@@


Joseph Turner est un agent de la CIA chargé de réunir un maximum d'informations dans les livres d'espionnage afin d'en glaner des idées et de trouver les fuites quant aux pratiques de l'agence de renseignements. Sa vie va changer lorsqu'il retrouvera tous ses collègues assassinés pendant la pause-déjeuner. Turner, sous le pseudonyme de Condor va, dès lors, se lancer dans une course contre la montre dans le but de mettre au jour un réseau d'espions infiltré au coeur même de l'agence.

TÉLÉRAMA
Et deux grands atouts à ce film : Robert Redford devant la caméra et Sydney Pollack derrière.
Tourné dans les mois qui ont suivi le Watergate, le film montre combien les États-Unis doutaient de leurs institutions. Le scénario de Semple Jr est moins ouvertement politique que celui d’À cause d’un assassinat, qu’il avait écrit pour Alan J. Pakula. Très vite, le film suit à la trace les thrillers de Hitchcock. Un homme comme les autres est pris malgré lui dans une affaire dont l’enjeu le dépasse, mais décide de jouer crânement sa chance pour rester en vie et démasquer ceux qui veulent sa peau. La mise en scène de Pollack est fluide et brillante. Et l’interprétation fait le reste. Du grand cinéma américain, ludique et responsable.
LES 3 JOURS DU CONDOR@@ (E)
Joseph Turner est un agent de la CIA chargé de réunir un maximum d'informations dans les livres d'espionnage afin d'en glaner des idées et de trouver les fuites quant aux pratiques de l'agence de renseignements. Sa vie ...

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LES 400 COUPS, François Truffaut 1959, Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Rémy, Guy Decomble (societe)@@@


Antoine Doisnel est un adolescent rebelle. Il sait ne pas être "le fils de son père" et surprend un jour sa mère avec un inconnu. Il se met à fuguer puis, récupéré par ses parents, un nouveau départ semble démarrer dans une confiance rétablie. Mais Antoine subit alors une injustice scolaire et les quatre cents coups reprennent de plus belle...

TELERAMA
LES 400 COUPS, François Truffaut 1959, Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Rémy, Guy Decomble (societe)@@@ (E)
Antoine Doisnel est un adolescent rebelle. Il sait ne pas être "le fils de son père" et surprend un jour sa mère avec un inconnu. Il se met à fuguer puis, récupéré par ses parents, u ...

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LES AILES DU DESIR, Wim Wenders 1987, Bruno Ganz, Solveig Dommartin, Peter Falk (conte moral)@@@


Deux anges, Damiel et Cassiel, glissent dans les rues de Berlin, observant la population animée, fournissant des rayons invisibles d'espoir aux personnes en détresse, mais n'interagissant jamais avec elles.

TELERAMA
Deux anges en pardessus contemplent Berlin. Ils demeurent invisibles aux humains. Mais ils voient et entendent tout. L'un d'eux tombe amoureux d'une trapéziste...

L'Allemagne était devenue pour Wenders une terre d'anxiété. Il s'en était évadé pour tenter de se reconstruire une cellule intime. En vain. C'est en poète qu'il revenait au pays. En fils bienveillant. Pour dépeindre le vrai visage de cette Allema­gne déchirée, transformée en no man's land. C'est avec innocence qu'il filme terrains vagues, avenues glaciales et bunkers éventrés. Avec infiniment d'affection, il explore les ruines douloureuses de sa terre natale. Les mouvements, planants, sensuels, aériens de sa caméra sont parmi les plus beaux qu'on ait vus.

C'est un film sur l'enfance, la mémoire, le malheur et l'espoir. Prix de la mise en scène à Cannes en 1987, Les Ailes du désir est aussi un film sur le cinéma, l'art de contempler sans manipuler, l'envie de voir la vie en couleurs. Et sur l'amour : Wenders, qui avait disserté sur l'impossibilité de vivre à l'infini avec une femme, y célébrait son bonheur avec l'interprète du rôle de la trapéziste, Solveig Dommartin, décédée en 2007.
LES AILES DU DESIR, Wim Wenders 1987, Bruno Ganz, Solveig Dommartin, Peter Falk (conte moral)@@@ (E)
Deux anges, Damiel et Cassiel, glissent dans les rues de Berlin, observant la population animée, fournissant des rayons invisibles d'espoir aux personnes en détresse, mais n'interagissant jamais avec elles.

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LES BRONZES FONT DU SKI Jean-Marie Poire 1979, Christian Clavier, Thiery Lhermitte, Gerard Jugnot, Michel Blanc


La joyeuse troupe d'amis (plus connu sous le nom des `Bronzés') se retrouvent aux sports d'hiver. Les retrouvailles passées, problèmes sentimentaux, mésaventures en altitude et fous rires rythment les vacances des amis pour la vie ! L'équipe ira même se perdre en montagne.
LES BRONZES FONT DU SKI Jean-Marie Poire 1979, Christian Clavier, Thiery Lhermitte, Gerard Jugnot, Michel Blanc (E)
La joyeuse troupe d'amis (plus connu sous le nom des `Bronzés') se retrouvent aux sports d'hiver. Les retrouvailles passées, problèmes sentimentaux, mésaventures en altitude et fous rires rythment les vacances de ...

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LES CERF VOLANTS DE KABOUL, Marc Forster 2007, Khalid Abdalla, Atossa Leoni (societe afghanistan)@@@


Hassan, le fils des domestiques, protège Amir, peureux fils d'un commerçant de Kaboul. Les deux garçons sont comme des frères. Mais un jour, au lieu de secourir son ami agressé, Amir prend la fuite. Cette trahison résonne avec l'histoire qui se joue au même moment en Afghanistan : les Soviétiques envahissent le pays, tandis qu'Amir et son père le quittent. Vingt ans après, Amir l'exilé reçoit un appel de son ami Rahim Khan, lui disant qu'il peut encore réparer ses fautes.

TELERAMA
Au début des années 70, au cœur de Kaboul, deux amis, Amir et Hassan, partagent le bonheur d’un après-midi à faire voler des cerfs-volants. Une bouleversante histoire d’amitié, tirée du roman du même nom de Khaled Hosseini.

Voilà une curiosité : un film américain, soutenu par une major, avec des comédiens d'origine égyptienne, iranienne ou afghane, et dont les deux tiers des dialogues sont en dari, la langue afghane. Hollywood au pays des talibans, on craint le pire... Mais Marc Forster (À l'ombre de la haine) s'empare avec ferveur d'un livre remarqué de Khaled Hosseini et signe une authentique épopée romanesque.

En 1979, le jeune Amir, fils d'un notable de Kaboul, est inséparable de Hassan, fils des domestiques. Rêveur et craintif, Amir vit en réalité sous la protection de son ami, qu'il trahira un jour honteusement. Vingt ans plus tard, installé en Californie, Amir reçoit un coup de téléphone qui va le ramener sur la terre de son enfance. Les marchés colorés et les concours de cerfs-volants y ont fait place à un paysage de ruines et de terreur... Ces deux Kaboul décrivent le martyre de l'Afghanistan sous le joug soviétique, puis sous le régime des talibans. Histoire d'exil et de pardon, de fraternité et d'intégration, Les Cerfs-volants de Kaboul est souvent d'une véracité saisissante.
LES CERF VOLANTS DE KABOUL, Marc Forster 2007, Khalid Abdalla, Atossa Leoni (societe afghanistan)@@@ (E)
Hassan, le fils des domestiques, protège Amir, peureux fils d'un commerçant de Kaboul. Les deux garçons sont comme des frères. Mais un jour, au lieu de secourir son ami agressé, Amir prend la fuite. Cette ...

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LES CHORISTES Christophe Barratier 2003, Gerad Jugnot


En 1948, Clément Mathieu, professeur de musique sans emploi, accepte un poste de surveillant dans un internat de rééducation pour mineurs; le système répressif appliqué par le directeur, Rachin, bouleverse Mathieu.

TELERAMA
La clé du succès : un air de simplicité, un parfum de modestie. Le plus étonnant est de voir que le réalisateur se place hors de toute compétition avec le cinéma d’aujourd’hui : peu lui importe d’en remontrer par sa façon de filmer ou par son originalité. Ce qui compte, c’est ce qu’il va raconter, avec du cœur et des chœurs…

Après guerre, notre guide est un modeste surveillant (Jugnot, idéal), qui prend ses quartiers dans un internat où tout le monde n’attend que de le bizuter. Mais il va imposer le respect et l’enseigner à ces enfants qui ne l’ont pas appris. Le petit pion, qui cache un musicien sensible, saura, à travers l’apprentissage du chant, transformer des garnements en choristes dont chacun sera fier.

C’est une fable sur le pouvoir des humbles, le mérite des déclassés dont on désespère, et il semble qu’elle ait fait grand bien dans une France qui gagne et se condamne à ne croire qu’aux chefs. Le message passe en douceur, car Christophe Barratier chante aussi l’espoir de l’enfance. Mais son chœur nous parle, sans doute, d’une solidarité à réapprendre.
LES CHORISTES Christophe Barratier 2003, Gerad Jugnot (E)
En 1948, Clément Mathieu, professeur de musique sans emploi, accepte un poste de surveillant dans un internat de rééducation pour mineurs; le système répressif appliqué par le directeur, Rachin, bou ...

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LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT Jacques Demy 1957, Catherine Deneuve, Francois Dorleac, Gene Kelly (middle)@@@


Les soeurs Garnier, jumelles de 25 ans, sont aussi jolies l'une que l'autre. Delphine est professeur de danse, Solange donne des leçons de solfège, et toutes les deux attendent le grand amour.
LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT Jacques Demy 1957, Catherine Deneuve, Francois Dorleac, Gene Kelly (middle)@@@ (E)
Les soeurs Garnier, jumelles de 25 ans, sont aussi jolies l'une que l'autre. Delphine est professeur de danse, Solange donne des leçons de solfège, et toutes les deux attendent le grand amour. ...

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LES LUMIERES DE LA VILLE, Charlie Chaplin 1931 (societe)@@@.


Après une série de coups du sort, Charlie le vagabond rencontre une jeune fleuriste aveugle. La détresse et le charme de la jeune fille l'émeuvent. Il lui donne le peu d'argent qui lui reste en échange d'une fleur. La jeune fille le prend pour un riche promeneur ; il se garde bien de la détromper. Peu après, par le plus grand des hasards, il sauve la vie d'un millionnaire excentrique qui, sous l'effet de l'alcool, lui donne sa voiture ainsi qu'une grosse somme d'argent.

TELERAMA
Alors que le cinéma sonore prenait son essor, Chaplin décida, lui, de tourner le “film muet idéal”, avec uniquement un accompagnement musical.

Entre le petit clochard et la marchande de fleurs, cela aurait pu être l’amour au premier regard. Mais voilà, si le sentiment est d’emblée réciproque, le regard, lui, est à sens unique : la belle est aveugle. Point de départ d’une mélo-comédie des apparences. Un claquement de portière, et la jeunette croit riche son bienfaiteur. De cette illusion classique ou de la vibration tactile ressentie face au galant fauché, laquelle va l’emporter, et à quel prix, quand la fille aux fleurs aura recouvré la vue ? On se doute du résultat et on le souhaite.

Mais tout l’art de Chaplin, inextricablement tissé de délicatesse et de grossièreté, consiste à nous mener en bateau jusqu’au climax romantique. Avant cette étreinte finale, qui d’ailleurs n’a pas lieu, le clochard cordial aux manières tout à la fois frustes et efféminées doit passer par d’autres embrassades, plus rudes. Il se heurte, en effet, à deux archétypes de la virilité : le richard pochetron, qui ne fraternise qu’en état d’ivresse ; et le boxeur tout bonnement bestial, que Charlot affronte en combat (d’anthologie) pour les yeux de sa dulcinée. Les petites fleurs, la suavité des blancs pétales, ça se gagne. Pour Chaplin, c’est sûr, l’amour n’est pas seulement aveugle, il est féminin.
LES LUMIERES DE LA VILLE, Charlie Chaplin 1931 (societe)@@@. (E)
Après une série de coups du sort, Charlie le vagabond rencontre une jeune fleuriste aveugle. La détresse et le charme de la jeune fille l'émeuvent. Il lui donne le peu d'argent qui lui reste en échange d'u ...

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LES MISERABLES, Jean-Paul Le Chanois 1958, Jean Gabin, Daniele Delorme, Serge Reggiani, Bernard Blier, Bourvil) (histoire saga)@@@


Jean Valjean, un paysan condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir volé un pain, sort du bagne après dix-neuf années, de multiples évasions ayant prolongées sa peine initiale. Son destin bascule lorsque l'évêque de Digne, Monseigneur Myriel, lui éviter d'être de nouveau incarcéré. Dès lors, Jean Valjean va s'évertuer à ne faire que le bien autour de lui au détriment de son propre bonheur.

TELERAMA
Après avoir passé près de vingt ans au bagne pour avoir volé un pain un jour où la faim le tenaillait trop, Jean Valjean recouvre la liberté. Sa rencontre avec l'évêque Myriel, véritable incarnation de la bonté, le décide à recommencer sa vie à zéro et à se consacrer désormais à aider le pauvre et l'opprimé. Valjean s'installe, sous un faux nom, à Montreuil-sur-Mer, où il devient un industriel respectable. Il est élu maire et prend sous sa protection une malheureuse prostituée, Fantine. Quand celle-ci tombe gravement malade, il lui promet de s'occuper de sa fille, Cosette. Fantine décède et Valjean décide de retrouver la fillette. Mais son ennemi acharné, l'inspecteur Javert, le surveille sans relâche...
LES MISERABLES, Jean-Paul Le Chanois 1958, Jean Gabin, Daniele Delorme, Serge Reggiani, Bernard Blier, Bourvil) (histoire saga)@@@ (E)
Jean Valjean, un paysan condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir volé un pain, sort du bagne après dix-neuf années, de multiples évasions ayant prolongées sa peine initiale. So ...

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LES OISEAUX, Alfred Hitchcock 1963, Tippi Hedren, Rod Taylor (horreur)@@@


Melanie, jeune femme quelque peu superficielle, rencontre chez un marchand d'oiseaux un brillant et séduisant avocat qui recherche des inséparables. Par jeu, Melanie achète les oiseaux et les apporte à Bodega Bay. Dés son arrivée, elle est blessée au front par une mouette.

TELERAMA
Chef-d'œuvre mondialement connu, archi commenté, Les Oiseaux fait partie de ces grands mais rares films d'angoisse qui font toujours peur même après plusieurs visions. Le postulat est d'une simplicité lumineuse : et si les oiseaux, animaux pacifiques autant qu'insaisissables, devenaient soudainement un danger de mort…

Jugement dernier, révélateur d'attitudes multiples (de l'inconscience à la lâcheté ou à la solidarité) ou bien symbole sexuel (la scène fameuse du grenier, qui s'apparente à un viol), cet assaut de volatiles recèle maintes interprétations possibles, en plus de la terreur évidente qu'il suscite. Terreur efficace parce que extrêmement réaliste, résultat de prouesses techniques minutieuses. Le regroupement lent et progressif des oiseaux dans le dos de Melanie, puis leur attaque à la sortie de l'école restent des modèles de tension et de mise en scène pure. On ne se remet jamais tout à fait de ce cauchemar cruel et flamboyant.
LES OISEAUX, Alfred Hitchcock 1963, Tippi Hedren, Rod Taylor (horreur)@@@ (E)
Melanie, jeune femme quelque peu superficielle, rencontre chez un marchand d'oiseaux un brillant et séduisant avocat qui recherche des inséparables. Par jeu, Melanie achète les oiseaux et les apporte à Bodega Bay ...

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LES SENTIERS DE LA GLOIRE, Stanley Kubrick 1957, Kirk Douglas, Ralph Meeker (guerre)@@@


1916. Les fantassins français croupissent dans les tranchées face à une position allemande réputée imprenable. Tout assaut serait suicidaire. Pourtant, espérant obtenir une étoile de plus à son uniforme, le général Mireau ordonne une attaque.

TELERAMA
1915. Un château où vivent les généraux ; des tranchées boueuses où croupissent les soldats… Symphonie macabre sur le cynisme des gradés. Un film incompris et interdit à sa sortie en France.

La guerre de 14-18, avec ses 800 kilomètres de tranchées et ses centaines de milliers d’hommes décimés pour quel­ques centaines de mètres gagnés sur la ligne de front ennemie. Le réquisitoire, ici, vise moins la boucherie que l’ambition aveugle d’officiers cyniques, avides de gloire, qui ordonnent à leurs soldats de tirer dans leur propre camp et les font fusiller s’ils n’obéissent pas. Kubrick s’est appuyé sur plusieurs faits historiques, ce qui expliqua la gêne des autorités et l’interdiction du film en France durant dix-huit ans. Celui-ci n’est pourtant pas antimilitariste. Via le ferme et juste colonel Dax (Kirk Douglas), Kubrick montre au contraire la valeur nécessaire à toute armée digne de ce nom.

Ce qu’il fustige, c’est le bellicisme délirant, l’instrumentalisation de la guerre, la parodie de procès. L’injustice est d’une absurdité criante et Kubrick la filme avec une fureur froide. Son regard est implacable. Soucieux aussi d’éviter tout patriotisme (« le dernier refuge du vaurien », dixit Samuel Johnson). Pour preuve, ce beau ­finale dans l’estaminet où les soldats français, au repos, libèrent leurs bas instincts avant de s’humaniser à l’écoute d’une douce mélodie chantée – en allemand ! – par une jeune femme (la future épouse de Kubrick).
LES SENTIERS DE LA GLOIRE, Stanley Kubrick 1957, Kirk Douglas, Ralph Meeker (guerre)@@@ (E)
1916. Les fantassins français croupissent dans les tranchées face à une position allemande réputée imprenable. Tout assaut serait suicidaire. Pourtant, espérant obtenir une étoile de plus &ag ...

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LES TEMPS MODERNES, Charlie Chaplin 1936 (societe comique)@@@@


Des troupeaux de moutons, puis des flots d'ouvriers sortent d'une usine. Charlot fait partie du nombre. Empêtré sur un tapis roulant, il est happé par les rouages d'une énorme `machine à manger', à laquelle il sert de cobaye.

TELERAMA
Un film culte qu’on ne se lasse pas de voir, une satire sociale à la fois hilarante et sans aucune concession.

Charlot en bleu de travail glissé dans les rouages d’une énorme machine : près d’un siècle plus tard, l’image est restée iconique. Elle symbolise l’enfer du travail à la chaîne, contrebalancé par le génie allègre du réalisateur. À force de serrer des boulons de manière mécanique, Charlot détraque le système et devient à moitié fou — il se met à poursuivre les femmes avec sa clé anglaise, prenant leurs boutons de robe pour des boulons. Un gag parmi d’autres dans cette satire burlesque et tendre, égayée par le regard amoureux posé sur sa jeune compagne d’alors, Paulette Goddard (lumineuse, sauvage, sensuelle).

Le film n’en est pas moins lucide et particulièrement attentif aux bouleversements de son temps, encore marqué par la Grande Dépression. On ne peut qu’être frappé par l’ensemble des motifs technologiques, sociaux et politiques : la misère des chômeurs, le drapeau rouge dans les manifestations ouvrières, la taylorisation forcée, les écrans de contrôle (déjà !), l’automatisation généralisée. Suite virtuose de quiproquos, l’intrigue emmène trois fois en prison Charlot, séjour qu’il apprécie puisqu’il y est nourri, logé et non contraint d’y trimer. Éternel vagabond dans l’âme, c’est un réfractaire qui s’ignore à tout embrigadement — il est volontaire pour le travail mais c’est le travail qui ne veut pas de lui, car il est trop lunaire.

Demi-succès à sa sortie, ce chef-d’œuvre brille enfin par sa sophistication plastique et harmonique. Chaplin a non seulement signé toutes les musiques, mais c’est lui qu’on entend chanter à la fin ce morceau légendaire au sabir incompréhensible. Cerise sur le gâteau d’un film non-parlant mais ô combien sonore.
LES TEMPS MODERNES, Charlie Chaplin 1936 (societe comique)@@@@ (E)
Des troupeaux de moutons, puis des flots d'ouvriers sortent d'une usine. Charlot fait partie du nombre. Empêtré sur un tapis roulant, il est happé par les rouages d'une énorme `machine à manger', à l ...

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LES TONTONS FLINGUEURS Georges Lautner 1963, Lino Ventura, Bernard Blier


Les Tontons flingueurs est une comédie franco-germano-italienne réalisée par Georges Lautner, sortie en 1963. Il s'agit d'une adaptation du roman Grisbi or not grisbi d'Albert Simonin, dernier volet de la trilogie consacrée au truand Max le Menteur, précédé par Touchez pas au grisbi !
LES TONTONS FLINGUEURS Georges Lautner 1963, Lino Ventura, Bernard Blier (E)
Les Tontons flingueurs est une comédie franco-germano-italienne réalisée par Georges Lautner, sortie en 1963. Il s'agit d'une adaptation du roman Grisbi or not grisbi d'Albert Simonin, dernier volet de la trilogie consa ...

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MARIUS, Marcel Pagnol 1931, Raimu Pierre Fresnay Orane Demazis, Fernand Charpin (drame sentimental)@@@


À Marseille, la jeune Fanny, fille d'une commerçante du Vieux-Port, est amoureuse de Marius, fils de César, patron du bar de la Marine. Marius, lui, ne rêve que d'aventure. Son désir de s'embarquer sur un navire en partance se heurte à l'opposition de son père. Alors que Fanny et Marius deviennent amants, la jeune fille sent bien que Marius rêve d'ailleurs. Elle l'encourage à partir.

TELERAMA
Cette histoire, on la connaît par cœur, et on ne se lasse pas de la revoir. Alexander Korda, appelé à n’être qu’un exécutant, révèle un savoir-faire étonnant.

Marseille, le Vieux-Port. Au Bar de la Marine, César, le patron, prodigue tendresse naturelle et mauvaise foi atavique à ses clients et amis, Panisse, Escartefigue et M. Brun. Son fils, Marius, tente de résister à l'appel de la mer, tandis que Fanny, amoureuse de lui depuis l'enfance, cherche à lui faire comprendre le sentiment qui les lie.

La mise en scène, ici, n'est que fonctionnelle. Ce qui compte, ce sont les mots et l'interprétation. Les mots, ils sont beaux, limpides, tissés d'honneur, de fraternité, d'amour. Ils racontent l'histoire simple de gens simples. Raimu, Charpin, Dullac se régalent dans des rôles qu'ils ont rodés à la scène. Pierre Fresnay est un Marius magnifique et déchiré.

A chaque vision, on redécouvre des perles : Raimu qui brode sur le texte et se moque de l'accent de Pierre Fresnay, d'origine ­alsacienne, les facéties d'Alida Rouffe (la mère de Fanny), qui gigote et pérore parce qu'elle est toute « estransinée »... La comédie pure s'efface pour laisser place à l'émotion. Et, dans les dernières minutes, « tu me fends le cœur » n'est plus seulement la phrase culte d'une célébrissime partie de cartes.
MARIUS, Marcel Pagnol 1931, Raimu Pierre Fresnay Orane Demazis, Fernand Charpin (drame sentimental)@@@ (E)
À Marseille, la jeune Fanny, fille d'une commerçante du Vieux-Port, est amoureuse de Marius, fils de César, patron du bar de la Marine. Marius, lui, ne rêve que d'aventure. Son désir de s'embarquer sur un n ...

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MOI DANIEL BLAKE, Ken Loach 2016, Dave Johns, Hayley Squires (societe)@@@


Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l'aide sociale à la suite de problèmes cardiaque. Cependant, bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au job center, Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450 km de chez elle.

TELERAMA
Un doc politique et cinéphile, passionnant et poignant, pour comprendre le système des sanctions administratives mis en place au Royaume-Uni. Ken Loach remporte ici sa deuxième Palme d’or.
Le héros de ce calvaire ordinaire met toute son énergie dans la bataille. Sa bonté, son humour le rendent proche, attachant, presque désuet : un survivant du Welfare State, l’État-providence à l’anglaise, jadis torpillé par Margaret Thatcher. Lorsque Daniel rencontre Katie, une jeune mère célibataire démunie, il lui offre son aide. C’est par elle que le cinéaste rappelle qu’il est question, ici, de vie ou de mort. De la vraie faim et de la vraie misère. Dans une banque alimentaire, Katie, qui n’a pas mangé depuis plusieurs jours, s’effondre… Cette scène déchirante évoque autant l’Angleterre victorienne que celle d’aujourd’hui. Manière, pour Ken Loach, de nous dire que dans le monde moderne, ce n’est pas Daniel Blake qui est anachronique. C’est la violence sociale.
MOI DANIEL BLAKE, Ken Loach 2016, Dave Johns, Hayley Squires (societe)@@@ (E)
Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l'aide sociale à la suite de problèmes cardiaque. Cependant, bien que son médecin lui ait inter ...

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MON ONCLE, Jacques Tati 1958 (comique)@@@


Monsieur Hulot habite un quartier pittoresque en banlieue ; sa sœur a épousé un directeur d’usine et vit dans une villa ultramoderne d’un quartier résidentiel. Elle se met en tête de lui trouver un travail et une femme. Mais Hulot est un candide indomptable.

TELERAMA
Ceux qui s’extasièrent sur Les Vacances de M. Hulot firent la fine bouche devant cette chronique de la vie moderne. On reprocha à Mon oncle d’être réactionnaire, voire poujadiste. Comme Godard, mais sur le ton de l’humour poétique, Tati le Fou s’en prenait en réalité à la déshumanisation des petits soldats du conformisme, des pachas de la mécanique, des petits-bourgeois envoûtés par les parcours fléchés. Et à l’esclavage d’une femme mariée, hantée par la nécessité de nettoyer, servir et paraître. Hulot, lui, fait bande à part, refuse la technique absurde, le culte de l’objet-roi. Il fustige la passivité, exalte le réflexe blagueur des enfants, l’écologie sociale, l’innocence et la rébellion contre les codes imposés. La chronique est subtile, gorgée de gags sonores, truffée de clins d’œil, de plaisanteries visuelles…
MON ONCLE, Jacques Tati 1958 (comique)@@@ (E)
Monsieur Hulot habite un quartier pittoresque en banlieue ; sa sœur a épousé un directeur d’usine et vit dans une villa ultramoderne d’un quartier résidentiel. Elle se met en tête de lui trouver ...

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NAPOLEON, Abel Gance 1927, Albert Dieudonné (histoire bio saga)@@@


L’épopée napoléonienne d’Abel Gance dans sa « Grande Version » inédite et définitive. Après 16 ans d’une aventure collective sans précédent dans l’histoire de La Cinémathèque française, le public est enfin invité à venir juger sur pièce un film que nul n’a jamais vu depuis 1927. Une reconstruction exemplaire menée par Georges Mourier, et dotée d'une partition inédite due au talent de Simon Cloquet-Lafollye, enregistrée par les musiciens des orchestres de Radio France.

TELERAMA
Le film de tous les records est enfin restauré dans sa « grande version » de sept heures. L’occasion de mesurer combien Abel Gance, cinéaste habité, était aussi visionnaire.

Il y a quelque chose de vertigineux, de très émouvant, aussi, à redécouvrir aujourd’hui un classique du cinéma muet qui n’était plus visible depuis près d’un siècle dans la version voulue par son auteur. Napoléon vu par Abel Gance a connu bien des avatars depuis sa toute première séance publique au palais Garnier, le 7 avril 1927, dans une version « courte » de trois heures quarante-sept. Un mois plus tard, le cinéaste de J’accuse présente au Théâtre Apollo une version longue de neuf heures. Puis retourne à nouveau en salle de montage pour aboutir à une « grande version » de sept heures destinée aux salles qui, en raison de sa durée hors normes, verra son exploitation réduite à néant. Ne pouvant se résoudre à l’invisibilisation de son grand œuvre, Gance va lui-même le mutiler à plusieurs reprises, allant jusqu’à le sonoriser et à tourner de nouvelles scènes pour espérer conquérir un plus large public. En quatre-vingt-dix-sept années d’existence, Napoléon va ainsi cumuler une vingtaine de versions différentes (parfois très éloignées du projet originel) et faire l’objet de cinq restaurations.

La sixième, que vient d’achever le réalisateur et chercheur Georges Mourier pour la Cinémathèque française, est assurément la plus ambitieuse par son ampleur. Il aura fallu plus de quinze ans de travail, de nombreuses innovations numériques et 4,5 millions d’euros (ce qui en fait la « reconstruction » la plus chère de l’histoire du cinéma) pour faire renaître la « grande version » chère à Abel Gance : sept heures, découpées en deux époques, qui couvrent dix-sept années de la vie de Napoléon Bonaparte, de son passage à l’école militaire de Brienne jusqu’à la campagne d’Italie, en passant par la chute de la royauté ou l’assassinat de Marat (joué par Antonin Artaud).

Film de guerre, western, comédie romantique…
Il y a de quoi être intimidé devant un tel monument. Même si certaines séquences, plombées par le jeu outrancier de certains comédiens, accusent le poids des ans. Même si les quatre-vingts minutes consacrées – semblent durer le double. Même si la vision hagiographique du grand homme, présenté comme le sauveur de la Révolution française, tourne à l’imagerie sulpicienne – Napoléon mis en scène par Abel Gance et incarné par un Albert Dieudonné habité, c’est à la fois Dieu le Père, le Christ et le Saint-Esprit (l’aigle impérial remplaçant évidemment la colombe)… Dans un discours de 1891 resté célèbre, Georges Clemenceau invitait les députés à considérer la Révolution française comme « un bloc dont on ne peut rien distraire » : on l’accepte dans son intégralité (exécutions de masse de la Terreur incluses), ou on la rejette. Un point de vue d’autant plus partagé par Abel Gance que la formule pourrait s’appliquer à son film lui-même : la « grande version » de Napoléon est bien un « bloc », dont les excès, les maladresses, l’emphase sont indissociables de son audace créatrice, de sa splendeur, de son lyrisme digne des plus belles pages de Victor Hugo. Un exemple, rare, de cinéma total, qui brasse tous les genres : film de guerre, bien sûr, pour célébrer les premiers exploits militaires du jeune Bonaparte ; mais aussi western à la John Ford quand Napoléon fuit à cheval ses rivaux paolistes dans le maquis corse ; comédie romantique, à travers la rencontre, savoureuse, du général mal dégrossi et de la séductrice Joséphine de Beauharnais ; et comédie tout court, le tout flirtant, parfois, avec le fantastique.

La narration, elle aussi, fait preuve d’originalité avec de longues digressions historiques et la mise en avant de personnages fictifs « ordinaires » qui sont à la fois les témoins du destin napoléonien et ceux qui veillent sur lui. Tristan Fleuri (le formidable acteur russe Nicolas Koline), tour à tour commis de cuisine à Brienne, aubergiste à Toulon, greffier indulgent du tribunal révolutionnaire et fidèle grognard de l’armée d’Italie, est l’incarnation bienveillante, humoristique du peuple, quand sa fille Violine (la future star Annabella) en représente la dimension tragique, sacrificielle.

Gance invente le split-screen avant la lettre
Mais la sidération est, d’abord, d’ordre esthétique. Pionnier de l’avant-garde, Abel Gance semble avoir voulu repousser toutes les limites, techniques et formelles, de son art. Ça commence dès l’emballant prologue à Brienne, où une bataille de boules de neige est filmée en caméra subjective (comme si l’appareil était fixé sur les projectiles) avant que l’écran ne se transforme en damier lors d’un autre affrontement entre les aspirants officiers, à coups de polochons cette fois. Un peu plus loin, Gance fait un montage parallèle somptueux entre deux tempêtes : celle, littérale, qu’affronte Napoléon sur un frêle voilier au large de la Corse et, celle, métaphorique, à la Convention, qui oppose les Girondins au parti de Robespierre. Et que dire de ce travail sur les surimpressions (jusqu’à seize dans le même plan !) qui emmène la représentation cinématographique aux limites de l’abstraction…

Le film se conclut en apothéose avec vingt-cinq minutes de campagne d’Italie en « polyvision » : l’écran s’élargit, se détriple, pour accueillir trois images tournées par trois caméras différentes. Plus encore que le procédé technique en lui-même, c’est son utilisation inventive qui éblouit, à la fois tournée vers le futur et nourrie par la tradition. Gance ne se contente pas de formats panoramiques pour insérer des centaines de figurants dans le même plan : il invente le split-screen avant la lettre (trois images, trois actions ou points de vue différents) ; et, à d’autres moments, retrouve la grâce des retables mystiques du Moyen Âge dans des triptyques stupéfiants de beauté où, entre autres merveilles, le futur empereur à cheval se dédouble pour encadrer un simple soldat marchant vers la victoire. Le bouquet final d’un feu d’artifice visuel.

France, 1927 (deux époques, 3h47 et 3h27). En ciné-concert à la Scène musicale, Boulogne-Billancourt (92), les 4 et 5 juillet, à 18h. En intégralité à la Cinémathèque française les samedis et dimanches, à 14h30, jusqu’au 21 juillet. En salles le 10 juillet (cinémas Pathé). Et au Festival Radio France Occitanie Montpellier (Le Corum, Opéra Berlioz), les 18 et 19 juillet à 20h.
UNE PARTITION HORS NORMES
Film de tous les superlatifs, Napoléon vu par Abel Gance l’est aussi par son accompagnement musical : sept heures de partition d’une traite… Simon Cloquet-Laffolye, le compositeur chargé de cette tâche herculéenne, a pioché dans le répertoire symphonique pour tricoter, façon patchwork, 148 extraits puisés chez 48 auteurs différents, du baroque (Haydn) au contemporain (Penderecki). Avec des pièces très célèbres (la « Barcarolle » des Contes d’Hoffmann, d’Offenbach, la Sixième de Malher) et d’autres (signées Philippe Gaubert, Anatoli Liadov ou Guy Ropartz) qui le sont beaucoup moins. Malgré quelques fautes de goût (« La Mort de Siegfried », de Wagner, qui rajoute du grandiloquent à la grandiloquence pour illustrer le siège de Toulon), le résultat, interprété par les orchestres et le chœur de Radio France, est bluffant.
NAPOLEON, Abel Gance 1927, Albert Dieudonné (histoire bio saga)@@@ (E)
L’épopée napoléonienne d’Abel Gance dans sa « Grande Version » inédite et définitive. Après 16 ans d’une aventure collective sans précédent dans l’h ...

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NOSFERATU LE VAMPIRE Friedrich Wilhelm Murnau 1922


En 1838, le clerc de notaire Hulter est envoyé en Transylvanie chez le comte Orlock, le vampire Nosferatu. Celui-ci sème la terreur et la peste dans un village voisin, avant de tenter de séduire Ellen, la fiancée de son invité. Mais la lumière de l'aube lui sera fatale.
NOSFERATU LE VAMPIRE Friedrich Wilhelm Murnau 1922 (E)
En 1838, le clerc de notaire Hulter est envoyé en Transylvanie chez le comte Orlock, le vampire Nosferatu. Celui-ci sème la terreur et la peste dans un village voisin, avant de tenter de séduire Ellen, la fiancée ...

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OPPENHEIMER, Christopher Nolan 2023, Cillian Murphy, Emily Blunt (histoire guerre)@@@


En 1942, convaincus que l'Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première bombe atomique de l'histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage J.

TELERAMA
Retraçant la palpitante trajectoire du père de la bombe atomique, le maître des blockbusters réussit un biopic aussi subtil qu’incarné. “Oppenheimer” a raflé sept récompenses aux Oscars 2024.
Christopher Nolan est un réalisateur brillant mais qui divise. Il a ses détracteurs, qui n’apprécient guère son excès de sophistication et sa froideur conceptuelle. Nolan les aurait-il entendus ? Oppenheimer est son film le plus attachant et le plus simple, formellement au moins, sur ce cas pourtant complexe de Robert Oppenheimer, surnommé le « père de la bombe atomique ». Voici un biopic empathique, sans être hagiographique, qui s’inspire d’une biographie parue en 2005, signée Kai Bird et Martin J. Sherwin. À la différence du légendaire Einstein (qui apparaît ici de manière savoureuse), le rôle majeur et l’implication directe d’Oppenheimer dans la Seconde Guerre mondiale, à travers le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki, font de lui une figure mythique de tragédie, glorieuse et maudite.

Tout le désigne au départ comme un scientifique doué doublé d’un érudit, juif éclairé et bienfaisant, qui traverse l’Europe dans sa jeunesse, étudie à Cambridge. Digne d’une aventure romanesque est le premier tiers du film, qui fait découvrir le sympathisant du parti communiste dans les années 1930, l’amateur d’art, le polyglotte connaissant le sanskrit et capable d’apprendre le néerlandais en un semestre, l’amoureux transi d’une brune sagace et torride. L’homme, à l’allure de privé avec son chapeau, a bien quelques faiblesses, que le réalisateur glisse finement — sa gaucherie dans les travaux pratiques en labo, une forme de passivité tourmentée qui le confine à s’enfermer dans une position de martyr. Malgré tout, il fait tôt partie de l’élite scientifique. Et en 1941, une opportunité se présente, dans l’urgence. Une course contre la montre est alors engagée avec l’Allemagne dans la fabrication de la bombe atomique. Pour y parvenir, un colonel de l’armée américaine (Matt Damon) lui propose de diriger le « projet Manhattan ». Par patriotisme et conviction antinazie, Oppenheimer accepte et monte une équipe qui réunit le fleuron de la physique internationale.

C’est en plein désert du Nouveau-Mexique que se concrétise le projet, dans le cadre d’une base secrète. Cette partie du film ne manque pas de piquant, tant ce site surréel tient du western — « Il ne manque plus que le saloon », fait remarquer l’épouse du physicien. Là sera pourtant produite la première bombe atomique, dans des circonstances qui semblent rétrospectivement assez aléatoires — rien ne dit, lors de l’essai Trinity, que la planète ne va pas y passer. Oppenheimer est déjà conscient que sa création révolutionnaire peut le dépasser.

La force indéniable du portrait composé par Nolan tient dans sa dualité : il montre son personnage comme un génie du bien et du mal. Un sauveur et un destructeur, en proie à des dilemmes moraux. Un monstre d’orgueil et d’égoïsme, mais conscient de l’être et qui se sent coupable. Après une conférence qu’il donne, où il est fêté en héros national, il descend des marches et semble agrippé par un cadavre noirci de cendres. Brève séquence magnifique de hantise.

Le cauchemar est aussi celui que le scientifique vit lors de la commission d’enquête diligentée par le FBI, en 1954, période hargneuse de maccarthysme. Il est accusé d’avoir été un espion de l’URSS, interrogé et harcelé, on met en question son intégrité. Sur la violence des dirigeants américains, capables d’honorer l’intelligence avant de l’écraser, le film est cinglant. Le suspect émacié et maigre — Cillian Murphy, formidable en visionnaire aux pieds d’argile — encaisse. Lors de l’entrevue avec Harry S. Truman dans son bureau présidentiel, Oppenheimer fait part de son inquiétude quant à l’escalade de la course aux armements avec les Soviétiques. Une fois sorti, il entend le chef d’État lancer : « Je ne veux plus revoir ce pleurnichard. » Des « pleurnichards » comme Oppenheimer, l’humanité en a pourtant besoin.
OPPENHEIMER, Christopher Nolan 2023, Cillian Murphy, Emily Blunt (histoire guerre)@@@ (E)
En 1942, convaincus que l'Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première ...

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PARIS TEXAS, Wim Wenders, Nasstasja Kinski


Travis déambule seul dans le désert texan. Destination : Paris, une bourgade de l'État où ses parents ont pour la première fois fait l'amour. Arrivé là, il s'évanouit puis se réveille à l'hôpital. Le médecin, ne parvenant pas à lui extirper le moindre mot, contacte son frère Walt.
PARIS TEXAS, Wim Wenders, Nasstasja Kinski (E)
Travis déambule seul dans le désert texan. Destination : Paris, une bourgade de l'État où ses parents ont pour la première fois fait l'amour. Arrivé là, il s'évanouit puis se ré ...

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PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg, Meryl Streep,Tm Cruise


Katharine Graham est la première femme à publier un important journal américain: The Washington Post.

TELERAMA
En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spielberg réussit plusieurs films en un seul. Il traite brillamment le dossier politique, et son style même se fait sec, exaltant et nerveux, à la manière des grands films du Nouvel Hollywood des années 70 : c’est un hommage à l’histoire du cinéma autant qu’à la presse de l’époque, tant les deux médias représentèrent alors, chacun à leur manière, la sauvegarde de la démocratie contre un pouvoir abusif. Chaque scène, ou presque, est un morceau de bravoure. Y compris au sens propre : en publiant ces documents brûlants, Kay Graham et ses employés risquaient de tout perdre, de leur journal à leur propre liberté.

On a classé tous les films de Steven Spielberg, des plus ratés aux coups de maître
On devine, bien sûr, derrière la ­reconstitution, un plaidoyer très contemporain en faveur d’un contre-pouvoir indépendant et fort, plus ­nécessaire que jamais aujourd’hui. Le film veut à la fois alerter sur une Amérique malade de Donald Trump et de son « Russiagate », et amorcer l’ère post-Weinstein. A travers le portrait de Kay Graham, veuve mondaine trai­tée avec condescendance par ses pairs masculins, qui affirme son courage et son autorité, il décortique l’histoire des femmes dans la société, le caractère récent et fragile de leurs acquis… Meryl Streep habite avec une étonnante douceur cette patronne atypique, tiraillée entre les exigences de son milieu, la haute société politico-financière et ses valeurs morales. Face à elle, Tom Hanks a rarement été aussi convaincant : son portrait de rédacteur en chef dur à cuire incorruptible et gouailleur ferait presque oublier Jason Robards, le Ben Bradlee du film de Pakula.
Spielberg, lui, n’oublie pas. Il termine son histoire là où commence Les Hommes du Président, le temps d’un ­fameux plan large et nocturne sur l’immeuble du Watergate. Manière élégante, futée et magistrale de raccrocher les wagons du mythe.
PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg, Meryl Streep,Tm Cruise (E)
Katharine Graham est la première femme à publier un important journal américain: The Washington Post.

TELERAMA
En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spiel ...

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PERSONA, Ingmar Bergman 1966, Bibi Andersson, Liv Ullmann (societe)@@@


Élisabeth Vogler est actrice. Au beau milieu d'une interprétation d'Électre, elle devient muette. Des médecins l'auscultent et ne décèlent aucune anomalie physique. Une infirmière, Alma, la prend en charge, l'emmenant dans sa villa au bord de la mer. Puisque l'actrice ne parle plus, Alma discourt pour deux, confiant à Élisabeth les secrets qui la rongent : une expérience sexuelle à plusieurs, son avortement, sa solitude.

TELERAMA
Viscéral, impulsif, ce film est plein d’allusions à la thérapie jungienne. A commencer par le titre, Persona, et le prénom de la garde-malade, Alma. Pour le psychanalyste Carl Jung, la souffrance humaine vient du conflit entre le persona (le masque social) et l’alma (le subconscient)… Bergman adapte cette théorie aux années 1960, et la pousse à son paroxysme : le malheur des hommes viendrait en fait de l’absence de frontière entre le visible et l’invisible. Le cinéma ne peut pas combattre la folie du monde. Mais celle de l’artiste, oui. Seule lueur d’espoir de Persona : la création peut être salvatrice.

Avec l’aide de ses deux comédiennes, stupéfiantes, Bergman avoue avoir fait acte de survie. « J’ai dit un jour que Persona m’avait sauvé. Ce n’était pas une exagération. Si je n’avais pas trouvé la force de faire ce film-là, j’aurais sans doute été un homme fini. »

PERSONA, Ingmar Bergman 1966, Bibi Andersson, Liv Ullmann (societe)@@@ (E)
Élisabeth Vogler est actrice. Au beau milieu d'une interprétation d'Électre, elle devient muette. Des médecins l'auscultent et ne décèlent aucune anomalie physique. Une infirmière, Alma, la p ...

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PHILADELPHIA, Jonathan Demme 1993, Tom Hanks, Denzel Washington


Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carriere fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Jusqu'au jour où ses associés apprennent qu'Andrew est atteint du sida, et n'hésitent pas à pretexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.
PHILADELPHIA, Jonathan Demme 1993, Tom Hanks, Denzel Washington (E)
Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carriere fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Jusqu'au jour où ses associés apprennent qu'Andrew est atteint du ...

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PHILOMENA, Steve Coogan 2013, Judi Desh, Steve Coogan


En 1952, Philomena, une adolescente irlandaise, tome enceinte sans être mariée et est envoyée dans un couvent. Quand son bébé Anthony est très jeune, les religieuses l'enlèvent à Philomena et le mettent en adoption aux États-Unis. Pendant les 50 années suivantes, elle a cherché sans arrêt son fils.
PHILOMENA, Steve Coogan 2013, Judi Desh, Steve Coogan (E)
En 1952, Philomena, une adolescente irlandaise, tome enceinte sans être mariée et est envoyée dans un couvent. Quand son bébé Anthony est très jeune, les religieuses l'enlèvent à Philom ...

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PIERROT LE FOU, Jean-Luc Godard 1965, Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Raymond Devos


Le jour où Ferdinand perd son travail, il retrouve une jeune étudiante qu'il a jadis aimée: Marianne. Las de son existence, il décide de refaire sa vie avec elle. Mais celle-ci se joue de lui, l'entraîne dans un engrenage de passion et de violence que, très vite, il ne peut maîtriser.

TELERAMA
Solitude, fatigue, ratage, trahison, chagrin, intermittence du coeur, suicide. Le fond est cafardeux. La forme, elle, est affamée. C'est une boulimie d'art : BD, romans américains, série noire, musique symphonique, twist, chansonnette, peinture espagnole, pop art, lettrisme, architecture, poésie, mode, pub : cinquante ans après Picabia et vingt ans avant le sampling, Godard pratique l'accumulation, le court-circuit, le collage, le recyclage.
Il est jeune, dingue amoureux des hanches d'Anna, il fonce vers l'absolu, emprunte, donne énormément. Du Technicolor, de la Côte d'Azur, de l'action, de l'amour, de la haine, en veux-tu, en voilà. Le cinéma ? De l'émotion. C'est l'ami Samuel Fuller qui le dit...
Pierrot le Fou est le plus romantique et le plus romanesque des films de Godard. Entre éloge et fracture, enthousiasme et dérision, l'auteur balance, mais c'est le lyrisme — mélancolique — qui l'emporte. Parce que l'art sert à passionner le désert de la vie, Ferdinand et Marianne s'imaginent en personnages — elle persiste à l'appeler Pierrot —, jouent à s'aimer, s'aiment vraiment, s'ennuient, se perdent de vue et se retrouvent, hélas trop tard. Le hurlement de désespoir de Belmondo — la poignée de secondes la plus viscéralement tragique de sa carrière ? — fait mal. Aussi mal que, dans la vraie vie, l'éloignement de Karina qui abandonne son pygmalion.
PIERROT LE FOU, Jean-Luc Godard 1965, Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Raymond Devos (E)
Le jour où Ferdinand perd son travail, il retrouve une jeune étudiante qu'il a jadis aimée: Marianne. Las de son existence, il décide de refaire sa vie avec elle. Mais celle-ci se joue de lui, l'entraîne da ...

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PSYCHOSE, Alfred Hitchcock 1960, Anthony Perkins, Janet Leigh (drame thriller)@@@@


Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis sont amants mais le manque d'argent compromet leur mariage. Sam doit verser une pension alimentaire à son ex-femme et éponger les dettes de son père. Marion supporte de plus en plus mal cet amour se limitant à des rencontres furtives. De retour au bureau, elle assiste à une transaction immobilière entre un riche client et son patron, qui la charge de déposer à la banque 40.000 dollars.

TELERAMA
Marion Crane doit déposer 400 000 dollars à la banque pour le compte de son patron. Sur un coup de tête, elle dérobe l’argent, pour pouvoir vivre enfin avec Sam, son amant, et s’enfuit en voiture. La pluie et le crépuscule l’obligent à faire halte dans un motel isolé. Norman Bates, le jeune gérant, l’accueille aima-blement...

Raconter le début constitue déjà un crime de lèse-Hitchcock. A la sortie du film, en 1960, le maître avait exigé que les portes des salles soient fermées aux retardataires. Dans le hall des cinémas, un message adjurait les spectateurs de ne rien révéler à leurs amis. Depuis, le succès a quelque peu éventé le mystère. Pourtant, dans sa construction, Psychose reste un guet-apens effroyable et génial. D’abord, le récit coule comme un thriller banal. Des amants, un vol, une fugue. Et puis, cette première intrigue s’interrompt brusquement à l’arrivée au motel.

Même après cent rediffusions, les coups de couteau dans le rideau de douche, dramatique rupture de ton, surprennent toujours. D’un délit mineur au meurtre, et à la folie, le réel devient perméable au monstrueux. Hitchcock invente le personnage de Marion Crane pour nous mener, confiants, à Norman Bates, à l’horreur. Le cinéaste expliquait à François Truffaut : « Je dirigeais le public, je jouais avec lui comme avec un orgue. » Sous ses doigts, l’angoisse du spectateur devient, crescendo, l’unique partition du film. Elément central de cette danse macabre, celui-ci se trouve condamné à jouer le double jeu du témoin, à la fois complice et victime. Le secret caché dans la cave de la célèbre maison de Norman Bates est redoutable parce qu’il nous appartient, c’est la matière de nos cauchemars. Le génie de Hitchcock est d’avoir fait de Psychose le chef-d’oeuvre de ses spectateurs.
PSYCHOSE, Alfred Hitchcock 1960, Anthony Perkins, Janet Leigh (drame thriller)@@@@ (E)
Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis sont amants mais le manque d'argent compromet leur mariage. Sam doit verser une pension alimentaire à son ex-femme et éponger les dettes de son père. Marion supporte de plus ...

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PULP FICTION, Quentin Tarantino 1994, John Travolta, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman (thriller burlesque)@@@


Deux amoureux paumés s'apprêtent à prendre d'assaut le tiroir-caisse d'une cafétéria. Non loin d'eux, deux consommateurs boivent tranquillement leur café. Par malheur pour les apprentis truands, il s'agit de Vincent et de Jules, des tueurs professionnels dont la vie est une longue course d'obstacles, particulièrement ces derniers temps. Prié par Marsellus, un caïd, d'accompagner son épouse Mia au restaurant, Vincent s'exécute, allant jusqu'à participer à un concours de danse. Plus tard, victime d'une overdose, Mia s'effondre sous ses yeux. De son côté, en cavalant après Butch, un boxeur indélicat, Wallace s'est mis dans de beaux draps...

TELERAMA
Deuxième film de Tarantino, qui inscrivit définitivement son auteur dans la légende. Personnages burlesques, dialogues déphasés, timing déstructuré (et la performance d’Uma Thurman dans le rôle de Mia Wallace) : la “Tarantino touch” dans toute sa splendeur.

Avec le recul, Pulp Fiction semble bien être la matrice tarantinesque. Presque un classique. Tous les ingrédients y sont, indissociables : le récit foutraque qui bascule à chaque instant (c'est l'histoire d'un couple d'apprentis braqueurs qui décident de... mais il y a deux tueurs qui... et un boxeur que...) ; la violence surréelle, jamais racoleuse, désamorcée par le burlesque ; la joute verbale — même des apprentis braqueurs, ça discute, ça fait des projets d'avenir, ça prend son temps avant de sortir les flingues —, la mythologie hollywoodienne, inlassablement revisitée, car ces histoires de caïds, de poules de luxe et de dealers, en 1994, on les avait déjà vues et revues, mais racontées comme ça, sûrement pas.

Pulp Fiction n'occultait rien, pas même le plaisir de la drogue, ni celui de la gâchette facile, ajoutant juste, l'air de rien, que ce genre de plaisir se paie : Uma Thurman, salement shootée, avait droit à une séance de réanimation éprouvante, et les tueurs devaient nettoyer les conséquences de leurs oeuvres. Petit prélude au sort que Tarantino réserverait un jour aux nazis (Inglourious Basterds) ou aux esclavagistes de Django unchained...
PULP FICTION, Quentin Tarantino 1994, John Travolta, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman (thriller burlesque)@@@ (E)
Deux amoureux paumés s'apprêtent à prendre d'assaut le tiroir-caisse d'une cafétéria. Non loin d'eux, deux consommateurs boivent tranquillement leur café. Par malheur pour les apprentis truands, il s ...

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QUAI DES ORFEVRES, Georges CLOUZOT 1947, Louis Jouvet, Bernard Blier (policier)@@@


Dans le Paris d'après-guerre, Jenny Lamour, chanteuse de music-hall douée, ne manque pas d'ambition. Elle accepte l'invitation à dîner de Georges Brignon, homme riche et puissant qui peut l'aider dans sa carrière malgré l'opposition de Maurice Martineau, son époux. Jaloux et se croyant trompé, Maurice se précipite chez Brignon pour découvrir son rival assassiné. L'inspecteur Antoine va mener une enquête qui va l'amener à impliquer Martineau dont l'alibi ne tient plus.

TELERAMA
L’assassinat d’un vieux dégueulasse permet à Clouzot de parler d’amour en trucidant la censure. L’inspecteur (Louis Jouvet) sait que le monde est poisseux, que les sentiments poussent au crime et excusent ceux qui les commettent. Orfèvrerie d’une noire tendresse.

« Rien n’est sale quand on s’aime », fera dire Clouzot à l’un des personnages de son film Manon. Dans Quai des Orfèvres, déjà, tout poisse, s’encrasse, sauf l’amour, qu’il soit ­filial, conjugal ou lesbien. En effet, il n’y a pas que Brignon, le vieux cochon, qui est ­assassiné dans ce chef-d’œuvre. Pendant qu’on s’interroge sur l’identité du coupable, Clouzot trucide tranquillement la censure. Il faut entendre l’inspecteur Antoine (Jouvet, prodigieux) dire à Dora, la blonde cérébrale : « Vous êtes un type dans mon genre… » Car si Dora veille sur Jenny Lamour, la Mimi Pinson ambitieuse, et sur Maurice, le pauvre bougre de mari, c’est par amour pour la seule Jenny. L’énigme regorge de fausses pistes et de faux témoignages parce que chacun, si veule qu’il puisse paraître, est prêt à se sacrifier pour l’être aimé.

Magnifique hommage aux petites gens du cabaret, le film est aussi une peinture de mœurs d’une grande tendresse cafardeuse : même si le cœur a ses raisons, la loi lui donne tort. Clouzot le regrette et met cette réplique, à la fin, dans la bouche d’un chauffeur de taxi : « Je vous fais bien mes excuses, mais on n’est pas les plus forts. »
QUAI DES ORFEVRES, Georges CLOUZOT 1947, Louis Jouvet, Bernard Blier (policier)@@@ (E)
Dans le Paris d'après-guerre, Jenny Lamour, chanteuse de music-hall douée, ne manque pas d'ambition. Elle accepte l'invitation à dîner de Georges Brignon, homme riche et puissant qui peut l'aider dans sa carri&egr ...

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QUAND PASSENT LES CIGOGNES, Mikhael Kalatozov, Tatiana Samoilova (sentimental guerre)@@@


Moscou, en 1941, deux petits fiancés, Veronika et Boris, s’aiment d’amour tendre. L’invasion allemande fait voler leur rêve en éclats. Boris s’engage, ils se disputent, elle arrive trop tard pour lui dire au revoir. Désespoir, bombardements. Mark, un cousin pianiste de Boris, jouisseur et « planqué », profite de la confusion pour épouser la belle éplorée.

Au Festival de Cannes 1958, le jury et la critique découvraient avec ravissement que l’Homo sovieticus cachait sous son rideau de fer un cœur en plein dégel. Cette année-là, les cigognes emportèrent tout sur leur passage : la Palme d’or, une mention spéciale pour la jeune et touchante interprète, Tatiana Samoïalova, le prix de la commission supérieure technique. Aujourd’hui quinquagénaire, le film a pris des rides. Le spectateur de l’ère post-post-perestroïka s’émerveillera moins devant les audaces politiques, pourtant réelles — pas un poil de moustache stalinienne à l’écran, pas de discours destiné à l’édification des masses. Vus d’ici et maintenant, les personnages semblent bien naïfs, et la caméra qui virevolte autour d’eux, bien emphatique. Mais peu à peu, on se laisse ébouriffer par un joli souffle d’espoir et de vie, par la fraîcheur de ce mélo d’amour et de guerre qui raconte une modeste et universelle aventure humaine : l’éveil de Veronika à la souffrance, aux compromis de l’âge adulte. Qui a dit que les rides n’ont pas de charme ?
QUAND PASSENT LES CIGOGNES, Mikhael Kalatozov, Tatiana Samoilova (sentimental guerre)@@@ (E)
Moscou, en 1941, deux petits fiancés, Veronika et Boris, s’aiment d’amour tendre. L’invasion allemande fait voler leur rêve en éclats. Boris s’engage, ils se disputent, elle arrive trop tard pour ...

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ROCCO EST SES FRERES, Luchino Visconti 1960, Alain Delon, Annie Girardot, Roger Hanin (drame sentimental)@@@@


Fuyant la misère dans laquelle elle a sombré depuis qu'elle est veuve, Rosaria abandonne sa Calabre natale pour s'installer à Milan, auprès de son fils aîné Vincenzo qui y travaille. Après maintes déconvenues, Rosaria parvient à louer un sous-sol où elle peut installer sa famille et essaie tant bien que mal de s'en sortir. Rocco et Simone, deux des fils, trouvent rapidement du travail et se prennent de passion pour la boxe.

TELERAMA
Luchino Visconti révéla Alain Delon, cheval fougueux, en 1958, dans cette tragédie aux accents dostoïevskiens.
Après La terre tremble, qu’il avait consacré aux pêcheurs misérables de Sicile, et avant Le Guépard, où il retournera dans le passé de l’Italie, Visconti s’attachait à un mal social de son pays dans l’après-guerre, l’immigration intérieure, la misère des régions méridionales poussant les populations rurales à l’exode vers les grandes villes.

La mamma Rosaria, veuve, débarque à Milan avec ses cinq fils, pleine d’espoir dans un avenir meilleur, mais la ville, avec ses tentations et sa violence, va disloquer cette fratrie unie. Mélange fascinant de néoréalisme, d’expérimentation Nouvelle Vague et de lyrisme théâtral, cette histoire de combat entre le bien et le mal s’incarne dans Simone et Rocco, les deux frères boxeurs qui deviennent ennemis à cause de l’amour d’une femme, Nadia, jeune prostituée elle aussi partagée entre ombre et lumière.

Plus Simone (Renato Salvadori), l’animal brutal et déchu, se noie dans la haine des autres et de soi, plus l’angélique Rocco (Alain Delon, christique) s’acharne à le sauver, nouvel idiot dostoïevskien dont la sainteté précipite la tragédie. Seuls frères que cette fresque de l’innocence perdue ne sacrifie pas : Ciro, qui découvre la conscience de classe en devenant ouvrier, et le plus jeune, qui, peut-être, un jour, « retournera au pays ».

Ce grand film, qui met l’art au service du prolétariat, frappe, encore et toujours, par les gros plans sur Delon, dont la beauté sublimée flirte avec l’au-delà, et par les séquences où Nadia (Annie Girardot, magnifique de gouaille et de désespoir) subit un viol atroce, ouvrant les bras en croix devant le couteau de son assassin.
ROCCO EST SES FRERES, Luchino Visconti 1960, Alain Delon, Annie Girardot, Roger Hanin (drame sentimental)@@@@ (E)
Fuyant la misère dans laquelle elle a sombré depuis qu'elle est veuve, Rosaria abandonne sa Calabre natale pour s'installer à Milan, auprès de son fils aîné Vincenzo qui y travaille. Après mai ...

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ROSETTA, Jean-Pierre et Luc Dardenne 1999, Emilie Dequenne (societe)@@@


Rosetta vit dans une caravane avec sa mère alcoolique. Elle est déterminée à s'en sortir dignement, seule et sans accepter la charité. La jeune femme n'a qu'une idée en tête : trouver un travail pour pouvoir mener une vie normale. La récession économique ne lui facilite pas la tâche. Chaque jour, le seul plaisir qu'elle s'octroie est la dégustation d'une gaufre au sucre, dans une camionnette-buvette.

TELERAMA
Le film des frères Dardenne bousculait le Festival de Cannes en 1999  en suivant, caméra à l’épaule, cette jeune exclue (formidable Emilie Dequenne) prête à tout pour trouver un travail.

Coup d’éclat du Festival de Cannes en 1999, Rosetta y remporta la Palme d’or et un prix d’interprétation pour Émilie Dequenne, qui débutait dans le rôle-titre. Ce « petit film belge » prit alors une dimension imposante, ce qui rendait justice à l’ambition de ses deux réalisateurs. Jean-Pierre Dardenne et Luc ont en effet voulu donner à Rosetta la force d’un coup de poing. Leur film a l’énergie de son ­héroïne, une jeune fille qui s’acharne à trouver une place dans une société où elle fait partie des exclus. Licenciée, renvoyée à la misère de sa vie dans une caravane, elle revient à l’attaque : obtenir un travail, c’est sa guerre. Aucune épreuve ne parvient à la décourager.

La caméra calque son mouvement sur sa course permanente. Cette mise en scène s’inscrit dans la logique du documentaire ou du cinéma-vérité, tout en exprimant une sorte de communion spirituelle, un désir de partage. Mais le propos des frères Dardenne garde un impact brutal et déstabilisant : Rosetta n’est pas qu’une victime sociale, elle n’inspire pas forcément la sympathie. Prête à tout pour décrocher un emploi, elle trahit la seule personne qui ait de l’affection pour elle. C’est là que la force du film se révèle : cette dureté du monde du travail et des rapports humains qu’elle engendre n’a fait que devenir plus vraie. Au point que les Dardenne y sont ­revenus dans un autre film, Deux Jours, une nuit (2014).
ROSETTA, Jean-Pierre et Luc Dardenne 1999, Emilie Dequenne (societe)@@@ (E)
Rosetta vit dans une caravane avec sa mère alcoolique. Elle est déterminée à s'en sortir dignement, seule et sans accepter la charité. La jeune femme n'a qu'une idée en tête : trouver un trava ...

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SARAJEVO MON AMOUR, Jasmila Žbanić 2005, Mirjana Karanović, Luna Zimic Mijovic (sentimental histoire)@@@


Dans le Sarajevo de l'après-guerre, une mère célibataire tente de réunir l'argent nécessaire pour payer une excursion scolaire pour sa fille de 12 ans.

TELERAMA
La neige, à Sarajevo, recouvre d'innombrables cicatrices. Celles de la ville, personnage à part entière du film, au ­hasard des ruines qui s'y attardent. Mais aussi, bien sûr, celles de ses habitants. Esma habite Grbavica, un quartier populaire, et y élève seule Sara, sa fille de 13 ans. Le soir, elle travaille comme serveuse dans une boîte de nuit. Jasmila Zbanic capte d'emblée une mélancolie diffuse dans la grisaille de ce quotidien. C'est le trauma d'une société tout entière qu'elle nous présente, avec une poignante délicatesse. Cette maîtrise, étonnante pour un premier long métrage, lui a d'ailleurs valu un ours d'or au festival de Berlin, en 2006.

Esma, femme forte et touchante (Mirjana Karanovic, actrice fétiche de Kusturica), a un secret, atroce. On le devine à ses dérobades, dès que sa fille (la jeune Luna Mijovic, parfaite en chaton écorché vif) tente d'en savoir un peu plus sur un père mort « en héros » pendant la guerre. Vies brisées, fantômes innombrables et exils intérieurs hypothèquent l'avenir. A travers ses héroïnes, Jasmila Zbanic s'interroge sur la condition de victime. Quand et comment peut-on cesser de l'être ? Est-ce incurable ou, pire, transmissible ?

Le constat est sombre. Pauvreté, mafia, dépression, Sarajevo survivante est malade de tout ce gâchis. Mais le tableau se nuance de tendresse et d'énergie. En un mot : d'espoir. Le film plaide plutôt en faveur de la mémoire. Il ne s'agit ici ni de vengeance (les bourreaux d'hier comptent moins que les traces qu'ils ont laissées), ni d'oubli, mais de vérité, condition indispensable de toute guérison.
SARAJEVO MON AMOUR, Jasmila Žbanić 2005, Mirjana Karanović, Luna Zimic Mijovic (sentimental histoire)@@@ (E)
Dans le Sarajevo de l'après-guerre, une mère célibataire tente de réunir l'argent nécessaire pour payer une excursion scolaire pour sa fille de 12 ans.

TELERAMA
La neige, à Sarajevo, re ...

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SCENES DE LA VIE CONJUGALE, Ingmar Bergman 1975, Liv Ullmann, Erland Josephson (societe)@@@


Mariés depuis dix ans, Marianne et Johan donnent toutes les apparences d'un bonheur radieux, au point qu'une journaliste les interroge pour connaître le secret de leur amour sans faille. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'est tout à fait satisfait de leur relation. Après avoir assisté à une violente dispute entre leurs amis Peter et Katarina, puis entendu le récit d'une femme qui confesse son souhait de divorcer après vingt ans d'union, le vernis finit par craquer.

TELERAMA
Cette chronique d’un mariage heureux et malheureux a tout d’exceptionnel. Présentée d’abord, dans une version étendue, comme une série pour la télévision, elle devint, en Suède, phénomène de société, provoquant une vague de divorces. Chérie par les cinéphiles et les cinéastes, elle vient de faire l’objet d’un admirable remake, la série Scenes from a Marriage (aussi sur OCS). La réussite fut totale.

Avec ce film, Bergman anticipait sur la télé-réalité. Son langage est, certes, celui du cinéma et le couple qu’il met en scène est interprété par deux grands comédiens. Mais Erland Josephson est, pour Bergman, comme un double de lui-même, et Liv Ullmann a été son épouse. Sur l’écran, ce qu’il fait surgir, c’est la vérité de ce qui se joue entre un homme et une femme. Et sur ce thème, il choisit de ne rien inventer : au lieu d’un scénario classique, il écrit des dialogues qu’il filme en gros plans, il donne à Johan, le mari, et à Marianne, l’épouse, les mots pour dire ce qu’ils éprouvent, pour parler de sentiments et de sexe. Crûment, magnifiquement, horriblement. C’est le grand déballage, comme à la maison. Sans cesse, ce film nous tend un miroir. On y reconnaît nos splendeurs et nos misères conjugales, éclairées par un cinéaste d’une lucidité impitoyable et d’une humanité immense.
SCENES DE LA VIE CONJUGALE, Ingmar Bergman 1975, Liv Ullmann, Erland Josephson (societe)@@@ (E)
Mariés depuis dix ans, Marianne et Johan donnent toutes les apparences d'un bonheur radieux, au point qu'une journaliste les interroge pour connaître le secret de leur amour sans faille. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'est tout ...

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SECRETS ET MENSONGES, Mike Leigh 1996, Timothy Spall, Brenda Blethyn


Après la mort de sa mère adoptive, une jeune femme noire se met à la recherche de sa mère biologique.
SECRETS ET MENSONGES, Mike Leigh 1996, Timothy Spall, Brenda Blethyn (E)
Après la mort de sa mère adoptive, une jeune femme noire se met à la recherche de sa mère biologique. ...

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SEPT ANS DE REFLEXION, Billy Wilder 1955, Marylin Monroe, Tom Ewell (sentimental)@@@


Richard Sherman, mari et père de famille délaissé pour les vacances, voit bien vite sa solitude troublée par sa charmante voisine, une blonde capiteuse et ingénue, qui ne mesure pas l'effet de l'oscillation de ses hanches sur l'esprit des hommes. Soudain guilleret, Richard rêve de séduire la belle, mais entre ses désirs les plus fous et la plus prosaïque réalité, il y a un grand fossé, que les vapeurs d'alcool, qui sait, lui permettront peut-être de franchir.

TELERAMA
Canicule à New York. Célibataire pour quelques semaines, Richard, qui se rêve séducteur irrésistible, rencontre sa voisine du dessus. Sans doute le film le plus célèbre de Marilyn Monroe : la fameuse scène où sa jupe se soulève au-dessus de la grille d'aération du métro appartient à l'histoire du cinéma. Avec le personnage de Tom Ewell, symbole des obsessions sexuelles et de la frustration du mâle américain, Wilder se moquait d'une Amérique qui découvrait la sexualité dans les pages du rapport Kinsey. La satire a un peu vieilli, mais le film non.
Toujours drôle, grinçant, burlesque. Marilyn y est divine. Quand, brave fille, elle cache ses sous-vêtements dans un frigo pour les rafraîchir. Ou lorsque, métamorphosée en vamp, elle murmure, dans un souffle, « Raaach-ma-ni-noff », prêtant au nom du célèbre compositeur russe d'indéniables pouvoirs aphrodisiaques...
SEPT ANS DE REFLEXION, Billy Wilder 1955, Marylin Monroe, Tom Ewell (sentimental)@@@ (E)
Richard Sherman, mari et père de famille délaissé pour les vacances, voit bien vite sa solitude troublée par sa charmante voisine, une blonde capiteuse et ingénue, qui ne mesure pas l'effet de l'oscillatio ...

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SHINING, Stanley Kubrick 1980, Jack Nicholson, Shelley Duvall (fantastique)@@@


Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le Shining, est effrayé à l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés...

TELERAMA
Jack Nicholson s’enferme avec femme et enfant dans un hôtel isolé par la neige et devient fou. Kubrick revisite avec brio le cinéma d’horreur et fantastique grâce à une mise en scène somptueuse.

Jack Torrance, qui veut écrire un roman, accepte de garder pour l'hiver l'hôtel Overlook, un palace isolé dans les montagnes du Colorado. Il s'y installe avec sa femme, Wendy, et son jeune fils, Danny, non sans savoir qu'un drame s'y est déroulé dix ans plus tôt : le gardien de l'époque avait massacré sa famille avant de se suicider. Isolés par la neige, ils sont peu à peu gagnés par l'esprit du lieu.

La caméra suit Danny avançant sur son tricycle dans les couloirs labyrinthiques de l'hôtel désert. Le bruit lancinant des roues s'interrompt quand il passe du parquet aux tapis, puis reprend. La musique - contemporaine et choisie avec soin - fait monter la tension. Au jeu admirable sur les sons s'ajoutent les flashes visuels - jumelles déchiquetées, litres de sang jaillissant de l'ascenseur - qui vous titillent sérieusement la moelle épinière, surtout si vous êtes seul devant votre téléviseur, entre chien et loup. Jack Nicholson, génial et grimaçant, serait-il derrière la porte ? Shining - le premier gros succès commercial de Kubrick - est d'abord un exercice de style, une « symphonie de la terreur » où le cinéaste, au sommet de son talent, substitue aux effets bâclés du film d'horreur classique toute sa science de la mise en scène, fondée sur l'utilisation quasi géométrique du décor. L'hôtel désert devient une sorte d'espace mental, où s'exprime de façon concrète le déséquilibre grandissant de son héros. La réflexion sur l'écriture-catharsis, chère à Stephen King, est finalement accessoire : Kubrick a d'abord voulu faire un grand film, à la fois adulte et qui fait vraiment peur. Pari réussi.
SHINING, Stanley Kubrick 1980, Jack Nicholson, Shelley Duvall (fantastique)@@@ (E)
Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le Shining, est effrayé à ...

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SHOAH, Claude Lanzmann (guerre)@@@


Claude Lanzmann interroge, 11 années durant, les témoins directs de la Shoah en Pologne, afin de savoir comment l'Allemagne nazie a pu exterminer plus de cinq millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Les intervenants sont des survivants, des témoins et des responsables.

TELERAMA
Œuvre-monument, “Shoah” occupe une place à part dans l’historiographie audiovisuelle de l’extermination des Juifs d’Europe. Le documentaire fleuve de Claude Lanzmann fait, depuis sa réalisation, en 1985, figure de référence indépassée.
Œuvre monumentale, voire œuvre-monument, Shoah occupe une place à part dans l’historiographie audiovisuelle de l’extermination des Juifs d’Europe. Sorti trente ans après Nuit et brouillard, le documentaire fleuve de Claude Lanzmann fait, depuis sa réalisation, en 1985, figure de référence indépassée. Mais, sous l’ampleur intimidante de l’œuvre, sous l’avalanche de commentaires qu’elle a pu susciter et sous la révérence qu’elle inspire même à ceux qui ne l’ont jamais vue, réside un film qu’il convient de (re)découvrir pour en appréhender la valeur intrinsèque.
(Re)voir aujourd’hui Shoah permet d’apprécier la pertinence de ses principes structurels, dont la radicalité sert un puissant parti pris historique. Exempt d’images d’archives et affranchi du poids de la chronologie, le film de Claude Lanzmann s’ancre dans le présent (celui de la parole comme ­celui des lieux) pour évoquer un passé effroyable dans ses aspects les plus concrets. Au fil des souvenirs de rescapés, de témoins et d’auxiliaires de la solution finale, il substitue au catéchisme mémoriel la réalité d’une rampe, d’un quai ou d’une cheminée, démasque l’envers funeste d’un herbage ou d’une rangée de conifères plantés à la hâte pour recouvrir les traces d’un charnier. Dégagé de toute sentimentalité, il dessine les contours d’un événement rétif à toute représentation pour en nourrir notre mémoire et ne plus la lâcher.
SHOAH, Claude Lanzmann (guerre)@@@ (E)
Claude Lanzmann interroge, 11 années durant, les témoins directs de la Shoah en Pologne, afin de savoir comment l'Allemagne nazie a pu exterminer plus de cinq millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Les intervena ...

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SLUMDOG MILLIONAIRE, Dany Boyle 2009, Dev Patel


Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux. Alors qu'il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retrouver son amour : participer au plus grand show télévisé du pays, Qui veut gagner des millions ? . Il atteint la question finale à 20 millions de roupies mais il est arrêté par la police, qui le soupçonne de tricherie.
SLUMDOG MILLIONAIRE, Dany Boyle 2009, Dev Patel (E)
Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux. Alors qu'il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retro ...

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SUR LA ROUTE DE MADISON, Clint Eastwood 1995, Clint Eastwood, Meryl Streep


Michael Johnson et sa soeur Caroline reviennent dans la ferme de leur enfance régler la succession de leur mère, Francesca. Ils vont découvrir tout un pan de la vie de leur mère ignoré de tous, sa brève, intense et inoubliable liaison avec un photographe de passage.
SUR LA ROUTE DE MADISON, Clint Eastwood 1995, Clint Eastwood, Meryl Streep (E)
Michael Johnson et sa soeur Caroline reviennent dans la ferme de leur enfance régler la succession de leur mère, Francesca. Ils vont découvrir tout un pan de la vie de leur mère ignoré de tous, sa br&egrav ...

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TAXI DRIVER, Martin Scorsese 1976, Robert De Niro, Jodi Foster (societe road movie) @@@


Depuis son retour du Vietnam, Travis Bickle est contraint de prendre quantité de tranquillisants pour dormir. Il devient taxi de nuit, évoluant dans un New York où se mêlent délinquants, drogués et prostitués. Dans la journée, il écrit son journal dans lequel il se dit laid et incompris.

TELERAMA
Dès les premières secondes, la musique de Bernard Herrmann (sa dernière) évoque l’enfer, tandis que, tout engluée de fumées, émerge New York. Une ville que le héros (Robert De Niro), un ancien du Vietnam, contemple avec dégoût : trop de drogués, de pervers, d’hystériques…

On n’est pas très loin de Mean Streets, et le regard du jeune Martin Scorsese n’est pas dénué d’un certain moralisme : il y a toujours, chez ce cinéaste, même dans ses films les plus récents, le sens de la faute, l’obsession du péché. L’ambiguïté, c’est que Travis le taxi, qui note ses pensées purificatrices dans son journal intime et travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, est aussi fêlé que ceux qu’il observe. Un être fruste, inculte, qui ne quitte son travail que pour aller jouer les voyeurs dans des cinémas pornos. Repoussé par une fille de la haute, blonde et sage, il devient une bombe à retardement, prêt à la fois à assassiner un candidat à la présidence et à sauver une préadolescente de la prostitution. Une sorte de saint pervers, comme le héros de Flannery O’Connor adapté par John Huston dans Le Malin… Dans un pays cinglé, la folie d’un tel type ne peut qu’être célébrée. D’où le dénouement ironique de ce film hyperviolent et brillantissime, Palme d’or à Cannes.
TAXI DRIVER, Martin Scorsese 1976, Robert De Niro, Jodi Foster (societe road movie) @@@ (E)
Depuis son retour du Vietnam, Travis Bickle est contraint de prendre quantité de tranquillisants pour dormir. Il devient taxi de nuit, évoluant dans un New York où se mêlent délinquants, drogués et p ...

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THE ARTIST, Michel Azanavicius 2011, Jean Dujardin, Berenice Bejo (musical)@@@


Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.

TELERAMA
Un prix d'interprétation à Cannes, une brassée d'oscars (dont le tiercé gagnant film-réalisateur-acteur) : depuis sa sortie, The Artist a peu à peu acquis un véritable statut d'événement historique. Qu'est-ce qui, dans ce pari artistique — un film muet en noir et blanc —, a tant soulevé les foules ? C'est d'abord, et avant tout, un personnage : Jean Dujardin, alias George Valentin, star adulée des Années folles. On l'attendait bouffon, forçant sur la grimace et les oeillades. C'est tout le contraire. A peine décalé, juste un rien désuet, il apporte une candeur facétieuse, un charme fragile.

La star, donc, fait des pirouettes comme Fred Astaire ou Errol Flynn, porte une moustache à la Douglas Fairbanks. Il ne lui manque que le son. En 1929, c'est pourtant l'essentiel. Malheur à ceux qui rateront le rendez-vous du parlant. Déchus, balayés... C'est à cette espèce disparue, cohorte de fantômes tremblants, les Mary Pickford, les John Gilbert, les Fatty Arbuckle, que The Artist rend hommage. L'âge d'or de Hollywood comme si vous y étiez. Un drôle d'objet anachronique, rêve de cinéphile, une mosaïque de références, assemblée avec une tendresse érudite, de Chaplin à Welles ou à Lubitsch, du burlesque au mélo.

Cette déclaration d'amour au grand cinéma hollywoodien raconte aussi un irréversible bouleversement technologique et artistique... Comme aujourd'hui le passage à la 3D relief et au tout-numérique. D'une révolution à l'autre, Hazanavicius interroge la notion de modernité. Une scène de cauchemar, peut-être la plus belle, en dit long : le son y fait une irruption brève et brutale. Le héros, lui, reste... muet. Désormais exclu, obsolète, réduit au véritable silence : l'oubli. L'angoisse de l'artiste par excellence. — Cécile Mury

Suivi, à 22h35, d'un documentaire du frère de Michel Hazanavicius, le comédien Serge Hazanavicius, qui retrace le mois précédant le succès du film aux Oscars, en février 2012 (lire ci-contre).
THE ARTIST, Michel Azanavicius 2011, Jean Dujardin, Berenice Bejo (musical)@@@ (E)
Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au fir ...

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THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman


Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commence à douter des intentions de ses proches, de son esprit et, perd pied avec la réalité. Surviennent alors de nombreux bouleversements, entre le déménagement d'Anne pour Paris et l'arrivée de Laura, une jeune-aide soignante à domicile.
THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman (E)
Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commen ...

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THE IMMIGRANT, James Gray 2013, Marion Cotillard, Joaquin Phoenix


New York, janvier 1921. Deux soeurs d'origine polonaise, Ewa et Magda Cybulski, débarquent à Ellis Island. Fuyant la misère en Europe, elles sont venues tenter leur chance aux États-Unis. Mais leurs espoirs tournent court quand Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Seule et sans ressources, Ewa est menacée d'expulsion. Désespérée, elle tombe sous la coupe de Bruno, un souteneur dénué de scrupules mais sensible à son charme.
THE IMMIGRANT, James Gray 2013, Marion Cotillard, Joaquin Phoenix (E)
New York, janvier 1921. Deux soeurs d'origine polonaise, Ewa et Magda Cybulski, débarquent à Ellis Island. Fuyant la misère en Europe, elles sont venues tenter leur chance aux États-Unis. Mais leurs espoirs tourn ...

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THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@


Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparés pour son mari, un homme qui la délaisse et fait peu cas de ses efforts pour attirer son attention et le séduire. La jeune femme comprend vite que le porteur de gamelles, pourtant réputé infaillible, a commis une erreur.

TELERAMA
Chaque matin, Ila prépare pour son mari Rajeev un succulent repas, rangé dans une boîte hermétique, qui lui sera acheminé par un formidable réseau de livraison qui dessert les entreprises de Mumbai. Un jour, une erreur de livraison est commise. Et, tandis qu'Ila attend de Rajeev, indifférent et distrait, des compliments qui ne viennent pas, c'est Saajan Fernandes, un comptable veuf, misanthrope, à un mois de la retraite, qui reçoit le panier repas. Les deux inconnus commencent par échanger des billets. Peu à peu, ils se confient l'un à l'autre. L'aigri Saajan, métamorphosé, va jusqu'à aider un jeune collègue débutant, qu'il ne supportait pas au départ...
THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@ (E)
Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparé ...

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THE PATRIOT le chemin de la liberte, Roland Emmerich 2000,, Mel Gibson (saga)@@


Caroline du Sud, 1776. La colère gronde dans les rangs des Indépendantistes. Il semble que la guerre contre les Anglais soit désormais inévitable. Benjamin Martin, père veuf de 7 enfants, ne sait que trop bien le prix d'une guerre et s'élève contre cette idée.

TELERAMA
Benjamin Martin, veuf, élève ses sept enfants dans une superbe plantation de Caroline du Sud. L'année 1776 marque le début de la rébellion contre les Anglais. Si Benjamin refuse d'abord de rejoindre les insurgés, il ne tarde pas à changer d'avis lorsque le terrible colonel Tavington tue sous ses yeux son fils cadet, avant de détruire sa propriété. Accompagné de son aîné, Gabriel, il rejoint l'armée en déroute de Burwell. Benjamin recrute des miliciens et se lance dans une guérilla sans merci, qui durera quatre longues années. La rumeur circule bientôt qu'un insaisissable cavalier sème la panique dans les rangs des Tuniques rouges...
THE PATRIOT le chemin de la liberte, Roland Emmerich 2000,, Mel Gibson (saga)@@ (E)
Caroline du Sud, 1776. La colère gronde dans les rangs des Indépendantistes. Il semble que la guerre contre les Anglais soit désormais inévitable. Benjamin Martin, père veuf de 7 enfants, ne sait que trop ...

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THE QUEEN, Stephen Frears 2006, Helen Mirren, James Cromwell


Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un désarroi sans précédent. Alors qu'une vague d'émotion et de chagrin submerge le pays, Tony Blair, sent instantanément que quelque chose est en train de se passer, comme si le pays tout entier avait perdu une soeur, une mère ou une fille.

TELERAMA
Août 1997, la princesse Diana meurt. La reine se tait, Tony Blair s’affaire… Stephen Frears s’intéresse aux aléas de la popularité. Brillant et drôle.

Helen Mirren s’est vraiment fait la tête d’Élisabeth II. Michael Sheen, excellent aussi, campe un Tony Blair brillant, enjoué. Le troisième personnage du film, invisible mais omniprésent, est une morte… De la princesse Diana, qui vient de mourir à Paris dans un accident d’auto, on ne voit que des images diffusées à la télévision. Tandis qu’enfle l’émotion du public, Stephen Frears filme avec verve un monde de fantoches : le prince Philip, vaudevillesque, et la reine mère, toujours à la poursuite d’un verre de gin.

Dans son incapacité à comprendre l’évolution du monde, la reine, elle, devient un personnage tragique : il est vrai que l’Angleterre a toujours eu Shakespeare dans le sang. En fait, le film se joue sur deux regards. Celui, hautain, de la reine, au début du film. Et, à la toute fin, celui lancé par Diana, que Frears fige sur l’écran. La morte remporte le jeu, le set et le match.
THE QUEEN, Stephen Frears 2006, Helen Mirren, James Cromwell (E)
Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un d&ea ...

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TITANIC, James Cameron 1997, Kate Winslet, Leonardo DiCaprio


En 1997, l'épave du Titanic est l'objet d'une exploration fiévreuse, menée par des chercheurs de trésor en quête d'un diamant bleu qui se trouvait à bord. Frappée par un reportage télévisé, l'une des rescapées du naufrage, âgée de 102 ans, Rose DeWitt, se rend sur place et évoque ses souvenirs. 1912.
TITANIC, James Cameron 1997, Kate Winslet, Leonardo DiCaprio (E)
En 1997, l'épave du Titanic est l'objet d'une exploration fiévreuse, menée par des chercheurs de trésor en quête d'un diamant bleu qui se trouvait à bord. Frappée par un reportage tél&e ...

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TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@


Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, avec ses deux filles, Madeleine et Toinette. Il dédaigne les séductions de la cour du roi Louis XIV et passe le plus clair de son temps à composer dans un cabanon isolé. Lorsque Marin Marais, un jeune homme ambitieux et doué, lui demande avec insistance de le prendre pour élève, Sainte-Colombe accepte.

TELERAMA
Au XVIIe siècle, reclus dans son manoir, M. de Sainte-Colombe compose de la musique baroque et joue comme personne de la viole de gambe. Taciturne, triste, sauvage, il ne se console pas de la mort de sa femme. Il élève ses deux filles dans la doctrine janséniste et le goût de la musique pure. Un jeune admirateur force sa retraite. C'est Marin Marais. Deux conceptions de la musique s'affrontent, deux styles de vie.

La musique, ici, est une fin et un moyen, une façon d'exprimer l'ineffable. Si certains grands artistes ne dédaignent pas de participer aux vanités du siècle, ils sont quand même des artistes. C'est le cas de Marin Marais, qu'interprètent Guillaume puis Gérard Depardieu. Alain Corneau et le romancier Pascal Quignard lui opposent l'attitude hiératique de l'intraitable Sainte-Colombe, qui refuse les simagrées, cherche la solitude et éprouve la souffrance de la création. Dans ce rôle ingrat, Jean-Pierre Marielle s'évadait enfin - et d'éblouissante manière - des personnages extravertis, hâbleurs et avantageux dans lesquels on l'a confiné. Comme l'acteur, tout est retenu dans ce film austère : les sentiments, les mouvements, les élans. D'un abord difficile, il demande à être sans cesse revu (et réécouté).
TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@ (E)
Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, ...

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UNE JOURNEE PARTICULIERE, Ettore Scola 1977, Sophia Loren, Marcello Mastropani (sentimental)@@@


À Rome, le 8 mai 1938, Hitler rencontre Mussolini. Tous les Romains ont déserté leurs habitations pour aller assister à la cérémonie. Dans un grand immeuble, Antonietta, en bonne mère de famille nombreuse, est contrainte de rester à la maison pour s'occuper des tâches ménagères alors qu'elle serait bien allée voir le Duce comme tout le monde. Le hasard va la mettre en contact avec un homme esseulé qu'elle a aperçu dans un appartement de l'autre côté de la cour.

TELERAMA
Mai 1938 : les Romains fêtent la visite de Hitler. Un homosexuel suicidaire et une mère de famille abandonnée à ses casseroles se rapprochent. Un grand Scola.

Le décor de ce film crépusculaire est un immeuble mussolinien. Toute vie a disparu en ce jour de mai 1938 où les Romains fêtent la visite de Hitler. Ne restent que deux exclus de l’héroïsme fasciste : un homosexuel et une mère de famille.

En choisissant une image très pauvre en couleurs, presque sépia ou délavée, et en dissimulant la beauté de Sophia Loren sous des vêtements très ordinaires, Ettore Scola semblait vouloir revenir à la force de vérité des films néoréalistes. On en est loin : tout est ici très réglé, les mouvements de caméra comme les dialogues, et le contre-emploi de Sophia Loren est en fait du sur-mesure. Mais, dans ce registre, Scola fait montre d’un classicisme tout en finesse. On l’apprécie surtout dans la seconde partie du film, quand la peinture des sentiments se fait plus décisive.

Tendre et juste
Commence alors une histoire d’amour qui semble la première pour Antonietta et la dernière pour Gabriele. Toujours parfait, le couple Loren-Mastroianni devient bouleversant, et Scola, sans céder au mélo, donne à son film une superbe ampleur. Cette Journée particulière sera couverte de récompenses, jusqu’à une nomination à l’Oscar pour Mastroianni, qui défend son personnage avec autant de tendresse que de justesse.
UNE JOURNEE PARTICULIERE, Ettore Scola 1977, Sophia Loren, Marcello Mastropani (sentimental)@@@ (E)
À Rome, le 8 mai 1938, Hitler rencontre Mussolini. Tous les Romains ont déserté leurs habitations pour aller assister à la cérémonie. Dans un grand immeuble, Antonietta, en bonne mère de fami ...

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VERTIGO (Sueurs froides), Alfred Hitchcock, 1958, James Stewart, Kim Novak (thriller sentimental)@@@


Scottie, inspecteur de police, a été limogé parce qu'il est sujet au vertige. Un de ses vieux amis le charge de surveiller sa très belle femme, Madeleine, dont le comportement étrange lui fait craindre qu'elle ne se suicide. Scottie la prend en filature, la sauve d'une noyade volontaire puis s'éprend d'elle. Cependant, en raison de sa peur du vide, il ne parvient pas à l'empêcher de se précipiter du haut d'un clocher.

TELERAMA
Acrophobie… un nom scientifique pour le vertige maladif qu’éprouve l’inspecteur Ferguson. Cette terreur du vide l’a poussé à abandonner la police. Un ancien ami l’engage pour surveiller son épouse, Madeleine, au comportement étrange.

Vertige… Déséquilibré, aspiré, le spectateur sombre profondément dans un étouffant mystère. Celui du corps, double, fragile, ambigu. Celui des âmes, ténèbres obstinées de la passion amoureuse, de la trahison. Sur la magnifique musique de Bernard Herrmann, Hitchcock ouvre un gouffre subtil, dans une lente et terrible avalanche de trompe-l’œil. Le doute gangrène tout : le décor, majestueuse promenade dans San Francisco et ses environs ; les personnages, de l’apparente rigidité de James Stewart aux deux visages de Kim Novak. Reste le suspense, épuré, nu comme une charpente. Trouble discours sur la passion, sur l’illusion amoureuse, le film joue avec ironie sa partition de mort et d’angoisse.

Dans cette œuvre « nécrophile », selon le maître lui-même, le cinéma, art trompeur et fascinant, abat ses cartes : la duperie dont le héros est victime ressemble à la nôtre, public crédule. Hitchcock propose un malicieux jeu de miroir mais ne donne aucune clé et pervertit toute interprétation préfabriquée. Sueurs froides se savoure avec amertume, comme un brouet maléfique et génial.
VERTIGO (Sueurs froides), Alfred Hitchcock, 1958, James Stewart, Kim Novak (thriller sentimental)@@@ (E)
Scottie, inspecteur de police, a été limogé parce qu'il est sujet au vertige. Un de ses vieux amis le charge de surveiller sa très belle femme, Madeleine, dont le comportement étrange lui fait craindre qu' ...

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VOL AU DESSUS D UN NID DE COUCOU, Milos Forman 1975, Jack Nicholson, Louise Fletcher (sante societe)@@@


Pour échapper à la prison, le détenu du droit commun Randall P. McMurphy se fait interner en simulant la folie. Dès son arrivée à l'hôpital psychiatrique, il assiste aux traitements thérapeutiques dispensés par miss Ratched, l'autoritaire et tyrannique infirmière en chef dont il cherche à bouleverser les méthodes.

TELERAMA
Pour échapper à la prison, un détenu demande à subir un contrôle médical en psychiatrie. Son internement au milieu de malades mentaux va bousculer les règles de vie rigides de l’hôpital…

On se demandait si ce pamphlet emblématique des années 1970 n’avait pas pris un petit coup de vieux. Verdict : il tient encore remarquablement l’électrochoc, quelques décennies après sa sortie triomphale et ses cinq Oscars.

Dans sa description d’un hôpital psychiatrique, Forman souffle habilement le chaud et le froid : d’irrésistibles moments de comédie (une partie de pêche au grand large, un match de basket sens dessus dessous) font office de récréations autant pour les personnages que pour les spectateurs… Les scènes de violence (tournées dans un authentique hôpital psychiatrique, avec de vrais malades) sont d’autant plus impressionnantes qu’elles sont filmées de manière quasi clinique, sans mouvements de caméra hystériques. Le marginal McMurphy (Jack Nicholson, au-delà du génie) incarne l’idéal contestataire qui tente de résister à la normalité aliénante, symbolisée par la terrifiante infirmière-chef Ratched (Louise Fletcher, dans le rôle de sa vie). Aujourd’hui comme hier, son appel à la déraison fait un bien fou.
VOL AU DESSUS D UN NID DE COUCOU, Milos Forman 1975, Jack Nicholson, Louise Fletcher (sante societe)@@@ (E)
Pour échapper à la prison, le détenu du droit commun Randall P. McMurphy se fait interner en simulant la folie. Dès son arrivée à l'hôpital psychiatrique, il assiste aux traitements thé ...

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VOLVER, Pedro Almodovar 2006, Penelope Cruz (societe)@@@


Raimunda travaille et vit à Madrid avec son mari Paco et sa fille Paula. Sa soeur Sole habite à proximité et leur mère Irene, décédée il y a plusieurs années dans l'incendie d'une maison avec leur père, leur manque. Une ancienne voisine de leur ville natale rapporte qu'elle a vu le fantôme d'Irène.

TELERAMA
Volver, “revenir” en espagnol, retrace l’histoire de Raimunda et de sa famille dans la Mancha, terre natale de Pedro Almodóvar. Le cinéaste signe un magnifique film, où brille Penélope Cruz, reine coriace de ce récit d’amour et de pardon.

En espagnol, volver signifie « revenir ». Un verbe dont les multiples sens hantent le film : revenir, pour le cinéaste Pedro Almodóvar, c'est filmer à nouveau la Mancha, sa terre natale. Revenir, pour Carmen Maura, c'est renouer avec un cinéaste dont elle a accompagné les débuts. Enfin, revenir, pour Irene, son héroïne, c'est resurgir d'entre les morts, dans le quotidien troublé de ses deux grandes filles, Sole et Raimunda.

Dès la première scène, superbe, au cimetière, le deuil est à l'honneur. Celui des veuves et des orphelines, dans un mélange de ferveur et d'ardeur prosaïque. Tel est le fantastique selon Almodóvar : sentimental et terrien. Peu importe la vraie nature du fantôme d'Irene. Ce qui compte, ici, c'est la manière dont il s'incarne. Une magie immanente, présence de chair, tendre et triviale. Volver est, à ce titre, le rêve d'un fils qui a perdu sa mère et qui s'offre ce miracle : l'étreindre à nouveau. Etreindre pour apprivoiser la mort, apaiser la douleur et la colère, réparer ce qui peut l'être. Volver regorge ainsi de drames enfouis mais brûle d'optimisme. Un concentré de l'univers d'Almodóvar, pour l'humour, noir et décalé, pour la science du récit et pour l'amour des femmes. Parmi elles, Penélope Cruz empoigne le rôle de Raimunda avec une énergie farouche, une maturité qu'on ne lui connaissait pas. Elle apparaît transformée, Ciociara coriace, reine de ce récit d'amour et de mort. Une révélation.
VOLVER, Pedro Almodovar 2006, Penelope Cruz (societe)@@@ (E)
Raimunda travaille et vit à Madrid avec son mari Paco et sa fille Paula. Sa soeur Sole habite à proximité et leur mère Irene, décédée il y a plusieurs années dans l'incendie d'une mais ...

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WEST SIDE STORY, Robert Wise 1961, Rita Moreno, Natalie Wood, Richard Beymer, George Chakiris (musical)@@@


Dans le West Side à New York, deux bandes s'affrontent : les Jets, Américains blancs dirigés par Riff, et les Sharks, immigrés portoricains dont le chef est Bernardo. Au cours d'un bal, Maria, la soeur de Bernardo, rencontre Tony, l'ancien chef des Jets. Alors qu'ils tombent amoureux, la rivalité entre les deux clans s'envenime. Bernardo tue Riff au cours d'une bagarre et meurt à son tour, poignardé par Tony.

TELERAMA
“ La rue est une scène où se noue l’intrigue éternelle d’une guerre de territoires. Tragédie passionnelle et désillusions du rêve américain. ”
WEST SIDE STORY, Robert Wise 1961, Rita Moreno, Natalie Wood, Richard Beymer, George Chakiris (musical)@@@ (E)
Dans le West Side à New York, deux bandes s'affrontent : les Jets, Américains blancs dirigés par Riff, et les Sharks, immigrés portoricains dont le chef est Bernardo. Au cours d'un bal, Mari ...