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8 FEMMES, François Ozon 2002, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart


Années 1950, une grande demeure bourgeoise, on se prépare à fêter Noël. Cependant, une découverte macabre bouleverse ce jour de fête... Le maître de maison est retrouvé mort, assassiné dans son lit, un poignard planté dans le dos. Autour de lui, huit femmes avec, chacune, un secret jalousement gardé, qu'il faut mettre au jour, car l'une d'entre elles est coupable.

TELERAMA
Avant tout, le plaisir. La jubilation de voir, par exemple, Isabelle Huppert composer, avec outrance et humour, une vieille fille à lunettes, gourmande et frustrée (gourmande parce que frustrée). Ou Fanny Ardant, toute de rouge et noir vêtue, ôter ses longs gants, reprenant le strip-tease érotique immortalisé par Rita Hayworth dans Gilda.

Et on imagine bien – puisqu’on la partage – la joie de François Ozon d’avoir réuni ses huit comédiennes. Un second rôle (Firmine Richard). Une jeune actrice, Ludivine Sagnier, qu’il avait déjà dirigée dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes. Une légende du cinéma français, Danielle Darrieux, à qui il rend hommage en la plaçant en tête de son générique. Et, en rafale, cinq stars : Deneuve, Ardant, Huppert, Béart, Ledoyen.

Visiblement, ce ne sont pas les personnages de l’histoire qui ont intéressé François Ozon. Mais ces femmes, ces actrices. La fausse réserve de l’une, la fausse insolence de l’autre. Leur démarche. Leurs voix, musicales, s’opposant ou s’épousant. Le plus souvent, on demande aux comédiens de se glisser dans un rôle. Le réalisateur a exigé le contraire de ses actrices. À elles d’emplir ces silhouettes de leur présence. Ne pas hésiter à s’amuser. À exagérer. À faire en sorte que le spectateur n’oublie pas un instant où il est : dans une salle de cinéma, en train de les contempler, elles, ces actrices qui l’ont fait rêver depuis peu, depuis longtemps, depuis toujours. On est à cent lieues du réalisme, de la vraisemblance, du naturel. Ozon joue sur la volupté de l’artifice, quand il lui échappe, précisément, quand l’artifice devient une sorte d’art. Entre kitsch et nostalgie. De la rigueur rigolote (mais il en faut, de la rigueur, pour être rigolo). C’est dire que l’intrigue (inspirée d’un gros succès boulevardier de Robert Thomas) n’a qu’une importance relative. C’est le fameux « MacGuffin » de Hitchcock : un prétexte. Ici, il s’agit d’un meurtre.

Une enquête à la Agatha Christie
Dans les années 1950, la veille de Noël, dans une propriété cernée par la neige, survient la jeune fille de la maison. Tout habillée de rose Vichy, elle débarque de Londres, où elle fait ses études. Elle retrouve sa sœur cadette (fan de polars), sa mère (l’élégance même), sa grand-mère (avaricieuse), sa tante (acariâtre), la servante noire qui l’a élevée et une nouvelle femme de chambre, dont les yeux baissés cachent mal l’insolence. Passé les effusions, on s’étonne que le maître de maison ne se soit pas manifesté. Il en est bien incapable, puisqu’il gît dans son lit, un poignard dans le dos. Horreur ! Terreur ! Les fils du téléphone sont coupés : impossible de prévenir la police. Comment, d’ailleurs, pourrait-elle agir, puisque la neige isole la demeure, chaque minute davantage. Pourtant, dans le parc solitaire et glacé, quelqu’un s’avance vers les femmes terrorisées, serrées l’une contre l’autre : serait-ce l’assassin qui revient sur le lieu du crime ? Ouf, il s’agit de la sœur du défunt, alertée, comme c’est étrange, par un coup de fil anonyme. Elle prétend ne pas connaître la maison, mais, comme c’est bizarre, elle se dirige droit vers la chambre de son frère... L’assassin ne peut qu’être l’une des huit femmes, c’est sûr. Elles vont se livrer, contraintes et forcées, à une enquête à la Agatha Christie, chacune révélant un mobile pour avoir tué...

Comme il s’agit d’abord d’un jeu, François Ozon accentue – à mort, si l’on ose écrire – la sophistication. Ainsi, chacune des actrices est-elle, dès le départ, définie par une fleur. Puis par une couleur (rouge pour Ardant, vert pour Huppert, mauve pour Darrieux). Pour accentuer l’irréalisme, il a l’idée d’interrompre l’action par de petits intermèdes chantés et dansés. C’est Ludivine Sagnier qui ouvre le feu en interprétant un succès yéyé, Papa, t’es plus dans l’coup, avec Catherine Deneuve et Virginie Ledoyen en chorus girls : ça vaut le coup d’œil ! Puis c’est au tour d’Isabelle Huppert, tragique soudain, entre deux répliques vipérines, d’entonner le Message personnel, composé par Michel Berger pour Françoise Hardy.

Un humour plaisant, inhabituel en France, un humour noir, très british, imprègne le film. D’où ce dialogue incongru entre Deneuve et Ludivine Sagnier, sa fille : « Va chercher ta grand-mère dans le placard de la cuisine. – Mamie ? Dans le placard ? – Oui, elle y finit sa sieste ! » Dans ces moments, on retrouve – après le lyrisme apaisé de Sous le sable – Ozon, l’affreux jojo, le pourfendeur de la morale réac qu’avaient révélé son moyen métrage, Regarde la mer, et son premier long, Sitcom. Mais Sitcom cédait à une provoc potache assez niaise, et l’hommage au surréalisme y était appuyé et maladroit. La réussite de 8 Femmes tient à ce que les secrets monstrueux de cette famille sont révélés en une série de coups de théâtre si désarmants qu’ils en deviennent presque naturels. Ozon n’y va pourtant pas de main morte : crapuleries, extorsions, homosexualité, meurtre, inceste, sadomasochisme (avec le personnage d’Emmanuelle Béart, étonnante en femme de chambre soumise à l’autorité d’une maîtresse dont elle voudrait être l’amante).

Une méchanceté suave
Ces fantasmes deviennent burlesques par leur outrance même. Aussi savoureux que les références cinématographiques dont le metteur en scène parsème son film. Ce salon aux tapisseries insensées évoque, de toute évidence, les intérieurs cossus du Hollywood de jadis. Le grand escalier, ne serait-ce pas, cadré autrement, celui de Soupçons, de Hitchcock ? La coiffure de Catherine Deneuve évoque Lana Turner dans Le Mirage de la vie, de Douglas Sirk. Son portrait sur le mur, c’est presque Laura, de Preminger. Et les bottines d’Emmanuelle Béart rappellent Le Journal d’une femme de chambre, de Buñuel. Mais, loin de plomber le spectateur, toutes ces allusions ajoutent au spectacle. Elles le vivifient, le magnifient. Ozon s’est rabattu sur la pièce de Robert Thomas – qu’il a vigoureusement remaniée – parce qu’il n’avait pas réussi à racheter les droits de Femmes, de George Cukor. Film brillantissime qui reposait sur une méchanceté suave et une misogynie assumée. Ozon a gardé la méchanceté suave, mais remplacé la misogynie par une tendresse discrète.

Ces femmes sont seules. Parce que les mecs, ils sont morts ou partis. Mais vivants et présents, on devine qu’ils ne valaient pas bien cher. Lâches, vils, voleurs, trompeurs. Comment s’étonner, alors, que certaines essaient de trouver, auprès d’autres femmes, des sentiments que les hommes ne peuvent leur donner. Ce qui nous vaut une des plus belles séquences du film : des jambes qui s’emmêlent, une bagarre finissant par un baiser. Une étreinte ébauchée, sur un tapis sang et noir, entre une femme vêtue de « rouge optimiste » (teinte signée Christian Dior) et une autre, dans une robe magnifique, d’une couleur au nom curieux : « bleu canard »... Que nous disent-elles, ces femmes, lorsqu’elles se révèlent par les chansons qu’elles entonnent ? « À quoi ça sert de vivre libre, si on vit sans amour ? » : ça, c’est Fanny Ardant. « Je suis seule à crever, préparez votre temps. Pour vous, j’ai tout le mien » : c’est Isabelle Huppert. « Pour ne pas vivre seule, je t’aime et je t’attends pour avoir l’illusion de ne pas vivre seule » : Firmine Richard. « Je te pardonne et toi, jamais » : Deneuve.

« Il n’y a pas d’amour heureux... »
La morale de cette histoire immorale, c’est Danielle Darrieux qui la donne. Elle qui a toujours su, en une fraction de seconde, passer de la gaieté fragile à la gravité légère glisse à l’oreille de Ludivine Sagnier, sa petite-fille de cinéma : « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard. Que pleurent, dans la nuit, nos cœurs à l’unisson. » Des vers d’Aragon, mis en musique par Brassens. Et résonne, alors, cette chanson superbe : Il n’y a pas d’amour heureux... Et puis Darrieux, la plus âgée de la troupe, conduit la plus jeune vers ses partenaires. Elles nous font face, ces huit femmes, elles nous regardent longuement. Enfermées dans cette demeure asphyxiante. Entre elles. En elles-mêmes. Sans issue de secours. Sans espoir. Huit femmes seules, à jamais.
8 FEMMES, François Ozon 2002, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart (E)
Années 1950, une grande demeure bourgeoise, on se prépare à fêter Noël. Cependant, une découverte macabre bouleverse ce jour de fête... Le maître de maison est retrouvé mort, assassi ...

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BODYBUILDER, Roschdy Zem 2013, Vincent Rottiers, Yolin François Gauvin (societe)@@


Un matin, à Lyon, Antoine Morel, 20 ans, se fait réveiller par Luigi et sa bande, à qui il doit pas mal d'argent. En sursis pour neuf fois, il ne peut contacter la police. Sa mère et son frère aîné, Fred, lassés de ses petits trafics, lui conseillent d'aller se mettre au vert chez son père, Vincent, à Saint-Étienne.

TELERAMA
Du Loach à la française, avec la révélation de ce corps étranger qu’est Yolin François Gauvin.
Après Mauvaise Foi et Omar m’a tuer, Roschdy Zem cinéaste propose à nouveau un sujet fort, marqué du sceau de la différence. Bodybuilder débute pourtant en terrain archi balisé. Antoine, 20 ans, traficote ici et là et s’attire des ennuis. Sa mère et son grand frère, qui en ont marre, décident de l’expédier chez son père, qu’il connaît à peine. Celui-ci, biceps et pectoraux surdimensionnés, gère une salle de musculation et s’entraîne dur en vue d’un concours de bodybuilding, dans la catégorie vétéran…

Antoine (et nous avec) voit d’abord son père comme un superman de supérette. L’habileté du cinéaste est de déjouer vite tout sarcasme en créant de la fascination et de l’empathie pour le personnage. Soulèvement de fonte, engagement physique constant, régime drastique, absorption de médocs en tout genre : Roschdy Zem décrit les techniques, les recettes plus ou moins tolérées, les rites d’une communauté, tout un pan méconnu du culturisme. L’effort, le travail, l’endurance, voilà ce que le fiston récalcitrant, au fil de la cohabitation forcée, assimile peu à peu. En clair, il trouve chez papa un cadre, un modèle, mais en creux, de manière indirecte. L’originalité du film tient à la distance, à la pudeur, toujours maintenue entre eux : une relation à la fois touchante et rocambolesque, pimentée d’épisodes cocasses. Comme cette expédition punitive menée vers la fin, qui n’est pas sans rappeler un épisode de Looking for Eric, de Ken Loach. Du Loach à la française. Voilà comment pourrait se résumer ce film qui suscite un attachement immédiat.
BODYBUILDER, Roschdy Zem 2013, Vincent Rottiers, Yolin François Gauvin (societe)@@ (E)
Un matin, à Lyon, Antoine Morel, 20 ans, se fait réveiller par Luigi et sa bande, à qui il doit pas mal d'argent. En sursis pour neuf fois, il ne peut contacter la police. Sa mère et son frère aîn&ea ...

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CARMEN, Benjamin Millepied 2023, Melissa Barrera, Paul Mescal (musical danse)@@


Après la mort de sa mère, tuée par un cartel mexicain, Carmen n'a d'autre choix que de fuir vers les Etats-Unis. Au moment où elle traverse la frontière au sein d'un groupe, un des gardes tue plusieurs migrants mais est ensuite abattu par un collègue, Aidan, qui sauve ainsi la vie de Carmen. Tous deux deviennent des fugitifs et doivent dorénavant fuir la police. Ils prennent la direction de Los Angeles où la jeune femme souhaite retrouver sa marraine, Masilda, gérante d'une boîte de nuit. Désormais liés par cette nuit dramatique, Carmen et Aidan vont lutter pour tenter de tourner cette sombre page et écrire une nouvelle histoire...

TELERAMA
Pour sa première réalisation, le chorégraphe et danseur Benjamin Millepied imagine un destin contemporain à Carmen, dans un film au rythme dissonant, où les scènes de danse sont intégrées de façon maladroite à un scénario trop fragile.

Pour sa première réalisation, le chorégraphe Benjamin Millepied imagine un destin contemporain à Carmen, la célèbre héroïne de Prosper Mérimée, qui inspira l’opéra à succès de Georges Bizet (en 1875). L’œuvre a profondément marqué l’enfance du réalisateur, qui la transfère de Séville à la frontière mexicaine, franchie clandestinement par Carmen (Melissa Barrera) pour rejoindre les États-Unis, après l’assassinat de sa mère. Sa fuite la met sur le chemin d’un soldat américain (Paul Mescal), victime de stress post-traumatique.

Hélas, ce récit de poussière et de sang ne s’embrase pas comme la mise en scène, grandiloquente, le voudrait. Ni les scènes de danse, maladroitement intégrées au scénario, ni la présence de la grande Rossy de Palma, en tenancière d’un cabaret, ne sauvent le film d’un scénario trop fragile, au rythme dissonant.
CARMEN, Benjamin Millepied 2023, Melissa Barrera, Paul Mescal (musical danse)@@ (E)
Après la mort de sa mère, tuée par un cartel mexicain, Carmen n'a d'autre choix que de fuir vers les Etats-Unis. Au moment où elle traverse la frontière au sein d'un groupe, un des gardes tue plusieurs mig ...

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CINQ FOIS DEUX, Francois Ozon 2004, Valerie Bruni-Tedeschi, Stephane Freiss (societe)@@


Un couple divorce. Chacun expose au juge sa version des faits. Après l'entretien, Gilles et Marion se retrouvent dans une chambre. Gilles a envie de faire l'amour une dernière fois, mais Marion se refuse à lui. Gilles la force.

TELERAMA
Cinq instants de la vie d'un couple déroulée à l'envers. Cinq morceaux de puzzle amoureux, dans l'ordre inverse des élans du cœur, du divorce à la première rencontre, via trois « stations » : un dîner orageux, un accouchement difficile, un mariage apparemment joyeux. François Ozon est parti d'un concept limite toc et l'a transformé en un film qui prend à rebrousse-poil la love story traditionnelle. Les voici donc : lui, c'est Gilles, elle, Marion – écoutant le juge prononcer leur divorce. Première scène intense, glaçante, qui réduit deux existences, un temps unies, à un arsenal procédurier. Et puisque dans ce film tout marche à l'envers, les divorcés tentent illico une dernière étreinte, dans une chambre d'hôtel. L'amour physique aurait-il si peu à voir avec la vie à deux ? Ozon chorégraphie un duo de visages, puis de corps, qui devient une lutte : d'emblée, les deux comédiens – Stéphane Freiss, buté et misérable, Valeria Bruni Tedeschi, cassée mais déjà ailleurs – vont porter le film.
CINQ FOIS DEUX, Francois Ozon 2004, Valerie Bruni-Tedeschi, Stephane Freiss (societe)@@ (E)
Un couple divorce. Chacun expose au juge sa version des faits. Après l'entretien, Gilles et Marion se retrouvent dans une chambre. Gilles a envie de faire l'amour une dernière fois, mais Marion se refuse à lui. Gilles l ...

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CLUB ZERO, Jessica Hausner 2023, Mia Wasikovska, Elsa Zilberstein, Sidse Babett Knudsen, Mathieu Demy (societe)@@


Nouvellement arrivée dans une école secondaire réservée à l'élite, mademoiselle Novak présente à son petit groupe d'élèves le programme de son cours, sur le thème de l'alimentation consciente. À terme, mademoiselle Novak prône une absence totale de nourriture par une reprogrammation du cerveau.

TELERAMA
Derrière la mise en scène arrogante et précieuse de la réalisatrice ne reste que son mépris pour les troubles alimentaires des héros adolescents d’un film vainement provocant.

On a pris un cours d’« alimentation consciente », lundi soir, en compétition officielle, avec l’Autrichienne Jessica Hausner et son Club Zero. Soit un groupuscule de lycéens, rassemblés dans une caricature d’école privée progressiste (intérieur luxe, lambris et design, uniformes de pseudo-scouts écolos), pour suivre une nouvelle option, sous la houlette de l’énigmatique mademoiselle Novak (Mia Wasikowska, tout en opacité mielleuse). Apprendre à mieux se nourrir, pour respecter l’environnement. Apprendre à moins se nourrir, et de moins en moins, pour purifier son corps, purifier et purifier encore, pour tendre vers l’extase… du rien.

Fable très formaliste sur les fantasmes hygiénistes de notre époque, ses mille et un régimes « détox-méditation-bien-être » et autres recettes de développement personnel à usages multiples, le film pousse férocement la satire jusqu’à une dérive sectaire. À mesure que grandit l’emprise de la prof-gourou sur ses ouailles, plus personne ne mange. À la rigueur, de temps en temps, on a le droit d’ingérer un peu son vomi, comme l’une des gosses de riches le démontre à ses parents dans une séquence où le plus écœurant n’est pas son immonde « repas », mais la provocation facile qu’il nous envoie au visage.

Ici, tout n’est que mépris et vanité, à l’image de ces jeunes héros aux regards de somnambules, dont le corps et le spleen sont traités avec la même distance glacée, la même obsession du cadre parfait que l’élégant environnement aux couleurs faussement solaires et boisées dans lequel ils évoluent. À force de soustraire, de dépouiller et de « purifier » ses images, Jessica Hausner fait subir à son film le même sort qu’à ses personnages : elle le laisse crever de faim.

Pour sa deuxième participation à la compétition (après Little Joe, en 2019), elle ne se contente pas d’emballer son dégoût généralisé – et cependant assez banal – de l’humanité (enfants, parents, riches, pauvres… autant de pantins ridicules et dérisoires) dans l’arrogante préciosité d’une mise en scène chic et mortifère. Elle use de son sujet somme toute tragique, les troubles alimentaires des adolescents, leur vulnérabilité, leur tentation de la radicalité, comme d’un objet décoratif de plus, à offrir aux ricanements des festivaliers. Jusqu’à la nausée.
CLUB ZERO, Jessica Hausner 2023, Mia Wasikovska, Elsa Zilberstein, Sidse Babett Knudsen, Mathieu Demy (societe)@@ (E)
Nouvellement arrivée dans une école secondaire réservée à l'élite, mademoiselle Novak présente à son petit groupe d'élèves le programme de son cours, sur le thème ...

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IL NE FAUT JURER DE RIEN, Eric Civanyan 2004, Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Melanie Doutey (comique)@


Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son neveu, Van Buck veut lui faire épouser Cécile, la jeune fille de la baronne de Mantes...

TELERAMA
Un débauché romantique fait le pari de séduire une demoiselle noble en moins de deux jours. Adaptation académique de Musset. Jean Dujardin fait des cabrioles mais peine à donner du charme à son personnage.

1830. Pour parfaire son image de marque, le riche drapier Van Buck marie son neveu Valentin à une jeune fille noble. Mais ledit neveu regimbe : noceur éperdu, désabusé, il fait de son consentement l’enjeu d’un pari. Cette luxueuse (et libre) adaptation de l’œuvre d’Alfred de Musset peine, de rodomontades en cavalcades académiques, de gags approximatifs en envolées maladroites, à trouver son rythme. Plus boute-en-train qu’oiseau de nuit, Jean Dujardin, semble déplacé dans son rôle de débauché romantique, aux côtés d’un Gérard Jugnot plus à l’aise, lui, en grippe-sou « de Funesque ».
IL NE FAUT JURER DE RIEN, Eric Civanyan 2004, Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Melanie Doutey (comique)@ (E)
Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son n ...

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ILLUSIONS PERDUES, avier Giannoli 2021, Cecile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Gerard Depardieu (thriller histoire)@@


Lucien est un jeune poète inconnu dans la France du XIXe siècle. Il nourrit de grands espoirs et veut forger son destin. Il quitte l'imprimerie familiale de sa province natale pour tenter sa chance à Paris au bras de sa protectrice des arts. Rapidement livré à lui-même dans cette ville fabuleuse, le jeune homme va découvrir les coulisses de ce monde voué à la loi du profit et du faux-semblant.

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L’ascension et la chute de Lucien de Rubempré, petit poète venu tenter sa chance à Paris. Avec cette adaptation de l’œuvre phare de Balzac la comedie humaine, Xavier Giannoli tend un miroir grimaçant à notre époque.

Dépoussiérer l’une des œuvres phares de Balzac, récit de l’ascension et de la chute du célèbre Lucien de Rubempré, petit poète d’Angoulême venu chercher la gloire à Paris, a-t-il un sens aujourd’hui ? Trois fois oui. Car ces Illusions perdues évitent la rigidité du « film en costumes », à coups de choix radicaux. Le réalisateur supprime des pans entiers de l’histoire, et opte pour le côté sombre de l’œuvre.

Xavier Giannoli met en scène, avec une évidente jubilation, la corruption exercée par la capitale sur l’idéalisme naïf de Lucien. Propulsé dans le quartier des « grisettes », ces femmes qui vendent leur corps, le jeune homme découvre le monde crapoteux d’une presse prompte, elle, à vendre son âme.

Comme un miroir tendu
D’un classicisme élégant, la réalisation tranche avec l’outrance délibérée du propos. La saga ne manque ni de souffle romanesque ni d’ambition historique pour évoquer les fondements du capitalisme moderne sous la Restauration, époque où la culture devient un bien marchand, où la politique s’allie au monde des affaires, où la presse, désormais guidée par le profit, commence à fabriquer l’opinion. Le cinéaste tend ainsi — de manière un peu didactique mais passionnante — un miroir à notre époque, en remontant aux origines des fake news, de la société de la communication, du buzz et de la polémique.

Ce roman d’initiation acerbe, aux multiples niveaux de lecture, pourrait transpirer l’aigreur. Au contraire, Giannoli, à la façon d’un caricaturiste inspiré, lui insuffle une vitalité réjouissante, à travers des tableaux vifs et entraînants, et grâce à une impressionnante troupe d’acteurs.
ILLUSIONS PERDUES, avier Giannoli 2021, Cecile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Gerard Depardieu (thriller histoire)@@ (E)
Lucien est un jeune poète inconnu dans la France du XIXe siècle. Il nourrit de grands espoirs et veut forger son destin. Il quitte l'imprimerie familiale de sa province natale pour tenter sa chance à Paris au bras de sa ...

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JEUNESSE le printemps, Wang Bing 2024 (societe documentaire)@@


Zhiliest un quartier ouvrier proche de Shanghai, la ville la plus riche de Chine. Chaque année, de nombreux jeunes quittent leur village pour s'y installer. Ils ont entre 17 et 20 ans et viennent tous de la province rurale du Yunnan, à 2 500 km à l'ouest, où le fleuve Yangtsé prend sa source. Ces jeunes Yunnanais vivent souvent sur leur lieu de travail, dans des dortoirs, des chambres insalubres, ou parfois dans de petits studios. Le temps et l'espace pour se rencontrer leur manquent. Alors, ils communiquent par les réseaux sociaux populaires en Chine. Ils vivent comme des adultes mais demeurent, au fond, des adolescents...

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Fidèle à ses idées, le cinéaste Wang Bing peint la fresque au long cours des “petites mains” des ateliers de confection chinois. Malgré l’aliénation, la jeunesse rayonne.

La trilogie documentaire qui débute avec « Jeunesse (Le printemps ) » promet de suivre ses personnages au fil du temps.

Dans Argent amer (2016), Wang Bing s’intéressait aux jeunes Chinois qui quittent leurs terres campagnardes du Yunnan pour aller travailler, à des milliers de kilomètres de chez eux, dans l’industrie textile de la ville de Huzhou, près de Shanghai. Les deux heures et trente-six minutes de ce film passé relativement inaperçu n’étaient qu’un prologue à un projet cinématographique plus ambitieux, digne d’À l’ouest des rails, la saga documentaire qui avait révélé le talent du cinéaste il y a vingt ans.

Fidèle à sa méthode d’immersion au long cours, Wang Bing a filmé entre 2014 et 2019 les « petites mains » qui travaillent dans les dix-huit mille ateliers de confection de Zhili, un bourg de Huzhou, accumulant deux mille six cents heures (!) de rushes. Il en tire aujourd’hui un premier film — deux autres doivent suivre —, déjà très copieux mais jamais ennuyeux, au beau titre de Jeunesse (Le printemps).

Les forçats de l’aiguille suivis par Wang Bing ont parfois moins de 20 ans, ils sont rivés à leur poste treize heures par jour, six jours sur sept, et se résignent à des cadences d’autant plus infernales qu’ils sont payés à la tâche. Abrutis de fatigue et de bruit (la musique pop ou techno passée non-stop à fond dans les ateliers couvrant à peine le fracas des machines à coudre), ils s’entassent le soir dans des dortoirs à la limite de l’insalubrité situés deux étages au-dessus.

Le film chronique un système économique et social qui se régénère sans cesse, car nombre de ces ouvriers rêvent de fonder leur propre atelier où ils exploiteront, à leur tour, de nouveaux migrants ruraux. De ce témoignage terrifiant émerge pourtant une énergie communicative. Et un film plus enjoué, sinon solaire, que les précédentes œuvres de Wang Bing consacrées aux oubliés de l’histoire chinoise — les victimes des « camps de rééducation » maoïstes dans Fengming ou les malades mentaux dans À la folie.

Deux amoureux sous un drap qui sèche au soleil
La jeunesse des personnages y est évidemment pour beaucoup. Toujours à la bonne distance, aussi proche soit-elle, le réalisateur les observe longuement, pendant leurs jeux, leurs blagues, leurs flirts plus ou moins maladroits, et son empathie est peut-être plus forte encore. Comme dans cette scène, superbe, où deux amoureux s’évadent un bref moment de leur atelier pour discuter sur le toit, dissimulés par un drap qui sèche au soleil.

Le dernier mouvement du film, qui accompagne l’attachant Xiao Wei dans son retour au pays natal, donne un aperçu des prochains volets de Jeunesse, qui devraient élargir l’horizon géographique de la trilogie à l’ensemble du fleuve Yangtzi Jiang. Vivement la suite !
JEUNESSE le printemps, Wang Bing 2024 (societe documentaire)@@ (E)
Zhiliest un quartier ouvrier proche de Shanghai, la ville la plus riche de Chine. Chaque année, de nombreux jeunes quittent leur village pour s'y installer. Ils ont entre 17 et 20 ans et viennent tous de la province rurale du Yunnan, ...

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JULIE EN 12 chapitres, Joachim Trier 2021, Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie (comique sentimental)@@@


Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s'essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais très compréhensive, pour finalement travailler dans une librairie. C'est une jeune femme sympathique, alerte, qui refuse d'avoir des enfants et la routine. Elle fréquente Aksel, un dessinateur à succès de 45 ans qui aimerait devenir parent avec elle. Julie rencontre Eivind, son futur amant lors d'une soirée de mariage alcoolisé où elle s'est incrustée sans connaître personne. Elle quitte Aksel pour Eivind, en espérant une fois de plus de donner un nouveau sens à sa vie...

TELERAMA
Les joies, les lubies et les amours d’une trentenaire aussi solaire que mélancolique. Une comédie romantique et poétique, qui ne manque pas de mordant. Avec la révélation Renate Reinsve, lauréate du prix d’interprétation féminine en 2021 à Cannes.

Allant et grâce poétique. Ce sont les qualités premières de cette comédie romantique et littéraire. La Julie du titre est dépeinte à travers douze chapitres, comme dans un roman. Douze moments qui englobent plusieurs années de son existence, autour de la trentaine. Dans le prologue, on apprend que la demoiselle était dans sa jeunesse une étudiante brillante, qui a suivi des études de médecine puis, insatisfaite, a changé de branche, en voulant devenir psychologue. Avant de changer à nouveau pour se lancer dans la photographie. Une pointe d’ironie filtre, laissant deviner une touche-à-tout qui papillonne, ne sachant pas exactement ce qu’elle veut.

C’est à la fois vrai et faux. Les facettes de Julie sont multiples. Joachim Trier fait d’elle un portrait psychologique et sentimental subtil, à travers son travail, ses liens de famille et surtout deux histoires d’amour successives. Le film est parfois mordant, proche de la satire sociologique. Mais il s’attache surtout à explorer la vie intérieure de Julie. Un être de contradictions. Qui brave la pression sociale l’astreignant à être mère mais peine à s’accomplir. Qui a du talent dans l’écriture mais renonce à le capitaliser. Un personnage solaire et mélancolique, indissociable de Renate Reinsve, révélation pleine de sensualité, Prix d’interprétation à Cannes, qu’on ne se lasse pas de suivre dans ses déambulations, à travers le temps et la ville aérée d’Oslo.

Captivant et fluide, Julie (en 12 chapitres) bascule dans son dernier tiers, offrant soudain une partition plus grave. Joachim Trier se refuse pourtant à toute noirceur, préférant se tourner du côté d’une sagesse qui n’a rien de mièvre. Bien malin qui peut dire à la fin si le trajet de Julie aboutit à une forme de gâchis. Ou à l’épanouissement discret et neuf d’un dandysme au féminin.
JULIE EN 12 chapitres, Joachim Trier 2021, Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie (comique sentimental)@@@ (E)
Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s'essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais ...

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L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@


Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il raconte son arrivée dans l'ouest. Sauvagement battu par le bandit Liberty Valance, le jeune juriste Stoddard fut alors pris en amitié par Tom Doniphon. Ce dernier lui enseigna la seule loi qui prévaut dans la région : celle des colts.

TELERAMA
La photo est un écrin noir et blanc pour une distribution éblouissante. L’un des meilleurs westerns de John Ford.

Ce John Ford est accessoirement connu pour la fameuse sentence : « Quand la légende prime les faits, on imprime la légende. » C’est par le vieux sénateur que la légende a glorifié que nous apprendrons les faits. Mais ce faux suspense vient seulement enfoncer le clou. L’essentiel tient dans la confrontation de deux types d’hommes de l’Ouest. Ransom Stoddard (James Stewart) est un jeune juriste fébrile qui ne cesse d’agiter, tel un chiffon blanc, la vertu des lois. Tom Doniphon (John Wayne) incarne, lui, la force tranquille, taciturne, efficace. Ford prend un malin plaisir à féminiser le premier, réduit, en attendant son heure, à faire la plonge en tablier dans le restau du coin. Wayne est, comme d’habitude, blindé de virilité. C’est pourtant lui qui va craquer en voyant la rivalité amoureuse qui se noue autour de la belle Hallie tourner à son désavantage.

Chez Ford, rien n’est jamais aussi simple qu’on pourrait le croire au premier coup d’œil. L’opposition des deux figures, de leur gestuelle, de leur langage, suffirait à faire le film. S’y ajoutent un noir et blanc au piqué superbe et une galerie de seconds rôles gratinée, Lee Marvin en tête, qui joue Liberty Valance avec délectation, aussi brutal et sans merci que son nom est élégant.
L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@ (E)
Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il racont ...

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LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@


Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trouvé sur Internet un travail idéal pour sa fille : un poste de secrétaire chez un avocat renommé, Samuel Bernstein. Jeanne ne montre aucun enthousiasme. Le nom de cet avocat lui donne alors une idée des plus étranges. Dans le RER, la jeune fille invente en effet une singulière histoire d'agression. Bientôt, les médias s'emballent et tout le monde prend fait et cause pour Jeanne. Très vite, Louise redoute que sa fille n'ait un terrible mensonge à se reprocher...

TELERAMA
Que se passe-t-il dans la tête d’une femme qui invente une agression antisémite ? Inspiré par le fait divers de 2004, Téchiné sonde avec style et vivacité une société française à la fois bloquée et disloquée, où le mensonge est la seule issue.

Un fait divers marquant, survenu en 2004, est à l’origine du scénario : une jeune femme avait mystifié la police en prétendant avoir été victime d’une agression antisémite sur la ligne D du RER. À l’écran, la regrettée Émilie Dequenne prête à cette banlieusarde une vivacité et une fêlure étrange dans le regard, comme annonciatrice de l’imposture.

Aux antipodes du film-dossier, André Téchiné ne déroule aucune chaîne causale pour expliquer le mensonge. Le délit est sans mobile ou presque (« J’ai fait ça pour qu’on m’aime », balbutiera l’intéressée), mais pas sans conséquences absurdes — alimenter indirectement l’antisémitisme, entre autres. Des mots et des faits qui ne coïncident pas, une crise du sens et du lien : voilà de quoi le film rend compte, selon une esthétique de la brisure, entre les riches et les autres, entre les jeunes et les vieux, entre les Juifs et les goys.

Cinéaste inquiet mais humaniste Téchiné a souvent acheminé, envers et contre tout, ses personnages vers un monde à habiter ensemble. Dans La Fille du RER, il se résigne, au contraire, à renvoyer chacun à sa solitude. Une scène superbe, inutile pour l’intrigue, montre une Catherine Deneuve (la mère) qui se cache de Michel Blanc (l’avocat), à quelques mètres du lieu fixé pour leurs retrouvailles d’anciens amants, trente ans après. Le rendez-vous n’aura pas lieu, chacun rentrera chez soi.
YNOPSIS
LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@ (E)
Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trou ...

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LITTLE BIRD, Zoe Leigh Hopkins 2024 (serie) (histoire)@@


Au Canada, une jeune femme issue des Premières Nations cherche sa famille d’origine. La série canadienne "Little Bird" raconte sur fond de quête identitaire la “rafle des années 1960” au Canada : plus de vingt mille enfants des communautés autochtones furent arrachés à leur famille pour les assimiler à la culture dominante. Prix du Public à Séries Mania 2023.
LITTLE BIRD, Zoe Leigh Hopkins 2024 (serie) (histoire)@@ (E)
Au Canada, une jeune femme issue des Premières Nations cherche sa famille d’origine. La série canadienne "Little Bird" raconte sur fond de quête identitaire la “rafle des années 1960” a ...

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LITTLE MISS SUNSHINE, Jonathan Dayton et Valerie Faris 2006, Abigail Breslin, Greg Kinnear (road movie)@@


L'histoire des Hoover. La fille de sept ans, Olive, se rêve en reine de beauté. Quand elle décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de `Little Miss Sunshine' en Californie, toute la famille décide de faire corps derrière elle. Les voilà donc entassés dans leur break Volkswagen rouillé, ils mettent le cap vers l'ouest et entament un voyage de trois jours qui les mettra aux prises avec des événements inattendus.

TELERAMA
Avec sa brochette de grands acteurs, cette comédie grinçante sur la famille et le rêve américain a été un succès inattendu et mérité.
Vingt ans après la sortie triomphale de « Little Miss Sunshine », les aventures d’Olive, aspirante mini-miss, et de sa famille foutraque suscitent toujours la même affection.

Sur le papier, c’est la chronique d’une famille de losers caractérisés. On craint une énième critique du rêve américain, typique du cinéma indépendant. Or le film propose autre chose, une thérapie de groupe impromptue, sauvage et ambulante. Ladite famille est en effet forcée de cohabiter dans un van brinquebalant pour traverser l’Amérique et conduire la benjamine sur le lieu d’un concours de mini-Miss — le clou du film.

Les innombrables incidents de parcours ne sont pas qu’une suite de gags efficaces. Ils participent de ce remarquable travail d’affinage des personnages auquel se livrent les acteurs. Greg Kinnear, le père pathétique, Toni Collette, la mère malmenée, Steve Carell, l’oncle suicidaire, acquièrent une humanité inattendue dans semblable satire. Cette fois, les perdants ne se transformeront pas, in extremis, en gagnants paradoxaux. Non, ils découvriront les charmes insoupçonnés du hors-jeu. Comme dans cette séquence récurrente qui montre la smala poussant le van hors d’âge pour le faire redémarrer. D’une contrainte humiliante découle un élan, une joie à être ensemble qu’aucun membre de la famille n’avait vue venir. Ainsi le chaos peut-il tourner à la fête, et la dés­union faire la force. Rien ne va et pourtant, soudain, tout roule.
LITTLE MISS SUNSHINE, Jonathan Dayton et Valerie Faris 2006, Abigail Breslin, Greg Kinnear (road movie)@@ (E)
L'histoire des Hoover. La fille de sept ans, Olive, se rêve en reine de beauté. Quand elle décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de `Little Miss Sunshine' en Californie, tou ...

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LOGAN LUCKY, Steven Soderbergh 2017, Daniel Craig, Channing Tatum, Riley Keough (thriller)@@


Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l'année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Le problème, c'est qu'il est en prison.

TELERAMA
Au fin fond de la Virginie-Occidentale, deux frères déclassés, dont l’un estropié, décident d’organiser un casse. Épaulé par Channing Tatum et Adam Driver, un casting haut de gamme, le réalisateur virtuose et joueur, signe un film élégant.

Il n’y a plus rien de vaniteux chez Steven Soderbergh — qui reste le plus jeune lauréat de la Palme d’or de Cannes. Longtemps il a donné l’impression de dominer son sujet, presque trop. Ses facilités laissaient un glacis de satisfaction cool sur des films enchaînés à toute vitesse. Après d’improbables adieux au cinéma, en 2013, et une reconversion remarquable dans la série (The Knick), il revenait en 2017, changé en mieux : toujours virtuose et délicieusement joueur, mais l’empathie et l’élégance morale en plus.

Un signe évident de changement est la catégorie sociale des héros de ce nouveau film de braquage. Fini les gangsters en costume cintré de Las Vegas, professionnels, comme dans Ocean’s Eleven et ses deux suites. Cette fois, place aux amateurs, aux estropiés, aux mal logés de l’Amérique profonde — la Virginie-Occidentale, du côté des mobile homes. Mais c’est surtout le regard posé sur ce monde prolétaire qui fait la différence. Soderbergh manifeste autant de tendresse que d’amusement pour la sous-culture populaire et son folklore. Ses personnages déclassés, abîmés, il les filme avec une franche fraternité, en sachant les rendre beaux et proches.
LOGAN LUCKY, Steven Soderbergh 2017, Daniel Craig, Channing Tatum, Riley Keough (thriller)@@ (E)
Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l'année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de c ...

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LOIN DE LA TERRE BRULEE, Guillermo Arriaga 2009, Charlize Theron, Kim Basinger, Jennifer Lawrence (drame societe)@@@


Dans le désert du Nouveau-Mexique, une caravane explose mystérieusement. Gina et Nick, son amant secret, meurent. Une quinzaine d'années plus tard, à Portland, Sylvia, jeune femme perdue qui multiplie les conquêtes amoureuses, est poursuivie par un homme étrange.
LOIN DE LA TERRE BRULEE, Guillermo Arriaga 2009, Charlize Theron, Kim Basinger, Jennifer Lawrence (drame societe)@@@ (E)
Dans le désert du Nouveau-Mexique, une caravane explose mystérieusement. Gina et Nick, son amant secret, meurent. Une quinzaine d'années plus tard, à Portland, Sylvia, jeune femme perdue qui multiplie les conqu&e ...

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LOL, Lisa Azuelos 2009, Sophie Marceau, Christa Theret (sentimental)@@


Une lycéenne parisienne en rupture avec son petit ami se fait chanter la pomme par le meilleur ami de celui-ci. Ses rapports tendus avec sa mère, divorcée encore amoureuse de son ex-mari et courtisée par un policier, viennent compliquer les choses.

TELERAMA
Les soubresauts amoureux des ados du 16e(arrondissement parisien) au début du XXIe siècle). Des dialogues aux situations, tout sonne juste, drôle et enlevé.
Après le très réussi Comme t'y es belle, et son vibrionnant trio de mères juives débordées, Lisa Azuelos continue son étude des moeurs bourgeoises et parisiennes avec la même justesse d'observation. Film générationnel, à l'instar de La Boum ou du Péril jeune, LOL pourra être ressorti dans vingt ans pour montrer comment vivaient les adolescents du 16e (arrondissement de Paris) au début du XXIe (siècle). La tribu des « chalalas » : bien nés, fringues griffées, mèche rebelle.
La caméra colle donc aux basques de Lola et sa bande, au lycée, au café, et à Londres, lors d'un hilarant voyage scolaire. Mais aussi dans le duplex de 200 mètres carrés de sa mère - architecte-divorcée-trois-enfants -, interprétée avec un naturel désarmant par Sophie Marceau, la quarantaine resplendissante dans son pull en ­cachemire (sa « matière » préférée). Des dialogues aux situations, tout sonne vrai, drôle et enlevé. Et subtilement superficiel. Car il n'y a rien de plus anodin en apparence et de plus complexe en réalité que l'alchimie d'une comédie romantique, fût-elle d'apprentissage.
LOL, Lisa Azuelos 2009, Sophie Marceau, Christa Theret (sentimental)@@ (E)
Une lycéenne parisienne en rupture avec son petit ami se fait chanter la pomme par le meilleur ami de celui-ci. Ses rapports tendus avec sa mère, divorcée encore amoureuse de son ex-mari et courtisée par un polic ...

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LOLA ET SES FRERES, Jean-Paul Rouve 2017, Ludivine Sagnier, José Garcia (sentimental)@@


Lola a deux frères : Benoît, qui se marie pour la troisième fois, et Pierre, qui arrive en retard au mariage. Excuses, reproches, eugueulades, brouilles, chacun essaye de vivre sa vie de son côté. Benoît va devenir père sans y être prêt. Lola fait la rencontre de Zoher alors qu'elle s'occupe de son divorce. Quant à Pierre, ses problèmes professionnels s'enveniment. Tout dans leur vie devrait les éloigner, mais ces trois-là sont inséparables.
LOLA ET SES FRERES, Jean-Paul Rouve 2017, Ludivine Sagnier, José Garcia (sentimental)@@ (E)
Lola a deux frères : Benoît, qui se marie pour la troisième fois, et Pierre, qui arrive en retard au mariage. Excuses, reproches, eugueulades, brouilles, chacun essaye de vivre sa vie de son côté. Benoî ...

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LOLO, Julie Delpy 2015 Julie Delpy, Dany Boon@@


Pendant qu'elle passait ses vacances entre copines, Violette tombe sur Jean-René. La rencontre aussi charmante qu'improbable se mue en une histoire romantique et passionnelle. De retour en ville, la réalité est tout autre.
LOLO, Julie Delpy 2015 Julie Delpy, Dany Boon@@ (E)
Pendant qu'elle passait ses vacances entre copines, Violette tombe sur Jean-René. La rencontre aussi charmante qu'improbable se mue en une histoire romantique et passionnelle. De retour en ville, la réalité est tout aut ...

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LOOPER, Rian Johnson 2012, Bruce Willis, Emily Blunt (science fiction)@@


En 2044, aux États-Unis, la crise économique a favorisé l'essor du crime organisé pendant que certaines personnes ont développé des pouvoirs surnaturels. C'est dans ce contexte qu'opère Joe, tueur à gages pour le compte de la Mafia. Il est chargé d'éliminer ceux que la technologie de 2074 permet d'envoyer dans le passé, là où plus personne ne retrouvera leur trace. Un jour, alors qu'il se prépare à remplir un nouveau contrat, Joe réalise que l'homme envoyé du futur n'est autre que lui-même.

TELERAMA
Dans l’Amérique de 2044, les voyages temporels confrontent un tueur à gages à l’homme qu’il deviendra. Tout est original dans ce film de science-fiction ambitieux, doublé d’une belle rêverie sur l’enfance.

Bienvenue dans l’Amérique du futur, figurée par… un champ de maïs. Si Rian Johnson s’aventure dans la science-fiction, c’est moins pour filmer quelques motos volantes que pour libérer son séduisant imaginaire de conteur. Au coin du champ de maïs, un tueur attend. C’est Joe (Joseph Gordon-Levitt), un « looper » : il gagne sa vie en flinguant des types que la mafia lui envoie. Ils arrivent d’un futur lointain et il les fait disparaître en 2044, pour ne laisser aucune trace d’eux. La boucle (loop, en anglais) est bouclée. Mais le jour où Joe se retrouve face à lui-même âgé de trente ans de plus, il n’arrive pas à tuer ce Joe vieillissant, incarné par Bruce Willis…

Looper mêle avec esprit deux aspects du cinéma d’anticipation. Il y a du spectacle pétaradant, le futur comme fantaisie : la tendance Bruce Willis en quelque sorte. Il y a aussi du raffinement, un plaisir plus cérébral, le futur comme trip qui a du style : la tendance Joseph Gordon-Levitt. Rian Johnson réunit le tout au fil d’une rêverie sur l’enfance pleine d’étrangeté, sombre et brillante. Entre les deux Joe, un enfant fait le lien. L’un veut le tuer pour changer l’avenir, l’autre reconnaît en lui le gamin abandonné qui hante son passé. Les élucubrations les plus audacieuses débouchent ici sur des émotions vives, directes, mélancoliques parfois.
LOOPER, Rian Johnson 2012, Bruce Willis, Emily Blunt (science fiction)@@ (E)
En 2044, aux États-Unis, la crise économique a favorisé l'essor du crime organisé pendant que certaines personnes ont développé des pouvoirs surnaturels. C'est dans ce contexte qu'opère Joe, ...

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LOST IN TRANSLATION, Sofia Coppola 2003, Bill Murray, Scarlett Johansson (societe)@@@


Bob Harris est un acteur américain dont la carrière semble s'essouffler. Il part à Tokyo tourner un spot publicitaire, non seulement pour gagner de l'argent mais également pour s'éloigner de sa femme. Sur place, il a bien du mal à s'accoutumer à la ville et passe la majorité de son temps dans son hôtel de luxe. Là-bas, il y rencontre Charlotte, une jeune Américaine tout juste diplômée qui est venue accompagner son mari photographe, John.

TELERAMA
Un homme, une femme. Un regard, un hôtel. On croit connaître la chanson. Et voilà que Sofia Coppola nous la chante à sa façon, limpide, unique. La femme, c’est Charlotte (Scarlett Johansson, en pleine éclosion), jeune mariée au visage bouffi de sommeil. Celui qui la regarde, c’est Bob, acteur du double de son âge, les traits figés dans une moue de perplexité caoutchouteuse.

Météorites déboussolées, ivres d’ennui et de solitude, Bob et Charlotte tournoient sur eux-mêmes avant de s’entrechoquer en douceur. Leur attraction est d’abord régie par le décalage horaire. Sofia Coppola donne à palper comme personne cette étrange maladie du voyageur condamné à vivre à contretemps, perdu dans un brouillard énergisant. Elle capte aussi la douleur fugace mais intense de l’étranger privé de ses repères. La plus petite connivence devient rassurante. Un seul regard est source d’apaisement.

Bob et Charlotte se rejoignent par solidarité métaphysique, unis par la beauté de leur silence dans le brouhaha tokyoïte. Interprétés par deux acteurs au jeu translucide et pénétrant, ils semblent éterniser le calme avant la tempête. Bob et Charlotte s’aiment-ils, s’aimantent-ils ou s’épaulent-ils simplement ? Sofia Coppola nous laisse résoudre l’énigme tout seuls, face à nous-mêmes, longtemps après la mystérieuse scène finale.
LOST IN TRANSLATION, Sofia Coppola 2003, Bill Murray, Scarlett Johansson (societe)@@@ (E)
Bob Harris est un acteur américain dont la carrière semble s'essouffler. Il part à Tokyo tourner un spot publicitaire, non seulement pour gagner de l'argent mais également pour s'éloigner de sa femme. Sur ...

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LOVE ACTUALLY, Richard Curtis 2003, Bill Nighy, Hugh Grant (sentimental)@@@


En cette veille de Noël, l'amour est partout, mais souvent imprévisible. Pour le nouveau Premier ministre britannique, il va prendre la forme d'une jeune collaboratrice. Pour l'écrivain au coeur brisé, il surgira d'un lac. Pour le témoin de mariage de son meilleur ami, pour ce veuf et son beau-fils, pour cette jeune femme qui adore son collègue, l'amour est l'enjeu, le but, mais aussi la source d'innombrables complications.

TELERAMA
À Londres, peu avant Noël, quelques personnages, solitaires ou blessés, retrouvent l’espoir… Le premier film du scénariste de “Quatre mariages et un enterrement” avec Hugh Grant dans le rôle de Tony Blair soudain amoureux. Cette comédie de Noël est sucrée comme un pudding et propose ce qui se faisait de mieux au rayon acteurs chez sa Très Gracieuse Majesté.

L’irrésistible Bill Nighy, dans le pantalon moulant d’une star du rock has been, réenregistre un de ses tubes en version de Noël, puis en fait la promo d’une manière peu anglicane. Hugh Grant, Premier ministre à l’humour ultra british, se déhanche sur les Pointer Sisters et vante les valeurs de son pays. Liam Neeson donne des conseils de séduction à son beau-fils, incarné par un rouquin qui depuis a fait du chemin. ­Emma Thompson voit son mari (Alan ­Rickman) lui échapper, mais se retient de pleurer. De rire, aussi, quand sa fille lui annonce fièrement quel personnage elle va jouer dans la crèche : un homard. Colin Firth apprend le portugais par amour. Il y a même une saynète dans laquelle Rowan Atkinson, en vendeur appliqué, rendrait dingue le dalaï-­lama lui-même…
LOVE ACTUALLY, Richard Curtis 2003, Bill Nighy, Hugh Grant (sentimental)@@@ (E)
En cette veille de Noël, l'amour est partout, mais souvent imprévisible. Pour le nouveau Premier ministre britannique, il va prendre la forme d'une jeune collaboratrice. Pour l'écrivain au coeur brisé, il surgira d ...

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LOVE AND MERCY, Bill Pohlad 2014, Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks (musical bio)@@


Les "Beach Boys" n'ont jamais été aussi populaires et leur leader veut révolutionner la musique. Malgré les membres du groupe qui trouvent le projet trop original, Brian Wilson s'entête à fignoler l'album "Pet Sounds," ce qui provoque son lot de conflits pendant les séances d'enregistrement.

TELERAMA
Un film inventif et bouillonnant dans lequel le cinéaste insiste surtout sur le destin de Brian Wilson (John Cusack), qui s’écarte du groupe pour composer des mélodies aux envolées lyriques. Passionnant.

Il y a deux actes dans la vie de Brian Wilson. Dans les années 1960, le succès des Beach Boys, chantres juvéniles d’une Californie idéale, ne suffit pas à son ambition musicale. À 22 ans, il s’écarte du groupe et boude les tournées pour se consacrer au travail de l’ombre, en studio. Les ritournelles pop font place aux envolées lyriques nées d’un caractère introverti. Les drogues le désinhibent. Un nouvel entourage le persuade de son génie.

Ce Brian-là a les traits de Paul Dano. Le voir en gosse immature diriger l’enregistrement du chef-d’œuvre Pet Sounds, entouré de joueurs de basson ou de cor en costume trois-pièces, est en soi un régal. L’autre temps du film est celui d’une douloureuse rédemption. Le musicien y apparaît, au milieu des années 1980, comme un gentil zombie, cornaqué par Eugene Landy, gourou mental qui le coupe du monde en l’assommant de cachets. Face au fumeux « docteur », John Cusack prête une silhouette épaissie et beaucoup de subtilité à cette seconde incarnation, peu flatteuse.

Pic créatif des années bouillonnantes d’un côté, lente renaissance de l’autre : la grande idée du réalisateur et de ses scénaristes est d’avoir choisi, plutôt que leur succession chronologique, l’alternance entre ces deux faces du miroir, suscitant contraste et échos. Dans cette partition des styles, Love & Mercy trouve sa dynamique. Sa forme fragmentée zappe forcément des moments clés de l’histoire des Beach Boys, mais offre sur le sujet Brian Wilson une perspective généreuse et assez complète.
LOVE AND MERCY, Bill Pohlad 2014, Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks (musical bio)@@ (E)
Les "Beach Boys" n'ont jamais été aussi populaires et leur leader veut révolutionner la musique. Malgré les membres du groupe qui trouvent le projet trop original, Brian Wilson s'entête à f ...

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LUISE, Matthias Luthardt 2023 (guerre sentimental alsace)@@


Octobre 1918. La Première Guerre mondiale s'étire. Luise, 25 ans, vit seule dans une ferme isolée en Alsace, territoire allemand depuis 50 ans. Hélène, jeune Française en fuite vers les Pays-Bas, y trouve refuge, poursuivie par un soldat allemand, Hermann, qu'elle aurait blessé pour une raison mystérieuse. Il la retrouve et s'impose dans la ferme bien que cela fasse de lui un déserteur. Luise accepte de les héberger tous les deux sans rien connaître de leur passé.

TELERAMA
Romance saphique dans une Alsace rurale et occupée, à la fin de la Première Guerre mondiale. L’idée séduit, mais le scénario, trop faiblard, nuit au film.
Voilà un film qui ne tient pas les promesses suggérées par les luxuriantes moustaches second Empire du capitaine allemand de sa scène introductive… Dans une Alsace rurale et encore occupée, à la toute fin de la Première Guerre mondiale, Luise, fermière Elsässerin, rencontre Elsa, Française en fuite. Les deux jeunes femmes se découvrent puis s’aiment, sous le regard puritain d’un déserteur allemand. Cette atmosphère, au départ, séduit. Mais les personnages sont à peine écrits et les dialogues en français sonnent un peu faux. L’amour entre Elsa et Luise vire au tragique, puis s’égare vers une parabole biblique autour de la mort d’un renard qui visite le poulailler attenant. Le récit stagne jusqu’à un final qui vise le grandiose mais n’atteint qu’une certaine balourdise.
LUISE, Matthias Luthardt 2023 (guerre sentimental alsace)@@ (E)
Octobre 1918. La Première Guerre mondiale s'étire. Luise, 25 ans, vit seule dans une ferme isolée en Alsace, territoire allemand depuis 50 ans. Hélène, jeune Française en fuite vers les Pays-Bas, y ...

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MA PART DU GATEAU, Cedric Klapisch 2011, Gilles Lellouche, Karin Viard, Audrey Lamy


France, une mère de famille dunkerquoise, licenciée économique, quitte son mari et ses enfants pour monter sur Paris et y chercher du travail. Sur place, elle fera la rencontre d'un courtier, événement fortuit qui ne sera pas sans conséquence pour elle.

TELERAMA
France fait le ménage chez un trader et... Une rencontre improbable ? Oui.

La France est en crise. Elle tire le diable par la queue, on la maltraite, et voilà qu'on la licencie. Si quelqu'un l'incarnait, ce pourrait être France (Karin Viard), ouvrière à Dunkerque, mère de famille courage, généreuse, vivante, mais qui veut soudain en finir. Un drame ? Non, une comédie sociale qui fait de la résistance, quitte à sombrer dans la caricature. Klapisch a certes démontré par le passé qu'il avait une conscience politique solide et qu'il était capable de s'engager, du côté des sans-papiers notamment. Mais on ne s'attendait pas à le voir réagir ainsi, presque à chaud, à l'injustice sociale et aux conséquences désastreuses de la spéculation.

La bonne idée, c'est d'oser l'improbable : provoquer la rencontre - professionnelle d'abord - de cette ouvrière avec celui qui est responsable de sa mouise. Non plus son ennemi « historique », le patron, mais le trader qui a favorisé la liquidation de sa boîte. Schéma simple, frontal, digne d'une comédie de Capra. C'est ainsi que France se retrouve femme de ménage dans le vaste et lumineux appartement d'un puissant solitaire (Gilles Lellouche), qui jongle avec les millions depuis son ordinateur.

France a beau subir l'exclusion et la honte, elle s'accroche. Perdante mais toujours battante. Dans ce registre, Karin Viard déborde d'énergie, n'hésitant pas à en faire trop, à être exubérante. France le vaut bien puisqu'elle n'a rien : l'humour, c'est sa part du gâteau. Face à elle, le trader est censé ne pas avoir d'état d'âme, être un fantasme, quelqu'un d'à peine réel, loin au-dessus des « vraies gens ». C'est là que le bât blesse : Gilles Lellouche est un acteur on ne peut plus terrien. Non seulement il y a erreur de casting, mais toute la première partie le montrant dans la City à Londres, puis à Venise, lors d'un week-end de flambe avec l'une de ses conquêtes, est pesante. Et, surtout, totalement étrangère au coeur du sujet, à savoir ce qui se joue entre la prolo et le trader.

Une complicité naît parce qu'elle le dépanne en faisant la baby-sitter. Une cravate à nouer les rapproche. Enfin, un dîner bien arrosé, où lui se décoince un peu. On s'attendait à davantage de péripéties cocasses ou troublantes, à un enchaînement plus écrit, pour mettre en scène ce désir plus fort que les antagonismes sociaux - et qui s'en nourrit. Klapisch passe trop vite sur ces motifs (par peur ?), préférant miser sur une colère sociale, surjouée à la fin, avec tous ces ouvriers rassemblés pour soutenir une « France » devenue hors-la-loi. En terme de cinéma, c'est très démonstratif et maladroit. En termes politiques, c'est autre chose, mais quoi ? Klapisch et Mélenchon, même combat ?
MA PART DU GATEAU, Cedric Klapisch 2011, Gilles Lellouche, Karin Viard, Audrey Lamy (E)
France, une mère de famille dunkerquoise, licenciée économique, quitte son mari et ses enfants pour monter sur Paris et y chercher du travail. Sur place, elle fera la rencontre d'un courtier, événement for ...

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MAD MAX fury road, George Miller 2015, Charlize Theron, Tom Hardy (science fiction fantastique)@@


Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule militaire piloté par l'Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement.

TELERAMA
Trente ans après, le cow-boy motorisé reprend la route sous les traits de Tom Hardy dans un blockbuster à l’imaginaire débridé.

Mel Gibson en cuir, Tina Turner en furie…, la trilogie Mad Max, achevée en 1985, avait laissé des images hautes en couleur. Réinventé par son créateur, l’univers des guerriers motorisés se tourne vers une fantaisie où Mad Max (désormais incarné par Tom Hardy) devient le chevalier servant d’une camionneuse nommée Imperator Furiosa, qui veille sur de jeunes beautés dans un monde apocalyptique où des affreux les poursuivent sur de monstrueux engins…

Tout au long de cette course-poursuite effrénée, les mots échangés comptent peu. Le seul langage, c’est l’image. Le désert et, dans cette immensité, des gros plans de gueules de toutes sortes — masques carnavalesques ou peaux parcheminées de vieilles dames venant soutenir l’équipe des femmes au sein de laquelle Mad Max trouve sa place avec une virilité douce, assez nouvelle.

Le spectacle est un cocktail : du western à Lawrence d’Arabie, du Duel de Spielberg aux héroïnes d’Enki Bilal, dont Charlize Theron a l’apparence, les meilleures comparaisons viennent à l’esprit. Ce cinéma amoureux de tous les imaginaires est celui d’une créativité tous azimuts, saluée par six Oscars (notamment pour les décors, le maquillage-coiffure et les costumes). Un vrai trip, halluciné, mais qui tient la route.
MAD MAX fury road, George Miller 2015, Charlize Theron, Tom Hardy (science fiction fantastique)@@ (E)
Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule milita ...

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MADELEINE COLLINS, Antoine Barraud 2021, Virginie Efira, Bruno Salomone (drame sentimental)@@


Judith mène une double vie entre la Suisse et la France. D'un côté Abdel, avec qui elle élève une petite fille, de l'autre Melvil, avec qui elle a deux garçons plus âgés. Peu à peu, cet équilibre fragile fait de mensonges, de secrets et d'allers-retours se fissure dangereusement. Prise au piège, Judith choisit la fuite en avant, l'escalade vertigineuse.

TELERAMA
Un thriller tout en finesse, auquel Virginie Efira apporte une part de folie. Dans « Madeleine Collins », il fallait une actrice qui sache se montrer séduisante, perverse, inquiétante et suffisamment attachante pour que le spectateur tremble avec le personnage... Plurimédia

Être quelqu’un d’autre, qui n’en a jamais rêvé ? Judith y parvient : elle a une double vie. Traductrice de haut vol, elle vit à Paris, en compagnie d’un chef d’orchestre réputé et de leurs deux garçons. Mais, auprès de son mari, lui-même fort occupé, elle prétexte des conférences un peu partout en Europe pour rejoindre, à Genève, un autre homme, Abdel, et une fillette. Cette deuxième vie est plus instable. Abdel, qui sait tout, semble lui reprocher son attitude et son attachement trop grand à la fillette.

On est d’abord intrigué, car certaines pièces du puzzle manquent. À mesure qu’elles se placent, on comprend que cette double vie cache une part de folie. C’est un pari lui-même un peu fou mais réussi que le réalisateur Antoine Barraud (Les Gouffres, Le Dos rouge) entreprend avec ce thriller fondé sur une escalade haletante, où l’héroïne se trouve en mouvement permanent. On la voit composer avec talent, escamoter finement. On la voit aussi s’agripper à un fil de plus en plus fragile.

Pour cette fuite en avant, il fallait une actrice qui sache se montrer séduisante, perverse, inquiétante et suffisamment attachante pour que le spectateur tremble avec le personnage devant la perspective d’être démasqué. Virginie Efira fait cela à merveille, donnant l’impression que les autres sont aussi fous, ou flous, qu’elle. Sophistiqué et élégant, Madeleine Collins prône l’idée qu’aucune identité n’est stable, que chacun joue plusieurs rôles.
MADELEINE COLLINS, Antoine Barraud 2021, Virginie Efira, Bruno Salomone (drame sentimental)@@ (E)
Judith mène une double vie entre la Suisse et la France. D'un côté Abdel, avec qui elle élève une petite fille, de l'autre Melvil, avec qui elle a deux garçons plus âgés. Peu à pe ...

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MADEMOISELLE CHAMBON, Stephane Brize 2009, Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain (sentimental)@@


Un homme bien marié se porte volontaire dans l'école de son fils et commence à tomber amoureux d'une professeure.

TELERAMA
Une histoire d’amour banale et puissante, incarnée par Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon, funambules magistraux dans une interprétation épurée.
Rien d’original dans l’histoire de ce maçon taiseux qui tombe amoureux de l’institutrice de son fils en l’écoutant jouer du violon… Mais cette trame est sublimée en un récit romantique, efficace grâce à son dépouillement.

Comme dans Le Bleu des villes et Je ne suis pas là pour être aimé, Stéphane Brizé cultive un minimalisme formel qui rehausse la complexité de ses personnages et des liens qui les unissent. Sandrine Kiberlain anime Véronique Chambon d’une flamme vacillante, on la devine presque résignée à la solitude et pourtant prête à s’embraser. Quant à Vincent Lindon, il pousse à l’extrême une économie de jeu déjà appréciée dans Ceux qui restent, d’Anne Le Ny, et cette épure fait éclore une rare délicatesse. Ainsi, lors de ce repas familial où Jean regarde si intensément Mademoiselle Chambon et où sa femme comprend tout… Pas de dialogue, presque pas de mouvement, et tout est dit. Le film de Stéphane Brizé est à l’image de cette scène, qui joue sur l’étirement du temps pour faire jaillir l’émotion.
MADEMOISELLE CHAMBON, Stephane Brize 2009, Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain (sentimental)@@ (E)
Un homme bien marié se porte volontaire dans l'école de son fils et commence à tomber amoureux d'une professeure.

TELERAMA
Une histoire d’amour banale et puissante, incarnée par Sandrine Kiberl ...

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MADRE, Rodrigo Sorogoyen 2020, Marta Nieto, Jules Porier (sentimental)@@@


Elena vit en Bretagne et travaille dans un bar, là où son fils a été enlevé quand il avait 6 ans. Elle rencontre Jean, 16 ans, l'âge que son fils devrait avoir et qui ressemble beaucoup au défunt.

TELERAMA
Dix ans après avoir perdu son fils, une femme s’attache à un adolescent.
Un film espagnol, l’histoire déchirante d’une mère qui perd son enfant… Nous ne sommes pourtant pas chez Almodóvar, mais chez un autre Madrilène, au tempérament bien différent. Rodrigo Sorogoyen s’est imposé en mettant en scène la brutalité des mœurs politiques ibériques, dans El Reino (2018). Il demeure dans l’âpreté la plus impressionnante avec Madre, qui s’ouvre sur un tour de force visuel éprouvant. Pendant quinze minutes et dans un plan filmé d’une seule traite, sur la corde raide, Elena essaie de secourir son fils de 6 ans qui l’appelle depuis une plage des Landes, où, en vacances avec son père, il se retrouve soudain seul, en danger 1.

En montrant en temps réel ce bras de fer avec l’urgence, Sorogoyen ouvre son film sur l’extrême. Et il s’y tient. Sur la plage du Vieux-Boucau, dans les Landes, Elena est seule, dix ans plus tard. Elle travaille dans un bar, elle est là où elle aurait voulu être le jour où son fils a appelé, avant de disparaître. La mer gronde, comme si la peur éprouvée ce jour-là et l’horreur vécue étaient encore présentes. L’immensité de la plage dit l’immensité de l’absence, l’immensité de la douleur et de l’impuissance de cette mère. L’histoire d’Elena se raconte désormais à une échelle inhumaine ; elle a survécu en s’endurcissant, au milieu de gens qui ne sont plus que de frêles silhouettes, des ombres sur fond d’océan.

Dans cet univers intériorisé, mental, où le chagrin comme la colère sont refoulés, la vie va pourtant renaître : en croisant un adolescent de 16 ans, Jean, Elena s’attache à lui. Et lui, à elle. Ce n’est pas un mélodrame qui commence. Pas un amour interdit, comme vont s’en inquiéter les parents de Jean. Ni une liaison où la folie se nicherait. Avec une intensité maintenue de bout et bout, Sorogoyen accompagne Elena et Jean (admirables Marta Nieto et Jules Porier) au-delà des apparences, jusqu’à la vérité d’un lien fondamental. Il fait apparaître un instinct plus fort que tout, une protection qu’il s’agit pour Elena de pouvoir donner et, pour Jean, d’accueillir afin de la rendre en retour. Avec cette mère blessée, devenue une sorte d’animal sauvage, et cet adolescent qui aime ce qu’elle a de différent, le cinéaste refait tout le chemin vers l’humain. Ce chemin si rude, si beau, on le suit dans leurs pas. Et c’est inoubliable.
MADRE, Rodrigo Sorogoyen 2020, Marta Nieto, Jules Porier (sentimental)@@@ (E)
Elena vit en Bretagne et travaille dans un bar, là où son fils a été enlevé quand il avait 6 ans. Elle rencontre Jean, 16 ans, l'âge que son fils devrait avoir et qui ressemble beaucoup au déf ...

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MADRES PARALELAS, Pedro Almodóvar 2021, Penelope Cruz, Milena Smit (societe)@@@


Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital, sur le point d'accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et durant les heures qui précèdent l'accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu'elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l'hôpital.

TELERAMA
Avec “Madres paralelas”, le roi Pedro joue une nouvelle fois avec nos émotions.
La géométrie simple suggérée par le titre cache bien des zigzags autour de ces deux « mères parallèles », l’une quadragénaire, l’autre à peine sortie de l’adolescence. Après leur rencontre dans une maternité de Madrid et leurs accouchements simultanés, elles éprouveront, en effet, toutes sortes de sentiments aigus l’une pour l’autre. Et une tragédie viendra briser, au milieu du film, la symétrie apparente de leurs trajectoires. Depuis longtemps, chez Pedro Almodóvar, la surface est trompeuse. L’image reste séduisante, la lumière, flatteuse, et les décors, accueillants, mais la mélancolie et le chaos couvent.

Malgré un travail de photographe pour papier glacé et un magnifique appartement, la vie de Janis (Penélope Cruz) baigne ainsi dans une indéfinissable tristesse, une inquiétude diffuse. La mère célibataire gère son quotidien (femme de ménage, nounou à domicile ) avec froideur. Elle s’est accommodée de la perspective d’élever seule son enfant, puisque le père, amant désiré, n’était pas libre. Et voici qu’elle se met à douter, comme cet homme, revu de loin en loin, que le bébé soit véritablement le sien. La belle Janis sourit peu, comme si la méfiance et l’intranquillité l’avaient submergée.

Enterrer les morts et réparer les vivants
C’est que l’Espagne dépeinte par le cinéaste n’en finit pas de panser les plaies causées par des décennies de franquisme, jusqu’au milieu des années 70. Pays non réconcilié, puisque l’ancien dictateur a toujours des fans, mais surtout meurtri. L’arrière-plan très présent de Madres paralelas et la hantise de Janis sont la fosse commune où furent jetés certains de ses aïeux par des phalangistes, près de son village. Depuis, une loi d’amnistie invitant les Espagnols à un « pacte de l’oubli » (en 1977) a rendu difficile ou impossible l’ouverture de telles fosses. Janis se bat pour faire déterrer les victimes et les rendre à leurs familles. Un juriste et anthropologue en position de l’aider est ainsi apparu dans sa vie — et devenu le père supposé de son enfant.

Le thème de la restitution, Almodóvar le développe aussi au premier plan, et au présent, à travers l’histoire d’un échange malencontreux des deux bébés à la maternité. Contre toute attente, le réalisateur issu de la Movida, et chantre, alors, des familles électives, biscornues, fondées sur les seules affinités, signe donc, aujourd’hui, un éloge des liens du sang : tout le film tend à ramener chacun(e), vivant ou mort, auprès de sa famille biologique, d’une manière ou d’une autre. Mais ce mouvement n’a rien d’un repli. Il tient davantage d’un nécessaire travail de mémoire, de connaissance de soi et des autres.

Milena Smit, une héritière de la Movida

L’articulation, passablement rocambolesque, entre les deux intrigues peut apparaître comme un point faible de Madres paralelas : l’échange de nourrissons évoquerait, en creux, les trafics de bébés organisés avec la complicité de l’État sous Franco. Or ce parallèle-là n’est jamais explicité par les personnages. Si le film n’a pas tout le temps l’éclat magique des deux précédents longs métrages d’Almodóvar (Julieta, Douleur et gloire), il reste un modèle d’intensité. Le destin en marche, le tragique des existences s’y expriment comme chez bien peu de cinéastes aujourd’hui, remarquablement incarnés par Penélope Cruz (prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise) et ses partenaires, moins connus (Milena Smit, la jeune mère, Israel Elejalde, l’anthropologue). Tous s’acheminent vers un tableau final inoubliable, aussi bouleversant que réparateur.
MADRES PARALELAS, Pedro Almodóvar 2021, Penelope Cruz, Milena Smit (societe)@@@ (E)
Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital, sur le point d'accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regr ...

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MAIN DANS LA MAIN, Valérie Donzelli 2011, Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm (comique burlesque)@@


Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes, comme victimes d'un sortilège, ils deviennent inséparables. S'ils se risquent au moindre pas de côté, une force surnaturelle les ramène l'un à l'autre. Leurs gestes se répondent comme dans un miroir et seul le sommeil leur apporte une certaine indépendance.

TELERAMA
L’étrange rencontre d’une professeure de danse et d’un miroitier, devenus littéralement inséparables. Pour son troisième long, la réalisatrice signe un film d’amour burlesque.

Le tube d’Elli et Jacno auquel renvoie le titre peut faire office de test. Si on aime cette chanson, sa sentimentalité en banderole et son grain de provoc acidulée, on peut voir le troisième long métrage de Valérie Donzelli (après La Reine des pommes et La guerre est déclarée). Une femme rencontre un homme. Elle dirige l’école de danse de l’Opéra Garnier. Il est miroitier en province. Leur croisement accidentel déclenche un étrange phénomène : soudain, ils sont liés par un sort qui les force à rester côte à côte, à faire les mêmes gestes au même moment. Ce jumelage est le challenge visuel et burlesque du film, son petit cachet hollywoodien, la source de son peps poétique. Et, ça crève les yeux, une métaphore de la passion — étymologiquement : ce que l’on subit. Il est assez drôle, en effet, de montrer le coup de foudre comme une avalanche de contraintes, sans rien de sentimental a priori.

Au-delà de la fantaisie (qui a ses loupés), ce que Valérie Donzelli réussit le mieux, c’est l’étude des différentes façons d’être « avec quelqu’un ». Avant de se retrouver changés en siamois, Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm forment chacun un couple, au sens large. Elle avec une amie, mystérieuse et fragile. Lui avec sa sœur, qui l’enrôle dans des concours de danse pour mieux le garder. Même le « trouple », le couple à trois (des voisins), passera au banc d’essai — et sera retoqué. Main dans la main reste un film de grande amoureuse, qui ne partage pas. Mais qui a la lucidité d’interroger son idéal, d’en envisager l’envers : le discret nuage de cendres qui entoure un amour fusionnel scellé une fois pour toutes.

MAIN DANS LA MAIN, Valérie Donzelli 2011, Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm (comique burlesque)@@ (E)
Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes ...

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MAL DE PIERRES, Nicole Garcia 2016, Marion Cotillard, Louis Rarrel (drame sentimental)@@@


Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d'une passion absolue fait scandale. À une époque où l'on destine d'abord les femmes au mariage, elle dérange, et on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d'elle une femme respectable.

TELERAMA
Années 1950. Une jeune femme mal mariée découvre la passion… Nicole Garcia réussit son meilleur film. Marion Cotillard est superbe, entre intensité et retenue…
Dans la Provence des années 1950, où sa mère dirige une exploitation agricole, Gabrielle bout de frustration et de rage. Elle épouse un homme qu’elle n’aime pas et, dans un sanatorium, s’éprend d’un militaire, blessé en Indochine…

Toute la première partie, librement inspirée du roman de Milena Agus, est âpre, intranquille : sûrement ce que Nicole Garcia a réussi de mieux. La sensualité accable tant elle écrase. L’amour sans espoir du mari aussi… Ensuite, la folie amoureuse qui s’empare de Gabrielle, son étonnement, une fois enceinte, de ne jamais recevoir de réponse de son amant à ses lettres reposent sur l’osmose visible de la réalisatrice avec la comédienne Marion Cotillard. Chez Nicole Garcia, les hommes sont beaux, virils et rassurants, en dépit de leurs failles secrètes. Alors que les femmes, sous un regard empreint de tendresse, n’en finissent pas de tomber.

On sait l’étonnante expressivité du visage de Marion Cotillard, dont elle se sert non pour exhiber les sentiments, mais pour les réfréner au maximum. L’émotion qu’elle dégage est toujours nette, précise, affinée. C’est ce cache-cache constant entre épure et intensité qui rend le film troublant.
MAL DE PIERRES, Nicole Garcia 2016, Marion Cotillard, Louis Rarrel (drame sentimental)@@@ (E)
Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d'une passion absolue fait scandale. À une époque où l'on destine d'abord les femmes au mariage, elle dérange, et on la croit folle. ...

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MAMMA MIA, Phyllida Lloyd 2008, Meryll Streep,Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth


C'est en 1999, sur l'île grecque de Kalokairi que l'aventure commence, dans un hôtel méditerranéen isolé, la villa Donna, tenu par Donna, sa fille Sophie et le fiancé de Sophie, Sky. Juste à temps pour son mariage prochain, Sophie poste nerveusement trois invitations destinées à trois hommes bien différents dont elle pense que l'un d'eux est son père. De trois points du globe, trois hommes s'apprêtent à retourner sur l'île et vers la femme qui les avait enchantés 20 ans auparavant.
MAMMA MIA, Phyllida Lloyd 2008, Meryll Streep,Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth (E)
C'est en 1999, sur l'île grecque de Kalokairi que l'aventure commence, dans un hôtel méditerranéen isolé, la villa Donna, tenu par Donna, sa fille Sophie et le fiancé de Sophie, Sky. Juste à te ...

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MANCHESTER BY THE SEA, Kenneth Lonergan 2016, Casey Affleck, Michelle WilliamsKyle Chandler (thriller social)@@@


L'histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l'a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.

TELERAMA
Un homme, séparé de sa femme et qui a fui sa ville natale, vient de perdre son frère et doit devenir, malgré lui, le tuteur de son neveu âgé de 16 ans.

Pour les Américains de la côte Est, Manchester by the Sea est un port de pêche et une station balnéaire. Pour le héros trentenaire, Lee, c’est un champ de ruines. Homme à tout faire dans une entreprise de plomberie en banlieue de Boston, il a fui le monde de sa jeunesse. À la mort de son grand frère, il doit pourtant reprendre en urgence la route de son village natal, où il est désigné tuteur de son neveu adolescent. Un voyage dans le passé commence, sur les lieux de l’effroyable tragédie qui a détruit la vie de Lee et l’a lesté à jamais d’un sentiment de culpabilité.

Casey Affleck, acteur fascinant, donne au film une grande dignité : alors que tout, rencontres et réminiscences, devrait provoquer des torrents de larmes ou des cris de douleur chez le personnage, le comédien résiste, lointain, impassible. C’est une éthique de jeu, mais qui dessine aussi un héros endurci jusqu’à l’os, minéralisé par le chagrin, sans plaisirs ni désirs.

La galerie des endeuillés recèle une autre figure passionnante, l’ado désormais sans père, dont Lee est supposé devenir le tuteur. Il se montre cynique, revêche, occupé à une sexualité compulsive, avant une volte-face imprévisible, bascule du récit… Manchester by the Sea dépasse la chronique émouvante d’un retour au pays. Au-delà de son ancrage réaliste — communauté de marins prolétaires, lumière hivernale —, le drame se fait lyrique, devient peu à peu un conte, presque une chanson folk.
MANCHESTER BY THE SEA, Kenneth Lonergan 2016, Casey Affleck, Michelle WilliamsKyle Chandler (thriller social)@@@ (E)
L'histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confro ...

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MARCELLO MIO, Christophe Honoré 2024, Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay (bio science fiction)@@


Chiara, une comédienne, est la fille de deux véritables icônes du septième art : Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve. Au cours d'un été tumultueux, elle fait face, après avoir été perturbée par quelques rêves étranges, à une soudaine et inexplicable crise d'identité. Désormais convaincue qu'elle devrait vivre la vie de son père, elle décide d'adopter le style vestimentaire de ce dernier, sa manière de parler, allant même jusqu'à copier sa gestuelle avec une détermination sans faille. Sa transformation est si saisissante que son entourage commence à la confondre avec Marcello, finissant bientôt par l'appeler par le prénom de son père...

TELERAMA
L’actrice, dans son propre rôle, se mue en son père Marcello… Christophe Honoré nous réchauffe le cœur et reprend de l’élan avec cette fantaisie aussi drôle que poétique.

Dans cette scène, j’aimerais que tu sois un peu moins Catherine et un peu plus Marcello… » Telle est la désarmante demande d’une réalisatrice indécise (Nicole Garcia, dans son propre rôle) à une actrice (Chiara Mastroianni, idem) qui passe des essais… Une telle entrée en matière, impact et humour compris, laisse d’abord croire à un film sur un film, comme il en existe beaucoup (La Nuit américaine, de François Truffaut, faisant office de repère) et comme il s’en tourne toujours. Mais très vite, ce à quoi on assiste se transforme et s’échappe par le haut et la fantaisie.

Le principe narratif de Marcello mio, on pourrait plutôt lui trouver un cousinage littéraire. L’écrivain américain Bret Easton Ellis, dans son roman Lunar Park (2005), se met en scène sous son nom et son identité publique, mais pour mieux, ensuite, se projeter dans une intrigue imaginaire, sophistiquée, tordue. Ici, se produit également un coup de théâtre stupéfiant : la vraie-fausse Chiara prend à la lettre les rappels incessants à son ascendance. Un soir de spleen, la voilà qui accentue sa ressemblance avec son père, adopte ses vêtements et sa coiffure, jusqu’à ne plus sortir qu’ainsi, en Marcello Mastroianni…

Dans son adaptation des Métamorphoses d’Ovide (en 2014), Christophe Honoré montrait des dieux adoptant l’apparence d’êtres mortels, selon des stratégies et des buts précis. Tout au contraire, l’humaine Chiara devient le divin Marcello sans savoir où elle va, comme si elle traversait le miroir, quittait les rails de la réalité, de la rationalité. Le film offre, d’abord, l’amusant spectacle des réactions de l’entourage à cette échappée insensée. La perplexité bienveillante de Catherine Deneuve. Le flegme désabusé de Benjamin Biolay. La colère de Melvil Poupaud, comme en écho malicieux à ses récents rôles de méchant dans le cinéma français. Et puis la complicité inattendue et joyeuse de Fabrice Luchini, avec qui Chiara avait joué ce bout d’essai inaugural, sous l’œil de Nicole Garcia.

Un voyage hors du temps
Il y a une dimension délicieusement rêveuse, presque un manifeste poétique, dans les déambulations de la fille transformée en charmant fantôme du père. La créature obtenue n’a pas d’âge – c’est un Marcello Mastroianni quasi adolescent – ni de genre, silhouette gracieuse, androgyne, intemporelle. Émancipée, elle vit une romance avec un jeune soldat anglais et gay, improvise une escapade à Rome (avec le tube idoine d’Étienne Daho en tête), y revisite des étapes légendaires de la filmographie du grand acteur italien – comme le cinéaste par son écriture et sa mise en scène. Dont l’eau de la fontaine de Trevi, décor immuable de La dolce vita, de Fellini.

L’avenir n’est-il que dans le passé, au pays de nos petites et grandes mythologies ? Avec toute l’œuvre de Christophe Honoré, on se réchauffe et se régénère au contact de vieux films, livres et chansons ou de figures disparues – c’était le sujet même de la pièce Les Idoles, en 2018. Il ne s’agit pas d’un hommage cérémonieux, mais d’une nécessité vitale pour réintégrer pleinement le présent et reprendre de l’élan. À nouveau, il en va ainsi pour l’émouvante Chiara Mastroianni sans larmes de Marcello mio, à la fois vestale et kamikaze, peut-être au seuil d’un recommencement. En attendant, et comme dans sa chanson avec Benjamin Biolay (sur l’album Home, de 2004) ici reprise, « si je me souviens, la balade était bien ».
MARCELLO MIO, Christophe Honoré 2024, Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay (bio science fiction)@@ (E)
Chiara, une comédienne, est la fille de deux véritables icônes du septième art : Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve. Au cours d'un été tumultueux, elle fait face, après avoir ét& ...

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MARIA REVE, Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller 2022, Karin Viard, Grégory Gadebois, Noée Abita (comedie sentimentale)@@


Maria prend un nouveau départ professionnel et commence à travailler comme femme de ménage dans une école d'art parisienne. Elle y découvre un nouveau monde fascinant. Elle fait également la connaissance d'Hubert, le concierge. Ils s'entendent tout de suite. Enthousiasmée, elle découvre sa propre force créatrice et son désir de nouveauté. Un lien profond se développe entre eux, tandis que sa joie de vivre renaît.

TELERAMA
Dans cette douce comédie sentimentale où l’art libérateur tient le premier rôle Karin Viard et Grégory Gadebois donnent le meilleur d’eux-mêmes. Belle surprise, même si on regrette l’omniprésence d’une musique lourdement explicative.

Maria, femme de ménage depuis vingt ans, est engagée à l’École des beaux-arts, un labyrinthe légèrement défraîchi de couloirs, de salles où l’on pose nu(e), et d’installations à messages d’artistes en devenir, qui, d’abord, décontenancent cette femme timide, puis, rapidement, lui procurent des émotions inédites. Surtout, il y a le bureau du concierge des lieux, le serviable et fantasque Hubert, qui se déhanche en douce sur des airs d’Elvis Presley. Entre deux passages de serpillière, Maria découvre que le sexe féminin peut être une œuvre d’art, et que son mari, ce gentil bougre, la fait beaucoup moins rêver que ce drôle d’Hubert…

Si le thème de l’émancipation tardive n’est pas d’une grande nouveauté, cette rêverie amoureuse tranche par son contexte, statues de pierre et moulages de plâtre filmés par une caméra caressante, et flux artistiques nettement plus contemporains, comme cette machine qui recrée les mouvements de Maria, puis des amants potentiels, en les fusionnant en un spectacle de vagues de chaleur et de lumière. Seul gros bémol, et c’est le cas de le dire : la musique, omniprésente, qui ne cesse de paraphraser les images. Heureusement, le scénario, lui, est délicat, et il offre l’occasion à Karin Viard et à Grégory Gadebois de donner le meilleur d’eux-mêmes. Leur talent pour transformer la maladresse en charme est l’un des meilleurs atouts de ce film plus proche de Marie Laurencin que de Picasso — mais c’est déjà bien.
MARIA REVE, Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller 2022, Karin Viard, Grégory Gadebois, Noée Abita (comedie sentimentale)@@ (E)
Maria prend un nouveau départ professionnel et commence à travailler comme femme de ménage dans une école d'art parisienne. Elle y découvre un nouveau monde fascinant. Elle fait également la connais ...

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MARIA, Jessica Palud 2024, Anamaria Vartolomei, Matt Dillon, Giuseppe Maggio (metoo femmes)@@


Début des années 1970. A la recherche de l'actrice qui incarnera Jeanne dans "Le Dernier Tango à Paris", son prochain film, Bernardo Bertolucci jette son dévolu sur Maria Schneider, alors âgée de 19 ans. Fille illégitime de Daniel Gélin, celle-ci est d'abord ravie d'apprendre qu'elle va côtoyer Marlon Brando. En réalité, la jeune femme, qui n'est plus une enfant mais pas encore tout à fait une adulte, va subir un véritable calvaire au cours du tournage, notamment en raison d'une scène de viol. Dès la sortie du film, en 1972, Maria accède à la célébrité et devient une actrice iconique sans être préparée ni à la gloire ni au scandale…

TELERAMA
Un hommage sensible à l’actrice dont la vie fut bouleversée par le tournage du “Dernier Tango”. Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout.

La sororité était au cœur de nombreux films présentés au dernier Festival de Cannes. Maria, projeté dans la section Cannes Première est ainsi l’hommage empathique d’une réalisatrice et de son actrice à l’une des leurs : Maria Schneider (1952-2011), victime devenue emblématique des violences subies par les femmes dans le monde du cinéma.

La fille de Daniel Gélin n’avait que 19 ans – et était donc, en ce début des années 1970, encore mineure – quand débutèrent les prises de vues du Dernier Tango à Paris, le film qui allait faire sa gloire et son malheur. La faute à une scène de sodomie improvisée sans son consentement par son illustre partenaire, Marlon Brando (incarné par Matt Dillon, étonnamment convaincant) avec la complicité du réalisateur, Bernardo Bertolucci (Giuseppe Maggio, lui aussi très juste). Après ce scandale, l’actrice ne se verra plus proposer que des rôles déshabillés ou sulfureux, à de rares exceptions près (Profession : reporter, d’Antonioni, ou Merry-Go-Round, de Rivette). Et sombrera dans les drogues dures et la dépression.

Son adolescence, les tentatives de désintox…
À l’heure de #MeToo, l’existence et la carrière brisées de Maria Schneider font bien évidemment écho aux témoignages des actrices d’aujourd’hui qui, de plus en plus nombreuses, osent dénoncer les humiliations qu’elles ont subies sur des plateaux de tournage ou en dehors. Jessica Palud a eu l’intelligence de se focaliser sur quelques périodes clés de son parcours tragique : outre Le Dernier Tango…, l’adolescence et les relations conflictuelles avec la mère, ou encore la rencontre avec une étudiante en cinéma qui l’accompagnera dans ses tentatives de désintoxication. Ces moments sont interrompus par de brusques ellipses temporelles, au fil d’une reconstitution d’époque discrète mais crédible.

La réalisatrice a aussi eu la sensibilité d’exprimer le seul ressenti de Maria, avec une mise en scène qui s’attache le plus souvent à son visage et à son corps meurtris. De tous les plans ou presque, Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout. Aussi crédible, et bouleversante, en adolescente fascinée par sa découverte des coulisses du septième art qu’en femme blessée et méprisée.
MARIA, Jessica Palud 2024, Anamaria Vartolomei, Matt Dillon, Giuseppe Maggio (metoo femmes)@@ (E)
Début des années 1970. A la recherche de l'actrice qui incarnera Jeanne dans "Le Dernier Tango à Paris", son prochain film, Bernardo Bertolucci jette son dévolu sur Maria Schneider, alors âg&eacut ...

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MARIE ANTOINETTE, Sofia Coppola 2006, Kirsten Dunst, Jason Schwartzman (Versailles histoire bio)@@@


Évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l'autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu'on lui impose. Elle s'évade dans l'ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle.

TELERAMA
Sous les froufrous de la cour, Sofia Coppola enregistre les battements d’un cœur juvénile, celui de la jeune Marie-Antoinette (Kirsten Dunst), reine de la frivolité, mais aussi femme-enfant perdue dans un monde insensé.

La démarche de Sofia Coppola apparaît vite et clairement. Scénario conforme, dans ses grandes lignes, à celui établi par les historiens (une épaisse biographie signée Antonia Fraser a servi de référence). Mais, pour le reste, quartier libre. Sofia Coppola ne fait pas semblant d’être française ni d’avoir vécu au XVIIIe siècle. Non seulement on parle anglais à Versailles, et comme des Californiens (ce ne sera pas la première ni la dernière fois), mais on y déambule, drague, danse et déprime sur des morceaux de punk-rock et de pop (de Bow Wow Wow à Phoenix en passant par The Cure et New Order). Tout est passé au filtre des références de la réalisatrice, de ses goûts et de ses couleurs – orgie de pâtisseries pastel et de tissus assortis. Sans oublier la paire de Converse abandonnée au milieu des chaussures d’époque.

Les films en costumes se partagent souvent entre l’impasse de la reconstitution mortifère et l’écueil des efforts trop voyants pour l’éviter. Marie-Antoinette, théoriquement exposé au second risque, inquiète un peu, au début. L’installation de la princesse à Versailles (à l’âge de 14 ans) paraît s’étirer plus que de raison, entre la monumentalité muséifiée du lieu et le volontarisme du dépoussiérage. Et puis « ça » arrive sans crier gare. Quoi ? Que l’agencement des plans, des scènes, l’insistance des anecdotes (Louis XVI incapable d’honorer son épouse) et l’écume des musiques produisent ensemble bien davantage que leur simple somme. Que tout un flux d’émotions imprévues advienne, au-delà de l’appareillage d’un sujet trop connu et de son traitement iconoclaste.
Cette plus-value mystérieuse qui se répand peu à peu comme un parfum au-dessus de la cour de France a de quoi raviver l’antédiluvienne politique des auteurs. Car il s’agit de la même essence délicate que dans Virgin Suicides et Lost in Translation. Vu le contexte, il est presque miraculeux que la cinéaste l’ait reconstituée. Superproduction, Marie-Antoinette est pourtant un nouveau voyage au centre d’une psyché juvénile. L’auscultation d’un indicible sentiment de désarroi et d’isolement malgré un continuum de fastes et de fêtes.

Que la jeune femme s’appelle Marie-Antoinette n’est jamais secondaire. Mais Sofia Coppola a trouvé naturellement les passerelles entre le Versailles Grand Siècle et l’Occident contemporain. Exemple : le déni d’intimité (le couple royal doit tout faire en public ou presque) ne saurait nous laisser indifférents. De même, le culte névrotique voué un temps par la reine (période fermière) à la nature, tocade de privilégiée qui n’engendre qu’une nouvelle bulle. Instrumentalisée par sa mère l’impératrice d’Autriche (Marianne Faithfull), Marie-Antoinette suit le parcours d’une jeune star d’aujourd’hui, princesse people ou gagnante d’une émission de télé-réalité, qui obtient tout sans avoir rien décidé. Folle de fringues, grisée de luxe et de champagne, abreuvée de témoignages d’amour, puis de haine.

Ivresse du gaspillage
Comme Ludwig de Visconti (sur Louis II de Bavière) ou Le Soleil de Sokourov (sur l’empereur japonais Hirohito), le film dit le drame des puissants au cuir trop tendre, que la géopolitique assomme ou effraie. Installés au pouvoir à 20 ans à peine, Louis XVI et Marie-Antoinette ne songent qu’à se retrancher dans leurs petits mondes respectifs. Leur immaturité et leur inconscience (merveilleusement rendues par Jason Schwartzman et Kirsten Dunst) donnent d’autant mieux le vertige que Sofia Coppola n’insiste jamais sur les signes avant-coureurs de la disgrâce. Toujours au plus près de son héroïne, elle la suit avec le sérieux qu’il convient, dans ses lubies, ses amours (avec un beau comte suédois, donc), sa mélancolie, sa frivolité. Ivresse du déballage, du gaspillage – de robes, de perruques, de décors.

Une vie passe à toute vitesse, de l’adolescence à la trentaine, à grignoter des macarons, à s’assommer de plaisirs ruineux ou à batifoler avec les enfants endimanchés dans les jardins du Petit Trianon. Une vie comme un brouillon de lycéenne, mais il n’y aura pas de version « au propre ». Sofia Coppola a choisi d’arrêter son récit au moment du départ de Versailles, bien lui en a pris. Marie-Antoinette se termine par l’image stupéfiante de deux enfants contraints de quitter à jamais leur terrain de jeux, mais qui, au lieu de fondre en larmes, manifestent une impressionnante dignité. Roi et reine, soudain. Et trop tard.

En 1770, la jeune princesse autrichienne Marie-Antoinette apprend que sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, a conclu avec le roi de France un accord prévoyant l'union des deux familles régnantes. Immédiatement, à 14 ans, elle doit tout abandonner pour se rendre à Versailles. Une fois en France, elle rencontre le Dauphin, à qui elle est promise. Malgré le faste de leurs noces, les deux jeunes gens ne parviennent pas à consommer leur union. Peu exercée à manier l'hypocrisie de la cour, Marie-Antoinette constate que la noblesse de Versailles ne l'apprécie guère. Sa vie bascule à nouveau lorsque Louis XV meurt. Marie-Antoinette accède alors au trône de France aux côtés du placide Louis XVI. Mais les folles dépenses qu'elle engage à la cour la rendent vite impopulaire...
MARIE ANTOINETTE, Sofia Coppola 2006, Kirsten Dunst, Jason Schwartzman (Versailles histoire bio)@@@ (E)
Évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun ...

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MARIE STUART reine d Ecosse, Josie Rourke 2018, Saoirse Ronan, Margot Robbie (histoire bio)@@


Reine de France à 16 ans et veuve à 18 ans, Mary Stuart refuse de céder à la pression de se remarier. Elle décide de retourner dans son Écosse natale pour récupérer son trône. Mais l'Écosse et l'Angleterre tombent sous la domination d'Elizabeth I.

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Marie Stuart et Elisabeth Ire, cernées par l’ambition des hommes, devront agir comme eux. Au lieu du duel de rousses sur fond d’armoiries, Josie Rourke dézingue le patriarcat. Splendide.
Josie Rourke, première femme à avoir dirigé une grande institution théâtrale londonienne, le Donmar Warehouse, ne cède pas à la facilité d’un énième portrait de Marie Stuart en reine martyre, pas plus qu’elle ne fait d’Elisabeth Ire, sa cousine et rivale, un impitoyable bourreau. Plutôt que sur leur affrontement, elle insiste sur la gémellité de leurs destins de souveraines, toutes deux maudites d’avoir accédé au trône avec le mauvais sexe. Leurs règnes furent radicalement différents ? L’une était catholique et elle enfanta un roi, l’autre, anglicane et sans descendance ? Certes, mais pour Marie comme pour Elisabeth, les allées du pouvoir devinrent des coupe-gorge.
Leur unique scène en commun résume bien l’esprit de ce film visuellement splendide. Au milieu de nulle part, traquée par ses ennemis, Marie (Saoirse Ronan), diaphane et fière dans son dénuement, demande de l’aide à Elisabeth (Margot Robbie). Puissante mais vulnérable, celle-ci apparaît en collerette dentelée et perruque fauve, les lèvres rouge sang comme des plaies ouvertes sur un visage de craie, plus clown triste que Reine de cœur. Au lieu du duel de rousses attendu, cette rencontre s’impose comme un sommet d’émotion et dit l’impossibilité tragique d’une solidarité féminine au faîte du pouvoir. Cernées par l’ambition criminelle des hommes de leur cour, les deux femmes n’ont, pour garder leur trône, pas d’autre choix que de gouverner à la façon des mâles dominants.


MARIE STUART reine d Ecosse, Josie Rourke 2018, Saoirse Ronan, Margot Robbie (histoire bio)@@ (E)
Reine de France à 16 ans et veuve à 18 ans, Mary Stuart refuse de céder à la pression de se remarier. Elle décide de retourner dans son Écosse natale pour récupérer son trône. Ma ...

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MARS EXPRESS, Jérémie Périn 2023 (animation)@@


En l'an 2200, à Noctis, capitale de la planète Mars. Détective privée expérimentée, Aline Ruby, tout juste rentrée d'un voyage sur Terre où elle vient de remplir une mission confiée par un riche homme d'affaires, apprend qu'une étudiante en cybernétique est portée disparue depuis plusieurs jours. Accompagnée de Carlos Rivera, un robot humanoïde qui l'assiste dans ses enquêtes, la jeune femme part immédiatement à la recherche de cette dernière, convaincue de pouvoir rapidement retrouver sa trace dans une ville qu'elle pense parfaitement connaître. Aline découvre pourtant vite que l'enquête se révèle bien plus complexe que prévu...

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Une détective cynique flanquée d’un androïde enquête sur Mars, où la guerre couve entre humains et machines. Superbe film d’animation, d’une inventivité réjouissante, signé Jérémie Périn et Laurent Sarfati.

Alice Ruby est détective privée. Coriace, elle est secondée par Carlos Rivera, son fidèle partenaire … androïde. Envoyée sur Terre par une énorme corporation d’intelligence artificielle pour capturer une hackeuse informatique, la blonde armée revient ensuite « à la maison », c’est-à- dire sur Mars.

Une sombre enquête cybernétique l’attend à Noctis, la capitale martienne, sorte d’oasis ultra-libérale sous cloche : une étudiante a disparu après avoir « déplombé » un robot, autrement dit lui avoir rendu sa liberté de conscience et de décision. Dans une société où la violence monte entre les humains et les machines, Alice, revenue de tout et alcoolique plus ou moins repentie, va découvrir qu’on ne peut vraiment faire confiance à personne, ou presque.

Des conversations qui renvoient WhatsApp au Moyen Âge
Vous rêviez d’un autre monde ? Vous vous demandiez à quoi pourrait resssembler l’utopie d’Elon Musk ou celle de Jeff Bezos ? Jérémie Périn et son coscénariste Laurent Sarfati vous l’offrent sur un plateau dans cet enthousiasmant film d’animation, et ce n’est pas le paradis. Elles sont bien loin, les Chroniques martiennes, de Ray Bradbury, cela fait longtemps que Mars a été colonisée, et que le profit y règne en maître, comme sur notre vieille planète Terre (« toujours le même clapier à chômeurs », résume Alice). La série Black Mirror passerait presque pour de la petite bière : dans Mars Express, l’intelligence artificielle est partout, et elle progresse, de plus en plus « organique » et monstrueuse, condamnant à la casse les androïdes de première (ou dixième) génération.

Après leur épatante série animée Lastman, le duo Périn-Sarfati livre un captivant précipité de science-fiction au sens propre : une fiction sur la science, ses espoirs, ses dérives, avec, en vrac, des droïdes pleins d’humour, des « fermes à cerveaux » où des étudiants prostituent leur mémoire, des corps humains ressuscités grâce à une assurance-vie, des maîtresses synthétiques qu’on peut éteindre dès qu’elles deviennent enquiquinantes, et des conversations télépathiques qui renvoient WhatsApp au Moyen Âge. L’invention du scénario et celle de la mise en scène se manifestent jusque dans les moindres détails, souvent empruntés à des cinéastes admirés : une tueuse dont le bras en lame vient de Terminator 2 ou une manière élémentaire de photocopier un visage comme dans le premier Mission : Impossible, de Brian De Palma.

Un film noir à l’ancienne, de l’humour…
Mais la grande idée de Mars Express est encore plus cinéphile : construire ce récit d’anticipation à la manière d’un film noir à l’ancienne avec une héroïne féminine cynique et solitaire digne du Marlowe de Raymond Chandler (magnifiquement doublée par Léa Drucker) et lui octroyer un acolyte indéfectible, pourtant mort cinq ans auparavant... Personnage génial que ce Carlos ressuscité, homme de main sensible, mais d’un trop vielle conception informatique pour accepter les mises à jour !

Visuellement superbe, le film use d’un réalisme épuré qui brouille sans cesse les pistes entre humains et robots, partageant le même humour au milieu de la mitraille. Jérémie Périn impose, par sa science de l’animation, un épique cyberpolar, qui finit sur un bouleversant exode et par deux questions. C’est quoi être un robot ? Et, en miroir, c’est quoi être humain ?
MARS EXPRESS, Jérémie Périn 2023 (animation)@@ (E)
En l'an 2200, à Noctis, capitale de la planète Mars. Détective privée expérimentée, Aline Ruby, tout juste rentrée d'un voyage sur Terre où elle vient de remplir une mission confi&eacu ...

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MARTIN EDEN, Pietro Marcello 2019, Luca Marinelli@@


Martin Eden, jeune marin d'origine modeste, sauve un bourgeois d'une agression sur le port de Naples. Pour le remercier, le jeune homme l'invite chez lui, où Martin rencontre sa soeur, Elena, et en tombe amoureux. Martin décide d'étudier et de devenir écrivain, tout en continuant à travailler pour vivre. Sa relation avec Elena se consolide. A la fête de fin d'études de cette dernière, Martin rencontre Brissenden, qui l'introduit dans les milieux socialistes et l'initie à la philosophie.
MARTIN EDEN, Pietro Marcello 2019, Luca Marinelli@@ (E)
Martin Eden, jeune marin d'origine modeste, sauve un bourgeois d'une agression sur le port de Naples. Pour le remercier, le jeune homme l'invite chez lui, où Martin rencontre sa soeur, Elena, et en tombe amoureux. Martin décid ...

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MARY, Marc Webb 2017, Chris Evans, Mckenna Grace


Au décès de sa soeur, Frank Adler s'est vu confier la garde de sa nièce Mary. L'enfant considère Frank comme son père. Jusqu'ici, il a pu lui faire l'école à la maison mais, désormais trop grande, Mary doit intégrer l'école primaire. Rapidement, la petite fille s'ennuie. Elle est brillante et a un don pour les mathématiques. L'institutrice conseille à Frank de l'inscrire dans une école pour surdoués. Frank refuse l'idée de faire de Mary un singe savant.

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Retour à la comédie dramatique pour Marc Webb, une fable rafraîchissante, une ode à la famille et à l’épanouissement, ce film dégage une poésie pleine de douceur et d’humanisme.
MARY, Marc Webb 2017, Chris Evans, Mckenna Grace (E)
Au décès de sa soeur, Frank Adler s'est vu confier la garde de sa nièce Mary. L'enfant considère Frank comme son père. Jusqu'ici, il a pu lui faire l'école à la maison mais, désormais ...

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MASCARADE, Nicolas Bedos 2022, Pierre Niney, Isabelle Adjani, François Cluzet, Marine Vacth, Emmanuelle Devos (drame comique)@@


Le séduisant Adrien était promis à une carrière de danseur, jusqu'à un terrible accident de moto. Aujourd'hui, il est entretenu par Martha, ancienne vedette du cinéma vivant sur la Côte d'Azur. Tout va changer lorsqu'Adrien fait la rencontre de la belle et jeune Margot. Cette dernière vit d'escroqueries et de manipulations. Ils vont alors s'associer pour monter une arnaque diabolique grâce à une mascarade sentimentale. Ils ciblent alors Simon, un agent immobilier.

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Coups bas, mensonges, et grosses ficelles mènent le bal dans le quatrième long métrage de Nicolas Bedos, aussi pathétique que son microcosme bling-bling.

«C'est long, c’est chiant, c’est roboratif. Et c’est la Palme d’or. » Lâchée dans une séquence de soirée mondaine, cette réplique tient d’une forme d’aveu suicidaire tant elle pourrait s’appliquer à Mascarade — sauf pour la récompense cannoise, évidemment, puisque le quatrième long métrage de Nicolas Bedos était projeté hors compétition sur la Croisette en mai dernier. Par un curieux hasard, d’ailleurs, cette variation française sur la lutte des classes et la guerre des sexes navigue vaguement, jusque dans une scène de vomi en bateau, dans les eaux territoriales de Sans filtre, la Palme 2022 signée Ruben Östlund.

Reste que, quoi qu’on pense du cap formel outrancier et marxiste tenu par le Suédois, Nicolas Bedos, lui, semble s’être jeté à l’amer sans boussole. Production luxueuse et ricanante, Mascarade grenouille sur la Côte d’Azur et prétend démasquer une ronde de personnages pas ragoûtants : une despotique actrice en mode Sunset Boulevard (Isabelle Adjani, autrement mieux aimée en diva sur le déclin par Peter von Kant, de François Ozon), son gigolo humilié (Pierre Niney), la machiavélique escort girl dont il s’éprend (Marine Vacth) et un pigeon bon à plumer (François Cluzet)…

Une embarassante libido
Inutilement alambiqué, le récit se traîne entre procès, flash-back et retournements courus d’avance. Il se complaît, surtout, dans la vulgarité et la médiocrité de ses héros-victimes, mais pour en dire quoi ? Après s’être interrogé, avec une certaine mélancolie, sur le couple à l’épreuve du temps (Monsieur et Madame Adelman, La Belle Époque), puis frotté au comique d’OSS 117 (Alerte rouge en Afrique), Nicolas Bedos joue à se faire peur avec un micromonde rance et privé d’amour. Mascarade ne manque en revanche pas de libido et fantasme Marine Vacth en garce d’un film noir qui se réclamerait de #MeToo, tout en posant un regard embarrassant sur les femmes « périmées ».
MASCARADE, Nicolas Bedos 2022, Pierre Niney, Isabelle Adjani, François Cluzet, Marine Vacth, Emmanuelle Devos (drame comique)@@ (E)
Le séduisant Adrien était promis à une carrière de danseur, jusqu'à un terrible accident de moto. Aujourd'hui, il est entretenu par Martha, ancienne vedette du cinéma vivant sur la Côte d'Azur ...

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MAUDITS, Chloe Micout 2025, Pierre Arditi, Constance Gay


Lucile, enceinte de son premier enfant, apprend que sa grand-mère, qu'elle croyait décédée à la naissance de son père, est toujours en vie. Intriguée, elle se rend sur la terre de ses ancêtres dans le Morvan contre l'avis de son compagnon et rencontre pour la première fois sa grand-mère. En voyant son gros ventre, la vielle femme lui fait part de l'existence d'une terrible malédiction qui touche leur famille : si c'est un garçon, il mourra comme les autres.

Lucile, enceinte de son premier enfant, apprend que sa grand-mère, qu'elle croyait décédée à la naissance de son père, est toujours en vie. Intriguée, elle se rend sur la terre de ses ancêtres dans le Morvan contre l'avis de son compagnon et rencontre pour la première fois sa grand-mère. En voyant son gros ventre, la vieille femme lui fait part de l'existence d'une terrible malédiction qui touche leur famille : "si c'est un garçon, il mourra comme les autres". Pour lever le voile sur le passé mystérieux de sa grand-mère et le suicide de son père, mais surtout pour protéger son enfant à venir, Lucile décide de mener l'enquête...
MAUDITS, Chloe Micout 2025, Pierre Arditi, Constance Gay (E)
Lucile, enceinte de son premier enfant, apprend que sa grand-mère, qu'elle croyait décédée à la naissance de son père, est toujours en vie. Intriguée, elle se rend sur la terre de ses anc&eci ...

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MAUVAISE FOI, Roschdy Zem, Cecile de France, Pascal Elbe, Jean-Pierre Cassel (sentimental)@@


Clara est juive, Ismaël est arabe. Ils forment un couple heureux et épanoui. Lorsque Clara tombe enceinte, c'est le plus beau jour de leur vie. Tout va bien jusqu'à ce que leur entourage s'en mêle !

TELERAMA
Premier long métrage de Roschdy Zem : une comédie de mœurs qui révèle finement le poids inconscient des traditions et les mauvais réflexes qu’elles peuvent engendrer.
Ce premier film de Roschdy Zem derrière la caméra dédramatise un sujet brûlant — une histoire d’amour qui tourne mal entre une juive et un musulman. Clara et Ismaël sont en couple ­depuis quelques années. Le jour où Clara tombe enceinte, des problèmes insoupçonnés émergent — prénom du bébé, circoncision… Lorsqu’il s’agit de faire les présentations d’usage à la belle-famille, Clara et Ismaël se crispent, redécouvrant ce qui les fonde, mais aussi ce qui les différencie.

L’atout de Mauvaise Foi tient à sa manière de révéler le poids des réflexes identitaires. Pourquoi Clara tient-elle soudain à poser une mezouza sur la porte d’entrée ? Et pourquoi Ismaël décide-t-il pour la première fois de faire le ramadan ? Eux-mêmes ne le savent pas trop, et c’est leur confusion qui nourrit la mauvaise foi, cocasse souvent, parfois douce-amère. Ce film de comédien fait honneur au jeu, à sa justesse. C’est vrai pour le couple mixte, très crédible, que forment Roschdy Zem et Cécile de France. Mais aussi pour les seconds rôles, avec une mention spéciale à Pascal Elbé et Jean-Pierre Cassel, parfait en père juif, qui commet la plus belle bévue du film en appelant Ismaël « Israël »…
MAUVAISE FOI, Roschdy Zem, Cecile de France, Pascal Elbe, Jean-Pierre Cassel (sentimental)@@ (E)
Clara est juive, Ismaël est arabe. Ils forment un couple heureux et épanoui. Lorsque Clara tombe enceinte, c'est le plus beau jour de leur vie. Tout va bien jusqu'à ce que leur entourage s'en mêle !

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MAUVAISES HERBES, Kheiron 2017, Catherine Deneuve, Andre Dussolier (societe)@@


Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu'il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui. Sa vie prend un tournant le jour où un ami de cette dernière, Victor, lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre pour enfants exclus du système scolaire. Waël se retrouve peu à peu responsable d'un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d'arme.
MAUVAISES HERBES, Kheiron 2017, Catherine Deneuve, Andre Dussolier (societe)@@ (E)
Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu'il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui. Sa vie prend un tournant le jour où un ami de ...

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MEMOIRE TROUBLE, Denis Malleval 2021, Pierre Arditi, Nicolas Grandhomme (thriller)@@


Garlat, un ancien flic, est soupçonné de manipulation de preuves dans l'une de ses enquêtes : une affaire jugée est déterrée par l'avocat de celui qu'il a fait mettre en prison, Thomas Sentier. Ce dernier, accusé d'un meurtre sauvage, est innocent, affirme le juriste qui pointe des fautes graves dans l'enquête policière. Mais Garlat ne se souvient pas. Il y a tellement de choses dont il ne se souvient pas. Avec son fils, Nicolas, flic comme lui, il va revenir à Paris et reprendre son enquête.

TELERAMA
Solide téléfilm policier que cette enquête à rebours où le doute s’installe dans la mémoire d’un flic. Pierre Arditi est charismatique en diable.

Garlat, un ancien flic connu pour son intégrité, se retrouve obligé de sortir de sa retraite car un nouvel élément rebat les cartes de sa dernière affaire et pourrait le salir. L’homme qui est en prison à cause de lui a-t-il vraiment assassiné cette jeune fille un soir de pluie ? Garlat aurait-il fabriqué une preuve, à l’époque ? Avec son fils, devenu policier comme lui, il fouille ses souvenirs, mais, hélas, sa mémoire fiche le camp depuis un moment…

Solide téléfilm que cette enquête à rebours qui ré-interroge, avec un suspense bien ficelé, l’intime conviction d’un flic, mais aussi la culpabilité d’un jeune homme aux motivations troubles. Si on regrette cette manie (nouvelle plaie des fictions télé ?) de filmer le moindre paysage de campagne au drone, en revanche, les scènes dans les locaux modernisés du Quai des Orfèvres imposent leur efficacité et leur précision psychologique, grâce à une écriture de bonne facture et un casting de haute tenue. Face à Florence Muller, parfaite en commissaire divisionnaire à l’autorité souriante sans une once de caricature, et à la si naturelle Clémence Boisnard, Pierre Arditi livre un numéro qui emporte le morceau : tour à tour irascible, perdu ou pointilleux en vieux routard obsédé par la vérité, il met tout son charisme au service de son personnage et le rend joliment réaliste.
MEMOIRE TROUBLE, Denis Malleval 2021, Pierre Arditi, Nicolas Grandhomme (thriller)@@ (E)
Garlat, un ancien flic, est soupçonné de manipulation de preuves dans l'une de ses enquêtes : une affaire jugée est déterrée par l'avocat de celui qu'il a fait mettre en prison, Thomas Sentier. Ce de ...

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MEN WOMEN AND CHILDREN, Jason Reitman 2014, Ansel Elgort, Jennifer Garner (societe)@@


Un adolescent est accro au porno en ligne, l'autre aux jeux vidéo. Une mère parano cyber-espionne sa fille. Une autre poste des photos sexy de la sienne sur Internet, dans l'espoir naïf et irresponsable d'en faire une star...

TELERAMA
Jason Reitman (Juno, Young Adult) s'attaque au grand sujet de société du moment : l'influence et les conséquences du tout-numérique (ses pompes, ses oeuvres, son wi-fi, ses ­réseaux sociaux) sur les moeurs de l'Occident en général, d'une poignée d'Américains moyens en particulier.

Pour illustrer l'invasion des « nouvelles communications » dans le quotidien, l'image et l'action sont sans cesse parasitées par des incrustations de pages Facebook, Instagram, Twitter ou par des textos. Outre le fait que ce « gadget » visuel est devenu -- depuis que la série anglaise Sherlock l'a presque inventé -- un agaçant gimmick à la mode, il trahit aussi l'insistance pesante du propos. Des difficultés sexuelles du lycéen pornophile à la vie privée malmenée de la bimbo ou du gamer, Jason Reitman secoue le marronnier de l'ultramoderne solitude. Comme il est habile, malin, il emballe son lot de poncifs dans une chronique chorale bien troussée, un succédané doux-amer de Short Cuts, de Robert Altman. Grâce à un casting plutôt convaincant, d'Adam Sandler à Jennifer Garner, il surfe d'une saynète à l'autre comme on se balade parfois au hasard sur Internet : en haut débit, mais en dilettante. -- Cécile Mury

MEN WOMEN AND CHILDREN, Jason Reitman 2014, Ansel Elgort, Jennifer Garner (societe)@@ (E)
Un adolescent est accro au porno en ligne, l'autre aux jeux vidéo. Une mère parano cyber-espionne sa fille. Une autre poste des photos sexy de la sienne sur Internet, dans l'espoir naïf et irresponsable d'en faire une sta ...

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MENTION PARTICULIERE, Christophe Campos 2017, Marie Dal Zotto, Bruno Salomone (sante)@@


Laura, 20 ans, est une jeune femme trisomique qui décide de passer son baccalauréat, comme n'importe quelle jeune fille de son âge. Elle va devoir braver les difficultés, les doutes de son entourage et le regard parfois cruel des autres. Jour après jour, épreuve après épreuve, elle va se battre pour obtenir la chance de vivre la vie qu'elle s'est choisie.

TELERAMA
Trois ans après avoir eu son bac et un diplôme de journaliste, Laura se lance dans un nouveau combat. Stagiaire à la radio, la jeune femme refuse de se voir assignée aux photocopies et à la distribution de cafés en raison de sa trisomie. Elle réclame un traitement normal, l’obtient et se voit confier des recherches pour l’antenne de France Toulouse. Une vie normale, dont Laura rêve aussi ailleurs, notamment dans le domaine amoureux. Mais ce désir d’indépendance contrarie son père. Surprotecteur et surinvesti dans l’éducation de ses filles, il souffre à la simple pensée de couper le cordon. En victime d’un syndrome aigu du nid vide, il va déstabiliser l’équilibre familial.

Ce deuxième volet s’inscrit dans la lignée du premier. Il aborde frontalement avec tendresse et humour les préjugés liés à la trisomie. Mais n’occulte pas pour autant les réelles difficultés que doit surmonter la jeune héroïne. Un double parti pris bien servi par une sincérité dans le propos et une simplicité dans le traitement. Cette sobriété bienvenue met en exergue la généreuse interprétation de l’ensemble des comédiens. Notamment celle de Bruno Salomone dans la partition du père et celle de ­Marie Dal Zotto dans le rôle de Laura.
MENTION PARTICULIERE, Christophe Campos 2017, Marie Dal Zotto, Bruno Salomone (sante)@@ (E)
Laura, 20 ans, est une jeune femme trisomique qui décide de passer son baccalauréat, comme n'importe quelle jeune fille de son âge. Elle va devoir braver les difficultés, les doutes de son entourage et le regard p ...

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MERCI POUR LE CHOCOLAT, Claude Chabrol 2000, Jacques Dutronc, Isabelle Huppert


André, pianiste virtuose, et Mika, PDG des chocolats Muller, se sont mariés à Lausanne. Auparavant, André a épousé Lisbeth dont il a eu un fils, Guillaume. Le jour de ses six ans, alors qu'ils étaient de passage en Suisse chez Mika, Lisbeth s'est tuée sur la route. La jeune Jeanne, qui prépare le concours de piano de Budapest, apprend qu'elle aurait été échangée le jour de sa naissance avec Guillaume. A la recherche de ses origines, l'ambitieuse débutante va ébranler l'édifice familial.

TÉLÉRAMA
Comment ferait-on sans lui ? Claude Chabrol, 70 ans, cinquante-deux films au compteur, est le seul cinéaste de sa génération ­ celle de la Nouvelle Vague ­à continuer à nous fixer un rendez-vous quasi annuel. Mieux, deux ou trois fois par décennie, ce rendez-vous dépasse le simple agrément de retrouvailles pépères, pour atteindre au Graal de tout spectateur de cinéma : une fête de l'ambiguïté et de la manipulation, un pur plaisir de jeu.
MERCI POUR LE CHOCOLAT, Claude Chabrol 2000, Jacques Dutronc, Isabelle Huppert (E)
André, pianiste virtuose, et Mika, PDG des chocolats Muller, se sont mariés à Lausanne. Auparavant, André a épousé Lisbeth dont il a eu un fils, Guillaume. Le jour de ses six ans, alors qu'ils &eacu ...

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MES FRERES ET MOI, Yohan Manca 2021 (drame)@@


Nour a 14 ans, vit dans un quartier populaire au bord de la mer. Il s'apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d'intérêt général. Alors qu'il doit repeindre un couloir de son collège, il rencontre Sarah, une chanteuse lyrique qui anime un cours d'été. Une rencontre qui va lui ouvrir de nouveaux horizons.

TELERAMA
Le benjamin d’une fratrie en marge découvre le chant lyrique. Un petit air de comédie italienne bienvenu dans le registre balisé du “film de cités”…

Quatre frangins sous le cagnard d’un quartier populaire au bord de la mer : Abel, l’aîné autoritaire, Mo, le rouleur de mécaniques, Hédi le rageur, et Nour, le ­petit dernier de 14 ans, s’engueulent, se tapent dessus mais restent soudés autour de leur mère, dans le coma depuis des années. Pendant que les grands rapportent, plus ou moins légalement, de l’argent à la maison, Nour approche les haut-parleurs de son ordi­nateur du lit maternel, persuadé qu’elle peut entendre son air d’opéra préféré, Una furtiva lagrima, de Gaetano Donizetti. Un jour qu’il repeint un couloir de son collège pour des travaux d’intérêt général, l’adolescent découvre le chant lyrique grâce à Sarah, une chanteuse qui anime un cours d’été. Révélation. Et possible fugue vers un avenir insoupçonné…

Faire pénétrer l’opéra et le romanesque dans un cadre régi par la virilité et la violence, l’enjeu était de taille, mais le réalisateur y parvient sans angélisme grâce à un regard tendre et chaleureux sur la fratrie, digne de la comédie italienne : c’est un peu Affreux, sales et méchants, mais en slip de bain et maillot de foot, au son, enivrant, de La traviata. La troupe d’acteurs impressionne : Dali Benssalah impose un charisme fier en chef de clan endurci, le talentueux Sofian Khammes réinvente Aldo Maccione avec une pointe d’ambiguïté, et le jeune Maël Rouin Berrandou ­explose dans le rôle de Nour. Un petit soleil qui fait penser au jeune Momo de La Vie devant soi.
MES FRERES ET MOI, Yohan Manca 2021 (drame)@@ (E)
Nour a 14 ans, vit dans un quartier populaire au bord de la mer. Il s'apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d'in ...

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MES HEROS, Eric Besnard 2012, Josiane Balasko, Gerard Jugnot, Clovis Cornillac (comique sentimental)@


Maxime dirige une petite compagnie d'ambulances au bord du dépôt de bilan, et se démène pour la sauver. Résultat, ses enfants ne le voient pas et sa femme le trompe. C'est alors qu'un coup de téléphone de la police lui apprend que sa mère, Olga, est en garde à vue. Maxime va la chercher pour la raccompagner chez elle, même si elle rechigne à y retrouver son mari avec lequel elle s'accroche régulièrement. Mais ses parents se disputent autant qu'ils s'aiment.

TELERAMA
Des gens qui ont des problèmes retrouvent le goût de vivre : un canevas rudimentaire pour le portrait d’une famille réunie grâce à un petit Black qu’il faut sauver des griffes de la police.

Des gens à problèmes retrouvent le goût de la vie : sur ce canevas (une synthèse rudimentaire d'Intouchables ?), le réalisateur Eric Besnard brode un film familial empoté. Maman Olga a un problème de caractère, Papa Jacques, des problèmes de santé, et leur fils, des problèmes de couple. Ils se retrouvent en accueillant un petit Black sans papier traqué par la police : problème de société... Le problème, c'est que tous ces problèmes sonnent creux et faux. La mise en scène y est pour beaucoup : elle fige les décors (assez laids), les dialogues et les comédiens. Au point qu'avec leurs tempéraments expressifs Josiane Balasko et Gérard Jugnot donnent l'impression d'être systématiquement dans la surcharge.

Tout tombe à plat, y compris le couplet généreux contre le contrôle des étrangers, très vite caricaturé et finalement expédié, comme le petit Black qu'on met dans un train avec sa mère. On imagine que c'est le point de vue du gamin qui explique le titre. Mais ce point de vue n'existe pas, le regard de l'enfant sur les adultes n'étant pas plus mis en scène que le reste. Le film a vraiment beaucoup de problèmes !
MES HEROS, Eric Besnard 2012, Josiane Balasko, Gerard Jugnot, Clovis Cornillac (comique sentimental)@ (E)
Maxime dirige une petite compagnie d'ambulances au bord du dépôt de bilan, et se démène pour la sauver. Résultat, ses enfants ne le voient pas et sa femme le trompe. C'est alors qu'un coup de tél&eac ...

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MES TRES CHERS ENFANTS, Alexandra Leclère 2020, Josiane Balasko, Didier Bourdon (comique)@@


Chantal et Christian vivent une retraite paisible. Mais depuis que leurs enfants Sandrine et Stéphane ont quitté le nid, ils ne les voient pas beaucoup. Les occasions de se réunir en famille sont de plus en plus rares.

TELERAMA
Des parents à la retraite et délaissés font croire à leurs enfants ingrats qu’ils ont gagné au Loto... Accompagnée d’un duo d’acteurs touchants (Balasko-Bourdon), Alexandra Leclère retrouve un peu de la verve de son premier film, “Les Sœurs fâchées”.

une retraite paisible. Un peu trop à leur goût. Cela fait quelque temps que leurs grands enfants ont quitté leur banlieue pavillonnaire pour vivre à Paris. Et les nouvelles sont rares. Les deux rejetons ingrats trouvent toujours des excuses pour ne pas répondre au téléphone ou éviter de venir manger le crumble de Chantal le dimanche. Les deux parents délaissés vivent désormais dans la nostalgie de la vie à quatre. La frustration est telle que Christian a un jour une idée diabolique : faire croire que le couple vient de gagner 18 millions d’euros au Loto. Bingo ! Sandrine et Stéphane sont soudain très gentils avec papa et maman et rappliquent à la moindre occasion. Mais le mensonge, difficilement tenable, va entraîner bon nombre de quiproquos…


Avec cette petite comédie plaisante sur la famille, Alexandra Leclère retrouve ce qui faisait le sel de son tout premier film, Les Sœurs fâchées (2004) : un couple d’acteurs en grande forme et un humour vachard gentiment caricatural, certes émaillé de quelques gags ratés, mais derrière lequel pointe un sentiment mélancolique prégnant. Et une certaine justesse dans l’émotion, avec en creux cette vérité difficile à avaler : passé un certain âge, il faut réapprendre à vivre pour soi et non plus pour ses enfants. Finalement, on est ému par le combat touchant du couple Balasko/Bourdon, qui masque en partie une mise en scène sans relief.
MES TRES CHERS ENFANTS, Alexandra Leclère 2020, Josiane Balasko, Didier Bourdon (comique)@@ (E)
Chantal et Christian vivent une retraite paisible. Mais depuis que leurs enfants Sandrine et Stéphane ont quitté le nid, ils ne les voient pas beaucoup. Les occasions de se réunir en famille sont de plus en plus rares. ...

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MIA ET LE LION BLANC, Gilles de Maistre 2018 (nature animaux)@@


Mia a onze ans lorsqu'elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite inséparables. Trois ans plus tard, Charlie est devenu un lion imposant.

TELERAMA
Forcée de quitter Londres pour suivre ses parents éleveurs de félins en Afrique du Sud, la petite Mia retrouve enfin sa joie de vivre au contact d’un lionceau blanc, avec lequel elle noue une complicité exceptionnelle. À mesure que l’animal sauvage grandit, les risques augmentent et la séparation devient inévitable…

C’est le canevas typique de film pour enfant un peu mièvre comme Disney savait en trousser à la chaîne dans les années 1970 et 1980. La fable familiale du documentariste Gilles de Maistre abuse de plans de savane filmés par un drone dans une lumière mordorée. Mais elle est sauvée par un personnage de gamine incapable de rentrer dans le rang. Et par une dénonciation efficace des élevages de fauves conçus pour devenir les trophées d’abjects touristes braconniers en manque de sensations fortes.
MIA ET LE LION BLANC, Gilles de Maistre 2018 (nature animaux)@@ (E)
Mia a onze ans lorsqu'elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite ins ...

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MIDWAY Roland Emmerich 2019, Ed Skrein, Patrick Wilson (guerre)@@


Après la débâcle de Pearl Harbor, qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique Nord: Midway.
MIDWAY Roland Emmerich 2019, Ed Skrein, Patrick Wilson (guerre)@@ (E)
Après la débâcle de Pearl Harbor, qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer défini ...

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MILLION DOLLAR BABY, Clint Eastwood 2004, Hilary Swank, Morgan Freeman (sport)@@


Frankie Dunn dirige un gymnase en décrépitude, secondée par son fidèle ami Eddie Dupris, un ancien boxeur depuis longtemps à la retraite. Malgré sa grande pauvreté, Maggie Fitzgerald, une pugiliste de 31 ans travaillant comme serveuse, tente de convaincre Frankie de devenir son entraîneur.

TELERAMA
Un coach philosophe, une boxeuse énergique. Sommet de classicisme, le film repousse les limites du mélo pour exalter les valeurs chères à Clint. Oscar de la meilleure actrice en 2005 pour la poignante Hilary Swank.
C'est l’histoire de Frankie, l’entraîneur de boxe, et de Maggie, la fille qui met les autres filles K.-O., mais c’est une tierce personne qui la raconte, Scrap, l’employé modèle qui surveille le ring et dort dans la salle de gym. Cette voix off installe d’emblée le vingt-sixième film de Clint Eastwood dans le plus séduisant des classicismes. Million Dollar Baby est bien l’héritier du « film de boxe », mais avec une différence de taille : le héros est une ­héroïne. Ce changement de sexe bouscule les relations entre des personnages archétypaux, insuffle de la vie dans une mécanique narrative hyper rodée.

Donc, Frankie — Clint lui-même — accepte de coacher Maggie, une jeune femme qui n’a que son punch pour atout. L’ascension de Maggie constitue le corps (à tous les sens du terme) du film, et il permet à Eastwood d’illustrer des thèmes chers à l’Amérique et à lui-même : le goût de l’épreuve, la valeur du travail individuel et le mérite qui l’accompagne, la transmission d’un savoir. Et puis cette croyance forte et simple que les êtres ont ­sinon un destin, du moins une voie qui exprimera au mieux leurs aptitudes.

La dernière demi-heure du film change la donne. À l’éloge des valeurs qui fondaient le film et le parcours de Maggie (ces valeurs fascinantes et ambiguës, l’individualisme en tête, qui sont celles d’Eastwood) se substitue un discours plutôt réactionnaire sur une société sans morale. On peut trouver cet épilogue plus faible.
MILLION DOLLAR BABY, Clint Eastwood 2004, Hilary Swank, Morgan Freeman (sport)@@ (E)
Frankie Dunn dirige un gymnase en décrépitude, secondée par son fidèle ami Eddie Dupris, un ancien boxeur depuis longtemps à la retraite. Malgré sa grande pauvreté, Maggie Fitzgerald, une pug ...

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MINARI, Lee Isaac Chung 2021, Steven Yeun, Ye-ri Han


Débarqués en Californie de leur Corée du Sud natale avec leurs deux enfants, Monica et Jacob survivent tant bien que mal à l'aide de petits boulots, loin du rêve américain qu'ils avaient imaginé. Désireux de posséder sa propre ferme, Jacob saute sur l'occasion quand une offre accessible à ses faibles moyens se présente à lui, et emmène sa petite famille en Arkansas, au pied des monts Ozarks. Trois générations se retrouvent finalement sous le même toit, la grincheuse grand-mère rejoignant à son tour l'Amérique, au grand dam du jeune fils du couple, David, peu rompu aux méthodes de son aïeule qu'il découvre à cette occasion...

TELERAMA
Dans l’Arkansas des années 1980, un immigré coréen tente de se faire une place au soleil en cultivant des légumes exotiques. Une attachante chronique familiale avec de formidables comédiens.

Le rêve américain n’est pas mort. C’est, du moins, la con­viction de Jacob, un ouvrier agricole originaire de Corée (Steven Yeun, qui incarnait le play-boy cynique dans Burning, de Lee Chang-dong), bien décidé à se faire une place au soleil dans les États-Unis du président Reagan en y cultivant des légumes de son pays natal. Le jeune père de famille achète un lopin de terre en Arkansas. Si l’immigré croit dur comme fer en sa bonne étoile, son épouse, elle aussi déracinée, se désespère de devoir habiter dans un mobil-home miteux isolé de tout. D’au­tant que leur petit garçon a besoin de soins médicaux pour un souffle au cœur…


Si Lee Isaac Chung ménage de jolies parenthèses contemplatives grâce à ses images de nature au lyrisme discret, Minari séduit davantage par son regard documentaire sur l’Amérique profonde des années 80. Les difficultés matérielles des agriculteurs qui ont cru à leurs dépens aux promesses d’enrichissement de la « révolution conservatrice », l’intégration douloureuse des immigrés ou encore la religiosité intense de ces territoires ruraux défavorisés trouvent d’ailleurs de puissants échos dans les États-Unis post-Trump.

Même dans les situations les plus douloureuses, le film ne se départ ­jamais d’une grande douceur dans sa mi­se en scène. C’est sa limite, comme si le cinéaste avait peur du tragique potentiel de son histoire, mais aussi son charme. Dans cette attachante chroni­que familiale, Lee Issac Chung accorde la même huma­nité, la même attention, à tous ses personnages. Avec, peut-être, un surcroît d’empathie pour Soonja, l’irrésistible grand-mère fantasque, qui a valu à son interprète un Oscar du meilleur second rôle mérité.
MINARI, Lee Isaac Chung 2021, Steven Yeun, Ye-ri Han (E)
Débarqués en Californie de leur Corée du Sud natale avec leurs deux enfants, Monica et Jacob survivent tant bien que mal à l'aide de petits boulots, loin du rêve américain qu'ils avaient imagin&eacut ...

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MINORITY REPORT, Steven Spielberg 2002, Tom Cruise (policier)@


En 2054, la société du futur a éradiqué les crimes en se dotant d'un système de prévention, de détection et de répression le plus sophistiqué du monde. Dissimulés de tous, trois extras-lucides transmettent les images des crimes à venir aux policiers de la Précrime. Cependant, un jour, John, le chef de brigade, reçoit l'impossible : sa propre image assassinant un inconnu. Démarre alors une course contre la montre pour prouver son innocence.

TELERAMA
Spielberg signe un film futuriste haletant, adapté de Philip K. Dick : une brigade de police spéciale arrête les criminels avant qu’ils ne passent à l’acte. Aux côtés d’un Tom Cruise survolté, un débutant qui tapait dans la rétine : Colin Farrell.

Voeu pieux du petit Steven, 55 ans, réalisateur à Hollywood : dans le meilleur des mondes, tous les assassins seraient neutralisés, mis hors d'état de nuire juste avant d'avoir commis leur forfait... Dont acte. En 2054, soit après-demain, une nouvelle division de la police américaine utilise les pouvoirs paranormaux d'un trio de voyants, les « précogs » (de « précognitifs »). Le cerveau bousillé dès le stade foetal par une drogue de synthèse qu'utilisaient leurs parents ­ donc, nos enfants, brr... ­, ces modernes pythies lisent le futur, quand celui-ci est criminel : les meurtres à venir ­ à plus ou moins longue échéance, selon qu'il y a ou non préméditation ­ leur parviennent sous forme de flashs, d'images flottantes, de courtes séquences disjointes et floues.

Aux flics de la « précrime » d'assembler ces saynètes, transmises du cerveau des oracles à des ordinateurs transparents super design, de les interpréter ­ et d'aller cueillir les criminels avant le crime. Est-on aussi coupable de vouloir tuer que de tuer réellement ? Oui, si l'avenir est écrit, certifié intangible. John Anderton, policier d'élite, virtuose de la manipulation d'images précognitives, et par ailleurs Tom Cruise dans le civil, ne se pose donc pas la question. Jusqu'au jour où le prochain meurtrier qu'il doit menotter n'est autre que lui-même. Alors, notre héros prend la tangente, fuit dans la ville ultramoderne, et tente d'échapper à ses poursuivants. On ne nous la fait pas : au-delà de leur première incarnation de flics du futur avec casques, uniformes et armes inédites ­ la « vomitrique », gourdin qui fait dégobiller le délinquant chopé ! ­, ces chasseurs d'hommes représentent le destin, qui colle poisseux aux basques du simple mortel.

Destinés d'abord au public ado, bourrés de technologie et d'invraisemblances, les films de science-fiction n'ont pas forcément bonne réputation. Il en sort un tous les quatre ou cinq ans qui fait date, parce qu'il prend le genre au sérieux : Blade Runner, de Ridley Scott, L'Armée des douze singes, de Terry Gilliam, dans une moindre mesure Strange Days, de Kathryn Bigelow, ou Bienvenue à Gattaca, d'Andrew Niccol. Minority Report est de cette trempe-là, et rassure ceux qui n'avaient plus tout à fait reconnu Steven Spielberg dans sa dernière fable futuriste, A.I. Ou qui avaient trop reconnu son sentimentalisme... Car Minority Report est tiré d'une nouvelle de Philip K. Dick, et le film bénéficie fortement de cette rencontre : le nihilisme amer de l'écrivain altère et enrichit l'humanisme souvent béat du cinéaste. Et inversement. C'est 1984 avec une lueur d'espoir, en quelque sorte, un film qui dose finement le spectaculaire et le devoir de philo (mention assez bien), bref qui a tout pour hanter longtemps notre imaginaire.

Là où Spielberg est convaincant, en premier lieu, c'est dans la représentation de la société de demain. Les objets et gadgets d'alors ­ home cinema en 3D, minitéléphones de la taille d'une oreillette, quotidiens électroniques en prise directe avec l'actualité, etc. ­ sont une extrapolation astucieuse de ce que l'on vit déjà. Mieux, le flicage permanent par flashage de la rétine­ très Big Brother ­ utilisé à des fins commerciales ­ jolie séquence de pub interactive ­ et policières ne fait que pousser jusqu'à l'extrême la « traçabilité » déjà avérée de nos actes (achats par carte de crédit, connexions Internet, cliquez, vous êtes surveillé). Ce futur, on y est presque. Y croire, c'est d'ailleurs la condition sine qua non de la réussite du film : pour mieux faire passer l'impossible postulat de départ (des « précogs » lisent l'avenir), Spielberg lui-même a su s'entourer de futurologues compétents. Le film joue ce parallélisme permanent, et le personnage de Tom Cruise s'affirme, dans les premières scènes, comme un double du réalisateur. La course-poursuite donne au récit une formidable dynamique, et, au fur et à mesure que s'éclaire la machination (car machination il y a), les rebondissements s'enchaînent sans que l'intérêt ne se relâche. Peut-être Spielberg délaie-t-il trop la résolution de l'énigme, peut-être certains exploits physiques du beau Tom sont-ils too much ­ sa traversée d'une usine de bagnoles frôle le grotesque. En cherchant à toucher tous les publics, le film paraît parfois curieusement hétérogène : à une belle séquence burlesque et baroque (une greffe d'yeux par un savant fou) succèdent ainsi quelques scories pleurnichardes (un éloge récurrent de la vie de famille).

Mais la force du propos est magnifiée par son unité stylistique. Récemment ­ et notamment pour les Jurassic Park, Spielberg s'était appuyé sur ses réalisateurs de seconde équipe, coauteurs des films à des degrés divers. Ici, il reprend la main. Les choix plastiques ­ belle photo de Janusz Kaminski ­ donnent au futur une monochromie quasi orwellienne. Un plan magnifique montre aussi les visages de Tom Cruise et de Samantha Morton (étonnante dans le rôle d'Agatha, la « précog ») , l'un tourné vers le passé qui le hante, l'autre vers le futur. Image parlante d'un Janus bifront qui offre la clé du récit : la réconciliation, la communication passeront par l'acceptation du présent, la nécessité de faire avec le monde tel qu'il est. Minority Report s'impose in fine comme un éloge du libre arbitre, un refus presque inattendu ­ dans le contexte hollywoodien ­ de l'obscurantisme. Non seulement l'homme n'est pas le jouet d'un fatum aveugle, mais le futur qui l'attend, c'est à lui de l'imaginer et de le bâtir. Steven Spielberg a triomphé de Philip K. Dick...
MINORITY REPORT, Steven Spielberg 2002, Tom Cruise (policier)@ (E)
En 2054, la société du futur a éradiqué les crimes en se dotant d'un système de prévention, de détection et de répression le plus sophistiqué du monde. Dissimulés de tous ...

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MISANTHROPE, Damián Szifron 2023, Shailene Woodley, Ben Mendelsohn, Jovan Adepo, Ralph Ineson (thriller)@@


Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d'un crime de masse. La police et le FBI lancent une chasse à l'homme sans précédent, mais face au mode opératoire constamment imprévisible de l'assassin, l'enquête piétine. Eleanor, quant à elle, se retrouve de plus en plus impliquée dans l'affaire et se rend compte que ses propres démons intérieurs peuvent l'aider à cerner l'esprit de ce tueur si singulier.

TELERAMA
Un thriller américain efficace, comme on n’en voit plus guère en salles, autour d’une fliquette instable mentalement et d’un tireur solitaire qui sème la mort à Baltimore. Ça change de l’ordinaire super-héroïque.

Une fliquette futée à la psychologie instable (Shailene Woodley, l’ex-ado de la saga Divergente) collabore avec le FBI pour appréhender le tireur fou — misanthrope donc, mais rien à voir avec Molière — qui sème la mort à Baltimore. Après avoir lorgné vers la comédie italienne avec Les Nouveaux Sauvages (2015), l’Argentin Damián Szifron revisite le thriller, genre phare des années 1990 assez habilement remis au goût du jour : armes à feu, santé mentale, télé poubelle, droite alternative ou surconsommation, rien ne manque des débats de l’Amérique contemporaine. Du début, très accrocheur, à la fin, abracadabrantesque, le film en fait sans doute trop. Il n’empêche, ce polar du samedi soir à l’image soignée où l’on retrouve l’excellent Ben Mendelsohn en gradé du Bureau rompu aux jeux de pouvoir, change agréablement de l’ordinaire superhéroïque. 
MISANTHROPE, Damián Szifron 2023, Shailene Woodley, Ben Mendelsohn, Jovan Adepo, Ralph Ineson (thriller)@@ (E)
Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d'un crime de masse. La police et le FBI lancent une chasse à l'homme sans précédent, mais face au mode opératoire const ...

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MISS BRACKETTS, la niñera, el nieto bastardo y Emma Suárez, Sergio Candel 2014, Emma Suarez


Julia donne naissance à un garçon, Ivan, dont personne ne connaît le père. Sa mère, Mme Brackets, est incapable d'accepter un petit-fils bâtard dans la famille. Marta, l'amie de Julia, semble être la seule bouée de sauvetage malgré la nage dans des eaux turbulentes. Et Carolina, la nounou, fan dévouée d'Emma Suárez et actrice en herbe, passera du statut de témoin tangentiel de ces relations à celle d'être infectée par leur dysfonctionnement.
MISS BRACKETTS, la niñera, el nieto bastardo y Emma Suárez, Sergio Candel 2014, Emma Suarez (E)
Julia donne naissance à un garçon, Ivan, dont personne ne connaît le père. Sa mère, Mme Brackets, est incapable d'accepter un petit-fils bâtard dans la famille. Marta, l'amie de Julia, semble êt ...

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MISS PEREGRINE et les enfants particuliers, Tim Burton 2016, Eva Green, Asa Butterfield (fantastique)@@@


À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l'existence d'un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique: la Maison de Miss Peregrine pour enfants particuliers.

TELERAMA
Menacés, des enfants aux mystérieux pouvoirs sont protégés par leur professeur. Le réalisateur réussit l’adaptation du best-seller de Ransom Riggs. Où le monde de l’enfance se teinte d’étrangeté gothique.

Particuliers, en effet, les enfants : une petite fille qui dissimule une mâchoire féroce derrière ses boucles blondes, une jeune beauté aérienne que seules d’énormes chaussures orthopédiques retiennent au sol, des jumeaux emmaillotés des pieds à la tête… À se demander si, en 2011, Ransom Riggs n’a pas écrit son best-seller de fan­tasy exprès pour qu’il soit adapté par Tim Burton. Toutes les obsessions du cinéaste figurent dans ce pensionnat défraîchi, coincé dans une boucle temporelle : le regard des enfants, la différence, les mondes parallèles qui protègent…

Ces enfants sont menacés par des morts vivants. Heureusement, la sage et autoritaire Miss Peregrine veille sur eux, et elle a la beauté gothique décidément ­sidérante d’Eva Green. Le réalisateur en fait la gardienne du temps, du temple, et lui offre la métamorphose la plus gracieuse vue depuis la scène finale des Noces funèbres, où la mariée se changeait en papillon…

À travers le combat sans merci entre des monstres gentils et des créatures maléfiques, sur une île sauvage, dans un jardin en friche ou autour d’un manège, Tim Burton rend, de plus, un bel hommage à Ray Harryhausen, grand maître des effets spéciaux à l’ancienne.
MISS PEREGRINE et les enfants particuliers, Tim Burton 2016, Eva Green, Asa Butterfield (fantastique)@@@ (E)
À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l'existence d'un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique: la Maison de Miss Peregrine pour enfants particuliers.

TELERAMA
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MISS SLOANE, John Madden 2016 (espionnage)@@


Elizabeth Sloane est une femme d'influence brillante et sans scrupules qui opère dans les coulisses de Washington. Face au plus grand défi de sa carrière, elle va redoubler de manigances et manipulations pour atteindre une victoire qui pourrait s'avérer éclatante.Cependant, les méthodes dont elle use pour parvenir à ses fins menacent à la fois sa carrière et ses proches. Miss Sloane pourrait bien avoir enfin trouvé un adversaire à sa taille.
MISS SLOANE, John Madden 2016 (espionnage)@@ (E)
Elizabeth Sloane est une femme d'influence brillante et sans scrupules qui opère dans les coulisses de Washington. Face au plus grand défi de sa carrière, elle va redoubler de manigances et manipulations pour atteindre ...

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MISSION IMPOSSIBLE 2, John Woo 2000, Tom Cruise, Dougray Scott (aventure)@@


L'agent secret Ethan Hunt, du MIF, recrute deux assistants, Luther Strickell et Billy Baird, ainsi qu'une cambrioleuse de charme, Nyah Hall, en vue d'une mission de la plus haute importance.

TELERAMA
John Woo reprend “Mission : Impossible”. Envol de colombes, jeux de masques, combat aérien sur le sable, et Tom Cruise, amoureusement filmé. Que du bon.
John Woo avoue avoir été effrayé lorsque Tom Cruise, qui réalise lui-même ses cascades, s’est retrouvé suspendu à une falaise, à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Paramount Pictures

Brian De Palma avait signé la première adaptation de la série, construisant un monde d’apparences et de manipulations volontiers cérébral. Avec John Woo, c’est tout le contraire : le plaisir est plus innocent et le goût pour l’action-sensation, spontané. De la dream team du premier, ne reste qu’Ethan Hunt (Tom Cruise), lancé à la poursuite d’un agent renégat qui désire la même femme, évidemment fatale.

La formule est donc simple, et parfois banale quand l’intrigue se met à ressembler à celle de tous les James Bond. Mais on retrouve ce goût du duel ambivalent autour duquel John Woo a construit la plupart de ses films. Le face-à-face entre Ethan Hunt et Sean Ambrose, son faux frère d’armes, s’achève d’ailleurs par un combat tout en lignes de force géométriques, dans la tradition du cinéaste de Hongkong. Les deux hommes chevauchent des bolides hyper virils, mais leur corrida se poursuit sur le sable d’une plage où le combat devient aérien, élégant, scandé par les vagues : une douceur presque féminine, dans l’ondoyante chevelure de Tom Cruise comme dans la blancheur des colombes chères à John Woo, cinéaste dont ce fut, hélas, le dernier grand succès.

L'agent secret Ethan Hunt, du MIF, recrute deux assistants, Luther Strickell et Billy Baird, ainsi qu'une cambrioleuse de charme, Nyah Hall, en vue d'une mission de la plus haute importance. Ayant intégré la belle dans son équipe, et accessoirement dans son lit, il se lance à la poursuite de Sean Ambrose, un ex-membre du MIF, qui s'est emparé d'un terrible virus de synthèse, la Chimera, ainsi que de son antidote. Nyah, ancienne petite amie du criminel, est chargée de renouer avec lui pour connaître ses intentions, localiser les souches du virus et informer Ethan. Perspicace et soupçonneux, Ambrose ne tarde pas à percer ses desseins à jour. La situation, déjà délicate, prend une tournure dramatique...
MISSION IMPOSSIBLE 2, John Woo 2000, Tom Cruise, Dougray Scott (aventure)@@ (E)
L'agent secret Ethan Hunt, du MIF, recrute deux assistants, Luther Strickell et Billy Baird, ainsi qu'une cambrioleuse de charme, Nyah Hall, en vue d'une mission de la plus haute importance.

TELERAMA
John Woo reprend “Mis ...

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MISSION IMPOSSIBLE 3, JJ Abrams 2006, Tom Cruise (aventure)@@


L'ancien agent secret Ethan Hunt mène désormais une vie paisible aux côtés de sa fiancée Julia. Ne souhaitant plus vivre dans le danger permanent, il se contente d'un travail de formateur pour les futurs agents du gouvernement américain. Malgré cette nouvelle vie qu'il apprécie, Hunt est forcé de reprendre du service. Une de ses anciennes élèves, Lindsey Farris, a été la victime d'un trafiquant d'armes nommé Owen Davian. Sans rien dire à Julia, il accepte de prendre en chasse Davian et constitue une équipe d'agents aguerris. Peu à peu, Hunt comprend que ce trafiquant sans scrupules dispose d'appuis puissants dans les hautes sphères du pouvoir...

TELERAMA
Troisième volet des exploits “impossibles” d’Ethan Hunt, alias Tom Cruise : gadgets, bagarres et explosions garantis. Efficace et suffisamment tortueux pour qu’on s’amuse, le film marque les débuts derrière la caméra du créateur de “Lost”.
Après Brian De Palma et John Woo (et avant Brad Bird, venu de Pixar pour un quatrième volet), c'est J.J. Abrams, créateur des séries Alias et Lost, qui acceptait cette nouvelle Mission, commanditée par et pour Tom Cruise. Reconnu pour avoir modernisé la fiction télé en lui appliquant les méthodes du cinéma d’action (montage serré, moyens considérables), J.J. Abrams les rapatrie sur grand écran. Dans l’aller-retour, cette originalité disparaît au profit d'un récit efficace, vaguement pimenté d’humour. Et surtout fabriqué à la gloire de la star.

Ethan Hunt, personnage absent de la série d'origine, est devenu la raison d'être des déclinaisons ciné. Plus fleur bleue que James Bond, cet Ethan subit lui aussi des mutations au fil des épisodes. Chez John Woo, le cheveu long et l'adducteur aguichant, il faisait montre d'une troublante ambiguïté sexuelle. Dans M : I 3, Ethan-Tom donne au contraire dans la virilité sans fissures : invincible et musclé, mais aussi, cette fois, fiancé et prêt à tous les sacrifices pour sa belle. Dans ce pur produit hollywoodien, on notera tout de même, au détour d'un dialogue, une charge frontale contre les services secrets américains... Étonnant, non ?

MISSION IMPOSSIBLE 3, JJ Abrams 2006, Tom Cruise (aventure)@@ (E)
L'ancien agent secret Ethan Hunt mène désormais une vie paisible aux côtés de sa fiancée Julia. Ne souhaitant plus vivre dans le danger permanent, il se contente d'un travail de formateur pour les futurs ag ...

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MOI TONYA, Craig Gillespie 2017, Margot Robbie (sport histoire)@@@


TELERAMA
Tiré d’un fait divers qui passionna le monde, le documentaire fictif, signé Craig Gillepsie, réhabilite Tonya Harding, championne de patinage artistique déchue.

Le 6 janvier 1994, la jeune patineuse artistique Nancy Kerrigan est attaquée à la ­matraque à l’issue de son entraînement. Très vite, les soupçons se portent sur l’autre star de l’équipe américaine, Tonya Harding, accusée d’avoir commandité l’agression pour empêcher sa rivale de participer aux jeux Olympiques.

Un réjouissant jeu de massacre
L’Australien Craig Gillespie a reconstitué ce fait divers sous la forme d’un faux documentaire. Chacun des protagonistes donne sa version de l’histoire, cherchant à se donner le beau rôle — ou le moins mauvais possible. Ce parti pris narratif est une manière habile de rappeler l’ultra-médiatisation de l’affaire Harding, qui passionna le monde entier. Il se révèle aussi un puissant moteur d’humour noir, notamment quand le montage, un rien roublard mais efficace, vient pointer les contradictions des uns et des autres.

Dans ce réjouissant jeu de massacre, seules sont épargnées l’entraîneuse très patiente interprétée par Julianne Nicholson. Et surtout Tonya Harding elle-même. Sans être complètement innocentée, la championne déchue, un temps la femme la plus haïe d’Amérique, est réhabilitée par le réalisateur et sa tête d’affiche, Margot Robbie, aussi bluffante patins aux pieds que sensible dans son jeu. Grâce à elle, la comé­die féroce de Moi, Tonya se ­révèle, aussi, un émouvant portrait de femme.
MOI TONYA, Craig Gillespie 2017, Margot Robbie (sport histoire)@@@ (E)
TELERAMA
Tiré d’un fait divers qui passionna le monde, le documentaire fictif, signé Craig Gillepsie, réhabilite Tonya Harding, championne de patinage artistique déchue.

Le 6 janvier 1994, la j ...

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MOMO, Sébastien Thiery et Vincent Lobelle 2017, Christian Clavier, Catherine Frot (comique)@@


Un soir, monsieur et madame Prioux tombent nez à nez sur un intrus dans leur maison. C'est un homme étrange qui se prénomme Patrick et qui les appelle papa et maman. Or, les Prioux n'ont jamais eu d'enfants. Madame Prioux se prend immédiatement d'affection pour le jeune homme à qui elle prête la luxueuse voiture de son mari. Ulcéré, ce dernier part porter plainte. Madame Prioux est persuadée que son mari lui a caché la vérité : il avait une maîtresse et Patrick est le fruit de cette liaison. André, qui nie cette filiation, veut en avoir le coeur net en retrouvant cette femme. Il veut savoir si Patrick est un manipulateur, tandis que son épouse reporte sur cet hurluberlu tout l'amour maternel qu'elle n'a jamais pu donner...

TELERAMA
Bonne surprise que cette adaptation de la pièce à succès par son auteur Sébastien Thiéry : une farce à l’étrange émotion, avec une Catherine Frot dérangeante et un Christian Clavier plutôt sobre.
Les interprètes d’origine, Muriel Robin et François Berléand, sont remplacés par Catherine Frot et Christian Clavier. Ce dernier, à part quelques embardées en roue libre, reste sobre, voire subtilement tendre, en retrait de sa partenaire. La folie de son personnage à elle apporte de l’émotion à ce drame grinçant, qui évoque l’humour noir d’un Bertrand Blier et l’acidité sociale d’Anne Fontaine. Pascale Arbillot est irrésistible en aveugle digne des farces italiennes.

MOMO, Sébastien Thiery et Vincent Lobelle 2017, Christian Clavier, Catherine Frot (comique)@@ (E)
Un soir, monsieur et madame Prioux tombent nez à nez sur un intrus dans leur maison. C'est un homme étrange qui se prénomme Patrick et qui les appelle papa et maman. Or, les Prioux n'ont jamais eu d'enfants. Madame Prio ...

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MON BEBE, Lisa Azuelos 2019, Sandrine Kiberlain, Thais Alessandrin


Héloïse est la mère de trois enfants. Sa fille aînée et son fils ont déjà quitté le nid familial depuis un moment, mais quand sa cadette, Jade, s'apprête à déménager au Canada pour ses études, la mère tombe en pleine crise existentielle.

TELERAMA
Comment coupe-t-on le cordon avec son « bébé » ? Dix ans après LOL, avec Sophie Marceau, Lisa Azuelos revient sur la relation mère-fille avec le même allant et toujours cette réjouissante exactitude sur l’évolution des rapports parents-enfants dans la bourgeoisie bohème, décontraction verbale comprise.
Comment garder un peu son enfant (interprétée par Thaïs Alessandrin, la propre fille de la réalisatrice) qui va s’envoler ? En la filmant ! Héloïse ne quitte plus son smartphone, engrangeant des images du quotidien, pendant que d’autres surgissent en flash-back, du temps où Jade, son frère et sa sœur étaient encore petits et, donc, Héloïse encore jeune. Car Mon bébé dessine aussi le portrait d’une femme guettée par la solitude, sommée de se réinventer sentimentalement. Avec, en creux, une autre angoisse de cet âge charnière où l’on devient, simultanément, le parent inquiet de nos parents – Patrick Chesnais, délicieux, en grand-père encore vert. Le scénario se résume à peu, mais les situations et les dialogues percutent, sans relâche.
Et il y a Sandrine Kiberlain. Son incroyable sens du rythme comique. Exaltée, déboussolée, ou soliloquant sur l’ingratitude de sa progéniture, elle est drôle comme jamais.
MON BEBE, Lisa Azuelos 2019, Sandrine Kiberlain, Thais Alessandrin (E)
Héloïse est la mère de trois enfants. Sa fille aînée et son fils ont déjà quitté le nid familial depuis un moment, mais quand sa cadette, Jade, s'apprête à démé ...

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MON CRIME, François Ozon 2023, Nadia Tereszkiewicz, Isabelle Huppert, Fabrice Luchini, André Dussollier, Daniel Prévost (thriller)@@


Dans les années 30 à Paris. Madeleine Verdier, jeune et jolie actrice sans le sou et sans talent, est accusée du meurtre d'un célèbre producteur. Après avoir été acquittée, elle commence sa nouvelle vie, faite de gloire et de succès. Jusqu'à ce que la vérité éclate au grand jour.

TELERAMA
Dans le Paris corseté des années 30, deux femmes luttent. Un Ozon enlevé, aux thèmes très actuels.

Depuis Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, son troisième long métrage adapté en 2000 d’une pièce méconnue de Rainer Werner Fassbinder, le théâtre est une source d’inspiration majeure pour François Ozon. Le réalisateur de Potiche adore travailler sur les artifices de la représentation scénique. Mais il aime aussi jouer sur la théâtralité pour, de manière un rien paradoxale, mieux célébrer le cinéma. 8 Femmes (2002) partait d’un vaudeville très misogyne des années 1950 pour mettre en valeur les actrices et retrouver les couleurs flamboyantes, la démesure baroque des mélodrames de Douglas Sirk. Son nouveau film utilise un grand succès du boulevard de l’entre-deux-guerres — et guère plus tendre avec le beau sexe… — pour retrouver avec bonheur l’élégance, le glamour et l’esprit des screwball comedies, ces comédies sophistiquées de l’âge d’or hollywoodien sublimées, entre autres, par Ernst Lubitsch et Howard Hawks, où les personnages s’affrontent à coups de répliques façon rafales de mitraillette… et où les femmes portent volontiers la culotte. Dans Mon crime, deux jeunes Parisiennes sont bien décidées à se faire une place dans la société française corsetée des années 1930. Madeleine, comédienne sans le sou, est accusée du meurtre d’un producteur de cinéma qui a tenté de la violer. Son amie et colocataire, Pauline, avocate sans clients, va prendre en charge sa défense lors d’un procès très médiatisé…

Dans ce film d’époque aux décors et aux costumes aussi rétro que rutilants, Ozon s’amuse à multiplier les clins d’œil aux problématiques d’aujourd’hui. Dénonciation du patriarcat, lutte pour la parité et l’égalité des droits entre les sexes, éloge de la sororité sont au cœur de situations et de dialogues à l’humour vif, piquant… et un brin perfide : le féminisme affiché par Mon crime ne manque pas d’ambiguïté, puisque l’émancipation et la réussite des héroïnes passent forcément par les mensonges et la manipulation.

Pas de quoi, cependant, bouder son plaisir devant ce divertissement de haute volée. Le casting, impressionnant, y est pour beaucoup. Nadia Tereszkiewicz (tout juste sacrée du César du meilleur espoir féminin) et Rebecca Marder, les deux jeunes actrices qui montent, sont parfaitement complémentaires — et irrésistibles. Ozon, en bon admirateur du cinéma français des années 1930, a aussi soigné ses seconds rôles. Fabrice Luchini, plus Louis Jouvet que jamais dans son incarnation d’un juge d’instruction imbu de sa personne, et André Dussollier, dans son registre favori de patriarche bonhomme, sont très drôles. Et Isabelle Huppert propose une performance sidérante — une de plus — en ex-gloire du muet, mi-Sarah Bernhardt mi-Gloria Swanson, qui tente de faire son grand retour sous les feux de la rampe. On appréciera, au passage, l’autodérision de l’actrice… et la perversité de son metteur en scène : confier à une star qui semble rajeunir à l’écran avec les années un personnage de comédienne ringarde qui prétend rivaliser avec des jeunes premières, il fallait oser !
MON CRIME, François Ozon 2023, Nadia Tereszkiewicz, Isabelle Huppert, Fabrice Luchini, André Dussollier, Daniel Prévost (thriller)@@ (E)
Dans les années 30 à Paris. Madeleine Verdier, jeune et jolie actrice sans le sou et sans talent, est accusée du meurtre d'un célèbre producteur. Après avoir été acquittée, elle ...

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MON MEILLEUR AMI, Patrice Leconte 2006, Daniel Auteuil, Dany Boon (societe)@@


Un marchand d'art, n'a aucun vrai ami. C'est du moins ce que soutient Catherine, son associée, au cours d'un repas entre copains. Vexé de se voir décrit comme un homme pour qui les objets comptent davantage que les humains, François fait un pari : il a dix jours pour trouver un meilleur ami.
MON MEILLEUR AMI, Patrice Leconte 2006, Daniel Auteuil, Dany Boon (societe)@@ (E)
Un marchand d'art, n'a aucun vrai ami. C'est du moins ce que soutient Catherine, son associée, au cours d'un repas entre copains. Vexé de se voir décrit comme un homme pour qui les objets comptent davantage que les huma ...

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MON PIRE CAUCHEMAR, Anne Fontaine 2011, Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Andre Dussolier (comique)@@


Agathe tient une galerie d'art. Elle est mariée à François, un éditeur. Le couple semble mener une vie confortable et réussie, jusqu'à l'arrivée dans leur vie du rude et insolent Patrick, embauché pour faire quelques travaux dans leur appartement. Puis, la rencontre de François avec une jeune et charmante blonde, va également bouleverser la vie du couple.

TELERAMA
Elle, ambitieuse, et lui, à la ramasse… Elle, cérébrale, et lui, manuel sensuel… Elle, grande bourgeoise, et lui, vaguement sans domicile. Une valse des contraires faite pour la comédie.

Directrice d’une fondation d’art contemporain, Agathe veut abattre un mur de son appartement bourgeois pour créer un dressing. Par ce trou va s’engouffrer un homme qui est un chantier à lui tout seul : Patrick, roi de la débrouille et de l’embrouille. Anne Fontaine aime les turbulences qui font valser tout ce qui est un peu trop en place. Pour cette comédie sociale, elle pousse finement Isabelle Huppert et Benoît Poelvoorde, à fleur de peau, au bord de la caricature : la première raidit sa maîtrise, le second relâche sa décontraction.

Mais en exacerbant les tempéraments des interprètes, la cinéaste soigne la vérité des personnages. Leurs différences s’affirment plus qu’elles ne s’estompent. Tout valse, mais chacun reste fidèle à lui-même. Et valse avec l’autre.
MON PIRE CAUCHEMAR, Anne Fontaine 2011, Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Andre Dussolier (comique)@@ (E)
Agathe tient une galerie d'art. Elle est mariée à François, un éditeur. Le couple semble mener une vie confortable et réussie, jusqu'à l'arrivée dans leur vie du rude et insolent Patrick, emb ...

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MON ROI, Maïwenn 2015, Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot (drame sentimental)@@


Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l'histoire tumultueuse qu'elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l'homme qu'elle a adoré? Pour Tony c'est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer.

TELERAMA
La passion destructrice d’une femme pour un bad boy sexy. Maïwenn a toujours autant de talent pour diriger ses acteurs. Du cinéma-vérité saisissant.
Mon roi n’est pas le portrait à charge d’un pervers narcissique, mais un film sur l’addiction amoureuse et ses mystères.
Emmanuelle Bercot, impliquée corps et âme dans les rires, les cris et les larmes, est magnifique. Mais le film repose, surtout, sur le jeu captivant de Vincent Cassel, philtre d’amour et poison ravageur dans la même seconde. Comme l’héroïne, jusqu’à la fin, on ne peut quitter ce roi des yeux.
MON ROI, Maïwenn 2015, Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot (drame sentimental)@@ (E)
Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l'histoire tumultueuse qu'elle a ...

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MONAMOUR, Tinto Brass 2006, Max Parodi, Anna Jimskaia (film e)


Marta est une jeune femme au foyer nymphomane. Elle est mariée à Dario, un éditeur de livres à succès. Bien qu'elle aime toujours son mari, Marta n'a pas pu atteindre la satisfaction sexuelle depuis des mois en raison de leur vie amoureuse terne et prévisible. Alors qu'elle séjourne à Mantoue pour le Festivaletteratura (it), une foire du livre, Marta suit les conseils de son amie Sylvia et entame une liaison avec un bel et mystérieux artiste nommé Leon, ce qui entraîne des résultats surprenants concernant son mariage défaillant avec Dario.

TELERAMA
MONAMOUR, Tinto Brass 2006, Max Parodi, Anna Jimskaia (film e) (E)
Marta est une jeune femme au foyer nymphomane. Elle est mariée à Dario, un éditeur de livres à succès. Bien qu'elle aime toujours son mari, Marta n'a pas pu atteindre la satisfaction sexuelle depuis des mo ...

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MONSIEUR BATIGNOLE, Gerard Jugnot 2002, Gerard Jugnot, Jean-Paul Rouve (guerre)@@


Paris, été 1942. La France est sous l'occupation allemande. Edmond Batignole, un charcutier-traiteur sans ambition, participe malgré lui à la déportation d'une famille juive.

TELERAMA
Plus beauf que jamais, Gérard Jugnot campait ici un boucher parisien qui fait son beurre sous l’Occupation. Ce monsieur Batignole a la conscience d’un tiroir-caisse, mais se retrouve face à un petit garçon qui compte beaucoup sur lui : Simon, le fils de ses voisins juifs…

Comme son personnage, qui balance entre le modeste et le minable, le réalisateur Jugnot risque l’entre-deux. Son film raconte, au fond, l’histoire d’un homme sur une pente savonneuse, un moteur de comédie classique. Mais là, c’est vers l’horreur sombre de l’Histoire que pourrait glisser ce monsieur Batignole. Il y a une audace inattendue dans le portrait de ce « résistant malgré lui », petit commerçant au bord de la crapulerie qui s’improvise ange gardien.
MONSIEUR BATIGNOLE, Gerard Jugnot 2002, Gerard Jugnot, Jean-Paul Rouve (guerre)@@ (E)
Paris, été 1942. La France est sous l'occupation allemande. Edmond Batignole, un charcutier-traiteur sans ambition, participe malgré lui à la déportation d'une famille juive.

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Plus bea ...

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MONSIEUR MAX, Gabriel Aghion 2007, Jean-Claude Brialy, Dominique Blanc@@


En 1944, le poète Max Jacob est arrêté par la Gestapo. Alice, une jeune orpheline qu'il a choyée quarante ans auparavant, va tenter l'impossible pour le sauver. Une fiction poignante, avec Jean-Claude Brialy dans son dernier grand rôle.
MONSIEUR MAX, Gabriel Aghion 2007, Jean-Claude Brialy, Dominique Blanc@@ (E)
En 1944, le poète Max Jacob est arrêté par la Gestapo. Alice, une jeune orpheline qu'il a choyée quarante ans auparavant, va tenter l'impossible pour le sauver. Une fiction poignante, avec Jean-Claude Brialy dans ...

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MORNING GLORY, Roger Michell 2010, Rachel McAdams, Harrison Ford, iane Keaton (sentimental)@@


Bien qu'elle soit jeune, jolie, dynamique et ambitieuse, Becky Fuller est en pleine traversée du désert professionnelle et sentimentale. Aussi, lorsqu'on propose à cette productrice de reprendre "Daybreak"' la matinale la moins regardée du pays, elle accepte le défi sans hésiter.

TELERAMA
On ne va pas s'extasier sur cette comédie romantique de série, assez platement mise en scène par Roger Michell — qui eut jadis un éclair en réalisant Coup de foudre à Notting Hill. Mais il faut saluer sa représentation assez fine des médias, et de la montée en puissance de « l'infotainment » (le néologisme qui lie information et divertissement), accélérée par le Net.

Voici donc une jeune productrice télé (la jolie Rachel McAdams, qui aurait intérêt à moins gesticuler) chargée de rajeunir la plus minable émission du matin du plus petit des grands « networks » américains. Elle a l'idée d'en confier l'animation à un ex-reporter star, désormais au placard. Harrison Ford fait obstinément la gueule en lançant météo et sujets conso, indignes de lui, un peu comme si Charles Enderlin avait été parachuté à Télématin. Il s'engueule avec la coprésentatrice — Diane Keaton, parfaite en Catherine Ceylac américaine — au point que leurs amabilités matinales boostent l'audience. Son éthique journalistique résistera-t-elle aux nouvelles pratiques du métier, où il s'agit aussi de gagner des clics sur YouTube ?

Si les affaires de coeur des uns et des autres laisseront de marbre, en revanche la description de la vie d'une rédaction est très réussie. Curieusement, le journalisme est un des seuls métiers que Hollywood, même dans un film ­ultra léger, prend suffisamment au sérieux pour ne pas le travestir.
MORNING GLORY, Roger Michell 2010, Rachel McAdams, Harrison Ford, iane Keaton (sentimental)@@ (E)
Bien qu'elle soit jeune, jolie, dynamique et ambitieuse, Becky Fuller est en pleine traversée du désert professionnelle et sentimentale. Aussi, lorsqu'on propose à cette productrice de reprendre "Daybreak"' la ...

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MR AND MRS SMITH, Doug Liman 2005, Brad Pitt, Angelina Jolie (aventure)@


M. et Mme Smith forment un couple tout ce qu'il y a de plus banal. Pourtant, M. Smith est exécuteur pour une organisation secrète et Mme Smith, tueuse à gages vendant ses services aux plus offrants. Ignorant chacun les activités de leur cher et tendre, ils vont néanmoins se retrouver en compétition sur le même contrat : s'éliminer l'un l'autre


TELERAMA
Époux, ils se sont toujours cachés l’un à l’autre qu’ils étaient tueurs à gages. Gros casting, gros calibres et grosses ficelles : le couple Jolie-Pitt sort le grand jeu mais tourne en rond.

M. et Mme Smith se sont toujours caché l’un à l’autre qu’ils étaient tueurs à gages, l’un comme l’autre, et pour des organisations concurrentes… Ils vont l’apprendre en se retrouvant adversaires sur la même cible. L’idée n’est pas des plus neuves : rien de tel que l’affrontement ouvert pour réveiller la libido, pas de meilleur aphrodisiaque qu’une bonne scène de ménage aux lance-roquettes. Côté exécution, c’est le grand jeu, ou presque : le film se veut à la fois un concentré d’action, une comédie romantique plus rusée que la moyenne, un spectacle chorégraphique et un sommet de sex-appeal. Sur ce dernier point, au moins, Angelina Jolie et Brad Pitt (devenus un couple sur le tournage) font largement l’affaire, mais elle seule apporte un peu de raffinement comique par son jeu.

Pour le reste, le rapport est embarrassant entre la puissance de feu déployée et l’insipidité vaguement cool du résultat. Même sur le front de l’égalité entre les sexes, le film ne fait que semblant d’avancer. Il y a bien une scène où Mme Smith reprend des mains de son mari le gros calibre et lui refile le petit, mais la plaisanterie s’arrête là. D’ailleurs, Monsieur cache naturellement ses armes dans son atelier au garage, et Madame les siennes dans son four, à la cuisine…

MR AND MRS SMITH, Doug Liman 2005, Brad Pitt, Angelina Jolie (aventure)@ (E)
M. et Mme Smith forment un couple tout ce qu'il y a de plus banal. Pourtant, M. Smith est exécuteur pour une organisation secrète et Mme Smith, tueuse à gages vendant ses services aux plus offrants. Ignorant chacun les ...

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MR TURNER, Mike Leigh 2014, Timothy Spall, Paul Jesson (bio)@@


Artiste reconnu, membre apprécié quoique irrévérencieux de la Royal Academy of Arts, le peintre J.M.W. Turner peut compter sur le soutien indéfectible de son père qui est aussi son assistant. Il est aussi choyé par sa dévouée gouvernante. Il fréquente l'aristocratie, visite les bordels en quête de tendresse et nourrit son inspiration par ses nombreux voyages. A la mort de son père, profondément affecté, Turner ne veut plus voir personne. Sa vie change cependant quand il rencontre Sophia Booth.

TELERAMA
Autoportrait impressionniste de l’artiste en cochon grognon : Turner (1775-1851), peintre paysager porté peu à peu jusqu’aux limites du figuratif, devient pour Leigh le chroniqueur élégiaque d’un monde perdu. Timothy Spall est génial.

Du peintre anglais William Turner (1775-1851), Timothy Spall fait un presque obèse à la démarche de crapaud, visage grimaçant, grognements porcins à gogo. Comment, de tant de laideur, jaillit une beauté sans pareille… Dans ce récit fragmenté des vingt-cinq dernières années de sa vie, l’art de Turner est d’abord montré comme un métier. Pas sans analogie avec celui de cinéaste : repérages, croquis comme les esquisses d’un story-board, visite au marchand de couleurs comme on va chez le loueur de caméras.

Il est très vraisemblable que Mike Leigh, auteur des féroces Naked (1993) et Another year (2010) partage la misanthropie tranquille de son personnage. Tout au long du film, Turner ne trouve son accomplissement que face aux paysages qui vont l’inspirer — magnifiquement rendus par l’image de Dick Pope, qui a étudié les pigments utilisés par le peintre. Ou au milieu des éléments, le film attestant une légende selon laquelle Turner se serait attaché au mât d’un navire pour être au coeur d’une tempête. La beauté, la vérité du monde résident dans un ciel changeant que le soleil et les nuages recomposent en mille nouveaux contours. Mais certainement pas en l’homme : ni lui-même (« Quand je me regarde dans un miroir, je vois une gargouille »), ni ceux qu’il côtoie, dont la laideur morale accompagne parfois les déconfitures implacables du corps (comme cette servante, et maîtresse occasionnelle, au visage dévoré par le psoriasis). Par petites touches, Mr. Turner installe un sentiment poignant d’élégie. Cerné par la laideur, le peintre s’est entraîné à ne voir que la beauté. Une scène tire les larmes : il chante, d’une voix mal assurée, When I am laid in earth, tirée du Didon et Enée de Purcell. De l’ogre difforme sort la conscience d’un éden perdu. C’est bouleversant.
MR TURNER, Mike Leigh 2014, Timothy Spall, Paul Jesson (bio)@@ (E)
Artiste reconnu, membre apprécié quoique irrévérencieux de la Royal Academy of Arts, le peintre J.M.W. Turner peut compter sur le soutien indéfectible de son père qui est aussi son assistant. Il est ...

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MULHOLLAND DRIVE David Lynch 2001, Noami Watts,Laura Harring (thriller)@@@


Une femme brune reste amnésique après un accident de voiture. Elle erre dans les rues de Los Angeles dans un état second avant de se réfugier dans un appartement. Là, elle est découverte par Betty, une blonde saine du Midwest qui est venue dans la Cité des Anges à la recherche de la gloire en tant qu'actrice.

TELERAMA
David Lynch orchestre un vertigineux jeu de pistes dans les collines de Hollywood. Qu’on regarde ce film pour la centième fois ou pour la toute première, l’expérience est toujours troublante.

Roman d’amour dans la cité des rêves, hommage vitriolé à Hollywood, cauchemar éveillé d’amante délaissée, vertigineuse traversée des miroirs, le chef-d’œuvre lynchien est incrusté de références au cinéma classique : Sueurs froides, En quatrième vitesse, Gilda. Mais le scintillement des mythes et des citations n’empêche pas une somptueuse création romanesque.

Déstructuré en apparence, Mulholland Drive est aussi un film « normal », figuratif, dont on peut tirer l’histoire au clair (la première partie serait le songe ultime de l’héroïne de la seconde moitié). Un récit dont la mystérieuse faille médiane, sorte de trou noir, a influencé beaucoup de cinéastes depuis. Et dont les deux protagonistes figurent déjà parmi les plus belles apparitions du cinéma américain. Dans la bouche de Naomi Watts, dévorant des yeux Laura Elena Harring, ces mots galvaudés entre tous, « I’m in love with you », semblent prononcés pour la première fois sur un écran. Une déflagration sublime.

De Betty la blonde ingénue, aspirante actrice, et Rita la brune amnésique, voluptueuse accidentée, qui est l’élue des dieux hollywoodiens, qui est la fille perdue ? Rendez-vous sur les hauteurs de L.A. et dans les profondeurs de l’inconscient pour un grand film schizo et parano, grisant et vénéneux, qui fait un mal monstre et un bien fou.
MULHOLLAND DRIVE David Lynch 2001, Noami Watts,Laura Harring (thriller)@@@ (E)
Une femme brune reste amnésique après un accident de voiture. Elle erre dans les rues de Los Angeles dans un état second avant de se réfugier dans un appartement. Là, elle est découverte par Betty, ...

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MY LADY, Richard Eyre 2017, Emma Thomson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead (societe sante)@@@


Magistrate à la Haute Cour de Londres, Fiona est spécialiste en affaires familiales. Elle s’attache à faire primer « l’intérêt de l’enfant », comme le stipule le Children Act, voté au Royaume-Uni en 1989. À la veille d’un week-end, une requête urgente : un médecin demande à soigner de force un adolescent atteint de leucémie. Témoin de Jéhovah, Adam refuse toute transfusion sanguine. « L’intérêt » du jeune homme se trouve-t-il dans le respect de ses convictions religieuses ou dans la contrainte d’accepter le traitement médical qui pourrait lui sauver la vie ?

TELERAMA
Ian McEwan a lui-même adapté pour l’écran son court et magnifique roman sur la responsabilité individuelle. L’Intérêt de l’enfant, devenu My Lady — quel titre curieux… —, est le portrait poignant d’une femme confrontée, à l’aube de la soixantaine, à l’une des décisions les plus douloureuses de sa vie professionnelle, alors même que son mariage part en lambeaux. La finesse psychologique du romancier est illustrée sans fioritures par la sobre mise en scène de Richard Eyre, au prix, parfois, d’un certain statisme…

Ce sont les comédiens qui donnent au film son intensité. Face au troublant Fionn Whitehead (le jeune soldat de Dunkerque, remarquable), Emma Thompson livre une des performances les plus riches de sa carrière. Dans son jeu d’une précision millimétrée, la perfection technique, le contrôle du moindre geste, du moindre souffle ne brident jamais l’émotion ; ils la subliment.
MY LADY, Richard Eyre 2017, Emma Thomson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead (societe sante)@@@ (E)
Magistrate à la Haute Cour de Londres, Fiona est spécialiste en affaires familiales. Elle s’attache à faire primer « l’intérêt de l’enfant », comme le stipule le Children Act, ...

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MY SWEET PEPPER LAND, Hiner Saleem 2014, Korkmaz Arslan, Golshifteh Farahani (fable histoire iran)@@@


Parce qu'il supporte mal une pendaison sinistre qui a eu lieu dans le nouveau Kurdistan indépendant de l'Irak, Baran, un combattant des années de lutte contre le régime de Saddam Hussein, choisit de démissionner de la police et de rentrer chez lui. Il se heurte à sa mère et à sa volonté de le marier, puis obtient une mutation dans un poste de police reculé, à la frontière iranienne. C'est dans cette bourgade qu'exerce Govend, une institutrice obstinée dont il fait la connaissance. Govend est en butte à l'hostilité de la société patriarcale, tandis que Baran, assisté de Reber, son adjoint, découvre que la région est mise en coupe réglée par le seigneur local, Aziz Aga...

TELERAMA
Cette fable drôle et forte avec deux insoumis évoque mine de rien l’aspiration à la liberté d’une jeunesse asphyxiée.
Quelque part entre l’Iran, la Turquie et l’Irak, une jeune femme essaie de vivre sa vie et d’exercer son métier, loin des hommes de sa famille. De son côté, un officier de police, ancien combattant pour l’indépendance du Kurdistan, fuit sa mère, qui ne pense qu’à le marier. Ils vont s’aimer, bien sûr, en affrontant ensemble les obscurantistes qui règnent sur la région.

Burlesque, absurde, fantaisie : chez Hiner Saleem, l’humour console de tout — du moins, il aide à vivre. Dans cette zone de non-droit où la sauvagerie du paysage épouse la rudesse des hommes, le cinéaste s’amuse à orientaliser les codes du western. À la lueur des lampes à pétrole d’un saloon des steppes, son shérif levantin rappelle L’Homme des hautes plaines, de Clint Eastwood, et sa horde de hors-la-loi, les bandits en cache-poussière d’Il était une fois dans l’Ouest. Mais sous la stylisation perce la détresse d’une jeunesse asphyxiée par la famille et la société. Et puis il y a l’actrice iranienne Golshifteh Farahani, bannie par les mollahs depuis 2008, vibrante dans ce rôle d’insoumise. Quand sa silhouette se détache sur les montagnes au crépuscule, que s’élève le doux son du hang, cet instrument méconnu, il semble évident que la grâce existe. Dans le Kurdistan rêvé de Hiner Saleem, en tout cas.
MY SWEET PEPPER LAND, Hiner Saleem 2014, Korkmaz Arslan, Golshifteh Farahani (fable histoire iran)@@@ (E)
Parce qu'il supporte mal une pendaison sinistre qui a eu lieu dans le nouveau Kurdistan indépendant de l'Irak, Baran, un combattant des années de lutte contre le régime de Saddam Hussein, choisit de démissionner ...

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MYSTIC RIVER, Clint Eastwood 2003, Sean Penn, Tim Robbins, Laura Linney, Kevin Bacon (policier)@@


Boston, 1975. Jimmy, Sean et Dave sont trois amis d'enfance, mais un jour Dave est enlevé par deux hommes sous les yeux de ses deux amis impuissants. Les ravisseurs abusent sexuellement de Dave pendant quatre jours, jusqu'à ce que ce dernier réussisse à leur échapper.25 ans plus tard, alors que les trois amis ont suivi des voies différentes, leurs chemins vont à nouveau se croiser lors d'un autre événement tragique : le meurtre de Katie, la fille de Jimmy.
MYSTIC RIVER, Clint Eastwood 2003, Sean Penn, Tim Robbins, Laura Linney, Kevin Bacon (policier)@@ (E)
Boston, 1975. Jimmy, Sean et Dave sont trois amis d'enfance, mais un jour Dave est enlevé par deux hommes sous les yeux de ses deux amis impuissants. Les ravisseurs abusent sexuellement de Dave pendant quatre jours, jusqu'à ce ...

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N OUBLIE JAMAIS, Nick Cassavetes 2004, Ryan Gosling, Rachel McAdams (societe)@@@


Dans les années 1940 en Caroline du Sud, Noah Calhoun, ouvrier d'usine, et Allie, une fille riche, sont désespérément amoureux. Mais ses parents n'approuvent pas. Lorsque Noah part servir pendant la Seconde Guerre mondiale, cela semble marquer la fin de leur histoire d'amour.

TELERAMA
On devine ce que doit être Les Pages de notre amour, de Nicholas Sparks : un roman de gare. Nick Cassavetes, réalisateur honnête qu'on avait cru doué (Décroche les étoiles, She's so lovely), l'a honnêtement transposé pour en faire un honnête roman-photo... Tous les jours, dans cet hospice luxueux, le vieux Duke raconte à une dame, atteinte de la maladie d'Alzheimer, une histoire qu'elle oublie aussi vite. La même histoire. Une histoire d'amour, évidemment. Celle d'Allie et Noah.

Années 40. Le sud des Etats-Unis. Allie est jeune, riche, gâtée : presque une héroïne de Scott Fitzgerald. Noah est pauvre, aimé par un père magnifique (Sam Shepard) et amoureux d'Allie pour la vie. Lorsque la société les sépare, il lui écrit une lettre par jour pendant un an, toutes dérobées par la mère de la jeune fille (Joan Allen, superbe en marâtre snob). Mais un jour, sur le point d'épouser le Jules parfait, Allie retrouve son Jim...

On devrait être en larmes. On n'est ému qu'à la fin, lors des scènes entre James Garner et Gena Rowlands. Grâce à elle. Parce qu'elle a été l'épouse de John Cassavetes, qu'elle est la mère du réalisateur et qu'elle parviendrait à être magique en récitant l'annuaire.

Le reste, précisément, est un brin téléphoné. Et esthétisant : envols d'oiseaux, couchers de soleil rougeoyants, etc. Rachel Mc Adams (Allie jeune) serait charmante sans ses rires répétés, donc agaçants. Ryan Gosling, en revanche, est une vraie révélation. Toujours juste, en dépit de la ridicule barbe dont on l'a affublé dans la deuxième partie, sans doute pour le vieillir un peu.
N OUBLIE JAMAIS, Nick Cassavetes 2004, Ryan Gosling, Rachel McAdams (societe)@@@ (E)
Dans les années 1940 en Caroline du Sud, Noah Calhoun, ouvrier d'usine, et Allie, une fille riche, sont désespérément amoureux. Mais ses parents n'approuvent pas. Lorsque Noah part servir pendant la Seconde Guerr ...

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NANNY MAC PHEE, Kirk Jones 2005, Emma Thompson, Colin Firth (jeunesse)@@


Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un rien de temps, ils sont parvenus à décourager 17 candidates au poste à hauts risques de gouvernante. Mais il ne va pas en aller de même avec Nanny McPhee, la nouvelle postulante aussi effrayante qu'énigmatique.

TELERAMA
Une nounou dotée de pouvoirs magiques arrive dans une famille de sept enfants qui mènent la vie dure à leur pauvre père, veuf et terrorisé par une vieille tante autoritaire. Emma Thompson brille par son humour et son charme.

La 87e gouvernante des insupportables gamins Brown vient de rendre son tablier. Elle a cru que les six gamins avaient rôti et mangé leur petite sœur de quelques mois… Dépassé par la situation depuis la mort de sa femme, Mr Brown, gentil employé des pompes funèbres, voit alors débarquer du ciel une nounou providentielle : Nanny McPhee… À savoir Emma Thompson, qui a écrit ce scénario inspiré d’une série anglaise, et en a conservé le charme (faussement) naïf et l’imagerie colorée.

Pour cet avatar de Mary Poppins, l’actrice s’est affublée de verrues, d’un nez d’ivrogne et de dents de lapin qui, curieusement, disparaissent progressivement dès lors que les gamins apprennent à lui obéir. Elle embellit quand les autres se bonifient, en quelque sorte. On passera sur le rose bonbon du conte pour quelques scènes à la méchanceté plus incisive et pour les moments cocasses où l’humour l’emporte sur le sentimentalisme. C’est lorsqu’il vise franchement le burlesque que le réalisateur s’amuse et nous amuse le plus.
NANNY MAC PHEE, Kirk Jones 2005, Emma Thompson, Colin Firth (jeunesse)@@ (E)
Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un ...

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NANNY MAC PHEE, Kirk Jones 2006, Colin Firth, Emma Thomson (fantastique jeunesse)@@


Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un rien de temps, ils sont parvenus à décourager 17 candidates au poste à hauts risques de gouvernante. Mais il ne va pas en aller de même avec Nanny McPhee, la nouvelle postulante aussi effrayante qu'énigmatique.

TELERAMA
Une nounou dotée de pouvoirs magiques arrive dans une famille de sept enfants qui mènent la vie dure à leur pauvre père, veuf et terrorisé par une vieille tante autoritaire. Emma Thompson brille par son humour et son charme.

La 87e gouvernante des insupportables gamins Brown vient de rendre son tablier. Elle a cru que les six gamins avaient rôti et mangé leur petite sœur de quelques mois… Dépassé par la situation depuis la mort de sa femme, Mr Brown, gentil employé des pompes funèbres, voit alors débarquer du ciel une nounou providentielle : Nanny McPhee… À savoir Emma Thompson, qui a écrit ce scénario inspiré d’une série anglaise, et en a conservé le charme (faussement) naïf et l’imagerie colorée.

Pour cet avatar de Mary Poppins, l’actrice s’est affublée de verrues, d’un nez d’ivrogne et de dents de lapin qui, curieusement, disparaissent progressivement dès lors que les gamins apprennent à lui obéir. Elle embellit quand les autres se bonifient, en quelque sorte. On passera sur le rose bonbon du conte pour quelques scènes à la méchanceté plus incisive et pour les moments cocasses où l’humour l’emporte sur le sentimentalisme. C’est lorsqu’il vise franchement le burlesque que le réalisateur s’amuse et nous amuse le plus.
NANNY MAC PHEE, Kirk Jones 2006, Colin Firth, Emma Thomson (fantastique jeunesse)@@ (E)
Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un ...

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NAPOLEON, Ridley Scott 2023, Joaquin Phoenix, Vanessa Kirby (histoire)@@


Les origines de Napoléon et de son ascension aussi impitoyable que rapide, depuis sa promotion à l'époque de la Révolution jusqu'à ses derniers jours, à travers le prisme de sa relation addictive et explosive avec sa femme et unique amour, Joséphine.

TELERAMA
Hormis de spectaculaires batailles, ce biopic lourdingue sur l’empereur au bicorne est une aberration.
Après Moïse et Christophe Colomb, pourquoi pas Napoléon ? Ce n’est pas la modestie qui étouffe Ridley Scott. Toute proportion gardée, on jurerait qu’il s’est un peu reconnu dans la folie des grandeurs de l’Empereur, dans son manque certain d’humour et son art de mettre en scène la guerre. Les batailles, c’est à peu près la seule chose digne d’être sauvée. Celle, victorieuse, d’Austerlitz, avec ses soldats russes encerclés puis piégés au-dessus des étangs gelés. Mais aussi la grande débâcle de Waterloo, révélant des Britanniques parfaitement organisés, grâce à la formation en carrés de leur infanterie. Les amateurs du Prussien Carl von Clausewitz ou des parties de Risk apprécieront.

Un génie de la stratégie militaire et un envahisseur sanguinaire, voilà à quoi s’arrête ce portrait du général au bicorne. C’est insuffisant. Et désinvolte quant à la vérité factuelle – les tirs au canon sur les pyramides d’Égypte font partie des premières inexactitudes relevées par les historiens. Rien sur la politique de Napoléon en France, sa gouvernance, ses tactiques, son despotisme complexe ?

Un portrait qui frise la farce
Le film dure pourtant deux heures et quarante minutes, mais ne fait qu’aligner des dates, en survolant de manière très superficielle ce qu’elles recouvrent, comme dans une bande-annonce. Le siège de Toulon, en 1793 (première victoire décisive), le coup d’État de 1799, le rôle de Premier consul, le sacre d’Empereur… Un seul autre personnage se détache, celui de l’épouse, Joséphine de Beauharnais (Vanessa Kirby), montrée comme une forte tête, capable de lui résister. Mais même cette impératrice, forcée à divorcer, n’existe pas vraiment, sinon comme un fantasme projeté par Napoléon, qui lui écrit des lettres enflammées – et dénuées de la moindre poésie. Ce qu’elle ressent, ce qu’elle pense ne sont jamais fouillés.

On se demande d’ailleurs si la dame l’aime vraiment, ce nabot mal poli. Et comment le pourrait-elle, tant Ridley Scott fait de l’Aigle un laideron, un tyran quasiment autiste et un piètre amant. Le portrait, chargé, frise la farce involontaire. L’utilisation de la langue de Shakespeare dans la bouche du Corse pleurard très attaché à sa maman n’arrange rien. Pas plus que l’interprétation de Joaquin Phoenix – impossible de voir en lui Napoléon, on ne voit que l’acteur (ou le chanteur Serge Lama ?), figé dans son rôle. Bref, si l’on était cocardier, on pourrait soupçonner une opération téléguidée par les services secrets britanniques…


NAPOLEON, Ridley Scott 2023, Joaquin Phoenix, Vanessa Kirby (histoire)@@ (E)
Les origines de Napoléon et de son ascension aussi impitoyable que rapide, depuis sa promotion à l'époque de la Révolution jusqu'à ses derniers jours, à travers le prisme de sa relation addictive et ...

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NAPOLEON, Yves Simoneau2002, Isabella Rosselini, Christian Clavier, Gerard Depardieu (saga bio)@@


En 1818 à Sainte-Hélène, Napoléon, en exil, jette un regard empreint de nostalgie sur son passé. En 1795, alors jeune général, il mate une émeute royaliste et, à tout juste 27 ans, épouse la belle Joséphine de Beauharnais. Il part aussitôt en Italie combattre les Autrichiens et revient au pays auréolé d'une éclatante victoire. Ambitieux, il se lance dans la campagne d'Egypte. L'opération s'avère être un échec, mais les découvertes des scientifiques qu'il a pris soin d'emmener avec lui font de cette défaite militaire une odyssée de l'esprit. De retour en France, et avec l'aide de ses frères Joseph et Lucien, ainsi qu'avec le soutien de Fouché et des généraux, il fomente un coup d'Etat...

TELERAMA
Exilé à Sainte-Hélène, Napoléon se souvient. Sa première rencontre avec Joséphine de Beauharnais, son ascension au sein de l’armée... Christian Clavier incarne Bonaparte avec une inhabituelle sobriété.

Ne barguignons pas : décors, interprétation, dialogues, mise en image, rythme, tout concourt à rendre divertissant ce Napoléon. La fiction est conforme à sa légende et à l'idée qu'une majorité de Français se font de lui, quand il n'était encore que Bonaparte : ambitieux et conquérant, prompt à verser le sang — impossible de l'oublier —, mais d'abord au service de la République. Déjà pas très démocrate, Bonaparte, mais, comme il le souligne : « J'aime l'ordre, je suis républicain. »

Il y a quatorze ans, on n'attendait pas de cette évocation qu'elle ébranlât la statue du Petit Caporal que les siècles nous ont livrée. France 2, productrice du téléfilm, voulait avant tout montrer qu'elle pouvait faire preuve d'autant de ressources et d'inspiration que TF1. En l'occurrence, Napoléon est plus fluide, moins façonné à la hache que le Monte-Cristo et le Balzac réalisés par Josée Dayan et diffusés sur la Une à la fin des années 1990. Yves Simoneau, qui maîtrise plutôt bien les scènes de foule, multiplie les tête-à-tête entre Bonaparte et Joséphine, Bonaparte et Fouché, Bonaparte et Talleyrand, propices à des répliques historiques et à des numéros d'acteur attendus. Et Clavier ? Il intériorise son rôle, joue dans la sobriété ; lui restent quelques scories de fébrilité à la de Funès, reflétant peut-être celle du héros. Quant à Anouk Aimée, elle est délicieuse dans le rôle inattendu de Letizia, mère de Bonaparte.
NAPOLEON, Yves Simoneau2002, Isabella Rosselini, Christian Clavier, Gerard Depardieu (saga bio)@@ (E)
En 1818 à Sainte-Hélène, Napoléon, en exil, jette un regard empreint de nostalgie sur son passé. En 1795, alors jeune général, il mate une émeute royaliste et, à tout juste 27 a ...

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NATURAL LIGHT, Denes Nagy 2021, Ferenc Szabó, László Bajkó (guerre)@@


En 1943, les soldats du Troisième Reich sont parvenus à leurs fins en occupant l'Union soviétique. Sur place, la révolte gronde, et Semetka, d'origine hongroise, oeuvre avec son unité spéciale pour mettre les partisans russes hors d'état de nuire. Au cours d'une opération, son commandant est tué.

TELERAMA
URSS occupée, Seconde Guerre mondiale. Un sous-lieutenant de l’armée hongroise est chargé de traquer les partisans russes. Un film obscur aux cadres somptueux.

Peu de paroles dans ce monde de sons et de sensations. La boue, la faim, la menace, mais aussi l’attente, le vide, marquent cette guerre d’occupation, où l’ennemi reste invisible. C'est une page d’histoire méconnue. De 1941 à 1944, une partie de l’URSS est sous occupation allemande. L’armée hongroise, alliée de l’Allemagne, a pour mission de maintenir l’ordre dans les campagnes reculées et de traquer les partisans russes. Semetka, un paysan hongrois enrôlé comme sous-lieutenant, mène une unité vers un village isolé. Cet antihéros opaque et taciturne, seul personnage qui se détache vraiment, sert de passeur, dans ce premier long métrage de fiction à la mise en scène très maîtrisée. Dénes Nagy compose des plans-séquences somptueux, des cadres envoûtants, dominés par le clair-obscur, la grisaille, les tons bruns et kaki. Et pour affermir le réalisme, celui qui vient du documentaire a fait appel à des non-professionnels — c’est un défilé impressionnant de trognes, de gueules creusées. Les soldats progressent dans une forêt de bouleaux, longent un fleuve. Peu de paroles dans ce monde de sons et de sensations. La boue, la faim, la menace, mais aussi l’attente, le vide, marquent cette guerre d’occupation, où l’ennemi reste invisible.

Force d’âme et passivité coupable
Lorsque la troupe hongroise arrive dans le village, elle y prend ses aises, non sans interroger, harceler, isoler des habitants suspects. Semetka dirige certaines opérations, en donnant cette étrange impression de se tenir à distance. Aurait-il plus de scrupules que les autres ? Tenter de déceler, à travers son visage impassible mais au regard triste, des traces salutaires d’humanité, voilà ce à quoi s’attelle Dénes Nagy. Un moment, l’homme ne dit rien sur une jeune partisane qu’il entraperçoit nichée dans une souche d’arbre. Mais plus tard, il tait aussi un massacre atroce commis par les siens. Oscillation entre force d’âme et passivité coupable, Natural Light fait de ce soldat ordinaire un symbole terrible de la confusion engendrée par toute guerre.
NATURAL LIGHT, Denes Nagy 2021, Ferenc Szabó, László Bajkó (guerre)@@ (E)
En 1943, les soldats du Troisième Reich sont parvenus à leurs fins en occupant l'Union soviétique. Sur place, la révolte gronde, et Semetka, d'origine hongroise, oeuvre avec son unité spéciale pour ...

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NE TE RETOURNE PAS, Marina De Van 2009, Sophie Marceau, Monica Bellucci (societe)@@


Jeanne, plongée dans l'écriture d'un premier roman, constate des changements mystérieux autour d'elle et voit son corps se transformer. Son entourage ne semble pas s'en apercevoir. Troublée, elle découvre chez sa mère une photographie qui la met sur la trace d'une femme, en Italie. Jeanne, désormais transformée, y trouvera la clef d'un étrange passé.

TELERAMA
C'est en cinéaste plasticienne que la réalisatrice mène une drôle d’enquête, en France puis en Italie, autour d’un trauma d’enfance. Comme dans le cubisme de Picasso ou les toiles de Bacon, les visages se confondent, s’enchevêtrent. Cette histoire sacrilège (un visage de star, c’est un peu sacré) fait peur et fait rire. Compétition redoutable entre deux actrices, schizophrénie galopante, analyse psy sauvage, on peut interpréter à sa guise cet objet baroque, hirsute et grotesque. Qui rappelle Cronenberg ou Almodóvar, mais surtout ces polars italiens, les gialli. Malgré quelques travers de scénario, le film reste un prototype stimulant de cinéma figuratif et défiguré.
NE TE RETOURNE PAS, Marina De Van 2009, Sophie Marceau, Monica Bellucci (societe)@@ (E)
Jeanne, plongée dans l'écriture d'un premier roman, constate des changements mystérieux autour d'elle et voit son corps se transformer. Son entourage ne semble pas s'en apercevoir. Troublée, elle découvre ...

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NEUILLY SA MERE, Gabriel Julien-Laferrière 2009, Samy Seghir, Denis Podalydès, Joséphine Japy (societe)


Sami Benboudaoud, 14 ans, vit heureux avec ses potes dans sa cité de Châlon. Hélas, le destin l'arrache un jour à son paradis, et le propulse dans l'enfer de Neuilly-sur- seine ! Là, il est confié à sa tante Djamila, qu'il rencontre pour la première fois, et à son mari, Stanislas de Chazelle, héritier d'une vieille famille française extrêmement rigide sur les bonnes manières.

TELERAMA
Un petit Beur marrant et sympa est contraint de vivre à Neuilly… Comédie qui remet au goût du jour une intrigue vieillotte et boulevardière. Artificiel.

Derrière ce titre très mode se dissimule, à peine remise au goût du jour, une comédie de boulevard, comme on en écrivait et en filmait jusque dans les années 1970 : Les J3, Les portes claquent, A nous les petites Anglaises... Deux clans, caricaturaux, s'opposent : le petit beur de Chalon, mignon, sympa, marrant, et les gens de Neuilly, crétins, hystériques et snobs. Le père de famille fait une crise si on coupe la salade avec un couteau, et son fils rêve de devenir président de la République...

Comme dans le temps, des stars amusées apparaissent, le temps d'un éclair : François-Xavier Demaison en curé footeux, Balasko en principale de collège, Galabru en sénateur... Denis Podalydès et Valérie Lemercier, eux, semblent ravis de s'envoyer des « connasse » et des « enculé » à la gueule. Cinématographiquement, c'est le minimum syndical, mais le film a fait un triomphe en salles, avec des répliques devenues cultes, style « ma chambre, tu l'aimes ou tu la quittes »...
NEUILLY SA MERE, Gabriel Julien-Laferrière 2009, Samy Seghir, Denis Podalydès, Joséphine Japy (societe) (E)
Sami Benboudaoud, 14 ans, vit heureux avec ses potes dans sa cité de Châlon. Hélas, le destin l'arrache un jour à son paradis, et le propulse dans l'enfer de Neuilly-sur- seine ! Là, il est confié &a ...

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NI JUGE NI SOUMISE, Jean Libon et Yves Hinant 2017, Anne Gruwez, Serge Graide, Marc Slavic (societe)@@


Deux documentaristes du magazine belge “Strip-tease” ont suivie pendant trois ans une juge d’instruction à la langue bien pendue et au cœur bien accroché. Fascinant.
"Ni Juge, ni soumise" est le premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Ce n'est pas du cinéma, c'est pire.

TELERAMA
Au volant de sa 2 CV bleu pervenche, elle sillonne Bruxelles, sa ville, d’une scène de crime à l’autre. « Dans cet immeuble-là, j’ai eu une décapitation… Ici, un triple homicide. » Caustique comme Miss Marple, capable de sortir une blague dans les situations les plus éprouvantes, Anne Gruwez aurait pu être un truculent personnage de fiction. Elle est pourtant une authentique juge d’instruction à la langue bien pendue et au cœur bien accroché, que Jean Libon et Yves Hinant, respectivement le créateur et l’un des réalisateurs du magazine belge Strip-tease, ont suivie pendant trois ans après lui avoir déjà consacré deux fameux épisodes télévisés. Entre les auditions, toutes plus fascinantes les unes que les autres, la magistrate enquête sur une affaire classée depuis vingt ans : deux prostituées assassinées dont il s’agit de retrouver les clients grâce au contenu d’un vieux sac-poubelle plein de préservatifs, conservé comme un Rembrandt dans les sous-sols du palais de justice de Bruxelles.

À chaque instant, le sordide côtoie la misère… « C’est souvent dans l’histoire d’un crime qu’on peut voir à la loupe la société dans laquelle on patauge », tel est le credo de cette variante belge et surréaliste du Délits flagrants de Raymond Depardon.
NI JUGE NI SOUMISE, Jean Libon et Yves Hinant 2017, Anne Gruwez, Serge Graide, Marc Slavic (societe)@@ (E)
Deux documentaristes du magazine belge “Strip-tease” ont suivie pendant trois ans une juge d’instruction à la langue bien pendue et au cœur bien accroché. Fascinant.
"Ni Juge, ni soumise" ...

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NIGHT AND DAY James Mangold 2010, Tom Cruise, Cameron Diaz


Quand June Havens drague son charmant voisin dans un avion quittant le Kansas, elle ne sait pas qu'elle s'embarque dans une aventure internationale. L'homme en question, Roy Miller, est un agent secret sous couverture.

TELERAMA
James Mangold s’attaque au film d’espionnage avec Tom Cruise dans le rôle d’un James Bond survitaminé et Cameron Diaz dans celui de la ravissante idiote. Un concentré d’ironie et d’énergie.

Ce mélange savoureux de comédie romantique et d’espionnage a ce quelque chose qui explique et n’explique rien… Roy Miller (Tom Cruise), mâchoire carrée et sourire en coin, possède un objet que le FBI veut récupérer et qu’il planque à l’aéroport de Wichita, Kansas, dans les bagages d’une inconnue. Puis il élimine la dizaine de passagers patibulaires de l’avion dans lequel ils ont pris place, et se pose sans encombre, ou presque, dans un champ de maïs…

Au fil de cette improbable odyssée, les paysages les plus divers (Espagne, Autriche, Jamaïque…) se succèdent sans transition. Parfois, on frise la saturation, mais ces scènes exotiques et ultra violentes, vécues par le héros comme des promenades de santé, contribuent à semer un doute plaisant. Et si les réveils comateux de Cameron Diaz aux quatre coins du globe n’étaient que des fantasmes ? Et si ce blockbuster n’était qu’un parfait trompe-l’œil ?
NIGHT AND DAY James Mangold 2010, Tom Cruise, Cameron Diaz (E)
Quand June Havens drague son charmant voisin dans un avion quittant le Kansas, elle ne sait pas qu'elle s'embarque dans une aventure internationale. L'homme en question, Roy Miller, est un agent secret sous couverture.

TELERAMA

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NIGHT CALL, Dan Gilroy 2014, Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton (thriller)@@


Oiseau de nuit asocial, Lou fait une halte sur le site d'un accident de la route. Fasciné par le travail des caméramans pigistes guidés sur les lieux par les radars de la police, le jeune voleur décide de faire de ce métier sa nouvelle vocation.

TELERAMA
Avant d’être traduit de l’anglais en anglais… Night Call s’appelait Nightcrawler , « ver de terre » : le genre de vermine qui se repaît des cadavres. Un soir, à Los Angeles, Lou, un voleur miteux, découvre sa vocation. En tombant par hasard sur un accident de la circulation, il repère des cameramen : ce job est fait pour lui !

Ce portrait d’un « filmeur en série » tient, en grande partie, à la performance d’un Jake Gyllenhaal sans âge, amaigri, indéchiffrable, onctueux et sournois. Car, devenu le meilleur de tous les charognards qui traquent le fait divers, il n’est pas simplement cynique ou vénal. C’est un authentique sociopathe. À travers cette figure dérangeante, le film ne s’attaque pas seulement au commerce du voyeurisme. Il épingle aussi le discours agressif et aliénant du management et l’avidité moderne — gloire à ceux qui sont prêts à tout, vraiment tout… Pour son premier long métrage, Dan Gilroy filme Los Angeles comme on le voit rarement : une ville dont les lumières vacillent, un organisme infecté par le plus contemporain des monstres de cinéma.
NIGHT CALL, Dan Gilroy 2014, Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton (thriller)@@ (E)
Oiseau de nuit asocial, Lou fait une halte sur le site d'un accident de la route. Fasciné par le travail des caméramans pigistes guidés sur les lieux par les radars de la police, le jeune voleur décide de faire d ...

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NON STOP, Jaume Collet-Serra 2014, Liam Neeson, Julianne Moore, Scoot McNairy (thriller)@


Responsable de la sécurité des passagers, l'agent fédéral Bill Marks voyage beaucoup bien qu'il déteste l'avion. Mais c'est son métier et aujourd'hui il est bien obligé d'embarquer sur ce vol pour Londres. Alors qu'il survole l'Atlantique, il reçoit un SMS provenant d'un autre passager qui lui annonce que quelqu'un va mourir, sauf si l'on effectue un virement de 150 millions de dollars sur un compte en Suisse.

TELERAMA
Jaume Collet-Serra fait dans le film de genre : après “Esther” et “Sans identité”, le voilà aux manettes d’un thriller aérien... Classique et efficace.

Depuis le 11 Septembre, le thriller aérien a prospéré à Hollywood, tout comme la profession de commandant de bord. En l’occurrence, c’est Liam Neeson qui est chargé de la sécurité de ce vol New York-Londres. Il dispose d’une poignée d’heures pour identifier le terroriste parmi les passagers. Le film exploite à fond la paranoïa ambiante et l’espace confiné à bord de l’avion. Ce suspense est correctement mené : le spectateur n’a jamais d’avance sur le flic.

Alors qu'il effectue un vol entre New York et Londres, Bill Marks, un officier de la police de l'air qui déteste prendre l'avion, reçoit un message sur son téléphone, une ligne a priori sécurisée. L'inconnu, qui dit se trouver parmi les 146 passagers, menace d'assassiner une personne toutes les 20 minutes si on ne lui remet pas 150 millions de dollars. D'abord incrédule, Bill Marks le prend au sérieux quand un premier passager est retrouvé mort dans les toilettes. Alors qu'il tente de trouver le terroriste, on l'accuse de vouloir détourner l'avion. Marks tente de déjouer le piège dans lequel il est tombé, alors que l'armée est sur le point d'intervenir...
NON STOP, Jaume Collet-Serra 2014, Liam Neeson, Julianne Moore, Scoot McNairy (thriller)@ (E)
Responsable de la sécurité des passagers, l'agent fédéral Bill Marks voyage beaucoup bien qu'il déteste l'avion. Mais c'est son métier et aujourd'hui il est bien obligé d'embarquer sur ce vol ...

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NOPE, Jordan Peele 2022, Daniel Kaluuya, Keke Palmer (science fiction)@@


Les habitants d'une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d'une découverte terrifiante à caractère surnaturel qui affecte humains et animaux. Les gérants d'un ranch de chevaux tentent de comprendre ce phénomène mystérieux alors que le propriétaire d'un parc à thème tente d'en tirer profit.

TELERAMA
Dans un Far West désarçonnant, un ovni aspire tout, dès lors qu’on le regarde. Une métaphore originale et efficace sur les dangers de la société du spectacle.
Méfiez-vous des nuages. En particulier de ce qui se cache à l’intérieur… Une mystérieuse menace plane au-dessus d’un ranch californien perdu en pleine campagne. C’est létal, ni tout à fait organique, ni tout à fait technologique, ça vient d’un autre monde pour semer la terreur.

Après avoir passé le racisme endémique de la société américaine à la moulinette du cinéma d’épouvante (Get Out, très applaudi en 2017), enchaîné avec un thriller sur l’horreur du conformisme dans Us, en 2019, le réalisateur Jordan Peele revient avec un film-ovni, à tous les sens du terme. D’abord parce qu’il s’agit bien d’une entité extraterrestre, d’une rencontre du troisième type encore plus énigmatique (et inquiétante) que celle qu’imaginait Steven Spielberg en 1977. Ensuite parce que ladite entité, entre soucoupe volante, méga tube digestif et grand prédateur, hante une production éminemment étrange. Où un gaillard taiseux (Daniel Kaluuya, qui était déjà la vedette de Get Out), éleveur de chevaux en perpétuelle bisbille avec sa sœur (la pétulante Keke Palmer), se retrouve à l’épicentre d’un genre presque neuf, voire expérimental : l’horreur méditative. Place aux grands espaces creusés de silence, à un parc d’attractions miteux sur le thème du western, au bruit blanc des appareils électriques avant chaque attaque de la « chose »…

Une grande métaphore de la société du spectacle
Cette dernière fonctionne comme un aspirateur aérien géant, arrachant hommes, bêtes et objets à la pesanteur pour les recracher sous forme de pluie acérée et sanguinolente (grand déluge de vomi cosmique sur la maison des héros). Or l’ovni sauvage ne devient aspirateur que quand il est regardé, et tout le monde veut tirer profit des images du phénomène, par tous les moyens, des téléphones portables aux caméras de surveillance, en passant par les vieilles bobines de films. Jordan Peele offre ainsi une grande métaphore sur la société du spectacle et sur la fascination pour les images, dans ce qu’elle a de plus dangereux (un vide abstrait, qui gobe et digère tout ce qui passe à sa portée), mais aussi de plus mystérieux : le film rend un hommage, un brin cinglé, à la puissance onirique du cinéma. Avec, aussi, une réappropriation militante et culturelle de ses mythes. Les personnages principaux de l’aventure sont ainsi des cow-boys noirs, tout comme l’était le premier cavalier hollywoodien imprimé sur pellicule, que l’on aperçoit sur d’authentiques images d’archives…
NOPE, Jordan Peele 2022, Daniel Kaluuya, Keke Palmer (science fiction)@@ (E)
Les habitants d'une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d'une découverte terrifiante à caractère surnaturel qui affecte humains et animaux. Les gérants d'un ranch de chevaux tent ...

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NOS FRANGINS, Rachid Bouchareb 2022, Reda Kateb, Lyna Khoudri (societe)@@


La nuit entre le 5 et le 6 décembre 1986, Malik Oussekine, étudiant de vingt-deux ans, est mort à la suite d'une intervention de la police, alors que Paris était secoué par des manifestations estudiantines contre une nouvelle réforme de l'éducation. Le ministère de l'intérieur est d'autant plus enclin à étouffer cette affaire, qu'un autre français d'origine algérienne a été tué la même nuit par un officier de police.

TELERAMA
Le meurtre d’un jeune d’origine algérienne par un policier, la même nuit que la mort de Malik Oussekine.... L’autopsie sidérante d’une colère.
Bien malgré lui, Malik Oussekine fait partie de l’Histoire. Et tous ceux qui, de près ou de loin, ont vécu le mouvement de 1986 contre la loi Devaquet et la mort de ce garçon doux, à la suite de violences policières, retiendront à jamais son nom. Mais qui se souvient d’Abdel Benyahia ? Ce jeune Français de 20 ans est décédé la même nuit que Malik, à Pantin, à la suite d’une bavure — le policier, ivre, qui lui a tiré dessus à bout portant, n’était pas en service. Mettre en lumière ce drame étouffé à l’époque et le relier à l’autre, retentissant, voilà la force de Nos frangins, reconstitution bouleversante de ces événements.

C’est un inspecteur de l’IGS (la police des polices), qui fait le lien entre ces deux affaires. Personnage créé de toutes pièces, Mattei (Raphaël Personnaz) enquête pour en savoir plus sur Malik et doit retarder l’annonce du décès d’Abdel. Il paraît lui-même accablé par cette lourde tâche, on dirait un revenant ou un messager de la mort, complice du mal malgré lui. Entre passages à la morgue, commissariat et bureaux sinistres, l’ambiance générale du film est funèbre et le récit, volontairement éclaté. Le déroulé exact de la nuit du 5 au 6 novembre 1986 se fait en plusieurs étapes, incluant des allers-retours dans le temps.

Rachid Bouchareb, réalisateur de “Nos frangins” : “Le cinéma permet le concret, le public peut s’emparer du film et débattre”

Les deux martyrs ont des points communs, notamment leur origine algérienne. Mais leurs familles respectives diffèrent beaucoup. Celle de Malik est un cas parfait d’intégration. Le grand frère, Mohammed (Reda Kateb), tiré à quatre épingles, gagne bien sa vie, connaît ses droits. Sa sœur, Sarah (Lyna Khoudri), vit avec un policier. Des citoyens français modèles. C’est vrai aussi de Malik, l’étudiant, qui se trouvait au Quartier latin la nuit du 5 au 6 décembre, sans lien avec les événements. Et dont on apprend qu’il voulait se convertir au catholicisme et devenir prêtre. Abdel, lui, vient de la banlieue, appartient à la classe laborieuse et humble. Son père (Samir Guesmi, émouvant, en homme pétrifié dans sa retenue) travaille dur comme garagiste. Il fait partie de cette génération d’immigrés qui cherche à passer inaperçue, et rase les murs. Il ne maîtrise pas totalement le français, il soupçonne qu’on lui cache quelque chose, mais courbe l’échine.

Difficile de ne pas être en colère
Pour mettre en perspective les destins parallèles de ces deux familles, Rachid Bouchareb et Kaouther Adimi (coscénariste) ont eu la bonne idée d’intégrer un grand nombre d’images d’archives, certaines connues. En les utilisant comme des éléments dramatiques à part entière, à même d’éclairer et de faire avancer l’action. Ce sont des bouffées de souvenirs qui remontent alors. En vrac : Noël Mamère au JT, les « voltigeurs », motocyclistes tabassant les passants, le discours de Charles Pasqua (« Gauchistes et anarchistes de tout poil et de toutes nationalités…  »), François Mitterrand se rendant auprès de la famille Oussekine, les manifestations d’ampleur nationale, le commentaire consternant de Robert Pandraud, ministre délégué à la sécurité (« Si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais de faire le con la nuit »), le témoignage décisif d’un habitant de l’immeuble, au 20 de la rue Monsieur-le-Prince…

Difficile de ne pas être en colère. Surtout lorsque Rachid Bouchareb fait résonner Mala vida, le titre de la Mano Negra, raccord avec la contestation de cette époque. Nos frangins suggère que des problèmes demeurent, hélas, qu’une partie de la jeunesse d’aujourd’hui est toujours sacrifiée. Dépositaire d’une mémoire collective, le film reste néanmoins toujours digne, dans une forme de recueillement. Un slogan fort, entraperçu sur une banderole d’époque, le résume très bien : « Le chagrin et la fierté ».
NOS FRANGINS, Rachid Bouchareb 2022, Reda Kateb, Lyna Khoudri (societe)@@ (E)
La nuit entre le 5 et le 6 décembre 1986, Malik Oussekine, étudiant de vingt-deux ans, est mort à la suite d'une intervention de la police, alors que Paris était secoué par des manifestations estudiantines ...

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NOS JOURS HEUREUX, Olivier Nakache et Eric Toledano 2006, Omar Sy (comique sentimental)@@


Vincent Rousseau dirige pour la première fois une colonie de vacances et se retrouve plongé pendant trois semaines dans l'univers des colos avec petites histoires et gros soucis à la clef ! Dès le départ en train, les enfants sont ingérables : l'une a perdu sa valise, l'autre assomme tout le monde de questions.

TELERAMA
C’est la tendresse filiale qui donne un supplément d’âme à cette comédie de vacances un peu stéréotypée. Les rapports que le héros, Vincent, animateur-chef (Jean-Paul Rouve), entretient avec son retraité de père (Jacques Boudet) ont des accents de vérité doux et agacés. L’arrivée de ce paternel ­oisif au beau milieu de la colo rend les olympiades finales nettement plus souriantes. Le reste du film illustre avec plus ou moins de finesse la chanson de Pierre Perret Les Jolies Colonies de vacances : chansons dans le car, bagarre à la cantoche et guitare à la belle étoile. Les monos sont aussi infantiles que les ados, et les enfants pourraient tous écrire à leurs parents « j’ai que 8 ans mais je m’débrouille ». Le montage est vif et le naturel des acteurs fait le reste.

Éric Toledano et Olivier Nakache se sont rencontrés en colo. Leur hommage sent suffisamment le vécu pour que la chronique l’emporte le plus souvent sur la grosse farce.

NOS JOURS HEUREUX, Olivier Nakache et Eric Toledano 2006, Omar Sy (comique sentimental)@@ (E)
Vincent Rousseau dirige pour la première fois une colonie de vacances et se retrouve plongé pendant trois semaines dans l'univers des colos avec petites histoires et gros soucis à la clef ! Dès le départ e ...

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NOS SOLEILS, Carla Simon 2022 (societe)@@


Depuis des générations, les Solé passent leurs étés à cueillir des pêches dans leur exploitation à Alcarràs, un petit village de Catalogne. Hélas, la récolte de cette année pourrait bien être la dernière, car ils sont menacés d'expulsion.

TELERAMA
Ils doivent quitter leurs vergers pour faire place à des panneaux solaires… Une chronique familiale forte, Ours d’or à Berlin en 2022.

Des arbres, des rires d’enfants : un sentiment de bonheur intemporel ouvre ce film espagnol, salué par l’Ours d’or du festival de Berlin en 2022. Tournée en Catalogne, dans la plaine d’Alcarràs, par une jeune réalisatrice qui a là ses origines familiales, cette fiction aux airs de documentaire vient opportunément nous parler des Hommes et de la terre. Un lien ancestral menacé : chez les Solé, qui cultivent des pêches, la fin d’un monde s’annonce. Le grand-père n’a pas de titre de propriété pour ses immenses vergers, donnés sur parole par un homme qu’il avait sauvé, en le cachant pendant la guerre. Mais le fils de ce Pinyol a décidé de tirer un trait sur le passé et sur les arbres, qu’il arrachera à la fin de l’été pour installer des panneaux solaires…

Autour de cette histoire qu’on croirait avoir vraiment entendue dans un village, une splendide chronique estivale s’organise, entre plaisir des habitudes et tensions nouvelles provoquées par le compte à rebours qui a été lancé. Le père Solé, en charge de l’exploitation, s’en prend aux lièvres, qui viennent lui manger ses fruits, tout comme à son ado de fils, qui s’est mis à cultiver des plants de cannabis, cachés dans un champ de maïs. Les femmes sont rabrouées aussi quand elles prétendent pouvoir aider à la cueillette, réservée aux hommes. C’est bien le seul moment qui ne serait pas partagé par tous, dans cette tribu d’inséparables où l’on ne dit jamais avec des mots l’affection qu’on se porte, ni combien on tient à cette vie au milieu des vergers.

Une œuvre de résistance exemplaire
En dirigeant des non-professionnels, la cinéaste Clara Simón construit des portraits marquants, à la fois bruts et subtilement élaborés. En témoignent, par exemple, ces plans sur le grand-père, le plus solitaire des Solé, lorsqu’il contemple ses arbres, dont il connaît toute l’histoire. Son dialogue avec la terre raconte un partage, une solidarité aussi, à travers le souvenir de la main tendue aux Pinyol. Autant de valeurs désormais abandonnées. Autour de la maison familiale, « l’empire solaire » que décrie le père pose ses jalons, commence à effacer la mémoire des lieux, comme s’ils n’étaient que surface utile. Mais sur l’écran, c’est tout le contraire que l’on voit.

Nos soleils est une œuvre de résistance exemplaire. Le réalisme du film va, bien sûr, de pair avec une vision pessimiste : un vent mauvais s’est levé sur Alcarràs et sur l’Espagne, où le recours aveugle à l’énergie photovoltaïque a eu des effets désastreux. Les producteurs de fruits comme les Solé ont subi aussi la guerre des prix menée par la grande distribution. « On extermine la paysannerie ! », les entend-on crier dans une scène de manif. Malmenés, méprisés, ils peuvent se sentir déjà balayés, comme le père quand il ne peut plus retenir ses larmes. Le temps, malgré tout, est avec eux : dans ce tableau d’époque, Clara Simón fait passer un peu d’éternité. La beauté d’un paysage fertile. La force de ceux qui ont là leurs racines, quoi qu’il arrive. Et la joie d’être à leurs côtés, de leur côté.

Alcarràs (Espagne, 2h). Scénario : Carla Simón, Arnau Vilaró | Avec Jordi Pujol Dolcet, Anna Otín, Xènia Roset, Albert Bosch. Mercredi 19 février, 23h15, Arte. Puis sur Arte.tv.

NOS SOLEILS, Carla Simon 2022 (societe)@@ (E)
Depuis des générations, les Solé passent leurs étés à cueillir des pêches dans leur exploitation à Alcarràs, un petit village de Catalogne. Hélas, la récolte de cet ...

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NOTRE DAME BRULE, Jean-Jacques Annaud 2022 (histoire catastrophe)@@@


Une reconstitution heure par heure de l'invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019, lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage rocambolesque et héroïque.

TELERAMA
Le 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame s’enflamme. À la manière d’un reportage en direct, ce film raconte de façon informative et surtout prenante l’étonnant déroulé des événements, nous transportant au cœur du grand spectacle de l’incendie.

Pour reconstituer l’incendie qui faillit ravager le joyau du patrimoine français, le 15 avril 2019, le réalisateur de La Guerre du feu (1981) et du Nom de la rose (1986) a d’abord misé sur ses talents de conteur. D’une manière aussi efficace qu’éclairante, il remet en ordre de bataille le déroulement d’une journée qui fonçait, l’air de rien, vers la catastrophe… Car c’est justement le 15 avril 2019 qu’un nouveau surveillant de la sécurité incendie arrive à Notre-Dame. Le temps de se familiariser avec les voyants, ils virent au rouge ! Il faut appeler le grand chef, qui ne répond pas : il tond sa pelouse ! Vérification faite, c’était une fausse alerte. Mais ce n’est pas au bon endroit qu’on a regardé…

Une malignité entêtée semble s’être emparée de tous les faits et gestes, jusqu’à provoquer un contre-la-montre dont le film tire les meilleurs effets. Par tous les moyens, mêlant vraies images d’infos, faux reportage et cinéma de reconstitution en studio, Jean-Jacques Annaud a voulu nous donner une vision globale d’un désastre que quelques images saisissantes avaient fini par résumer. Le résultat surprend. Très documenté sans être pour autant documentaire, il interroge parfois. Les pompiers étaient-ils vraiment d’une raideur aussi héroïque ? Leur action, en tout cas, est montrée dans toute sa démesure. Des toits de Notre-Dame ruisselle du plomb en fusion. Et le souffle de l’incendie nous saisit.
NOTRE DAME BRULE, Jean-Jacques Annaud 2022 (histoire catastrophe)@@@ (E)
Une reconstitution heure par heure de l'invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019, lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hom ...

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NOUVEAU DEPART, Cameron Crowe 2011, Matt Damon, Scarlett Johansson


Père célibataire, Benjamin Mee a du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, démissionne et achète une vieille maison sur une immense propriété, qui a la particularité d'abriter un zoo délabré. Plusieurs dizaines d'animaux vivent en effet au Rosemoor Animal Park, où la gardienne Kelly Foster et son équipe dévouée tentent de maintenir les installations tant bien que mal.
NOUVEAU DEPART, Cameron Crowe 2011, Matt Damon, Scarlett Johansson (E)
Père célibataire, Benjamin Mee a du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, démissionne et achète u ...

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NOVEMBRE, Cédric Jimenez 2022, Jean Dujardin, Anaïs Demoustier (histoire thriller)@@


Fred est policier dans un groupe antiterroriste chargé de retrouver les fugitifs les plus recherchés de France. Lors d'une mission en Grèce, Fred et ses hommes ont malheureusement perdu la trace d'un suspect. Dix mois plus tard, la France est frappée par une série d'attentats.

TELERAMA
Cinq jours d’enquête après les attentats du 13 novembre, en immersion dans la lutte antiterroriste. Un film efficace, tendu, uniquement centré sur le travail des policiers : écoutes, tuyaux, filatures...

Comment décrire l’irruption du chaos ? Novembre y réussit à l’économie, dans une scène aussi brève que marquante : un homme seul, un vaste open space, une sonnerie de téléphone qui perce le silence, puis une deuxième, une troisième, une quatrième, etc. Plutôt qu’au bruit des mitraillettes et des bombes, le film s’en remet à ce concerto strident pour nation sonnée, laissant les attentats du 13 novembre 2015 dans le hors-champ afin de se concentrer sur leur immédiat après. Un peu partout dans Paris, on voit ainsi des personnages – l’une qui faisait son jogging, d’autres qui buvaient une bière dans un bar… – s’arrêter net et converger vers le grand bureau, bientôt bondé et bourdonnant, de la sous-direction antiterroriste (SDAT).

Souvent saisissant avec son montage ultra nerveux, le film de Cédric Jimenez (La French, BAC Nord) épouse le point de vue des forces de l’ordre, en immersion, et prend le parti, intéressant et risqué, de réduire ses héros à leur fonction. Leur vie privée le reste donc, rien d’autre ne comptant que le travail, les tuyaux, les recoupements, les filatures, les fausses pistes, les erreurs, les nuits sans sommeil, le temps qui file. Cinq jours d’enquête dans un pays en état d’urgence, jusqu’à un climax gravé dans les mémoires : l’assaut de l’appartement de Saint-Denis où sont planqués le terroriste Abdelhamid Abaaoud et sa cousine.

La séquence, interminable déluge de feu vécu depuis une cage d’escalier, se veut le clou d’un thriller (on n’ose écrire spectacle) dont il s’agit de reconnaître l’efficacité assourdissante tout en discernant ses limites. Derrière le scénario documenté et la mise en scène tendue, « à l’américaine » – le tout début, où Dujardin traque un membre de Daech à Athènes, évoque 24 Heures chrono –, on cherche en vain un propos. Au moins échappe-t-on à celui de BAC Nord… Novembre semble calibré pour fédérer davantage, même s’il a déjà frôlé la polémique : pourquoi voiler l’informatrice (Lyna Khoudri) ayant permis de loger Abaaoud ? La vraie protagoniste, aujourd’hui témoin protégé, a obtenu in extremis qu’un carton précise que ce foulard « répond à un choix de fiction ». Il n’empêche, le duo que forment son personnage et la fliquette provinciale incarnée par Anaïs Demoustier apporte un peu de chair à cette mécanique bien huilée.
NOVEMBRE, Cédric Jimenez 2022, Jean Dujardin, Anaïs Demoustier (histoire thriller)@@ (E)
Fred est policier dans un groupe antiterroriste chargé de retrouver les fugitifs les plus recherchés de France. Lors d'une mission en Grèce, Fred et ses hommes ont malheureusement perdu la trace d'un suspect. Dix mois p ...

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OCEAN S ELEVEN,Steven Soderbergh 2001, George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Julia Roberts (thriller)@@@


Après deux ans passés dans la prison du New Jersey, Danny Ocean retrouve la liberté et s'apprête à monter un coup qui semble impossible à réaliser : cambrioler dans le même temps les casinos Bellagio, Mirage et MGM Grand, avec une jolie somme de 150 millions de dollars à la clé. Il souhaite également récupérer Tess, sa bien-aimée que lui a volée Terry Benedict, le propriétaire de ces trois somptueux établissements de jeux de Las Vegas.

TELERAMA
Danny Ocean, as de la cambriole, monte le casse du siècle à Las Vegas. Mise en scène élégantissime de Soderbergh et casting de rêve : George Clooney et Brad Pitt rivalisent de charme, Julia Roberts est craquante. Un divertissement de grande classe. on est constamment sous le charme des comédiens et d’une mise en scène élégante. Soderbergh filme le hold-up comme un documentaire, ce qui le rend encore plus vertigineux (on vous recommande le moyen utilisé pour plonger Las Vegas dans l’obscurité durant trente secondes). Le suspense, constant, aboutit cependant à une séquence apaisée : les onze complices contemplent l’hôtel qu’ils « se sont fait », avant de repartir, l’un après l’autre, vers de nouvelles aventures… que Soderbergh a filmées, deux ans plus tard, dans une suite intitulée Ocean’s Twelve. Moins mathématique, plus blagueuse et, en définitive, un brin moins spectaculaire. Ne ratez donc pas le premier opus.
OCEAN S ELEVEN,Steven Soderbergh 2001, George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Julia Roberts (thriller)@@@ (E)
Après deux ans passés dans la prison du New Jersey, Danny Ocean retrouve la liberté et s'apprête à monter un coup qui semble impossible à réaliser : cambrioler dans le même temps les cas ...

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OCEAN S TWELVE, Steven Soderbergh 2004, George Clooney, Brad Pitt, Julia Roberts, Catherine Zeta-Jones, Vincent Cassel (thriller)@@


Trois ans ont passé depuis le braquage historique du casino Bellagio de Las Vegas. Depuis, Danny Ocean et ses associés se sont dispersés dans la nature avec l'intention de mener une existence honnête. Remarié à Tess, ce dernier joue profil bas jusqu'au jour où l'un de ses anciens complices la balance à Terry Benedict. Le propriétaire du Bellagio n'y va pas par quatre chemins : la bande doit, sous peine de mort, lui restituer le magot.

TELERAMA
Le retour des braqueurs aux aventures bluffantes. Soderbergh n’en ferait-il pas un peu trop ?
En un seul film, ils sont presque devenus nos potes, les dix associés de Danny Ocean, le roi du hold-up à Las Vegas. Les voilà confrontés à trois dangers. Un : le directeur du Bellagio, casino jadis cambriolé, les somme de le rembourser. Deux : un flic de charme, fille d'un escroc célèbre, les défie. Trois : un aristocrate français, le baron François Toulour, leur lance un défi...

Les suites de film à succès sont dangereuses. Steven Soderbergh s'en sort grâce à l'humour impeccable d'un dialogue qui ironise sur les tatouages cachés de Brad Pitt et l'âge de George Clooney. La fantaisie l'emporte sur le spectaculaire : on songe, notamment, au moment jubilatoire où Tess (Julia Roberts), qui, forcément, ressemble à Julia Roberts, est chargée par l'équipe de jouer les fausses Julia Roberts, tandis que débarque soudain le vrai Bruce Willis, qui, évidemment, risque de la démasquer...

Visiblement, Soderbergh s'est amusé comme un petit fou à manier son intrigue à tiroirs. Et à manipuler son spectateur. Sauf que, par moments, si amusé soit-il, ledit spectateur finit par s'ennuyer un peu : tout en trop, trop de tout. La malice et le rythme du premier épisode charmaient — séduisaient — davantage.
OCEAN S TWELVE, Steven Soderbergh 2004, George Clooney, Brad Pitt, Julia Roberts, Catherine Zeta-Jones, Vincent Cassel (thriller)@@ (E)
Trois ans ont passé depuis le braquage historique du casino Bellagio de Las Vegas. Depuis, Danny Ocean et ses associés se sont dispersés dans la nature avec l'intention de mener une existence honnête. Remari&eacut ...

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OLGA, Elie Grappe 2021, Anastasia Budiashkina (sport)@@


Olga est une adolescente gymnaste ukrainienne qui vit en exil en Suisse, rêvant d'une médaille d'or olympique et essayant de s'intégrer dans sa nouvelle équipe. Alors qu'elle se prépare pour les championnats européens, le peuple ukrainien se soulève dans ce qui devient la révolution de Maidan, impliquant soudainement tous ceux qui lui sont chers.

TELERAMA
En 2013, Olga, jeune gymnaste, s’entraîne en Suisse avec l’équipe nationale. Mais à Kiev la révolution gronde… Beau comme un élan de jeunesse, ce premier film parle avec force du chemin vers la maturité.

Un magnifique élan de jeunesse, voilà ce que donne à partager ce film, qu’on a envie de montrer à tous les adolescents. L’âge des possibles, le réalisateur, qui fait ses débuts, l’aborde sous un angle inhabituel : la discipline, l’effort. Des mots jamais rébarbatifs pour la gymnaste d’exception qui les a faits siens, Olga. Ukrainienne, elle arrive, en 2013, dans une famille d’accueil en Suisse avec une obsession : être la meilleure, intégrer l’équipe nationale suisse et participer au championnat d’Europe. Mais en Ukraine, en février 2014, une révolution gronde et la mère d’Olga, journaliste, va se retrouver en danger face à la répression violente ordonnée par le président Ianoukovytch…

Avec ces éléments de nature documentaire, Élie Grappe a construit une fiction tout en tensions. Proche, en cela, de son héroïne, il la filme en traduisant parfaitement sa détermination, son courage, sa colère. Autour de ce personnage à la fois dur et fragile, interprété par une authentique gymnaste, le film réussit à parler de tout ce qui dessine le chemin vers la maturité : l’affirmation de soi, les vertus et les dangers de l’excellence, le risque de la solitude, le rapport aux parents et, finalement, à ce monde où il faut se trouver une place. Cette vibrante histoire d’apprentissage nous touche aussi, aujourd’hui, par l’amour qui s’y exprime pour l’Ukraine et la volonté de l’héroïne de lutter avec les siens, d’être solidaire de son pays, de sa quête de liberté.
OLGA, Elie Grappe 2021, Anastasia Budiashkina (sport)@@ (E)
Olga est une adolescente gymnaste ukrainienne qui vit en exil en Suisse, rêvant d'une médaille d'or olympique et essayant de s'intégrer dans sa nouvelle équipe. Alors qu'elle se prépare pour les championnat ...

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OMAR LA FRAISE, Élias Belkeddar 2023, Reda Kateb; Benoit Magimel (thriller)@@


Omar, plus connu sous le nom d'Omar la Fraise, est un bandit à l'ancienne. Contraint à la cavale en Algérie, il vit de petites magouilles, accompagné de son illustre acolyte Roger. Après avoir régné sur le milieu du banditisme français durant des décennies, ils doivent ensemble accepter leur nouvelle vie alors qu'ils n'ont vécu jusqu'à présent que dans la débauche et la violence.

TELERAMA
Deux truands en exil, à Alger. Avec l’évidente complicité entre un Benoît Magimel — impérial et dense, à la présence menaçante et désinvolte — et un Reda Kateb — aussi instable et explosif que drôle et poignant —, qui marquera l’histoire du cinéma.

Lunettes noires, cheveux plaqués en arrière, sapes de gangsters dénichées quelque part entre la garde-robe des films de Scorsese et les invendus de Kiabi, Omar (Reda Kateb) et Roger (Benoît Magimel) ont la classe flamboyante des plus belles arsouilles de cinéma. Deux princes de la rue, un brin déglingués, qui règnent sur un nouveau territoire : Alger la Blanche, ses artères grouillantes de trafics multiples et de concurrents plus ou moins dangereux, ses nuits au néon et ses jours aveuglants, personnage à part entière de ce polar hors normes.

Histoire d’un « couple » de truands en exil, qui traînent dans une immense et cinégénique villa presque vide, comme leur nouvelle existence : Omar, dit « la Fraise » (on connaîtra en cours de film l’origine étonnante de ce surnom), poursuivi par la justice française, est contraint de refaire sa vie de l’autre côté de la Méditerranée. Quant à Roger… il a simplement suivi le mouvement, avec une fidélité aussi indéfectible que nonchalante pour son ami de toujours.

Ce premier long métrage d’Elias Belkeddar (entre autres coscénariste d’Athena, de Romain Gavras) est avant tout un formidable terrain de jeu pour deux très beaux personnages, dont le charisme ironique crève l’écran dès la première scène, hommage bavard, malicieux et habile au cinéma de Quentin Tarantino : où comment, en plein désert, les deux compères papotent tranquillement, telles des versions frenchy de John Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, juste avant un enchaînement d’action frénétique qui s’achève en course-poursuite électrisante et magistrale dans les ruelles d’Alger.

D’emblée, le cinéaste affiche un univers singulier truffé de références cinéphiles, qui joue avec les clichés du genre, nous invite à en jouir, tout en les dynamitant de l’intérieur. Omar et Roger ne sont pas que des descendants irascibles et perpétuellement imbibés du Joe Pesci des Affranchis, deux requins du bitume légèrement cinglés qui attaquent à la première provocation (et même sans aucune raison, comme le démontre une scène de boîte de nuit d’anthologie). Ce sont aussi les héritiers de Peter Pan, des « garçons perdus » soudés à la vie à la mort, plus proches des gamins des rues qu’Omar prend peu à peu sous son aile que des voyous qu’ils affrontent chaque jour. C’est cette dimension étonnamment tendre, discrètement tissée sous un double portrait à la fois cocasse et violent, qui donne à cette incandescente aventure algérienne un précieux supplément d’âme.

L’évidente complicité entre un Benoît Magimel impérial et dense, présence à la fois menaçante et désinvolte, et un Reda Kateb aussi instable et explosif que drôle et poignant, est de celles qui marquent l’histoire du cinéma. Ce spectaculaire duo de comédiens superbement hantés par l’amitié de leurs personnages aurait suffi à nourrir le film. L’histoire d’amour rédemptrice qui se développe entre Omar et une jeune Algérienne (Meriem Amiar) qu’il rencontre dans l’entreprise dont il a pris le contrôle a beau être touchante, elle semble bien mièvre, et presque inutile, face à la puissance du lien entre ces inoubliables garçons perdus.

OMAR LA FRAISE, Élias Belkeddar 2023, Reda Kateb; Benoit Magimel (thriller)@@ (E)
Omar, plus connu sous le nom d'Omar la Fraise, est un bandit à l'ancienne. Contraint à la cavale en Algérie, il vit de petites magouilles, accompagné de son illustre acolyte Roger. Après avoir régn& ...

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ON EST FAITS POUR S ENTENDRE, Pascal Elbe 2021, Sandrine Kiberlain, Pascal Elbe


Antoine semble n'écouter rien ni personne : ses élèves, ses collègues, ses amours. Et pour cause : Antoine est encore jeune, mais a perdu beaucoup d'audition. Sa nouvelle voisine Claire, venue s'installer temporairement chez sa sœur avec sa fille après la perte de son mari, rêve de calme et tranquillité.
ON EST FAITS POUR S ENTENDRE, Pascal Elbe 2021, Sandrine Kiberlain, Pascal Elbe (E)
Antoine semble n'écouter rien ni personne : ses élèves, ses collègues, ses amours. Et pour cause : Antoine est encore jeune, mais a perdu beaucoup d'audition. Sa nouvelle voisine Claire, venue s'installer tempora ...

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ON SOURIT POUR LA PHOTO, Francois Uzan 2020, Jacques Gamblain, Pascale Ardillot (comique)@@


Thierry passe ses journées à classer ses photos de famille, persuadé que le meilleur est derrière lui. Lorsque Claire, sa femme, lui annonce qu'elle le quitte, Thierry, dévasté, lui propose de refaire Grèce 98, leurs meilleures vacances en famille. Officiellement, il veut passer une dernière semaine avec leurs enfants avant de leur annoncer la séparation. Officieusement, il espère reconquérir sa femme. En tentant de raviver la flamme de son couple, Thierry va mettre le feu à sa famille.

TELERAMA
Etrangement, on s’aperçoit que ce premier film de François Uzan n’est pas si mal écrit, pas si mal interprété, que la dialectique passé/avenir a un petit côté touchant, et l’on se surprend à presque prendre du plaisir, sur deux ou trois scènes. Ça reste un tout petit film inoffensif, il y a globalement très peu de raisons d’aller le voir, mais ajoutons qu’il y a aussi de beaux paysages ; le tournage, ça saute aux yeux, a bien eu lieu en Grèce.

Retraité depuis peu, Thierry (Jacques Gamblin) n’a plus qu’une seule idée en tête : numériser les photos de ses nombreux albums de famille, en mettant une légende (noms, date, lieu). Sa femme, Claire (Pascale Arbillot), qui est un peu plus jeune, très jolie et toujours dans la vie active, aimerait aller au cinéma, au restaurant, faire des activités de couple, mais Thierry est trop occupé avec ses photos. Il en a vraiment plein, et certaines sont difficiles à contextualiser (Disneyland ou parc Astérix, ce cliché de sa fille en 1996 ?). On peut comprendre, dès lors, que Claire décide de le quitter.

Thierry, néanmoins, est un battant, il n’accepte pas de voir trente ans de mariage partir ainsi en fumée. Il a un plan : emmener toute la famille en Grèce, dont les enfants, qui désormais sont adultes et ingrats, pour réitérer la semaine formidable qu’ils y avaient passée en 1998. Ça va être idyllique, on va revivre des moments merveilleux, Claire ne songera plus au divorce. Ce diable de Thierry réussit à convaincre tout le monde, et les voilà dans l’avion.


ON SOURIT POUR LA PHOTO, Francois Uzan 2020, Jacques Gamblain, Pascale Ardillot (comique)@@ (E)
Thierry passe ses journées à classer ses photos de famille, persuadé que le meilleur est derrière lui. Lorsque Claire, sa femme, lui annonce qu'elle le quitte, Thierry, dévasté, lui propose de refai ...

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ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD, Quentin Tarantino 2019, Leonardo DiCaprio, Brad Pitt (societe)@@


Rick Dalton, un acteur de télévision qui a déjà vécu de meilleures années, et son cascadeur de longue date Cliff Booth s'efforcent d'atteindre la gloire et le succès dans l'industrie cinématographique au cours de l'âge d'or d'Hollywood en 1969.

TELERAMA
Avec cet hommage au cinéma des années 1960, Tarantino met en scène Leonardo DiCaprio en acteur de série télé à la carrière chancelante, et Brad Pitt dans le rôle de son cascadeur attitré.

Depuis sa Palme d’or, en 1994, avec Pulp Fiction, Quentin Tarantino a acquis un statut unique de cinéaste superstar. Chaque nouveau film de lui est attendu comme un événement capital. Cette attente, il sait en jouer et la déjouer à chaque fois (ou presque), trouvant toujours le moyen de réinventer quelque chose, de surprendre, de déconcerter, sans toutefois bien sûr se séparer de ce qui le fonde en profondeur, à savoir une cinéphilie dévorante et sans limites. On était à peu près certains que rien ne valait plus pour lui que le cinéma mais on oubliait une chose, attenante : la télévision, plus précisément les séries télévisées.

Once Upon a Time in... Hollywood, déclaration d’amour presque tendre (si, si, vous avez bien lu) à une époque révolue, très précisément datée et fixée ici en août 1969, aborde ce moment charnière où la télévision est en train de sérieusement concurrencer le cinéma tout en puisant dedans allègrement. Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) est un acteur de télévision fameux, récemment abonné aux rôles de méchant dans les séries télé. Il est sur le déclin, il doute, il picole trop. Un producteur (Al Pacino) l’incite à aller tourner en Italie un western spaghetti. Rick voit ça comme le début de la fin. Il s’épanche auprès du cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), qui est plus que sa doublure : son homme à tout faire, à la fois chauffeur et nounou. En parallèle à ce duo, on suit Sharon Tate (Margot Robbie), starlette promise à être une star, dont on connaît la fin atroce, assassinée par des hippies illuminés, membres d’une communauté regroupée autour de Charles Manson. Dans le film, qui rappelons-le est un conte (Once Upon a Time in...), Sharon Tate vit avec Roman Polanski sur les hauteurs de Hollywood, dans une villa voisine de celle de Rick.

De ce dernier, Tarantino s’amuse à faire un personnage hybride, un panaché de Clint Eastwood (vedette de Rawhide) et de Steve McQueen (Au nom de la loi). Méta-cinéma par excellence, Once Upon a Time in… Hollywood est truffé de citations, de pastiches, d’extraits de films ou de séries, de personnages imaginaires et de personnes réelles, comme Sharon Tate. Autour d’elle, impossible d’en dire beaucoup, au risque de spoiler. Tout juste peut-on dire que Tarantino lui rend un hommage qui se veut léger, fluide, en la filmant toujours en mouvement, fleur blonde légère, pleine de candeur, gracile, rieuse.

Les cocktails sirotés par dizaines, les piscines, le vertige des descentes en voiture sur les pentes de L.A, les rumeurs, les réputations qui se font et se défont, l’acteur liquéfié, rongé par l’angoisse, qui n’arrive pas à dire son texte (DiCaprio, émouvant)… C’est sur le mode assez « laid back » de la flânerie alanguie que cette évocation hollywoodienne parvient à séduire. Il y a bien un bain de sang un moment. Mais de tous les films de Tarantino, celui-ci est à coup sûr le moins percutant, le moins violent. Preuve que le cinéaste continue à rebattre les cartes. Et la musique ? Toujours impeccable, cette fois intéressante dans la manière de choisir des titres fameux (des Rolling Stones, des Mamas and the Papas…) repris par d’autres. Cela nous vaut une séquence de survol teinté de mélancolie, sur le Out of Time de Chris Farlowe.

Il y a une autre séquence, génialement anodine, qui résume l’atmosphère du film. Brad Pitt (topissime) doit un moment réparer l’antenne de télévision de Rick, absent de la maison à ce moment-là. Il débarque là-bas, prend quelques outils dans le garage, arrive sur le toit en deux trois mouvements ahurissants d’agilité. Posté au soleil tout près de l’antenne brinquebalante, il enlève son tee-shirt, arborant un torse de marbre antique, malgré les cicatrices. La caméra s’attarde sur Cliff qui surplombe le monde, regarde autour de lui, entend le rock enjoué au loin qui s’échappe d’une fenêtre de la chambre de Sharon Tate. Dans ce moment suspendu passe la sensation d’une dolce vita hollywoodienne. Tout cela disparaîtra bientôt, l’innocence sera perdue.


SYNOPSIS
En 1969, l'acteur de télévision Rick Dalton et son ami et doublure, le cascadeur Cliff Booth, sont totalement perdus dans une industrie du cinéma en pleine mutation. Ils ne comprennent plus cette Cité des anges qui voit l'émergence du mouvement hippie et l'arrivée cauchemardesque du gourou Charles Manson. Tout en croisant Steve McQueen et Bruce Lee, Dalton et Booth se noient dans la bière et les verres de whisky, et peinent à trouver des contrats. Non loin de la propriété de Rick Dalton, la jeune actrice Sharon Tate, femme du réalisateur Roman Polanski, vient de partager l’affiche avec Dean Martin dans une comédie intitulée «Matt Helm règle son comte»...
ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD, Quentin Tarantino 2019, Leonardo DiCaprio, Brad Pitt (societe)@@ (E)
Rick Dalton, un acteur de télévision qui a déjà vécu de meilleures années, et son cascadeur de longue date Cliff Booth s'efforcent d'atteindre la gloire et le succès dans l'industrie cin&eacu ...

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ONCLE BOONMEE, Apichatpong Weerasethakul 2010, Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas (societe)(palme d or)@@@


Sentant sa mort proche, l'oncle Boonmee voit le fantôme de sa femme décédée et son fils disparu et se rappelle ses vies passées.

TELERAMA
Redécouvrons le film thaïlandais quasi expérimental qui a fait chavirer le coeur de Tim Burton, président du jury à Cannes en 2010, et a ainsi remporté la Palme d'or. L'oncle Boonmee du titre est à la fois très faible (il va mourir) et très puissant : il possède le don de voir l'invisible, de communiquer avec les morts, de les reconnaître derrière leurs avatars, hologramme translucide ou superbe singe noir aux yeux rouges lumineux.

Ses visions sont d'une simplicité bouleversante, comme en art brut, mais aussi d'une sophistication mystérieuse. Elles évoquent autant les premiers truquages de cinéma que La Belle et la Bête, de Cocteau, et certaines créatures de Star Wars. En fait, le réalisateur s'inspire du livre d'un moine boud­dhiste sur la réincarnation, doctrine très répandue en Thaïlande du Nord, où est située l'histoire. Et il retrouve le style des feuilletons qu'il regardait enfant, à la télé, sources de rêveries érotiques. L'auteur facétieux, inquiet de Tropical Malady et de Blissfully yours possède la qualité rare de ne jamais se laisser deviner à l'avance. Exemple : à la fin du voyage, ce ne sont plus des vies antérieures qu'on aperçoit, mais des vies parallèles. Certains personnages se dédoublent : oui, on peut être soi et un autre, être là et ailleurs, hier et aujourd'hui. Le cinéma délicat d'Apichatpong Weerasethakul fait tranquillement éclater l'espace-temps.
ONCLE BOONMEE, Apichatpong Weerasethakul 2010, Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas (societe)(palme d or)@@@ (E)
Sentant sa mort proche, l'oncle Boonmee voit le fantôme de sa femme décédée et son fils disparu et se rappelle ses vies passées.

TELERAMA
Redécouvrons le film thaïlandais quasi exp& ...

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OPEN RANGE, Kevin Costner 2003, Kevin Costner, Robert Duvall (western)@@


Charley, Boss, Mose et Button, quatre cow-boys, convoient du bétail à travers la prairie. Ils arrivent en vue d'Harmonville, petite ville tombée sous la coupe de Baxter, propriétaire terrien tyrannique qui s'est assuré le soutien du shérif Poole. Un jour qu'il se rend seul en ville, Mose est passé à tabac par les hommes de Baxter. Charley et Boss viennent le récupérer. Ils se rendent compte que Baxter les provoque et veut les faire plier devant son autorité.

TELERAMA
Un cow-boy usé par la loi de la violence qui, en rencontrant une femme, apprend à devenir un homme. Classique et subtil.
Deux cow-boys traversent un fleuve à cheval pour aller régler son compte à Denton Baxter, un patron de ranch qui fait la loi dans la région et interdit la libre pâture. Ça va donc barder au saloon du coin. Ça va même saigner…

Le réalisateur de Danse avec les loups aime ce Far West de toujours. Mais, au cœur des grands espaces du western, Kevin Costner choisit ici de camper un cow-boy barricadé en lui-même, miné par le doute : mener le troupeau, tuer les truands, c’est ça, être vivant ? Du fond de son silence, Charley doit sans doute commencer à comprendre que non.

Si Open Range renoue avec un certain classicisme, c’est pour mieux battre en brèche le mythe de l’Ouest. Le film ne cesse de dire qu’un cow-boy, ce n’est pas cette figure d’aventurier qui fait rêver les gamins, petits ou grands. Un cow-boy, c’est juste une gâchette. Kevin Costner n’hésite pas à nous dire, à la manière de Simone de Beauvoir, que, même chez les cow-boys, on ne naît pas homme, on le devient.
OPEN RANGE, Kevin Costner 2003, Kevin Costner, Robert Duvall (western)@@ (E)
Charley, Boss, Mose et Button, quatre cow-boys, convoient du bétail à travers la prairie. Ils arrivent en vue d'Harmonville, petite ville tombée sous la coupe de Baxter, propriétaire terrien tyrannique qui s'est ...

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OPPENHEIMER, Christopher Nolan 2023, Cillian Murphy, Emily Blunt (histoire guerre)@@@


En 1942, convaincus que l'Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première bombe atomique de l'histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage J.

TELERAMA
Retraçant la palpitante trajectoire du père de la bombe atomique, le maître des blockbusters réussit un biopic aussi subtil qu’incarné. “Oppenheimer” a raflé sept récompenses aux Oscars 2024.
Christopher Nolan est un réalisateur brillant mais qui divise. Il a ses détracteurs, qui n’apprécient guère son excès de sophistication et sa froideur conceptuelle. Nolan les aurait-il entendus ? Oppenheimer est son film le plus attachant et le plus simple, formellement au moins, sur ce cas pourtant complexe de Robert Oppenheimer, surnommé le « père de la bombe atomique ». Voici un biopic empathique, sans être hagiographique, qui s’inspire d’une biographie parue en 2005, signée Kai Bird et Martin J. Sherwin. À la différence du légendaire Einstein (qui apparaît ici de manière savoureuse), le rôle majeur et l’implication directe d’Oppenheimer dans la Seconde Guerre mondiale, à travers le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki, font de lui une figure mythique de tragédie, glorieuse et maudite.

Tout le désigne au départ comme un scientifique doué doublé d’un érudit, juif éclairé et bienfaisant, qui traverse l’Europe dans sa jeunesse, étudie à Cambridge. Digne d’une aventure romanesque est le premier tiers du film, qui fait découvrir le sympathisant du parti communiste dans les années 1930, l’amateur d’art, le polyglotte connaissant le sanskrit et capable d’apprendre le néerlandais en un semestre, l’amoureux transi d’une brune sagace et torride. L’homme, à l’allure de privé avec son chapeau, a bien quelques faiblesses, que le réalisateur glisse finement — sa gaucherie dans les travaux pratiques en labo, une forme de passivité tourmentée qui le confine à s’enfermer dans une position de martyr. Malgré tout, il fait tôt partie de l’élite scientifique. Et en 1941, une opportunité se présente, dans l’urgence. Une course contre la montre est alors engagée avec l’Allemagne dans la fabrication de la bombe atomique. Pour y parvenir, un colonel de l’armée américaine (Matt Damon) lui propose de diriger le « projet Manhattan ». Par patriotisme et conviction antinazie, Oppenheimer accepte et monte une équipe qui réunit le fleuron de la physique internationale.

C’est en plein désert du Nouveau-Mexique que se concrétise le projet, dans le cadre d’une base secrète. Cette partie du film ne manque pas de piquant, tant ce site surréel tient du western — « Il ne manque plus que le saloon », fait remarquer l’épouse du physicien. Là sera pourtant produite la première bombe atomique, dans des circonstances qui semblent rétrospectivement assez aléatoires — rien ne dit, lors de l’essai Trinity, que la planète ne va pas y passer. Oppenheimer est déjà conscient que sa création révolutionnaire peut le dépasser.

La force indéniable du portrait composé par Nolan tient dans sa dualité : il montre son personnage comme un génie du bien et du mal. Un sauveur et un destructeur, en proie à des dilemmes moraux. Un monstre d’orgueil et d’égoïsme, mais conscient de l’être et qui se sent coupable. Après une conférence qu’il donne, où il est fêté en héros national, il descend des marches et semble agrippé par un cadavre noirci de cendres. Brève séquence magnifique de hantise.

Le cauchemar est aussi celui que le scientifique vit lors de la commission d’enquête diligentée par le FBI, en 1954, période hargneuse de maccarthysme. Il est accusé d’avoir été un espion de l’URSS, interrogé et harcelé, on met en question son intégrité. Sur la violence des dirigeants américains, capables d’honorer l’intelligence avant de l’écraser, le film est cinglant. Le suspect émacié et maigre — Cillian Murphy, formidable en visionnaire aux pieds d’argile — encaisse. Lors de l’entrevue avec Harry S. Truman dans son bureau présidentiel, Oppenheimer fait part de son inquiétude quant à l’escalade de la course aux armements avec les Soviétiques. Une fois sorti, il entend le chef d’État lancer : « Je ne veux plus revoir ce pleurnichard. » Des « pleurnichards » comme Oppenheimer, l’humanité en a pourtant besoin.
OPPENHEIMER, Christopher Nolan 2023, Cillian Murphy, Emily Blunt (histoire guerre)@@@ (E)
En 1942, convaincus que l'Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première ...

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ORGUEIL ET PRJUGES Joe Wright 2005, Keira Knightley, Matthew Macfadyen (saga)@@


La campagne anglaise à la fin du XVIIIe siècle. Mrs. Bennet et son mari sont ravis d'apprendre qu'un jeune homme fortuné - et célibataire - vient de s'installer dans le manoir voisin. Désargentés, les Bennet se font fort de marier l'une de leurs cinq filles au nouvel arrivant... Ce dernier ne tarde pas à s'éprendre de la belle Jane, l'aînée de la famille, lors d'un bal de campagne.

TELERAMA
Du chef-d’œuvre d’Austen, Joe Wright signe une adaptation poétique, dans laquelle Keira Knightley trouve l’un de ses meilleurs rôles.

Porte-parole de Jane Austen, l’espiègle mais douce Elizabeth (Keira Knightley), a un message universel : la morgue, la cupidité, les malentendus, les faux-semblants... sont des obstacles à l’amour. Reçu ?! StudioCanal

Ceux qui adaptent une œuvre littéraire bien-aimée se confrontent à un double défi : satisfaire les amoureux du roman d’origine et ne pas s’aliéner les profanes. Ceux qui adaptent Orgueil et préjugés en ont un troisième : survivre à la comparaison avec la légendaire minisérie de la BBC.

Quand le film de Joe Wright est sorti en 2005, dix ans à peine après la « darcymania » provoquée par Colin Firth et sa chemise mouillée, on pouvait s’interroger sur la pertinence de cette nouvelle version. Mais avec sa cinématographie lumineuse, son Angleterre moins proprette qu’à la télé et son romantisme fébrile, le premier long métrage de l’Anglais offre un merveilleux écrin à l’histoire d’Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy.

Dans le rôle de la première, une sémillante Keira Knightley, libérée des affectations qui alourdissent souvent son jeu. Dans celui du second, Matthew Macfadyen, qui deviendra célèbre en obséquieux Rastignac dans la série Succession. Sous ses traits, le héros austenien se révèle plus timide qu’arrogant. Le reste du casting est tout aussi réjouissant — que ce soit Donald Sutherland en flegmatique Mr Bennet ou Jena Malone, insupportable à souhait dans le rôle de l’écervelée de la famille, Lydia. La satire sociale du roman pointe ici et là le bout de son nez, mais c’est quand il filme la romance — une scène de bal suspendue dans le temps, une déclaration d’amour confuse et pluvieuse — que Joe Wright transcende le matériau d’origine et prouve qu’il y a encore bien des manières de porter Jane Austen à l’écran.
ORGUEIL ET PRJUGES Joe Wright 2005, Keira Knightley, Matthew Macfadyen (saga)@@ (E)
La campagne anglaise à la fin du XVIIIe siècle. Mrs. Bennet et son mari sont ravis d'apprendre qu'un jeune homme fortuné - et célibataire - vient de s'installer dans le manoir voisin. Désargentés, l ...

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OSLO 31 AOUT, Joachim Trier


Anders, jeune homme tourmenté, termine une cure de désintoxication (drogue et alcool) à la campagne. Un 31 août, une journée de permission à Oslo lui donne l'occasion de revoir des proches, de rechercher une amoureuse perdue de vue et de flâner dans la ville. Jusqu'aux premières lueurs de l'aube, une traversée du jour et de la nuit partagée entre ardeur de vivre et tentation du suicide.

TELERAMA
Voilà un film qui, au lieu de nous divertir aimablement comme tant d'autres, semble nous demander pourquoi on vit, nous rappeler pourquoi on meurt. D'une beauté foudroyante, d'une lucidité perçante, Oslo, 31 août est une perle rare. Son héros au bord du vide est du genre inoubliable. L'effet de sidération commence dès le prologue, série de vues de la capitale norvégienne, étrangement déserte, sur fond de voix intérieures et souvenirs de jeunesse : « Les marches interminables vers des fêtes bizarres auxquelles on ne savait jamais si on était vraiment invités ou pas... »
Outre la litanie des « Je me souviens » à la Georges Perec, cette Scandinavie-là est tout imprégnée de culture française. Le réalisateur, Joachim Trier, connaît autant Barthes que Bresson, Stendhal que Godard. Son premier film, Nouvelle Donne, évoquait irrésistiblement le Desplechin de Comment je me suis disputé..., avec ses rivalités littéraires et juvéniles, ses ambitions corrigées. Oslo, 31 août est librement adapté du Feu follet de Pierre Drieu la Rochelle, devenu trente ans après sa parution (en 1931), le chef-d'oeuvre de Louis Malle, et celui son acteur, Maurice Ronet.

Le personnage de Drieu la Rochelle était un dandy défait, un jet-setteur en bout de course. Son héritier norvégien, prénommé Anders, est plus quotidien : un grand garçon en jean-baskets, au regard intense, au sourire charmant. Mais lui aussi termine une cure de désintoxication - drogue comme dans le roman, plus alcool comme dans le film de Malle. Le 31 août est sa journée de « permission ». De retour en ville, il revoit des proches, tente de retrouver une amoureuse perdue de vue, se glissera dans l'une de ces soirées qui étaient son milieu naturel, quelques années auparavant.

La question du suicide hante le film, comme jadis le roman. Prince déchu, dégrisé, Anders, c'est désormais monsieur Tout-le-monde ou presque, à la recherche d'une raison de garder sa place parmi les vivants. La prime jeunesse est finie, les années sauvages sont derrière, il s'agit de faire l'adulte. Encore faut-il en avoir envie. C'est, donc, une journée probatoire : la vie doit faire ses preuves aux yeux du revenant. L'idée de le montrer passant un entretien d'embauche est formidable : Anders est reçu par un possible employeur, mais c'est lui, évidemment, l'examinateur, qui, face à chacun(e), observe, juge et délibère.

Nuances de la perception
Un suspense poignant s'insinue dans cette douceur de fin d'été. Les déambulations du personnage dans la ville de ses frasques passées rappellent Cléo de 5 à 7, d'Agnès Varda - l'un des films de chevet du réalisateur -, dont l'héroïne parcourait Paris en attente d'un diagnostic médical décisif. Il y a les conversations aux terrasses des cafés, qui parviennent à Anders comme en volutes. Cette futilité, cette naïveté qui semblent tour à tour désirables et dérisoires. Il y a la peau des filles, leurs cheveux, leurs épaules, mais vus désormais comme à travers une vitre. Autant de nuances de la perception miraculeusement restituées : le film balance sans cesse entre la tentation sensuelle et une distance irrévocable aux choses et aux êtres.

Moment crucial entre tous, la confrontation avec le meilleur ami. Anders se retrouve face à un père de deux enfants en bas âge. L'ex-compagnon des virées nocturnes se montre à la fois honteux (un peu) et fier (beaucoup) de patauger en chaussettes dans les jouets pour bébé. Face à l'apocalypse intime d'Anders, il avoue toute la routine de son quotidien, replié sur les contraintes familiales et le travail, le jeu vidéo ayant remplacé le sexe dans le couple. Sa satisfaction est palpable, et peut-être on ne sait quel sentiment de revanche, au-delà de l'amitié, de l'inquiétude. La discussion sur le sens de la vie, déchirante et drôle, projette le film à une altitude exceptionnelle, d'autant que les deux acteurs sont époustouflants.

Vers la fin du Feu follet selon Louis Malle, la parole prenait le dessus, le mal qui rongeait le héros était explicité, ressassé. Oslo, 31 août, brille, au contraire, par une dernière ligne droite étourdissante, tout en sensations et décibels, piètres remparts contre la solitude. Ce sont l'ivresse nocturne, les débordements dionysiaques, le sel même de la jeunesse du personnage qui sont, cette fois, interrogés, mis à l'épreuve. Le film y gagne l'attrait supplémentaire d'une fête un peu fêlée. De celles qui se terminent à l'aube d'un premier septembre, autour d'une piscine de plein air et de ses hauts plongeoirs. Vertige compris.


OSLO 31 AOUT, Joachim Trier (E)
Anders, jeune homme tourmenté, termine une cure de désintoxication (drogue et alcool) à la campagne. Un 31 août, une journée de permission à Oslo lui donne l'occasion de revoir des proches, de recher ...

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OTEZ MOI D UN DOUTE, Carine Tardieu, Francois Damiens, Cecile de France


À la suite d'un examen médical de routine, Erwan Gourmelon apprend que son père n'est pas son père. D'abord déboussolé, Erwan décide d'ignorer cette nouvelle et de ne pas rechercher son père biologique. Au même moment, il fait la connaissance d'Anna, qui le séduit immédiatement.

TELERAMA
Après le beau succès d’un film à la gloire des mères, Du vent dans mes mollets (2012), la réalisatrice Carine Tardieu s’intéresse à la paternité, en maintenant l’équilibre entre drame et comédie. Ces coups de théâtre hautement improbables ne s’accommodent pas toujours de la dimension réaliste du film, situé en Bretagne, dans la classe moyenne et ouvrière…
Mais deux acteurs trouvent la note idéale : le grand André Wilms, à la fois léger et émouvant, joue le père surprise, ravi d’ouvrir sur le tard sa vie de reclus à un nouveau proche. Et la jeune Alice de Lencquesaing étincelle en fille enceinte de François Damiens dont le futur bébé, « sans père », décuple l’imbroglio filial.
Dommage que le dénouement ravive l’impression d’un trop-plein d’astuces scénaristiques.
OTEZ MOI D UN DOUTE, Carine Tardieu, Francois Damiens, Cecile de France (E)
À la suite d'un examen médical de routine, Erwan Gourmelon apprend que son père n'est pas son père. D'abord déboussolé, Erwan décide d'ignorer cette nouvelle et de ne pas rechercher son p&egr ...

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OTILIA LA MUJER DEL PUEBLE, Dana Rotberg 2000, Gabriela Canudas, Álvaro Guerrero, Alberto Estrella, Ana Ofelia Murguía (drame societe)@


Otilia est une jeune fille sensuelle au corps idéal dont le visage est marqué par un énorme grain de beauté. De ce fait, Otilia grandit sans amis, hormis la compagnie de Melquiades, un jeune homme employé par sa famille. Le riche propriétaire terrien Don Isaac organise le mariage d'Otilia avec le chef de la police locale, Isidro. Homme cruel et vénal, Isidro infecte sa jeune épouse d'une maladie vénérienne qui la rend stérile. Des lors, Otilia décide d'ignorer son mariage et laisse libre cours à sa sexualité refoulée avec les hommes de la ville.
Des années plus tard, Otilia retrouve Rubén Lazcano, le bandit le plus recherché de la région, gisant dans une mare de sang dans la maison.
Otilia le sauve, avec la motivation de se venger d'Isidro (qui aspire à la récompense). Mais au fil du temps, elle tombe profondément amoureuse. Après quelques rechutes, Rubén s'améliore mais reste lent. Cependant, à la veille de son départ, Rubén et Otilia font l'amour et elle éprouve une jouissance totale et sans précédent. Rubén part à l'aube et Otilia reste sûre qu'il reviendra. Le temps passe et Rubén ne revient pas. L'amour d'Otilia devient une obsession. Melquiades, secrètement amoureux d'Otilia, assassine Rubén par jalousie. Quand Otilia voit le cadavre de son amant, elle ne supporte pas la douleur et, avec Melquiades comme témoin, se tire une balle dans le cœur.
OTILIA LA MUJER DEL PUEBLE, Dana Rotberg 2000, Gabriela Canudas, Álvaro Guerrero, Alberto Estrella, Ana Ofelia Murguía (drame societe)@ (E)
Otilia est une jeune fille sensuelle au corps idéal dont le visage est marqué par un énorme grain de beauté. De ce fait, Otilia grandit sans amis, hormis la compagnie de Melquiades, un jeune homme employé ...

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OU SONT PASSES LES MORGAN, Hugh Grant, Sarah Jessica Parker (sentimental)@@


Meryl et Paul Morgan renvoient l'image d'un couple uni, à qui tout réussit à Manhattan. Pourtant, la passion qui les animait s'étiole peu à peu et leur mariage bat de l'aile. Leur existence bascule lorsqu'ils sont témoins d'un assassinat. Dès lors, ils deviennent la prochaine cible d'un tueur à gages et doivent immédiatement quitter New York. Sous la protection du FBI, ils partent s'installer dans un centre de protection situé dans le Wyoming.
OU SONT PASSES LES MORGAN, Hugh Grant, Sarah Jessica Parker (sentimental)@@ (E)
Meryl et Paul Morgan renvoient l'image d'un couple uni, à qui tout réussit à Manhattan. Pourtant, la passion qui les animait s'étiole peu à peu et leur mariage bat de l'aile. Leur existence bascule lorsqu' ...

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OUISTREHAM, Emmanuel Carrère 2021, Juliette Binoche, Hélène Lambert (societe)@@@


Marianne Winckler, écrivaine reconnue, entreprend un livre sur le travail précaire. Elle s'installe près de Caen et, sans révéler son identité, rejoint une équipe de femmes de ménage. Confrontée à la fragilité économique et à l'invisibilité sociale, elle découvre aussi l'entraide et la solidarité qui unissent ces travailleuses de l'ombre.

TELERAMA
Vivre la vie d’une femme de ménage, quelques mois, telle fut l’expérience de Florence Aubenas, relatée dans son livre Le Quai de Ouistreham, en 2010. Qu’Emmanuel Carrère signe l’adaptation ajoute une dimension à la fois troublante et évidente. D’une part, il a écrit autrefois le récit d’une longue imposture — L’Adversaire, en 2000, sur l’affaire Jean-Claude Romand. D’autre part, il a réfléchi à la possibi­lité de se mettre à la place de ceux qui souffrent le plus dans D’autres vies que la mienne (2009).

Immense Juliette Binoche
Dès que Marianne (la Aubenas de la fiction) se retrouve intégrée à une brigade de nettoyage de ferries trans-Manche, le cinéaste fait entrer en résonance une multitude de détails con­crets (du vocabulaire de ­l’encadrement à la saleté nauséabonde des lieux à nettoyer, en passant par les douleurs physiques causées par le travail) qui disent crûment l’exploitation, l’humiliation, la relégation. Ce monde d’aubes glacées, de trajets épuisants, est d’autant plus vrai que s’y expriment, par ailleurs, une solidarité, une entraide. Les collègues de Marianne finissent par s’attacher à cette femme plus âgée qu’elles, sans liens ni perspectives.

La simulatrice, qui ambitionne de rendre visibles les invisibles du ferry, est aussi une traîtresse en puissance : elle trompe la confiance de ses nouvelles amies. Cette contradiction et l’hypothèse d’être démasquée font l’objet d’un suspense au fur et à mesure que Marianne s’identifie à son « personnage » : on ­devient qui on imite. Au livre d’origine, le film superpose enfin une « couche » supplémentaire de jeu, le travail d’une grande actrice. Dans l’épure totale, entourée de non-profes­sionnels remarquables, Juliette Bionche trouve là l’un de ses rôles les plus marquants.
OUISTREHAM, Emmanuel Carrère 2021, Juliette Binoche, Hélène Lambert (societe)@@@ (E)
Marianne Winckler, écrivaine reconnue, entreprend un livre sur le travail précaire. Elle s'installe près de Caen et, sans révéler son identité, rejoint une équipe de femmes de ménage. ...

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OVERDRIVE, Antonio Negret 2017, Scott Eastwood, Freddie Thorp


Les frères Andrew et Garrett Foster sont des pilotes d'exception, mais aussi des voleurs d'exception. Leur spécialité : voler les voitures les plus chères au monde. A Marseille, ils parviennent à dérober une sublime BUGATTI 1937, joyau de l'exceptionnelle collection de Jacomo Morier, parrain de la Mafia locale. Ce dernier décide alors d'utiliser leur talent à son profit contre son ennemi juré, Max Klemp.
OVERDRIVE, Antonio Negret 2017, Scott Eastwood, Freddie Thorp (E)
Les frères Andrew et Garrett Foster sont des pilotes d'exception, mais aussi des voleurs d'exception. Leur spécialité : voler les voitures les plus chères au monde. A Marseille, ils parviennent à dé ...

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PADDINGTON 2, Paul King 2017, Hugh Bonneville, Sally Hawkins (jeunesse)@@


Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d'adoption, dans un quartier paisible de Londres. Alors qu'il recherche un cadeau pour les 100 ans de sa tante, il repère un magnifique livre animé chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l'acheter ! Cependant, lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable.

TELERAMA
L’ourson Paddington, doublé en français par Guillaume Gallienne, devraient ravir petits et grands.
Retour à l’écran de l’ourson en duffle-coat, trésor de la littérature british. Douillettement installée dans un Londres de maison de poupées, cette suite a le même charme suranné que le premier film, le même humour vif et candide. Seule créature (habilement) animée, l’aimable Paddington parvient même, en cours d’aventure, à attendrir les taulards les plus endurcis (dont Brendan Gleeson, dans un grand numéro… d’ours mal léché).

Un monde doux et pimpant comme une chambre d’enfant, où tout le monde déborde de politesse et de bienveillance, à part Hugh Grant, en vieux cabotin retors. Et encore : il s’amuse tellement qu’il en oublie d’être vraiment méchant.
PADDINGTON 2, Paul King 2017, Hugh Bonneville, Sally Hawkins (jeunesse)@@ (E)
Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d'adoption, dans un quartier paisible de Londres. Alors qu'il recherche un cadeau pour les 100 ans de sa tante, il repère un magnifique livre animé chez un antiquai ...

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PADDINGTON, Paul King 2014, Ben Whishaw, Hugh Bonneville (animation jeunesse)@@


Un explorateur des années 60 explore les grandes forêts du Pérou et y découvre une nouvelle espèce d'ours brun. Il se lie d'amitié avec un couple d'ours, qu'il baptise Pastouso et Lucy, et leur apprend à faire de la marmelade. Des années plus tard, Pastouso et Lucy coulent des jours heureux en compagnie de leur neveu Paddington. Lors d'un tremblement de terre, un arbre tombe sur Pastouso et l'écrase. Lucy et son neveu traversent la forêt jusqu'au port.
PADDINGTON, Paul King 2014, Ben Whishaw, Hugh Bonneville (animation jeunesse)@@ (E)
Un explorateur des années 60 explore les grandes forêts du Pérou et y découvre une nouvelle espèce d'ours brun. Il se lie d'amitié avec un couple d'ours, qu'il baptise Pastouso et Lucy, et leur appre ...

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PALAIS ROYAL, Valérie Lemercier 2005, Valérie Lemercier, Lambert Wilson, Catherine Deneuve (comique)@@


Une orthophoniste toute simple, mais mariée à Arnaud, petit frimeur et macho, fils cadet du monarque, devient reine malgré elle à la mort du monarque. Cependant, celle-ci n'est pas du tout apte à porter la couronne et devenir la première dame du pays. Un tourbillon de catastrophes va alors s'abattre sur le palais royal.
PALAIS ROYAL, Valérie Lemercier 2005, Valérie Lemercier, Lambert Wilson, Catherine Deneuve (comique)@@ (E)
Une orthophoniste toute simple, mais mariée à Arnaud, petit frimeur et macho, fils cadet du monarque, devient reine malgré elle à la mort du monarque. Cependant, celle-ci n'est pas du tout apte à porter la ...

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PAPRIKA, Satoshi Kon 2006 (animation)@@


Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution.

TELERAMA
Attention ! dessin animé hallucinogène ! Une équipe de scientifiques invente une machine à pénétrer les rêves, dans un but thérapeutique. Grâce à la « DC mini », la doctoresse Atsuko peut non seulement enregistrer les divagations de ses patients endormis, mais aussi y intervenir, via son propre double onirique, la piquante Paprika.

Ce formidable outil techno-psy est également un puissant et dangereux instrument de pouvoir… Réalisateur de Perfect Blue, troublant et labyrinthique polar, Satoshi Kon joue à nouveau brillamment ici sur la porosité du réel et les identités multiples. Peu à peu, la frontière entre le rêve et la réalité s’efface, et le cinéaste laisse entrer une discordante procession de fantasmes, un inquiétant bric-à-brac de symboles religieux, d’objets détournés (poupées, jouets mécaniques), d’animaux étranges (grenouilles musiciennes, papillons par milliers) et de références cinématographiques…

Usant de la 3D pour donner à son délire la lumière dérangeante et implacable des cauchemars, il développe une narration tortueuse, fertile plongée dans les méandres de l’inconscient. Une étonnante expérience surréaliste.
PAPRIKA, Satoshi Kon 2006 (animation)@@ (E)
Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregi ...

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PAR EFFRACTION, Anthony Minghella 2007, Jude Law, Juliette Binoche (societe)@@


Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une bande du coin qui le cambriole à répétition. Excédé, Will finit par suivre l'un des jeunes voleurs jusque chez lui où le jeune homme, Miro, vit avec sa mère, Amira, une réfugiée bosniaque.

TELERAMA
Pour mettre fin aux vols dont son cabinet est victime, un architecte bobo (Jude Law) décide de mener lui-même l'enquête. Il suit l'un des voleurs et pénètre dans un monde insoupçonné, à quelques pâtés de maisons : celui d'une réfugiée bosniaque (Juliette Binoche), la mère du voleur, qui survit grâce à des travaux de couture...

Par effraction, denier long métrage d'Anthony Minghella, parle de la mixité urbaine, du télescopage entre deux univers qui se côtoient mais s'ignorent. Le jeune voleur est coupable, mais aussi victime : de l'histoire de son pays, de l'exclusion, de sa condition sociale qui lui interdit de devenir, lui aussi, architecte. Quant au héros, cette infortune lui ouvre des horizons. Anthony Minghella, l'auteur du Patient anglais, filme le déniaisage amoureux et social de son personnage avec ­subtilité. On regrette d'autant plus un ­dénouement un brin trop fleur bleue... — Juliette Bénabent
PAR EFFRACTION, Anthony Minghella 2007, Jude Law, Juliette Binoche (societe)@@ (E)
Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une ba ...

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PARADIS PARIS, Marjane Satrapi 2024, Monica Bellucci, Charline Balu-Emane, Rossy de Palma (societe)@@


Ex-vedette de l'opéra, Giovanna fulmine: tandis qu'elle a été déclarée morte par erreur, les hommages de la presse tardent à venir. Fumer tue, mais Dolorès s'en fiche: le jour des 15 ans de sa petite-fille, elle passe unilatéralement un pacte avec Dieu.

TELERAMA
Une capitale stylisée dans un film à sketchs façon bande dessinée où la réalisatrice entremêle les histoires avec entrain.

Le titre du nouveau film de l’autrice de Persepolis évoque le cabaret et c’est bien à une drôle de revue que nous invite la plus parisienne des Iraniennes. Sans plumes, sans paillettes, mais avec un glamour désuet, elle entrecroise plusieurs destins pour mieux se faire télescoper les genres dans un ballet entre vie et mort. Ainsi, à la manière des films à sketchs italiens des années 1960, mais aussi de certains romans graphiques, la réalisatrice passe du mélo baroque à la farce la plus noire, au gré de changements de décors très stylisés – Paris et ses ponts scintillants, un commissariat de quartier ou une friche industrielle.

En ex-star de l’opéra déclarée morte – à tort – et qui attend avec impatience sa nécrologie dans les journaux, Monica Bellucci pleure, rit et descend son bel escalier haussmannien comme une vraie diva. Rossy de Palma, détonante, fume comme un pompier dans 36 mètres carrés et fait des pactes avec le bon Dieu. André Dussollier parle de la mort avec gourmandise dans les allées du Père-Lachaise. Il suffit à Alex Lutz de s’asseoir maladroitement sur un tabouret de terrasse de bistrot sous le coup de l’émotion pour créer un moment de cinéma à la Claude Sautet.

Et surtout, dans le chapitre le plus audacieux, une adolescente incarnée par une nouvelle venue volcanique (Charline Balu-Emane), réussit à dégoûter son kidnappeur par sa seule logorrhée ! Foutraque, avec des baisses de régime, mais de vraies envolées lyriques et féminines, ce Paradis Paris pas morose impose, malgré tout, la vitalité capitale de Marjane Satrapi.
PARADIS PARIS, Marjane Satrapi 2024, Monica Bellucci, Charline Balu-Emane, Rossy de Palma (societe)@@ (E)
Ex-vedette de l'opéra, Giovanna fulmine: tandis qu'elle a été déclarée morte par erreur, les hommages de la presse tardent à venir. Fumer tue, mais Dolorès s'en fiche: le jour des 15 ans de s ...

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PARIS A TOUT PRIX, Reem Kherici 2012, Reem Kherici, Cécile Cassel (comique)@


Maya, une femme d'origine marocaine, s'apprête à décrocher son premier CDI de styliste dans une maison de haute couture, mais un simple contrôle de police, où l'on découvre que son permis de séjour est périmé, la renvoie directement au Maroc.

TELERAMA
Une jeune styliste parisienne et snob est renvoyée au Maroc. Une comédie convenue sur le choc culturel.Tant sur le choc culturel que sur les préjugés, cette comédie convenue est aussi riche en sapes que pauvre en idées.

À Paris, une jeune styliste snob, mais pas méchante, sur le point de décrocher son premier CDI, est expulsée vers son pays d'origine, le Maroc. Une fois servie la galère de la « modeuse » en Louboutin sur la piste caillouteuse, il ne reste plus grand-chose dans la besace de Reem Kherici, qui joue et réalise.


PARIS A TOUT PRIX, Reem Kherici 2012, Reem Kherici, Cécile Cassel (comique)@ (E)
Maya, une femme d'origine marocaine, s'apprête à décrocher son premier CDI de styliste dans une maison de haute couture, mais un simple contrôle de police, où l'on découvre que son permis de sé ...

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PARIS, Cedric Klapisch 2008, Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini, Francois Cluzet (societe)@@


Pierre, un jeune parisien, est malade et se demande s'il est condamné. Tandis qu'il sombre dans la mélancolie, malgré le soutien de sa sœur Elise, son état lui donne un regard neuf et différent sur les personnes qu'il croise au quotidien.

TELERAMA
Au centre d’un récit éclaté où se croisent les destins de Parisiens, il y a Romain Duris, acteur fétiche de Cédric Klapisch. En lui confiant le rôle d’un danseur malade du cœur, il le place au-dessus de la mêlée, quelque part entre le quotidien et la contemplation. A ses pieds, par-dessus les toits, Pierre regarde la ville comme pour la première fois…

A la croisée du réalisme et de la rêverie, Klapisch ose tout, et notamment les clichés du Paname folklorique, qu’il déboulonne ensuite. Mais le meilleur est ailleurs : dans ce voisinage de la mort qui pousse les personnages à se sentir en vie. En parfaite symbiose, Romain Duris et Juliette Binoche forment un couple de frère et sœur touchant, que la maladie rapproche et décomplexe. En soumettant ces Parisiens ordinaires à l’épreuve de la disparition, Klapisch leur offre une vitalité nouvelle, une cure de jouvence inespérée. Inoxydable cinéaste de la jeunesse, il réaffirme haut et fort ce que Le Péril jeune avait si bien montré. Même vaincue, la jeunesse ne capitule jamais.
PARIS, Cedric Klapisch 2008, Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini, Francois Cluzet (societe)@@ (E)
Pierre, un jeune parisien, est malade et se demande s'il est condamné. Tandis qu'il sombre dans la mélancolie, malgré le soutien de sa sœur Elise, son état lui donne un regard neuf et différent sur l ...

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PARKER, Taylor Hackford 2013, Jason Statham, Jennifer Lopez (thriller)@@


Parker est un braqueur professionnel ayant un code de conduite : ne jamais voler une personne dans le besoin, ne jamais blesser un innocent. Lors d'un hold-up, il se fait doubler par ses associés qui lui dérobent sa part de butin et le laissent pour mort. Déterminé à récupérer son dû, Parker retrouve leur trace à Palm Springs alors qu'ils préparent un braquage particulièrement audacieux.

TELERAMA
Taylor Hackford offre à Jason Statham un film d’action à l’ancienne. Pas vraiment bluffant, mais le rétro a du charme.
Sous le soleil de Palm Springs, un dur à cuire mal liquidé par ses ex-associés revient pour se venger et détourner le casse du siècle, aidé d’une séduisante aventurière…

Taylor Hackford, octogénaire américain qui mène depuis longtemps une carrière tranquille (Les Princes de la ville, son meilleur film, c’était en 1993), a croisé sur sa route le plus nerveux des acteurs de films d’action, Jason Statham. Résultat de cette alliance étonnante : ce drôle de film un peu noir, où les démonstrations de force se fondent dans un cinéma plus charmeur, avec Jennifer Lopez en sympathique pin-up faire-valoir. Comme Palm Springs, le film a un charme rétro. Un thriller en vacances, presque à la retraite.
PARKER, Taylor Hackford 2013, Jason Statham, Jennifer Lopez (thriller)@@ (E)
Parker est un braqueur professionnel ayant un code de conduite : ne jamais voler une personne dans le besoin, ne jamais blesser un innocent. Lors d'un hold-up, il se fait doubler par ses associés qui lui dérobent sa part de bu ...

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PARTIR, Catherine Corsini 2009, Kristin Scott thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez (drame sentimental)@@@


Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante.

TELERAMA
Une bourgeoise s’éprend d’un ouvrier… Loin des conventions et des clichés, une tragédie au lyrisme sobre porté par un beau trio d’acteurs, avec une Kristin Scott Thomas superbe.

Le mari, la femme, l'amant... Et une passion soudaine, irrésistible, bousculant la quiétude ensoleillée de Nîmes. Presque un roman de Françoise Sagan, en théorie. Ou un film de François Truffaut sur l'enfer amoureux. Mais ici, ce n'est pas le sentiment qui domine, si intense soit-il, mais l'argent. Suzanne et Ivan, ce couple improbable (« la bourgeoise et le prolo », ricane le mari), ont beau s'aimer — la réalisatrice filme crûment leurs étreintes —, ils se heurtent moins au qu'en-dira-t-on qu'au fric tout-puissant. C'est si facile, quand on est un notable respecté, de passer quelques coups de fil pour priver d'argent l'épouse infidèle, et de travail le rival détesté...

Catherine Corsini croit au poids des classes sociales sur les êtres. Suzanne mise son avenir, sa vie auprès de cet ouvrier. Et c'est précisément cette « faute » (elle le quitte pour un « inférieur ») que ne peut excuser son mari... Kristin Scott Thomas a toujours eu l'art de suggérer le trouble d'un personnage. Ici, elle change de visage — parfois extrêmement belle, parfois presque moche — en fonction des sentiments qui l'assaillent. Avec elle, pour elle, Catherine Corsini a réussi un film au lyrisme sobre. Une tragédie miniature, construite en courtes scènes, qui, entre deux retours au noir — des entractes —, semblent filer droit vers l'inéluctable.
PARTIR, Catherine Corsini 2009, Kristin Scott thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez (drame sentimental)@@@ (E)
Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésit ...

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PAS SON GENRE, Lucas Belvaux 2014, Emilie Dequenne, Loic Corbery (sentimental)@@@


Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C'est alors qu'il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse.

TELERAMA
Clément, prof de philo, rencontre Jennifer, coiffeuse. Des personnages attachants pour un regard subtil sur les innombrables clivages de la société…

Il prend son café aux Deux Magots, en osmose avec l’âme du Paris littéraire. Elle, c’est chocolat et tartines dans son HLM d’Arras. Derrière ces habitudes, la dureté des rapports de classe et des relations humaines se tient en embuscade. La coiffeuse (étourdissante Émilie Dequenne) sait tout sur l’actrice Jennifer Aniston. Le prof de philo (parfait Loïc Corbery) est incollable sur Kant. L’amour qui naît entre eux va triompher de leurs différences et du déterminisme social. Vraiment ? Pendant le carnaval d’Arras, les deux amoureux se perdent au milieu des masques. Eux-mêmes prisonniers de ceux dont ils héritent à cause de leur métier, de leur culture. En les montrant aux prises avec ces carcans, Lucas Belvaux fait apparaître des murs invisibles, des fossés d’une profondeur insoupçonnée, une réalité complexe. Sans jamais renoncer à la générosité de son regard.

SYNOPSIS
Professeur de philosophie, auteur à succès et amant passager, Clément Le Guern croit mourir quand il apprend qu'il est nommé pour un an dans un lycée d'Arras. Il s'installe à l'hôtel et supporte vaille que vaille son exil. Un rendez-vous dans un salon de coiffure et le voilà qui propose à Jennifer, blonde pétillante, amatrice de karaoké sans prétention et mère d'un petit garçon, de boire un verre. Entre la fille simple qui aime Jennifer Aniston et le garçon compliqué qui cite Kant et Proust se noue une histoire d'amour. Passé le premier rendez-vous, Jennifer se met peu à peu à croire à l'amour de Clément qui finit même par sacrifier l'un de ses précieux week-ends à Paris...
PAS SON GENRE, Lucas Belvaux 2014, Emilie Dequenne, Loic Corbery (sentimental)@@@ (E)
Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C'est alors qu'il rencontre Jenni ...

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PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg, Meryl Streep,Tm Cruise


Katharine Graham est la première femme à publier un important journal américain: The Washington Post.

TELERAMA
En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spielberg réussit plusieurs films en un seul. Il traite brillamment le dossier politique, et son style même se fait sec, exaltant et nerveux, à la manière des grands films du Nouvel Hollywood des années 70 : c’est un hommage à l’histoire du cinéma autant qu’à la presse de l’époque, tant les deux médias représentèrent alors, chacun à leur manière, la sauvegarde de la démocratie contre un pouvoir abusif. Chaque scène, ou presque, est un morceau de bravoure. Y compris au sens propre : en publiant ces documents brûlants, Kay Graham et ses employés risquaient de tout perdre, de leur journal à leur propre liberté.

On a classé tous les films de Steven Spielberg, des plus ratés aux coups de maître
On devine, bien sûr, derrière la ­reconstitution, un plaidoyer très contemporain en faveur d’un contre-pouvoir indépendant et fort, plus ­nécessaire que jamais aujourd’hui. Le film veut à la fois alerter sur une Amérique malade de Donald Trump et de son « Russiagate », et amorcer l’ère post-Weinstein. A travers le portrait de Kay Graham, veuve mondaine trai­tée avec condescendance par ses pairs masculins, qui affirme son courage et son autorité, il décortique l’histoire des femmes dans la société, le caractère récent et fragile de leurs acquis… Meryl Streep habite avec une étonnante douceur cette patronne atypique, tiraillée entre les exigences de son milieu, la haute société politico-financière et ses valeurs morales. Face à elle, Tom Hanks a rarement été aussi convaincant : son portrait de rédacteur en chef dur à cuire incorruptible et gouailleur ferait presque oublier Jason Robards, le Ben Bradlee du film de Pakula.
Spielberg, lui, n’oublie pas. Il termine son histoire là où commence Les Hommes du Président, le temps d’un ­fameux plan large et nocturne sur l’immeuble du Watergate. Manière élégante, futée et magistrale de raccrocher les wagons du mythe.
PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg, Meryl Streep,Tm Cruise (E)
Katharine Graham est la première femme à publier un important journal américain: The Washington Post.

TELERAMA
En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spiel ...

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PERCY JACKSON le voleur de foudre (fantastique)@@


Toujours prédisposée à des problèmes, la vie d'adolescent de Percy Jackson devient beaucoup plus compliquée quand il apprend qu'il est le fils de dieu grec Poséidon.

TELERAMA
Les aventures d’un ado américain fils de… Poséidon. Les dieux grecs sont prétextes à un divertissement grand public kitsch et plutôt rigolo.

Les sorciers, c’est fait. Les vampires, aussi. Que restait-il, pour les producteurs en mal de fantastique pour la jeunesse ? Les dieux grecs : Zeus, Hadès, Athéna, toute la bande. Adaptant un best-seller, Chris Colombus s’amuse avec ses effets spéciaux (ah, Uma Thurman en méduse !) et un récit plus proche de Harry Potter que d’Homère. En effet, ledit Percy, ado américain, apprend un jour qu’il est le fils de Poséidon, rien que ça, et s’en va parfaire son entraînement dans une « colo » spéciale pour demi-dieux.

Entre attaques de minotaures ou de furies, et apparitions improbables (Pierce Brosnan galopant sur ses - quatre - papattes de centaure), cette fantaisie, aussi kitsch et toc qu’un temple en stuc sur un boulevard de Las Vegas, ne manque pourtant ni de rythme, ni d’effets spectaculaires. A savourer avec une indulgence… olympienne.
PERCY JACKSON le voleur de foudre (fantastique)@@ (E)
Toujours prédisposée à des problèmes, la vie d'adolescent de Percy Jackson devient beaucoup plus compliquée quand il apprend qu'il est le fils de dieu grec Poséidon.

TELERAMA
Les aventu ...

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PERCY JACKSON le voleur de foudre (fantastique)@@


Toujours prédisposée à des problèmes, la vie d'adolescent de Percy Jackson devient beaucoup plus compliquée quand il apprend qu'il est le fils de dieu grec Poséidon.

TELERAMA
Les aventures d’un ado américain fils de… Poséidon. Les dieux grecs sont prétextes à un divertissement grand public kitsch et plutôt rigolo.

Les sorciers, c’est fait. Les vampires, aussi. Que restait-il, pour les producteurs en mal de fantastique pour la jeunesse ? Les dieux grecs : Zeus, Hadès, Athéna, toute la bande. Adaptant un best-seller, Chris Colombus s’amuse avec ses effets spéciaux (ah, Uma Thurman en méduse !) et un récit plus proche de Harry Potter que d’Homère. En effet, ledit Percy, ado américain, apprend un jour qu’il est le fils de Poséidon, rien que ça, et s’en va parfaire son entraînement dans une « colo » spéciale pour demi-dieux.

Entre attaques de minotaures ou de furies, et apparitions improbables (Pierce Brosnan galopant sur ses - quatre - papattes de centaure), cette fantaisie, aussi kitsch et toc qu’un temple en stuc sur un boulevard de Las Vegas, ne manque pourtant ni de rythme, ni d’effets spectaculaires. A savourer avec une indulgence… olympienne.
PERCY JACKSON le voleur de foudre (fantastique)@@ (E)
Toujours prédisposée à des problèmes, la vie d'adolescent de Percy Jackson devient beaucoup plus compliquée quand il apprend qu'il est le fils de dieu grec Poséidon.

TELERAMA
Les aventu ...

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PETIT PAYSAN, Hubert Charuel 2017, Swann Arlaud, Sara Giraudeau (environnement nature)@@


Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s'organise autour de sa ferme, sa soeur vétérinaire et ses parents dont il a repris l'exploitation. Alors que les premiers cas d'une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l'une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n'a rien d'autre et ira jusqu'au bout pour les sauver.

TELERAMA
Pour Pierre, rien ne compte plus que ses vaches. Levé à l’aube tous les matins pour la traite, il trime toute la journée entre la pâture et les mille et une tâches de la ferme, sans compter les réveils en pleine nuit pour la mise bas d’un veau… Ce jeune éleveur consacre chaque minute de son existence à son troupeau. L’amour ? Pas le temps – ni même l’envie – de répondre aux avances de l’avenante boulangère du village. Les seules visites qu’il accepte sont celles de sa sœur, puisqu’elle est vétérinaire. Surtout, Pierre a peur : les premiers cas d’une épidémie viennent de se déclarer en France. Des troupeaux sont abattus par mesure de précaution. Découvrant que l’une de ses laitières est infectée, il est prêt à tous les mensonges pour empêcher qu’on tue ses vaches…

Hubert Charuel, lui-même fils d’éleveurs, mais qui préféra la Fémis à la ferme familiale, s’empare d’un sujet qu’il connaît intimement. On est d’abord frappé par sa capacité à convertir son matériau documentaire (des difficultés économiques aux lois sanitaires, jusqu’à la question épineuse de la robotisation de la traite) en fiction passionnante. Mais, en plus, son film échappe au naturalisme et tourne au thriller. C’est d’ailleurs annoncé dès la séquence d’ouverture, superbement onirique : Pierre se fraye difficilement un chemin dans sa chambre et sa cuisine, au milieu des vaches. Et il deviendra un héros de polar paranoïaque pour faire disparaître, la nuit, le cadavre d’un ruminant, bien plus difficile à enterrer que celui d’un homme chez Scorsese… Swann Arlaud, impressionnant, comme habité, devient l’incarnation d’un sacerdoce qui peut virer à l’enfer.
PETIT PAYSAN, Hubert Charuel 2017, Swann Arlaud, Sara Giraudeau (environnement nature)@@ (E)
Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s'organise autour de sa ferme, sa soeur vétérinaire et ses parents dont il a repris l'exploitation. Alors que les premiers cas d'une épid&eacut ...

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PHOTO DE FAMILLE, Cecilia Rouaud, Vanessa Paradis, Jean-Pierre Bacri, Camille Cottin@@



Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et soeurs, mais ne se côtoient pas. La première est 'statue' pour touristes, au grand dam de son fils. Elsa, elle, est en colère contre la terre entière et désespère de tomber enceinte. Mao, game designer de génie chroniquement dépressif, noie sa mélancolie dans l'alcool et la psychanalyse. Quant à leurs parents, Pierre et Claudine, séparés de longue date, ils n'ont jamais rien fait pour resserrer les liens de la famille. Survient l'enterrement du grand-père.
PHOTO DE FAMILLE, Cecilia Rouaud, Vanessa Paradis, Jean-Pierre Bacri, Camille Cottin@@ (E)

Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et soeurs, mais ne se côtoient pas. La première est 'statue' pour touristes, au grand dam de son fils. Elsa, elle, est en colère contre la terre entière et dés ...

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PIECE MONTEE, Denys Granier-Deferre 2010, Clémence Poésy, Jérémie Renier (societe)@@


Bérengère et Vincent se marient dans le respect des traditions bourgeoises. Selon la coutume, familles et amis se réunissent à la campagne par une belle journée de printemps. Journée joyeuse pour certains, douloureuse pour d'autres, en tous les cas déterminante et inoubliable pour tous. Comme les liens du sang ne sont pas toujours ceux du coeur, cette journée va vite devenir l'heure de vérité, toute génération confondue.

TELERAMA
Plutôt réussi, entre méchanceté et mélancolie. Le couple Jean-Pierre Marielle-Danielle Darrieux pique la vedette aux autres. Sauf à Clémence Poésy, si gracieuse.

Pour un cinéaste, un mariage, c’est toujours un casse-tête. Denys Granier-Deferre s’en sort en zigzaguant plus ou moins élégamment parmi les convives. Dans les noces de cinéma, comme dans les vraies, d’ailleurs, il y a les convives qu’on apprécie et les autres. Ici, on aime Clémence Poésy, gracieuse dans sa robe de mariée. Hélène Fillières, qui drague les esseulés. Léa Drucker, s’apercevant soudain qu’elle n’aurait pas dû épouser Christophe Alévêque, qui joue intelligemment les imbéciles...

Mais c’est un vieux couple qui, insensiblement, s’empare du film pour y faire naître une émotion imprévue. Sur un banc, la nuit, Danielle Darrieux murmure des mots d’amour à Jean-Pierre Marielle, l’homme qu’elle n’a jamais oublié. Ce pourrait être ridicule, mais non, grâce à eux, tout devient beau, et doux, et triste, et fou...
PIECE MONTEE, Denys Granier-Deferre 2010, Clémence Poésy, Jérémie Renier (societe)@@ (E)
Bérengère et Vincent se marient dans le respect des traditions bourgeoises. Selon la coutume, familles et amis se réunissent à la campagne par une belle journée de printemps. Journée joyeuse pour ce ...

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PINA, Wim Wenders 2011, (vd)(danse theatre)@@


C'est à la demande des danseurs du Tanztheater Wuppertal que Wim Wenders a repris son projet, suspendu après le décès brutal de Pina Bausch en 2009. Tourné en 3D, cet hommage nous convie sur scène, au plus près des corps en mouvement, à travers des fragments de chorégraphies.

TELERAMA
L'immense chorégraphe allemande Pina Bausch est morte à Wuppertal, le 30 juin 2009. Wim Wenders, qui préparait un film avec elle, a suspendu son projet, avant de le reprendre à la demande des danseurs. Ces danseurs, on les retrouve sur scène, interprétant d'éblouissantes chorégraphies tirées de quatre spectacles : "Le Sacre du printemps", "Kontakthof", "Café Muller" et "Vollmond". Mais on les entend aussi rendre hommage à la créatrice disparue et évoquer ce qu'était le travail avec elle. Ils se livrent tous également à de petits morceaux chorégraphiés personnels, qui sont autant d'hommages à Pina Bausch. Des images d'archives complètent ce dispositif...
PINA, Wim Wenders 2011, (vd)(danse theatre)@@ (E)
C'est à la demande des danseurs du Tanztheater Wuppertal que Wim Wenders a repris son projet, suspendu après le décès brutal de Pina Bausch en 2009. Tourné en 3D, cet hommage nous convie sur scène, ...

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PK, Rajkumar Hirani 2014@@


Un inconnu pose des questions que personne n'a posées avant. Connu seulement par ses initiales P. K., ses questions innocentes et sa curiosité enfantine lui emmènera dans un voyage de l'amour, de rires et de lâcher-prise.

TELERAMA
“ Etrange... D'une naïveté juste incroyable, mais peut-être nécessaire pour des discours qui détonnent à Bollywood... Etrange donc... ”
PK, Rajkumar Hirani 2014@@ (E)
Un inconnu pose des questions que personne n'a posées avant. Connu seulement par ses initiales P. K., ses questions innocentes et sa curiosité enfantine lui emmènera dans un voyage de l'amour, de rires et de lâche ...

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PLAN 75, Chie Hayakawa 2022, Chieko Baishô, Hayato Isomura (societe moeurs euthanasie)(japon)@@


Le programme gouvernemental Plan 75 encourage les personnes âgées à se faire euthanasier pour rajeunir une société vieillissante. Une femme âgée dont les moyens de survie disparaissent, un vendeur pragmatique du Plan 75 et un ouvrier philippin sont confrontés à des choix de vie ou de mort.

TELERAMA
En imaginant un plan d’euthanasie généralisée pour les plus de 75 ans, ce film s’attaque avec brio à un sujet brûlant : le vieillissement de la population japonaise. Aussi délicat que terrifiant.

Flou artistique et angoissant : un jeune homme se donne la mort dans ce qui semble être un Ehpad, si on en juge par ce fauteuil roulant vide, renversé dans l’entrée Il vient de massacrer tous les pensionnaires, pour alerter, d’après lui, sur le problème de la population vieillissante au Japon. Deuxième séquence, quelques mois plus tard : le gouvernement japonais vient de mettre en place un plan d’euthanasie généralisée à partir de 75 ans. Les seniors sont invités, s’ils le souhaitent, à s’inscrire à une mort assistée, les plus pauvres d’entre eux pouvant même bénéficier d’une prime de 100 000 yens pour leur assurer confort et plaisir dans leurs dernières semaines…

Ce film présenté dans la section Un certain regard du Festival de Cannes frappe par sa violence douce, comme anesthésiée, dans un Japon très légèrement futuriste. Un jeune fonctionnaire du gouvernement écoule avec le sourire des contrats d’euthanasie comme on vend des assurances. Michi, une modeste septuagénaire, vient de perdre son boulot harassant de femme de ménage dans un hôtel. Elle est seule au monde, bientôt son immeuble sera détruit, alors pourquoi ne pas succomber aux sirènes de cette fin programmée ? Pourquoi ne pas se sacrifier pour son pays ?

Plan 75 avance au fil du quotidien de cette vieille dame si poliment résignée (magnifique Chieko Baisho, toute de grâce mélancolique), face à une administration qui la juge obsolète. Parallèlement, il y a la prise de conscience à suspense d’un jeune homme qui se demande s’il est juste de laisser son père disparaître pour ne plus encombrer… Délicate à faire peur, la mise en scène éclaire d’autant mieux la déshumanisation et l’atteinte insupportable à la dignité des personnes âgées. Jusqu’ici, des cinéastes avaient abordé, à travers des cas particuliers, le thème de l’euthanasie choisie. Ce film remarquable est le premier à l’aborder comme un potentiel système d’État, et cela fait froid dans le dos.
PLAN 75, Chie Hayakawa 2022, Chieko Baishô, Hayato Isomura (societe moeurs euthanasie)(japon)@@ (E)
Le programme gouvernemental Plan 75 encourage les personnes âgées à se faire euthanasier pour rajeunir une société vieillissante. Une femme âgée dont les moyens de survie disparaissent, un vend ...

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POLINA, DANSER SA VIE, Valerie Muller et Angelin Preljocaj, Anastasia Shevtsova, Juliette Binoche, Aleksei Guskov


Portée depuis l'enfance par la rigueur et l'exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu'elle s'apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. C'est un choc artistique qui fait vaciller tout ce en quoi elle croyait. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie.
POLINA, DANSER SA VIE, Valerie Muller et Angelin Preljocaj, Anastasia Shevtsova, Juliette Binoche, Aleksei Guskov (E)
Portée depuis l'enfance par la rigueur et l'exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu'elle s'apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste &a ...

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POLISSE, Maiwenn 2011; Karin Viard, JoeyStarr (policier)@@


À Paris, Melissa, une photographe, vient effectuer un reportage sur la Brigade de protection des mineurs, la BPM. Incestes et pédophilie, maltraitance, enlèvement, prostitution adolescente, misère ordinaire, mariage forcé. En contrepoint à ces tragédies quotidiennes s'enchaînent aussi des événements personnels pour des flics sous tension, entre fous rires et coups de gueule. Fred et Melissa tombent amoureux ; Nadine divorce et puis regrette ; l'anorexie et la solitude d'Iris s'aggravent.

TELERAMA
Grâce à son sens du détail insolite et à son talent inné pour le désordre organisé, toutes les scènes, collectives ou intimes, des plus dures aux plus cocasses, percutent. Un petit Africain est arraché à sa maman, qui veut le sauver de la misère, pour être placé dans un foyer. Il hurle. Longtemps. La scène est insoutenable et ce malheur, brut, Maïwenn nous l’assène en pleine gueule.
Plus tard, une gamine est interrogée : pourquoi a-t-elle accepté de faire une fellation à plusieurs garçons ? Sa réponse est choquante et… hilarante ! Ce moment où la réalisatrice ose faire reposer le comique sur le sordide est un précipité révélateur de notre société où les jeunes, privés de repères, en viennent à mépriser, marchander leur propre corps. Polisse balance ainsi nombre de vérités : il n’est pas facile d’être flic quand on est femme et beur. Les flics sont, eux aussi, des parents aux entrailles nouées par la peur, car ils savent mieux que quiconque que le mal peut surgir à chaque coin de rue. Qu’un bébé peut être enlevé dans une crèche parce que la serrure de la porte d’entrée n’a pas été réparée. Et que la pédophilie s’exerce dans des appartements haussmaniens de 120 mètres carrés, où les pervers se croient intouchables… Alors, il faut décompresser : au cœur du film, comme une respiration, la brigade au grand complet, solidaire, danse à perdre haleine dans une boîte de nuit, sur Stand on the word, de Keedz, formidable morceau techno au chœur d’enfants… Se dépenser, suer le plus possible pour se laver de tous ces malheurs qui collent à la peau…

Dirigés comme des bêtes en cage, les acteurs sont tous impressionnants : Karin Viard, ­jamais aussi bien depuis longtemps ; Emmanuelle Bercot, qui a cosigné le scénario ; Marina Foïs, dure et fermée. Et puis il y a Joey Starr : il explose dans le rôle de Fred, le policier incapable de se résigner face au manque de moyens alloués à la brigade. D’entrée, son coup de gueule contre une adolescente ordurière impose l’identité du film : « Ferme ta gueule, on est à la police, ici, d’accord ? ! » beugle-t-il. D’accord !...

Reste Maïwenn, comédien­ne. On dira que le personnage qu’elle s’est donné est peu fouillé, un brin agaçant : une photographe bobo engagée pour prendre des clichés de la brigade et qui revient habiter les quartiers populaires en tombant amoureuse de Joey Starr. Elle ne se gâte guère, et c’était déjà le cas dans Le Bal des actrices. Démarche masochiste, mais généreuse : témoin étranger à ce groupe soudé, planquée derrière son objectif, elle endosse notre sentiment de voyeurisme, nous en absout. Et elle finit par faire totalement corps avec cette brigade. Com­me nous.
POLISSE, Maiwenn 2011; Karin Viard, JoeyStarr (policier)@@ (E)
À Paris, Melissa, une photographe, vient effectuer un reportage sur la Brigade de protection des mineurs, la BPM. Incestes et pédophilie, maltraitance, enlèvement, prostitution adolescente, misère ordinaire, mari ...

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POP REDEMPTION, Martin Le Gall 2012, Julien Doré, Grégory Gadebois(comique)@@


Depuis l'adolescence, quatre copains partagent la même passion pour le rock satanique et ont formé un groupe de black metal les Dead Makabés avec lequel, chaque été, ils jouent dans d'improbables festivals. Mais, le temps passant, la trentaine arrivant, les contingences du quotidien les rattrapent. Ils sont en pleine crise et seul le leader croit toujours dur comme fer à leur musique, à leurs idéaux de jeunesse.

TELERAMA
Quatre potes musiciens, la trentaine, prennent la route pour un (dernier) concert au Hellfest. Un drôle de road-movie musical, qui fusionne imageries pop et metal, où le groupe ressemble à un couple en crise.

Dans ce drôle de road-­movie musical, le groupe ressemble à un couple en crise, qui s’enguirlande, puis se remémore de beaux souvenirs. Martin Le Gall saisit le moment où des musiciens, la trentaine devant eux et les rêves de gloire plutôt derrière, doivent composer ; avoir une vie plus ordonnée, en somme, comme un morceau pop-rock… Ce qui amuse, c’est le mélange permanent de clichés metal — costumes sombres et teints blafards — et d’imagerie pop — références visuelles à la pochette d’Abbey Road, des Beatles : on reconnaît sans peine l’humour absurde et la touche pince-sans-rire d’Alexandre Kaamelott Astier, qui a collaboré au scénario. Et les acteurs sont vraiment bons : mention spéciale à Grégory Gadebois, gros nounours au look de Viking…
POP REDEMPTION, Martin Le Gall 2012, Julien Doré, Grégory Gadebois(comique)@@ (E)
Depuis l'adolescence, quatre copains partagent la même passion pour le rock satanique et ont formé un groupe de black metal les Dead Makabés avec lequel, chaque été, ils jouent dans d'improbables festivals. ...

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POPULAIRE, Regis Roinsard 2012, Romain Duris, Déborah François (comique)@@


Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d'un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d'une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d'un cabinet d'assurances, cherche une secrétaire. Un film de: Régis Roinsard.

TELERAMA
Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Une histoire d’amour un peu désuète et pourtant on ne peut que tomber sous le charme de ce film.

Pour évoquer ce divertissement rétro, il faut ressortir de leur housse des mots démodés comme « bath », « chic » ou « épatant »… Avec son nom parfumé et désuet, Rose Pamphyle est la parfaite héroïne de 1958, blonde, fraîche et naïve. Elle ne pense qu’à devenir secrétaire, le métier « moderne » par excellence. Une petite annonce la mène dans le bureau de Louis Échard, agent d’assurances. Un archétype, lui aussi. Macho en costard noir impeccable, il a l’air échappé de la série Mad Men. Rose a un don insolite. Elle tape à la machine plus vite que son ombre. Une telle habileté vaut de l’or dans les concours de dactylos qu’on organise alors. Épaté, Louis Échard s’improvise entraîneur…

Dans cette comédie fringante, les décors et le design jouent la carte de la nostalgie. D’où un plaisir vintage mais pas vieillot, qui emprunte la candeur et le piquant des romances « populaires » de l’époque — En effeuillant la marguerite ou encore Papa, maman, la bonne et moi. Derrière la légèreté du sujet se cache pourtant une histoire d’émancipation féminine, dans laquelle Romain Duris déborde de charme, sans oublier Déborah François qui s’impose, avec sa frimousse malicieuse, sa vivacité de suffragette.
POPULAIRE, Regis Roinsard 2012, Romain Duris, Déborah François (comique)@@ (E)
Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d'un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d'une femme au foyer docile et appliqué ...

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PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU, Celine Sciamma 2019, Noemie Merlant, Adele Haenel (societe)@@@


1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d'Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d'épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d'elle en tant que dame de compagnie, elle commence à l'observer.

TELERAMA
Le film retrace une histoire d’amour, vécue dans l’intensité du présent et ravivée par le souvenir. Classique dans la forme, le film est moderne sur le fond. Tant sur la représentation des femmes que sur leur combat, la réalisatrice décrit une solidarité féminine, une sororité. Dans le face-à-face de Marianne avec son modèle se joue un rapport d’influence et de reflets, qui est aussi celui de tout metteur en scène avec ses acteurs. Un lien où le rapport de pouvoir et de séduction est mouvant.

Élégant dans le dévoilement du sentiment, de l’âme et des corps, ce Portrait excelle à marier pudeur et volupté. Et se montre de plus en plus vibrant à mesure que grandit la passion entre les héroïnes. Adèle Haenel illustre à merveille le conflit intérieur d’une femme tiraillée entre la docilité et le désir d’émancipation. Noémie Merlant, de tous les plans ou presque, illumine le film par sa rigueur créative et sa grâce conquérante. Il y a de quoi tomber amoureux, ou amoureuse.
PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU, Celine Sciamma 2019, Noemie Merlant, Adele Haenel (societe)@@@ (E)
1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d'Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d'épouse en refusant de poser. M ...

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POTICHE, François Ozon 2010, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini (comique)@@


En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l'épouse popote et soumise d'un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d'une main de fer et s'avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu'avec ses enfants et sa femme, qu'il prend pour une potiche. À la suite d'une grève et d'une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l'usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d'action.

TELERAMA
Ozon renoue avec l’adaptation théâtrale au cinéma, déjà explorée dans “8 Femmes”, en s’inspirant du succès de boulevard signé Barillet et Grédy qui vit triompher Jacqueline Maillan. Cette fois, c'est Catherine Deneuve qui tient le rôle de l'épouse contrainte de remplacer son mari (Fabrice Luchini) à la tête de l'entreprise familiale.
POTICHE, François Ozon 2010, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini (comique)@@ (E)
En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l'épouse popote et soumise d'un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d'une main de fer et s'avère aussi désagr ...

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POUPOUPIDOU, Gerald Hustache Mathieu 2011, Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton (policier)@


Écrivain de polars à succès, David Rousseau se rend à Mouthe pour assister à la lecture du testament de son oncle. Il apprend bientôt que Candice Lecoeur, égérie du fromage Belle de Jura et miss météo, s'est suicidée. Le corps ayant été retrouvé dans la zone interfrontalière entre la France et la Suisse, la police clôt l'affaire. Le romancier ouvre l'enquête.
POUPOUPIDOU, Gerald Hustache Mathieu 2011, Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton (policier)@ (E)
Écrivain de polars à succès, David Rousseau se rend à Mouthe pour assister à la lecture du testament de son oncle. Il apprend bientôt que Candice Lecoeur, égérie du fromage Belle de Jur ...

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PREMIER CONTACT, Denis Villeneuve, 2016, Amy Adams, Jeremy Renner (etrange)@@


Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l'espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d'experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.

TELERAMA
Des extraterrestres débarquent, et les mystères s'enchaînent. Le réalisateur québécois de “Prisoners” et “Sicario” signe un thriller SF insolite et une réflexion sur l’autre.

Le monde est en alerte maximale : des extraterrestres ont débarqué. L'information circule partout dans les médias. Ce genre d'entrée en matière, on connaît. Tout, ici, est pourtant revisité, régénéré. D'abord, il y a ces étranges vaisseaux noirs, ovoïdes, suspendus au-dessus du sol, en douze points du globe. Leurs occupants, dont on ne sait s'ils sont là en amis ou en ennemis, n'en descendent pas. Ils attendent. Quoi donc ? Mystère. Avant même de comprendre les motivations des arrivants, il faut déjà les comprendre tout court. La tâche est complexe : ils émettent des sons incompréhensibles. L'armée américaine dépêche donc une linguiste universitaire accomplie, Louise, marquée par la mort récente de sa fille, pour établir un premier contact avec eux.

Un camp de base est installé au pied d'un des vaisseaux. On déploie un arsenal de précautions militaires et scientifiques — un physicien réputé (Jeremy Renner) fait aussi partie de la délégation qui entoure Louise. L'approche, plastiquement fascinante, est un suspense en soi. Denis Villeneuve, le cinéaste québécois décidément très talentueux de Prisoners et de Sicario, recycle le motif central du décodage langagier de Rencontres du troisième type, de Spielberg, en le croisant avec l'univers visuel de 2001 : l'Odyssée de l'espace, de Kubrick. Ce mélange crée une expérience forte d'immersion sensorielle, qui n'est pas sans rappeler certaines installations d'artistes contemporains, de Bill Viola ou de James Turrell. La lente progression dans le vaisseau ressemblant à une ­caverne ou à un temple, l'apparition des aliens (masses nébuleuses, entre la baleine, l'araignée géante et l'éléphant), leur moyen d'expression — des logogram­mes tracés à jets d'encre sur un écran —, tout cela tient d'une lente cérémonie, invitation à la pure contemplation. Un cas rare dans le cadre d'un blockbuster de science-fiction.

Une fois le contact établi, la méfiance chez les puissants ne retombe pas. Des divisions surgissent. Parce qu'un terme reste incertain dans sa traduction (les extraterrestres ont-ils parlé d'« outil » ou d'« arme » ?), la planète s'affole, surtout les Chinois et les Russes qui font front commun contre ce qu'ils estiment être une déclaration de guerre. On retrouve là un thème ­déjà vu, mais tiré vers le haut. Car le film traite finement de l'obsession dévorante du contrôle absolu, de la méfiance vis-à-vis de ce qui est étranger, étrange. Comme tout conte, celui-ci est ouvert à plusieurs pistes de lecture (sur nos rapports aux migrants, aux animaux, aux défunts...).

S'opposant au repli sur soi des bellicistes, l'émérite philologue qu'est Louise (Amy Adams, émouvante, recueillie, tout absorbée dans l'écoute et l'observation) s'aventure le plus loin possible. L'originalité de Premier Contact est de montrer comment le langage qu'elle décrypte avec difficulté finit peu à peu par l'imprégner, par façonner sa perception, sa pensée, ses rêves. On savait que toute langue était porteuse d'une culture. Ici, le langage découvert ouvre sur un bouleversement intérieur vertigineux.

Malgré sa fin un peu confuse et boursouflée à la fois, Premier Contact a le mérite d'appartenir pleinement à un genre (la science-fiction) tout en s'adressant à un public qui peut ne pas y être sensible. Car il brasse large, le très grand (la géopolitique et l'au-delà) comme l'intime (le deuil d'une mère). Il mêle le frisson et la soif insatiable de savoir. L'avancée vers l'inconnu et la connaissance.
PREMIER CONTACT, Denis Villeneuve, 2016, Amy Adams, Jeremy Renner (etrange)@@ (E)
Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l'espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d'experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intent ...

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PREMIERE ANNEE, Thomas Lilti, Vincent Lacoste, William Lebghil (societe)@@


Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu'à la fête, les deux étudiants devront s'acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d'aujourd'hui et les espérances de demain.
PREMIERE ANNEE, Thomas Lilti, Vincent Lacoste, William Lebghil (societe)@@ (E)
Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé ...

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PREMONITIONS, Afonso Poyart 2015, Anthony Hopkins, Jeffrey Dean Morgan (thriller)@@


Même mode opératoire, même profil de victimes. Lorsqu'ils découvrent le corps d'une jeune femme, les agents Joe Merriwether et Katherine Cowles en sont persuadés : ils ont bien affaire à un tueur en série, et de la pire espèce. Parce que leur enquête piétine, Merriwether décide de faire appel à John Clancy, un médium. Même s'il avait déjà aidé la police à résoudre d'épineuses affaires, Clancy, dévasté depuis le décès de sa fille, hésite à reprendre du service.

TELERAMA
Enième rôle de surdoué ténébreux pour Anthony Hopkins, cette fois dans la peau d'un médium recruté par le FBI pour arrêter un tueur en série. On est loin des grands thrillers des années 1990 vers lesquels le film lorgne : Le Silence des agneaux et Seven. Le fantastique est prétexte à des images mentales tape-à-l'oeil et à une idéologie réac.
PREMONITIONS, Afonso Poyart 2015, Anthony Hopkins, Jeffrey Dean Morgan (thriller)@@ (E)
Même mode opératoire, même profil de victimes. Lorsqu'ils découvrent le corps d'une jeune femme, les agents Joe Merriwether et Katherine Cowles en sont persuadés : ils ont bien affaire à un tueur en s ...

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PRESIDENTS, Anne Fontaine 2021, Jean Dujardin, Gregory Gadebois (comique biopic histoire Sarkozy Hollande)@@


Décembre 2021 : ancien président de la République française, Nicolas a du mal à supporter l'arrêt de sa vie politique. La cote d'Emmanuel Macron est en chute libre, et la perspective de l'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen lors des élections présidentielles de 2022 lui est insupportable. Il décide alors de former une alliance avec François, lui aussi ancien président mais pour un parti politique opposé.

TELERAMA
Deux anciens présidents de la République décident de faire cause commune pour reprendre le pouvoir aux élections. Une comédie rythmée avec Jean Dujardin drôlissime dans ce rôle très seyant.

C'est quoi la vie d’un ex-président de la République ? Pour Nicolas : la dépression, des tâches ménagères afin de ne pas sombrer. Pour François : une retraite €paisible (trop ?) dans la Creuse. Un jour, Nicolas décide d’aller convaincre François de faire alliance pour faire barrage au « péril fasciste ».

Anne Fontaine tire de cette idée une fantaisie buissonnière, qui se moque avec tendresse des hommes politiques, montrés surtout comme des clowns vaniteux et piteux, tandis que leurs épouses sont lucides et fines. En matière d’analyse politique, ça ne vole pas très haut. Mais pour le cabotinage et les imitations tempérées, c’est réjouissant.
PRESIDENTS, Anne Fontaine 2021, Jean Dujardin, Gregory Gadebois (comique biopic histoire Sarkozy Hollande)@@ (E)
Décembre 2021 : ancien président de la République française, Nicolas a du mal à supporter l'arrêt de sa vie politique. La cote d'Emmanuel Macron est en chute libre, et la perspective de l'arriv&eacut ...

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PRISONERS, Denis Villeneuve 2013, Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal (drame thriller)@@


Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de six ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d'Anna. Le suspect numéro un est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entraînant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus.

TELERAMA
Deux enfants disparues, un père qui entreprend de faire justice… Un scénario a priori rebattu .

À quand remonte la dernière fois où l'on a éprouvé une angoisse si palpable, un malaise si profond au cinéma ? Mystic River, de Clint Eastwood, peut-être, ou plus récemment Zodiac, de David Fincher. Denis Villeneuve, cinéaste canadien révélé avec Incendies, franchit un cap en signant son premier film américain, un thriller qui ne se départ jamais du drame humain, déclenché un jour d'hiver plombé. Deux familles amies, qui habitent la même rue d'une petite ville tranquille des Etats-Unis, se retrouvent pour fêter Thanksgiving. Leurs fillettes sortent un moment ensemble. Et ne reviennent pas. Elles ont disparu. Fugue ? Kidnapping ? Rien n'a été remarqué de suspect, sinon un camping-car qui s'est arrêté quelques instants dans la rue. Un tas de ferraille a priori inoffensif, rendu très bizarre, pourtant, par la mise en scène de Denis Villeneuve...

Aussitôt signalé comme un composant du crime, il est vite localisé par la police. A son bord, Alex (Paul Dano), un faible d'esprit aux lunettes double foyer, qui a tenté de prendre la fuite. Tout le désigne comme coupable, même s'il paraît aussi apeuré que louche. Le jeune inspecteur, solitaire, circonspect (Jake Gyllenhaal), qui l'interroge, ne recueille d'ailleurs rien de solide. Faute de preuves, il est contraint de le relâcher. Au grand dam de Keller, le père dévasté et furieux de l'une des gamines disparues (Hugh Jackman), qui décide d'agir dans son coin en justicier, convaincu de son fait... Le temps presse, chaque jour qui passe réduit les chances de récupérer les filles vivantes.

Personnages denses et captivants
Deux conceptions s'affrontent. D'un côté, la foi dans la loi et la déduction, incarnée par le flic avisé — trop, peut-être. De l'autre, l'émotion, l'intuition et la violence individualiste, qu'incarne le père. Un énième tableau de l'Amérique si l'on veut, mais réactualisé, sur fond de repli sur soi paranoïaque. L'originalité, ce sont les personnages, forts ou faibles, tous denses, tous captivants, qu'il est bien difficile de juger, de condamner en bloc. A froid, on peut le faire, mais justement, là, il y a urgence.

Le mal est d'autant plus troublant qu'il revêt l'apparence du bien. Au nom d'un devoir viscéral, pour sauver son enfant, Keller en vient à séquestrer Alex, à le torturer. Séquences éprouvantes, où le cinéaste se garde de tout sadisme. Prisoners nous plonge dans un abîme de perplexité et de peur. Au tourment des conflits moraux s'ajoutent des rebondissements, des pistes, valables ou non, qui relancent le suspense. Le film tient d'un cauchemar éveillé, très réaliste : un enfer sur terre. La lumière y est blafarde, la nuit, omniprésente. Cuisine, cave, antre, enclos, les lieux cachent tous des pièges et révèlent l'enracinement de la cruauté (l'enquête mène à des disparitions antérieures, qui ont eu lieu dans la région).

Incendies relisait la guerre civile du Liban à l'aune de la tragédie grecque. Prisoners fait de même, explore la culpabilité, la vengeance, le pardon, en se rapprochant du mythe — ce n'est pas un hasard s'il est fait allusion à des animaux (singe, serpent, chien...) qu'on peut associer aux personnages. L'enjeu touche aux limites de l'humanité, à la bestialité, à la logique monstrueuse qui fait des victimes les meilleurs bourreaux. Tous les personnages sont enfermés, brisés. Même le flic, possible ange salvateur, semble rongé par on ne sait quel fardeau. Le film, plein de larmes et de sang, assume cette souffrance, sans craindre la solennité. Chaque mot, chaque silence est pesé, jusqu'à la résolution finale. A la différence de Zodiac, la vérité, ici, ne reste pas indéchiffrable. Elle s'inscrit, au contraire, dans le face-à-face. Saisir le visage du mal ou du bien, l'exact moment de leur apparition, c'est l'obsession majeure du film.
PRISONERS, Denis Villeneuve 2013, Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal (drame thriller)@@ (E)
Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de six ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d'Anna. Le suspect numéro ...

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PROMISING YOUNG WOM, Carrey Mulligan (policier)@@


Cassie était une jeune femme pleine d'avenir jusqu'à ce qu'un évènement inattendu ne vienne tout bouleverser. Mais rien dans la vie de Cassie n'est en fait conforme aux apparences : elle est aussi intelligente que rusée, séduisante que calculatrice et mène une double vie dès la nuit tombée. Au cours de cette aventure passionnante, une rencontre inattendue va donner l'opportunité à Cassie d'expier les erreurs de son passé.
PROMISING YOUNG WOM, Carrey Mulligan (policier)@@ (E)
Cassie était une jeune femme pleine d'avenir jusqu'à ce qu'un évènement inattendu ne vienne tout bouleverser. Mais rien dans la vie de Cassie n'est en fait conforme aux apparences : elle est aussi intelligente qu ...

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PROXIMA, Alice Winocour 2019, Eva Green, Matt Dillon, Sandra Muller (espace)@@@


Sarah est une astronaute française qui s'entraîne avec acharnement au Centre spatial de Cologne, unique femme au milieu des astronautes européens. Elle vit seule avec sa fille de sept ans, Stella, qu'elle couve d'un amour inquiet, se sentant coupable de ne pas pouvoir lui consacrer plus de temps. Quand Sarah est choisie pour partir à bord d'une mission spatiale d'un an, baptisée Proxima, sa vie et celle de Stella sont bouleversées.

TELERAMA
Alice Winocour signe un film spatial original, où l’intime prime sur le spectaculaire. De Claire Denis (High Life) à James Gray (Ad Astra), on assiste à un renouveau du film spatial qui passe désormais par l’intime. Proxima participe de ce courant, à ceci près qu’il ne quitte pas le plancher des vaches. Sa seconde originalité repose sur son héroïne, astronaute et mère. Sarah (Eva Green) s’apprête à partir un an pour une galaxie lointaine. Elle s’en réjouit, mais cela n’est simple ni pour elle ni pour sa fille, Stella, 8 ans, avec qui elle vit seule. Sarah doit se familiariser avec la séparation et s’organiser. Heureusement, le père, conciliant, prendrait en charge l’enfant.

L’éloignement de Sarah et Stella commence sur Terre. De la base d’entraînement de l’Agence spatiale européenne, à Cologne, au cosmodrome de Baïkonour, Proxima décrit de manière très documentée comment Sarah s’entraîne physiquement et mentalement à vivre dans l’espace. On la voit courir allongée (!), tourbillonner dans une centrifugeuse, répéter les exercices périlleux (certains sous l’eau), s’isoler en quarantaine. À travers cette mise à l’épreuve, on reconnaît le tropisme d’Alice Winocour (Augustine, Mary­land) pour un cinéma corporel, médical. Un cinéma vigoureux, occupé au centre par une femme. Le combat de Sarah est d’autant plus louable qu’elle est seule au milieu d’hommes et doit vaincre le machisme ambiant. Son équipage comprend deux autres astronautes, russe et américain. Si le premier est affable, le second (Matt Dillon) la prend de haut. Avant de ravaler son sexisme, bluffé, comme nous, par les performances de sa partenaire.

Reste qu’elle est humaine, qu’elle a des failles. C’est ce qui rend Eva Green si convaincante. À la fois machine de guerre et femme ordinaire qui craque dans les toilettes, elle est surtout une mère troublante. Car remuée à l’idée de laisser sa fille, qui sait, peut-être pour toujours — la mort fait partie des risques du voyage. Stella (étonnante Zélie Boulant-Lemesle, jamais mièvre, toujours juste) ne l’ignore pas. Tout ce qui se joue entre elles, le cœur du film, est abordé avec déli­catesse et droiture. Leur lien tendre, qu’on ressent fusionnel, est fait d’écoute et d’intelligence, ce qui n’empêche pas les tensions, les peurs, les faiblesses. Aucune n’est parfaite — Stella est une enfant éveillée mais qui souffre entre autres de dyslexie. Un moment, face à Sarah qui s’inquiète des mauvais résultats en maths de sa fille, le père tempère : « Pourquoi veux-tu qu’elle soit absolument normale ? Comme si nous, on l’était. »

Il faut en effet être un peu dingue pour monter dans une fusée. C’est aussi cette part d’extravagance que Proxima prend joliment en compte. En cultivant l’imaginaire, malgré la discipline imposée. On voit ainsi les trois cosmonautes bivouaquer et se réciter à la belle étoile des poèmes. On entend Sarah confier dans un blog comment elle perçoit le monde sous un jour neuf et étrange. De son côté, Stella a ses échappées fantasques, ses jeux, ses secrets. Proxima est un film à la fois lunaire et pragmatique. À mesure que le jour J (le décollage) approche, une forme de suspense silencieux monte, de même que l’émotion. L’arrivée des astronautes, le public amassé, le compte à rebours, la réalisatrice filme tout cela en suggérant bien la solennité du moment, mais sans rompre le fil de l’intimité. L’envol final a ceci de magnifique qu’il est vécu par la mère, mais aussi par sa fille.
PROXIMA, Alice Winocour 2019, Eva Green, Matt Dillon, Sandra Muller (espace)@@@ (E)
Sarah est une astronaute française qui s'entraîne avec acharnement au Centre spatial de Cologne, unique femme au milieu des astronautes européens. Elle vit seule avec sa fille de sept ans, Stella, qu'elle couve d'un amou ...

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QU EST CE QU ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU


Claude et Marie Verneuil font face à une nouvelle crise. Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l'étranger. Incapables d'imaginer leur famille loin d'eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir. De leur côté, les Koffi débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises.

TELERAMA
Ce deuxième opus s’acharne à éteindre toute polémique en réconciliant Blancs, Noirs, Juifs, Arabes et Asiatiques autour d’un ennemi commun... Et perd en route toute puissance comique.
Les acteurs font leur numéro, les actrices, pourtant plus subtiles, n’ont pas grand chose à jouer – à part Chantal Lauby, qui, comme dans le n°1, est le meilleur atout du film,
Idéologiquement, on ratisse large : le parti des râleurs se régalera d’une longue scène où circulent les habituels lieux communs sur la fonction publique et le coût du travail ; mais comment ne pas être séduit un peu plus tard par le dynamisme de nos provinces, et donc se réconcilier avec la France ? Pas l’ombre d’un gilet jaune, mais un mariage entre deux jeunes ivoiriennes, avec chant en l’honneur de Christiane Taubira – l’intolérance étant donc (temporairement) du côté du Papa ivoirien, joué avec une emphase théâtrale par Pascal N’Zonzi.
Tout de même, s’il y a réconciliation, elle ne peut se faire que contre quelqu’un. Une seule opinion ne souffre d’aucune contestation : l’anti-parisianisme. Sont convoqués en vrac Anne Hidalgo, les voies sur berge, et le prix de la coupe de champagne dans les restos chic. Le public visé est celui des multiplexes de province, où l’on se gaussera au moins de cela. Finalement, Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? possède une vraie singularité : c’est le premier film où je me sens racisé.
QU EST CE QU ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU (E)
Claude et Marie Verneuil font face à une nouvelle crise. Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l'étra ...

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QU EST CE QU ON A FAIT AU BON DIEU, Philippe De Chauvron 2014, Christian Clavier, Chantal Lauby (comique)@@@


Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt vieille France. Cependant, ils se sont toujours obligés à faire preuve d'ouverture d'esprit. Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un Chinois. Leurs espoirs de voir enfin l'une d'elles se marier à l'église se cristallisent donc sur la cadette, qui vient de rencontrer un bon catholique.

TELERAMA
La comédie sur les communautés exige une finesse d’écriture que Philippe de Chauveron n’a pas. Avec pas mal d’hypocrisie, il exploite lourdement les clichés qu’il veut dénoncer. Comédie au succès inattendu, mais phénoménal et international (plus de 12 millions d'entrées, en 2014, rien qu'en France). Ce voudrait être un hymne à l'ouverture d'esprit, la générosité, la tolérance. Mais la mise en scène est inexistante et le scénario exploite les clichés qu'il prétend dénoncer. Dans cet univers qui veut faire rire — grassement, si possible —, les Chinois sont évidemment ponctuels, les Juifs, avares et les Noirs, paresseux. En apparence, tout le monde en prend pour son grade. En fait, tout le monde trouve son compte dans ce supermarché discount de la vanne communautaire. Et ce portrait d'une France étriquée finit par susciter le malaise. Car, quelles que soient leur origine et leur religion, tous les protagonistes de cette histoire sont discrètement racistes et fiers de l'être, solidaires dans l'exclusion (voir la coalition entre les trois gendres pour évincer le nouveau venu ivoirien). Cynisme destructeur qui trouve son apogée dans le traitement du père de famille africain, présenté comme un bouffon radoteur quand il évoque les maux de la colonisation.
QU EST CE QU ON A FAIT AU BON DIEU, Philippe De Chauvron 2014, Christian Clavier, Chantal Lauby (comique)@@@ (E)
Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt vieille France. Cependant, ils se sont toujours obligés à faire preuve d'ouverture d'esprit. Les pilules furent cepe ...

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QUANTUM OF SOLACE, Marc Forster 2008, Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric, Judi Dench (James Bond)(aventure)@@


Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir.

TELERAMA
Quantum of solace marque un recul par rapport à Casino Royale, qui avait renouvelé la série. Si belle qu’elle soit (elle l’est !), Olga Kurylenko n’a pas l’ambiguïté, la douleur secrète d’Eva Green. D’ailleurs, on a édulcoré tout ce qui était enthousiasmant dans l’épisode précédent, soit le romantisme et la brutalité, pour revenir au spectaculaire de base. Bagarres + poursuites + bagarres + poursuites se succèdent donc, splendides, il est vrai, mais rigoureusement identiques : en courts plans syncopés et tremblés, assez casse-pieds à la longue.

Comme c’est toujours dans les vieux pots, etc., on a droit, à nouveau, à une organisation criminelle style le Spectre des années 1960, en mille fois plus puissante, dirigée par un Mathieu Amalric plutôt pas mal en méchant suave. Et à une fille asphyxiée, recouverte de pétrole, comme l’était d’or la victime de Goldfinger. Reste Daniel Craig. Un 007 pas vraiment accepté par ses chefs et ne s’acceptant pas lui-même. Un peu moins voyou et beaucoup mieux habillé (si l’on excepte la montre, vraiment trop bling-bling) que dans Casino Royale. Mais de plus en plus sexy. Grave, par moments. Et convaincant, tout le temps.

QUANTUM OF SOLACE, Marc Forster 2008, Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric, Judi Dench (James Bond)(aventure)@@ (E)
Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir.

TELERAMA
Quantum of solace ...

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R.M.N, Cristian Mungiu 2022, (societe immigration Roumanie)@@@


Quelques jours avant Noël, Matthias est de retour dans son village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne. Il s'inquiète pour son fils, Rudi, qui grandit sans lui, pour son père, Otto, resté seul, et il souhaite revoir Csilla, son ex-petite amie. Il tente de s'impliquer davantage dans l'éducation du garçon qui est resté trop longtemps à la charge de sa mère, Ana, et veut l'aider à surpasser ses angoisses irrationnelles.

TELERAMA
Traité de “sale Gitan” en Allemagne, un homme revient dans son village de Transylvanie, où couve aussi la violence xénophobe.
Dissipons la perplexité possible devant le titre. RMN est le sigle en roumain d’IRM (l’imagerie par résonance magnétique), soit un scanner très précis, cérébral en général. Radiographier le mal ou la maladie, c’est le projet du cinéaste, à l’échelle d’un village de Transylvanie, à la population multiethnique. Matthias y revient précipitamment, après avoir cogné son chef qui l’avait traité de « sale Gitan », en Allemagne, où il travaillait durement, dans un abattoir. Il n’est pas vraiment le bienvenu chez lui. Sa femme, qui élève seule leur fils, tient à garder ses distances : Matthias est un homme rustre et taciturne, impulsif. Humain malgré tout ? Il s’inquiète en tout cas pour la santé de son garçon, mutique depuis une rencontre traumatisante dans la forêt dont il ne veut rien dire. Et pour celle de son père, un berger vieillissant et malade. Le seul réconfort que le personnage semble trouver est entre les bras de Csilla, son ancienne maîtresse. Elle est la numéro 2 d’une boulangerie industrielle, seule entreprise dynamique du coin, mais aux salaires trop bas pour les jeunes locaux, qui ont préféré partir vers l’ouest. Csilla a donc fait appel à de la main-d’œuvre étrangère, deux Sri-Lankais parlant l’anglais. Elle les accueille, en leur trouvant un logement, chez des amis. Les nouveaux venus travaillent bien mais suscitent vite au sein de la communauté, paupérisée, mécontentement et ressentiment. La violence xénophobe menace alors d’embraser le village.

Il n’est pas question pour Cristian Mungiu (4 Mois, 3 semaines, 2 jours) de la justifier, mais bien de la décortiquer, en exposant de manière magistrale les ressorts multiples qui l’alimentent. On écrit « magistrale », car le nombre d’éléments, à la fois économiques, culturels, religieux, anthropologiques, qu’il est parvenu à réunir force le respect. Ambitieuse est cette fresque, où l’on parle au moins cinq langues. Où se réfléchit le poids de l’histoire de la Transylvanie, avec un éclairage sur ses minorités — hongroises et allemandes. Et où sont montrés avec une ironie mordante les effets pervers de l’Union européenne et de la mondialisation.

Tout cela pourrait s’avérer indigeste, mais le film reste étonnamment fluide, captivant de bout en bout, la fiction intime solidement chevillée à l’intrigue. On suit partout les deux personnages, Matthias et Csilla, au travail, en famille, chez le médecin ou dans l’alcôve. Le privé et le public, le particulier et l’universel restent liés. Quant aux conflits, ils sont aussi intérieurs : le versatile Matthias ne sait plus très bien à quel camp lui-même appartient. R.M.N. montre comment chacun peut très vite se retrouver « le sale Gitan » d’un autre. Et comment la bête raciste tapie en nous peut se réveiller à tout moment, si on laisse les bas instincts prendre le dessus sur la raison.

La peur de l’autre, de la nuit, des animaux traverse le film. Une peur implacable mais aussi grotesque, risible. L’atout majeur de R.M.N. réside sans doute dans son alliage de noirceur terrible et de farce absurde. Qui culmine dans la scène de la salle communale, où les habitants prennent à tour de rôle la parole pour débattre du sort des immigrés. Un formidable morceau de bravoure — dix-sept minutes de plan-séquence — pour un grand déballage, un théâtre de l’invective, de la rancœur, de la zizanie. On repense alors à ces vieux westerns qui finissent en bataille rangée, pire, en curée punitive. Mais celui-ci, glaçant, évoque l’ici et maintenant, un peu partout en Europe. Pourtant, dans une ultime pirouette, Cristian Mungiu réfute le pessimisme, en montrant ce que la nuit recèle aussi de profondeur énigmatique… Pas si loin, étrangement, de la magie de Noël.

SYNOPSIS
De retour d'Allemagne où il a travaillé pendant quelques années, Matthias retrouve sa Transylvanie natale. C'est en pleine période de Noël qu'il revient auprès de son fils Rudi, qui est resté trop longtemps aux côtés de sa mère selon lui. Cela lui permet également de revoir son ex-petite amie Csilla. Mais lorsque celle-ci décide d'embaucher des étrangers dans l'usine qu'elle dirige, la petite communauté que forme les villageois prend peur et le fait savoir. Alors que la paix était habituellement le mot d'ordre dans le village, certains préjugés racistes refont surface et viennent porter le trouble sur le calme de la collectivité...
R.M.N, Cristian Mungiu 2022, (societe immigration Roumanie)@@@ (E)
Quelques jours avant Noël, Matthias est de retour dans son village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne. Il s'inquiète pour son fils, Rudi, qui grandit sans lui, pour so ...

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RAISONS D ETAT, Matt Damon, Angelina Jolie (espionnage)@@


A la fin des années 30, Edward Wilson, un étudiant brillant mais effacé, est amené à collaborer avec le FBI pour démasquer un de ses professeurs, soupçonné de sympathie nazie. Cette première mission pour les services secrets scelle son destin, tandis que la Seconde Guerre mondiale approche. Edward intègre le bureau des renseignements et grimpe un à un les échelons de la hiérarchie.
RAISONS D ETAT, Matt Damon, Angelina Jolie (espionnage)@@ (E)
A la fin des années 30, Edward Wilson, un étudiant brillant mais effacé, est amené à collaborer avec le FBI pour démasquer un de ses professeurs, soupçonné de sympathie nazie. Cette pr ...

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RAMPAGE HORS DE CONTROME, Brad Peyton 2018, Dwayne Johnson, Naomie Harris (science fiction)


Le primatologue Davis Okoye partage un lien inébranlable avec George, un gorille à dos argenté intelligent qui a été confié à ses soins depuis sa naissance. Lorsqu'une expérience génétique malhonnête tourne mal, George, un loup et un reptile atteignent une taille monstrueuse.

TELERAMA
Gros film d’action et bébêtes mutantes et fâchées. Dwayne Johnson sauve le monde, rien qu’avec ses biscotos.
Après Godzilla, le gros reptile radioactif, voici George, le gorille mutant qui casse tout, avec ses deux copains génétiquement énervés : l’énorme loup et le terrible crocodile. Résultat d’une expérience scientifique (très, très) loupée, ces énormes nuisibles sèment la mort, la terreur, les gravats et les effets spéciaux à travers l’Amérique. L’armée, bien entendu, est impuissante. Seul Dwayne Johnson peut encore sauver le monde, comme d’habitude, avec autant de délicatesse et de charme que ses adversaires de tout poil.
RAMPAGE HORS DE CONTROME, Brad Peyton 2018, Dwayne Johnson, Naomie Harris (science fiction) (E)
Le primatologue Davis Okoye partage un lien inébranlable avec George, un gorille à dos argenté intelligent qui a été confié à ses soins depuis sa naissance. Lorsqu'une expérience g&eac ...

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RATATOUILLE, Brad Bird 2007 (animation jeunesse)@@


Rémy n'est pas un jeune rat comme les autres. Il a un véritable don, celui de cuisiner, marier les saveurs, découvrir de nouveaux arômes et un rêve : devenir un grand chef et le premier rat de goût. Il est prêt à tout pour vivre sa passion, notamment venir s'installer avec sa famille sous les cuisines d'un des plus grands restaurants parisiens : celui d'Auguste Gusteau, la star des fourneaux.
RATATOUILLE, Brad Bird 2007 (animation jeunesse)@@ (E)
Rémy n'est pas un jeune rat comme les autres. Il a un véritable don, celui de cuisiner, marier les saveurs, découvrir de nouveaux arômes et un rêve : devenir un grand chef et le premier rat de goût. Il ...

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RAZZIA, Nabil Ayouch 2017, Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Amine Ennajj (sentimental racisme)@@


A Casablanca, Salima fume des cigarettes, veut travailler et porte des jupes courtes au grand dam de son mari qui contrôle ses faits et gestes. Hakim, jeune garçon des quartiers populaires, se réfugie parfois, lui aussi, sur le toit de son immeuble : un havre où il écoute Freddie Mercury, le chanteur de Queen, l'inspirateur d'un look qui fait honte à son père. Au coeur des quartiers bourgeois, l'adolescente Inès étouffe dans son ghetto de riches, qu'elle quitte seulement pour aller au lycée français, conduite par un chauffeur. Dans le centre-ville, Joe, parce qu'il est juif, sent désormais les comportements se crisper...

TELERAMA
En mettant à nouveau en scène le Maroc, après, notamment, Les Chevaux de Dieu (2012) et Much Loved (2015), Nabil Ayouch déploie son regard avec un amour inépuisable. Mais inquiet. Dans l’Atlas, en 1982, un maître d’école est remplacé par un sinistre magister chargé d’imposer l’usage de l’arabe classique, une langue que les élèves, berbères, ne comprennent pas et qui est le vecteur de l’islam ultra religieux. L’arabisation forcée place le film sous le signe d’une dépossession : ce qui s’est passé dans ces montagnes, il y a longtemps, se répète aujourd’hui dans les maisons, à Casablanca. Salima vit sous le contrôle de son mari, Jawad, que le désir de liberté de sa femme rend fou. Hakim endure les regards de mépris de son père parce qu’il veut devenir chanteur.

Courageusement, Razzia montre une nation d’idéologues, arc-boutés sur des diktats moraux, religieux. De ce tableau tout en tensions ressortent des visages en gros plan, des individua­lités qui résistent. Hakim s’accroche à son rêve, Salima refuse d’être la recluse que son mari veut pour compagne. Portraitiste talentueux, le réalisateur regarde chaque personnage intensément. Il montre le courage des choix personnels dans un pays où l’on ne sort pas du rang, sinon dans les émeutes collectives. Maryam Touzani, qui, depuis, est passée à la réalisation avec le très bel Adam , donne à Salima sa beauté de tragédienne, mais aussi une douceur, une plénitude. Figure de proue du film, elle incarne à merveille le combat et la sensibilité, l’espoir possible.
RAZZIA, Nabil Ayouch 2017, Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Amine Ennajj (sentimental racisme)@@ (E)
A Casablanca, Salima fume des cigarettes, veut travailler et porte des jupes courtes au grand dam de son mari qui contrôle ses faits et gestes. Hakim, jeune garçon des quartiers populaires, se réfugie parfois, lui aussi, ...

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READY PLAYER ONE, Steven Spielberg 2018, Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance (science fiction)@@@


En 2045, la planète frôle le chaos et s'effondre, mais les gens trouvent du réconfort dans l'OASIS, un monde virtuel créé par James Halliday. Lorsque Halliday meurt, il promet son immense fortune à la première personne qui découvre un oeuf de Pâques numérique caché dans l'OASIS.

TELERAMA
Il y a deux Steven Spielberg. Le premier est un héritier du classicisme hollywoodien avec sa maîtrise du récit, ses scénarios aux valeurs humanistes, ses mises en scène élégantes et efficaces com­me dans le récent Pentagon Papers, ­vibrant hommage à la liberté de la presse. Le second est l’artisan d’un cinéma pop-corn et high-tech, destiné à séduire les enfants que nous sommes tous restés. Mission accomplie, haut la main, avec l’euphorisant Ready Player One, qui prouve que « papy Spielby », à 71 ans, a encore de sérieuses leçons de créati­vité et de modernité à donner aux jeunes générations.

Bienvenue en 2045, à Columbus, Ohio (Etat natal du réalisateur). Pour ne plus penser à leur vie sinistre, la plupart des hommes et femmes du futur passent le plus clair de leur temps avec un masque de réalité virtuelle sur les yeux, seul moyen de pénétrer dans l’Oasis, un jeu vidéo en ligne très addictif. Son fondateur, l’excentrique James Hal­liday, mort quelques années plus tôt, a décidé de léguer sa fortune au gamer qui découvrira « l’œuf de Pâques » dissimulé au cœur du jeu. Wade, un adolescent idéaliste, part à la chasse au trésor, tout comme les salariés de l’IOI, une multinationale du multimédia qui rêve de prendre le contrôle de l’Oasis et, au-delà, du « vrai » monde…

Le film enchaîne avec fluidité les ­allers-retours entre la réalité, très som­bre, de demain et les univers virtuels, tantôt merveilleux, tantôt apocalyptiques, de l’Oasis. Entre les acteurs et leurs avatars numériques. « Les seules ­limites de l’Oasis sont celles de votre imagination », disait son créateur. Spielberg et ses décorateurs ne s’en sont ­posé aucune pour créer des décors, des courses-poursuites, des combats toujours plus fous, toujours plus spectaculaires. Avec un petit supplément d’âme : l’un des charmes du film est d’allier la science-fiction à l’évocation tous azimuts, et délicieusement nostalgique, de la pop culture.

Des tubes de Van ­Halen (Jump) ou de Tears for Fears aux costumes bizarres des Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension en passant par les premiers jeux ­vidéo Atari, Ready Player One est une madeleine de Proust géante – et particulièrement savoureuse – pour qui fut adolescent dans les années 80. La plupart de ses (innombrables) références ne durent que quelques secondes, le temps d’une image ou d’une réplique, mais d’autres constituent de véritables enjeux du scénario. Pour résoudre une des énigmes du jeu, Wade et ses amis doivent ainsi plonger dans l’univers de Shining. Grand moment de vertige ciné­philique, lorsque les décors et les personnages du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick sont, à leur tour, transformés en avatars numériques…

Si futuriste soit-il, ce divertissement n’est pas complètement déconnecté du monde d’aujourd’hui. La sinistre compagnie IOI est l’équivalent des Google et Facebook actuels : un fleuron du ­capitalisme ultralibéral qui, derrière la ­façade d’entreprise « cool », rêve d’un monopole absolu, quasi totalitaire, sur son marché. Le blockbuster cache ­aussi une émotion inattendue avec le personnage de Halliday, le créateur de l’Oasis, mi-Steve Jobs (pour ses inventions visionnaires), mi-Willy Wonka (le démiurge excentrique de Charlie et la chocolaterie ). Un ex-ado solitaire, mal dans sa peau, qui trouve refuge dans l’imaginaire des jeux vidéo et des films et devient l’une des personnalités les plus admirées, mais aussi les plus riches de l’industrie du divertissement. On aimerait y voir un autoportrait de Steven Spielberg lui-même. Surtout quand cet éternel enfant, arrivé au soir de sa vie, milite pour un retour au pur plaisir du jeu et du partage…
READY PLAYER ONE, Steven Spielberg 2018, Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance (science fiction)@@@ (E)
En 2045, la planète frôle le chaos et s'effondre, mais les gens trouvent du réconfort dans l'OASIS, un monde virtuel créé par James Halliday. Lorsque Halliday meurt, il promet son immense fortune à l ...

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RED 2, Dean Parisot 2013, Bruce Willis, John Malkovich, Catherine Zeta Jones (espionnage)@@


Lorsque l'agent retraité de la CIA Franck Moses apprend la mort de son ancien collègue Marvin, il se rend à son enterrement avec sa compagne Sarah, sans se douter qu'il va au-devant de gros problèmes.

TELERAMA
Après un premier épisode pataud, les retraités de l’espionnage étaient de retour. Et plutôt en forme. Si l’intrigue tient du prétexte, on s’amuse à voir cabotiner Bruce Willis, Helen Mirren et John Malkovich entre Paris et Moscou.
Après un premier épisode ­pataud, les retraités de l'espionnage sont de retour. Et plutôt en forme, sous la direction de Dean Parisot. Si l'intrigue tient du ­prétexte, on s'amuse à voir cabotiner Bruce Willis, Helen Mirren et John Malkovich (particulièrement drôle) au fil de pétaradantes mésaventures entre Paris et Moscou.
RED 2, Dean Parisot 2013, Bruce Willis, John Malkovich, Catherine Zeta Jones (espionnage)@@ (E)
Lorsque l'agent retraité de la CIA Franck Moses apprend la mort de son ancien collègue Marvin, il se rend à son enterrement avec sa compagne Sarah, sans se douter qu'il va au-devant de gros problèmes.

TE ...

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RED SPARROW, Francis Lawrence 2018, Jennifer Lawrence (espionnage)@


La ballerine Dominika Egorova fait face à l'incertitude lorsqu'une blessure met fin à sa carrière de danseuse. Elle se tourne vers l'école Sparrow, un service d'intelligence secrète qui entraîne des jeunes filles exceptionnelles d'utiliser leurs esprits et corps comme armes.

TELERAMA
Le plus déconcertant, c’est la ressemblance de Matthias Schoenaerts, le cheveu plat et la raie de côté, avec Vladimir Poutine. Et une pénible scène de torture à l’éplucheur. Pour le reste, le « moineau rouge » du titre survole des territoires pleins de doubles jeux et de triples agents, mieux ­représentés ailleurs. Entre vamp et victime, Jennifer Lawrence, dressée pour séduire et perdre l’ennemi, est l’héroïne glamour de cette partie de dupes qui oppose services secrets russes et américains. Si l’on ­supporte les faux accents russes et l’entraînement pseudo-soviétique des apprentis manipulateurs (avec Charlotte Rampling dans le rôle de la maquerelle militaire), on peut ­accepter la mission, et se laisser distraire.
RED SPARROW, Francis Lawrence 2018, Jennifer Lawrence (espionnage)@ (E)
La ballerine Dominika Egorova fait face à l'incertitude lorsqu'une blessure met fin à sa carrière de danseuse. Elle se tourne vers l'école Sparrow, un service d'intelligence secrète qui entraîne des ...

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RED, Robert Schwentke 2010, Bruce Willis, Morgan Freeman, Helen Mirren (thriller)@@


Dans certaines professions, la retraite peut s'avérer difficile à accepter : Franck ne supporte pas l'inactivité, son collègue Joe végète en maison de retraite, Marvin use d'amphétamines et Victoria fait des petits boulots. Pas facile de décrocher quand on a été agents de la CIA toute sa vie. Pourtant, quand leur ancien employeur décide d'éliminer pour de bon ces agents un peu trop compromettants, il va découvrir qu'en dépit de leur âge, ce sont encore de redoutables adversaires.

TELERAMA
Un casting de choc pour un film en toc. Dans cette histoire d’espions à la retraite qui rempilent avec joie, tout paraît mou et maladroit.

Un casting de choc pour un Red souvent en toc. Robert Schwentke, déjà responsable d'une croûte sirupeuse (Hors du temps), n'arrange pas son cas. Dans cette histoire d'espions à la retraite qui rempilent (sans doute inspirée par Space Cowboys, d'Eastwood), les épisodes s'enchaînent mollement, sans véritable charme hors du cabotinage des vedettes. Une fois n'est pas coutume, l'opus 2 était un peu plus convaincant.
RED, Robert Schwentke 2010, Bruce Willis, Morgan Freeman, Helen Mirren (thriller)@@ (E)
Dans certaines professions, la retraite peut s'avérer difficile à accepter : Franck ne supporte pas l'inactivité, son collègue Joe végète en maison de retraite, Marvin use d'amphétamines et V ...

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RETOUR A SEOUL, Davy Chou 2022, Ji-Min Park, Oh Kwang-rok (societe)@@


Sur un coup de tête, Freddie, 25 ans, retourne pour la première fois en Corée du Sud, où elle est née. La jeune femme se lance avec fougue à la recherche de ses origines dans ce pays qui lui est étranger, faisant basculer sa vie dans des directions nouvelles et inattendues.

TELERAMA
Adoptée bébé par des Français, une jeune femme part à l’aventure dans son pays natal, la Corée.
Gros plan sur deux jeunes femmes. À l’accueil d’un hôtel de Séoul, une fille à la beauté du diable emprunte les écouteurs de la réceptionniste, déjà subjuguée, pour écouter un morceau de vieille pop coréenne : Flower Petals de Lee Jung-hwa et Shin Jung-yun (1969) installe, d’emblée, une drôle d’atmosphère à la fois mélancolique et psychédélique. À l’image de l’héroïne, Freddie, qu’on ne va plus quitter (pas un plan sans elle), et qui s’impose comme l’un des personnages féminins les plus singuliers vus sur un écran depuis longtemps. C’est sur un coup de tête que Freddie, 25 ans, a pris un avion pour la Corée, ce pays où elle est née, a été abandonnée bébé, puis adoptée par un couple de Français. Freddie, on le verra, ne croit qu’à ça : au coup de tête, à l’embardée, au virage soudain, que ce soit pour s’enivrer avec des inconnus, coucher avec un jeune homme qui n’en demandait pas tant, ou décider de reprendre contact avec ses parents biologiques.

Ce drôle de film d’aventures raconte-t-il une quête des origines ? Pas vraiment, car il n’est pas simple de découvrir qui l’on est, et, surtout, où l’on veut aller. C’est sur une décennie, avec un art remarquable de l’ellipse, que le réalisateur franco-cambodgien Davy Chou (remarqué pour son documentaire Le Sommeil d’or et, ensuite, pour son premier long métrage, Diamond Island) dessine donc le chemin bizarre d’une fille étrange, forcément étrange, puisqu’étrangère à ses propres racines.

Très loin des histoires souvent trop balisées sur la réconciliation avec soi-même, Retour à Séoul enchaîne des bribes d’existence pour montrer la construction chaotique d’une personnalité. Le réalisateur capte chaque émotion contradictoire de Freddie, incarnée miraculeusement, entre ultraviolence et ultravulnérabilité, par la non-actrice Park Ji-min, artiste plasticienne, elle-même née en Corée du Sud et arrivée en France à 8 ans. Freddie n’est pas une tendre, elle aime bousculer les autres et se perdre. Le film dérive et se casse avec elle, au fil de fausses fins et de rencontres qui sont aussi de fausses pistes : ainsi, une nuit de sexe avec un marchand d’armes (Louis-Do de Lencquesaing, épatant en une seule séquence) sera plus importante dans la trajectoire de la jeune femme que les retrouvailles avec un père biologique qui boit et pleure beaucoup — Oh Kwang-rok, qui a souvent joué chez Park Chan-wook.

Film sur la rage de trouver sa place, Retour à Séoul impressionne aussi par son esthétique. Il faut imaginer une sorte d’Irma Vep, ou la Furiosa de Mad Max, avec beaucoup de cuir, pas l’ombre d’un sourire, dans des décors qui hésitent entre Wong Kar-wai, la nuit, et Hong Sang-soo, le jour. Et quand Freddie semble enfin apaisée, ce film captivant se boucle selon une philosophie aussi étonnante que son héroïne, qui ne s’oblige pas à être sympathique : la liberté, c’est savoir s’émanciper de toutes les identités qu’on vous assigne.

RETOUR A SEOUL, Davy Chou 2022, Ji-Min Park, Oh Kwang-rok (societe)@@ (E)
Sur un coup de tête, Freddie, 25 ans, retourne pour la première fois en Corée du Sud, où elle est née. La jeune femme se lance avec fougue à la recherche de ses origines dans ce pays qui lui est &eac ...

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REVOIR PARIS, Alice Winocour 2022, Virginie Efira, Benoit Magimel (histoire drame)@@


A Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu'elle n'a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu'elle ne se rappelle de l'évènement que par bribes, Mia décide d'enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d'un bonheur possible.

TELERAMA
Virginie Efira remportait le César de la meilleure actrice pour ce film sombre, mais aussi plein d’espoir sur la reconstruction des victimes des attentats du 13 novembre 2015. Une réflexion saisissante sur la recherche difficile d’apaisement.

En 2018, dans Amanda, Mikhaël Hers soupesait le poids du chagrin sur les épaules du frère d’une victime d’un attentat, incarné par Vincent Lacoste. Cette chronique de la vie d’après racontait aussi le retour en pointillé de la lumière dans les ténèbres du deuil. Quatre ans après, Alice Winocour traite à son tour, mais très différemment, des stratégies que chacun déploie, plus ou moins consciemment, pour redonner sens à la vie. Écrit notamment avec le documentariste Jean-Stéphane Bron, Revoir Paris, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, se nourrit de l’expérience vécue par le frère de la réalisatrice, présent au Bataclan le soir du 13 novembre 2015.

L’attentat du film a lieu dans une grande brasserie parisienne où Mia (Virginie Efira) a atterri par hasard en attendant la fin d’un orage. Filmée au ras du sol où, dès les premiers coups de feu, la jeune femme s’est jetée parmi les débris de verre et les corps inertes, la scène est terrifiante. On pourrait croire que chaque visage entrevu ce soir-là avant l’attaque – le sourire espiègle de ces jeunes Japonaises prenant en photo leurs coquilles d’escargots, le regard pétillant de cet homme devant son gâteau d’anniversaire – serait à jamais gravé dans la rétine de Mia. Au contraire, trois mois après le drame, sa mémoire n’est plus qu’un trou noir. Hésitante au début, elle s’attelle à dissiper l’opacité du trauma. Puis, quand lui reviennent les premiers fantômes, les premiers flashs, c’est tout un puzzle macabre de sensations et de sons qu’il faut reconstituer. Voilà cette traductrice de profession contrainte d’interpréter les signaux de son chaos mental.

Virginie Efira magnifiquement juste
Par l’intermédiaire d’une association de victimes qui organise tous les lundis des visites de la brasserie pour les survivants et les proches des morts, Mia confronte ses lambeaux de souvenirs aux points de vue parcellaires des autres personnes présentes ce soir-là. C’est parfois violent : aveuglés par la souffrance, certains lui imposent des témoignages qu’elle ne peut ou ne veut pas s’approprier. D’autres, comme Thomas, hypermnésique et gravement blessé à la jambe, préféreraient avoir tout oublié plutôt que d’être ainsi rivé à sa mémoire. Félicia, elle, cherche désespérément à grappiller une once du dernier souffle de ses parents, fauchés en plein dîner. De quoi parlaient-ils, juste avant de mourir ? La jeune fille laissera enfin couler ses larmes quand elle retrouvera dans le tableau des Nymphéas de Monet le détail reproduit sur l’ultime carte postale reçue de ses parents. La scène est bouleversante. Ou comment les plus petits détails peuvent devenir de profondes consolations, et une manière de dire au revoir.

Revoir Paris, pour Mia, c’est aussi changer de focale, faire une mise au point sur la vie qu’elle menait avant. Avant que la grande roue du hasard ne la précipite là où tout, désormais, les rues comme les sinuosités de son cerveau, la ramène sans cesse. En s’attachant à son obsession de retrouver l’homme qui lui a tenu la main le soir de la tragédie, Alice Winocour montre l’importance cruciale du collectif dans la reconstruction : la nécessité de se retrouver entre victimes, pour partager le traumatisme et en alléger le poids, mais aussi, et surtout, pour s’assurer que l’inconnu(e) dont on a croisé le regard terrifié s’en est sorti(e). Le mouvement du film, d’abord centré sur Mia, puis de plus en plus choral, embrasse ce retour salvateur à autrui. Virginie Efira est encore une fois magnifiquement juste, tout comme Benoît Magimel, dans la peau d’un personnage qui s’accroche à la légèreté avec l’élégance du désespoir.

SYNOPSIS
Mia est sortie physiquement indemne d'un attentat dans une brasserie parisienne, mais est régulièrement assaillie par des flash-backs court et intenses. Trois mois après le drame, elle mène l'enquête afin de retrouver ses souvenirs et tenter de reprendre le cours d'une vie un tant soit peu normale. Elle débute par le lieu du drame, et cherche petit à petit à récolter des indices sur les événements tragiques de ce soir-là : retrouver les personnes présentes à la brasserie, remettre en place les pièces du puzzle afin de réussir à se reconstruire et mettre un terme à cet état psychologique pour lui permettre d'avancer dans sa vie...
REVOIR PARIS, Alice Winocour 2022, Virginie Efira, Benoit Magimel (histoire drame)@@ (E)
A Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu'elle n'a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu'elle ne se rappelle de l'évènement que par bribes, Mia ...

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RIEN A DECLARER, Dany Boon 2010, Dany Boon, Benoit Poelvoorde (comique)@@



Francophobe de père en fils et douanier belge trop zélé, Ruben Vandevoorde se voit contraint et forcé d'inaugurer la première brigade volante mixte franco-belge. Son collègue français, Mathias Ducatel, considéré par Ruben comme son ennemi de toujours. Il surprend tout le monde en acceptant de devenir le co-équipier de Vandevoorde et sillonner avec lui les routes de campagnes frontalières à bord d'une 4L d'interception des douanes internationales.

TELERAMA
Dans la famille « comédie à la française », Dany Boon a pris la place de Gérard Oury : même comique gentil, évitant satire ou parodie trop mordantes. Et une morale à chaque histoire, appelant à la tolérance et à la fraternité. Rien à déclarer, situé l’année où France et Belgique abolissaient les contrôles frontaliers, oppose un douanier français doux comme une bonne baguette à son homologue belge, irascible et francophobe. On notera l’astuce qui consiste à faire endosser le rejet de l’Europe et la xénophobie à l’étranger… L’intrigue s’enrichit de la collaboration forcée des deux adversaires, d’une amourette fratricide (la partie la moins convaincante du récit) et d’un trafic de drogue autorisant une ou deux scènes d’action.

Une flopée de personnages secondaires savoureux peuple la ville-frontière, parfois saisie comme une bourgade de western. Intervient ici un axiome critique totalement arbitraire : un film où figurent conjointement les Belges François Damiens et Bouli Lanners ne peut pas être mauvais.
RIEN A DECLARER, Dany Boon 2010, Dany Boon, Benoit Poelvoorde (comique)@@ (E)

Francophobe de père en fils et douanier belge trop zélé, Ruben Vandevoorde se voit contraint et forcé d'inaugurer la première brigade volante mixte franco-belge. Son collègue français, M ...

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RIEN A PERDRE, Delphine Deloget 2023, Virginie Efira, Félix Lefebvre (thriller social)@@@


Mère célibataire, Sylvie vit à Brest avec ses deux fils, Jean-Jacques et Sofiane. Une nuit, alors que Sylvie s'est absentée du domicile, Sofiane est victime d'un accident qui conduit les services sociaux à ouvrir une enquête. Très vite, un juge prend la décision de placer l'enfant jusqu'à la fin des investigations, une situation qui plonge Sylvie, convaincue de subir une terrible injustice, dans une profonde détresse. Déterminée à récupérer la garde de son fils, la jeune femme se lance dans une bataille à armes inégales face à une administration peu encline à prêter attention aux requêtes d'individus soupçonnés de violences.

TELERAMA
Serveuse à Brest, Sylvie est jugée mauvaise mère par les services sociaux. Un film social à suspense, mais le cauchemar administratif paraît excessif.
Peut-être parce qu’elle travaille, à Brest, dans un bar très rock et qu’elle n’est pas du genre femme rangée, Sylvie devient la cible des services sociaux. Cataloguée mauvaise mère, elle va perdre la garde du plus jeune de ses deux fils… Autour de ce personnage, défendu avec beaucoup de cœur par Virginie Efira, la réalisatrice débutante noue un étonnant film social à suspense, genre inusité en France – Rien à perdre évoque parfois les tensions iraniennes d’Une séparation, d’Asghar Farhadi. Côté scénario, la volonté d’une dramaturgie efficace conduit cependant à une simplification du propos : le cauchemar administratif est tel qu’il met littéralement les personnages hors jeu et la fin déçoit un peu.

RIEN A PERDRE, Delphine Deloget 2023, Virginie Efira, Félix Lefebvre (thriller social)@@@ (E)
Mère célibataire, Sylvie vit à Brest avec ses deux fils, Jean-Jacques et Sofiane. Une nuit, alors que Sylvie s'est absentée du domicile, Sofiane est victime d'un accident qui conduit les services sociaux à ...

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ROGUE ONE A STAR WAR STORY, Gareth Edwards 2016, Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn (science fiction)@@


Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, des individus ordinaires, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tester l'impossible au péril de leur vie.

TELERAMA
Un film dans l’air du temps qui n’oublie ni de divertir, ni d’en mettre plein les yeux, fidèle en cela à l’esprit de George Lucas.

De Proxima du Centaure à Montceau-les-Mines, tous les fans de Star Wars le savent bien : cet « épisode » n’en est pas vraiment un. Une histoire à part, dans la lutte entre les forces galactico-fascistes de l’Empire et les forces galactico-démocrates de la Rébellion. Tout se passe juste avant Un nouvel espoir, sorti en 1977, de l’ère George Lucas : le tout premier à être apparu au cinéma, mais le quatrième, dans la temporalité de la saga. Un Luke Skywalker débutant y neutralisait alors l’arme la plus redoutable de l’Empire, l’Étoile noire. Et tout ça, grâce à qui ? Aux héros de ce Rogue One tout neuf, qui ont tout risqué pour fournir à la Résistance les plans de l’engin de mort…

Après une introduction un peu confuse pour les non-initiés, le film prend toute son ampleur. Les temps sont durs, l’heure est grave. Notre époque troublée et anxiogène récolte, donc, le Star Wars qu’elle mérite : le plus sombre de la saga. Et pourtant, Rogue One reste, de bout en bout, un divertissement monumental et emballant, une fête bourrée d’exploits visuels et de clins d’œil, d’une fidélité absolue à la mythologie maison. Tout y est, du couple de héros chamailleurs aux saillies d’un robot bavard, de l’esthétique d’origine au fracas sidéral des batailles…
ROGUE ONE A STAR WAR STORY, Gareth Edwards 2016, Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn (science fiction)@@ (E)
Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, des individus ordinaires, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tester l'impossible au péril de leur vie.

TELERAMA
Un film dans l&r ...

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ROSALIE BLUM, Julien Rappeneau 2015, Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi (sentimental)@@@


Vincent Machot connaît sa vie par coeur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Cependant, la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents. Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu'il est convaincu d'avoir déjà rencontrée. Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l'espoir d'en savoir plus.

TELERAMA
Une épicière, sa nièce, un coiffeur… Adaptation d’une bande dessinée où des personnages solitaires dessinent un puzzle drôle et sensible et redécouvrent les aiguillages de la vie.

Réaliser une comédie quand on est le fils d’un des maîtres français du genre demande réflexion. Après avoir travaillé comme scénariste (pas seulement avec son père Jean-Paul), Julien Rappeneau livre un premier long métrage minutieusement concocté et manifestement personnel, alors qu’il s’agit de l’adaptation d’une bande dessinée de Camille Jourdy. Tous les personnages y semblent au bord de la vie, sur le point de s’y lancer. Ou de s’y relancer, comme Rosalie Blum.

Cette épicière de Nevers a l’âge d’avoir une grande famille mais vit isolée, comme en retrait de l’existence. Un jour, elle devient le centre des préoccupations d’un coiffeur qui se met à la suivre partout, persuadé qu’il la reconnaît, sans pourtant la connaître… Il s’appelle Vincent Machot et, même s’il a l’âge de voler de ses propres ailes, il habite toujours chez sa maman. Pour y voir clair sur lui et son petit manège, qu’elle a bien repéré, Rosalie Blum le fait suivre par sa nièce, Aude. Cette jeune fille a, elle, l’âge de commencer à travailler, mais elle n’arrive pas à se lever le matin…

En suivant tour à tour ces chemins solitaires qui se croisent et pourraient se rencontrer, Julien Rappeneau construit un récit en forme de puzzle. Avec une adresse de conteur, il en assemble les pièces jusqu’à la dernière, la plus magique. Un univers attachant prend forme, où la fantaisie réveille un élan dans des existences cernées par l’ennui ou l’échec. « Rosalie Blum » devient le nom de code d’un mystère qui peut jaillir de la routine, d’une aventure qui commence en faisant un pas de côté, en déréglant les circuits où chacun est enfermé…

Cette attention aux aiguillages de la vie se mêle à une drôlerie juvénile, comme dans une intrigue du Club des Cinq. Pour faire le lien entre légèreté et sensibilité, une distribution astucieuse a été réunie : le comique Kyan Khojandi, révélé par la télévision dans Bref, joue parfaitement le timide Vincent, étouffé par sa mère fofolle, Anémone. Et Noémie Lvovsky donne à Rosalie Blum un visage qui stimule l’imagination : on peut y lire la lassitude comme un émerveillement toujours possible…


ROSALIE BLUM, Julien Rappeneau 2015, Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi (sentimental)@@@ (E)
Vincent Machot connaît sa vie par coeur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Cependant, la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents. ...

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ROSALIE, Stéphanie Di Giusto 2023, Nadia Tereszkiewicz, Benoît Magimel (drame social)@@


Rosalie est une jeune femme dans la France de 1870, mais ce n'est pas une jeune femme comme les autres, elle cache un secret : depuis sa naissance, son visage et son corps sont recouverts de poils. Elle est ce qu'on appelle une femme à barbe, mais n'a jamais voulu devenir un vulgaire phénomène de foire. De peur d'être rejetée, elle a toujours été obligée de se raser. Jusqu'au jour où Abel, un tenancier de café acculé par les dettes, l'épouse pour sa dot sans savoir son secret.

TELERAMA
Inspiré par l’histoire de Clémentine Delait, parfois attendu sur les mentalités de l’époque, le film est porté par le jeu de Nadia Tereszkiewicz.
Dans la France rurale de 1870, un aubergiste accepte d’épouser une jeune inconnue qui lui cache quelque chose… Une pilosité envahissante ? C’est bien de l’histoire de la fameuse femme à barbe, Clémentine Delait (1865-1939), dont s’inspire ce film au message féministe. Moins fantasque que l’imaginaire suscité par son héroïne, Rosalie se révèle une chronique historique soignée, parfois un peu trop attachée à mettre en valeur les mentalités de l’époque. Prisonnière d’une différence qui la condamne à subir la honte ou, au contraire, à avoir l’audace de s’imposer, la femme barbue suit un parcours éloquent mais attendu. L’interprétation de Nadia Tereszkiewicz y apporte heureusement une sensibilité qui séduit vraiment.

ROSALIE, Stéphanie Di Giusto 2023, Nadia Tereszkiewicz, Benoît Magimel (drame social)@@ (E)
Rosalie est une jeune femme dans la France de 1870, mais ce n'est pas une jeune femme comme les autres, elle cache un secret : depuis sa naissance, son visage et son corps sont recouverts de poils. Elle est ce qu'on appelle une femme &agrav ...

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ROSE, Aurelie Saada, Francoise Fabian, Aure Atika, Gregory Montel, Pascal Elbe (sentimental)@@


Rose, 78 ans, vient de perdre son mari, l’homme de sa vie. C’est d’abord le vide, et beaucoup d’heures mal comblées devant la télé. Entre lit et canapé, Rose devient une petite dame grise, Rose se néglige. Mais quand sa fille (Aure Atika) la force à l’accompagner à un dîner chez des amis, voilà Rose, en pull fuchsia, qui sort de sa bulle, prend goût à la vodka et tombe en admiration devant l’insolente vitalité de la rescapée de la Shoah Marceline Loridan — merveilleuse Michèle Moretti, dans une apparition explosive. Et si Rose profitait du temps qui reste pour laisser refleurir sa féminité et sa fantaisie de Juive orientale ?

TELERAMA
Quel film pimpant que ce premier long métrage de la chanteuse Aurélie Saada (l’une des deux Brigitte) ! À la manière d’une partition pop mélancolique, il alterne sens de la fête et déprime sentimentale, au gré du regain de gourmandise et de sensualité de Rose, dont l’émancipation tardive sidère et inquiète ses enfants : à force de la voir comme une mère, ils ignoraient qu’elle était une femme. Plusieurs séquences charment particulièrement par leur pudeur exquise. Les moments burlesques séduisent aussi, à l’image de ce retour de soirée où l’héroïne s’écroule de tout son long dans l’entrée de son appartement. « Je ne tomberai pas plus bas », marmonne alors Françoise Fabian, géniale en phénix qui renaît de ses cendres.
ROSE, Aurelie Saada, Francoise Fabian, Aure Atika, Gregory Montel, Pascal Elbe (sentimental)@@ (E)
Rose, 78 ans, vient de perdre son mari, l’homme de sa vie. C’est d’abord le vide, et beaucoup d’heures mal comblées devant la télé. Entre lit et canapé, Rose devient une petite dame grise, ...

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ROULEZ JEUNESSE, Julien Guetta 2017, Eric Judor, Laure Calamy (drame social)@@


Alex, un dépanneur automobile âgé de 43 ans, croise la route de Prune. Alex ne se fait pas prier pour l'aider quand la voiture de la jolie jeune femme refuse de démarrer. Il accepte ensuite de la raccompagner chez elle. Mais, au petit matin, Prune a disparu et Alex tombe nez à nez avec le fils de cette dernière. Pire, dans la buanderie, il découvre également un bébé. Complètement dépassé, Alex dépose le petit garçon et tente de laisser à l'institutrice le soin de s'occuper du bébé. De retour à la maison, il rencontre une adolescente, qui n'est autre que le troisième enfant de Prune. Alex est de plus en plus débordé..

TELERAMA
Un dépanneur automobile passe une nuit avec une jeune femme. Au petit matin, elle a disparu et il doit s’occuper, seul, des trois enfants de celle-ci. Après un début de comédie « adulescente », le film vire peu à peu à la chronique sociale gracieuse et chaleureuse.

Que fait un gentil dépanneur automobile quand sa rencontre d’une nuit le laisse, au petit matin, avec trois enfants sur les bras ? Il dépanne… et s’attache à cette fratrie turbulente. Le premier long métrage de Julien Guetta débute comme une comédie « adulescente », avec un célibataire, employé dans le garage de maman, qui vivrait un remake inversé de Trois Hommes et un couffin, de Coline Serreau — à savoir « un mec et trois bambins ». Le film vire, peu à peu, à la chronique sociale gracieuse et chaleureuse. Sans être totalement à contre-emploi, Éric Judor prend en douceur ce virage vers la sensibilité.
ROULEZ JEUNESSE, Julien Guetta 2017, Eric Judor, Laure Calamy (drame social)@@ (E)
Alex, un dépanneur automobile âgé de 43 ans, croise la route de Prune. Alex ne se fait pas prier pour l'aider quand la voiture de la jolie jeune femme refuse de démarrer. Il accepte ensuite de la raccompagner chez ...

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ROYAL AFFAIR, Nikolaj Arcel 2012, Mads Mikkelsen, Alicia Vikander (histoire)@@@


Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l'influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l'histoire danoise, oubliée des manuels français.Un film de: Nikolaj Arcel.

TELERAMA
À Copenhague, en 1770, l’excentirque Christian VII retrouve son autorité grâce à un médecin allemand qui lui vole aussi sa femme… Classique mais plaisant.

Primée au festival de Berlin, nommée à l’oscar du meilleur film étranger, cette production danoise n’est pas passée inaperçue. La mise en scène est pourtant très classique. Mais, au détour de ces tableaux d’époque (Copenhague, 1770), un sujet inattendu : l’histoire d’un combat pour les idées. Celles que Christian VII, fantasque et traité comme une potiche, se met à formuler sous l’influence des Lumières et de son médecin allemand, qui lui souffle son nouveau discours tout en lui prenant sa femme.

Estime, manipulation… Les deux hommes deviennent les ennemis de ceux qui, avant le médecin, gouvernaient en douce. La situation a du piment et, surprise, la star danoise Mads Mikkelsen est éclipsée par celui qui interprète le roi, Mikkel Boe Følsgaard. C’est à lui que le jury de Berlin 2012 décerna le Prix d’interprétation. En récompensant aussi le scénario. Les deux atouts du film.
ROYAL AFFAIR, Nikolaj Arcel 2012, Mads Mikkelsen, Alicia Vikander (histoire)@@@ (E)
Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l'influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l' ...

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RUSH, Ron Howard, Chris Hemsworth, Daniel Bruhl, Olivia Wilde, Alexandra Maria Lara (bio sport)@@


Au début des années 1970, sur les circuits de Formule 3, James Hunt pilote une Lotus nerveuse et vit comme si chaque jour était le dernier. Un jour, sur le circuit de Cristal Palace, il se frotte à l'Autrichien Niki Lauda. Hunt et Lauda dominent nettement leurs concurrents et les deux pilotes se lancent dans un âpre duel duquel James Hunt sort vainqueur. Bientôt, l'ambitieux Niki Lauda intègre une écurie de Formule 1.

TELERAMA
Rush est un biopic sportif avec toutes les conventions, voire tous les clichés du genre. Mais avec un sens du spectacle qui fait la différence. Montage syncopé, images des bolides au plus près des carrosseries, bande-son vrombissante… Ça dépote ! Le faiseur hollywoodien Ron Howard, plus inspiré que d’habitude, admire la volonté surhumaine de Lauda. Mais on ressent davantage encore sa fascination pour le fantasque Hunt. Le pilote au look de rock star est l’incarnation flamboyante des années 1970, dont l’énergie et la démesure sont ressuscitées avec un luxe de détails impressionnant.
RUSH, Ron Howard, Chris Hemsworth, Daniel Bruhl, Olivia Wilde, Alexandra Maria Lara (bio sport)@@ (E)
Au début des années 1970, sur les circuits de Formule 3, James Hunt pilote une Lotus nerveuse et vit comme si chaque jour était le dernier. Un jour, sur le circuit de Cristal Palace, il se frotte à l'Autrichien N ...

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RUTH ET ALEX, Richard Loncraine 2018, Morgan Freeman, Diane Keaton


Ruth et Alex Carver, un couple de retraités new-yorkais, se décident à vendre leur appartement du quartier d'East Village dans lequel ils habitent depuis près de 40 ans. Ils s'apprêtent à recevoir, le temps d'un week-end, des acheteurs potentiels, lorsque la ville de New York est mise en état d'alerte : un camion transportant du carburant est bloqué dans le tunnel de Midtown et son chauffeur a pris la fuite.

TELERAMA
Alex et Ruth Carver, un couple de septuagénaires, vivent dans le même appartement newyorkais depuis de nombreuses années. Mais leur déménagement semble aujourd'hui inévitable. Alors que les premières visites de l'habitation sont calées, Alex et Ruth sont affectés par ce bouleversement de leur quotidien...
RUTH ET ALEX, Richard Loncraine 2018, Morgan Freeman, Diane Keaton (E)
Ruth et Alex Carver, un couple de retraités new-yorkais, se décident à vendre leur appartement du quartier d'East Village dans lequel ils habitent depuis près de 40 ans. Ils s'apprêtent à recevoir, l ...

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SA MERE OU MOI, Robert Luketic 2005, Jane Fonda, Jennifer Lopez (sentimental)@


Charlotte a beaucoup de mal à trouver l'homme idéal et les rencontres arrangées par ses amis finissent toujours très mal. Un jour, elle fait la connaissance de Kevin et son rêve de tomber sur le prince charmant se réalise enfin.


Charlie, une jeune styliste, est tombée follement amoureuse du charmant docteur Kevin Fields. Mais Kevin a une mère très encombrante et exclusive, Viola Fields, célèbre animatrice de télévision qui vient de se faire évincer au profit d'une collègue plus jeune. Cet événement lui vaut un séjour en hôpital psychiatrique. Kevin décide de lui présenter Charlie et profite de l'occasion pour demander la main de la jeune femme. Le sang de Viola ne fait qu'un tour. Désormais, elle va tout faire pour gâcher l'existence du jeune couple. Une guerre sans merci est déclarée. Elle envoie Ruby, sa confidente, enquêter sur le passé de Charlie...

TELERAMA
Le titre français dit tout : il s'agit de surfer sur la vague du hit mondial Mon beau-père et moi. En voici le médiocre pendant féminin, avec Jane Fonda dans le rôle de De Niro, et Jennifer Lopez dans celui de Ben Stiller. Pitch : une future belle-mère « sadise » sa future bru. Mais faire changer de genre à une intrigue ne va pas de soi. La grande dame riche, ancienne star télé, qui s'accroche désespérément à son fils par peur de la solitude, ne donne pas très envie de rire. Elle ferait une bonne héroïne de mélo à la Sirk ou à la Minnelli, d'autant que Fonda, parfaite comme autrefois, sait la rendre crédible. On n'en dira pas autant de J-Lo, tout le temps fausse en oie blanche, mais à qui le démarrage correct du film, outre-Atlantique, a au moins donné l'impression de reprendre la main après le bide de son dernier disque.
SA MERE OU MOI, Robert Luketic 2005, Jane Fonda, Jennifer Lopez (sentimental)@ (E)
Charlotte a beaucoup de mal à trouver l'homme idéal et les rencontres arrangées par ses amis finissent toujours très mal. Un jour, elle fait la connaissance de Kevin et son rêve de tomber sur le prince char ...

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SAGE FEMME, Martin Provost 2017, Catherine Frot, Catherine Deneuve societe)@@


Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée.

TELERAMA
Un film d’une sensibilité rare, porté par deux grandes actrices, pari réussi de Martin Provost avec ce film dépouillé et généreux. L’histoire de ses héroïnes se raconte au passé. Claire, sage-femme à Mantes-la-Jolie, a connu Béatrice, une aventurière flambeuse, quand celle-ci était la maîtresse de son père… Le temps a passé. L’important, maintenant, c’est un jardin qui sent bon le Bassin parisien. Mais si Béatrice réapparaît, c’est que sa vie est comptée.

Entre les deux pôles de l’existence, la maternité et la recherche d’un dernier refuge, une parenthèse s’ouvre pour ces femmes qui vont apprendre l’une de l’autre. De superbes moments de cinéma en liberté racontent les surprises d’un bonheur réinventé, fugace et beau. Un film drôle, lumineux, poignant.
SAGE FEMME, Martin Provost 2017, Catherine Frot, Catherine Deneuve societe)@@ (E)
Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de B&eacut ...

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SAGE HOMME, Jennifer Devoldere 2023, Karin Viard, Melvin Boomer (sante)@@@


Après avoir raté le concours d'entrée en médecine, Léopold intègre par défaut l'école des sage-femmes en cachant la vérité à son entourage. Alors qu'il s'engage sans conviction dans ce milieu majoritairement féminin, sa rencontre avec Nathalie, sage-femme d'expérience au caractère passionné, va changer son regard sur cet univers fascinant et bouleverser ses certitudes.

TELERAMA
Léopold intègre, en cachette de son entourage, une école de sages-femmes. Si les enjeux intimes des personnages sont assez convenus, le scénario a le mérite de mettre en lumière une profession peu représentée au cinéma.

Léopold (Melvin Boomer, révélation de la série Le Monde de demain) rate le concours d’entrée en médecine et intègre, en cachette de son entourage, l’école de sages-femmes. D’abord réfractaire à cet univers en blouse rose obligatoire, il va peu à peu faire évoluer son regard, pris sous l’aile de Nathalie (Karin Viard, look de cagole et caractère forcément bien trempé). Si les enjeux intimes des personnages sont assez convenus, le scénario a le mérite de mettre en lumière une profession peu représentée, les difficultés rencontrées par ces soignantes et ce jeune homme, donc : hôpital sous tension, hiérarchie déconnectée du terrain, manque de personnel et surmédicalisation sont ainsi mis sur la table (d’opération). Sans oublier les conséquences de ces dysfonctionnements sur les parturientes, et la mort qui rôde aussi, parfois, dans ces lieux où jaillit habituellement la vie.
SAGE HOMME, Jennifer Devoldere 2023, Karin Viard, Melvin Boomer (sante)@@@ (E)
Après avoir raté le concours d'entrée en médecine, Léopold intègre par défaut l'école des sage-femmes en cachant la vérité à son entourage. Alors qu'il s'engage sa ...

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SAHARA, Breck Eisner 2005, Matthew McConaughey, Steve Zahn (aventure thriller)@@


Dirk Pitt, scientifique et aventurier, ainsi que son partenaire et ami, Al Giordino, se lancent dans une chasse au trésor légendaire qui va les conduire sur les traces d'un navire disparu avec sa cargaison secrète. Ils vont rencontrer le Dr. Eva Rojas, médecin persuadée que ce trésor a un lien avec une menace redoutable pour le monde. Face aux obstacles, aux mystères et aux pièges, Dirk, Al et Eva ne pourront compter que sur eux-mêmes.

TELERAMA
Un explorateur et son meilleur ami partent en Afrique sur les traces d’un navire disparu. Ils rencontrent une femme médecin persuadée que le trésor a un lien avec une menace redoutable pour le monde.

Hyper souriant, hyper bronzé, hyper bien fait, Matthew McConaughey passe son temps à éviter les périls de Penélope Cruz. Lui recherche dans les sables du Mali un cargo datant de la guerre de Sécession ! Elle traque les signes d’une épidémie qui menace le monde.

Autour d’eux, les silhouettes types des films d’aventures à l’ancienne : le copain marrant du héros, le tyranneau local. Et le traître — un Français, bien sûr, interprété par un Lambert Wilson perplexe. Les péripéties de ce sous-Indiana Jones sont invraisemblables, enfantines et joyeuses. On les suit avec plaisir.

SAHARA, Breck Eisner 2005, Matthew McConaughey, Steve Zahn (aventure thriller)@@ (E)
Dirk Pitt, scientifique et aventurier, ainsi que son partenaire et ami, Al Giordino, se lancent dans une chasse au trésor légendaire qui va les conduire sur les traces d'un navire disparu avec sa cargaison secrète. Ils ...

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SAMBA, Eric Toledano et Olivier Nakache 2014, Omar Sy, Charlotte Gainsbourg (societe racisme)@@


Samba, un sans-papiers sénégalais, vit en France depuis 10 ans en multipliant les petits boulots dans la restauration. Malgré de nombreuses tentatives, il n'a jamais pu régulariser sa situation. Alors qu'il séjourne dans un centre de rétention à Roissy et qu'il est sur le point d'être expulsé, deux femmes appartenant à une association d'aide aux sans-papiers interviennent. Parmi elles Alice, une ex-cadre supérieure à la Défense, en arrêt maladie suite à un burn-out. La jeune femme, épuisée psychologiquement, tente de se reconstruire en apportant une aide juridique à l'association. Elle va tout faire pour aider Samba à obtenir ses papiers.

TELERAMA
Moins “efficace” mais plus réaliste et complexe qu’“Intouchables”, cette comédie douce-amère jette un beau regard sur un clandestin et une dépressive. Charlotte (Gainsbourg) forever.
Par le biais d’une association pour les sans-papiers, Samba, Sénégalais clandestin menacé d’expulsion, rencontre une cadre sup parisienne frappée par un burn-out pour avoir travaillé « comme une esclave » pendant quinze ans — fébrile Charlotte Gainsbourg. Le premier thème de cette comédie mélancolique est là : se tuer à la tâche, qu’on soit sans-papiers ou non — façon de parler, d’ailleurs, puisque les réalisateurs montrent à quel point le destin d’un immigré dépend d’un monceau de paperasse dans un circuit administratif absurde. Ils filment Samba dans ses multiples petits boulots, et donc la pénibilité de ces emplois que seuls les clandestins sont bien obligés d’accepter.

L’humour, tendre, surgit souvent grâce à la présence explosive d’Izïa Higelin, et lors des scènes au sein de l’association — comme ce réveillon où chacun (bénévole ou immigré) y va de son vœu pieux pour une vie meilleure. Il y a aussi ce moment, apaisé, la nuit, dans une station-service, où la bourgeoise dépressive se confie au clandestin : c’est lui, le prolétaire, qui détient le pouvoir de la compassion. Leur histoire d’amour reste ambivalente (est-elle attirée par son exotisme ? la voit-il comme un joli visa ?), et le happy end lui-même repose sur un vol d’identité. Samba est le film de deux réalisateurs qui veulent croire au Père Noël, en sachant qu’il n’existe pas.
SAMBA, Eric Toledano et Olivier Nakache 2014, Omar Sy, Charlotte Gainsbourg (societe racisme)@@ (E)
Samba, un sans-papiers sénégalais, vit en France depuis 10 ans en multipliant les petits boulots dans la restauration. Malgré de nombreuses tentatives, il n'a jamais pu régulariser sa situation. Alors qu'il s&eac ...

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SANG FROID, Lliam Neeson (drame)@


La vie tranquille de Nels Coxman s'effondre lorsque son fils bien-aimé meurt dans des circonstances mystérieuses. Sa recherche de la vérité se transforme rapidement en vengeance contre un baron de la drogue psychotique nommé Viking et ses hommes de main minables.

TELERAMA
Un conducteur de chasse-neige entasse les cadavres après la mort de son fils, tué par des trafiquants. Qu’est-il arrivé au cinéaste norvégien, auteur de la comédie noire Refroidis (2014) ? Dans cet auto-­remake en anglais, l’humour s’est volatilisé. Ne reste qu’un film de vengeance impersonnel.
SANG FROID, Lliam Neeson (drame)@ (E)
La vie tranquille de Nels Coxman s'effondre lorsque son fils bien-aimé meurt dans des circonstances mystérieuses. Sa recherche de la vérité se transforme rapidement en vengeance contre un baron de la drogue psych ...

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SANS FILTRE, Ruben Ostlund 2022, Harris Dickinson, Charlbi Dean et Woody Harrelson (drame societe)@@@


Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l'équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse de sortir de sa cabine alors que le fameux dîner de gala approche. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s'inversent lorsqu'une tempête se lève et met en danger le confort des passagers.

TELERAMA
Le Suédois Ruben Östlund a remporté une seconde Palme d’or avec cette comédie provocante sur les ultrariches diffusée. À “Télérama”, les avis sont partagés.

POUR
Une deuxième Palme d’or, c’est la juste mesure pour saluer l’appétit de cinéma pantagruélique de Ruben Östlund. Un Suédois qui a hérité de Woody Allen comme de Michael Haneke. Plein d’humour dans son observation des mœurs modernes, sa mise en scène tout en maîtrise et rigueur en fait parallèlement un analyste sévère de nos comportements. Mais son refus de l’intellectualisme l’amène aussi à utiliser le langage des images spectaculaires à l’américaine, comme celle de l’avalanche qui annonçait la déconfiture de la figure paternelle dans Snow Therapy (2014). L’originalité de cette démarche faisait la richesse de The Square (2017), son premier couronnement cannois, qui manquait cependant de cohésion. Cette fois, le cinévore a vraiment trouvé la formule. Et on a envie d’applaudir.

Sans filtre est un film d’une étonnante envergure. Il raconte le monde d’aujourd’hui en faisant le portrait d’un couple, son inspiration est épique sans jamais quitter tout à fait l’intimisme. Carl et Yaya, mannequins et influenceurs, dînent dans un restaurant chic et cher. Elle devait, pour une fois, l’inviter et c’est lui qui se retrouve, comme toujours, à devoir payer la note. S’il s’en offusque, c’est parce que le jeune homme a l’espoir d’avoir des relations égalitaires avec sa compagne. L’argent ne change-t-il pas leurs rapports ? L’argent ne les assigne-t-il pas à des places rigides ?

Avec ces questionnements pour bagage, le réalisateur entraîne ses influenceurs sur un yacht, où ils vont participer à une croisière de grand luxe qui ne leur a rien coûté, au milieu d’oligarques russes et autres nantis aux moyens sans limite. Dans un microcosme régi par la satisfaction du client à tout prix, l’argent définit tout, les relations et la place de chacun. Croyant échapper à cette distribution des rôles, une riche plaisancière ordonne que le personnel puisse se baigner, ne faisant que confirmer sa toute-puissance. Il faudra une grosse tempête et une beuverie d’anthologie pour faire bouger les lignes. Sur une île déserte où un paquet de bretzels devient un trésor, les naufragés comprendront comment l’absence d’argent change la donne…

Très réfléchie et très joueuse de bout en bout, la fable a de formidables effets de révélateur. Carl avait peur que sa relation avec Yaya manque de liberté ? Il ne découvrira qu’asservissement partout, rapports de pouvoir, de classes. Le réalisateur fait revenir ses personnages au temps des cavernes pour mieux nous montrer qu’ils ne sont jamais sortis de l’âge de pierre. Même le langage leur manque, remplacé par des slogans, des noms de marque, des citations politiques que s’envoient à la figure le capitaine du yacht, marxiste à la dérive, et son compagnon de cuite, homme d’affaires répétant sans fin « Je vends de la merde ». Seule une femme victime d’un AVC et ne pouvant dire que « Dans les nuages » nous rappelle le mystère perdu des mots.

Le tour de force de Ruben Östlund est d’avoir su rendre attachants tous les personnages de Sans filtre, défendus, il est vrai, par des comédiens idéalement choisis, jouant la folie anar (Woody Harrelson, le capitaine), l’innocence (Harris Dickinson, Carl), la fragilité et la mélancolie (Charlbi Dean, Yaya, tristement disparue en août dernier). Une tendresse traverse ce panorama cinglant sur une société où chacun est condamné à sa prison, qu’elle soit une cabine de luxe ou une place dans les soutes du yacht. Pessimiste, Ruben Östlund ose aussi s’amuser avec un humour potache du chaos général. Sur son Titanic, les gags scatologiques sont permis. On rit sacrément et cela aide à méditer sur la situation. La liberté que ses personnages cherchent, le Suédois se la donne en tant que cinéaste. Et nous en fait cadeau. – F.S.

CONTRE
Il faut reconnaître à Ruben Östlund au moins un talent : celui d’annihiler l’esprit critique des jurés du festival de Cannes. La première Palme d’or attribuée au réalisateur suédois pour le médiocre The Square, en 2017, était une mauvaise plaisanterie. Sa deuxième, reçue au printemps dernier en récompense de l’épouvantable Sans filtre (ce qui fait du réalisateur suédois « l’égal » de Francis Ford Coppola, Ken Loach ou des Dardenne, excusez du peu !), a tout de la farce sinistre.

Östlünd voudrait créer le malaise en étirant toutes ses scènes au-delà du supportable. Sa misanthropie crasse, sa détestation narquoise de tous ses personnages ne suscitent que l’ennui. Et ses provocations se révèlent, plus que jamais, des pétards mouillés. Les scènes de vomi ad nauseam, les Monty Python les avait déjà inventées, en plus drôle et plus troublant à la fois, dans Le Sens de la vie, quarante ans plus tôt. Et quand ce pseudo-rebelle se pique de marxisme, sa vision de la lutte des classes est plus cynique que révolutionnaire. Dans la dernière (et interminable) partie de Sans filtre, les ultrariches rescapés d’un naufrage se retrouvent à la merci d’une femme de ménage philippine qui, quelques heures plus tôt, nettoyait leurs toilettes à bord du yacht. Message reçu cinq sur cinq : tout exploité est un exploiteur en puissance. À quoi bon, donc, renverser l’ordre établi si la dictature du prolétariat est aussi nocive que celle des nantis ? Ruben Östlund n’y aurait, d’ailleurs, aucun intérêt : il profite trop bien du système qu’il prétend dénoncer. – S.D.
SANS FILTRE, Ruben Ostlund 2022, Harris Dickinson, Charlbi Dean et Woody Harrelson (drame societe)@@@ (E)
Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l'équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse ...

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SANS IDENTITE, Jaume Collet-Serra 2011, Liam Neeson, Diane Kruger (espionnage)@@


Alors qu'il se trouve à Berlin pour donner une conférence, le docteur Martin Harris est victime d'un grave accident de taxi. Il tombe dans le coma et se réveille plusieurs jours plus tard, à l'hôpital. Sa vie a alors basculé. Personne, pas même sa propre femme, Elizabeth, ne le reconnaît. Il découvre bientôt qu'un homme a usurpé son identité et qu'il cherche à le tuer. Les autorités refusent de l'écouter et Martin se retrouve seul, exténué et en cavale.

TELERAMA
Pour l'amateur de récits d'espionnage, pour qui garde la nostalgie des contes de la guerre froide, Berlin, toujours emplie de fantômes d'avant la chute du Mur, reste un terrain de jeu prisé. La principale qualité de ce petit thriller néo-hitchco-ckien est bien d'avoir pris cette ville comme décor : on y suit les déambulations musclées de Liam Neeson, privé d'identité (un cousin un peu simplet de Jason Bourne), poursuivi par des conspirateurs armés jusqu'aux dents - la raison de leur hostilité importe peu. Le héros sans nom se fait aider, et c'est très bien, par une improbable chauffeur de taxi bosniaque (Diane Kruger, dans ce que l'on peut appeler un contreemploi). Et aussi, lieu de l'action oblige, par un ancien agent de la Stasi : Bruno Ganz fait un numéro savoureux de vieillard roué, exercice de cabotinage qui évoque le jeu ultra expressionniste de Peter Lorre dans les séries B d'antan.
On sait gré au réalisateur espagnol, devenu faiseur anglophone, d'éviter le piège high-tech. Il offre ici un divertissement presque suranné, aux péripéties hautement distrayantes, à défaut d'être crédibles. Le décor final du légendaire hôtel Adlon (en ruine dans La Scandaleuse de Berlin, de Billy Wilder, en 1945, reconstruit depuis) confirme la morale bien connue : pour visiter une ville, espion vaut bien touriste.
SANS IDENTITE, Jaume Collet-Serra 2011, Liam Neeson, Diane Kruger (espionnage)@@ (E)
Alors qu'il se trouve à Berlin pour donner une conférence, le docteur Martin Harris est victime d'un grave accident de taxi. Il tombe dans le coma et se réveille plusieurs jours plus tard, à l'hôpital. Sa v ...

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SARAJEVO MON AMOUR, Jasmila Žbanić 2005, Mirjana Karanović, Luna Zimic Mijovic (sentimental histoire)@@@


Dans le Sarajevo de l'après-guerre, une mère célibataire tente de réunir l'argent nécessaire pour payer une excursion scolaire pour sa fille de 12 ans.

TELERAMA
La neige, à Sarajevo, recouvre d'innombrables cicatrices. Celles de la ville, personnage à part entière du film, au ­hasard des ruines qui s'y attardent. Mais aussi, bien sûr, celles de ses habitants. Esma habite Grbavica, un quartier populaire, et y élève seule Sara, sa fille de 13 ans. Le soir, elle travaille comme serveuse dans une boîte de nuit. Jasmila Zbanic capte d'emblée une mélancolie diffuse dans la grisaille de ce quotidien. C'est le trauma d'une société tout entière qu'elle nous présente, avec une poignante délicatesse. Cette maîtrise, étonnante pour un premier long métrage, lui a d'ailleurs valu un ours d'or au festival de Berlin, en 2006.

Esma, femme forte et touchante (Mirjana Karanovic, actrice fétiche de Kusturica), a un secret, atroce. On le devine à ses dérobades, dès que sa fille (la jeune Luna Mijovic, parfaite en chaton écorché vif) tente d'en savoir un peu plus sur un père mort « en héros » pendant la guerre. Vies brisées, fantômes innombrables et exils intérieurs hypothèquent l'avenir. A travers ses héroïnes, Jasmila Zbanic s'interroge sur la condition de victime. Quand et comment peut-on cesser de l'être ? Est-ce incurable ou, pire, transmissible ?

Le constat est sombre. Pauvreté, mafia, dépression, Sarajevo survivante est malade de tout ce gâchis. Mais le tableau se nuance de tendresse et d'énergie. En un mot : d'espoir. Le film plaide plutôt en faveur de la mémoire. Il ne s'agit ici ni de vengeance (les bourreaux d'hier comptent moins que les traces qu'ils ont laissées), ni d'oubli, mais de vérité, condition indispensable de toute guérison.
SARAJEVO MON AMOUR, Jasmila Žbanić 2005, Mirjana Karanović, Luna Zimic Mijovic (sentimental histoire)@@@ (E)
Dans le Sarajevo de l'après-guerre, une mère célibataire tente de réunir l'argent nécessaire pour payer une excursion scolaire pour sa fille de 12 ans.

TELERAMA
La neige, à Sarajevo, re ...

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SAULES AVEUGLES FEMME ENDORMIE, Pierre Földes 2023 (animation)@@


En 2011, à Tokyo, au lendemain du tremblement de terre qui a dévasté le Japon. Après plusieurs jours à regarder en boucle les images de la catastrophe à la télévision, Kyoko décide soudain de quitter Komura, son époux complètement désemparé face à cette situation. Bouleversé, ce dernier s'accorde une semaine de congé afin de se rendre dans le nord du pays pour y livrer une mystérieuse boîte à deux jeunes inconnues. Parallèlement, Katagiri, collègue de Komura, se retrouve nez à nez avec un crapaud géant en rentrant chez lui après le travail. L'animal réclame urgemment de l'aide pour sauver la ville d'un nouveau et imminent tremblement de terre...

TELERAMA
Un chat perdu, une grenouille géante volubile et un tsunami aident un attaché commercial sans ambition, sa femme et un comptable schizophrène à sauver Tokyo d’un tremblement de terre et à redonner un sens à leurs vies. Une merveille d’animation.

Pour son premier long métrage, le compositeur Pierre Földes relève un sacré défi : adapter, en animation, six nouvelles de Haruki Murakami, et le résultat, tout d’étrangeté et de beauté languide, captive. Il était une fois, à Tokyo, plusieurs personnages frappés par une catastrophe, tels ce mari abasourdi d’avoir été abandonné ou cet attaché commercial un peu bedonnant qui se retrouve face à une grenouille géante…

À partir de ce canevas de solitudes plus ou moins fantasmagoriques, Saules aveugles, femme endormie raconte autant de fugues hypnotisantes, selon un scénario à tiroirs et une esthétique pop dépressive qui évoquent souvent David Lynch. Le réalisateur cite Joseph Conrad (« La vraie peur est celle qu’éprouve l’homme face à son imagination »), le Fort Apache de John Ford (« Si vous avez pu voir des Indiens, c’est qu’ils n’étaient pas vraiment là »). Mais, parmi les indices qui flottent dans ce film singulier, fidèle à Murakami, c’est un aphorisme de Nietzsche qui s’impose, comme belle loi du cinéma d’animation : « La plus grande sagesse, c’est de n’avoir peur de rien. »
SAULES AVEUGLES FEMME ENDORMIE, Pierre Földes 2023 (animation)@@ (E)
En 2011, à Tokyo, au lendemain du tremblement de terre qui a dévasté le Japon. Après plusieurs jours à regarder en boucle les images de la catastrophe à la télévision, Kyoko déc ...

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SAUVER OU PERIR, Frederic Tellier, Pierre Niney, Anais Demoustier (drame)@@


Franck est sapeur-pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d'une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. À son réveil dans un centre de traitement des grands brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d'être sauvé à son tour.
SAUVER OU PERIR, Frederic Tellier, Pierre Niney, Anais Demoustier (drame)@@ (E)
Franck est sapeur-pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d'une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. À son réveil ...

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SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES, Zabou Breitman 2001, Isabelle Carré, Bernard Campan (sentimental)@@@


Nathalie conduit sa soeur cadette Claire, une jeune femme réservée d'une trentaine d'années, dans un centre pour amnésiques appelé "Aux écureuils." Celle-ci a reçu un coup de foudre en forêt et présente de légers troubles de la mémoire.

TELERAMA
Joli succès public salué par trois césars, le premier film de Zabou Breitman a su se distinguer en prenant le risque d'aborder un sujet déconcertant : la mémoire. A travers des personnages à la fois familiers et singuliers, ce thème un peu abstrait se charge d'émotion. L'histoire réunit Claire, une jeune femme qui commence à tout oublier, et Philippe, un homme qui commence à tout se rappeler, après un accident de voiture dont il était sorti amnésique. Tous deux sont les patients d'un centre pour les oublieux de toutes sortes, une grande maison où l'on se déplace en suivant des lignes de couleur, pour ne plus perdre le fil.

Positiviste, comme la thérapeute qu'elle interprète, la réalisatrice joue avec les déraillements souvent burlesques de la mémoire. Réfléchie, elle ménage une place à une évocation stylisée de la Shoah, qui semble, en dépit de sa sincérité, une parenthèse un peu appliquée. Mais, pour dire que la mémoire peut être une douleur et aussi le bien le plus précieux, Zabou donne surtout la part belle aux acteurs. Isabelle Carré et Bernard Campan sont formidables dans cette histoire d'amour où s'invite l'oubli, comme un amant terriblement possessif.
SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES, Zabou Breitman 2001, Isabelle Carré, Bernard Campan (sentimental)@@@ (E)
Nathalie conduit sa soeur cadette Claire, une jeune femme réservée d'une trentaine d'années, dans un centre pour amnésiques appelé "Aux écureuils." Celle-ci a reçu un coup de foudre ...

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SELON MATTHIEU, Xavier Beauvois 2001, Benoît Magimel, Nathalie Baye, Antoine Chappey (drame social)@@


Matthieu, Eric et leur père, âgé de 53 ans, travaillent dans la même usine du Havre. Le soir du mariage d'Eric, le père avoue à Matthieu qu'il a été licencié pour avoir fumé une cigarette dans l'enceinte de l'usine alors que le règlement intérieur, fraîchement modifié, l'interdit. Révolté par cette décision aussi brutale que cruelle, Matthieu tente de mobiliser les ouvriers. En vain : personne ne le suit, pas même Eric. Quelques jours plus tard, le père est renversé par une voiture. Il rend l'âme peu de temps après. Matthieu est convaincu qu'il s'est jeté sous les roues du véhicule et impute la responsabilité du drame à leur patron...

TELERAMA
Entre vengeance sociale et idylle, le troisième film de Xavier Beauvois peut séduire… ou irriter.
POUR
Les deux premiers longs métrages de Xavier Beauvois, Nord et N'oublie pas que tu vas mourir, ont suscité en leur temps des réactions épidermiques. Sifflé au dernier festival de Venise, Selon Matthieu semble parti pour raviver la controverse. Pourtant, son titre emphatique est trompeur (rien à voir avec l'Evangile), et Xavier Beauvois le tumultueux paraît au bord d'un changement.
Selon Matthieu serait en quelque sorte son « film de croissance ». D'un côté, l'action se déroule dans le milieu ouvrier, dont Beauvois est issu, et qu'il a déjà représenté dans Nord… Peinture sociale centrée, cette fois, sur une modeste famille normande dont le père et les deux fils travaillent tous dans la même usine. De l'autre côté, l'apparition furtive de Nathalie Baye dès la première séquence, dans le rôle de l'épouse très friquée du patron de l'usine, à l'occasion d'une partie de chasse, annonce forcément autre chose, une autre histoire, un autre cinéma. Mais lesquels ?

Tout se déclenche pendant la noce d'Eric (Antoine Chappey), le fils aîné. En marge de la fête (une scène de genre, mais brillamment exécutée dans la durée), Matthieu (Benoît Magimel), le fils cadet, apprend que son père (Fred Ulysse) vient d'être licencié de l'usine pour y avoir fumé une cigarette, contre le règlement. Matthieu n'accepte pas ce licenciement qui brise son père. Il s'emploie aussitôt à le remettre en cause, en vain, et d'abord auprès du directeur du personnel de l'usine. C'est à dessein qu'on n'a pas écrit le directeur des « ressources humaines ». Si, à ce stade, le script de Beauvois rappelle celui de Laurent Cantet, les deux films sont si dissemblables par leur forme et leur propos que la comparaison paraît stérile.

Matthieu est un vrai personnage de roman. Beau et ténébreux (bravo à Benoît Magimel, tout en intensité butée), plus élégant que les siens, il affiche un petit air de supériorité protectrice en famille, et d'insoumission discrète à l'usine. Quand son père, devenu chômeur, meurt dans un accident de la circulation, on est donc à peine surpris de voir ce garçon fou d'orgueil et de rage échafauder un plan « abracadabrantesque ». Un scénario de la vengeance que le dialogue du film résumera parfaitement un peu plus tard : « Baiser la femme du patron pour baiser le patronat. »

Fini, alors, le mélodrame social, à la fois sobre et lyrique, jalonné de scènes superbes notamment celles qui suivent l'annonce de la mort du père. Tandis que Matthieu rôde autour du casino, où Claire, la grande bourgeoise, s'amuse à perdre un peu de l'argent de l'usine, Xavier Beauvois s'immisce, lui, dans un cinéma de fiction romanesque et cossu, nouveau pour lui. Le film en devient extrêmement trouble et passionnant, comme si ses « enjeux » de départ (la lutte des classes ?) se désagrégeaient, sans qu'apparaisse clairement, pour autant, un nouveau cap. Ce télescopage téméraire des genres et des milieux sociaux s'incarne dans l'idylle clandestine entre Matthieu et Claire.

Pour Nathalie Baye, c'est sans doute l'un des rôles les plus difficiles qu'elle ait eu à jouer. Il est presque impossible de décider si son personnage de femme riche est radicalement antipathique ou simplement humain. Elle avoue détester la vue d'un camping-car et théorise cyniquement sur l'agonie inéluctable du prolétariat, pour cause de mondialisation. Ce qu'elle veut, ce sont les caresses de Matthieu. En ce sens, l'affiche du film, qui la présente comme « d'un monde où l'on ne se mélange pas » est à côté de la plaque. Claire se mélange, si elle veut, quand elle veut. Elle a assez d'argent pour cela. Sur son amant, en revanche, le « mélange » a des effets secondaires très stendhaliens, comme s'il révélait soudain une immense fascination, jusqu'alors refoulée, pour la bourgeoisie. Que reste-t-il de la révolution selon Matthieu ?

On repense alors à l'ouverture du film, à la juxtaposition entre une noce et une partie de chasse, exactement comme dans Voyage au bout de l'enfer, cette épopée de l'échec. On repense aussi au film de Walsh, L'Enfer est à lui, que regarde à la télé Eric, le frère de Matthieu : une autre histoire de ratage intégral... Ce n'est pas déflorer la fin que révéler combien Matthieu échoue, et que cela fait beaucoup pour le sombre attrait du film. D'autant que Xavier Beauvois n'en reste pas là et donne, par une ultime séquence très enlevée, une signification émouvante au fiasco de son personnage... Avec ce dénouement, comme au-delà du désenchantement, le cinéaste semble d'ailleurs rejoindre son « camp » de départ et retrouver soudain la tonalité de son premier film, Nord. Ce qui laisse grand ouvert le champ des possibles. Pour Matthieu, comme pour Xavier Beauvois. — Louis Guichard

CONTRE
Quand Claire entre dans la vie de Matthieu, le film bascule et il ne s'en remet pas. Le scénario, jusque-là ouvert, se recroqueville sur la liaison du fils de prolo avec la femme du patron. Liaison bien trop théorique pour laisser passer le moindre éclat romanesque. Cette femme friquée, Matthieu la drague au casino, où elle traîne son ennui. Son patron, l'époux de Claire, Matthieu lui filera un coup de boule libérateur dans le club house du golf où il parade. Entre ces deux bornes, que découvre- t-on ? Que l'épouse du patron est une femme à laquelle le fils de prolo s'attache malgré lui, ce qui ruine du même coup son idée de vengeance. Pas de quoi décrocher le césar du scénario, surtout que celui-ci s'étire sans qu'on discerne où Beauvois veut en venir.

Certes, le personnage que joue (très bien) Nathalie Baye est assez libre dans sa tête pour échapper à la caricature. Certes, Benoît Magimel impose une présence sans faille (c'est « Selon Benoît » qu'il faudrait retitrer le film). Malheureusement, ce que le réalisateur met en images, ce sont des bavardages convenus sur l'amour, l'argent, les principes de la bourgeoisie de province, avec, en point d'orgue, une pesante dissertation économique de Claire expliquant à Matthieu les effets inéluctables de la mondialisation sur l'avenir de la classe ouvrière. Ça fait un gros lest d'insignifiance pour une si mince intrigue, laquelle se boucle, en plus, sur une scène plus édifiante que vraisemblable. Envolées les quelques belles séquences de la première partie. On chercherait en vain dans ce morne Selon Matthieu la tension rageuse de Nord, avec lequel s'imposait, il y a huit ans, un cinéaste au tempérament incandescent… — Jean-Claude Loiseau
SELON MATTHIEU, Xavier Beauvois 2001, Benoît Magimel, Nathalie Baye, Antoine Chappey (drame social)@@ (E)
Matthieu, Eric et leur père, âgé de 53 ans, travaillent dans la même usine du Havre. Le soir du mariage d'Eric, le père avoue à Matthieu qu'il a été licencié pour avoir fumé ...

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SERRE MOI FORT, Mathieu Amalric 2021, Vicky Krieps, Arieh Worthalter (sentimental)@@


Parce qu'il lui est insupportable d'être quittée par ceux qu'elle aime, Clarisse quitte le domicile conjugal, laissant son mari Marc élever seul leurs deux enfants.

TELERAMA
Par un matin calme, Clarisse (renversante Vicky Krieps) abandonne son monde endormi, le mari, les deux enfants, la maison aux volets bleus. La belle échappée met le cap sur la mer au volant d’une curiosité américaine, une AMC Pacer break de 1979, tandis que le montage révèle en parallèle son désormais hors-champ : la tribu qui s’éveille, se presse autour du petit déjeuner, craint d’arriver en retard à l’école… La vie qui va sans elle.

Entre rêve et réalité
La mise en scène déchire progressivement un voile de tristesse : Clarisse invente. Son fils qui la réclame, les progrès de la grande au piano, son époux qui fait des crêpes, les scènes du quotidien où ceux qui restent continuent d’exister loin de son regard, puisqu’elle est « partie ». Tout se passe dans sa tête. Et rien, à la surface du film, ne différencie la réalité du rêve.

On pense au cinéma d’Alain Resnais, quel­que part entre Je t’aime, je t’aime et Smoking/No Smoking, devant cet éclatement devenu familier chez Mathieu Amalric, qui brouillait déjà les temporalités dans La Chambre bleue (2014) et signait, avec Barbara (2017), un envoûtant antibiopic aux miroitements de kaléidoscope. Tiré d’une pièce de Claudine Galea, Serre-moi fort l’emmène cette fois sur les cimes assumées du mélodrame — sortez les mouchoirs ! — et le confirme en guide de haute voltige. Son héroïne au cœur glacé attend le dégel en se fabriquant des souvenirs du futur, spectatrice de projections intérieures peuplées d’absents chéris. Bouleversant.
SERRE MOI FORT, Mathieu Amalric 2021, Vicky Krieps, Arieh Worthalter (sentimental)@@ (E)
Parce qu'il lui est insupportable d'être quittée par ceux qu'elle aime, Clarisse quitte le domicile conjugal, laissant son mari Marc élever seul leurs deux enfants.

TELERAMA
Par un matin calme, Clarisse (ren ...

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SEUL SUR MARS, Ridley Scott 2015, Matt Damon (science fiction)@@


Lors d'une expédition sur Mars, l'astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile.

TELERAMA
Lors d’une expédition sur Mars, un astronaute est abandonné par le reste de l’équipage. Seul, sans moyen de repartir, il va tenter de survivre sur cette planète hostile... Golden Globes du meilleur acteur pour Matt Damon, en astronaute-botaniste.

La Nasa n’a plus les moyens d’envoyer autre chose qu’un minuscule robot sur Mars ? Qu’à cela ne tienne, Hollywood reprend le relais des missions Apollo dans les années 1960. Peu importe que Seul sur Mars pioche allègrement dans le scénario de Gravity et dans la distribution d’Interstellar. Car en matière de spectacle rien ne manque au cahier des charges de Seul sur Mars : ni les décors grandioses (du désert jordanien), ni l’autodérision d’un Matt Damon plus charmeur que jamais en astronaute-botaniste, abandonné par son équipage sur la planète rouge.

Sir Ridley Scott est resté crédible en patron du film de science-fiction. Mais, ironie du sort, lui qui a bâti sa carrière en faisant de l’espace l’endroit le plus anxiogène de l’univers (Alien) revient à ses amours de jeunesse avec un feel good movie dans lequel son néo-Robinson Crusoé parvient à faire pousser des patates sur le sol martien…
SEUL SUR MARS, Ridley Scott 2015, Matt Damon (science fiction)@@ (E)
Lors d'une expédition sur Mars, l'astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est d&e ...

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SEXY DANCE, Anne Fletcher 2006, Channing Tatum, Jenna Dewan (musical)@@


Tyler Gage a grandi dans les bas-fonds de Baltimore et possède un don pour le hip-hop. Un soir, il entre par effraction dans une école d'art. Arrêté par la police, le jeune homme est condamné à effectuer des heures de travaux d'intérêt général dans cette même école pour réparer ses dégâts. Nora est issue d'une famille bourgeoise qui finance ses études de danse classique.
SEXY DANCE, Anne Fletcher 2006, Channing Tatum, Jenna Dewan (musical)@@ (E)
Tyler Gage a grandi dans les bas-fonds de Baltimore et possède un don pour le hip-hop. Un soir, il entre par effraction dans une école d'art. Arrêté par la police, le jeune homme est condamné à effec ...

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SHUTTER ISLAND, Martin Scorsese 2010, Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley (thriller)@@


En 1954, une meurtrière, extrêmement dangereuse, placée en centre de détention psychiatrique disparaît sur l'île de Shutter Island. Deux officiers du corps fédéral des marshals, Teddy Daniels et Chuck Aule, sont envoyés sur place pour enquêter. Très vite, Teddy Daniels comprend que le personnel de l'établissement cache quelque chose. Seul indice dont il dispose : un bout de papier sur lequel est griffonnée une suite de chiffres entrecoupée de lettres.

TELERAMA
En 1954, un inspecteur enquête sur la disparition d’une détenue dans un hôpital psychiatrique pour criminels. Scorsese adapte fidèlement le thriller flippant de Dennis Lehan, avec un DiCaprio au sommet.

Un matin de 1954, le marshal Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio, intense) et son nouveau coéquipier débarquent sur une île qui abrite un hôpital psychiatrique pour criminels dangereux. Une patiente, internée après avoir noyé ses trois enfants, s’est évadée. Les deux enquêteurs vont devoir affronter la méfiance des médecins, la violence d’un ouragan et leurs propres démons.

Martin Scorsese se montre en grande forme dans sa relecture du cinéma de genre. Le cinéaste le plus cinéphile de Hollywood se (et nous) fait plaisir en recréant l’atmosphère gothique des films fantastiques des années 1940 : tempête dantes­que près de la chapelle, course-poursuite dans le donjon. Le film, moins horrifique que le roman de Dennis Lehane, se révèle aussi plus anxio­gène. Très tôt, Scorsese laisse planer l’incertitude sur la santé mentale des résidents de Shutter Island. Malades « officiels » et personnel soignant : sous les apparences d’un psychiatre soucieux du bien-être des patients, le Dr Cawley ne cache-t-il pas un mégalo prêt aux expériences sur le cerveau les plus barbares ? La paranoïa est entretenue par la mise en scène, qui joue sur le hors-champ, l’ombre et la lumière pour stimuler l’imagination du spectateur. Où se trouve la frontière entre raison et folie ? La vérité, rappelle Scorsese, est aussi fugace et fragile qu’une flamme soufflée par le vent dans l’obscurité d’une grotte…

En 1954, une femme placée en centre de détention psychiatrique à Shutter Island disparaît. Elle s'appelle Rachel Solando et est une meurtrière extrêmement dangereuse. Deux officiers du corps fédéral des marshals, Teddy Daniels et Chuck Aule, viennent enquêter sur place. Ils découvrent l'île humide et brumeuse au large de Boston où se trouve cet hôpital-prison d'un genre très particulier. Très vite, Teddy Daniels comprend que le personnel de l'établissement cache quelque chose. Seul indice dont il dispose : un bout de papier sur lequel est griffonnée une suite de chiffres entrecoupée de lettres...
SHUTTER ISLAND, Martin Scorsese 2010, Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley (thriller)@@ (E)
En 1954, une meurtrière, extrêmement dangereuse, placée en centre de détention psychiatrique disparaît sur l'île de Shutter Island. Deux officiers du corps fédéral des marshals, Teddy Dan ...

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SIBYL, Justine Triet 2019, Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos (drame)@@ (film complet)


Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu'elle cherche l'inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l'acteur principal... qui est en couple avec la réalisatrice du film.

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Dès la première séquence, il y a du vertige, de la mise en scène. Sibyl (Virginie Efira) déjeune avec son éditeur dans un restaurant japonais où les plats défilent sur un tapis roulant. C’est lui qui parle, s’emballe, à une vitesse ahurissante, lui dressant un tableau foncièrement décourageant de la littérature contemporaine, tout en se réjouissant, bien sûr, qu’elle se remette à écrire. Elle en reste groggy, au tapis, comme les sushis. Ce régal d’humour cinglant fait le lien avec Victoria, le précédent film de Justine Triet, dont on s’éloignera peu à peu. Si Sibyl reprend certains éléments de « dramédie », il surfe moins sur le burlesque, penche davantage du côté de l’introspection et de la gravité.

De manière dense et rapide, la réalisatrice a ce talent pour donner d’emblée à son héroïne un vécu, une épaisseur. Sibyl est une psychanalyste au passé tumultueux. Elle a rompu avec sa mère, a connu la passion dévorante avec un homme (Niels Schneider), a sombré un temps dans l’alcool — on la voit assister aux réunions des Alcooliques anonymes. Dorénavant plus posée, à priori, elle décide de suspendre son travail d’analyste pour se lancer dans un nouveau roman, mais elle peine à avancer. Une jeune actrice en détresse (Adèle Exarchopoulos), qui la supplie de la prendre comme patiente, va changer la donne. Margot lui raconte qu’elle est enceinte, qu’elle a une liaison avec un acteur marié (Gaspard Ulliel). Son histoire résonne fortement en Sibyl. Violant toute règle déontologique, elle se met à enregistrer sa patiente, à son insu, pour les besoins de son livre.

C’est l’appel de la fiction qui guide alors le film. Tout se met à dérailler, à s’accélérer dans la vie et dans la tête de Sibyl, sous l’emprise de courants contraires. L’ambivalence est reine, jusqu’à ce prénom qui donne le titre, étrange, tout chamboulé, amputé du « e » final et où la place du « i » et du « y » semble inversée. Un prénom qui paraît en cacher un autre, reflet d’une identité double. Cette ambiguïté, on la retrouve chez les autres protagonistes, mais traités sur le mode caustique, comme la sœur par exemple, fausse gentille, vraie perverse (Laure Calamy formidable). Tout le monde a tendance à jouer double jeu dans cet univers de manipulation. Qui peut s’avérer très féroce lorsque Sibyl, décidément sans frein, part à Stromboli rejoindre Margot sur le tournage de son film. La réalisatrice dépeint alors de manière satirique ce qu’est le monde délirant du cinéma, sa fièvre en vase clos, son pouvoir de décupler le fiasco ou le bonheur.

Foisonnant, Sibyl embrasse beaucoup de thèmes, brosse bon nombre de personnages, sans se disperser. Le passé et le présent, la réalité et son déni, le travail, la famille, la création, tout est lié, imbriqué, de manière intime. Justine Triet est aidée en cela par Virginie Efira, qui se met à nu, se livre encore plus que dans Victoria. Dans Sibyl, elle ne cesse de passer des épreuves du feu. Qu’elle écoute, dirige, chante, chute, analyse, jouisse ou titube, elle s’affirme toujours avec justesse. Mais c’est sans doute à travers la passion et ses répercussions qu’elle trouble le plus. Et le film avec, dont le motif central palpite de façon masquée, au moins jusqu’à la fin, emplie d’émotion.
SIBYL, Justine Triet 2019, Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos (drame)@@ (film complet) (E)
Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu'elle cherche l'inspiration, Margot, une jeune actrice en ...

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SIDONIE AU JAPON, Élise Girard 2023, Isabelle Huppert, Tsuyoshi Ihara (thriller sentimental japon)@@


Sidonie se rend au Japon à l'occasion de la ressortie de son best-seller. Malgré le dévouement de son éditeur japonais avec qui elle découvre les traditions du pays, elle perd peu à peu ses repères, surtout lorsqu'elle se retrouve nez à nez avec son mari, disparu depuis plusieurs années.

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Sidonie, une écrivaine française, découvre le Japon aux côtés de son éditeur, et retrouve le fantôme d’un être cher. Un récit poétique, délicat et parfois burlesque sur le deuil porté par une Isabelle Huppert sans fard.

Le titre malicieux pourrait évoquer un album jeunesse. Sidonie trottine du reste comme une enfant mutine et le début du film distille quelques notes légères de burlesque. Écrivaine française de talent invitée à Osaka pour la réédition de son premier livre, Sidonie part à reculons. Elle tarde volontairement à arriver à l’aéroport et semble fort désappointée lorsqu’on lui annonce que son avion a trois heures de retard.

La voilà donc obligée d’obéir à son destin et d’atterrir au pays du Soleil-Levant, où l’accueille Kenzo Mizoguchi (sic), son éditeur. Celui-ci est dévoué mais peu disert, rigoriste quant aux protocoles à suivre. Pour ce regard tendre et amusé sur les spécificités culturelles nippones, Lost in Translation, de Sofia Coppola, revient immanquablement à l’esprit. Cette parenté semble même constituer un matériau de départ ludique. À partir duquel la réalisatrice va tisser autre chose.

Si la part de cocasserie ne s’évanouit jamais tout à fait, ce troisième long métrage d’Élise Girard (Drôles d’oiseaux) se fait malgré tout plus mélancolique, sinon funèbre, au fil des séquences. En répondant aux questions des journalistes pétris d’admiration, Sidonie s’épanche. On en apprend alors davantage sur l’origine de son écriture. Des drames successifs l’ont marquée et ont fait d’elle une survivante. C’est un trait commun, « un pays secret » partagé avec son éditeur, qui l’accompagne un peu partout, lui fait visiter des temples, la tombe de Jun’ichirō Tanizaki et d’autres sites, à Kyoto ou sur l’île de Naoshima. Mais tandis qu’ils font davantage connaissance en flânant, le fantôme d’une personne chère à Sidonie fait son apparition. Une fois, puis régulièrement, le défunt vient la visiter dans sa chambre d’hôtel. Il est paisible, si rassurant que Sidonie commence un échange avec lui.

Isabelle Huppert filmée de très près
C’était un pari, ce fantôme qui s’invite tranquillement. Pari remporté avec naturel et élégance. Dans l’univers de transparence du film, le visible et l’invisible, la veille et le sommeil coexistent et ont tendance à se confondre. Le voyage est dépaysant pour Sidonie, qui se déplace comme en rêve, le mouvement des trajets en voiture ou en train ayant toujours quelque chose d’un bercement. L’alternance des silences et des longues confidences, le chagrin et l’éveil, le défilé des cerisiers en fleurs, tout concourt à un poème minimaliste, sur le deuil et la possible renaissance.

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Toute fiction, on le sait, est un documentaire sur ses acteurs. C’est particulièrement vrai ici. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu Isabelle Huppert ainsi, d’aussi près, de manière aussi intime. Ses cheveux, ses taches de rousseur, sa peau nue, ses mains. Tactile, voilà peut-être la qualité première de ce film où le « rien » évoqué à deux reprises, le manque de consistance de l’existence sont peu à peu compensés par la sensation retrouvée du toucher et de la caresse. Les travellings doux qui ponctuent régulièrement le film y contribuent. Éclôt aussi un zoom très lent, vers une femme qui raconte et un homme qui écoute, tous deux assis sur un banc, dans un parc. Belle approche, enveloppante comme le début d’une étreinte.
SIDONIE AU JAPON, Élise Girard 2023, Isabelle Huppert, Tsuyoshi Ihara (thriller sentimental japon)@@ (E)
Sidonie se rend au Japon à l'occasion de la ressortie de son best-seller. Malgré le dévouement de son éditeur japonais avec qui elle découvre les traditions du pays, elle perd peu à peu ses rep&egra ...

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SIGNALEMENTS, Éric Métayer 2024, Catherine Ramberg, Clément Michel (societe)@@


Laurence Jambu en est persuadée : sa nièce Karine, la fille de sa soeur, est maltraitée par ses parents, Attentive aux signes discrets que l'enfant lui envoie, elle tente d'agir à sa manière et d'alerter l'Aide sociale à l'Enfance. Mais sa maladresse suscite l'indifférence, voire l'hostilité des fonctionnaires qui, pour certains, masquent à grand peine leur incompétence ou leur lâcheté face à cette affaire. La justice, de son côté, malgré des signalements répétés, décide de maintenir, contre toute logique, la fillette chez ses parents. Au fil des années, la situation ne cesse de s'aggraver et finit par tourner au drame...

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Karine, 9 ans, souffre de la maltraitance de ses parents, mais personne ne veut l’entendre sauf sa tante. Le récit du combat qu’elle mène pour la sauver est didactique, mais surtout révoltant, par Éric Métayer, coréalisateur du film “Les Chatouilles”.

À9 ans, la petite Karine est une enfant triste et sauvage, et seule sa tante Laurence semble s’en inquiéter. Il y a pourtant eu des signalements, lancés dès la maternité et réitérés plus tard par des voisins, et puis par Laurence, encore et encore. Mais rien n’y fait : ni l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ni la police, ni la juge, personne ne semble vouloir croire (ou voir) le danger qu’encourt la petite fille auprès de ses parents. Face à ce mur institutionnel, Laurence ne renoncera à rien pour sauver sa nièce, jusqu’à risquer des poursuites judiciaires pour dénonciation calomnieuse envers sa belle-famille.

Éric Métayer, coréalisateur du film Les Chatouilles, reprend la caméra pour mettre en scène cette histoire vraie, celle de la bataille de Laurence Jaubu pour sauver sa nièce de la maltraitance de ses parents et dénoncer les viols perpétrés pendant des années par un ami de la famille sur la petite fille. Ce récit terrible et commun — en France, un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles —, un peu alourdi par son ambition didactique à l’écran, se montre dégoûtant et révoltant, le réalisateur insistant sur l’inaction des institutions et leur désordre interne. En tante courage et résiliente douée d’un amour inconditionnel, qui doit en sus affronter la lâcheté de son mari, Cécile Bois livre une très belle performance.

SIGNALEMENTS, Éric Métayer 2024, Catherine Ramberg, Clément Michel (societe)@@ (E)
Laurence Jambu en est persuadée : sa nièce Karine, la fille de sa soeur, est maltraitée par ses parents, Attentive aux signes discrets que l'enfant lui envoie, elle tente d'agir à sa manière et d'alerter l ...

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SILS MARIA, Olivier Assayas 2014, Juliette Binoche, Kristen Stewart (societe)@@@


L'actrice Maria et son assistante Valentine sont en route pour la Suisse pour recevoir un prix pour l'écrivain Wilhelm Melchior. Avant d'arriver à destination, elles découvrent que Wilhelm vient de mourir.

TELERAMA
Héritière d’une culture en déclin, une actrice est soudain confrontée au temps qui passe. Une méditation mélancolique.

Dans un train qui file vers la Suisse, la comédienne Maria Enders apprend la mort du dramaturge Wilhelm Melchior. Et c’est comme si elle repartait en arrière, vers le passé. Au cœur des montagnes de la Haute-Engadine, elle va répéter l’une des pièces de l’auteur. Celle qui l’avait révélée, vingt ans plus tôt : elle jouait une jeune fille troublant une femme mûre, jusqu’au suicide. Elle sera désormais la femme mûre troublée. Le temps redistribue les rôles…

En osmose avec Juliette Binoche, Olivier Assayas trace le portrait d’une comédienne passionnée par son travail et peut-être aveuglée par cette passion. La solitude est en embuscade. Même le monde protecteur du théâtre et du cinéma se transforme. Deux jeunes femmes, son assistante personnelle (Kristen Stewart) et l’actrice qui lui donne la réplique sur scène (Chloë Grace Moretz), incarnent cette réalité en mouvement qui crée des repères nouveaux et en fait perdre d’anciens. D’une belle ampleur, associant les paysages magnifiquement ouverts et les destins dont le dessin est tout aussi vaste mais incertain, le film nous plonge dans une atmosphère rare. La culture et la création y sont des fils conducteurs dans le labyrinthe de la vie, pour se retrouver ou pour se perdre. Une réflexion brillante, tendue par l’émotion.
SILS MARIA, Olivier Assayas 2014, Juliette Binoche, Kristen Stewart (societe)@@@ (E)
L'actrice Maria et son assistante Valentine sont en route pour la Suisse pour recevoir un prix pour l'écrivain Wilhelm Melchior. Avant d'arriver à destination, elles découvrent que Wilhelm vient de mourir.

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SIMPLE COMME SYLVAIN, Monia Chokri 2023, Magalie Lépine Blondeau, Pierre-Yves Cardinal, Francis-William Rhéaume (sentimental)@@


Sophia, professeur d'université à la vie confortable et au mariage stable, mais peu excitant avec Xavier, voit sa vie bouleversée lorsqu'elle croise Sylvain, un ouvrier du bâtiment que le couple engage pour rénover leur maison d'été.

TELERAMA
Une bourgeoise intello s’éprend d’un modeste menuisier, et réciproquement. Cette comédie romantique et sociale québécoise touche et fait mouche. César du meilleur film étranger 2024.

Il est beau, bien bâti, et Sophia va l’avoir dans la peau. Sylvain est un gars de la campagne, simple, généreux, chaleureux, charpentier de profession. Sophia, professeur de philosophie à Montréal, en couple depuis dix ans avec un intellectuel comme elle, rencontre le « manuel » dans sa résidence secondaire, un chalet où il doit venir faire des travaux. Passé quelques verres au bar du coin et un slow, voilà la citadine qui succombe. Le désir ardent n’attend pas. Le premier baiser, dans la voiture, est un régal de mise en scène malicieuse. Un jeu de cache-cache avec un rétroviseur qui dissimule habilement le haut des visages et les yeux pour mieux révéler la farandole des langues. Aucun doute, il s’agit bien d’un french kiss.

La volupté de chaque scène d’amour fait assurément partie des atouts de Simple comme Sylvain. Exaltant, drôle, énergique et mélancolique : à quand remonte le dernier film offrant un tel cocktail ? Monia Chokri, l’autrice québécoise, réussit là le coup parfait, une comédie tout aussi romantique que charnelle, qui s’appuie sur une base sociale solide. L’infidélité de Sophia ne s’arrête pas à une nuit, et sa passion pour Sylvain remet soudain en question beaucoup de choses. Un monde pourtant les oppose. Le menuisier musclé à casquette pense parfois des horreurs (sur la peine de mort), peut dire des énormités (« Les fruits, c’est pour les femmes »), mais aussi trouver la déclaration d’amour absolue — « Tu me donnes envie de vivre. » À son contact, la prof monte au septième ciel, rajeunit, redevient une midinette naïve, s’étonne de tout, apprend la tolérance. Lorsqu’il lui déclame Michel Sardou, elle croit à du Rimbaud.

Échapper à l’entre-soi
Quid alors des conversations si enrichissantes avec son Xavier, brillant et spirituel ? Va-t-elle le quitter ? Et quid de la famille, des amis ? Le grand chambardement émotionnel vécu par Sophia (prestation lumineuse de Magalie Lépine-Blondeau, pleine d’aplomb) s’accompagne d’une plongée sociologique jubilatoire. Qui se traduit par des scènes de repas ou de fêtes, aussi bouillonnantes que tendues, où tout le monde parle ensemble sans forcément s’écouter, où les dialogues se chevauchent, comme dans la vraie vie. Monia Chokri a du talent pour orchestrer ces échanges. Elle filme avec la même aisance le milieu de Sophia (bourgeoisie cultivée) que celui, nettement plus fruste et modeste, de Sylvain. Sur les différences sociales, le film reste très piquant. Capable de citer à la fois Scorpions, Schopenhauer, Michel Sardou et Damien Hirst, la cinéaste se moque avec la même tendresse des snobs et des beaufs. Elle pointe les préjugés de chacun, l’arrogance de classe, y compris celle qui s’ignore. Le tout dans un mouvement enlevé, bigarré, où les balades sentimentales à la mer ou dans la neige, l’image à grain épais et les zooms, font penser au cinéma lyrique des années 1970… Lyrique et fédérateur comme une chanson populaire, Simple comme Sylvain permet à chacun de fantasmer ou de se reconnaître à sa guise. Ouvert à tous, le film relève le défi qui s’offre à son héroïne : échapper au déterminisme social et à l’entre-soi.
SIMPLE COMME SYLVAIN, Monia Chokri 2023, Magalie Lépine Blondeau, Pierre-Yves Cardinal, Francis-William Rhéaume (sentimental)@@ (E)
Sophia, professeur d'université à la vie confortable et au mariage stable, mais peu excitant avec Xavier, voit sa vie bouleversée lorsqu'elle croise Sylvain, un ouvrier du bâtiment que le couple engage pour r&eacu ...

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SISSI ET MOI, Frauke Finsterwalder 2023, avec Susanne Wolff, Sandra Huller (fiction histoire)@@


À la fin du XIXe siècle, l'impératrice Élisabeth d'Autriche-Hongrie, connue sous le nom de Sisi vit dans une commune de femmes aristocratiques en Grèce. La comtesse Irma y est envoyée pour être la compagne de Sisi, et elle tombe sous le charme de cette recluse excentrique et extravagante. Cependant, le monde extérieur veut briser Sisi. Irma et Sisi ont beau résister, il ne reste qu'une voie fatale qui liera à jamais les deux femmes.

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Une célibataire un peu godiche devient dame de compagnie de l’impératrice d’Autriche… et en tombe amoureuse. Avec Sandra Hüller, toujours aussi impressionnante.

De quoi Sissi est-elle devenue le nom ? Loin des bluettes froufroutantes d’Ernst Marischka (entre 1955 et 1957) et du drame crépusculaire de Luchino Visconti (1973) qui la canonisèrent sous les traits de Romy Schneider, l’impératrice d’Autriche inspire aujourd’hui des relectures audacieusement féministes. Après l’Autrichienne Marie Kreutzer et son Corsage sorti fin 2022, c’est au tour de l’Allemande Frauke Finsterwalder de lui faire endosser d’anachroniques atours à travers une fiction revendiquée comme telle. Parmi leurs points communs, ces deux films brodent librement sur la mort de l’altesse assassinée par un anarchiste italien en 1898, envisageant le trépas (sous la forme du suicide pour l’un, d’un genre de crime passionnel pour l’autre) comme la seule échappatoire possible à ses tourments de captive.

L’originalité de Sissi et moi tient évidemment à ce « moi » qui introduit un point de vue extérieur : celui de la comtesse Irma Sztáray (Sandra Hüller), célibataire maladroite et maltraitée par sa mère, soudain propulsée dame de compagnie d’une tête couronnée dépeinte en rock star (Susanne Wolff). Soumise aux caprices de sa maîtresse, la godiche se met au sport, au jeûne, aux voyages qui permettent à Élisabeth d’éviter la cour. Sous la domination point une amitié, qui vire chez Irma en un amour fanatique — voir la scène où elle ingère une boule de cheveux de Sissi —, protecteur et jaloux.

Moins saisissants que ceux de Corsage, auquel sa photographie conférait une froide étrangeté, les partis pris de ce film-ci sont autant de décalages, tant dans les costumes que dans la bande originale, exclusivement composée de voix féminines — Portishead, Tess Parks, Nico… Même s’il aurait sans doute gagné à être resserré et un peu moins explicite — certaines répliques frôlent le manifeste —, Sissi et moi intrigue et réussit, vraie gageure, à créer un récit inédit. Il donne par ailleurs l’occasion d’admirer un nouvel avatar de Sandra Hüller (Anatomie d’une chute), impressionnante en groupie énamourée.

1894. Officieusement séparée de son mari depuis de nombreuses années, l'impératrice Sissi, âgée de 40 ans, désigne sa nouvelle dame d'honneur, Irma Sztáray, une jeune aristocrate naïve et un peu maladroite, pour l'accompagner dans ses nombreux voyages à travers l'Europe. Contre toute attente, la jeune femme s'entend bien avec la souveraine au tempérament excentrique, à la personnalité maniaco-dépressive et au comportement parfois cruel. Mais, à leur retour à la cour d'Autriche, l'amitié entre les deux femmes est mise à mal par les conventions. Sissi se révèle alors très attachée au protocole et à la place que chacun occupe dans la société.
SISSI ET MOI, Frauke Finsterwalder 2023, avec Susanne Wolff, Sandra Huller (fiction histoire)@@ (E)
À la fin du XIXe siècle, l'impératrice Élisabeth d'Autriche-Hongrie, connue sous le nom de Sisi vit dans une commune de femmes aristocratiques en Grèce. La comtesse Irma y est envoyée pour êtr ...

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SISSI, naissance d une imperatrice, Xaver Schwarzenberger 2009, Cristiana Capotondi, David Rott, Martina Gedeck (histoire)@


Alors que Sissi s'échappe de la surveillance maternelle pour aller pêcher, elle rencontre sans le reconnaître l'héritier impérial qui tombe immédiatement sous le charme de cette jeune fille spontanée. La vie de Sissi va alors changer à tout jamais.

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François-Joseph, empereur autrichien, est promis à Nené, une jeune femme originaire de Bavière. Pourtant, lorsqu'il rencontre Sissi, la soeur cadette de Nené, il en tombe aussitôt amoureux. Les deux jeunes gens convolent rapidement, malgré les réticences de l'archiduchesse Sophie, la mère de François-Joseph. Elle est convaincue que Sissi est incapable de se conformer aux règles de bienséance que lui impose son nouveau statut. En effet, un vent de liberté semble désormais souffler sur la cour autrichienne, Sissi n'étant pas femme à se laisser diriger...
SISSI, naissance d une imperatrice, Xaver Schwarzenberger 2009, Cristiana Capotondi, David Rott, Martina Gedeck (histoire)@ (E)
Alors que Sissi s'échappe de la surveillance maternelle pour aller pêcher, elle rencontre sans le reconnaître l'héritier impérial qui tombe immédiatement sous le charme de cette jeune fille spontan&ea ...

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SKYFALL, Sam Mendes 2012, Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench (James Bond)(aventure)@@@


Laissé pour mort après une mission en Turquie qui a tourné au désastre, l'agent britannique James Bond, nom de code 007, réapparaît à Londres lorsqu'il apprend par les informations d'un journal télévisé qu'un attentat a été commis contre le M16. Cet événement ébranle considérablement l'autorité de la directrice M.

TELERAMA
Quand la franchise James Bond revient à l’essentiel, tout en prenant le temps de creuser la psychologie des personnages. Sam Mendes vise juste.

James Bond a 50 ans et, sous les traits de Daniel Craig, porte toujours beau. Mais, à en croire les politiciens qui veulent nettoyer le MI6, l’espion qu’on aimait serait usé, vieilli, fatigué. Son expérience du « terrain » semble bien ringarde face aux terroristes du xxie siècle, ces hackeurs de génie dont les programmes informatiques sèment le chaos jusqu’au cœur de Londres. Alors, James, bon(d) à partir à la retraite ? Sam Mendes prouve le contraire.

Le réalisateur des Noces rebelles revient à l’essentiel de la série — humour british et élégance. Et il prend le temps de creuser la psychologie des personnages, quitte à alléger le film en testostérone. Le retour au classicisme passe aussi par un méchant d’anthologie. ­Javier Bardem compose un criminel aussi suave qu’une créature d’Almodóvar et aussi terrifiant que le tueur en série de No Country For Old Men. Sa première entrevue avec Craig, riche en sous-entendus homosexuels, est l’un des sommets de Skyfall. Comme de juste, les deux ennemis s’affrontent pour une femme. Pas pour la James « bombe » girl 2012 — la super sexy Bérénice Marlohe, (trop) vite sacrifiée. Mais pour une mamie, ou plutôt une « maman » : M, la cheffe septuagénaire du MI6…
SKYFALL, Sam Mendes 2012, Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench (James Bond)(aventure)@@@ (E)
Laissé pour mort après une mission en Turquie qui a tourné au désastre, l'agent britannique James Bond, nom de code 007, réapparaît à Londres lorsqu'il apprend par les informations d'un journa ...

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SLUMDOG MILLIONAIRE, Dany Boyle 2009, Dev Patel


Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux. Alors qu'il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retrouver son amour : participer au plus grand show télévisé du pays, Qui veut gagner des millions ? . Il atteint la question finale à 20 millions de roupies mais il est arrêté par la police, qui le soupçonne de tricherie.
SLUMDOG MILLIONAIRE, Dany Boyle 2009, Dev Patel (E)
Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux. Alors qu'il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retro ...

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SNOWPIERCER Le Transperce neige, Bong Joon-ho 2013 (catastrophe)@@


À la suite d'une tentative ratée d'une entreprise de géo-ingénierie pour contrebalancer le réchauffement climatique en 2014, par envoi d'un gaz dans l'atmosphère, une glaciation de toute la planète extermine la vie sur terre, ainsi que presque toute l'humanité. Les survivants vivent désormais tous dans un train lancé à vive allure, Le Transperceneige, dirigé par Wilford, le créateur de celui-ci qui réside dans le wagon de tête.

TELERAMA
La survie de l'humanité se joue à bord d'un train infernal. Dans la famille des blockbusters post-apocalyptiques, voici le plus givré et le plus Rail et cinéma, c'est une vieille histoire. On raconte que la première projection, en 1895, du film des frères Lumière L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat provoqua la panique : les spectateurs crurent que le train allait les écraser. Comment auraient-ils réagi face aux images du Transperceneige, le train qui, justement, ne peut pas, ne doit pas s'arrêter, et tourne autour de la Terre sans jamais ralentir dans les gares ? Cette idée de grande ligne sans départ ni arrivée, née d'une bande dessinée française des années 1980 (1) , le cinéaste coréen Bong Joon-ho en capte toute la poésie anxiogène.

Comme dans l'histoire originale, le Transperceneige est un refuge pour les derniers survivants de l'humanité : un traitement contre le réchauffement climatique a provoqué une nouvelle ère glaciaire (oups !), dix-sept ans plus tôt, en 2014. Le train, qui produit de l'eau et de l'énergie en avalant de la neige par l'avant, est donc une arche de Noé, où subsistent quelques espèces animales et végétales à l'abri du froid mortel. A l'arrière, ambiance « radeau de la Méduse » : surpopulation, crasse et famine. On mange parfois son bras ou son voisin quand les rations de cafards en gelée viennent à manquer. A l'avant, les riches, le bar à sushis, la serre, le spa... Et dans la voiture de tête, le concepteur du train, entre chef d'Etat, capitaine Nemo et dieu vivant.

Evidente, voire appuyée est l'allégorie de la société, compartimentée entre pauvres et riches, fondée sur l'exploitation des uns par les autres. Elle n'en est pas moins glaçante en ces temps de disparités vertigineuses. A fortiori lorsqu'il s'agit d'une poignée d'insurgés, déterminés, tels des émigrants mal embarqués, à s'extirper de leur misère, et donc à remonter le train en défiant l'ordre policier. C'est dans leur sillage que le récit progresse, des wagons insalubres vers la locomotive sécurisée.

Jamais, pourtant, le discours explicite n'affaiblit les visions que cette situation imaginaire engendre. L'extérieur du train, domaine des effets spéciaux numériques, est une succession sans fin de villes gelées. Une fois par an, les passagers aperçoivent les silhouettes alignées des rares qui ont tenté de s'évader, transformés en bonhommes de neige à deux pas de la voie ferrée. L'intérieur est un chef-d'oeuvre de décor de cinéma, chaque nouvelle voiture traversée par les rebelles réservant sa part d'enfer grotesque ou de féerie saugrenue, du wagon-aquarium au night-club fin de siècle.

Bong Joon-ho est un drôle de zèbre, expert en mélange de registres et de genres. Il y avait un monstre aquatique dégoûtant, déjà issu d'une aberration écologique, dans son film le plus connu, la fable politique The Host. Il y avait de la pantalonnade dans le polar qui l'a révélé, Memories of murder, et de l'angoisse dans sa comédie de la filiation déréglée, Mother. Avec Snowpiercer, il exerce tous ses talents à la fois, farce et action constamment mêlées. Et il fait du train une tour de Babel pour acteurs, de ses interprètes coréens fétiches au jeune premier hollywoodien Chris Evans (Captain America, Avengers), dont on croirait voir le visage pour la première fois. En passant par l'Anglaise Tilda Swinton, anthologique en garde-chiourme prêcheur et veule, tarte et insensible.

De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année (After earth, World War Z, Elysium...), Snowpiercer est le plus inspiré. Sa science-fiction imprégnée de l'air du temps laisse de la place pour d'autres significations, d'autres lectures, plus intemporelles. Car ce train sans destination, cette machine folle qu'on ne peut arrêter, voilà une belle métaphore de nombre d'activités humaines ne tenant que par la fuite en avant. C'est pourquoi la scène tardive, montrant le leader de la rébellion parvenu en tête du train, au coeur de la machine, est tellement saisissante : il se croit au calme et il en pleure, alors qu'il est seulement dans l'oeil du cyclone.
SNOWPIERCER Le Transperce neige, Bong Joon-ho 2013 (catastrophe)@@ (E)
À la suite d'une tentative ratée d'une entreprise de géo-ingénierie pour contrebalancer le réchauffement climatique en 2014, par envoi d'un gaz dans l'atmosphère, une glaciation de toute la plan&egr ...

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SOS FANTOMES, l heritage, Jason Reitman 2021, Bill Murray, Dan Aykroyd, Mckenna Grace (fantastique)@@


Après avoir déménagé dans une petite ville, une mère et ses deux enfants commencent à découvrir leur lien avec les Ghostbusters d'origine et l'héritage secret légué par leur grand-père.

TELERAMA
Au gré d’une intrigue toute neuve, de nombreux clins d’œil et retrouvailles réjouissantes attendent les fans de la fameuse saga.

La chasse aux fantômes est une affaire de famille. La preuve : trente-sept ans après la plus culte (et peut-être la plus drôle) de toutes les comédies fantastiques, réalisée en 1984 par Ivan Reitman, c’est son propre fils, Jason, qui pilotait cette nouvelle aventure, entièrement conçue comme un hommage affectueux aux facéties d’origine. Difficile d’en raconter plus sans « divulgâcher » les petites et grandes surprises que ce film très « filial » réserve aux fans des bons vieux Ghostbusters d’autrefois. Si elles n’égalent pas tout à fait l’humour et le rythme du premier SOS Fantômes, les retrouvailles sont bien plus divertissantes et réussies que les précédentes tentatives de relancement. Et de Paul Rudd à Finn Wolfhard (l’un des gamins de la série Stranger Things), les nouveaux venus sont aussi réjouissants que les anciens, qu’on vous laisse le plaisir de (re)découvrir…
SOS FANTOMES, l heritage, Jason Reitman 2021, Bill Murray, Dan Aykroyd, Mckenna Grace (fantastique)@@ (E)
Après avoir déménagé dans une petite ville, une mère et ses deux enfants commencent à découvrir leur lien avec les Ghostbusters d'origine et l'héritage secret légué par l ...

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SOURCE CODE, Duncan Jones 2011, Jake Gyllenhaal, Jeffrey Wright, Michelle Monaghan, Vera Farmiga (science fiction)@@


Colter Stevens ne comprend pas ce qu'il fait dans ce train à destination de Chicago, ni qui est cette femme qui s'adresse à lui avec la même assurance que s'ils se connaissaient parfaitement. Pour autant qu'il s'en souvienne, la dernière fois qu'il a eu conscience d'être lui, il effectuait une mission de reconnaissance en Afghanistan. La situation se complique de plus en plus. Sa carte d'identité porte le nom de Sean Fentress. Son visage n'est pas le sien et une explosion détruit brusquement le train. Quand Colter se réveille, cette fois-ci dans un caisson hérissé d'appareils électroniques, il apprend qu'il a intégré le corps d'un mort, victime d'un attentat ferroviaire, pour y mener une enquête dans sa mémoire et dans le temps...

TELERAMA
Colter se réveille dans un train de banlieue, aux côtés d’une femme qui l’appelle Sean. Huit minutes plus tard le wagon explose. Et il se réveille dans un caisson, à nouveau Colter. Le deuxième film du fils de David Bowie oscille entre science-fiction, suspense et comédie romantique.

Avec Moon, qui racontait les derniers jours d'un astronaute paranoïaque en mission sur la Lune, le fils de David Bowie signait un huis clos intersidéral, sur lequel planait l'ombre du Kubrick de 2001. Curieusement jamais sorti en salles, ce premier film devint vite mythique auprès des cinéphiles geek. Il est à nouveau question de science-fiction et de prison mentale dans Source Code, bien que Duncan Jones n'en signe pas, cette fois, le scénario. De la science-fiction mâtinée de comédie romantique : un jeune homme se réveille dans un train de banlieue de Chicago, en face d'une femme qu'il n'a jamais vue et qui lui donne du Sean alors qu'il s'appelle Colter et qu'il est censé être pilote d'hélicoptère en Afghanistan. Au bout de huit minutes, le train explose. Et le jeune homme se réveille à nouveau dans le même train, à la même place. On dirait Un jour sans fin, de Harold Ramis...

Au fil des réveils et des explosions, le blockbuster se pare d'une réflexion sur le libre arbitre des cobayes et les fondements de l'identité. Peu importe l'enveloppe charnelle, pourvu qu'on ait l'ivresse des sentiments ?
SOURCE CODE, Duncan Jones 2011, Jake Gyllenhaal, Jeffrey Wright, Michelle Monaghan, Vera Farmiga (science fiction)@@ (E)
Colter Stevens ne comprend pas ce qu'il fait dans ce train à destination de Chicago, ni qui est cette femme qui s'adresse à lui avec la même assurance que s'ils se connaissaient parfaitement. Pour autant qu'il s'en souvi ...

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SOUS LA VILLE (in darkness), Agnieszka Holland 2011, Robert Więckiewicz, Benno Fürmann, Agnieszka Grochowska


Lvov, Pologne 1944 : les nazis ordonnent l'épuration du ghetto. Des habitants creusent un tunnel sous leur maison pour rejoindre les égouts de la ville espérant y trouver refuge. Ils tombent sur Léopold Socha, un employé municipal devenu contrebandier. Ce dernier accepte de cacher onze de ces fugitifs moyennant une dîme quotidienne. Mais petit à petit, Léopold va mettre sa vie et celle des siens en danger, afin de protéger "ses Juifs". Et ce, même quand l'argent vient à manquer.

TELERAMA
“ Le film ne tombe jamais dans la banalité. Avec des moyens qu'on devine mesurés, il réussit à provoquer un choc salutaire. ”
SOUS LA VILLE (in darkness), Agnieszka Holland 2011, Robert Więckiewicz, Benno Fürmann, Agnieszka Grochowska (E)
Lvov, Pologne 1944 : les nazis ordonnent l'épuration du ghetto. Des habitants creusent un tunnel sous leur maison pour rejoindre les égouts de la ville espérant y trouver refuge. Ils tombent sur Léopold Socha, un ...

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SOUS LE MEME TOIT, Dominique Farrugia 2016, Gilles Lellouche, Louise Bourgoin (comique)@@


Delphine et Yvan divorcent. Alors que sa situation financière ne lui permet pas de retrouver un domicile, Yvan se rappelle qu'il détient 20 pourcent de la maison de son ex-femme. Il revient alors vivre chez Delphine, dans ses 20 pour cents. Les deux ex vont découvrir les joies de la colocation forcée.

TELERAMA
Les deux jeunes mariés de Dominique Farrugia, Delphine et Yvan, se séparent ving ans après leur première apparition. Une version comique de la cohabitation forcée entre divorcés teintée de mélancolie : qu’il est difficile de renier les rêves de jeunesse...
En 1996, Dominique Farrugia comptait les points entre deux jeunes mariés : Delphine 1, Yvan 0. Vingt ans plus tard, au ­moment où Monsieur et Madame se séparent, le score n’a pas beaucoup changé : Delphine 80 % et Yvan seulement 20 % des parts de la maison commune… Comme Yvan attend toujours « d’exploser » en tant qu’agent de joueur de foot et que son pote n’a pas l’intention de l’héberger à vie, ce perdant attachant s’incruste, à temps partiel, chez son ex…

Après L’Economie du couple, de Joachim Lafosse (2016), voilà la version comique de la cohabitation forcée entre divorcés. Mais Sous le même toit est aussi nimbé d’une douce mélancolie sur les rêves de jeunesse qu’il est difficile de renier. Devant Gilles Lellouche, parfait en grand gamin qui ne changera jamais, Louise Bourgoin éclate de rire. Car Jacques Brel avait raison : il faut bien du talent pour être vieux sans être adulte.
SOUS LE MEME TOIT, Dominique Farrugia 2016, Gilles Lellouche, Louise Bourgoin (comique)@@ (E)
Delphine et Yvan divorcent. Alors que sa situation financière ne lui permet pas de retrouver un domicile, Yvan se rappelle qu'il détient 20 pourcent de la maison de son ex-femme. Il revient alors vivre chez Delphine, dans ses ...

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2015 SPECTRE, Sam Mendes 2015, Daniel Craig


Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d'un célèbre criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l'existence même du MI6, dirigé par M.

TELERAMA
Des poursuites, il y en a, spectaculaires, mais filmées sèchement, comme un exercice obligé. Le reste du temps, ce que filme le cinéaste, c’est la peur. 007 Spectre joue sur le poids des décors, sur le comportement des personnages, et renoue avec les discordances lumineuses de l’expressionnisme : Londres, sombre, et Rome, aussi noire que la veuve incarnée par Monica Bellucci, contrastent avec la blancheur aveuglante de l’épisode autrichien. Et avec l’épure ocre du duel final.
2015 SPECTRE, Sam Mendes 2015, Daniel Craig (E)
Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d'un célèbre cr ...

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SPY GAME, JEU D ESPIONS, Tony Scott 2001, Robert Redford, Brad Pitt(policier)@@


A l'heure de quitter la CIA, Nathan Muir apprend que son ex-partenaire, le jeune tom Bishop, vient d'être capturé en Chine lors d'une opération audacieuse. Accusé d'espionnage, il sera exécuté dans les 24 heures. La CIA, craignant un incident international, refuse de le sauver. Oubliant les rancoeurs, Nathan décide de s'en occuper lui-même. Pour lui commence alors sa mission la plus personnelle et la plus dangereuse.
SPY GAME, JEU D ESPIONS, Tony Scott 2001, Robert Redford, Brad Pitt(policier)@@ (E)
A l'heure de quitter la CIA, Nathan Muir apprend que son ex-partenaire, le jeune tom Bishop, vient d'être capturé en Chine lors d'une opération audacieuse. Accusé d'espionnage, il sera exécuté dans l ...

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SPY, Paul Feig 2015, Melissa McCarthy, Jason Statham (thriller comique)@@


Susan Cooper est une modeste analyste de la CIA et le héros le plus méconnu derrière la plupart des missions les plus dangereuses de l'agence.

TELERAMA
Cette parodie des films de James Bond ne recherche pas la complication : c’est simplement un festival Melissa McCarthy. La comique américaine défend ici avec talent son titre de championne du rire.

En retrouvant celui qui la dirigea dans Mes meilleures amies (2011) et Les Flingueuses (2013), Melissa McCarthy s’offre cette fois une comédie sur laquelle elle règne en vraie diva du rire. Dans cette énième parodie de l’univers de James Bond, où elle campe une informaticienne de la CIA débarquant sur le terrain, tout semble d’abord trop facile. Mais, au jeu (très enfantin) avec les clichés, le tempérament de la comédienne fait merveille. Pour trouver sa place dans l’univers masculin de l’espionnage musclé, son personnage passe en force, ose tout, se déguise, se lance dans des cascades humiliantes… Melissa McCarthy s’amuse ainsi de son poids, se ridiculise, mais elle taille aussi un costard aux mâles frimeurs. Son abattage frénétique déploie avec talent un sens de l’humour increvable.
SPY, Paul Feig 2015, Melissa McCarthy, Jason Statham (thriller comique)@@ (E)
Susan Cooper est une modeste analyste de la CIA et le héros le plus méconnu derrière la plupart des missions les plus dangereuses de l'agence.

TELERAMA
Cette parodie des films de James Bond ne recherche pas ...

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STARS 80, Frédéric Forestier et Thomas Langmann 2012, Richard Anconina, Patrick Timsit, Gilbert Montagne, Lio (musical)@@@


Musiciens sans talent, Vincent et Antoine se sont spécialisés dans la reprise de leurs tubes favoris. Mais à l'inverse des difficultés financières, le succès n'est guère au rendez-vous. Les deux potes ont l'idée de mettre sur pied une tournée eighties. Mais pour cela il va leur falloir convaincre les chanteurs un à un.

TELERAMA
Produit bien ficelé où Thomas Langmann (scénariste, réalisateur et producteur) se donne les moyens de son revival années 1980. Pas très fin, mais les chanteurs sont modestes, pleins d’autodérision, et on connaît toutes les chansons !
Tout part d’un vieux carton de 45-tours. Un soir de déprime, deux tourneurs de spectacles réécoutent les tubes de — attention à la liste — Jeanne Mas, Jean-Luc Lahaye, Lio, Desireless, Jean Schultheis, Peter & Sloane, François Feldman, Début de soirée, Images, Cookie Dingler, Sabrina et Gilbert Montagné... C’est l’éclair de génie : ils décident de monter une tournée avec tous ces « has been »...

Stars 80 est un film de producteur. À savoir un produit bien ficelé où Thomas Langmann (c’est lui le producteur) se donne les moyens de sa « madeleine musicale » (il avait 16 ans au moment de Voyage, voyage) : le Stade de France et une séquence hénaurme en hommage aux Blues Brothers... On pourrait redouter l’opportunisme — le cynisme ? — de cette célébration revival, qui va, c’est couru, cartonner. Mais le film pose un regard vraiment tendre sur tous ces chanteurs, pleins de modestie, qui s’éclatent dans l’autodérision, pas toujours fine mais bon enfant. Et puis, avouons-le, on a le même carton de 45-tours à la maison ! On connaît par coeur Confidence pour confidence de Jean Schultheis (grande chanson !), on ne rechigne pas à une petite chorégraphie sur Born to be alive de Patrick Hernandez, et nos gamins se marrent grâce à C’est l’amour de Léopold Nord & Vous... On a même une petite larme à l’oeil, lorsque, dans un restau, ces anciens champions du Top 50 se rendent compte que personne ne les a oubliés. Et que celui qui n’a jamais hululé Femme libérée sous la douche nous jette la première pierre...


STARS 80, Frédéric Forestier et Thomas Langmann 2012, Richard Anconina, Patrick Timsit, Gilbert Montagne, Lio (musical)@@@ (E)
Musiciens sans talent, Vincent et Antoine se sont spécialisés dans la reprise de leurs tubes favoris. Mais à l'inverse des difficultés financières, le succès n'est guère au rendez-vous. Les d ...

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STARS AT NOON, Claire Denis 2022, Margaret Qualley, Joe Alwyn (drame sentimental)@@


En 1984, Trish, une jeune journaliste américaine en détresse bloquée sans passeport dans le Nicaragua en pleine période électorale rencontre dans un bar d'hôtel Daniel, un voyageur anglais. Il lui semble être l'homme rêvé pour l'aider à fuir le pays.

TELERAMA
Cette cavale d’une fille imprudente et de son amant au Nicaragua, Grand Prix du Festival de Cannes l’année dernière, divise la rédaction.

POUR
Drôle de carambolage spatio-temporel. L’action se situe officiellement de nos jours, au Nicaragua. L’héroïne ressemble, physiquement, à la jeune Adjani hâlée et court-vêtue de L’Été meurtrier (1983) — en fait, elle est jouée par Margaret Qualley, la fille d’Andie MacDowell, autre icône des années 1980. Et l’on se croirait dans l’un de ces thrillers d’aventures exotiques comme Hollywood en confectionnait, il y a quatre décennies — L’Année de tous les dangers (1982), Salvador (1986)… Une Américaine, un peu journaliste mais pas trop, se donne des frissons au Nicaragua, donc. Privée de passeport et de dollars après quelques imprudences, elle perd pied et s’attache à un mystérieux Anglais (Joe Alwyn), homme d’affaires fatal, amant trouble, et peut-être bien plus, ou bien pire.

Claire Denis, cinéaste à la fois formaliste et charnelle, prend des risques et se fait plaisir, néglige la narration au profit de l’atmosphère. La dimension conceptuelle de Stars at Noon consiste à placer une jeune femme au centre d’un genre de fiction que ces messieurs dominaient, traditionnellement. Même paumée, terrorisée ou ivre morte, c’est la fille qui donne le rythme et que les autres suivent. De loin la plus loquace des personnages, souvent patibulaires, elle donne aussi le sens — du moins essaie-t-elle — aux nébuleuses péripéties de l’intrigue politico-criminelle.

L’autre apport spécial de la réalisatrice est la qualité et l’importance des scènes intimes. Grande filmeuse de corps, Claire Denis sait capter les mutations du désir entre ses deux protagonistes. Elle parvient à faire de la naissance des sentiments un événement, dans la touffeur des chambres de motel que partagent les amants, au fil de leur cavale. Mieux que la plupart de ses pairs, elle place l’exaltation amoureuse au premier plan, et sans doute y a-t-il quelque chose de volontairement rétro dans ce dessein… Stars at Noon est un bel exercice de style, empreint d’une grande fidélité : aux indémodables Tindersticks, pour la musique originale, comme aux images qui ont fait vibrer la cinéaste et qu’elle ravive en se les appropriant passionnément. — Louis Guichard

CONTRE
Certes, Claire Denis sait toujours aussi bien filmer les corps désirants et créer à l’écran des ambiances moites à décoller le papier peint des murs. Mais un scénario, ça peut servir aussi, a fortiori quand on se pique de vouloir « déconstruire » les films d’aventures et d’espionnage. Or celui de Stars at Noon tient en une page, avec des dialogues ridicules (« Ta peau est si blanche, c’est comme si j’avais été baisée par un nuage », entre autres perles) et des personnages ectoplasmiques dont le comportement défie toute logique. Résultat : l’histoire d’amour torride sous les tropiques vire rapidement à la langueur, puis à l’ennui… — Samuel Douhaire
STARS AT NOON, Claire Denis 2022, Margaret Qualley, Joe Alwyn (drame sentimental)@@ (E)
En 1984, Trish, une jeune journaliste américaine en détresse bloquée sans passeport dans le Nicaragua en pleine période électorale rencontre dans un bar d'hôtel Daniel, un voyageur anglais. Il lui se ...

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STILL ALICE, Wash Westmoreland et Richard Glatzer 2014, Alec Baldwin, Julianne Moore (societe sante)@@@


Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un mot pendant une conférence et qu'elle se perd pendant un jogging sur le campus, le docteur d'Alice la diagnostique avec un début de maladie d'Alzheimer congénital. La fille aînée d'Alice, Anna, et son fils, Tom se font dépister. La fille cadette d'Alice, Lydia, actrice débutante, décide de ne pas savoir.Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un mot pendant une conférence et qu'elle se perd pendant un jogging sur le campus, le docteur d'Alice la diagnostique avec un début de maladie d'Alzheimer congénital. La fille aînée d'Alice, Anna, et son fils, Tom se font dépister. La fille cadette d'Alice, Lydia, actrice débutante, décide de ne pas savoir.

TELERAMA
Alice Howland est une professeure de linguistique renommé. Mais lorsqu’on lui diagnostique un Alzheimer précoce, les liens avec sa famille sont mis à rude épreuve. Julianne Moore obtiendra l’Oscar pour ce rôle émouvant.

Bien éclairée et toujours captivante, Julianne Moore rend au centuple aux réalisateurs de ce mélodrame l’attention admirative qu’ils lui portent, du premier au dernier plan. Loin des odieuses égocentriques qu’elle sait si bien jouer (comme la diva de Maps to the stars, de David Cronenberg), la voici en suppliciée d’un alzheimer précoce et galopant. Le film chronique au pas de charge toutes les étapes de la déchéance, des premiers trous de mémoire à la grande désorientation terminale.

C’est une performance à oscar — que l’actrice a obtenu — mais en mieux : le jeu de Julianne Moore est souvent stylisé, euphémique, blanc comme on le dit d’une voix. Pour le reste, le film, essentiellement compassionnel, réserve peu de surprises. Sur les ravages d’une maladie incurable au sein d’une famille (Alec Baldwin, le mari occupé, Kristen Stewart, la fille rebelle), Still Alice se garde des terribles vérités égrenées par un Michael Haneke dans Amour. Une piste retient toutefois l’attention : il n’y a qu’une seule place auprès de la malade lors la dernière ligne droite. Et pas forcément pour qui l’on croyait.
STILL ALICE, Wash Westmoreland et Richard Glatzer 2014, Alec Baldwin, Julianne Moore (societe sante)@@@ (E)
Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un m ...

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SULLY, Clint Eastwood 2016, Tom Hanks (espace catastrophe)(vers esp)@@@


Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au miracle sur l'Hudson accompli par le commandant Sully Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.

TELERAMA
Le cinéaste explore la figure du héros américain à travers le destin du pilote qui a amerri sur l’Hudson en 2009. Un biopic vibrant avec Tom Hanks.

C' est une histoire qui se joue en moins de quatre minutes. Clint Eastwood en fait un film captivant d’une heure et demie, sans le moindre remplissage. L’enflure, il ne connaît pas. Il a toujours préféré la rigueur du classicisme, une forme de sobriété efficace qu’on retrouve chez ce commandant Chesley Sullenberger, alias Sully. Le 15 janvier 2009, à la suite d’un choc avec une nuée d’oies sauvages, le vol 1549 de l’US Airways perd ses deux moteurs peu après son décollage de l’aéroport LaGuardia, à New York. Devant l’impossibilité de se poser sur une piste proche, le commandant décide d’un amerrissage d’urgence sur le fleuve Hudson. Miracle : tous les passagers et le personnel de bord en sortent sains et saufs.

Sully est un sauveur. Pourtant, les assureurs jugent qu’il a été imprudent et qu’il aurait eu le temps de poser l’appareil. Une enquête est menée, des avocats sont appelés, un passage devant une commission est prévu. Toute cette partie procédurière, méconnue, Eastwood la reconstitue aussi bien que l’amerrissage, montré à plusieurs reprises avec un élément en plus chaque fois : phobiques de l’avion s’abstenir ! À travers Sully, le cinéaste s’intéresse une fois encore à la notion d’héroïsme, en la relativisant, en pointant paradoxalement son caractère de « normalité ». « On a fait notre job », dit Sully. Manière de dire que l’héroïsme existe surtout grâce à un collectif.
SULLY, Clint Eastwood 2016, Tom Hanks (espace catastrophe)(vers esp)@@@ (E)
Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au miracle sur l'Hudson accompli par le commandant Sully Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi ...

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SULLY, Clint Eastwood 2016, Tom Hanks


Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au miracle sur l'Hudson accompli par le commandant Sully Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.

TELERAMA
Le cinéaste explore la figure du héros américain à travers le destin du pilote qui a amerri sur l’Hudson en 2009. Un biopic vibrant avec Tom Hanks.
c'est une histoire qui se joue en moins de quatre minutes. Clint Eastwood en fait un film captivant d’une heure et demie, sans le moindre remplissage. L’enflure, il ne connaît pas. Il a toujours préféré la rigueur du classicisme, une forme de sobriété efficace qu’on retrouve chez ce commandant Chesley Sullenberger, alias Sully. Le 15 janvier 2009, à la suite d’un choc avec une nuée d’oies sauvages, le vol 1549 de l’US Airways perd ses deux moteurs peu après son décollage de l’aéroport LaGuardia, à New York. Devant l’impossibilité de se poser sur une piste proche, le commandant décide d’un amerrissage d’urgence sur le fleuve Hudson. Miracle : tous les passagers et le personnel de bord en sortent sains et saufs.
Sully est un sauveur. Pourtant, les assureurs jugent qu’il a été imprudent et qu’il aurait eu le temps de poser l’appareil. Une enquête est menée, des avocats sont appelés, un passage devant une commission est prévu. Toute cette partie procédurière, méconnue, Eastwood la reconstitue aussi bien que l’amerrissage, montré à plusieurs reprises avec un élément en plus chaque fois : phobiques de l’avion s’abstenir ! À travers Sully, le cinéaste s’intéresse une fois encore à la notion d’héroïsme, en la relativisant, en pointant paradoxalement son caractère de « normalité ». « On a fait notre job », dit Sully. ­Manière de dire que l’héroïsme existe surtout grâce à un collectif.
SULLY, Clint Eastwood 2016, Tom Hanks (E)
Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au miracle sur l'Hudson accompli par le commandant Sully Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi ...

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SUR LA BRANCHE, Marie Garel-Weiss 2023, Daphné Patakia, Benoit Poelvoorde, Agnes Jaoui (comique)@@


Mimi a presque trente ans et rêve toujours à ce qu'elle pourrait faire quand elle sera grande. Alors qu'elle se décide à chercher du travail, elle fait la connaissance de Paul, un avocat sur la touche. Ensemble, ils vont tenter de défendre Christophe, un petit arnaqueur qui clame son innocence. Si Paul voit dans cette affaire un moyen de se refaire, Mimi y voit, elle, une mission, un chemin vers la justice et la vérité.

TELERAMA
Deux hurluberlus, incarnés par Daphné Patakia et Benoît Poelvoorde, s’associent au nom de la justice... Un film sympathique et plein de fantaisie porté par son tandem comique.

Elle est un peu suspendue, Mimi. En fait, non, soyons francs, cette jeune femme de presque 30 ans souffre de réels problèmes psychologiques. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir devenir avocate et mettre son énergie et son intelligence au service d’autrui. S’incrustant dans le cabinet de Claire (Agnès Jaoui, parfaite en femme forte au bord de la crise de nerfs), elle fait la connaissance de l’ex-compagnon et confrère de celle-ci, Paul, qui passe dorénavant ses journées en robe de chambre en attendant d’être rayé du barreau. Quand un séduisant voyou demande de l’aide à Mimi, la délicieuse dingote prend le dossier très au sérieux, entraînant Paul dans son sillage…

Le déséquilibre peut devenir un beau ressort de comédie, et c’est le cas dans ce film d’enquête plein de fantaisie, où il s’agit de s’appuyer sur plus chancelant que soi. Sous la lumière éclatante de Jeanne Lapoirie, et dans une mise en scène alerte qui volette de bureaux encombrés en bord de mer surpeuplé de mouettes, Marie Garel-Weiss, repérée pour son premier long métrage, La fête est finie, forme un singulier duo de comédie, rappelant la manière de Pierre Salvadori (En liberté !). Elle jette un regard à la fois tendre et acide sur les décalés, ceux qui marchent à côté de leurs pompes, et écrasent, au passage, les pieds du voisin. Benoît Poelvoorde, dont le tempo de comédie n’avait pas été aussi bien cadré depuis longtemps, est irrésistible en vieux héron qui se remplume et reprend goût à la justice. Mais le moteur du film est Daphné Patakia, dont le charme éberlué était déjà un des atouts de la série Ovni(s) : avec sa coupe à la Shirley MacLaine et ses yeux gigantesques, écarquillés devant le monde, elle compose un personnage hors cadre : une fille qui mériterait peut-être d’être enfermée mais qui rend la vie nettement plus intéressante quand elle est en liberté.
SUR LA BRANCHE, Marie Garel-Weiss 2023, Daphné Patakia, Benoit Poelvoorde, Agnes Jaoui (comique)@@ (E)
Mimi a presque trente ans et rêve toujours à ce qu'elle pourrait faire quand elle sera grande. Alors qu'elle se décide à chercher du travail, elle fait la connaissance de Paul, un avocat sur la touche. Ensemble, i ...

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SUR LA PLAGE DE CHESIL, Dominic Cooke 2018, Saoirse Ronan, Billy Howle (societe)@


1962. Dans une Angleterre encore corsetée par des conventions sociales étouffantes, Florence et Edward, la petite vingtaine, viennent de se marier. Aussi inexpérimentés l'un que l'autre, ils passent leur première nuit ensemble dans un hôtel guindé sous l'œil un rien moqueur du personnel.

TELERAMA
Ian McEwan a lui-même adapté son livre. Il ne pourra donc pas hurler à la trahison, d’autant que Dominic Cooke, homme influent du théâtre anglais, a réalisé un film soigné, élégant, même. Le romancier et le réalisateur débutant ont eu bien du mérite, tant leur travail repose des pensées et des sentiments que seul le style d’Ian McEwan rendait féroces et tragiques…

Pour un couple en pleine nuit de noces, tout se joue le temps d’un mauvais repas dans un hôtel désespérant et d’une étreinte ratée qui vire au cauchemar. D’un geste aussi — attendu en vain par l’une, refusé par orgueil et bêtise par l’autre —, qui scellera leur destin.

On sent le poids des rapports de classe dans l’Angleterre du début des années 1960, la morgue infinie de la bourgeoisie. Ce que les images ne parviennent pas à ­exprimer, c’est la peur, voire l’aversion, de la jeune femme pour l’acte sexuel, et la maladresse de l’homme, aussi inexpérimenté qu’elle. L’ironie avec laquelle l’écrivain disséquait la frustration et la pudibonderie de l’époque faisait mouche et mal. Sur l’écran, par pure maladresse, la comédie vaude­villesque l’emporte… Le dénouement, presque plus beau que celui du roman, serait bouleversant si la prise de pouvoir soudaine d’une horde de maquilleurs hystériques et maladroits ne le rendait ridicule.
SUR LA PLAGE DE CHESIL, Dominic Cooke 2018, Saoirse Ronan, Billy Howle (societe)@ (E)
1962. Dans une Angleterre encore corsetée par des conventions sociales étouffantes, Florence et Edward, la petite vingtaine, viennent de se marier. Aussi inexpérimentés l'un que l'autre, ils passent leur premi&eg ...

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SURCLASSEE, Carlson Young 2023, Camila Mendes, Archie Renaux, Lena Olin, Marisa Tomei, Anthony Head (thriller)@@


Lors d'un voyage d'affaires, Ana, stagiaire ambitieuse, est surclassée en première classe. Elle y fait la connaissance de Will, qui la confond avec sa propre patronne. Ana ne dément pas. S'enchaîne alors une suite d'événements entre romance et opportunisme. Cependant, le mensonge ne pourra pas fonctionner éternellement.

TELERAMA
Jeune stagiaire chez Erwin's, une salle de ventes new-yorkaise, Ana Santos a la surprise d'être sollicitée par son exigeante patronne, Claire Dupont, pour un voyage professionnel pour Londres. Surclassée, la jeune femme fait la connaissance de William, riche célibataire qui ne manque pas de charme. Durant le vol, à la suite d'un malentendu, celui-ci la confond avec sa patronne. Ana ne dément pas. Ambitieuse, la jeune femme redouble d'efforts pour impressionner sa chef, court les fêtes et les vernissages, tout en fréquentant le séduisant Will et sa famille. Cependant, après une photo prise par un paparazzi, les mensonges d'Ana finissent par la rattraper...
SURCLASSEE, Carlson Young 2023, Camila Mendes, Archie Renaux, Lena Olin, Marisa Tomei, Anthony Head (thriller)@@ (E)
Lors d'un voyage d'affaires, Ana, stagiaire ambitieuse, est surclassée en première classe. Elle y fait la connaissance de Will, qui la confond avec sa propre patronne. Ana ne dément pas. S'enchaîne alors une suite ...

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SURCLASSEE, Carlson Young 2024, Camila Mendes, Archie Renaux (mod)@@


Lors d'un voyage d'affaires, Ana, stagiaire ambitieuse, est surclassée en première classe. Elle y fait la connaissance de Will, qui la confond avec sa propre patronne. Ana ne dément pas. S'enchaîne alors une suite d'événements entre romance et opportunisme. Cependant, le mensonge ne pourra pas fonctionner éternellement.

TELERAMA
Jeune stagiaire chez Erwin's, une salle de ventes new-yorkaise, Ana Santos a la surprise d'être sollicitée par son exigeante patronne, Claire Dupont, pour un voyage professionnel pour Londres. Surclassée, la jeune femme fait la connaissance de William, riche célibataire qui ne manque pas de charme. Durant le vol, à la suite d'un malentendu, celui-ci la confond avec sa patronne. Ana ne dément pas. Ambitieuse, la jeune femme redouble d'efforts pour impressionner sa chef, court les fêtes et les vernissages, tout en fréquentant le séduisant Will et sa famille. Cependant, après une photo prise par un paparazzi, les mensonges d'Ana finissent par la rattraper...
SURCLASSEE, Carlson Young 2024, Camila Mendes, Archie Renaux (mod)@@ (E)
Lors d'un voyage d'affaires, Ana, stagiaire ambitieuse, est surclassée en première classe. Elle y fait la connaissance de Will, qui la confond avec sa propre patronne. Ana ne dément pas. S'enchaîne alors une suite ...

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SUZUME, Makoto Shinkai 2022, (animation road movie)@@


Dans une petite ville de Kyushu, une jeune fille de 17 ans, Suzume, rencontre un homme qui dit voyager afin de chercher une porte. Décidant de le suivre dans les montagnes, elle découvre une unique porte délabrée au milieu des ruines. Suzume tourne la poignée, et d'autres portes s'ouvrent alors aux quatre coins du Japon, laissant entrer toutes les catastrophes qu'elles renferment. L'homme est formel : toute porte ouverte doit être fermée. Suzume entame un périple en vue de toutes les refermer.

TELERAMA
Des brèches surnaturelles menacent le Japon. L’auteur de “Your Name” sonde avec talent le malaise du pays.
Petite cause, grands effets. En déplaçant sans le savoir une pierre sacrée, Suzume, 17 ans, libère un dieu chat qui prend aussitôt la poudre d’escampette. Seul hic, cet esprit facétieux ouvre des brèches par lesquelles un ver géant et dévastateur s’introduit dans notre monde. Aidée par Sôta, dernier maillon d’une lignée de « verrouilleurs », la jeune femme sillonne le Japon en essayant de réparer les dégâts, mais les portes deviennent de plus en plus difficiles à refermer…

On le sait depuis Your Name, énorme succès dans l’archipel en 2016, Makoto Shinkai aime les passages, les portails, les points de contact entre mondes et époques que tout sépare. Rien, ni le temps ni la distance, ne doit empêcher la rencontre. Chantre de la romance sentimentale, le nouveau Midas de l’animation japonaise — dont les films dépassent en nombre d’entrées la plupart des productions Ghibli — sait y incorporer ce qu’il faut d’action, d’humour et de fantastique pour séduire un public d’ados et de jeunes adultes. Avec son lot de péripéties, de métamorphoses, de clins d’œil à la culture pop et ses personnages secondaires bien campés et attachants, Suzume s’inscrit dans cette lignée. Mais derrière le rythme trépidant et les motifs acidulés, pointe une petite musique entêtante, un sous-texte qui, lui, n’a rien d’insouciant.

Déjà en filigrane dans ses œuvres précédentes, la marque laissée par le séisme du 11 mars 2011 n’a jamais été aussi visible. Shinkai d’ailleurs n’a pas hésité à utiliser certaines images du tsunami devenues iconiques, comme ce bateau échoué sur le toit d’une maison. Particulièrement impressionnant, source des cataclysmes et de la destruction, le ver géant inspiré par les mythes fondateurs du Japon, pèse de tout son poids sur le film. Course à l’échalote du sud au nord-est de l’archipel, Suzume est aussi un road movie éminemment nostalgique au cœur des villages et des parcs d’attractions abandonnés où traîne encore l’écho des petits mots du quotidien, le souvenir d’un Japon rural et englouti.
SUZUME, Makoto Shinkai 2022, (animation road movie)@@ (E)
Dans une petite ville de Kyushu, une jeune fille de 17 ans, Suzume, rencontre un homme qui dit voyager afin de chercher une porte. Décidant de le suivre dans les montagnes, elle découvre une unique porte délabrée ...

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TANGO LIBRE, Frédéric Fonteyne 2012, François Damiens, Anne Paulicevich @@


JC est maton. Un poisson rouge catatonique pour seul ami, il n’ouvre jamais les volets de son salon. Sa seule fantaisie consiste à suivre des cours de tango. C’est là qu’il rencontre Alice, familière du parloir où elle rend visite à son mari et à son amant, par ailleurs amis et compagnons de cellule. Entre JC, emmuré dans sa vie terne, et Alice, enchaînée à ses deux amoureux, un lien se noue, qui décide le mari et l’amant à apprendre… le tango.


TELERAMA
Un trio d’acteurs attachant (Sergi López, François Damiens, Jan Hammenecker) pour une tragi-comédie entre taule et tango. Quelques scènes joliment chorégraphiées.
La taule et le tango. Faut-il être belge pour associer les deux ? Frédéric Fonteyne a pressenti les étincelles qu’un tel choc pouvait produire.
En faisant passer la danse derrière les barreaux, le réalisateur glisse en douce une lime dans la prison. Un souffle de liberté se lève, les corps se dérouillent. Point de jonction avec le monde du dehors, le « parloir à table » (par opposition au « parloir à carreau », derrière une vitre) donne lieu à des scènes chorégraphiées : l’amour circule, se matérialise dans leurs virevoltants changements de place. Cette tragi-comédie cherche parfois son rythme, mais elle est portée par un formidable trio d’acteurs : François Damiens, Jan Hammene­cker et Sergi López. Une scène mérite le détour : tatoués jusqu’aux ongles, deux gros bras argentins enflamment la taule en entamant un tango viril et fougueux.
TANGO LIBRE, Frédéric Fonteyne 2012, François Damiens, Anne Paulicevich @@ (E)
JC est maton. Un poisson rouge catatonique pour seul ami, il n’ouvre jamais les volets de son salon. Sa seule fantaisie consiste à suivre des cours de tango. C’est là qu’il rencontre Alice, familière d ...

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TANGUY, Étienne Chatiliez 2001, André Dussollier, Sabine Azéma (comique)@@


Tanguy, 28 ans, vit sous le toit de ses parents qui, eux, n'en peuvent plus de la situation. Paul et Edith décident alors de dégoûter Tanguy et s'ingénient, d'abord timidement, puis avec un talent certain, à pourrir la vie de leur enfant.

TELERAMA
Tanguy habite encore chez papa et maman, qui n’ont qu’une idée : le mettre à la porte ! Azéma et Dussollier disjonctent en beauté. Pas le film.

Un dadais de 28 ans tape l’incruste chez papa-maman. Il a longtemps fait la fierté de ses parents, mais il occupe l’appartement familial avec une désinvolture qui devient problématique. Comment se débarrasser de Tanguy ?

Manipulée par Chatiliez, cette question devient le détonateur d’une débâcle affective. Le pétage de plombs de Paul et Édith, ce couple de quinquas « arrivés », relève du savoureux cas d’école (Azéma et Dussollier le jouent avec une drôlerie étincelante). Et le cinéaste se régale. À coups de détails qui percutent la prétendue ouverture d’esprit familiale, il ausculte les dérapages de son trio avec un humour qui a failli être féroce. Chatiliez démine, en effet, le terrain par des apartés rigolos, histoire de ne pas dépasser les bornes d’une satire de bon ton. Si Tanguy a prouvé que Chatiliez possède l’un des plus beaux potentiels comiques du cinéma français, on attend toujours, vingt ans après, le film où il osera lâcher pour de bon la bride à son mauvais esprit.
TANGUY, Étienne Chatiliez 2001, André Dussollier, Sabine Azéma (comique)@@ (E)
Tanguy, 28 ans, vit sous le toit de ses parents qui, eux, n'en peuvent plus de la situation. Paul et Edith décident alors de dégoûter Tanguy et s'ingénient, d'abord timidement, puis avec un talent certain, à ...

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TANGUY, Etienne Chatiliez 2001, Sabine Azema, Andre Dussolier, Eric Berger (comique)@@


Tanguy, 28 ans, vit sous le toit de ses parents qui, eux, n'en peuvent plus de la situation. Paul et Edith décident alors de dégoûter Tanguy et s'ingénient, d'abord timidement, puis avec un talent certain, à pourrir la vie de leur enfant.

TELERAMA
Tanguy habite encore chez papa et maman, qui n’ont qu’une idée : le mettre à la porte ! Azéma et Dussollier disjonctent en beauté. Pas le film.

Un dadais de 28 ans tape l’incruste chez papa-maman. Il a longtemps fait la fierté de ses parents, mais il occupe l’appartement familial avec une désinvolture qui devient problématique. Comment se débarrasser de Tanguy ?

Manipulée par Chatiliez, cette question devient le détonateur d’une débâcle affective. Le pétage de plombs de Paul et Édith, ce couple de quinquas « arrivés », relève du savoureux cas d’école (Azéma et Dussollier le jouent avec une drôlerie étincelante). Et le cinéaste se régale. À coups de détails qui percutent la prétendue ouverture d’esprit familiale, il ausculte les dérapages de son trio avec un humour qui a failli être féroce. Chatiliez démine, en effet, le terrain par des apartés rigolos, histoire de ne pas dépasser les bornes d’une satire de bon ton. Si Tanguy a prouvé que Chatiliez possède l’un des plus beaux potentiels comiques du cinéma français, on attend toujours, vingt ans après, le film où il osera lâcher pour de bon la bride à son mauvais esprit.
TANGUY, Etienne Chatiliez 2001, Sabine Azema, Andre Dussolier, Eric Berger (comique)@@ (E)
Tanguy, 28 ans, vit sous le toit de ses parents qui, eux, n'en peuvent plus de la situation. Paul et Edith décident alors de dégoûter Tanguy et s'ingénient, d'abord timidement, puis avec un talent certain, à ...

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TELLEMANT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carré (comique)@@


Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune garçon, Lucien, très turbulent et hyperactif. Problème de Lucien : son père, ancien GO du Club Med de Chamonix, ne fait rien pour le calmer. Problème de Nathalie : elle a trois enfants à la maison. Problème d'Alain : sa belle-famille.

TELERAMA
Satire proche des comédies italiennes de jadis, qui fustige le racisme ordinaire et les parents hystériques. Très drôle.
Éric Toledano et Olivier Nakache jettent leur dévolu sur la famille, en l’occurrence une fratrie, avec les pièces rapportées, le neveu hyperactif, la nièce élevée comme une bête de concours… Commencé en fanfare (une scène de dîner d’anthologie qui finit à coups de poêle), avec une méchanceté proche des comédies italiennes d’antan, le film passe ensuite progressivement de la caricature à la tendresse.

Les deux réalisateurs gardent néanmoins leur mordant pour dénoncer le racisme ordinaire, offrant à Omar Sy son premier vrai rôle… À travers le personnage de mère intégriste incarné par Audrey Dana, ils brocardent aussi l’obsession des parents pour la réussite de leurs rejetons. Et laissent à Vincent Elbaz, plus à l’aise dans la comédie que dans le drame, le soin de ridiculiser cette manie si actuelle d’envoyer chez le psy des gosses qui sont juste pénibles.
TELLEMANT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carré (comique)@@ (E)
Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune ga ...

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TELLEMENT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carre, Francois Xavier Demaison, Omar Sy (comique)@@


Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle.En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune garçon, Lucien, très turbulent et hyperactif. Problème de Lucien : son père, ancien GO du Club Med de Chamonix, ne fait rien pour le calmer. Problème de Nathalie : elle a trois enfants à la maison. Problème d'Alain : sa belle-famille.

TELERAMA
Éric Toledano et Olivier Nakache (En thérapie) jetaient leur dévolu sur la famille, en l’occurrence une fratrie, avec les pièces rapportées, le neveu hyperactif, la nièce élevée comme une bête de concours… Commencé en fanfare (une scène de dîner d’anthologie qui finit à coups de poêle), avec une méchanceté proche des comédies italiennes d’antan, le film passe ensuite progressivement de la carica­ture à la tendresse.

Les deux réalisateurs gardent néanmoins leur mordant pour dénoncer le racisme ordinaire, offrant à Omar Sy son premier vrai rôle… À travers le personnage de mère intégriste, incarné par Audrey Dana, ils brocardent aussi l’obsession des parents pour la réussite de leurs rejetons. Et laissent à Vincent Elbaz, plus à l’aise dans la comédie que dans le drame, le soin de ridiculiser cette manie si actuelle d’envoyer chez le psy des gosses qui sont juste pénibles.
TELLEMENT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carre, Francois Xavier Demaison, Omar Sy (comique)@@ (E)
Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle.En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune gar ...

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TEMPETE DE GLACE, John MacCarthy 2017, Kirsten Robek, Nick Purcha, Sarah Desjardins (catastrophe)@@


Le scientifique Roger Summers est en vacances avec sa famille en Alaska. Alors qu'il étudie les migrations d'oiseaux dans les bois, il tombe accidentellement, sur des animaux qui semblent congelés par le froid.
TEMPETE DE GLACE, John MacCarthy 2017, Kirsten Robek, Nick Purcha, Sarah Desjardins (catastrophe)@@ (E)
Le scientifique Roger Summers est en vacances avec sa famille en Alaska. Alors qu'il étudie les migrations d'oiseaux dans les bois, il tombe accidentellement, sur des animaux qui semblent congelés par le froid. ...

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TENOR, Claude Zidi 2022, Michèle Laroque, Mohamed Belkhir (sentimental musical)@@


Antoine, jeune banlieusard parisien, suit des études de comptabilité sans grande conviction, partageant son temps entre les batailles de rap qu'il pratique avec talent et son emploi de livreur de sushis.

TELERAMA
Révélé par “The Voice”, le rappeur et beatboxeur MB14 fait ses débuts de comédien aux côtés de Michèle Laroque. Un “feel good movie” cousu de fil blanc, riche en clichés, qui réussit toutefois à transmettre la passion de l’opéra.

Antoine vient de Bondy, travaille chez Sushi Shop dans le 9e arrondissement de Paris après ses cours de comptabilité et fait la vigie pendant les combats de boxe clandestins de son grand frère. Le soir, le jeune homme monte sur le ring à son tour lors de battles de rap musclées face aux poids lourds des cités voisines. Son quotidien semble réglé comme du papier à musique. Jusqu’au jour où, au détour d’une commande de makis qui l’égare dans les dédales luxueux de l’Opéra Garnier, il tombe nez à nez avec une professeure de chant lyrique qui entraperçoit son potentiel. Et le prend immédiatement sous son aile.

Un ténor est né. Enfin, pour l’instant, le nouveau chanteur ne sait pas situer son diaphragme, ignore tout de sa colonne d’air et rit des exercices de mise en voix auxquels son mentor le soumet, lors de cours particuliers donnés dans un appartement bourgeois à la moquette épaisse et où les verres de vin, posés sur le vernis du piano demi-queue, se remplissent à l’infini. Inattendu, le face-à-face entre Michèle Laroque et MB14 se révèle bon enfant et joueur. Pour son premier rôle au cinéma, le rappeur et beatboxeur remarqué dans la saison 5 de The Voice se glisse dans la peau du Candide pas tout à fait naïf avec une humilité sincère. Étourdi par le faste d’un monde qui n’est pas le sien, relié seulement par le RER transfuge, Antoine-MB14 effectue une mue en douceur, avec aisance et force contenue.

Comme une comédie « feel good » cousue de fil blanc, Ténor empile certes les clichés, certains désamorcés avec humour – intégré à l’Académie lyrique de l’Opéra, le personnage principal se présente comme la recrue de la « discrimination positive ». Et dans un décor propret, on frôle le manichéisme d’Emily in Paris, dont un des comédiens joue ici un petit rôle. Mais Claude Zidi Jr réussit à transmettre la passion de l’opéra avec générosité, sans craindre l’excès ni le kitsch. Les airs se succèdent, depuis celui de Pelléas et Mélisande, Mes longs cheveux descendent (interprété par la soprano et comédienne Marie Oppert, fraîchement nommée pensionnaire de la Comédie-Française), jusqu’au final des finals Nessun dorma (de Turandot) qui arrache toujours une larme, en passant par un extrait de Madame Butterfly et deux tours de chants offerts par l’illustre Roberto Alagna, qui donnera le coup de pouce enchanteur.
TENOR, Claude Zidi 2022, Michèle Laroque, Mohamed Belkhir (sentimental musical)@@ (E)
Antoine, jeune banlieusard parisien, suit des études de comptabilité sans grande conviction, partageant son temps entre les batailles de rap qu'il pratique avec talent et son emploi de livreur de sushis.

TELERAMA
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TERRIBLE JUNGLE, Hugo Benamozig et David Caviglioli 2020, Catherine Deneuve, Vincent Dedienne (aventure)@@


Eliott, un aventurier naïf, part en Guyane pour trouver les Otopis, une tribu indienne vivant dans la forêt amazonienne. Persuadé qu'il va découvrir un paradis sur terre, il découvre que les Otopis emmenés par une cheffe sont des gangsters de la jungle qui font affaire avec des trafiquants d'or.

TELERAMA
un grand rôle de composition pour Catherine Deneuve(enfin, on l’espère pour ses proches) : Chantal de Bellabre, une sommité pas commode de l’anthropologie, qui s’enfonce dans la jungle amazonienne avec une brigade de gendarmes bas du front pour retrouver son grand dadais de fils. Le film est très drôle, et il le doit pour une bonne part à Deneuve, délicieusement antipathique en diva postcoloniale.
TERRIBLE JUNGLE, Hugo Benamozig et David Caviglioli 2020, Catherine Deneuve, Vincent Dedienne (aventure)@@ (E)
Eliott, un aventurier naïf, part en Guyane pour trouver les Otopis, une tribu indienne vivant dans la forêt amazonienne. Persuadé qu'il va découvrir un paradis sur terre, il découvre que les Otopis emmen&eacu ...

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TETE DE TURC, Pascal Elbé 2010, Roschdy Zem, Pascal Elbé (thriller)@@


Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc.

TELERAMA
Le premier film du comédien Pascal Elbé en tant que réalisateur, avec des acteurs savoureux, dont deux actrices lumineuses, Florence Thomassin et Ronit Elkabetz.

Un gyrophare sur le toit d’une voiture, et on le prend pour un flic. Simon, médecin urgentiste, manque de brûler vif dans une cité HLM. Il est sauvé in extremis par celui-là même qui venait de lui lancer un cocktail Molotov, sous l’influence de sa « bande ». Un môme tourmenté (Samir Makhlouf), un flic (Roschdy Zem) prêt à tout pour venger son toubib de frère, deux mères blessées (Florence Thomassin et Ronit Elkabetz) : autant de pièces d’un puzzle noir, d’un thriller social sur la banlieue. Pour sa première réalisation, le comédien Pascal Elbé s’est choisi un casting d’amis. Si l’histoire du veuf (Simon Abkarian), un homme rendu fou par la mort de sa femme, semble curieusement plaquée, le film pose un regard attentif sur un monde sans repères, où la fraternité semble la seule réponse à la misère et à la violence.
TETE DE TURC, Pascal Elbé 2010, Roschdy Zem, Pascal Elbé (thriller)@@ (E)
Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins dé ...

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THE ARTIST, Michel Azanavicius 2011, Jean Dujardin, Berenice Bejo (musical)@@@


Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.

TELERAMA
Un prix d'interprétation à Cannes, une brassée d'oscars (dont le tiercé gagnant film-réalisateur-acteur) : depuis sa sortie, The Artist a peu à peu acquis un véritable statut d'événement historique. Qu'est-ce qui, dans ce pari artistique — un film muet en noir et blanc —, a tant soulevé les foules ? C'est d'abord, et avant tout, un personnage : Jean Dujardin, alias George Valentin, star adulée des Années folles. On l'attendait bouffon, forçant sur la grimace et les oeillades. C'est tout le contraire. A peine décalé, juste un rien désuet, il apporte une candeur facétieuse, un charme fragile.

La star, donc, fait des pirouettes comme Fred Astaire ou Errol Flynn, porte une moustache à la Douglas Fairbanks. Il ne lui manque que le son. En 1929, c'est pourtant l'essentiel. Malheur à ceux qui rateront le rendez-vous du parlant. Déchus, balayés... C'est à cette espèce disparue, cohorte de fantômes tremblants, les Mary Pickford, les John Gilbert, les Fatty Arbuckle, que The Artist rend hommage. L'âge d'or de Hollywood comme si vous y étiez. Un drôle d'objet anachronique, rêve de cinéphile, une mosaïque de références, assemblée avec une tendresse érudite, de Chaplin à Welles ou à Lubitsch, du burlesque au mélo.

Cette déclaration d'amour au grand cinéma hollywoodien raconte aussi un irréversible bouleversement technologique et artistique... Comme aujourd'hui le passage à la 3D relief et au tout-numérique. D'une révolution à l'autre, Hazanavicius interroge la notion de modernité. Une scène de cauchemar, peut-être la plus belle, en dit long : le son y fait une irruption brève et brutale. Le héros, lui, reste... muet. Désormais exclu, obsolète, réduit au véritable silence : l'oubli. L'angoisse de l'artiste par excellence. — Cécile Mury

Suivi, à 22h35, d'un documentaire du frère de Michel Hazanavicius, le comédien Serge Hazanavicius, qui retrace le mois précédant le succès du film aux Oscars, en février 2012 (lire ci-contre).
THE ARTIST, Michel Azanavicius 2011, Jean Dujardin, Berenice Bejo (musical)@@@ (E)
Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au fir ...

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THE AUSCHWITZ REPORT, Peter Bebjak 2021 (histoire shoah)@@


Freddy et Valter, deux Juifs slovaques, se sont échappés d'Auschwitz en 1944 et ont réussi à retourner en Slovaquie. Ils ont ensuite combattu pour convaincre tous ceux qui ne voulaient pas les croire.
THE AUSCHWITZ REPORT, Peter Bebjak 2021 (histoire shoah)@@ (E)
Freddy et Valter, deux Juifs slovaques, se sont échappés d'Auschwitz en 1944 et ont réussi à retourner en Slovaquie. Ils ont ensuite combattu pour convaincre tous ceux qui ne voulaient pas les croire. ...

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THE BOOKSHOP, Isabel Coixet 2017, Bill Nighy, Emily Mortimer, Patricia Clarkson


À la fin des années 50, nous sommes à Hardborough, une paisible petite ville côtière en Angleterre. Florence Green rêve d’ouvrir sa propre librairie. Son amour des livres est la seule chose qui lui reste de son défunt mari. Elle est prête à investir toute sa fortune et toute son énergie pour réaliser ce rêve. Les villageois sont d’abord sceptiques, mais commencent petit à petit à s’intéresser à cette librairie quand Florence y met en vente des œuvres progressistes et sulfureuses comme « Lolita » de Nabokov ou « Fahrenheit 451 » de Bradbury. La jeune veuve trouve un allié précieux en la personne de Mr. Brundish, un gentleman cultivé qui vit en solitaire et partage sa passion de la lecture. Mais elle a aussi une ennemie redoutable, Violet Gamart, l’éminence grise du village, de vieille souche…

Le film « The Bookshop » est une adaptation cinématographique subtile du roman éponyme de Penelope Fitzgerald. Les mouvements intérieurs des personnages sont captés avec beaucoup de sensibilité et de nuances dans le cadre magnifique de ces paysages côtiers britanniques. Emily Mortimer, Bill Nighy et Patricia Clarkson incarnent leurs rôles à la perfection. Avec son dernier opus, la réalisatrice catalane Isabel Coixet a raflé trois Goyas, prestigieux prix du cinéma espagnol. Un film poétique qui célèbre l’amour de la littérature.
THE BOOKSHOP, Isabel Coixet 2017, Bill Nighy, Emily Mortimer, Patricia Clarkson (E)
À la fin des années 50, nous sommes à Hardborough, une paisible petite ville côtière en Angleterre. Florence Green rêve d’ouvrir sa propre librairie. Son amour des livres est la seule chose qui ...

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THE BOY IN THE STRIPPED PYJAMAS, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@


Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir quitter la belle et grande maison de Berlin pour se retrouver dans une demeure isolée et triste. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants tous vêtus de pyjamas rayés. Personne ne lui explique qui ils sont, mais l'innocence aidant, il va se lier d'amitié avec un enfant juif...

TELERAMA
THE BOY IN THE STRIPPED PYJAMAS, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@ (E)
Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir qui ...

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THE CONSTANT GARDENER, Fernando Meirelles 2005, Rachel Weisz, Ralph Fiennes (thriller sante environnement)@@@


Dans une région reculée du nord du Kenya, Tessa Quayle, une brillante avocate aussi militante que passionnée, est retrouvée sauvagement assassinée.

TELERAMA
Justin, insensible aux problèmes du monde et Tessa, militante, forment un couple que tout oppose… jusqu’à la mort de Tessa. Une adaptation brillante de John le Carré portée par l’émouvant Ralph Fiennes, entre pamphlet géopolitique et histoire d’amour.

Justin, discret fonctionnaire britannique installé à Nairobi, a la passion du jardinage et affecte une indifférence résignée aux malheurs du monde. À l’opposé, Tessa, sa femme, est une militante passionnée. Quelle est vraiment la fonction de Justin ? Pour quel organisme travaille Tessa ? Et quel rôle jouent les responsables du haut-commissariat britannique ? Ce flou caractérise l’œuvre de John le Carré. Le film le restitue parfaitement : la tension dramatique naît des non-dits et faux-semblants. La mort de Tessa déclenche la prise de conscience de Justin. La jeune femme avait compris que les labos pharmaceutiques utilisaient les Africains les plus démunis comme cobayes. Justin découvre, en même temps que les pièces d’un puzzle mortel, une femme, sa femme, qu’il connaissait très mal. Il va tomber follement amoureux d’elle, post mortem…

Ce n’est qu’à la mort de Tessa (Rachel Weisz) que Justin (Ralph Fiennes) apprend véritablement à connaître sa femme.

Une bouleversante métamorphose s’accomplit, incarnée par un Ralph Fiennes magnifique. Le réalisateur filme le chaos de Nairobi, le bidonville tentaculaire et toute une humanité aux abois avec une énergie rageuse. Il capte le pouls d’un pays condamné à être le terrain de manœuvres d’un postcolonialisme où les compromissions sont les seules règles reconnues.
THE CONSTANT GARDENER, Fernando Meirelles 2005, Rachel Weisz, Ralph Fiennes (thriller sante environnement)@@@ (E)
Dans une région reculée du nord du Kenya, Tessa Quayle, une brillante avocate aussi militante que passionnée, est retrouvée sauvagement assassinée.

TELERAMA
Justin, insensible aux problè ...

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THE DESCENDANTS, Alexander Payne 2011, George Clooney, Shailene Woodley (drame societe)@@@


Matt King vit avec sa famille à Hawaï. Leur vie éclate après le tragique accident de son épouse qui tombe dans le coma.

TELERAMA
Le réalisateur américain de “Winter Break” offrait (enfin) à George Clooney le rôle d’un homme vulnérable, en proie au doute.

George Clooney est de ces acteurs dont la personnalité ne cesse d’affleurer sous le personnage qu’ils incarnent. Il est aussi de ceux qui allient l’ultraglamour hollywoodien et la proximité autorisant l’empathie : c’est une star, une vraie, mais aussi un vieux compagnon sur l’épaule de qui l’on peut familièrement taper. Combien de cafés (en capsules) n’avons-nous pas pris avec lui ? Tout en saluant le mérite d’Alexander Payne, son goût des personnages complexes, son usage de l’ironie comme une pudeur (tout cela révélé par Monsieur Schmidt et, surtout, Sideways), il faut bien reconnaître que c’est la présence de George Clooney qui fait office de signature du film. The Descendants, c’est lui.

Non pas George (dites « Djooorge », en traînant sur le « o ») ; le super beau gosse bien sapé des Ocean’s 11 (et 12 et 13) ; mais plutôt un George du quotidien, vaguement ridicule, essayant de reprendre le contrôle d’événements qui le dépassent. Il est un avocat vivant à Hawaï, dont la femme vient d’avoir un grave accident de bateau : elle est dans le coma, rien ne dit qu’elle survivra. Comment gérer la douleur ? Que peut dire le père éloigné par son travail à leurs deux filles de 10 et 17 ans, presque des étrangères ?

Période dramatique, mais on est à Hawaï, montré comme « l’outre-mer » des Etats-Unis, ambiance néo-coloniale, et, surtout, short et chemise à fleurs. Voilà le ridicule : un type dont le look ne correspond pas à la gravité de l’heure. George Clooney exagère juste ce qu’il faut sa démarche (une scène de course, poings serrés, est un bon moment de comédie), sa coiffure (le cheveu gris un peu trop long, un peu trop bouffant), son habillement (un affreux pantalon taille haute, des chemises à motif cachemire qu’on ne mettrait plus à la ville). Il exagère, aussi, son inadaptation au monde qui l’entoure : les manies de pré-ado de sa plus jeune fille, les écarts (de conduite et de langage) de l’aînée le sidèrent plus que nous. Pour un peu, c’est lui qui semblerait sorti d’un long coma.

Voici l’enjeu du récit : la reconstruction d’un édifice familial, à quatre, ou à trois… La structure topographique de Hawaï fournit la métaphore d’une famille-archipel, dont il s’agit de rapprocher les individus-îles. Ça se fait souvent dans la chambre d’hôpital, drôle de décor que le cinéaste traite de façon ultra réaliste, sans pathos inutile – comment une mère muette et « surtuyautée » devient le ciment qui manquait à sa famille.

Et plus encore lors d’une étrange opération commando : Clooney a découvert que sa femme le trompait, était prête à le quitter. Le voilà qui emmène ses filles à la recherche de l’amant, ennemi et compagnon d’infortune (lui aussi perd la femme qu’il aimait). C’est une irrésistible équipée, qui doit beaucoup à la qualité des dialogues et à l’épaisseur des personnages. S’y révèle le caractère trempé de la fille aînée, à l’origine présentée comme une simple bécasse.

Il faut révéler que le personnage de Clooney est un peu plus que ce qu’on a dit : avocat, mais aussi riche « béké » – comme on dit aux Antilles des descendants des premiers colons –, il doit bientôt statuer sur le sort d’une vaste terre héritée de ses ancêtres, et partagée entre de nombreux cousins. C’est le sens du titre du film, et son message, un peu grandiloquent : comprendre qu’on est une famille, c’est aussi se vivre en tant que rejeton d’une lignée. Certes… On peut aussi lire plus simplement le geste final du héros : une décision par laquelle, tardivement, George Clooney joue un tour de cochon à l’amant de sa femme. Enfin ! On a presque envie de le féliciter de s’être ainsi réveillé.


THE DESCENDANTS, Alexander Payne 2011, George Clooney, Shailene Woodley (drame societe)@@@ (E)
Matt King vit avec sa famille à Hawaï. Leur vie éclate après le tragique accident de son épouse qui tombe dans le coma.

TELERAMA
Le réalisateur américain de “Winter Break&rdq ...

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THE DUCHESS, Saul Dibb 2008, Keira Knightley, Ralph Fiennes (vintage)@@


Fin du 18e siècle, en Angleterre. Comme Lady Diana, dont elle est l'ancêtre, Georgiana, duchesse du Devonshire, est une femme belle, charismatique et adulée par la population. Mariée au richissime duc, elle est contrainte d'accepter un ménage à trois avec la maîtresse de celui-ci, Bess, qui est aussi sa meilleure amie. Insatisfaite, elle s'engage dans la vie publique en faisant campagne pour le parti libéral et en luttant pour les droits des femmes.
THE DUCHESS, Saul Dibb 2008, Keira Knightley, Ralph Fiennes (vintage)@@ (E)
Fin du 18e siècle, en Angleterre. Comme Lady Diana, dont elle est l'ancêtre, Georgiana, duchesse du Devonshire, est une femme belle, charismatique et adulée par la population. Mariée au richissime duc, elle est co ...

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THE ETERNAL ROAD (IKITIE), Antti-Jussi Annila 2017, Sidse Babett Knudsen, Tommi Korpela (drame histoire)@@


Ketola, de retour en Finlande après avoir quitté les États-Unis de la grande dépression, est témoin de tensions politiques croissantes. Lors d'une nuit d'été, en 1930, des rebelles nationalistes le kidnappent.

The Eternal Road (Ikitie) est un film tiré du roman de Antti Tuuri. Le film rentre dans le programme "Suomi 100" qui commémore les 100 ans d'indépendance de la Finlande.
Lorsque la garde vient chercher Jussi Ketola en pleine nuit afin de l'emmener à la frontière, il comprend que l'on va l'assassiner. IL s'enfuit et se réfugie au dela de la frontière, en URSS.
La police d'état soviétique lui donne une nouvelle identité, un emploi dans un kolkhoze, et une nouvelle famille. Avec les travailleurs immigrés américains récemment arrivé en Carélie, il va participer a l'élaboration d'une nouvelle société. Petit à petit le paradis promis par Staline se transforme en enfer ou Ketola souhaiterait plutôt mourrir que de continuer à vivre ainsi mais le suicide lui est refusé.
Ce que Jussi Ketola expérimente est tellement impropbable que l'on a peine à croire que cela a rebellent existé.

Ce film raconte à travers le personnage de Jussi Ketola, la cruelle réalité qu'a vécu des millions de gens ayant cru au paradis soviétique et qui ont connu l'enfer

SENS CRITIQUE
L'histoire vécue par le héros de The eternal road est incroyable mais vraie. Celle d'un finlandais qui, dans les années 30, échappe de peu à la mort et fuit en URSS. Où il est chargé, contre sa volonté, d'espionner les membres d'un kolkhoze, constitués d'émigrés américains, canadiens et finlandais, qui ont répondu à l'appel de Staline de rejoindre ce "paradis pour les travailleurs." La vie de Jussi Ketola est jalonnée de drames dans un contexte politique très fort et avec une ampleur romanesque qui laissaient espérer un film à la hauteur émotionnelle de son personnage. Las, s'il ne manque aucun bouton d'époque à la reconstitution historique, The eternal road ressemble surtout à un produit manufacturé pour plaire à l'export et, si possible, séduire les publics des festivals et pourquoi pas des Oscars. La réalisation est propre et la narration rythmée mais on n'y trouve pas le supplément d'âme susceptible d'éveiller un véritable enthousiasme de notre part. On ressent peu d'émotions, à vrai dire, alors que l'itinéraire de Jussi Ketola est de ceux qui devraient toucher au plus profond. Le jeu trop languide de l'acteur Tommi Korpela et son absence de charisme (pour montrer qu'il était un homme ordinaire ? Moui) ne sont pas seuls en cause mais ils contribuent à ce qu'on ne se sente pas concerné plus que cela. Mieux vaudrait, sans doute, lire le livre dont s'est inspiré le film d'Antti-Jussi Annila.
THE ETERNAL ROAD (IKITIE), Antti-Jussi Annila 2017, Sidse Babett Knudsen, Tommi Korpela (drame histoire)@@ (E)
Ketola, de retour en Finlande après avoir quitté les États-Unis de la grande dépression, est témoin de tensions politiques croissantes. Lors d'une nuit d'été, en 1930, des rebelles nationalis ...

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THE FABELMANS, Steven Spielberg 2022, Gabriel LaBelle, Michelle Williams (bio)@@@


Le jeune Sammy Fabelman tombe amoureux du cinéma après que ses parents l'ont emmené voir "The Greatest Show on Earth". Armé d'une caméra, Sammy commence à faire ses propres films à la maison, pour le plus grand plaisir de sa mère qui le soutient.

TELERAMA
Dans cette famille abritant un secret, l’apprentissage du fils futur cinéaste prend des allures romanesques. Le réalisateur raconte sa jeunesse. Magistral et bouleversant.

Chez les Spielberg, à la fin de chaque repas, on ne débarrassait pas la table au sens habituel de l’expression. Couverts, gobelets, assiettes en plastique, tout était jetable et finissait empaqueté dans la nappe, elle-même en papier, avant d’être jeté… La folie de ce rituel quotidien, pendant de longues années, dit certainement l’aisance matérielle et, plus encore, l’insouciance d’une époque (les années 1950-1960), où les ressources naturelles semblaient inépuisables à jamais. Dans l’enceinte du foyer, l’explication était tout autre : il s’agissait d’épargner les mains de la mère pianiste, et donc de la dispenser définitivement de la corvée de vaisselle. Mais au fur et à mesure que le film avance, cette bizarrerie familiale paraît bien mince au regard d’une autre, tellement plus troublante…

Quand le cinéaste d’E.T. raconte sa jeunesse à l’écran, après nombre de ses confrères (comme James Gray ou Paul Thomas Anderson), ce n’est pas un film de plus, mais un exploit. Pas seulement un roman familial bouleversant – où les Spielberg s’appellent donc Fabelman –, mais une réflexion lumineuse sur le cinéma, et le récit d’un cheminement personnel qui sidère. Et encore une grille d’analyse limpide de toute la filmographie de l’auteur, dont la cohérence, les thèmes majeurs et même l’alternance de genres apparaissent éclairés comme jamais.

Aux origines d’une vocation
L’inventeur du blockbuster qui fait peur (Les Dents de la mer, 1975) remonte ainsi à cette séance de cinéma où, enfant, entouré de ses deux parents attendris, il assiste à son premier accident – un train qui déraille dans la superproduction Sous le plus grand chapiteau du monde, de Cecil B. DeMille (1952). Le mélange d’effroi et d’extase, au milieu du confort affectif, provoque en lui un déclic. Mais aussi un vif tourment. Et le train électrique qu’on lui offre innocemment, dans la foulée, n’est pas un remède un soi. « J’ai besoin de voir un accident », dit le garçonnet. Avec la complicité de sa mère, et la caméra de son père, il apprend à filmer, sous plusieurs angles, une collision sur son circuit ferroviaire miniature. C’est ainsi qu’il expérimente, sans mots, les bienfaits de la catharsis à l’antique devant la représentation du pire. Mais aussi le bénéfice supérieur qu’il y a à prendre le contrôle d’une telle représentation…

L’apprivoisement à tâtons, à l’aveuglette pour ainsi dire, d’une vocation : ce thème porte The Fabelmans à des hauteurs exceptionnelles, d’émotion comme d’analyse. Alors que Sammy (le Steven de la fiction), une fois adolescent, maîtrise de mieux en mieux la caméra et parvient à imiter, dans ses premiers courts métrages, les scènes de western ou de guerre vues en salles, il devient aussi le documentariste de la maisonnée. Et voilà qu’en visionnant un de ses films sur les vacances des Fabelman, Sammy découvre, effondré, ce qu’il n’avait pas vu de ses propres yeux : le secret de sa mère adorée et fantasque, une réalité inconnue qui menace l’équilibre familial. Un gouffre s’ouvre alors dans l’esprit du fils. Les images peuvent révéler ce qui est caché, elles peuvent blesser, détruire, et il est possible de les escamoter, ou non, par le montage. Les questions de regard, de morale, de libre arbitre, de sensibilité renvoient soudain les qualités techniques d’un film à une place subalterne.

Ce manifeste informulé, s’imposant à celui qui, adulte, sera souvent associé au seul grand spectacle, à la technologie et aux effets spéciaux, s’incarne magnifiquement dans The Fabelmans. La délicatesse inouïe avec laquelle sont filmés Michelle Williams (la mère musicienne contrariée, entre exubérance et mal-être), Paul Dano (le père scientifique, doux et aimant) et Seth Rogen (le collègue blagueur du père, omniprésent dans la vie de familiale) subjugue. Tout comme les nuances de la narration, rythmée par les déménagements successifs, d’est en ouest (New Jersey, Arizona, Californie), la carrière ascensionnelle du père, génie de l’informatique, entraînant un cortège de brisures pour ses trois enfants, et plus encore pour son épouse.

En Californie, le jeune Sammy, parachuté au pays des « hommes-séquoias géants » (il se découvre petit de taille, à côté de ses nouveaux condisciples), doit faire face aux brimades antisémites. Cette fois, filmer devient une stratégie de survie sociale, puis la source d’un pouvoir considérable, proche de la manipulation : les séquences que l’adolescent agence après une journée du lycée à la plage peuvent transformer un redoutable ennemi en demi-dieu, en star, ou au contraire en bouffon. Là encore, The Fabelmans éblouit par son alliage d’humour et de complexité, et par la poursuite méticuleuse de son récit d’apprentissage. Il en va de même quand Sammy, au seuil de sa vie professionnelle, a la chance de rencontrer, quelques minutes, à son bureau, le mythique réalisateur John Ford. Car Steven Spielberg fait jouer le vétéran hollywoodien par David Lynch (il fallait y penser), parfaitement accordé à l’extravagant conseil technique que le vieil homme hurle au débutant…

Jusqu’au bout demeure cependant, en filigrane, l’image la plus belle et la plus émouvante, la plus déterminante aussi : cette mère qui danse une nuit d’été, impudique et magique, dans le halo des phares de la voiture familiale, en pleine nature. Moment d’épiphanie et de transgression, point de non-retour, message subliminal adressé au fils filmeur, comme pour l’encourager à vivre pleinement, coûte que coûte, sa vie d’homme et d’artiste.

Il n’y avait, a priori, rien de commun entre Angels in America (1991), la pièce de Tony Kushner sur les années sida (devenue une série pour HBO en 2003), et la filmographie de Steven Spielberg. Alors qu’il préparait Munich (2005), le second fit appel au premier pour
son expertise sur le conflit israélo-palestinien. Une collaboration au long cours débuta ainsi, Tony Kushner cosignant trois scénarios pour Spielberg, dont celui
de Lincoln (2012). De leurs échanges, et de la curiosité du dramaturge pour le cinéaste, naquit l’idée des Fabelmans : Kushner incita Spielberg à raconter dans un film l’histoire de sa famille. Près de vingt ans après leur première rencontre, le résultat, entièrement nourri des souvenirs et confidences du réalisateur, bénéficie indéniablement de la profondeur romanesque apportée par l’ami scénariste.
THE FABELMANS, Steven Spielberg 2022, Gabriel LaBelle, Michelle Williams (bio)@@@ (E)
Le jeune Sammy Fabelman tombe amoureux du cinéma après que ses parents l'ont emmené voir "The Greatest Show on Earth". Armé d'une caméra, Sammy commence à faire ses propres films à ...

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THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman


Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commence à douter des intentions de ses proches, de son esprit et, perd pied avec la réalité. Surviennent alors de nombreux bouleversements, entre le déménagement d'Anne pour Paris et l'arrivée de Laura, une jeune-aide soignante à domicile.
THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman (E)
Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commen ...

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THE GIRL IN THE BOOK, Marya Cohn 2015, Emily Vancamp


Alice 28 ans, travaille dans une maison d'édition en tant qu'assistante. Elle est jolie et intelligente, mais de nature très destructive. Alice est une jeune femme qui ne se voit qu'au travers des yeux des hommes. Lorsqu'elle rencontre l'homme qui pourrait enfin la rendre heureuse, elle a peur, une fois de plus, de tout détruire. Lorsqu'elle ne travaille pas, Alice passe son temps à écrire. En effet, la jeune femme a une histoire extraordinaire à raconter. Seulement voilà, son histoire a déjà été racontée il y a 15 ans, par quelqu'un d'autre. Lorsque son passé va ressurgir dans son présent, la vie d'Alice va changer.


Lorsqu'elle avait quatorze ans, Alice n'était qu'une adolescente réservée et mue par une passion pour l'écriture découlant déjà inconsciemment de l'influence de son père, découvreur de talents littéraires. Au cours d'une soirée, Milan, un auteur étranger que son père voyait promis à un grand avenir, fit la connaissance d'Alice et se proposa pour lui donner des cours particuliers d'écriture. Au fil de leurs séances, l'homme se rapprocha de plus en plus de l'adolescente en manipulant ses désirs amoureux naissants pour chercher à abuser d'elle dans l'indifférence générale.
Le drame aurait pu s'arrêter là et être déjà la cause de destruction d'une vie mais il y a pire encore : Milan se servit de ses rencontres avec Alice pour élaborer une fiction bien trop proche de la réalité de leur relation qui devint un best-seller mondial "Waking Eyes"...
Quinze ans plus tard, Alice est devenue l'assistante effacée d'un grand éditeur et sa vie sentimentale ne se résume qu'à des rencontres d'une nuit dans des bars. Lorsqu'elle est chargée par son patron de couvrir la réédition de "Waking Eyes" et donc de revoir Milan, la jeune femme perd encore un peu plus ses repères...

Premier film touchant et délicat de Marya Cohn, "The Girl in The Book" prend la forme d'un va-et-vient temporel à la fluidité remarquable entre les Alice de ces deux époques pour construire le portrait d'une femme sur la brèche, ayant évolué constamment dans l'ombre d'hommes aux comportements abusifs jusqu'à ne plus se sentir exister que dans le désir des yeux de mâles inconnus.
Bien sûr, cette expérience vécue il y a des années où, avec ce regard reptilien avide, cet auteur (le regretté et excellent Michael Nyqvist) a fondu sur cette souris blanche parfaite d'innocence, est la cause principale du comportement autodestructeur de la jeune femme. D'autant plus que le livre qui en est issu est une forme de vol aussi terrible, la condamnant quelque part à ne pas pouvoir s'échapper de cette héroïne si proche d'elle et à jamais figée sur le papier.
Mais Alice a aussi à subir la domination d'un père qui, comme on l'a dit, est peut-être la clé de son amour pour les mots tout en étant un homme exécrable, décidant tout pour elle sans écouter la moindre protestation, ignorant sa détresse lorsqu'elle va à son encontre ou encore en entretenant une relation ignoble vis-à-vis des femmes qu'il voit comme des compagnes interchangeables. On rajoutera également à cette liste d'hommes odieux son actuel patron au caractère égocentrique que l'on sent très proche de celui du père et qui symbolise à lui tout seul la répétition d'un schéma d'entourage masculin dans lequel Alice est prisonnière.

Malgré le coeur de son sujet vecteur d'un véritable malaise au fur et à mesure que les flashbacks dessinent la nature de la relation qui a uni Alice et Milan, "The Girl In The Book" a la bonne idée de ne pas oublier d'apporter un peu de légèreté à l'ensemble via l'humour des scènes entre l'héroïne et sa meilleure amie (parfaite antithèse en matière d'épanouissement personnel) et le film va peu à peu s'éclairer en nous racontant comment la jeune femme va parvenir à s'extirper des mâles dominants qui gouvernent sa vie pour en reprendre le contrôle. Cela viendra d'une rencontre amoureuse avec un homme bien entendu à l'opposé des autres figures masculines du film laissant envisager un avenir plus serein à Alice.

Toutefois, cette nouvelle donne sentimentale sera à double tranchant pour la force du discours féministe émanant du film. D'un côté, elle sera forcément à la fois utile pour y apporter un peu de lumière et indispensable pour la prise de conscience de l'héroïne lorsque ses tendances autodestructrices lui feront toucher le fond mais, de l'autre, on réalisera que, malgré le bonheur qu'elle peut lui apporter, Alice se relèvera de ses erreurs pour, encore une fois, le regard d'un homme.
Évidemment, celui-ci est heureusement bien plus bienveillant que ceux des ordures qui l'ont entourée jusqu'alors mais on aurait aimé que cette émancipation soit réellement libérée de toute influence masculine et qu'elle vienne seulement d'Alice elle-même.
Aussi mignonne soit-elle (et elle l'est !), la conclusion du film participera aussi à l'affaiblissement du discours jusque dans sa forme en rentrant dans le rang habituel du happy-end typiquement américain qui détonne face à l'intelligence de tout ce qui l'a précédé.

Mais ce mauvais choix final est aisément pardonnable tant "The Girl In The Book" est un premier film très prometteur et traitant avec une véritable justesse de toute la fragilité de la vie d'une héroïne gouvernée par une meute de mâles à l'égo démesuré. Enfin, comment ne pas conclure sans évoquer la remarquable prestation d'Emily VanCamp qui hérite probablement ici de son rôle le plus consistant (et le plus difficile) sur grand écran ? Citons aussi bien sûr Ana Mulvoy-Ten campant brillamment l'Alice adolescente et réservée mais l'investissement sans faille de celle que le grand public connaît essentiellement pour la série "Revenge" ou les "Captain America" en fait une révélation à suivre de très près.
THE GIRL IN THE BOOK, Marya Cohn 2015, Emily Vancamp (E)
Alice 28 ans, travaille dans une maison d'édition en tant qu'assistante. Elle est jolie et intelligente, mais de nature très destructive. Alice est une jeune femme qui ne se voit qu'au travers des yeux des hommes. Lorsqu'elle ...

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THE GRAND BUDAPEST HOTEL, Wes Anderson 2014, Ralph Fiennes, F. Murray Abraham, Mathieu Amalric (etrange)@@


Zero Mustafa, jeune réfugié politique venu de Salim-al-Jabat, réussit à se faire engager comme lobby boy au Grand Budapest Hotel, une institution située dans les montagnes de la république de Zubrowka. Le concierge de l'établissement, l'élégant M. Gustave, qui veille sur ce mythique palace, le prend sous son aile. Ensemble, ils se rendent au domicile de Mme D., une habituée du Grand Budapest.

TELERAMA
Les derniers feux Belle Époque d’un palace imaginaire d’Europe centrale, à la veille de la Seconde Guerre mondiale… Délicieusement fantasque et mélancolique.

Dans une station thermale haut perchée, « à la frontière la plus orientale de l’Europe », un palace jette ses derniers feux Belle Epoque, cerné par la menace fasciste. Le professionnalisme du maître d’hôtel, M. Gustave, le conduit souvent dans le lit des clientes les plus âgées. En retour, elles l’élisent comme leur grand amour, voire leur unique légataire. De là découleront de folles complications, incluant emprisonnement, filatures, poursuites, meurtres.

Le récit avance à toute vitesse, confirmant l’adresse de Wes Anderson pour les situations cartoonesques. Plus d’une fois, les héros se retrouvent suspendus au-dessus du vide : une traduction visuelle de ce qui les attend, eux et leur monde. Car c’est dit dès le prologue : le monumental Grand Budapest finira entièrement anéanti, après avoir été dépouillé de son luxe sous l’ère soviétique…

L’imminence de la guerre et l’ombre du nazisme donnent une résonance particulièrement émouvante à la futilité dandy du héros, qui est aussi, bien sûr, celle de Wes Anderson. La grande tenue de M. Gustave, son extrême politesse, son excentricité sexuelle (« Je couche avec tous mes amis ! »), le nuage de parfum qui l’entoure (L’Air de panache, en français dans le texte), autant de remparts dérisoires contre la brutalité en marche.
THE GRAND BUDAPEST HOTEL, Wes Anderson 2014, Ralph Fiennes, F. Murray Abraham, Mathieu Amalric (etrange)@@ (E)
Zero Mustafa, jeune réfugié politique venu de Salim-al-Jabat, réussit à se faire engager comme lobby boy au Grand Budapest Hotel, une institution située dans les montagnes de la république de Zubrow ...

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THE IMMIGRANT, James Gray 2013, Marion Cotillard, Joaquin Phoenix


New York, janvier 1921. Deux soeurs d'origine polonaise, Ewa et Magda Cybulski, débarquent à Ellis Island. Fuyant la misère en Europe, elles sont venues tenter leur chance aux États-Unis. Mais leurs espoirs tournent court quand Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Seule et sans ressources, Ewa est menacée d'expulsion. Désespérée, elle tombe sous la coupe de Bruno, un souteneur dénué de scrupules mais sensible à son charme.
THE IMMIGRANT, James Gray 2013, Marion Cotillard, Joaquin Phoenix (E)
New York, janvier 1921. Deux soeurs d'origine polonaise, Ewa et Magda Cybulski, débarquent à Ellis Island. Fuyant la misère en Europe, elles sont venues tenter leur chance aux États-Unis. Mais leurs espoirs tourn ...

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THE IMPOSSIBLE, Juan Antonio Bayona 2012, Naomi Watts, Ewan McGregor (catastrophe)@@


Un couple et ses trois garçons partent en vacances en Thaïlande, à Khao Lak, ils arrivent l'avant-veille du terrible Tsunami du 26 décembre 2004. Surpris par la vague géante au moment où ils sont dans la piscine de l'hôtel, ils vont être séparés mais vont survivre malgré de graves blessures. Au milieu du chaos, de toutes ces personnes traumatisées perdues et endeuillées, ils continuent leurs recherches.
THE IMPOSSIBLE, Juan Antonio Bayona 2012, Naomi Watts, Ewan McGregor (catastrophe)@@ (E)
Un couple et ses trois garçons partent en vacances en Thaïlande, à Khao Lak, ils arrivent l'avant-veille du terrible Tsunami du 26 décembre 2004. Surpris par la vague géante au moment où ils sont dans ...

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THE KING S MAN Premiere mission, Matthew Vaughn 2021, Ralph Fiennes, Gemma Arterton (espionnage)@


Lorsque les pires tyrans et génies criminels de l'Histoire se réunissent pour planifier l'élimination de millions d'innocents, un homme se lance dans une course contre la montre pour contrecarrer leurs plans. On découvre les origines de la toute première agence de renseignement indépendante.

TELERAMA
Pour ce troisième volet de la série Kingsman, le Britannique Matthew Vaughn reconduit la piquante formule mise au point à la fin des années 1990 avec son compatriote Guy Ritchie, quand les deux dépoussiéraient la comédie policière à grand renfort de violence parodique sur les traces de Tarantino. Espionnage et tweed sont toujours au menu de cet opus racontant la genèse de la saga sur fond de Première Guerre mondiale.
Ayant échoué à empêcher l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, un aristocrate (Ralph Fiennes) met sur pied un réseau d’espions dans la boutique d’un tailleur londonien, pour contrecarrer le complot d’un génie du mal. Porté par une distribution aux petits oignons, ce film à grand spectacle passe l’Histoire à la moulinette avec un mauvais goût et une décontraction assez réjouissants. À l’image de ce duel homoérotique étiré jusqu’au malaise qui oppose le héros à Grigori Raspoutine – le toujours parfait Rhys Ifans, qu’on ne s’attendait pas à trouver dans une production Disney.

THE KING S MAN Premiere mission, Matthew Vaughn 2021, Ralph Fiennes, Gemma Arterton (espionnage)@ (E)
Lorsque les pires tyrans et génies criminels de l'Histoire se réunissent pour planifier l'élimination de millions d'innocents, un homme se lance dans une course contre la montre pour contrecarrer leurs plans. On d&eacut ...

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THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@


Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparés pour son mari, un homme qui la délaisse et fait peu cas de ses efforts pour attirer son attention et le séduire. La jeune femme comprend vite que le porteur de gamelles, pourtant réputé infaillible, a commis une erreur.

TELERAMA
Chaque matin, Ila prépare pour son mari Rajeev un succulent repas, rangé dans une boîte hermétique, qui lui sera acheminé par un formidable réseau de livraison qui dessert les entreprises de Mumbai. Un jour, une erreur de livraison est commise. Et, tandis qu'Ila attend de Rajeev, indifférent et distrait, des compliments qui ne viennent pas, c'est Saajan Fernandes, un comptable veuf, misanthrope, à un mois de la retraite, qui reçoit le panier repas. Les deux inconnus commencent par échanger des billets. Peu à peu, ils se confient l'un à l'autre. L'aigri Saajan, métamorphosé, va jusqu'à aider un jeune collègue débutant, qu'il ne supportait pas au départ...
THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@ (E)
Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparé ...

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THE MAGDALENE SISTERS, Peter Mullan 2001, Anne-Marie Duff, Sean Colgan (religion moeurs femmes)@@


En 1964, dans la campagne irlandaise, trois jeunes filles sont rejetées par leur famille. L'une a été violée, la deuxième est trop jolie, la troisième est fille-mère. Toutes les trois sont livrées à l'autorité des surs de Marie-Madeleine dont le couvent abrite une institution qui doit les ramener dans le droit chemin.

TELERAMA
Peter Mullan décrit avec un soin quasi documentaire et, paradoxalement, un sens étonnant de la dramaturgie la vie de ces filles enfermées de force et pour rien. Des Oliver Twist au carré, des David Copperfield au cube. Aucun misérabilisme dans sa mise en scène. Aucun naturalisme. L’hystérie de ses comédiennes est surveillée au millimètre. Notamment lorsque Crispina la simplette s’adresse au prêtre qui célèbre l’office : « Vous n’êtes pas un homme de Dieu »… La voix, fragile, devient forte, éclatante. Elle envahit l’espace, vrille les tympans. Le film est aussi fort que cette litanie révélant à l’assistance une vérité terrifiante. Lion d’or à Venise en 2002.

En septembre 2002, The Magdalene Sisters remportait le Lion d’or à la Mostra de Venise. Réaction immédiate du Vatican, via L’osservatore romano, quotidien officiel du Saint-Siège : le film serait une « caricature ratée », une « provocation rageuse et rancunière ».

Adaptation en fiction du documentaire Sex in a Cold Climate, diffusé en mars 1998 à la télévision, The Magdalene Sisters est une plongée glaçante dans le quotidien de quatre jeunes femmes envoyées contre leur gré dans les Magdalene Laundries, blanchisseries gérées par des religieuses, où sont passées des milliers de femmes entre 1922 et 1996, date de fermeture de la dernière institution.

Derrière les murs épais de ces établissements, les blanchisseuses, coupées du monde, lavaient du linge toute la journée, sans aucune rétribution financière, dans le silence, les humiliations et les coups. Certaines ont aussi dénoncé des abus sexuels. Les pensionnaires étaient censées laver leurs « péchés », telle Marie Madeleine, ancienne prostituée qui lava les pieds du Christ avec ses cheveux pour se repentir. Ce qu’on leur reprochait ? Être tombées enceintes hors mariage, avoir des troubles mentaux, avoir subi un viol, ou… être « trop jolies ».

Alors que dans les années 1990 l’Église catholique irlandaise est secouée par des scandales de pédocriminalité, le silence autour de ces institutions demeure assourdissant. Mais, en 1993, au cours d’une opération immobilière, cent cinquante-cinq corps de femmes enterrés anonymement sont découverts sur le site de l’une des plus grandes Magdalene Laundries de Dublin, sans qu’aucune enquête ne soit menée. Un groupe de femmes décide de s’unir pour qu’un hommage soit rendu aux victimes, comme le rappelle le magazine La Vie des idées dans un long article de 2018. Une plaque commémorative, la première, est inaugurée dans un parc local. L’association Justice for Magdalenes (JFM) naît quelques mois après la sortie du film en Irlande, en octobre 2002. Le pays est secoué et le monde découvre enfin cette sordide histoire.

L’association JFM saisit l’ONU en 2011, frustrée qu’aucune faute de l’État ne soit reconnue. En effet, si ces blanchisseries étaient gérées par des religieuses, l’Irlande est tout de même accusée d’avoir contribué à l’exploitation des pensionnaires en utilisant le linge de ces blanchisseries pour l’armée ou les hôpitaux. En outre, les femmes qui parvenaient à s’échapper y étaient renvoyées de force par la police. Le panel de l’ONU consacré à cette affaire exhorte l’Irlande à enquêter sur les allégations de torture, reprochant au pays d’avoir failli à superviser ces blanchisseries, « où des faits d’abus physiques, émotionnels et autres mauvais traitements ont été commis ». Une commission d’enquête (le « McAleese committee ») est créée, récoltant des témoignages accablants. Elle démontre notamment que l’Irlande a autorisé, entre 1922 et 1996, 26 % des admissions de ces pensionnaires réduites en esclavage…

Le 19 février 2013, soit dix-sept ans après la fermeture de la dernière Magdalene Laundry, le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, assure que « le gouvernement et les citoyens d’Irlande présentent sans réserve leurs excuses pour le mal infligé à ces femmes ». Sans pour autant assumer une responsabilité ou proposer de compensation financière. En avril dernier, le film Tu ne mentiras point, avec Cillian Murphy, évoquait la prise de conscience d’un homme découvrant la réalité derrière ces institutions. Preuve que le sujet touche et intéresse toujours aujourd’hui.
THE MAGDALENE SISTERS, Peter Mullan 2001, Anne-Marie Duff, Sean Colgan (religion moeurs femmes)@@ (E)
En 1964, dans la campagne irlandaise, trois jeunes filles sont rejetées par leur famille. L'une a été violée, la deuxième est trop jolie, la troisième est fille-mère. Toutes les trois sont li ...

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THE NORTH SEA, Andreas Andersen 2021, Kristine Kujath Thorp, Rolf Kristian Larsen (catastrophe maritime)@@


Norvège 1969, le plus grand champ pétrolier du monde, Ekofisk, est découvert en mer du Nord. Des années de forage et de gains financiers ont conduit à une fissure d'un kilomètre de long au fond de l'océan. Lorsqu'un tremblement de terre fait disparaître l'une des centaines de plates-formes dans l'océan, Sofia, opératrice de sous-marin, est appelée à rechercher des survivants. Ce qu'elle trouve, cependant, est le début d'une catastrophe écologique aux proportions apocalyptiques.

TELERAMA
Après un tsunami en 2015 et un tremblement de terre en 2018, ce récit d’un cataclysme en mer du Nord de John Andreas Andersen clôt une trilogie non officielle.

Ayant tiré grand profit de l’extraction des énergies fossiles en mer du Nord, la Norvège s’interroge sur le prix à payer, du point de vue environnemental, dans ce film catastrophe présenté, avec une roublardise efficace, comme avéré : il s’ouvre et se conclut sur des archives fictives, mêlées à des vraies. Entre-temps, sa façon de spéculer sur l’effondrement d’une plateforme pétrolière offshore, prélude à un désastre planétaire, se révèle tout aussi captivante, malgré le dixième du budget alloué aux superproductions de Roland Emmerich ou Michael Bay. Ses effets numériques, entre photoréalisme et pyrotechnie, ont fière allure, et ils existent autant que les personnages, même stéréotypés (l’ouvrier héroïque, la noble sauveteuse en mer, le stratège stoïque, le ministre indécis, le geek affable).

Tout en suivant la procédure habituelle du film catastrophe, le scénario ne s’éparpille pas. La mise en scène joue habilement sur la dichotomie entre la vaste et rude beauté des côtes norvégiennes et la claustrophobie du moindre recoin métallique des infrastructures pétrolières. Même le commentaire sur le forage intensif évite le didactisme, lui préférant une réflexion sur la nécessité, parfois, de mordre la main nourricière et de stopper la course aux profits.

THE NORTH SEA, Andreas Andersen 2021, Kristine Kujath Thorp, Rolf Kristian Larsen (catastrophe maritime)@@ (E)
Norvège 1969, le plus grand champ pétrolier du monde, Ekofisk, est découvert en mer du Nord. Des années de forage et de gains financiers ont conduit à une fissure d'un kilomètre de long au fond de l ...

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THE PROGRAM, Stephen Frears 2015, Ben Foster, Guillaume Canet, Dustin Hoffman (bio Lance Armstrong sport)@@


Stephen Frears met en scène la descente aux enfers de Lance Armstrong, sept fois vainqueur du Tour de France, dopé jusqu'à la moëlle. Une adaptation nerveuse et prenante de ce qui fut qualifié de programme de dopage le plus sophistiqué et professionnel de l'histoire du sport moderne.

TELERAMA
L’ascension et la chute de Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, rattrapé par le dopage. Un biopic inégal.

Il était une fois un brillant espoir du cyclisme qui, après avoir vaincu le cancer, remporta sept Tours de France à force d'entraînement, de volonté et de courage. L'histoire de Lance Armstrong était belle. Trop belle pour être honnête... Après des années de déni, il avoua que ses performances étaient le résultat d'un « programme » de dopage méthodique, élaboré par un sulfureux médecin italien. Frears raconte l'ascension, le triomphe et la chute du champion texan dans un biopic qui file à la vitesse d'un groupe d'échappés dans la descente du Tourmalet...

Le réalisateur est visiblement néophyte en matière de vélo : ses reconstitutions de courses font pitié et, devant sa caméra, l'inquiétant Dr Ferrari devient un bouffon peu crédible (Guillaume Canet, ridicule avec sa moumoute et son accent à la Roberto Benigni)... Mais le regard caustique sur les coulisses de la Grande Boucle et l'humour noir des dialogues font mouche. Aucune complaisance envers Armstrong, présenté comme un « patron » du peloton aux méthodes de mafieux, mais pas d'acharnement non plus : Ben Foster, très convaincant, incarne le Maillot jaune déchu en grand enfant émerveillé de ses propres succès, persuadé que l'exemple de sa réussite (médicale comme sportive) peut améliorer le sort de l'humanité.
THE PROGRAM, Stephen Frears 2015, Ben Foster, Guillaume Canet, Dustin Hoffman (bio Lance Armstrong sport)@@ (E)
Stephen Frears met en scène la descente aux enfers de Lance Armstrong, sept fois vainqueur du Tour de France, dopé jusqu'à la moëlle. Une adaptation nerveuse et prenante de ce qui fut qualifié de programme d ...

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THE QUEEN, Stephen Frears 2006, Helen Mirren, James Cromwell


Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un désarroi sans précédent. Alors qu'une vague d'émotion et de chagrin submerge le pays, Tony Blair, sent instantanément que quelque chose est en train de se passer, comme si le pays tout entier avait perdu une soeur, une mère ou une fille.

TELERAMA
Août 1997, la princesse Diana meurt. La reine se tait, Tony Blair s’affaire… Stephen Frears s’intéresse aux aléas de la popularité. Brillant et drôle.

Helen Mirren s’est vraiment fait la tête d’Élisabeth II. Michael Sheen, excellent aussi, campe un Tony Blair brillant, enjoué. Le troisième personnage du film, invisible mais omniprésent, est une morte… De la princesse Diana, qui vient de mourir à Paris dans un accident d’auto, on ne voit que des images diffusées à la télévision. Tandis qu’enfle l’émotion du public, Stephen Frears filme avec verve un monde de fantoches : le prince Philip, vaudevillesque, et la reine mère, toujours à la poursuite d’un verre de gin.

Dans son incapacité à comprendre l’évolution du monde, la reine, elle, devient un personnage tragique : il est vrai que l’Angleterre a toujours eu Shakespeare dans le sang. En fait, le film se joue sur deux regards. Celui, hautain, de la reine, au début du film. Et, à la toute fin, celui lancé par Diana, que Frears fige sur l’écran. La morte remporte le jeu, le set et le match.
THE QUEEN, Stephen Frears 2006, Helen Mirren, James Cromwell (E)
Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un d&ea ...

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THE QUIET GIRL, Colm Bairéad 2022,Catherine Clinch et Carrie Crowley (societe enfance)@@@


Irlande, 1981. Cáit, une jeune fille effacée et négligée par sa famille, est envoyée vivre auprès de parents éloignés pendant l'été. Hélas, dans cette maison en apparence sans secret, où elle trouve l'épanouissement et l'affection, Cáit découvre une vérité douloureuse.

TELERAMA
Une fillette livrée à elle-même. Un conte irlandais d’une belle pudeur.

Une évocation de l’enfance délicate et bouleversante, un personnage inoubliable : voilà qui peut expliquer le véritable phénomène qu’est devenu ce film irlandais, remarqué jusqu’aux Oscars. Inspiré par une longue nouvelle de la romancière Claire Keegan (Les Trois Lumières), c’est le portrait d’une fille de 12 ans dont les parents pauvres et indifférents se débarrassent en offrant à une cousine éloignée de s’en occuper pendant un été, avec son mari. Un peu sauvage, très timide, la petite Cáit pourrait être l’héroïne d’un conte sombre, comme La Petite Fille aux allumettes, d’Andersen, tant elle semble sans défense…

Le réalisateur, dont c’est le premier film, dit avoir volontairement rendu assez intemporelle l’atmosphère de cette histoire, située en 1981, afin d’y faire passer l’ombre menaçante d’une Irlande où la maltraitance des enfants, notamment dans les institutions religieuses, a sévi tout au long du XXe siècle. Sur ce fond de dureté, Colm Bairéad met en scène des êtres fragiles : une quasi-orpheline à l’abandon et un couple qui cache une blessure secrète. Pour ce trio, il va être question de s’apprivoiser, au fil d’un prudent apprentissage de la vie en commun, du partage. Le film passe ainsi, peu à peu, de la menace possible à la protection nécessaire, montrée comme l’essence même de la relation entre Cáit et ses parents d’adoption.

Une émotion naît de l’engagement qui s’exprime pour les droits de l’enfance, sans qu’il soit besoin d’aucun discours. La beauté du film repose, en effet, sur la pure sensibilité des personnages, tous pudiques et taiseux, subtilement interprétés. Dans leurs silences, un autre langage naît, fait de gestes, de moments où la tendresse trouve à s’exprimer autrement que par des mots — par exemple à travers le motif d’une tapisserie où le départ d’un train évoque la séparation… Un monde visuel que le réalisateur organise comme un musicien, par petites touches trouvant une magnifique résonance.

THE QUIET GIRL, Colm Bairéad 2022,Catherine Clinch et Carrie Crowley (societe enfance)@@@ (E)
Irlande, 1981. Cáit, une jeune fille effacée et négligée par sa famille, est envoyée vivre auprès de parents éloignés pendant l'été. Hélas, dans cette maison en ap ...

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THE READER, Stephen Daldry 2008, Kate Winslet, Ralph Fiennes (drame sentimental)@@@


Un adolescent, Michael Berg, et une femme mystérieuse plus âgée, Hanna Schmitz, ont une liaison amoureuse dans laquelle la lecture tient une part importante, jusqu'à ce que Hanna disparaisse brutalement.

TELERAMA
Quelques années après la guerre, un homme épris de littérature découvre le passé nazi de son ex-maîtresse. Passionnante interrogation sur la culpabilité nationale, cette adaptation du roman de Bernhard Schlink raconte aussi une déchirante histoire d’amour.

Juste après la guerre, Hanna, conductrice de tram trentenaire, initie à la volupté un ado épris de littérature. Des années plus tard, Michael découvre que son ex-maîtresse est accusée au procès d’anciennes SS gardiennes de camps de concentration.

Dans la peau de Hanna, Kate Winslet (Oscar de la meilleure actrice) associe une métamorphose hollywoodienne, en vieillissant de trente ans, à un jeu cérébral, explorant avec un minimum de dialogues l’ignorance, la honte, la banalité du mal. Les crimes nazis ne sont que la toile de fond d’une histoire d’amour et de culpabilité, à la résonance collective. Le film n’absout jamais Hanna, mais le regard affolé de Michael nous oblige à voir son humanité.

Tout au long de sa vie, la mémoire nationale percute violemment l’histoire intime de cet Allemand. Que vaut la connaissance charnelle d’une personne au regard de ses actes ? Comment s’accommoder d’avoir aimé un monstre ? Jamais manichéen, d’une sobriété infaillible, le film s’abstient de toute réponse : implacablement, ces questions minées nous sautent à la figure.
THE READER, Stephen Daldry 2008, Kate Winslet, Ralph Fiennes (drame sentimental)@@@ (E)
Un adolescent, Michael Berg, et une femme mystérieuse plus âgée, Hanna Schmitz, ont une liaison amoureuse dans laquelle la lecture tient une part importante, jusqu'à ce que Hanna disparaisse brutalement.

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THE RIDER, Chloé Zhao 2017, Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau (western)@@


Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu'après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu'il ne peut plus s'adonner à l'équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d'une nouvelle identité et tente de définir ce qu'implique être un homme au coeur de l'Amérique.

TELERAMA
En s’inspirant de la vie d’un jeune cow-boy amérindien victime d’un accident de rodéo, Chloé Zhao réussit un splendide western mélancolique aux panoramas majestueux

Chinoise exilée à New York, Chloé Zhao (oscarisée pour Nomadland) s’est prise d’affection pour les Oglalas, des Sioux de la tribu des Lakotas, qui survivent dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud. Après son premier film, Les Chansons que mes frères m’ont apprises (2015), sur un adolescent sioux qui choisissait de fuir pour se sauver, elle revenait à Pine Ridge, dans la famille d’un jeune dresseur de chevaux.

Brady, étoile montante du rodéo, a décidé de rester parmi les siens, coûte que coûte. Autour de lui, tous les acteurs, non professionnels, campent ceux qu’ils sont dans la vraie vie. C’est le coup de sabot d’un mustang sur le crâne de Brady qui a permis à ce western réaliste d’exister. Car l’homme souffre d’avoir abattu son cheval blessé et de devoir, lui si fracassé, s’acharner à vivre.

Dans des paysages sublimes, filmés à l’aube ou au crépuscule pour donner des couleurs à des existences qui en manquent cruellement, Chloé Zhao aborde des questions aussi cruciales que l’assimilation, la relation homme-animal, la nature et la culture. Ses cow-boys indiens anachroniques, que le monde moderne voudrait contraindre à travailler au supermarché, en évoquent d’autres, dont les fantômes hollywoodiens surgissent dans les plaines et collines du Dakota. Comme le Kirk Douglas de Seuls sont les indomptés, de Nicholas Ray, lui aussi gloire du rodéo blessée, qui ne pouvait se résoudre à abandonner les arçons…
THE RIDER, Chloé Zhao 2017, Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau (western)@@ (E)
Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu'après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison ...

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THE SESSIONS, Ben Lewin 2012, John Hawkes, Helen Hunt (societe)@@


Mark O'Brien, écrivain et poète atteint de la polio, cherche à perdre sa virginité. Paraplégique à vie, il prend contact avec une sexologue pour l'aider dans sa demande et contre toute attente, un lien va se tisser entre les deux.

TELERAMA
L'histoire véridique d'un Américain qui, atteint de la polio dans son enfance, a passé sa vie dans un poumon d'acier, et qui décide, à 38 ans, de perdre sa virginité. Il engage pour cela une « assistante sexuelle » — sex surrogate, un job inconnu chez nous.
Le réalisateur pose un regard franc et presque candide sur ces sessions, séances d'initiation menées avec le sérieux de n'importe quelle thérapie. Avec délicatesse, tendresse et humour, aussi. Un ­registre où les comédiens apportent énormément. Helen Hunt compose un personnage de femme désinhibée, préoccupée de mettre en pratique son savoir, et finalement un peu chamboulée dans ses émotions. Face à elle, l'acteur John Hawkes déploie beaucoup d'esprit dans son rôle de handicapé, en évitant la ­performance. L'ensemble est juste et ­généreux. — Frédéric Strauss
THE SESSIONS, Ben Lewin 2012, John Hawkes, Helen Hunt (societe)@@ (E)
Mark O'Brien, écrivain et poète atteint de la polio, cherche à perdre sa virginité. Paraplégique à vie, il prend contact avec une sexologue pour l'aider dans sa demande et contre toute attente, un l ...

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THE SHAMELESS, Konstantin Bojanov 2024 (societe)@@


Nadira s'échappe, au milieu de la nuit, d'un bordel de Delhi après avoir poignardé à mort un policier abusif. Elle trouve refuge temporairement dans une communauté de travailleuses du sexe Devadasi du Sud de l'Inde, où elle prend le nom indien de Renuka. Elle y tombe amoureuse de Devika, une jeune fille de 17 ans émotionnellement fragile. Sa rencontre avec Renuka va pousser Devika à affronter sa mère et à se rebeller contre l'institution séculaire et oppressive des consécrations religieuses.

"The Shameless" est le nouveau film du réalisateur bulgare de "Avé", Konstantin Bojanov. Film indien percutant, aussi chaleureux dans les couleurs qu’il arbore (les teintes rouges du bordel d’où le personnage s’enfuit, les couleurs chaudes de la nuit…) que glacial dans le traitement dont font l’objet les deux femmes dont la complicité va ici se développer au fil du récit. Incarnée avec puissance par Anasuya Sengupta, Renuka est une figure de femme indépendante, qui malgré son métier, aspire à se passer des hommes, introduisant ici le sujet encore tabou en Inde de l’homosexualité, la naissance d’une idylle entre les deux femmes déclenchant des réactions violentes de la part de la communauté comme des proches.

Au-delà de ce sujet, c’est en réalité la place de la femme, comme marchandise que l’on exploite, qui fait l’objet de toutes les maltraitances, et que même la famille vend au futur mari le plus offrant, qui est ici traité. La manière dont la jeune Devika, interprétée avec délicatesse par Omara Shetty, a tenté d’éviter un mariage arrangé est de ce point de vue hautement significative et fait froid dans le dos. En choisissant une tonalité proche du thriller, Konstantin Bojanov insuffle une certaine fièvre à cette tentative d’échappée d’un monde dominé par les hommes, sous l’ombre du contrôle social et d’une police et de politiques corrompus, et où des visions éprouvantes (les draps envahis peu à peu par le sang...) viennent rajouter au malaise. Une histoire résolument sombre et désenchantée qui vise à mieux souligner la nécessité d’émancipation de la femme.
Olivier Bachelard

TELERAMA
THE SHAMELESS, Konstantin Bojanov 2024 (societe)@@ (E)
Nadira s'échappe, au milieu de la nuit, d'un bordel de Delhi après avoir poignardé à mort un policier abusif. Elle trouve refuge temporairement dans une communauté de travailleuses du sexe Devadasi du Sud ...

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THE SLEEPING DICTIONNARY, Guy Jenkin 2003, Hugh Dancy, Jessica Alba, Brenda Blethyn, Emily Mortimer, Bob Hoskins (film e)@@


Dans la Malaisie des années 20, une liaison se développe entre une belle indigène et un jeune colonisateur britannique.
THE SLEEPING DICTIONNARY, Guy Jenkin 2003, Hugh Dancy, Jessica Alba, Brenda Blethyn, Emily Mortimer, Bob Hoskins (film e)@@ (E)
Dans la Malaisie des années 20, une liaison se développe entre une belle indigène et un jeune colonisateur britannique. ...

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THE SOCIAL NETWORK (Facebook) David Fincher 2010, Jesse Eisenberg, Andrew Garfield (mini)@@


Une soirée bien arrosée d'octobre 2003. Mark Zuckerberg, un étudiant qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, pirate le système informatique de l'Université de Harvard pour créer une base de données de toutes les filles du campus. Le succès est instantané : l'information se diffuse à la vitesse de l'éclair et le site devient viral, détruisant tout le système de Harvard et générant une controverse sur le campus. C'est pourtant à ce moment que naît ce qui deviendra Facebook.
THE SOCIAL NETWORK (Facebook) David Fincher 2010, Jesse Eisenberg, Andrew Garfield (mini)@@ (E)
Une soirée bien arrosée d'octobre 2003. Mark Zuckerberg, un étudiant qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, pirate le système informatique de l'Université de Harvard pour créer une base d ...

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THE SPACEWALKER, Dmitry Kiselev 2017, Konstantin Khabenskiy, Evgeniy Mironov@@


Mars 1965. En pleine guerre froide, les États-Unis et l'Union soviétique rivalisent pour la suprématie dans la conquête spatiale. Tous les risques sont pris afin d'envoyer le premier homme flotter dans l'espace.
THE SPACEWALKER, Dmitry Kiselev 2017, Konstantin Khabenskiy, Evgeniy Mironov@@ (E)
Mars 1965. En pleine guerre froide, les États-Unis et l'Union soviétique rivalisent pour la suprématie dans la conquête spatiale. Tous les risques sont pris afin d'envoyer le premier homme flotter dans l'espace. ...

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THE TOURIST, Florian Henckel 2010, Angelina Jolie, Johnny Depp (aventure)@@


Un professeur de mathématiques, nommé Frank Tupelo, décide de voyager en Europe parce qu'il a le coeur brisé.
THE TOURIST, Florian Henckel 2010, Angelina Jolie, Johnny Depp (aventure)@@ (E)
Un professeur de mathématiques, nommé Frank Tupelo, décide de voyager en Europe parce qu'il a le coeur brisé. ...

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THE TREE OF LIFE, Terence Malik 2011, Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn (conte)@@@


Architecte à succès, marié et père d'un enfant, Jack, la cinquantaine, semble las de l'existence. Plus fortes et plus vivantes que son morne présent, les images de son enfance à Waco, Texas, dans les années 1950, lui reviennent. Le voici enfant, aîné rebelle et taciturne de trois garçons, jouant dans la lumière radieuse de l'été. L'ordre règne dans leur grande maison ouverte sur la nature.
THE TREE OF LIFE, Terence Malik 2011, Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn (conte)@@@ (E)
Architecte à succès, marié et père d'un enfant, Jack, la cinquantaine, semble las de l'existence. Plus fortes et plus vivantes que son morne présent, les images de son enfance à Waco, Texas, dans le ...

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THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING, Daniel Day-Lewis 1988, Juliette Binoche, Lena Olin (societe sentimental)@@


Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec laquelle il s'entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il remarque Tereza, une jeune femme fougueuse et presque ingénue, qui tombe sous son charme. Un beau jour, elle débarque à Prague et s'installe chez lui. Les deux tourtereaux se marient. Tomas n'en cesse pas moins de la tromper, ce que la jeune femme supporte mal.

TELERAMA
L'adaptation du succès de librairie de Milan Kundera n'est pas une fresque historique. L'Histoire entre par la force au coeur des vies privées, fleurit avec le printemps de Prague, déboule avec les chars. Les vagabondages sexuels, les liens d'amour qui se tissent et se défont symbolisent la tentative d'envol, d'insouciance de tout un peuple. Cette « insoutenable légèreté » qui, inexorablement, échoue. Tomas, le papillon, s'attache à Tereza et choisit la gravité. Tereza est le ­témoin impuissant de l'écrasement de son pays. Seule Sabina, qui s'exile, trouve la liberté. Mais au prix de la solitude. Le film est à l'image de ses trois personnages, interprétés par un trio d'acteurs formidables : terriblement pessimiste, mais ­séducteur et léger.
THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING, Daniel Day-Lewis 1988, Juliette Binoche, Lena Olin (societe sentimental)@@ (E)
Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec laquelle il s'entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il re ...

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THE WAVE, Roar Uthaug 2015 (catastrophe)@@


Après plusieurs années à surveiller la montagne qui surplombe le fjord où il habite, Kristian, scientifique, s'apprête à quitter la région avec sa famille. Quand un pan de montagne se détache et provoque un Tsunami, il doit retrouver les membres de sa famille et échapper à la vague dévastatrice. Le compte à rebours est lancé.

TELERAMA
Dans les décors splendides d’un fjord norvégien, un tsunami menace. Une grosse vague nordique se roulant dans le kitsch du film catastrophe… Aller, pourquoi pas.

Dans les décors splendides d’un fjord, le réalisateur norvégien se risque à un cinéma hollywoodien, promesse de sensations fortes : sous l’effet du changement climatique, les montagnes pourraient s’affaisser, déclencher un raz-de-marée... En jouant avec cette menace, Roar Uthaug crée un suspense crédible. Mais il retombe, peu à peu, sur tous les artifices du film catastrophe, kitsch compris. Cette grosse vague nordique a seulement l’attrait des aventures exotiques, chaotiques et... sympathiques.
THE WAVE, Roar Uthaug 2015 (catastrophe)@@ (E)
Après plusieurs années à surveiller la montagne qui surplombe le fjord où il habite, Kristian, scientifique, s'apprête à quitter la région avec sa famille. Quand un pan de montagne se dé ...

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THE WAVE, Roar Uthaug 2015, Joner Kristoffer, Ane Dahl (catastrophe)@


Après plusieurs années à surveiller la montagne qui surplombe le fjord où il habite, Kristian, scientifique, s'apprête à quitter la région avec sa famille. Quand un pan de montagne se détache et provoque un Tsunami, il doit retrouver les membres de sa famille et échapper à la vague dévastatrice. Le compte à rebours est lancé.

TELERAMA
Dans les décors splendides d’un fjord norvégien, un tsunami menace... Une grosse vague nordique se roulant dans le kitsch du film catastrophe... Sympathique.

Dans les décors splendides d'un fjord, le réalisateur norvégien se risque à un cinéma hollywoodien, promesse de sensations fortes : sous l'effet du changement climatique, les montagnes pourraient s'affaisser, déclencher un raz-de-marée...

En jouant avec cette menace, Roar Uthaug crée un suspense crédible. Mais il retombe, peu à peu, sur tous les artifices du film catastrophe, kitsch compris. Cette grosse vague nordique a seulement l'attrait des aventures exotiques, chaotiques et... sympathiques.

Géologue expérimenté, Kristian travaille à la surveillance des montagnes instables qui surplombent le vaste fjord où est établi son petit village norvégien. Sur le point de quitter son poste et la région avec toute sa famille, il découvre la veille de son déménagement des signaux étranges émanant des montagnes. Des indices de changements géologiques qui inquiètent Kristian et lui font pressentir une catastrophe imminente. Décidé à retarder son départ malgré l'impatience de ses proches et les doutes de ses collègues, il constate bientôt que ses intuitions étaient justes. La montagne risque de s'effondrer et de provoquer un tsunami dans le bras de mer qui borde le village...
THE WAVE, Roar Uthaug 2015, Joner Kristoffer, Ane Dahl (catastrophe)@ (E)
Après plusieurs années à surveiller la montagne qui surplombe le fjord où il habite, Kristian, scientifique, s'apprête à quitter la région avec sa famille. Quand un pan de montagne se dé ...

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THERE WILL BE BLOOD, Paul Thomas Anderson 2007, Daniel Day-Lewis, Paul Dano (societe)@@@


Daniel Plainview décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils à Little Boston, une petite ville californienne abondante en pétrole. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire. Jusqu'à ce que les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les liens entre père et fils soient mis en péril par la corruption.

TELERAMA
Au début du XXᵉ siècle, l’ascension et la chute d’un magnat du pétrole. Grand film romanesque et satire féroce du pouvoir à l’américaine : le fric contre la foi.

Durant de longues minutes, il n’y a pas de dialogues. Rien que des bruits : de pelles, de pioches qui creusent le sol à la recherche de l’or. Puis de l’or noir. Bruits, souffles, ahanements. Stridences, aussi, qui composent l’une des plus belles musiques de film de ces dernières années (signée Jonny Greenwood, de Radiohead)…

Le film, magistral, est une fresque intimiste. Un duel où s’affrontent deux Julien Sorel américains, face à leurs « rouge et noir » à eux : l’or et la foi. D’un côté, un self-made-man à l’ambition forcenée et à la paranoïa insidieuse (Daniel Day-Lewis, le seul comédien suffisamment génial, actuellement, pour nous persuader qu’en faire trop c’est encore pas assez). De l’autre, un être hâve, pâle, malingre, effacé (Paul Dano), qui, pour la gloire de Dieu, s’empare de l’âme de ses ouailles à coups de sermons et d’exorcismes. Entre capitalisme et Eglise, c’est une lutte à mort. Entre ces deux fous, la violence circule comme le sang dans les veines. Elle leur est si naturelle qu’on dirait qu’elle les vivifie…

Pour ce film, Anderson a changé de style. Les plans-séquences à la Ophuls de Boogie Nights ont cédé la place à des travellings intenses et secs, qui évoquent plutôt le Stroheim des Rapaces. Intense, rageur, magnifique…
THERE WILL BE BLOOD, Paul Thomas Anderson 2007, Daniel Day-Lewis, Paul Dano (societe)@@@ (E)
Daniel Plainview décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils à Little Boston, une petite ville californienne abondante en pétrole. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'uni ...

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TOI ET MOI, Julie Lopes Curval 2005, Marion Cotillard, Julie Depardieu (moeurs)@@


Rédactrice de romans-photos pour la revue "Toi et Moi," Ariane a tendance à y transposer sa vie amoureuse et celle de sa soeur Léna, en les embellissant.

TELERAMA
Sorte de mini “Sex and the City” à la française où deux grandes filles d’aujourd’hui cherchent l’amour. Un film qui a du peps.

Dans ce deuxième opus tout bariolé de Julie Lopes-Curval (réalisatrice de Bord de mer et, plus récemment, de Mères et filles), il y a un « concept », comme disent les publicitaires : le roman-photo imprègne la forme, le fond s’invite dans l’histoire. L’une des deux héroïnes (Julie Depardieu) en écrit au kilomètre pour un journal qui s’appelle Toi et moi. Beaucoup de situations ont à l’écran leur équivalence kitsch et idéalisée. Mignon, peut-être, mais anachronique : pourquoi passer par une référence aussi désuète pour parler d’aujourd’hui ?

Car l’efficacité et le peps du film ont plutôt à voir avec la série télé Sex and The City, consacrée aux pérégrinations sentimentales de filles trentenaires en milieu urbain. Au centre, Marion Cotillard, avant consécration internationale, est irrésistiblement charmante dans le rôle très profil bas (le dernier ?) d’une violoncelliste timide, confrontée à un ouragan de charisme, d’assurance et de sex-appeal - Jonathan Zaccaï. Autour d’eux, Julie Depardieu s’avère comme prévu burlesque en reine des pommes, tandis que Tomer Sisley esquisse une amusante version de l’hystérie au masculin. Et derrière l’enchaînement des gags et des quiproquos, cet envers secret de toute bonne comédie : non pas le roman-photo, mais le mélo.
TOI ET MOI, Julie Lopes Curval 2005, Marion Cotillard, Julie Depardieu (moeurs)@@ (E)
Rédactrice de romans-photos pour la revue "Toi et Moi," Ariane a tendance à y transposer sa vie amoureuse et celle de sa soeur Léna, en les embellissant.

TELERAMA
Sorte de mini “Sex and the ...

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TOMB RAIDER, Roar Uthaug 2018, Alicia Vikander, Dominic West


Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d'une île mythique au large du Japon. Le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d'innombrables ennemis et repousser ses propres limites.

TELERAMA
Les deux précédentes transpositions du jeu vidéo, avec Angelina Jolie, réalisées par Simon West, en 2001, puis par Jan de Bont, en 2003, manquaient d’une vision, s’embourbant dans des intrigues paranormales et un ésotérisme de bazar. Ce redémarrage peut se voir comme une variation contemporaine sur le mythe d’Orphée et Eurydice. Persuadée que son explorateur de père, disparu depuis sept ans, est encore en vie, la jeune Lara Croft (Alicia Vikander) s’embarque pour une île funéraire du Japon, sorte d’antichambre de l’Enfer.
Très impliquée physiquement, l’actrice encaisse les coups, les contusions, les blessures durant ses affrontements, suffocants et souvent au corps-à-corps, avec les mâles pilleurs de tombes menés par Walton Goggins (« gueule » vue dans les séries The Shield et Justified). Par son sens de l’action, le cinéaste en fait une héroïne plus tangible et plus incarnée que ne l’était la version Angelina Jolie, très poupée de cire, tout en rendant hommage aux origines vidéoludiques de la franchise — la scène, quasi absurde, de l’épave d’avion perchée en haut d’une cascade, plateforme qui n’en finit plus de s’écrouler.
En 2015, Roar Uthaug signait The Wave, film catastrophe norvégien recommandable, dans lequel un géologue, après avoir échappé à un tsunami en se réfugiant sur les hauteurs d’un fjord, retournait en contrebas à la recherche de sa famille. C’était, déjà, un voyage au royaume des morts.
TOMB RAIDER, Roar Uthaug 2018, Alicia Vikander, Dominic West (E)
Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'e ...

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TONI ERDMANN, Maren Ade 2016, Sandra Muller, Peter Simonishek (societe)@@


Ines, quadragénaire aux nerfs d'acier, est l'une des brillantes associées d'une société allemande installée à Bucarest. Sa vie bascule quand elle voit débarquer son père, Winfried, sexagénaire excentrique et farceur. L'homme, qui ne s'est jamais trop pris au sérieux, surprend régulièrement sa fille, très investie dans son travail. Winfried s'est par ailleurs créé un personnage, appelé Toni Erdmann, et invente des fictions qu'il impose à sa fille et à son entourage professionnel. Ines est rapidement excédée par ce père encombrant qui sème la zizanie dans sa vie bien organisée et lui fait honte... Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre, jusqu'à ce que son père lui pose la question "es-tu heureuse?"

TELERAMA
La farce, émouvante par son auscultation du lien père/fille, réserve jusqu’au bout des surprises. Dont ce grand moment burlesque à forte teneur symbolique où Ines, incapable de retirer sa robe trop moulante, tente de s’extraire de son corset oppressant : on assiste là, ni plus ni moins, à la métamorphose d’une femme sortant de sa chrysalide.

Une femme d’affaires psychorigide, installée à Bucarest, voit son guignol de père bouleverser sa vie. Charge loufoque contre le libéralisme triomphant. Allemande de 37 ans expatriée à Bucarest, Ines est consultante financière. À la veille d’une négociation délicate, elle n’apprécie pas l’arrivée de son père, un boute-en-train négligé qui jaillit, tel un diable de sa boîte, au beau milieu du hall de son entreprise roumaine, affublé d’une perruque informe couleur prune et d’un dentier postiche. Il va perturber, révéler le cirque ambiant, celui des convenances sociales et du libéralisme triomphant… À travers lui, Maren Ade nous fait décoller du réel, tout en nous parlant du monde contemporain, et nous embarque vers des régions insoupçonnées, loin des divers carcans qui entravent chacun de nous.



TONI ERDMANN, Maren Ade 2016, Sandra Muller, Peter Simonishek (societe)@@ (E)
Ines, quadragénaire aux nerfs d'acier, est l'une des brillantes associées d'une société allemande installée à Bucarest. Sa vie bascule quand elle voit débarquer son père, Winfried, sex ...

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TOP GUN, Tony Scott, Tom Cruise, Kelly Mac Gillis@@


Pete Maverick Mitchell, un jeune prodige du pilotage peu apprécié par sa hiérarchie, rejoint la très réputée école de l'aéronavale américaine, Top Gun, pour perfectionner ses techniques de combat aérien. Tous les étudiants concourent pour le titre de meilleur pilote.
TOP GUN, Tony Scott, Tom Cruise, Kelly Mac Gillis@@ (E)
Pete Maverick Mitchell, un jeune prodige du pilotage peu apprécié par sa hiérarchie, rejoint la très réputée école de l'aéronavale américaine, Top Gun, pour perfectionner ses te ...

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TORI ET LOKITA, freres Dardenne


Deux adolescents ont fui l'Afrique de l'Ouest et se sont retrouvés en Belgique. La dure réalité de la vie de réfugié rapproche Tori et Lokita. Ensemble, ils essaient de se construire une vie de frère et sœur et c'est ainsi qu'ils ont commencé à s'aimer. Cependant, il est difficile d'obtenir un permis de séjour.

TELERAMA
Ayant fui l’Afrique, une adolescente et un petit garçon doivent tout affronter. Jean-Pierre et Luc Dardenne racontent leurs épreuves avec une empathie exemplaire. Les frères Dardenne signent un film sous tension qui nous saisit et nous ouvre les yeux.

Elle suffoque, Lokita. Comme si elle avait tout le temps un couteau sous la gorge. Sur les routes de l’exil, cette adolescente a aidé le petit Tori, qui devait quitter un pays où il était persécuté. Il a eu le droit de rester en Belgique, mais pas Lokita. Maintenant, elle doit tout affronter. La Justice, qui veut l’expulser. Un homme menaçant qui lui fait vendre de la drogue et exige des faveurs sexuelles contre quelques dizaines d’euros en plus. Le passeur, qui réclame son dû et la rackette, et sa propre mère, qui l’accuse, au téléphone, de garder ce qu’elle gagne au lieu de lui envoyer. Lokita n’a aucun droit, elle n’est là que pour servir les intérêts de tous.

Avec leur mise en scène taillée dans le vif, les Dardenne donnent une vérité palpable à la prison de l’adolescente. D’un plan à l’autre, la pression ne retombe pas, aucun espace de liberté n’existe. Seul Tori parvient à créer la sienne : il va et vient, passe partout, débrouillard comme tous les gamins. À travers lui, l’enfance se rappelle à un monde où elle ne signifie plus rien. La loi du plus fort et l’exploitation du plus faible ont éradiqué l’innocence, la tendresse. Lesquelles subsistent entre Tori et Lokita, comme un trésor de contrebande, une solidarité magnifique et cependant menacée dans une vie qui les expose au pire. Leur souffrance est montrée pudiquement, exprimée à mi-voix, parce qu’elle ne fait aucun bruit et demeure invisible dans un monde qui ne veut rien entendre ni voir. Alors, heureusement que les Dardenne sont là. Lucides et courageux, ils signent un de leurs films les plus forts.

SYNOPSIS
Après avoir fui leur Afrique natale, Tori et Lokita tentent de se faire une place dans leur pays d'accueil, la Belgique. Malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent pas à se sortir du cercle vicieux dans lequel ils sont enfermés, victimes du réseau qui les a fait venir de manière clandestine. En effet, si Tori parvient à rapidement régulariser sa situation, ce n'est pas le cas de sa grande soeur. Piégée, celle-ci doit accepter diverses tâches imposées par des hommes peu scrupuleux, notamment du trafic de drogue. Désireux d'aider Lokita, Tori finit lui aussi par céder aux sirènes de cet argent, au premier abord facile...

TORI ET LOKITA, freres Dardenne (E)
Deux adolescents ont fui l'Afrique de l'Ouest et se sont retrouvés en Belgique. La dure réalité de la vie de réfugié rapproche Tori et Lokita. Ensemble, ils essaient de se construire une vie de frèr ...

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TOUCHEES, Alexandra Lamy 2021, Melanie Doutey, Claudia Tagbo, Chloe Jouannet (sport violences sexuelles)@@


Lucie vient d'emménager à Anduze avec son fils Léo pour s'éloigner de son ex-mari violent. Dans l'espoir de se reconstruire, elle s'inscrit à une thérapie basée sur l'escrime proposée par une association locale. Là, elle rencontre d'autres femmes victimes de violences sexuelles et noue une amitié sincère avec Tamara et Nicole. Petit à petit, les participantes retrouvent confiance en elles. Lorsque l'ex-mari de Lucie refait surface, elle n'est plus seule pour affronter ses peurs et son passé.

TELERAMA
Pour son tout premier film en tant que réalisatrice, l’actrice Alexandra Lamy adapte la bande dessinée Touchées, de Quentin Zuttion, mise en lumière d’un sujet des plus sensibles : les violences faites aux femmes. On retrouve le même trio d’héroïnes : Lucie (Mélanie Doutey, dans un rôle intense), qui a fui un mari violent, Nicole (Claudia Tagbo), murée dans la solitude après un viol, et Tamara (Chloé Jouannet), dont le trauma de l’inceste se mue en agressivité. Toutes les trois se rencontrent, s’apprivoisent puis s’épaulent dans un centre où la thérapie est basée sur la pratique de l’escrime. Une manière de réapproprier son corps et ses peurs. Auprès d’elles, Éva, la psy bienveillante (convaincante Andréa Bescond), accueille pétages de plombs et crises de larmes.
Parfois alourdi par des scènes un peu poussives – comme celle où Tamara boit seule lors d’une soirée d’angoisse –, Touchées aborde avec justesse la multitude d’épreuves surmontées par les victimes avant une possible reconstruction : l’importance de porter plainte, le déni des membres de la famille, la culpabilité. Un film d’utilité publique, qui n’omet pas de rappeler le pire : les violences intrafamiliales peuvent aussi tuer.


TOUCHEES, Alexandra Lamy 2021, Melanie Doutey, Claudia Tagbo, Chloe Jouannet (sport violences sexuelles)@@ (E)
Lucie vient d'emménager à Anduze avec son fils Léo pour s'éloigner de son ex-mari violent. Dans l'espoir de se reconstruire, elle s'inscrit à une thérapie basée sur l'escrime proposée ...

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TOUS EN SCENE, Garth Jennings 2016, voix de Patrick Bruel, Jenifer Bartoli (animation jeunesse)@@


Buster Moon est un élégant koala, directeur d'une salle de théâtre dont les années de gloire passées commencent à tomber dans l'oubli. Buster est un éternel optimiste, et peut-être un peu fripouille. Il aime son théâtre plus que tout et fera le maximum pour le préserver. Une chance se présente à lui : organiser le plus grand concours de chant au monde. Cinq candidats se retrouvent en tête : une souris, un éléphant, un porc-épic, un cochon, et un gorille. Ils espèrent tous changer leur vie.

TELERAMA
Ado éléphante, jeune porc-épic révoltée ou gorille en rupture participent à un concours de chant façon télé-crochet. Humour, énergie : une réussite.
Les réalisateurs, Christophe Lourdelet et Garth Jennings, mettent littéralement en scène des personnages aussi drôles qu’attachants, tous passionnés par la musique… Universal Pictures - Illumination Entertainment - Hammer & Tongs

Champion du divertissement, le studio Illumination Entertainment fabrique avec une régularité de métronome des succès du cinéma d’animation, de Moi, moche et méchant aux Minions. Avec son histoire de concours de chant qui surfe sur la vogue de programmes télé comme The Voice, Tous en scène a été entièrement pensé pour décrocher le gros lot au box-office. Mais au-delà de la stratégie marketing, le charme saute aux yeux. Ceux du petit koala Buster Moon ­s’illuminent quand d’autres animaux ­viennent chanter sur la scène de son théâtre, au bord de la faillite. Ce regard émerveillé devient aussi le nôtre.

La réussite de Tous en scène réside dans l’art de faire exister, en deux temps, trois mouvements, des personnages simples, attachants et drôles et qu’on n’a aucun mal à croire passionnés par la musique. Une grande ado éléphante qui a le trac et, derrière le micro, ne sait plus où se mettre. Une jeune porc-épic en révolte rock. Un ­gorille qui rompt avec sa meute, embarquée dans des cambriolages, pour entonner du Elton John. Ou bien encore, dans la famille cochon, une maman qui jongle avec ses vingt-cinq cochonnets et son envie de réussir dans la chanson. Pour les croquer tous, le trait est énergique et familier, comme les airs que chacun reprend, Bad ­Romance, de Lady Gaga, ou My way, de ­Sinatra…

En misant sur le plaisir enfantin de cette musique entraînante, le réalisateur nous parle de trouver sa voix et sa voie, de la joie d’être soi-même, star ou pas. Le message est aussi mignon que Buster Moon le koala.
TOUS EN SCENE, Garth Jennings 2016, voix de Patrick Bruel, Jenifer Bartoli (animation jeunesse)@@ (E)
Buster Moon est un élégant koala, directeur d'une salle de théâtre dont les années de gloire passées commencent à tomber dans l'oubli. Buster est un éternel optimiste, et peut-êtr ...

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TOUS LES SOLEILS, Philippe Claudel 2011, Stefano Accorsi, Lisa Cipriani, Neri Marcorè (sentimental)@@@


Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir.

Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d'autant plus qu'il est entouré d'une bande de copains dont la fantaisie burlesque l'empêche de se sentir seul.

Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l’amour, sans qu’il s’y attende, tout va basculer pour Alessandro…

Alessandro est un professeur italien de musique qui vit à Strasbourg avec sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère, un gentil fou anarchiste. Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l'existence.

TELERAMA
Strasbourg en ville italienne : c'est l'impression, plaisante, que donne le deuxième film de Philippe Claudel. Après un drame de femmes, Il y a longtemps que je t'aime, il opte pour une fantaisie au masculin. Alessandro est italien, veuf et prof de musique. Un type craquant incarné par Stefano Accorsi, tantôt drôle, tantôt mélancolique. Autour de lui : des potes insouciants, sa fille de 15 ans en crise, et un attachant et insupportable frère anar qui vit à ses crochets. Toute la journée en peignoir, ce trublion en chambre fait des gnocchis et demande l'asile politique tant il vomit Berlusconi.

Philippe Claudel rend un hommage modeste et enjoué à la ­comédie italienne, aux films de copains façon Yves Robert et à... la tarantelle, danse traditionnelle qui rythme ce sympathique feel good movie. — Guillemette Odicino
TOUS LES SOLEILS, Philippe Claudel 2011, Stefano Accorsi, Lisa Cipriani, Neri Marcorè (sentimental)@@@ (E)
Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugi& ...

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OUT CE QUI BRILLE Géraldine Nakache 2009, Géraldine Nakache, Leila Bekthi@@


Ely et Lila sont comme deux soeurs. Elles se connaissent depuis l'enfance, partagent tout et rêvent ensemble d'une autre vie. Elles vivent dans la même banlieue, à dix minutes de Paris. Aujourd'hui, Ely et Lila ne veulent plus être à dix minutes de leurs vies. De petites embrouilles en gros mensonges, elles vont tout faire pour essayer de pénétrer un monde qui n'est pas le leur où tout leur semble possible.
OUT CE QUI BRILLE Géraldine Nakache 2009, Géraldine Nakache, Leila Bekthi@@ (E)
Ely et Lila sont comme deux soeurs. Elles se connaissent depuis l'enfance, partagent tout et rêvent ensemble d'une autre vie. Elles vivent dans la même banlieue, à dix minutes de Paris. Aujourd'hui, Ely et Lila ne veulent ...

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TOUT DE SUITE MAINTENANT, Pascal Bonitzer 2015,Isabelle Huppert, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Jean-Pierre Bacri (societe)@@


Nora, jeune trentenaire, a décroché un emploi intéressant dans la haute finance. Barsac, son nouveau patron, lui révèle qu'il a travaillé avec Serge, son père. La jeune femme, qui se demande si elle n'a pas été engagée à cause de son nom, cache la vérité à ce dernier, reconverti dans la recherche. Serge est un homme acariâtre qui lui mène la vie dure. Ambitieuse, Nora gravit les échelons et finit par rencontrer Solveig, visiblement malheureuse dans son mariage avec Barsac. Celui-ci l'envoie négocier un gros contrat, avec Xavier, un jeune homme d'origine modeste qui ne déplaît pas à Maya, la soeur artiste de Nora...

TELERAMA
En plongeant dans l’univers de la haute finance, le réalisateur réussit une satire du monde contemporain, qui met à l’épreuve les idéalistes.

Nora (Agathe Bonitzer), débutante stressée, prend ses fonctions d’analyste financière chez un consultant prestigieux sans connaître la raison principale de son embauche : pour ses deux patrons (Lambert Wilson et Pascal Greggory), elle est d’abord la fille d’un homme (Jean-Pierre Bacri) qu’ils ont bien connu, et humilié, autrefois.

Ambitions professionnelles et passions amoureuses, secrets de famille et conflits de générations : il y aurait de quoi développer une série autour des sept personnages de cette histoire. Les uns brandissent leur morale et souffrent d’un sentiment d’échec ou d’un interminable deuil sentimental. Les autres, à la prospérité arrogante, sont taraudés par la culpabilité. Ces ingrédients de saga, Pascal Bonitzer en tire un film serré et acéré.

Derrière la satire de la haute finance (et, au-delà, du monde contemporain), où l’organigramme change à l’issue de chaque réunion ou presque, il s’agit, constamment, de la confrontation entre les idéalistes et les pragmatiques. Isabelle Huppert joue ainsi un personnage qui a froidement arbitré, jadis, entre les trois hommes de sa vie. Cette femme riche, fragilisée, pleine de haine de soi, mais à l’apparence bizarrement juvénile, donne une clé décisive : il y a toutes sortes de façons de rester fidèle à soi-même. Mais toutes ne se valent pas.

TOUT DE SUITE MAINTENANT, Pascal Bonitzer 2015,Isabelle Huppert, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Jean-Pierre Bacri (societe)@@ (E)
Nora, jeune trentenaire, a décroché un emploi intéressant dans la haute finance. Barsac, son nouveau patron, lui révèle qu'il a travaillé avec Serge, son père. La jeune femme, qui se demande ...

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TOUT L ARGENT DU MONDE, Ridley Scott 2017, Michelle Williams, Mark Wahlberg, Christopher Plummer, Timothy Hutton @@


Rome, 1973. Des hommes masqués kidnappent Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, un magnat du pétrole connu pour son avarice, mais aussi l'homme le plus riche du monde. Pour le milliardaire, l'enlèvement de son petit-fils préféré n'est pas une raison suffisante pour qu'il se sépare d'une partie de sa fortune.
TOUT L ARGENT DU MONDE, Ridley Scott 2017, Michelle Williams, Mark Wahlberg, Christopher Plummer, Timothy Hutton @@ (E)
Rome, 1973. Des hommes masqués kidnappent Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, un magnat du pétrole connu pour son avarice, mais aussi l'homme le plus riche du monde. Pour le milliardaire, l'enlèvement de son petit-fil ...

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TOUT LE MONDE DEBOUT, Frank Dubosc 2018, Frank Dubosc, Alexandra Lamy (sentimental sante)@@@


Jocelyn, homme d'affaires en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d'être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en se faisant passer pour un handicapé. Jusqu'au jour où elle lui présente sa soeur elle-même handicapée.

TELERAMA
Quelques traits d’humour épais à la Franck Dubosc, mais quelques jolies idées de scénario, aussi, et la présence d’une Alexandra Lamy lumineuse.

Jocelyn drague tout le temps, par tous les moyens, en mentant comme un arracheur de dents. Au point de laisser croire à une fille canon qu’il est handicapé moteur. Problème : si elle s’intéresse à lui, c’est pour lui présenter sa sœur, réellement handicapée. Coincé dans son fauteuil roulant et son mensonge, Jocelyn guérira-t-il de son infirmité sentimentale ?

Petite surprise : devenu réalisateur, Franck Dubosc s’est écrit un rôle qui diffère un peu de l’habituel crâneur imbu de lui-même. Le voilà, pour la première fois, séduit par l’amour (et une Alexandra Lamy lumineuse)… On excuse quelques traits d’humour épais devant la grâce d’un dîner aux chandelles dans une piscine. Et devant une jolie idée scénaristique qui honore l’intelligence des femmes et atteste d’un regard tendre et juste sur le handicap.
TOUT LE MONDE DEBOUT, Frank Dubosc 2018, Frank Dubosc, Alexandra Lamy (sentimental sante)@@@ (E)
Jocelyn, homme d'affaires en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d'être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en ...

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TOUT PEUT ARRIVER, Jack Nicholson, Diane Keaton (sentimental)@@


Harry Sanborn, directeur d'une maison de disques new-yorkaise, ne sort qu'avec des filles de moins de 30 ans. Durant un rendez-vous romantique avec sa nouvelle petite amie, Marin, il tombe sous le charme de sa mère féministe divorcée, Erica Barry. Cependant, un médecin trentenaire séduisant veille au grain.

TELERAMA
Un film qui s’intéresse avec humour à la sexualité des sexagénaires. Keaton, féministe sexy, trouve l’extase dans les bras de Nicholson, vieux cabot hilarant shooté au Viagra.
Cette comédie romantique a frôlé en son temps le happening si l’on rapporte l’âge de ses pro­tagonistes, la soixantaine, aux 125 millions de dollars gagnés au box-office amé­ricain. Diane Keaton, riche écrivaine qui croyait avoir « fermé boutique », retrouve sa verdeur dans les bras de Jack Nicholson, superpatron vermoulu, toujours entre deux infarctus et deux amantes. Le Viagra comme stimulant pour l’un, la ménopause comme contraceptif pour l’autre : Nancy Meyers, une des rares cinéastes femmes puissantes de Hollywood au début des années 2000, parle sans détour de la sexualité après la jeunesse, amortissant toutefois le « choc » avec beaucoup de luxe — villa de millionnaire sur Long Island.

Un blockbuster romantique
Antijeuniste et antimachiste, le film parvient à faire drôle sur les deux fronts. Diane Keaton est fêtée par le scénario, courtisée même par Keanu Reeves, mais elle a tendance à surjouer. C’est Nicholson qui décroche la timbale, poussant son numéro présénile vers des sommets de cabotinage ­masochiste, fesses à l’air dans les couloirs de la clinique.

Dommage que ce burlesque de l’âge mûr s’estompe peu à peu au service du cahier des charges usuel des blockbusters romantiques. Et que le film s’étire plus que de raison : on se serait passé du happy end à Paris, vu comme le symbole de l’antiquaille toujours désirable…
TOUT PEUT ARRIVER, Jack Nicholson, Diane Keaton (sentimental)@@ (E)
Harry Sanborn, directeur d'une maison de disques new-yorkaise, ne sort qu'avec des filles de moins de 30 ans. Durant un rendez-vous romantique avec sa nouvelle petite amie, Marin, il tombe sous le charme de sa mère féministe d ...

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TOUT PEUT ARRIVER, Nancy Meyers 2003, Jack Nicholson, Diane Keaton (sentimental)@@@


Harry Sanborn, directeur d'une maison de disques new-yorkaise, ne sort qu'avec des filles de moins de 30 ans. Durant un rendez-vous romantique avec sa nouvelle petite amie, Marin, il tombe sous le charme de sa mère féministe divorcée, Erica Barry. Cependant, un médecin trentenaire séduisant veille au grain.

TELERAMA
La regrettée Diane Keaton, féministe sexy, trouve l’extase dans les bras de Jack Nicholson, vieux cabot hilarant shooté au Viagra. Antijeunisme et antimachisme au programme de cette comédie romantique burlesque.

Cette comédie romantique a frôlé en son temps le happening si l’on rapporte l’âge de ses protagonistes, la soixantaine, aux 125 millions de dollars gagnés au box-office américain. Diane Keaton, riche écrivaine qui croyait avoir « fermé boutique », retrouve sa verdeur dans les bras de Jack Nicholson, superpatron vermoulu, toujours entre deux infarctus et deux amantes. Le Viagra comme stimulant pour l’un, la ménopause comme contraceptif pour l’autre : Nancy Meyers, une des rares cinéastes femmes puissantes de Hollywood au début des années 2000, parle sans détour de la sexualité après la jeunesse, amortissant toutefois le « choc » avec beaucoup de luxe — villa de millionnaire sur Long Island.

Antijeuniste et antimachiste, le film parvient à faire drôle sur les deux fronts. Diane Keaton est fêtée par le scénario, courtisée même par Keanu Reeves, mais elle a tendance à surjouer. C’est Nicholson qui décroche la timbale, poussant son numéro présénile vers des sommets de cabotinage masochiste, fesses à l’air dans les couloirs de la clinique. Dommage que ce burlesque de l’âge mûr s’estompe peu à peu au service du cahier des charges usuel des blockbusters romantiques. Et que le film s’étire plus que de raison : on se serait passé du happy end à Paris, vu comme le symbole de l’antiquaille toujours désirable…
TOUT PEUT ARRIVER, Nancy Meyers 2003, Jack Nicholson, Diane Keaton (sentimental)@@@ (E)
Harry Sanborn, directeur d'une maison de disques new-yorkaise, ne sort qu'avec des filles de moins de 30 ans. Durant un rendez-vous romantique avec sa nouvelle petite amie, Marin, il tombe sous le charme de sa mère féministe d ...

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TOUT POUR MA FILLE, Hans Steinbichler 2016, Romy Butz, Rosalie Thomass


Agricultrice, Hanni Schwaiger vit dans une ferme bavaroise avec son mari Sepp, sa belle-mère et ses trois enfants. La santé de Magdalena, sa fille de neuf ans, l'inquiète, mais la jeune femme consulte en vain une série de médecins, dont aucun ne décèle la moindre pathologie. Se refusant à accepter leurs verdicts rassurants, elle obtient, avec les plus grandes difficultés, que l'enfant subisse des examens approfondis.
TOUT POUR MA FILLE, Hans Steinbichler 2016, Romy Butz, Rosalie Thomass (E)
Agricultrice, Hanni Schwaiger vit dans une ferme bavaroise avec son mari Sepp, sa belle-mère et ses trois enfants. La santé de Magdalena, sa fille de neuf ans, l'inquiète, mais la jeune femme consulte en vain une s&eacu ...

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TOUT S EST BIEN PASSE, Francois Ozon, Andre Dussolier,Sophie Marceau (sante societe)@@@


Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se rend à l'hôpital où se trouve son père André, qui vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionnément la vie, curieux de tout, mais diminué, il demande à sa fille de l'aider à mourir.

TELERAMA
François Ozon aborde le sujet délicat du suicide assisté, inspiré par une histoire vraie. André Dussollier impressionne en vieil homme sarcastique.
A-t-on ri ne serait-ce qu’une fois en dévorant Tout s’est bien passé, le livre d’Emmanuèle Bernheim, paru il y a huit ans ? Dans le miroir déformant de nos souvenirs, la précision sèche du récit, sa gravité ramassée ont fini par imposer leur domination… Non pas que l’on se soit gondolée devant l’adaptation qu’en a réalisée François Ozon, loin de là, mais le film découvert mercredi en compétition au Festival de Cannes en 2021, surprend par ses éclats d’humour, d’autant plus cruels et savoureux qu’ils sont tirés à bout portant par un acteur tendrement aimé et généralement tenu pour inoffensif, André Dussollier.

La science du casting, chez Ozon, fait merveille. Septuagénaire à la voix d’or, l’éternellement fringant Dussollier incarne donc André Bernheim, 85 ans, grand bourgeois et collectionneur d’art qu’un AVC rend hémiplégique et qui choisit d’aller mourir en Suisse et dans la dignité, selon la formule consacrée. Métamorphosé par des prothèses, le visage déformé, l’élocution difficile, diminué et rageur, le comédien livre une « performance » bluffante. Le cinéaste s’intéresse d’abord au quotidien concret du patient et de ses proches – l’hôpital et son cortège de terreurs –, puis dessine le portrait d’un esthète autoritaire et charmeur, d’un égoïste jouisseur, mari infidèle d’une sculptrice dépressive (Charlotte Rampling) et redoutable père d’une paire de filles interprétées par Sophie Marceau et Géraldine Pailhas.

Du déni à l’acceptation
« Tu es mon fils préféré », lâche le vieil homme désormais infirme à Emmanuelle, alias la romancière, à qui il confie une mission impossible : l’aider « à en finir ». Même si la malheureuse rêva, enfant, d’occire ce pater pas très familias, bonjour le cadeau empoisonné ! Tout s’est bien passé raconte son trajet intime, du refus initial à l’acceptation, avec une intelligence fidèle à l’ouvrage d’origine. Femme aux yeux secs – porteuse de lentilles, on la voit plusieurs fois se mettre des « fausses larmes » –, l’autrice pleurera bientôt pour de bon sans que le long métrage ne verse dans un pathos éhonté.

Sophie Marceau incarne avec beaucoup de sensibilité et de retenue cette adulte solide, bouleversée jusque dans ses rêves mais se découvrant aussi un courage insoupçonné. Ozon filme joliment la complicité qui l’unit à sa frangine : lors d’une courte scène sans paroles, il les montre entremêlant leurs pieds telles deux gamines joueuses, et tout est dit. Peut-être était-il inutile, alors, d’ajouter des flash-back pour illustrer la jeunesse douloureuse de l’héroïne ? Qu’importe. Tout s’est bien passé trouve un équilibre harmonieux entre le drame familial et le film-dossier – les aspects légaux et moraux, du suicide assisté, interdit en France, sont traités sans détours –, tout en ménageant un étrange suspense : la « grande évasion » aura-t-elle lieu ?
TOUT S EST BIEN PASSE, Francois Ozon, Andre Dussolier,Sophie Marceau (sante societe)@@@ (E)
Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se rend à l'hôpital où se trouve son père André, qui vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionn&eacut ...

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TOUT SAUF TOI, Will Gluck 2023, Sydney Sweeney, Glen Powell (comedie sentimentale)@@


Béa et Ben vivent un premier rendez-vous plein de passion et d'attraction. Mais aussi vite que les étincelles jaillissent, l'intérêt s'estompe également. Ils se séparent jusqu'à ce qu'ils se retrouvent de manière inattendue lors d'un mariage en Australie.

TELERAMA
Un trader et une étudiante prétendent être en couple alors qu’ils se détestent… Dommage que Will Gluck préfère exploiter le physique de ses interprètes plutôt que le potentiel théâtral de son récit.

Succès surprise au box-office américain fin décembre, Tout sauf toi marque le retour de Will Gluck à la comédie romantique. Avant de travailler sur des films familiaux – dont les adaptations de Pierre Lapin –, le réalisateur s’était illustré au début des années 2010 avec les honorables Easy Girl et Sexe entre amis, carburant aux simulacres. Le premier mettait en scène Emma Stone en lycéenne se faisant passer pour une fille facile. Dans le second, Mila Kunis et Justin Timberlake se mentaient à eux-mêmes en imaginant qu’une relation purement amicale et sexuelle puisse échapper à l’amour.

Vaguement inspirée d’une pièce de Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien, cette nouvelle romcom se focalise sur une étudiante en droit et un trader de Boston, qui se détestent depuis un malentendu à la fin de leur premier rendez-vous. Quand ils se retrouvent par hasard à un mariage en Australie, ils font mine d’être ensemble afin de déjouer les plans de leurs proches entremetteurs. Au programme : plusieurs détours par Sydney, entre final attendu devant l’opéra et péripéties plus surprenantes, avec le couple attendant les secours sur une bouée de signalisation au milieu de la baie.

En fait, les origines théâtrales n’intéressent guère le cinéaste, qui ne se concentre ni sur les faux-semblants, ni sur le huis clos familial dans une villa au bord de la mer de Tasman. Il préfère exploiter sans vergogne la plastique de ses deux interprètes, Glen Powell (aperçu dans le blockbuster Top Gun : Maverick) et Sydney Sweeney (vue dans la série Euphoria). Sommet, si l’on ose dire : le gag lourdingue à base d’araignée dans le short durant une excursion en pleine nature, sur le modèle d’une séquence mémorable de 6 Jours, 7 nuits (Ivan Reitman, 1998). Dommage, car lorsque Gluck joue plutôt sur la maladresse de l’héroïne, il obtient de meilleures scènes, dont le savoureux vol du cookie du partenaire masculin endormi dans un avion, à dix mille mètres d’altitude.
TOUT SAUF TOI, Will Gluck 2023, Sydney Sweeney, Glen Powell (comedie sentimentale)@@ (E)
Béa et Ben vivent un premier rendez-vous plein de passion et d'attraction. Mais aussi vite que les étincelles jaillissent, l'intérêt s'estompe également. Ils se séparent jusqu'à ce qu'ils se r ...

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TOUTE LA BEAUTE ET LE SANG VERSE, Laura Poitras 2022 (documentaire bio Nan Goldwin)


Des films et des interviews illustrent la vie et le travail de la photographe et activiste Nan Goldin. Elle a récemment mené une lutte victorieuse contre l'entreprise Purdue Pharma, accusée d'être responsable de l'épidémie d'opioïdes aux États-Unis. Divers musées ont finalement mis fin à leur collaboration suite à des protestations et, en octobre 2020, Purdue Pharma a été condamnée à des amendes de plusieurs milliards de dollars.

Le film est présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2022, où il remporte le Lion d'or.

Le film a pour sujet la vie et l'œuvre de la photographe Nan Goldin, ainsi que son combat contre la famille Sackler, propriétaire de la société pharmaceutique Purdue Pharma impliquée dans la crise des opioïdes avec son produit l'OxyContin.
TOUTE LA BEAUTE ET LE SANG VERSE, Laura Poitras 2022 (documentaire bio Nan Goldwin) (E)
Des films et des interviews illustrent la vie et le travail de la photographe et activiste Nan Goldin. Elle a récemment mené une lutte victorieuse contre l'entreprise Purdue Pharma, accusée d'être responsable de l ...

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TRACES, Tiago Guedes 2022, Nuno Lopes, Albano Jerónimo, Edgar Morais (drame)@@


Au milieu des années 1990, dans une bourgade isolée du nord du Portugal. Laureano, un adolescent, se plie à un mystérieux et violent rituel païen, contraint par trois camarades malintentionnés. 25 ans après les faits, le jeune homme subit toujours les conséquences de ce passage à tabac, lui qui vit en marge de la société, avec pour seule compagnie quelques chiens errants. Mais un jour, cet événement profondément enfoui dans les mémoires de ses agresseurs, désormais insérés dans la vie active et complètement désintéressés par le sort de Laureano, remonte soudain à la surface après une tragédie qui vient frapper l'un d'entre eux...

TELERAMA
Au Portugal, la tradition d’un village marque encore au fer rouge ses adolescents. Un drame saisissant. Attention, l’impressionnant prologue est difficilement soutenable. Une longue séquence de rite de passage à l’âge adulte, païen et violent, où de jeunes gens aux visages masqués par des sacs à patates subissent l’humiliation de leurs aînés, avant de courir dans les rues de leur petit village portugais pour harceler les filles, voire plus… Parce qu’il refuse de participer à ce qui risque de tourner à un viol collectif, Laureano est battu par trois autres adolescents. Il en gardera des séquelles, et vingt-cinq plus tard, devenu un homme en marge du village, une sorte de saint François d’Assise au milieu de chiens errants, il se retrouve, à nouveau, au cœur d’une injustice. Un passé marécageux remonte toujours à la surface…

Célèbre dramaturge, Tiago Guedes déterre les racines de la violence qui piègent les hommes, bourreaux comme victimes, dans un même enchevêtrement tragique. Avec une mise en scène en constantes lignes de fuite, d’une beauté sauvage, le réalisateur donne du temps au drame et laisse la peur s’installer : un sentiment de malédiction plane sur les décors ruraux, superbement éclairés. Seules une fête villageoise et quelques éoliennes rappellent que nous sommes bien au XXIᵉ siècle. Les personnages féminins tentent d’apporter un peu de douceur et d’humanité. Mais elles-mêmes se doutent, affolées, que le sang doit couler. Le film nous happe, ainsi, par la force de l’inéluctable — le sacrifice de l’« agneau » par les loups. Dans le rôle de l’homme qui, encore et toujours, refuse de faire le mal, Albano Jerónimo est bouleversant. Un film marquant sur la loi du plus fort avec un village portugais comme précipité de toutes les plaies « virilistes ».
TRACES, Tiago Guedes 2022, Nuno Lopes, Albano Jerónimo, Edgar Morais (drame)@@ (E)
Au milieu des années 1990, dans une bourgade isolée du nord du Portugal. Laureano, un adolescent, se plie à un mystérieux et violent rituel païen, contraint par trois camarades malintentionnés. 25 ans ...

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TRANSCENDANCE, Wally Pfister 2014, Johnny Depp (science fiction)@


Dans un futur proche, un groupe de scientifiques tente de concevoir le premier ordinateur doté d'une conscience et capable de réfléchir de manière autonome. Ils doivent faire face aux attaques de terroristes anti-technologies qui voient dans ce projet une menace pour l'espèce humaine. Lorsque le scientifique à la tête du projet est assassiné, sa femme se sert de l'avancée de ses travaux pour `transcender' son esprit dans le premier super ordinateur de l'histoire.

TELERAMA
Will Caster veut créer une machine susceptible de gérer les connaissances du monde entier avec toutes les émotions humaines existantes. Il devient la cible principale d’extrêmistes anti-technologie. Une idée intéressante et quelques beaux effets qui s’enlisent dans un scénario convenu.

Il y a toujours quelque chose à tirer d'un mauvais film de science-fiction. Au moins une vision du futur... Le premier film du chef op de Christopher Nolan imagine la résurrection d'un savant brillantissime — Johnny Depp — via implantation de sa conscience dans un (gros) disque dur, puis sur le réseau. Libérée des contraintes physiques, son intelligence n'a plus de bornes et le destine à dominer le monde. Pour le sauver ou pour l'asservir ? Le script évite la plupart des pièges — la question religieuse est évitée, le débat sur les méfaits de la technologie non tranché —, sauf celui d'une intrigue atone, incapable de donner réellement chair à des thématiques plutôt intéressantes. On confirme : dans un mauvais film de science-fiction, il y a souvent de bonnes idées, mal mises en musique...
TRANSCENDANCE, Wally Pfister 2014, Johnny Depp (science fiction)@ (E)
Dans un futur proche, un groupe de scientifiques tente de concevoir le premier ordinateur doté d'une conscience et capable de réfléchir de manière autonome. Ils doivent faire face aux attaques de terroristes anti ...

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TRE PIANI, Nanni Moretti 2021, Margherita Buy, Riccardo Scamarcio (drame)@@


Lucio et Sara, habitent au rez-de-chaussée de l'immeuble. Ils confient souvent leur fille de sept ans, Francesca, à leurs voisins de palier âgés, Giovanna et Renato. Dans l'appartement du dessus, Monica, épouse de Giorgio constamment à l'étranger pour son travail, va devenir mère et lutte contre la solitude. Au dernier étage vivent Dora et Vittorio, tous deux magistrats, et leur fils de vingt ans, Andrea. Ce dernier, qui a renversé une femme, demande l'aide de ses parents.

TELERAMA
Un accident bouleverse la vie d’un immeuble romain. Avec ce récit en trois époques, Nanni Moretti est plus sombre que jamais, mais toujours émouvant.
Même s’il est allé puiser dans la littérature, c’est sans doute à la densité narrative des séries que Nanni Moretti entend se confronter, avec ces intrigues croisées, riches en personnages et en rebondissements. On suit, en trois époques, la vie des habitants d’un bel immeuble de Rome — dans le roman adapté, Trois Étages, de l’Israélien Eshkol Nevo, l’histoire se déroulait à Tel-Aviv. Il y a d’abord le choc et l’effroi d’un accident, une nuit : un adolescent de l’immeuble, ivre au volant, renverse une passante enceinte, défonce un mur de briques de verre du rez-de-chaussée et finit sa course dans un appartement.

Les conséquences de ce drame sont multiples : l’affrontement destructeur entre l’adolescent coupable d’homicide involontaire et ses parents, tous deux magistrats ; le soupçon d’agression sexuelle contre une ­fillette par un voisin de palier retraité à qui elle avait été confiée pendant les événements ; un idylle transgressive entre le père de cette enfant et la petite-fille encore mineure du même retraité…

Plus sombre que jamais
En dépit de cette profusion inattendue, Tre piani donne souvent l’impression de retrouver un Nanni Moretti ­familier, celui de La Chambre du fils (2001) plutôt que de Habemus papam (2011). Un Moretti certes plus sombre que jamais, mais émouvant, humaniste, sinon humble. Moins soucieux, cette fois, de briller par des trouvailles de mise en scène que d’accompagner ses personnages éprouvés vers une certaine résilience, ou, du moins, une consolation.
TRE PIANI, Nanni Moretti 2021, Margherita Buy, Riccardo Scamarcio (drame)@@ (E)
Lucio et Sara, habitent au rez-de-chaussée de l'immeuble. Ils confient souvent leur fille de sept ans, Francesca, à leurs voisins de palier âgés, Giovanna et Renato. Dans l'appartement du dessus, Monica, ép ...

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TROIE, Wolfgang Petersen 2004, Brad Pitt, Diane Kruger (peplum)@@


Dans la Grèce antique, l'enlèvement d'Hélène, reine de Sparte, par Paris, prince de Troie, est une insulte que le roi Ménélas ne peut supporter. L'honneur familial étant en jeu, Agamemnon, frère de Ménélas et puissant roi de Mycènes, réunit toutes les armées grecques afin de faire sortir Hélène de Troie. L'issue de la guerre de Troie dépendra notamment d'un homme, Achille. Arrogant, rebelle, et réputé invicible, celui-ci n'a d'attache pour rien ni personne si ce n'est sa propre gloire.

TELERAMA
Côté casting, on n’a pas lésiné, avec Brad Pitt comme produit d’appel. Mais côté lecture d’Homère, on est loin du compte. Un péplum plan-plan.
Dans la foulée de Gladiator, Hollywood s'est mis en tête que l'épopée antique pouvait redevenir un filon. Troie a fait la preuve du contraire. La délicatesse fait défaut dans ce spectacle, qui rappelle les films en Technicolor qu'on voit aujourd'hui au second degré...

Pâris, joli coeur, embarque Hélène à Troie, et le roi Ménélas, cocufié, va s'en offusquer auprès de son frère Agamemnon, qui commence la guerre. Ces barbus courroucés vont chercher Achille, qui s'amusait avec son glaive, mais doit faire face à son destin... On rame vers Troie, et on se demande ce que Wolfgang Petersen cherche à prouver dans cette galère. Le péplum servirait-il désormais à requinquer la foi dans la politique extérieure américaine ?

Curieusement, Petersen, semblant retrouver ses origines allemandes, ravive dans la seconde partie le souvenir d'une autre mythologie, celle des Nibelungen. D'Achille et de son interprète, Brad Pitt, il fait son Siegfried. Un héros mélancolique, flanqué d'un cousin tout ce qu'il y a de germanique. C'est par cette rêverie détournée que Troie ravive, in extremis, la magie des univers légendaires.
TROIE, Wolfgang Petersen 2004, Brad Pitt, Diane Kruger (peplum)@@ (E)
Dans la Grèce antique, l'enlèvement d'Hélène, reine de Sparte, par Paris, prince de Troie, est une insulte que le roi Ménélas ne peut supporter. L'honneur familial étant en jeu, Agamemnon, fr ...

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TROIS JOURS MAX, Tarek Boudali 2023, Tarek Boudali, Philippe Lacheau


Rayane, policier maladroit, héroïque malgré lui dans 30 jours max, se trouve cette fois confronté à une situation des plus rocambolesques : sa grand-mère a été kidnappée par un cartel mexicain et il a trois jours max pour la libérer. Aux côtés de ses fidèles collègues, il va vivre des aventures extrêmes entre Paris, Abu Dhabi et Cancún.

TELERAMA
Après “30 Jours max”, Tarek Boudali revient en héros super gaffeur, avec plein de références à Indiana Jones et à Tom Cruise. Certains gags sont vraiment réussis, et l’ambiance générale excuse certaines lourdeurs.

Après 30 Jours max, pas très fin, souvent drôle, et triomphal (plus d’un million d’entrées envers et contre la pandémie), la bande à Fifi revient avec, à nouveau, Tarek Boudali en héros malgré lui et super gaffeur. Cette fois, il s’agit, en vrac, entre Paris, Abou Dabi et Cancún, d’un enlèvement, d’un cartel mexicain et d’un trésor, le tout saturé de références plus ou moins détournées à Indiana Jones, À la poursuite du diamant vert et aux Mission : Impossible de Tom Cruise. Ce qui occasionne quelques séquences et gags très réussis — comment escalader une tour en verre… pour rien, ou démarrer en trombe, mais à deux à l’heure, dans un parking — et une ambiance exotico-potache qui fait oublier certaines lourdeurs. Difficile de ne pas trouver sympathique cette bande qui aime le cinoche, et s’en amuse avec modestie et un maximum de camaraderie.
TROIS JOURS MAX, Tarek Boudali 2023, Tarek Boudali, Philippe Lacheau (E)
Rayane, policier maladroit, héroïque malgré lui dans 30 jours max, se trouve cette fois confronté à une situation des plus rocambolesques : sa grand-mère a été kidnappée par un ca ...

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TROMPERIE, Arnaud Desplechin 2021, Denis Podalydès, Léa Seydoux (psychologique)@@


Londres, 1987. Philip est un écrivain américain célèbre exilé à Londres. Sa maîtresse vient régulièrement le retrouver dans son bureau, qui est le refuge des deux amants. Ils y font l'amour, se disputent, se retrouvent et parlent des heures durant. Des femmes qui jalonnent sa vie, de sexe, d'antisémitisme, de littérature et de fidélité à soi-même.
TROMPERIE, Arnaud Desplechin 2021, Denis Podalydès, Léa Seydoux (psychologique)@@ (E)
Londres, 1987. Philip est un écrivain américain célèbre exilé à Londres. Sa maîtresse vient régulièrement le retrouver dans son bureau, qui est le refuge des deux amants. Ils y f ...

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TROPIQUE DE LA VIOLENCE, Manuel Shapira 2020, Gilles-Alane Hippocrate, Céline Sallette (histoire societe)@@


Mayotte, territoire oublié de la République. À la mort de sa mère, le jeune Moïse rejoint un bidonville peuplé de mineurs entièrement livrés à eux-mêmes. Il y fait la rencontre de Bruce, chef de clan tyrannique et imprévisible.

TELERAMA
Tourné sur l’archipel de l’océan Indien – une gageure –, le film a le mérite d’attirer l’attention sur la misère et la violence que subissent les enfants des rues.
En adaptant le roman de Nathacha Appanah, sélectionné pour le Goncourt 2016, Manuel Schapira n’a pas choisi la facilité. Tourné à Mayotte, où se déroule le récit, dans des conditions précaires et avec nombre de jeunes acteurs non professionnels issus des bidonvilles, son premier long métrage a tout d’une impressionnante aventure.

L’histoire du petit Moïse (Gilles-Alane Ngalamou Hippocrate), que la mort brutale de sa mère adoptive (Céline Sallette) livre à la rue et à la violence des gangs, a par ailleurs le mérite d’attirer l’attention sur un département français miséreux et oublié — à l’heure du débat présidentiel, ce n’est pas rien. Voilà pour le propos. Reste la forme, hélas démonstrative et maladroite, d’où émergent malgré tout un personnage, Bruce, et son interprète, Fazal Bacar-Moilim, terrifiant et pathétique en ado criminel.
TROPIQUE DE LA VIOLENCE, Manuel Shapira 2020, Gilles-Alane Hippocrate, Céline Sallette (histoire societe)@@ (E)
Mayotte, territoire oublié de la République. À la mort de sa mère, le jeune Moïse rejoint un bidonville peuplé de mineurs entièrement livrés à eux-mêmes. Il y fait la rencon ...

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TROUBLE FETE, Lars Kraume 2015, Gunther Maria Halmer, Jordis Triebel (societe)@@@


Hannes Westhoff, brillant pianiste concertiste, fête ses 70 ans. Pour l'occasion, son épouse Anne a convié Renate, la première femme d'Hannes, venue exprès de Paris, ainsi que Frederik, Max et Gregor, les fils nés de cette première union.

TELERAMA
Fête d’anniversaire explosive dans un honnête huis clos, où Lars Kraume fait preuve d’un sens aigu de l’espace.
Quelque part entre Festen, de Thomas Vinterberg (en moins corrosif), et Juste la fin du monde, de Xavier Dolan (en plus modeste), voilà un honnête huis clos d’outre-Rhin. Ce repas d’anniversaire explosif se déroule dans une riche demeure au bord d’un lac, autour d’un pianiste septuagénaire renommé, patriarche d’ascendance nazie dans le privé. Avec un sens aigu de l’espace, Lars Kraume fait habilement progresser le récit par succession d’apartés, multipliant les combinaisons entre personnages, exploitant tous les décors possibles (jardin, cuisine, cave…). L’auteur de Fritz Bauer, un héros allemand s’appuie aussi sur des comédiens solides : Günther Maria Halmer dans le rôle du père, et Lars Eidinger — vu dans Sils Maria, d’Olivier Assayas, et, au théâtre, chez Thomas Ostermeier — dans celui d’un des fils.

L’originalité de Trouble-fête, c’est de démarrer pied au plancher, en révélant rancœurs, haines et secrets de famille dès le dîner inaugural, joyeuse foire d’empoigne verbale. D’un bout à l’autre, le film distille une atmosphère délétère qui vient rehausser, comme le noir autour du blanc, les percées d’affection : un morceau à quatre mains au piano ; une partie de foot entre frangins ; une boîte, soigneusement dissimulée, qui contient tout l’amour du monde.

Film de Lars Kraume (Familienfest, Allemagne, 2014). Scénario : Martin Rauhaus et Andrea Stoll. 90 mn. VM. Rediffusion. Avec Günther Maria Halmer, Lars Eidinger, Barnaby Metschurat.

TROUBLE FETE, Lars Kraume 2015, Gunther Maria Halmer, Jordis Triebel (societe)@@@ (E)
Hannes Westhoff, brillant pianiste concertiste, fête ses 70 ans. Pour l'occasion, son épouse Anne a convié Renate, la première femme d'Hannes, venue exprès de Paris, ainsi que Frederik, Max et Gregor, les f ...

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TRUE GRIT, Joel et Ethan Coen 2010,


En 1870, Mattie Ross, 14 ans, quitte sa ferme natale pour venger le meurtre de son père, assassiné par Tom Chaney, un journalier. Elle commence par s'occuper de la dépouille mortelle, sans craindre de passer la nuit dans la salle de travail de l'entrepreneur des pompes funèbres, puis fait appel à Reuben Cogburn, surnommé `Rooster', le coq, un marshal au tempérament bien trempé. Mais l'homme est aussi un alcoolique notoire, dont l'âge avancé fait douter la jeune fille.

TELERAMA
Une ado et un marshal alcoolique à la poursuite d’un criminel… Les frères Coen – et Jeff Bridges, génial – offrent un conte savoureux du vieil Ouest.

Tiré d’un roman de Charles Portis, déjà porté à l’écran par Henry Hathaway (sous le titre 100 Dollars pour un shérif, en 1969), True Grit plonge aux sources du western classique, mais en lui donnant un coup de jeunesse : le décor cent fois vu de la petite ville est ressuscité non pas comme dans le western spaghetti, mais plutôt comme on restaure un tableau, en lui redonnant ses couleurs d’origine. Mise en scène au cordeau — le hasard est l’ennemi des Coen — pour raconter l’épopée d’une ado, 14 ans, entêtement d’adulte et nattes venues de l’enfance, bien décidée à venger la mort de son père. Pour retrouver le criminel, échappé en territoire indien, elle s’associe à un marshal, justicier à gages borgne et imbibé (Jeff Bridges).

De film en film, les frères Coen explorent les mille et un recoins, particularismes et légendes de leur pays. Presque des cinéastes folks. La minutie de la reconstitution et l’ironie qu’ils portent ici sur le petit monde ainsi recréé sont réjouissantes. À mi-parcours, l’aventure bascule dans l’univers du conte. Il y aura des embuscades et des coups de revolver, un ours sur un cheval et aussi un puits apparemment sans fond, dans lequel notre héroïne, mi-Alice (de Lewis Carroll), mi-Dorothy (du Magicien d’Oz), tombera. Un beau voyage initiatique.
TRUE GRIT, Joel et Ethan Coen 2010, (E)
En 1870, Mattie Ross, 14 ans, quitte sa ferme natale pour venger le meurtre de son père, assassiné par Tom Chaney, un journalier. Elle commence par s'occuper de la dépouille mortelle, sans craindre de passer la nuit dan ...

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TRUMAN CAPOTE, Bennett Miller 2005, Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener (thriller)@@


Parti enquêter sur le meurtre de la famille Clutter pour son roman De sang-froid, l'écrivain Truman Capote joue avec le feu dans le Kansas.

TELERAMA
En 1959, un fait divers inspire au célébrissime Truman Capote son roman “De sang-froid…” Réflexion subtile et ambiguë sur la monstruosité, consciente et inconsciente, de l’artiste.

En 1959, lorsqu’il commence à travailler sur le massacre d’une famille du Kansas par deux délinquants, Truman Capote a 35 ans. Son premier roman a été acclamé. Et sa lon­gue nouvelle Petit Déjeuner chez Tiffany est un best-seller… Il cherche à inventer un nouveau genre littéraire. Le fait divers va lui fournir l’occasion d’écrire un « roman de non-fiction » … Capote se rend au Kansas. Il devient proche des deux assassins. L’un, Dick Hickock, ne l’intéresse pas. L’autre, Perry Smith, l’intéresse beaucoup. Parce qu’il est beau. Mais aussi parce que Truman veut reconnaître en lui un frère en désolation, alors que le jeune homme, lui, comprend vite le parti qu’il peut tirer de cet auteur célébrissime…

Tout le monde ment et se ment. C’est cette bassesse que parvient à exprimer ce film étrange, austère, lent et sombre. Et, surtout, l’épouvante de l’artiste (génialement interprété par Philip Seymour Hoffman), qui réalise que son œuvre se repaît, le plus souvent, de tout ce qu’il y a de pire en lui… Capote mourra à la veille de ses 60 ans, rongé par l’alcool et la drogue. Par le sou­venir de l’exécution de Perry, à laquelle il a assisté. Et par le triomphe démentiel, paralysant, de De sang-froid.
TRUMAN CAPOTE, Bennett Miller 2005, Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener (thriller)@@ (E)
Parti enquêter sur le meurtre de la famille Clutter pour son roman De sang-froid, l'écrivain Truman Capote joue avec le feu dans le Kansas.

TELERAMA
En 1959, un fait divers inspire au célébrissime Tru ...

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TU VEUX OU TU VEUX PAS, Tonie Marshall, Sophie Marceau, Patrick Bruel(sentimental)@@


Lambert, accro au sexe repenti, tente de se racheter une conduite en devenant conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, la situation se complique lorsqu'il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve.
TU VEUX OU TU VEUX PAS, Tonie Marshall, Sophie Marceau, Patrick Bruel(sentimental)@@ (E)
Lambert, accro au sexe repenti, tente de se racheter une conduite en devenant conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, la situation se complique lorsqu'il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualit&ea ...

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U-571, Jonathan Mostow, Bill Paxton, Harvey KeitelJon Bon Jovi (guerre)@@


En 1942, les Etats-Unis viennent d'entrer en guerre. Le capitaine Mike Dahlgren commande le S-33, un sous-marin archaïque mais redoutable. A son bord se trouvent les lieutenants Andrew Tyler et Emmett, engagés dans une mission décisive. Le S-33 va être maquillé en sous-marin allemand, l'un des célèbres U-Boote qui patrouillent au fond de l'océan. La réussite de leur mission va désormais dépendre de leur solidarité, de leur rapidité et de leur courage.
U-571, Jonathan Mostow, Bill Paxton, Harvey KeitelJon Bon Jovi (guerre)@@ (E)
En 1942, les Etats-Unis viennent d'entrer en guerre. Le capitaine Mike Dahlgren commande le S-33, un sous-marin archaïque mais redoutable. A son bord se trouvent les lieutenants Andrew Tyler et Emmett, engagés dans une mission d ...

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UN AMOUR IMPOSSIBLE, Catherine Corsini 2018, Virginie Efira


Rachel et Philippe n'ont rien en commun. Rachel est une employée de bureau aux origines modestes et Philippe est un jeune homme riche à l'avenir prometteur, mais voilà, ils s'aiment. Tandis qu'ils vivent une relation sans engagement, Rachel tombe enceinte.

TELERAMA
Magnifique adaptation du livre de Christine Angot sur des amours toxiques, mais surtout l’amour entre une mère et sa fille. Porté par une Virginie Efira remarquable.
C'est une histoire d’amour(s). Elle débute avec Rachel et Philippe. D’origine juive et de milieu modeste, cette jeune femme séduisante et intelligente tombe follement amoureuse d’un jeune homme de bonne famille qui ne manque aucune occasion de l’humilier subtilement. De cette passion charnelle, où Rachel accepte tout, naît Chantal : « Je suis née le 3 février 1959 à Châteauroux. Sur mon acte de naissance était inscrit “née de père inconnu”. » Quand enfin son père la reconnaîtra, et qu’elle passera une semaine avec lui, cet acte de naissance deviendra… acte de propriété. Catherine Corsini adapte donc le livre dans lequel Christine Angot racontait son histoire familiale, et dont le vrai sujet n’était pas l’inceste, mais les rapports mère-fille. Son adaptation est lumineuse, portée par une voix off dont les accents sont troublants de fidélité à la langue brute et chirurgicale d’Angot.

Un jour, Rachel a droit à une dernière promenade avant que son pervers narcissique adoré ne parte vers un avenir bourgeois dont il l’exclut. Catherine Corsini filme la jeune femme marchant au milieu d’un bois où le muguet forme un gigantesque tapis de promesses de bonheur. Niels Schneider la regarde, de loin, déjà distant. Le comédien est impressionnant de charme toxique et froid. Virginie Efira, elle, trouve son plus beau rôle à ce jour, son visage transfiguré par l’amour s’éteignant, d’un coup, quand tombe le couperet du mépris. Des années plus tard, un séjour sur la Côte d’Azur, où, encore, l’espoir renaît pour s’éteindre aussitôt dans un restaurant de Villefranche-sur-Mer, dans une mise en scène qui évoque les mélodrames de Douglas Sirk.

La relation mère-fille
Mais c’est bien l’histoire d’amour entre Rachel et sa fille qui compte. Chaque détail du quotidien, de la complicité entre cette mère célibataire et cette gamine choyée, rapidement plus intelligente que la moyenne. La dévotion souriante et maternelle contre la rage qui grandit au cœur de l’adolescente (Estelle Lescure, une révélation). Le rejet, puis le pardon, et la réconciliation tardive de deux femmes, toutes deux victimes de la même humiliation sociale. Un amour impossible est, aussi, une fresque méticuleuse, émouvante, sur la vie des années 1950 et 1960 en province, quand la modernité s’installe petit à petit et que l’émancipation des femmes commence, discrètement, au bureau et dans les cuisines en formica des nouveaux « grands ensembles ». En évoquant alors autant Annie Ernaux que Christine Angot, Catherine Corsini réussit un grand film d’époque, à la fois doux et implacable, sur la condition féminine.
UN AMOUR IMPOSSIBLE, Catherine Corsini 2018, Virginie Efira (E)
Rachel et Philippe n'ont rien en commun. Rachel est une employée de bureau aux origines modestes et Philippe est un jeune homme riche à l'avenir prometteur, mais voilà, ils s'aiment. Tandis qu'ils vivent une relation sa ...

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UN AUTRE MONDE, Stephane Brize, 2021, Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain (drame)@@@


Philippe Lemesle, cinquante-sept ans, cadre dirigeant dans un groupe industriel américain, une femme, deux enfants, une belle maison, une belle voiture. Derrière l'image, la réalité. Depuis des années, les exigences de rentabilité demandées par l'entreprise lui pèsent, perturbant par ricochet l'équilibre familial. Lorsque Claire demande le divorce et que la maison-mère exige un nouveau plan de restructuration, la pression devient trop lourde.

TÉLÉRAMA
L’entreprise de Brizé, passionnante, raconte trois vérités : celle de l’ouvrier laissé sur le carreau par un dégraissage ; celle du leader syndical en lutte contre la fermeture de sa boîte ; et, aujourd’hui, celle du cadre sommé d’exécuter un « ambitieux plan d’économie » – en clair, virer dix pour cent de ses effectifs.
Le coup de maître tient à ce qu’ils sont tous les trois interprétés par un seul et même acteur, Vincent Lindon, ce stupéfiant caméléon social, aussi juste en bourgeois accablé à grosse Volvo qu’il l’était, dans En guerre, en manifestant rageur à gilet fluo. Il endosse donc cette fois le costume-cravate de Philippe Lemesle, directeur d’une usine d’électroménager, que l’on rencontre précisément au moment où son monde bascule vers… quoi ? La solitude, déjà, puisque sa femme, Anne (Sandrine Kiberlain, de retour chez Brizé douze ans après Mademoiselle Chambon), a demandé le divorce. Le chagrin, aussi, quand leur fils (Anthony Bajon), étudiant en école de commerce, subit un burn-out qui le mène à l’hôpital psychiatrique. L’incompréhension, enfin, quand le groupe du dirigeant, largement bénéficiaire, lui impose de licencier pour envoyer un « message » positif aux actionnaires.

Les ennuis, souvent, volent en escadron. Ils s’abattent d’un coup sur Philippe Lemesle, jusque-là grand gagnant d’un jeu qui pourrait s’appeler « Des chiffres et des êtres » mais qui, soudain, n’en comprend plus la règle. Le cinéaste le filme tantôt en réunion, encerclé, enfermé, tantôt isolé face à des colonnes de noms et de nombres, Stabilo à la main, en quête d’une impossible solution. Tout prêt, au départ, à « sacrifier cinquante-huit personnes pour en sauver cinq cents », le bon petit soldat s’imagine un temps en chevalier blanc mais l’absurdité du système finit par lui crever les yeux.

À nouveau, Stéphane Brizé et son coscénariste Olivier Gorce excellent à pointer la violence – « Demain matin, y a une personne de l’atelier 1 qui passe sous un train, faudrait que ce soit surtout pas laquelle ? », interroge un cadre venu du siège – et le dévoiement de la langue managériale, où le terme « courage » revient en leitmotiv. De même, l’ensemble de la distribution, acteurs et non-professionnels mêlés, suscite l’admiration, avec une mention spéciale à l’ex-journaliste Marie Drucker, patronne coupante comme une lame. Mais, bizarrement, plus que le dénouement, un brin trop explicite, c’est une scène de vie conjugale qui nous chavire. Philippe et Anne y font visiter leur maison à un jeune couple en quête de foyer. On parle chauffage au sol, exposition sud, et la caméra, ignorant les acheteurs potentiels, s’attarde tour à tour sur les visages de Lindon et de Kiberlain pour y scruter l’indicible, la tendresse, les regrets. Juste la fin de leur monde.
UN AUTRE MONDE, Stephane Brize, 2021, Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain (drame)@@@ (E)
Philippe Lemesle, cinquante-sept ans, cadre dirigeant dans un groupe industriel américain, une femme, deux enfants, une belle maison, une belle voiture. Derrière l'image, la réalité. Depuis des années, les ...

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UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe)@@


Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de la mère biologique, Yawa, qu'il a connue autrefois.

TELERAMA
Ce récit initiatique et sensible sur les liens père-fils entre la France et le Sénégal a obtenu le prix du meilleur unitaire et celui de l’interprétation masculine à La Rochelle.

Qu’arrive-t-il à Gabriel, cet enfant que Thibaut a adopté lorsqu’il était en poste sur l’île de Gorée, ancien marché d’esclaves, désormais site touristique du Sénégal ? À Paris, le garçon, que cet historien élève seul, est en proie à la mélancolie et à l’agressivité. Revenir en Afrique de l’Ouest, à la recherche de la mère biologique de Gabriel, qui l’a pourtant abandonné, est une solution ardue. L’adopter fait d’ailleurs resurgir un autre lien douloureusement brisé.

Pour son premier long métrage, Pierre Linhart ne manque pas d’ambition. Le voyage de Thibaut et Gabriel aborde quête des origines, questions existentielles, récit d’apprentissage, travail de mémoire, regard sur la société sénégalaise d’aujourd’hui et possibilité d’une famille recomposée, homoparentale et interethnique. La mise en scène fait passer le tout élégamment avec son cadre posé, voire épuré, son découpage soigné et un rythme calé sur les rencontres et les marchandages en wolof. Elle reste parfois théorique, mais le ton est plus impertinent qu’il n’y paraît. En père soucieux de ne pas être défaillant, sous l’œil parfois goguenard des locaux, qui le regardent comme un toubab (« blanc »), Jean Le Peltier réussit à nous emmener dans l’épreuve vécue par son personnage, quand le film ménage aussi une place au ressenti des autres protagonistes.
UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe)@@ (E)
Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de ...

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UN BEAU DIMANCHE, Nicole Garcia 2013, Louise Bourgoin, Pierre Rochefort (comedie sentimentale)@@


À la veille du week-end de la Pentecôte, Baptiste, instituteur dans le sud de la France, hérite bien malgré lui de Mathias, un élève oublié par un père pour le moins négligent. Il décide d'accompagner l'enfant jusque chez sa mère, Sandra, qui travaille dans un restaurant de plage, non loin de Montpellier. Cet homme solitaire, nomade, qui préfère les remplacements aux postes stables, tombe sous le charme de la jeune femme et celle-ci sous le sien.

TELERAMA
Un film solaire, une ligne claire tracée dans la perspective d’une vie meilleure. Bel homme, instituteur apprécié, Baptiste est un solitaire. Est-ce un orphelin ? Un ex-toxicomane ? Un week-end de Pentecôte, il recueille l’un de ses élèves et fait la connaissance de sa mère, Sandra, une jolie serveuse dans un restaurant de plage, qui ne chôme pas mais a du mal à joindre les deux bouts. Des créanciers se font menaçants…

Le film va-t-il prendre la direction du polar ? Fausse route. On est d’abord dans le présent de la précarité sociale, à travers Sandra (Louise Bourgoin, sans fard, frondeuse). Puis, dans le passé et la tradition de la grande bourgeoisie, dont est issu Baptiste. Allées de buis, court de tennis, boiseries et personnel de maison : c’est dans cette vieille demeure imposante que le film explore le rapport à l’argent, la question de l’héritage comme bienfait ou comme fardeau. Les retrouvailles familiales sont l’occasion de revoir, après une longue éclipse, Dominique Sanda, formidable en mère écrasante, rattrapée par l’émotion.

Le film est juste, concis, simple, éclairé par la perspective d’une délivrance, d’une vie meilleure. Il révèle Pierre Rochefort (le fils de Jean et de la réalisatrice), inconnu jusque-là, et dont le parcours résonne avec celui de son personnage, un anonyme renfermé qui s’affirme peu à peu dans la lumière.
UN BEAU DIMANCHE, Nicole Garcia 2013, Louise Bourgoin, Pierre Rochefort (comedie sentimentale)@@ (E)
À la veille du week-end de la Pentecôte, Baptiste, instituteur dans le sud de la France, hérite bien malgré lui de Mathias, un élève oublié par un père pour le moins négligent. I ...

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UN BEAU MATIN, Mia Hansen-Løve 2022, Léa Seydoux, Pascal Greggory (sentimental)@@


La jeune traductrice Sandra doit s'occuper seule de sa fille de huit ans, Linn, mais se sent également responsable de son père, atteint de la maladie d'Alzheimer et de plus en plus faible. Elle se rend à Paris pour chercher une famille d'accueil convenable et rencontre par hasard son vieil ami Clément.

TELERAMA
Oscillant entre le brasier d’une passion naissante et le chagrin d’une vie qui s’éteint, “Un beau matin”, plein de douceur, interroge ce qui reste des humains quand ils disparaissent.

Autofiction à double foyer, Un beau matin oscille entre le brasier d’une passion naissante et le chagrin d’une vie qui s’éteint. Pas encore mort mais déjà parti, Georg (Pascal Greggory) souffre d’une maladie dégénérative qui le prive à la fois de sa vue et de ses mots. « J’ai froid dans la tête », confie cet intellectuel brillant qu’il faut bientôt se résoudre à placer en Ehpad. Sa fille, Sandra (Léa Seydoux), veuve et mère d’une fillette, l’accompagne dans ce lent naufrage.

S’il n’atteint pas l’ampleur romanesque ou la richesse formelle de Bergman Island, la plus éclatante réussite de Mia Hansen-Løve à ce jour, le film marque par sa profonde douceur et sa façon d’interroger ce qui reste des humains quand ils disparaissent. Leurs livres, par exemple. Sandra, à l’étroit dans un deux-pièces parisien, remue ciel et terre pour trouver une famille d’accueil à la bibliothèque de Georg, afin qu’elle « continue d’exister ». En parallèle, l’héroïne se ­réchauffe à l’amour de Clément (Melvil Poupaud). Le cosmochimiste réveille la Belle au bois dormant avec son consentement : « Tu veux que je te montre comment ça fait, le mec qui se jette sur toi ? », « Ouais », répond la très intéressée. Le corps de Léa Seydoux est un poème, mais la mise en scène exalte sa sensualité sans s’en contenter. La cinéaste sait surtout déceler la force et le courage chez sa remarquable actrice, en jean pas glamour et cheveux courts, une fois encore parfaitement émouvante.
UN BEAU MATIN, Mia Hansen-Løve 2022, Léa Seydoux, Pascal Greggory (sentimental)@@ (E)
La jeune traductrice Sandra doit s'occuper seule de sa fille de huit ans, Linn, mais se sent également responsable de son père, atteint de la maladie d'Alzheimer et de plus en plus faible. Elle se rend à Paris pour cher ...

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UN BEAU MATIN, Mia Hansen-Løve 2022, Léa Seydoux, Pascal Greggory (societe)@@


La jeune traductrice Sandra doit s'occuper seule de sa fille de huit ans, Linn, mais se sent également responsable de son père, atteint de la maladie d'Alzheimer et de plus en plus faible. Elle se rend à Paris pour chercher une famille d'accueil convenable et rencontre par hasard son vieil ami Clément.

TELERAMA
Oscillant entre le brasier d’une passion naissante et le chagrin d’une vie qui s’éteint, “Un beau matin”, plein de douceur, interroge ce qui reste des humains quand ils disparaissent.
Autofiction à double foyer, Un beau matin oscille entre le brasier d’une passion naissante et le chagrin d’une vie qui s’éteint. Pas encore mort mais déjà parti, Georg (Pascal Greggory) souffre d’une maladie dégénérative qui le prive à la fois de sa vue et de ses mots. « J’ai froid dans la tête », confie cet intellectuel brillant qu’il faut bientôt se résoudre à placer en Ehpad. Sa fille, Sandra (Léa Seydoux), veuve et mère d’une fillette, l’accompagne dans ce lent naufrage.

S’il n’atteint pas l’ampleur romanesque ou la richesse formelle de Bergman Island, la plus éclatante réussite de Mia Hansen-Løve à ce jour, le film marque par sa profonde douceur et sa façon d’interroger ce qui reste des humains quand ils disparaissent. Leurs livres, par exemple. Sandra, à l’étroit dans un deux-pièces parisien, remue ciel et terre pour trouver une famille d’accueil à la bibliothèque de Georg, afin qu’elle « continue d’exister ». En parallèle, l’héroïne se ­réchauffe à l’amour de Clément (Melvil Poupaud). Le cosmochimiste réveille la Belle au bois dormant avec son consentement : « Tu veux que je te montre comment ça fait, le mec qui se jette sur toi ? », « Ouais », répond la très intéressée. Le corps de Léa Seydoux est un poème, mais la mise en scène exalte sa sensualité sans s’en contenter. La cinéaste sait surtout déceler la force et le courage chez sa remarquable actrice, en jean pas glamour et cheveux courts, une fois encore parfaitement émouvante.
UN BEAU MATIN, Mia Hansen-Løve 2022, Léa Seydoux, Pascal Greggory (societe)@@ (E)
La jeune traductrice Sandra doit s'occuper seule de sa fille de huit ans, Linn, mais se sent également responsable de son père, atteint de la maladie d'Alzheimer et de plus en plus faible. Elle se rend à Paris pour cher ...

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UN CRIME DANS LA TETE, Jonathan Demme 2004, Denzel Washington, Meryl Streep, Liev Schreiber (thriller guerre)@@


Raymond Shaw est pressenti pour devenir le prochain vice-président à la Maison Blanche. Héros durant la guerre du Golf, il a réussi l'exploit de sauver sa patrouille durant une mission au Koweit. Cependant, le Major Ben Marco, le supérieur de Raymond, n'a aucun souvenir de cette prouesse. A la place, il est assailli d'inexplicables images de lui et sa patrouille, prisonniers et torturés.

TELERAMA
Le président des États-Unis est peut-être un cyborg, nous avertit sans rire cette politique-fiction, parfaite pour attiser notre paranoïa. Le premier Crime dans la tête (1962), de John Frankenheimer, se déroulait sur fond d’anticommunisme viscéral. Tout cela est remplacé par une autre guerre, financière et biotechnique. Jonathan Demme va loin dans la mise en lumière d’un pouvoir inquiétant qui semble ne plus obéir qu’à des intérêts particuliers. La guerre, désormais, est domestique, incestueuse même, à travers le rôle prépondérant joué par la mère du sergent Shaw (Meryl Streep, formidable). Impossible, face à ce viol généralisé des consciences, de ne pas songer à George W. Bush, alors à la Maison-Blanche. Les attitudes de Liev Schreiber, en impuissant souriant mais tout près de l’explosion, l’évoquent à chaque instant.
UN CRIME DANS LA TETE, Jonathan Demme 2004, Denzel Washington, Meryl Streep, Liev Schreiber (thriller guerre)@@ (E)
Raymond Shaw est pressenti pour devenir le prochain vice-président à la Maison Blanche. Héros durant la guerre du Golf, il a réussi l'exploit de sauver sa patrouille durant une mission au Koweit. Cependant, le Ma ...

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UN ETE A BERLIN, Andreas Dresen 2005, Inka Friedrich, Andreas Schmidt (sentimental)@@


Deux amies, Katrin et Nike, habitent dans le même immeuble vieillot. Nike possède un balcon, Katrin a un fils, Ronald est chauffeur poids lourds, Tina est serveuse, Oskar et Hélène vivent seuls et sont vieux. Qu'ils soient au milieu de leur vie ou presque à la fin, la question est la même pour tous. L'amour est-il seulement un message qui traverse le cerveau ou bien peut-il résister au temps qui passe ?

TELERAMA
Katrin et Nike habitent le même immeuble et sont les meilleures amies du monde. Elles passent l'été à Berlin et leurs soirées sur le balcon de Nike à se confier l'une à l'autre. Toutes les deux attendent le prince charmant qui viendra combler leur solitude affective.
UN ETE A BERLIN, Andreas Dresen 2005, Inka Friedrich, Andreas Schmidt (sentimental)@@ (E)
Deux amies, Katrin et Nike, habitent dans le même immeuble vieillot. Nike possède un balcon, Katrin a un fils, Ronald est chauffeur poids lourds, Tina est serveuse, Oskar et Hélène vivent seuls et sont vieux. Qu'i ...

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UN HOLOGRAMME POUR LE ROI, Tom Tykwer 2016, Tom Hanks, Sidse Babett Knudsen


En 2010, alors que l'Amérique est en pleine récession, Alan Clay, cadre commercial américain déprimé depuis son récent divorce, la perte de sa maison et ses grosses difficultés financières, se rend avec son équipe en Arabie Saoudite pour le compte de son entreprise. Il espère y conclure une affaire importante : faire la démonstration de son projet à la famille royale, un innovant système de téléconférence holographique. La vente de ce juteux contrat qui lui permettrait de se remettre à flot et financer les études de sa fille. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu. Le monarque, absent, se fait attendre, les coutumes locales déconcertent et les humiliations comme les ennuis bureaucratiques s'enchaînent...
UN HOLOGRAMME POUR LE ROI, Tom Tykwer 2016, Tom Hanks, Sidse Babett Knudsen (E)
En 2010, alors que l'Amérique est en pleine récession, Alan Clay, cadre commercial américain déprimé depuis son récent divorce, la perte de sa maison et ses grosses difficultés financiè ...

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UN HOMME A LA HAUTEUR, Laurent Tirard, Jean Dujardin, Virginie Efira (sentimental)@@



Diane est une très belle femme et une brillante avocate, dotée d'une forte personnalité. Malheureuse dans son mariage, elle est divorcée et est désormais enfin libre de rencontrer l'homme de sa vie. Un jour, un certain Alexandre l'appelle, car il a retrouvé le téléphone portable perdu par Diane.
UN HOMME A LA HAUTEUR, Laurent Tirard, Jean Dujardin, Virginie Efira (sentimental)@@ (E)

Diane est une très belle femme et une brillante avocate, dotée d'une forte personnalité. Malheureuse dans son mariage, elle est divorcée et est désormais enfin libre de rencontrer l'homme de sa vie. U ...

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UN HOMME EN FUITE, Baptiste Debraux 2024, Bastien Bouillon, Léa Drucker, Pierre Lottin, Marion Barbeau (thriller)@@


Rochebrune est au bord du chaos. Johnny, leader du mouvement de protestation de la ville, a disparu après avoir braqué un fourgon. Lorsque Paul Ligre apprend la nouvelle, il quitte précipitamment Paris et revient dans la ville qui l'a vu grandir pour retrouver son ami d'enfance avant la police. Seulement, l'enquête d'Anna Radoszewski la mène inéluctablement vers le secret qui unit Paul et Johnny.

TELERAMA
Dans une petite ville sinistrée, la disparition d’un homme après un braquage meurtrier exhume une amitié lourde de secrets. Un polar finement construit pour ce premier film intense de Baptiste Debraux.

Le fugitif de ce thriller, cet homme poussé à l’irréparable, avait-il un meilleur ami dans l’enfance ? A-t-il connu ce genre de frère électif, à la vie à la mort, avec lequel on construit une cabane dans un arbre comme un rempart contre l’injustice du monde ? C’est cela que raconte ce premier long métrage ancré dans les souvenirs, avant que ne coule le sang. Johnny, le mauvais garçon, le Robin des bois, aussi, de Rochebrune, petite commune qui se meurt en même temps que son usine en grève, a disparu après le braquage d’un fourgon, laissant un cadavre derrière lui.

Il y a longtemps, Johnny était un gosse mal loti par la vie, fils aimant d’une maman folle, et dont le seul allié était Paul, enfant de bourgeois, mais aussi fan que lui de L’Île au trésor. Deux gamins, des serments, et puis, l’âge venant, le fossé qui grandit, comme les envies de vengeance. Paul, devenu romancier, se retrouve avec une dette à payer à Johnny, alors que le capitaine de gendarmerie en charge de l’enquête (Léa Drucker), elle non plus, n’est pas étrangère aux lieux…

Baptiste Debraux rend particulièrement dense l’ambiance à la fois dépressive et surchauffée d’une petite ville touchée par la désertification et l’horizon du chômage : rues vides, tags vindicatifs, façades décaties de magasins fermés depuis longtemps, pancartes et braseros pour réunir les derniers combattants. Très intelligemment construit à coups de flash-back qui abolissent le temps, Un homme en fuite plonge au cœur de l’amitié comme dans une légende, avec un héros hors la loi et un alter ego qui « revient », façon western. La prouesse de la mise en scène est de rendre très vivant ce Johnny presque mort, ce pirate d’une France qui se noie. Il faut dire qu’il est incarné par Pierre Lottin, parfait dès qu’il s’agit d’offrir toute l’humanité du monde à un personnage fruste et blessé. Face à lui, Bastien Bouillon vibre de remords, frère d’arme qui n’aurait pas dû déserter. Un beau film noir sur l’impossibilité de salut pour les infortunés de la société
UN HOMME EN FUITE, Baptiste Debraux 2024, Bastien Bouillon, Léa Drucker, Pierre Lottin, Marion Barbeau (thriller)@@ (E)
Rochebrune est au bord du chaos. Johnny, leader du mouvement de protestation de la ville, a disparu après avoir braqué un fourgon. Lorsque Paul Ligre apprend la nouvelle, il quitte précipitamment Paris et revient dans l ...

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UN HOMME PRESSE, Herve Mimran 2018, Fabrice Luchini, Leila Bekhti (societe)@@@.


Alain est un homme puissant et important dont le temps est précieux et qui n'aime d'ailleurs pas le perdre. Dans sa vie aucune place pour les loisirs et la famille. Lorsqu'un jour, un AVC le stoppe net dans son élan. Pendant son séjour à l'hôpital, il va être pris en main par Jeanne, une jeune orthophoniste. Alors qu'elle l'aide à retrouver l'usage de la parole, elle lui fait prendre conscience de la situation et que pour se reconstruire il doit apprendre la patience.

TELERAMA
Victime d’un AVC, un homme d’affaires est forcé de reconsidérer ses choix de vie... Malgré un joli travail sur les dialogues, “détraqué” par l’aphasie du héros, et l’interprétation de Fabrice Luchini, cette mielleuse histoire de rédemption déçoit.
Il est coriace, surmené, tendu, obsédé par son travail, un poste prestigieux dans l’industrie automobile. Alain néglige les signes d’alerte, et puis s’effondre. Victime d’un accident vasculaire cérébral, il s’empêtre dans le langage, confond les mots et perd le fil de sa vie. Présentée avec tact, cette aphasie donne à Fabrice Luchini l’occasion de se livrer (sans trop cabotiner) à quelques absurdes envolées verbales, d’une drôlerie quasi oulipienne. Hélas, cet habile numéro d’acteur sert une histoire de rédemption prévisible et mièvre : ou comment, à force de fréquenter une gentille orthophoniste (Leïla Bekhti) et au terme d’un parcours très plat, l’homme odieux ­devient un brave type. La preuve : il apprend à dire « merci » à son chauffeur. Sacré progrès social.
UN HOMME PRESSE, Herve Mimran 2018, Fabrice Luchini, Leila Bekhti (societe)@@@. (E)
Alain est un homme puissant et important dont le temps est précieux et qui n'aime d'ailleurs pas le perdre. Dans sa vie aucune place pour les loisirs et la famille. Lorsqu'un jour, un AVC le stoppe net dans son élan. Pendant s ...

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UN JOUR, Lone Scherfig 2011, Anne Hathaway, Jim Sturgess


Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d'étude et décident de rester amis. Lui est insouciant et frivole, elle est bourrée de complexes. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont s'adorer, se séparer, se détester, se manquer. Finiront-ils par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'ils sont ensemble ?
UN JOUR, Lone Scherfig 2011, Anne Hathaway, Jim Sturgess (E)
Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d'étude et décident de rester amis. Lui est insouciant et frivole, elle est bourrée de complexes. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont s'ador ...

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UN MONDE, Laura Wandel 2021, Maya Vanderbeque, Günter Duret (societe)@@@


Nora entre en primaire lorsqu'elle est confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victime. Tiraillée entre son père qui l'incite à réagir, son besoin de s'intégrer et son frère qui lui demande de garder le silence, Nora se trouve prise dans un terrible conflit de loyauté. Une plongée immersive, à hauteur d'enfant, dans le monde de l'école.

TELERAMA
Alors qu’elle vient de rentrer à l’école primaire, une fillette découvre que son frère aîné y est victime de harcèlement de la part de ses camarades. Une vision à hauteur d’enfant.

Une petite fille pleure dans les bras de son grand frère. C’est le premier jour d’école primaire et Nora ne veut pas y aller. Devant la grille, Abel, son frère, essaie de la rassurer. « T’inquiète, on se revoit à la récré. » Une fois à l’intérieur de l’école, on n’en sortira plus, sauf au moment de la piscine, où Nora, tremblotante, devra sauter dans le grand bassin. Une épreuve parmi tant d’autres dans ce film d’une sensibilité à l’os. À même de réveiller dans l’esprit de chaque spectateur des souvenirs plus ou moins enfouis de honte et de peur. Peur de l’inconnu, de ne pas réussir, d’être puni.

Peur surtout de ne pas savoir se défendre face à la violence. Un monde est un film d’angoisse, criant de vérité, parce que filmé à hauteur d’enfant. Ce premier long-métrage de la réalisatrice belge Laura Wandel impressionne par sa densité et sa concision. Il repose sur l’immersion totale dans un univers impitoyable dominé par le brouhaha. Une micro-société, un terrain de jeu et d’apprentissage, où Nora trouve peu à peu sa place, se fait des copines. La victime, ce n’est pas elle ici, comme le début le laisse penser, mais Abel. Sa sœur découvre qu’il subit le harcèlement d’une bande de garçons, dans les escaliers, la cour, les toilettes. En voulant s’interposer, elle semble aggraver la situation. Tandis que son frère la presse de garder le silence, leur père sent que quelque chose ne va pas…

“Un monde”, un film choc sur le harcèlement scolaire : “Quand un enfant est violent, c’est qu’il y a une blessure qui n’a pas été reconnue”

Culpabilité, conflit de loyauté, reproduction de la violence : le film est riche de tensions psychologiques. Les adultes s’y démènent comme ils peuvent, mais leur vigilance comporte inévitablement des failles. La réalisatrice n’incrimine ni ne juge personne. Elle montre que l’école, lieu déterminant de l’apprentissage social, peut être le théâtre de rapports de force très cruels entre enfants. Où commencent à s’inscrire en nous des traits de domination ou de soumission, de confiance en soi ou l’inverse, qui conditionnent notre rôle ultérieur dans la société.

Si le jeu, la joie, l’acquisition du savoir sont aussi de la partie, si le film tend vers une forme de salut possible, il reste poignant, nous saisissant plus d’une fois à la gorge, en créant une profonde empathie pour le frère meurtri et sa sœur atteinte par ricochet. Une fratrie incarnée par deux enfants, Maya Vanderbeque et Günter Duret, époustouflants de justesse.
UN MONDE, Laura Wandel 2021, Maya Vanderbeque, Günter Duret (societe)@@@ (E)
Nora entre en primaire lorsqu'elle est confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victime. Tiraillée entre son père qui l'incite à réagir, son besoin de s'intégrer et son ...

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UN PARFAIT INCONNU, James Mangold 2024, Timothee Chalamet, Edward Norton (biopic Bob Dylan)@@@


New York, début des années 1960. Au cœur de l'effervescente scène musicale et culturelle de l'époque, un énigmatique jeune homme de 19 ans arrive dans le West Village depuis son Minnesota natal, avec sa guitare et un talent hors normes qui changeront à jamais le cours de la musique américaine.

TELERAMA
le film tombe juste. Le tailleur a soigné la coupe. Il avait intérêt, vu le mythe qu’il se coltine. Un mythe, faut-il le rappeler, toujours vivant : en tournée perpétuelle, l’inarrêtable Bob Dylan se produit sans doute sur scène, en ce moment même, quelque part.

Pour l’aborder, le cinéaste s’est limité à quatre années, de janvier 1961 à juillet 1965 pour être exact. Période courte mais emblématique, où le chanteur à l’harmonica, parfait inconnu surgi de nulle part, connaît une ascension fulgurante et devient le porte-parole légendaire du folk. Ce chapitre, un parmi d’autres de sa carrière, se clôt lors d’un concert marquant, une date dans l’histoire de la pop music. Avant cela, le provincial à tête d’ange n’a que 19 ans lorsqu’il débarque à New York en stop, arrivant du fin fond du Minnesota. Casquette de marinier, jean, parka, il a sa guitare avec lui et commence par se réfugier dans un bar de Greenwich Village, alors épicentre de la bohème et du folk.

De son vivant, Bob Dylan aura donc déjà fait l’objet de deux biopics. Le très original I’m not There, de Todd Haynes, sorti en 2007, et Un parfait inconnu de James Mangold, en salles depuis mercredi. Le bon point de ce biopic – et des biopics réussis –, c’est qu’il se concentre sur une période restreinte de la vie de Bob Dylan, de 1961 et son arrivée à New York à 1965 et le festival de Newport. « Le film est extrêmement classique, souligne Samuel Douhaire, avec une certaine élégance, une certaine efficacité dans la mise en scène et une bonne direction d’acteurs. » Samuel Douhaire reproche une deuxième partie moins efficace que la première : « Lorsqu’on va vers le festival de Newport, le film est plus prévisible, moins fort dans le récit et se traîne un peu. »

Pour Marie Sauvion, la vraie qualité du film, c’est « qu’il n’essaie pas d’éclaircir le mystère Bob Dylan, c’est malin de le saisir dans sa jeunesse et dans son opacité. Le personnage n’est pas sympathique, parle peu et est très égoïste. » Le film est servi par un très bon casting : Timothée « mimi » Chalamet est convaincant en Bob Dylan et surtout la révélation Monica Barbaro, qui incarne brillamment Joan Baez. « Les scènes où ils sont tous les deux sont très réussies », ajoute Samuel Douhaire.
UN PARFAIT INCONNU, James Mangold 2024, Timothee Chalamet, Edward Norton (biopic Bob Dylan)@@@ (E)
New York, début des années 1960. Au cœur de l'effervescente scène musicale et culturelle de l'époque, un énigmatique jeune homme de 19 ans arrive dans le West Village depuis son Minnesota natal, avec ...

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UN PETIT FRERE, Léonor Serraille 2023, Annabelle Lengronne, Stéphane Bak, Kenzo Sambin (societe immigration)@@@


Quand Rose arrive en France, elle emménage en banlieue parisienne avec ses deux fils, Jean et Ernest. Construction et déconstruction d'une famille, de la fin des années 80 jusqu'à nos jours.

TELERAMA
Loin des tartes à la crème sur l’intégration, chaque détail touche au cœur dans cette fresque qui célèbre la fierté.
À peine deux heures pour une fresque : après Jeune Femme, son enthousiasmant premier long métrage (Caméra d’or à Cannes en 2017) sur une trentenaire hors des sentiers battus, Léonor Serraille impressionne en racontant la vie, sur plus de vingt ans, d’une Ivoirienne et de ses deux fils, venus s’installer en France en 1989. Avec autant d’ambition que de sens du détail, elle rend profondément romanesque cette odyssée du quotidien en trois volets, qui portent les prénoms de chacun : Rose, puis Jean et enfin Ernest, le petit frère du titre.

Rose, d’abord, superbement interprétée par Annabelle Lengronne. Arrivée d’Afrique avec un passé qu’on devine douloureux, cette jeune mère célibataire travaille comme femme de ménage d’un hôtel. Rose n’a peur de rien. Ni de travailler dur, ni de sortir danser, ni d’élever ses fils qu’elle adore mais auxquels elle ne passe rien : il faut qu’ils réussissent, qu’ils soient des élèves exemplaires.

Jean et Ernest grandissent, au fil du film, pendant que les rides tracent sur le visage de Rose les sillons d’une certaine désillusion. Mais pas une once de misérabilisme dans le regard précis et poétique de Léonor Serraille. Pas de tragédie ou de sociologie faciles : il y a quelque chose de mystérieux, et de fascinant, dans la modestie de cette chronique au long cours, qui évite les clichés sur l’immigration et l’intégration, et où chaque détail touche juste. Comme ce principe transmis par Rose à ses fils : il faut se cacher pour pleurer. « On pleure dans sa tête ? » mime, avec un geste délicieux, le petit Ernest lors d’un déjeuner dans un fast-food. C’est ça, on pleure à l’intérieur. Un grand film sur la beauté de la fierté.
UN PETIT FRERE, Léonor Serraille 2023, Annabelle Lengronne, Stéphane Bak, Kenzo Sambin (societe immigration)@@@ (E)
Quand Rose arrive en France, elle emménage en banlieue parisienne avec ses deux fils, Jean et Ernest. Construction et déconstruction d'une famille, de la fin des années 80 jusqu'à nos jours.

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UN SAC DE BILLES Christian Duguay 2017, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein


Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, sont envoyés par leurs parents dans la zone libre, et font preuve de malice, de courage et d'ingéniosité pour échapper aux occupants et tenter de réunir leur famille à nouveau.
UN SAC DE BILLES Christian Duguay 2017, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein (E)
Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, sont envoyés par leurs parents dans la zone libre, et font preuve de malice, de courage et d'ingéniosit& ...

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UN SECRET, Claude Miller 2007, Patrick Bruel, Cecile de France, Julie Depardieu (societe)@@@


Dans les années 1950, parce qu’il déçoit ses parents, François s’invente un frère. Son double inversé : musclé, audacieux. Il ne sait pas qu’il a vraiment existé…

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Avec un vrai sens du romanesque, Claude Miller filme la lente montée du nazisme dans cette France des premiers congés payés, où les juifs s’aveuglent sur leur sort. Lente montée du désir entre deux êtres qui n’ont pas le droit de s’aimer. Montée de l’autodestruction chez Hannah (Ludivine Sagnier), dont le visage s’asphyxie de scène en scène.
À l’instar de la musique de Zbigniew Preisner, tout le film semble s’extraire doucement de l’ombre. Claude Miller est un vrai doux, mais un faux tendre. Ses films dissimulent une insolence secrète — on la trouve dans un épilogue inattendu et féroce. Et de la dérision, tout emmêlée de tendresse, dans la scène superbe où le père, survivant de tant de morts, s’effondre, à cause de celle d’un chien. Les voies de nos chagrins sont impénétrables.
UN SECRET, Claude Miller 2007, Patrick Bruel, Cecile de France, Julie Depardieu (societe)@@@ (E)
Dans les années 1950, parce qu’il déçoit ses parents, François s’invente un frère. Son double inversé : musclé, audacieux. Il ne sait pas qu’il a vraiment existé&hell ...

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UN TRIOMPHE, Emmanuel Courcol 2020, Kad Merad, Marina Hands, Pierre Lottin, Laurent Stocker (societe)@@@


Étienne, un acteur passé son apogée donne des cours d'art dramatique en prison; le talent des détenus surprend Étienne; il tente de mettre en scène une production de "En attendant Godot" de Samuel Beckett, qui représente l'état d'attente constant des prisonniers.

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Un acteur désœuvré monte un atelier théâtre avec des prisonniers. Et rêve bientôt d’une vraie tournée. Une comédie sociale élégante, et réconfortante.

Étienne, un acteur qui n’est plus monté sur scène depuis longtemps, accepte, faute de mieux, d’animer un atelier théâtre en prison. Après une prise de contact un peu rude avec ses « élèves », il commence à deviner un réel potentiel dramatique chez ce petit groupe de prisonniers, auxquels, jusque-là, on n’a proposé que d’apprendre des fables de La Fontaine. Que font ces taulards toute la journée ? Ils attendent. La fin de la journée, le lendemain, le parloir, la fin de leur peine, ils ne cessent d’attendre… Réalisant que leur existence carcérale les rend familiers de l’absurde, Étienne décide de les mettre en scène dans En attendant Godot, de Samuel Beckett : un pari fou, mais, petit à petit, Patrick, Moussa, Kamel, Dylan et Alex se prennent au jeu, et voilà que le comédien animateur brave le règlement pénitentiaire pour les mener sur la scène d’un vrai théâtre…

Après Le Grand Bain, de Gilles Lellouche, il y a trois ans, ce Triomphe prouve, à son tour, que le cinéma français maîtrise, lui aussi, l’art, traditionnellement anglo-saxon, du « feel good movie », ce genre de comédie réconfortante, savamment dosée entre humour et émotion, où la lumière doit poindre au bout d’un sombre tunnel social ou personnel.

Le réel a fourni un sujet en or à Emmanuel Courcol : l’histoire vraie de Jan Jönson, un acteur suédois qui, en 1985, monta le chef-d’œuvre du célè­bre dramaturge irlandais avec les détenus d’une prison de haute sécurité, et les mena en tournée. Samuel Beckett lui-même, encore vivant, jugea alors l’issue de l’aventure tout à fait accordée à sa pièce…

Sans jamais tomber dans l’angélisme, le réalisateur adopte un point de vue résolument humaniste : comme Étienne, qui ne veut voir dans ces détenus que des acteurs prometteurs, on ne saura jamais les crimes qui les ont conduits derrière les barreaux. Seuls comptent leurs efforts sur un texte ardu, leur indiscipline, leur remuante solidarité de troupe, leur fierté neuve, et enivrante, de se produire devant un public. Et, bien sûr, l’obstination de l’apprenti metteur en scène, qui lui aussi retrouve, grâce à ce défi théâtral, son estime de soi et un chemin vers les planches.

Kad Merad dans un de ses meilleures rôles
La réalisation, discrète et élégante, alterne entre l’intérieur et l’extérieur de la prison, entre frictions incessantes et tendresse comique, et certaines séquences touchent par leur intensité ou leur lyrisme : quand Dylan, le petit nerveux analphabète, réussit, enfin, à réciter d’une traite la longue tirade folle et sans ponctuation de ­Lucky, l’esclave presque muet de la pièce. Ou lorsque les détenus crient leurs répliques des fenêtres de leurs cellules, faisant résonner les mots de leurs personnages dans le silence de la nuit carcérale…

Entre acharnement et mélancolie, Kad Merad (Étienne) livre sa meilleure composition depuis la série Baron noir . Face à lui, David Ayala, Wabinlé Nabié, Pierre Lottin ou Sofian Khammes, l’acteur qui monte, sont tous enthousiasmants, d’autant que la vedette les laisse briller, attentive, fidèle à son rôle de chef de troupe.
UN TRIOMPHE, Emmanuel Courcol 2020, Kad Merad, Marina Hands, Pierre Lottin, Laurent Stocker (societe)@@@ (E)
Étienne, un acteur passé son apogée donne des cours d'art dramatique en prison; le talent des détenus surprend Étienne; il tente de mettre en scène une production de "En attendant Godot" d ...

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UN VILLAGE PRESQUE PARFAIT, Stéphane Meunier 2015, Didier Bourdon, Lorànt Deutsch, Denis Podalydès (societe comique)@


Perdu dans les montagnes, Saint-Loin-La-Mauderne a besoin d'un médecin pour débloquer des fonds européens. Un argent vital, qui permettrait de relancer l'usine de fumage de saumon. Germain, maire de cette commune de 120 âmes, réussit à convaincre le docteur Maxime Meyer de venir s'installer dans ce village.

TELERAMA
Auteur du documentaire Les Yeux dans les Bleus et de quelques téléfilms, Stéphane Meunier loupe ses débuts au cinéma avec ce remake d'un film québécois sympa sur la désertification rurale, La Grande Séduction — où des villageois veulent convaincre un médecin de s'implanter chez eux. Il en tire une fable paresseuse et pleine de clichés sur un Français des villes découvrant la France des champs.
UN VILLAGE PRESQUE PARFAIT, Stéphane Meunier 2015, Didier Bourdon, Lorànt Deutsch, Denis Podalydès (societe comique)@ (E)
Perdu dans les montagnes, Saint-Loin-La-Mauderne a besoin d'un médecin pour débloquer des fonds européens. Un argent vital, qui permettrait de relancer l'usine de fumage de saumon. Germain, maire de cette commune de 120 ...

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UNE AFFAIRE DE FAMILLE, Hirokazu Kore-eda 2018, (societe)@@@


Vivant au seuil de la pauvreté en marge de Tokyo, la famille Shibata se débrouille grâce au vol à l'étalage. Un jour, alors qu'Osamu et son fils Shota viennent de commettre un autre vol ils découvrent une fillette dans une ruelle sombre. Ils décident de la ramener à la maison.

TELERAMA
Un portrait de groupe poignant, drôle et lumineux. Palme d’or 2018, à Cannes.
C‘est pas un enlèvement, puisqu’on ne demande pas de rançon. » C’est ainsi, en une phrase et deux haussements d’épaules, que la question est réglée : la petite voisine, 5 ans et une belle collection de bleus et de brûlures sur la peau, vient de trouver un nouveau foyer. Cette mouflette, Osamu, maigrichon entre deux âges, vif et malin, l’a quasiment ramassée dans la rue. Il l’a croisée, livrée à elle-même, alors qu’il revenait d’un raid de ravitaillement au supermarché (sans passer à la caisse, et en oubliant de piquer le shampooing), avec son propre fils préadolescent.

L’adorable Cosette japonaise ne perd pas au change : la famille dans laquelle elle est aussitôt absorbée, réchauffée et câlinée est un vrai cocon de tendresse, encore qu’elle ne corresponde pas (du tout) aux normes classiques en matière d’éducation… Papa vole à l’étalage, aidé par son gamin, lequel ne fréquente aucune école. Maman fait les poches des clients dans la blanchisserie industrielle où elle travaille, et la fille aînée s’exhibe dans un peep-show, déguisée en écolière. Tout ce petit monde attachant, tranquillement amoral, s’entasse au jour le jour chez Mamie, elle-même plutôt douée pour l’arnaque.
UNE AFFAIRE DE FAMILLE, Hirokazu Kore-eda 2018, (societe)@@@ (E)
Vivant au seuil de la pauvreté en marge de Tokyo, la famille Shibata se débrouille grâce au vol à l'étalage. Un jour, alors qu'Osamu et son fils Shota viennent de commettre un autre vol ils découvren ...

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UNE AFFAIRE PRIVEE, Guillaume Nicloux 2002, Thierry Lhermitte, Clovis Cornillac, Marion Cotillard (thriller)@@


Une mère charge un détective privé désabusé de reprendre l'enquête sur la disparition de sa fille il y a six mois.

TELERAMA
Du polar, du classique. Et du bon, grâce au sens du décor de Guillaume Nicloux et aux prouesses de ses acteurs.
À quoi reconnaît-on un bon polar ? Au nombre de clopes grillées et de verres descendus. La tradition, ça a du bon, et cette Affaire privée, riche en goudrons et en alcool, n’y coupe pas. Guillaume Nicloux sait pourtant qu’il faut adapter et recomposer cette tradition, sans quoi on débouche vite sur une voie de garage tapissée d’images d’Épinal. Au placard, donc, la gabardine, le chapeau, le whisky et le carnet du privé. Place à la parka informe, à la Kro, au mini-magnéto, à la gueule fatiguée de François (Thierry Lhermitte), qui est détective salarié dans une agence tenue par une femme. Un type désabusé qui vit seul dans un appart crade et en foutoir. Il a une maîtresse, mais c’est comme s’il n’en avait pas. Il fait tout machinalement, sans conviction. Idem lorsqu’il s’agit de se coltiner cette nouvelle enquête vaseuse : Mme Siprien, qui dirige… une entreprise de pompes funèbres, voudrait retrouver sa fille, Rachel, disparue depuis plusieurs mois.

En l’absence de cadavre, on ne peut même pas dire que l’affaire sente mauvais… Au début, François pose les questions d’usage à l’entourage, mais il écoute à peine les réponses. Il se donne une semaine pour classer l’affaire, résolue ou non. Sauf que, de brutaux avertissements en petits secrets louches sur la vie dissolue de Rachel, François sort de son indifférence lasse. Il commence à flairer des trucs pas clairs du tout. Vient s’ajouter, il est vrai, la sensualité irrésistible d’une amie proche de Rachel, Clarisse (Marion Cotillard)…

Un casting épatant
L’avantage du privé, c’est de voir du monde, d’interroger des spécimens de tous horizons, rupins, noctambules, employés ou étudiants. Défilent ainsi un voisin retraité aussi obséquieux que fureteur, un barman obsédé par la gonflette, une mère à l’obstination suspecte, un kinésithérapeute qui tord le cou aux clichés… Ces seconds rôles trouvent un à un leur place dans le puzzle et sont servis par d’excellents acteurs qui parviennent, en une seule scène parfois, à donner vie à de vrais personnages : Jeanne Balibar, Robert Hirsch, Niels Arestrup, Carlo Brandt, Samuel Le Bihan, Marion Cotillard, Jean-Pierre Darroussin, Aurore Clément... c’est ce qu’on appelle un casting ouvert.

Sur les traces de Melville
Mais un privé est aussi un voyeur, un type qui épie sans être vu. Il doit avoir ce don de se fondre dans la ville, de fouiner un peu partout, jardins, entrées d’immeubles, caves. Cette position de voyeur tend ici vers une forme de retrait, d’effacement silencieux qui donne à cette Affaire privée son étrangeté. Il suffit d’une fenêtre ouverte pour donner à voir d’autres intérieurs, d’autres vies. Le film est une fenêtre sur la ville, sur ce Paris un peu déserté et revisité avec un regard totalement neuf. Guillaume Nicloux a le sens du décor insolite et filme chaque coin de rue et chaque façade comme un personnage. Il pousse l’aventure jusqu’en banlieue, sur les traces de Jean-Pierre Melville qui l’a inspiré mais qu’il ne plagie jamais...

L’idée de faire de François un père et un homme qui ne se console pas d’être séparé de sa femme est une idée originale dans le contexte du genre même si l’on aurait aimé plus de mélancolie ou de gravité chez lui. Corps avachi, regard éteint, lorsqu’il colle ses indices dans son classeur, comme un écolier consciencieux, François est une petite énigme à lui tout seul. Une énigme qui ne serait pas ce qu’elle est sans Thierry Lhermitte, vraiment bien dans ce rôle à contre-emploi, presque opaque. La fin d’une carrière un peu transparente ?
UNE AFFAIRE PRIVEE, Guillaume Nicloux 2002, Thierry Lhermitte, Clovis Cornillac, Marion Cotillard (thriller)@@ (E)
Une mère charge un détective privé désabusé de reprendre l'enquête sur la disparition de sa fille il y a six mois.

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Du polar, du classique. Et du bon, grâce au sens du d&ea ...

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UNE BELLE COURSE, Christian Carion 2022, Line Renaud, Dany Boon (road movie)@@


Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois. Peu à peu, au détour des rues de Paris, surgit un passé hors du commun qui bouleverse Charles. Il y a des voyages en taxi qui peuvent changer une vie.

TELERAMA
Une nonagénaire en route vers l’Ehpad raconte sa vie à un chauffeur de taxi désabusé. La belle complicité qui se développe entre les deux personnages et leurs interprètes fait oublier l’abus de violons.

Douze heures pour rejoindre Courbevoie depuis Bry-sur-Marne, soit à peine trente kilomètres… Ce n’est pas la faute des fameux embouteillages parisiens si Charles, au volant de son taxi, a tant traîné pour emmener sa cliente à bon port : Madeleine, une nonagénaire encore pleine de vie, a voulu revoir une dernière fois les lieux marquants de son existence avant d’emménager à l’Ehpad…

Une heure quarante de conversations à bord d’une voiture était probablement un projet de mise en scène trop radical pour le réalisateur de Joyeux Noël. Christian Carion a donc « aéré » son nouveau long métrage avec des flash-back sur le passé traumatique de Madeleine qui se révèlent particulièrement maladroits, malgré le talent d’Alice Isaaz. Le pathos et le didactisme appuyé de ces scènes artificielles contrastent avec la finesse d’écriture des dialogues entre le chauffeur de taxi désabusé et sa passagère malicieuse. La belle complicité qui se développe entre les deux personnages et leurs interprètes fait oublier l’abus de violons : la sobriété va bien à Dany Boon, pour une fois dans un rôle dramatique, et Line Renaud est irrésistible dans l’humour comme dans l’émotion.
UNE BELLE COURSE, Christian Carion 2022, Line Renaud, Dany Boon (road movie)@@ (E)
Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dan ...

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UNE BELLE EQUIPE, Mohamed Hamidi 2018, Kad Merad, Alban Ivanov (sport)@@


Après une bagarre, toute l'équipe de soccer de Clourrières est suspendue jusqu'à la fin de la saison. Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach décide de former une équipe composée exclusivement de femmes pour finir le championnat.

TELERAMA
Une délicieuse énergie parcourt cette comédie populaire, tendre et sincère sur le quotidien d’une communauté où le féminisme marque, enfin, des buts.

Un petit club de foot du Nord risque de disparaître à la suite de la suspension de toute son équipe pour cause de bagarre sur le terrain. Seule solution pour les derniers matchs de la saison : remplacer les joueurs par… des joueuses. Personne n’y croit vraiment, mais ces dames se prennent au jeu.

Une délicieuse énergie parcourt cette comédie populaire, forte d’un regard tendre sur le quotidien d’une petite communauté, finalement prête à dribbler le patriarcat par amour du sport. Face à un Kad Merad plein d’humanité, les filles en short assurent, menées par une Céline Sallette dans une forme olympique.
UNE BELLE EQUIPE, Mohamed Hamidi 2018, Kad Merad, Alban Ivanov (sport)@@ (E)
Après une bagarre, toute l'équipe de soccer de Clourrières est suspendue jusqu'à la fin de la saison. Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach décide de former une &ea ...

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UNE BELLE RENCONTRE, Lone Scherfig 2016, Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy, Richard E. Grant, Henry Goodman (guerre)@@@


En plein Blitz de la Seconde Guerre mondiale, Catrin Cole est recrutée par le service de propagande britannique, en tant que script. Elle intègre une équipe de cinéastes et assiste le prolifique auteur Tom Buckley, chargé de réaliser un long-métrage à succès pour remonter le moral de la population et notamment des femmes et favoriser l'entrée en guerre des États-Unis. Alors que Londres vit écrasé sous la pluie des bombardements, elle doit, malgré les émotions, s'affirmer dans ce monde d'hommes.

TELERAMA
Les bombes tombent sur Londres, en 1940. Au ministère de l’Information, une jeune femme est engagée pour participer à l’écriture d’un film de guerre qui remontera le moral de la nation. La timide Catrin est aussitôt chargée de la parlote, c’est-à-dire des dialogues spécifiquement féminins. Elle va devoir imposer son talent, mais aussi décider de la manière dont elle veut mener son histoire personnelle…

En choisissant le ton de la comédie qui fait sourire, la réalisatrice Lone Scherfig libère tout le charme de ce personnage de débutante, confié judicieusement à Gemma Arterton. À travers son activité de scénariste, puis le tournage d’un mélo héroïque, une interrogation court sur la tragédie réelle et le travail des gens de spectacle, voués à l’artifice même s’ils sont patriotes. Les ressorts sentimentaux sont plus conventionnels, et pas très différents de ceux du faux film de 1940, présenté comme vraiment kitsch. Une belle rencontre a donc un petit côté rétro, pour mieux faire revenir le cinéma à l’innocence d’un bon divertissement.
UNE BELLE RENCONTRE, Lone Scherfig 2016, Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy, Richard E. Grant, Henry Goodman (guerre)@@@ (E)
En plein Blitz de la Seconde Guerre mondiale, Catrin Cole est recrutée par le service de propagande britannique, en tant que script. Elle intègre une équipe de cinéastes et assiste le prolifique auteur Tom Buckle ...

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UNE FAMILLE A LOUER, Jean-Pierre Ameris,Benoit Poelvoorde, Viginie Efira


Paul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche, mais seul, il s'ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c'est d'une famille. Violette, quadragénaire, est menacée d'expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants.
UNE FAMILLE A LOUER, Jean-Pierre Ameris,Benoit Poelvoorde, Viginie Efira (E)
Paul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche, mais seul, il s'ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c'est d'une famille. Violette, quadragénaire, est men ...

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UNE FEMME DE MENAGE, Claude Berri 2002, Emilie Dequenne, Jean-Pierre Bacri (societe)@@


Jacques, ingénieur du son, habite depuis des années le quartier Buci. Quelques mois plus tôt, sa femme l'a quitté et sa nouvelle vie de célibataire semble avoir lentement glissé dans la monotonie et la langueur d'un emploi du temps, partagé entre travail, bistrot de quartier et appartement désordonné. Jusqu'au jour où il tombe sur une petite annonce : Jeune fille cherche heures de ménage.

TELERAMA
Après le départ de son épouse et une longue période de laisser-aller, un ingénieur engage une femme de ménage qui lui demande de l’héberger. Les acteurs font merveille dans ce film mélancolique à souhait.

Quatre heures de ménage par semaine. Mais c’est si sale chez Jacques, prostré depuis le départ de sa femme, que Laura en réclame sept. Il est d’accord, râle un peu lorsque Laura s’installe après avoir rompu avec son petit ami. Juste pour quelques jours...

Le roman de Christian Oster donne l’occasion à Claude Berri de renouer avec ce qui lui réussit si bien : un cinéma non pas mineur, mais en mineur... Des gens crevant de solitude, accrochés à des bouées dérisoires. Le tout constamment léger, mélancolique. Qu’importe si, insensiblement, Jacques se met à aimer Laura beaucoup plus, et elle, un rien moins. L’important, c’est qu’elle ait dépoussiéré l’existence de ce misanthrope. C’est ce que nous dit cette jolie fable : seul le présent compte.
UNE FEMME DE MENAGE, Claude Berri 2002, Emilie Dequenne, Jean-Pierre Bacri (societe)@@ (E)
Jacques, ingénieur du son, habite depuis des années le quartier Buci. Quelques mois plus tôt, sa femme l'a quitté et sa nouvelle vie de célibataire semble avoir lentement glissé dans la monotonie et ...

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UNE FEMME FANTASTIQUE, Sebastián Lelio 2017, Daniela Vega, Aline Küppenheim (societe moeurs)@@@


Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguaçu, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au nord de l'Argentine. Cependant, le soir même, Orlando fait un malaise qui lui est fatal. La famille du défunt, mais aussi la police, s'en prennent à Marina.

TELERAMA
L’histoire de Marina, transgenre, qui vient de perdre l’homme qu’elle aime, mais tente d’aller de l’avant. Lyrisme et audace font de ce film très libre une réussite, portée par une actrice incroyable, Daniela Vega.

Esprit d’Almodóvar, es-tu là ? L’univers du cinéaste espagnol semble sans cesse cité dans ce film tourné à Santiago du Chili, portrait d’une femme flamboyante. Marina, qui a encore la carte d’identité de l’homme qu’elle était, porte fièrement des robes moulantes. Mais avec ce personnage et son étonnante interprète, Daniela Vega, Sebastián Lelio nous entraîne dans un monde singulier, affranchi de références. Un curieux vide en est le centre : le quinquagénaire Orlando meurt et, dès lors, tout tourne autour de lui. Il laisse Marina, la femme qui l’aimait. Mais c’est sa première épouse qui prend les commandes des funérailles pour laver l’honneur de la famille, souillé par cette « transgenre ».

Le réalisateur fait corps avec cette femme fantastique, comme déjà avec l’héroïne de Gloria (2013), et cette union sacrée rend tout possible. Dans une boîte de nuit, un moment de solitude mélancolique débouche soudain sur une chorégraphie disco, joyeuse comme une renaissance. La dureté d’un cauchemar éveillé et la fantaisie se mêlent. Marina incarne formidablement cet entre-deux. Entre la mort et le retour à la vie, entre deux sexes et deux identités, elle va de l’avant. Tout en portant le deuil de son histoire d’amour, elle continue à suivre sa trajectoire audacieuse, émouvante.
UNE FEMME FANTASTIQUE, Sebastián Lelio 2017, Daniela Vega, Aline Küppenheim (societe moeurs)@@@ (E)
Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguaçu, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au nord de l'Argentine. Cepend ...

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UNE FEMME SUR LE TOIT, Anna Jadowska 2023, Dorota Pomykała, Bogdan Koca (drame policier)@@


Alors qu'elle menait jusque-là une vie discrète et paisible, une infirmière sexagénaire se lance soudain dans un improbable et inexplicable braquage.

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Acculée par des dettes, une sexagénaire dévouée à sa famille, va commettre l’irréparable... Inspiré de faits réels, ce drame passe de l’ombre à la lumière, comme son héroïne, qui tente de s’émanciper d’une société polonaise rétrograde et machiste.

Mirka (impressionnante Dorota Pomykala) dédie sa vie au service des autres. Elle plie le linge, nourrit les poissons, fait à manger pour son fils adulte et son mari vautré dans son fauteuil, et elle travaille comme sage-femme dans la clinique locale. Mais un jour, la mère de famille, surendettée, tente, en un geste desespéré, de braquer une banque à l’aide d’un petit couteau de cuisine caché dans son sac…

Malgré sa lumière aveuglante, accentuée par la blondeur et la pâleur de l’héroïne, ce film de la Polonaise Anna Jadowska — inspiré de faits réels — est d’une noirceur absolue. Pourtant, même sans soutien, l’héroïne parvient à sortir peu à peu de son mutisme, de sa dépression et de sa solitude pour aller vers une lumière un peu plus douce.

UNE FEMME SUR LE TOIT, Anna Jadowska 2023, Dorota Pomykała, Bogdan Koca (drame policier)@@ (E)
Alors qu'elle menait jusque-là une vie discrète et paisible, une infirmière sexagénaire se lance soudain dans un improbable et inexplicable braquage.

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Acculée par des dettes, une sexag ...

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UNE HISTOIRE D AMOUR ET DE DESIR, Leyla Bouzid 2021, Sami Outalbali, Aurélie Petit, Zbeida Belhajamor (societe)@@


Ahmed, 18 ans, français d'origine algérienne, a grandi en banlieue parisienne. Sur les bancs de la fac, il rencontre Farah, une jeune tunisienne pleine d'énergie fraîchement débarquée à Paris. Tout en découvrant un corpus de littérature arabe sensuelle et érotique dont il ne soupçonnait pas l'existence, Ahmed tombe très amoureux d'elle et bien que littéralement submergé par le désir, il va tenter d'y résister.

TELERAMA
Français d’origine algérienne, Ahmed découvre l’amour à la fac… mais se l’interdit. Un film pudique sur la sexualité et le déterminisme social.

L'éducation sentimentale et érotique d’un garçon, menée par une fille et filmée par une réalisatrice, telle est la promesse rare de ce deuxième long métrage. Où le romanesque s’ancre dans une réalité précise et complexe : Ahmed, 18 ans, Français d’origine algérienne, a toujours vécu en banlieue parisienne, tandis que Farah arrive de Tunis pour ses études supérieures — ils font connaissance à la fac de lettres modernes. Elle est aussi exubérante qu’il est réservé, mais leur attirance mutuelle s’impose d’emblée. Jusqu’au soir où leur première étreinte manquée fait apparaître un abîme d’incompréhension entre eux.

La sensualité immédiate de la mise en scène (les peaux aimantent la caméra) doit alors composer, comme Farah, avec les obstacles accumulés par Ahmed contre lui-même. Il se donne le droit d’aimer platoniquement, silencieusement, mais pas celui de convertir ses sentiments en gestes. Une histoire d’amour et de désir, donc, mais où les deux termes s’opposent. La cinéaste effleure alors un sujet de société — la propension des jeunes hommes à limiter leur sexualité à la consommation de vidéos pornos. Mais le mouvement du film est à la fois plus intime et plus épique. Le portrait d’Ahmed ne cesse de se nuancer. Dans le quartier où il a grandi et où il côtoie encore des voisins de son âge, durs et désœuvrés, une idylle estudiantine ne peut en aucun cas s’avouer. À l’université, le garçon est si verrouillé, si inhibé qu’il refuse longtemps de faire l’exposé devant les autres qu’on exige pourtant de lui. Puis son histoire familiale tragique et celle de ses aïeux éclairent peu à peu sa personnalité.

Que le cours où l’on retrouve régulièrement Farah et Ahmed porte sur la littérature arabe érotique du Moyen Âge donne au récit sa saveur et son style. Ces textes, présentés par une prof au charisme subtil, rappellent une culture arabe aujourd’hui méconnue, éclipsée, voire cachée, exaltant les corps et les caresses. Ils scandent le film et parfois le débordent par leur flot poétique, de même qu’ils invitent l’étudiant troublé à un nouveau langage, celui des amants. Reste à savoir si l’on peut encore devenir quelqu’un d’autre à 18 ans, au temps du déterminisme implacable. Leyla Bouzid conduit ce suspense avec pudeur, mais sans pruderie, de la première image, le corps d’Ahmed nu, de dos et flou, jusqu’à la dernière : son visage net, en gros plan.
UNE HISTOIRE D AMOUR ET DE DESIR, Leyla Bouzid 2021, Sami Outalbali, Aurélie Petit, Zbeida Belhajamor (societe)@@ (E)
Ahmed, 18 ans, français d'origine algérienne, a grandi en banlieue parisienne. Sur les bancs de la fac, il rencontre Farah, une jeune tunisienne pleine d'énergie fraîchement débarquée à Paris. ...

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UNE INTIME CONVICTION, Antoine Raimbault 2019, Marina Fois, Olivier Gourmet (policier)@@


Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Alors que l'étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora tourne à l'obsession.

TELERAMA
Suzanne de Viguier disparaît en 2000. En 2010, son époux, défendu par Éric Dupond-Moretti, est jugé en appel. Ce film immersif s’inspire du réel mais captive grâce au personnage inventé de Nora, jurée traversée par l’intime conviction du titre.

Le réalisateur s’inspire ici de faits réels — la disparition de Suzanne Viguier et le deuxiè­me procès, en 2010, de son époux, ­défendu par Éric Dupond-Moretti — mais ajoute un beau personnage inventé : Nora, jurée lors du procès en appel, animée d’une intime conviction si puissante qu’elle s’impose au défenseur pour l’aider sur le dossier, sacrifiant sa propre vie. Une sorte d’Erin Brockovich sans sourire.

Au-delà des scènes de tribunal, fidèles à la procédure judiciaire française, le film captive en s’attachant à la quête de vérité compulsive de cette justicière ordinaire, avec une mise en scène tout en pulsations nerveuses. Qui de Marina Foïs, proche de la transe, ou d’Olivier Gourmet, royal dans la robe du célèbre avocat, est le plus impressionnant ? Verdict impossible.
UNE INTIME CONVICTION, Antoine Raimbault 2019, Marina Fois, Olivier Gourmet (policier)@@ (E)
Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le dé ...

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UNE NUIT, Alex Lutz 2023, Alex Lutz, Karin Viard (sentimental)@@


Un soir, pour ne pas rater son métro, Nathalie entre dans une rame bondée en bousculant Aymeric, coincé entre plusieurs passagers. Il l'invective, elle ne se laisse pas faire. Leur dispute provoque le sourire des autres voyageurs. Cette tension se transforme rapidement en désir, les amenant quelques minutes plus tard dans un photomaton où ils font l'amour. C'est le début d'une longue nuit où Nathalie et Aymeric vont ouvrir une parenthèse dans leur vie, tous deux ayant une famille. A l'image de deux adolescents, ils échangent, font connaissance et n'ont pas envie de mettre un terme à ce moment hors du temps...

TELERAMA
Une fois leur désir vite consommé, deux inconnus déambulent le temps d’une nuit dans Paris. Un film romantique à tiroirs, illuminé par Karin Viard.
Une rame de métro bondée. Une femme s’y engouffre, bousculant un homme. Entre eux, éclate une dispute, mais leurs regards, déjà, trahissent un désir. Plan suivant : ils font l’amour, pantalons sur les chevilles, dans un Photomaton, et leurs soupirs sont couverts, avec humour, par la voix automatique de la cabine qui demande si « tout s’est bien passé »… Débarrassée d’emblée, grâce à ces deux séquences d’ouverture, de l’agressivité et du sexe, une nuit s’offre à ces deux-là, pour dériver, discuter sans fin, dans un Paris très réel, mais au flou artistique.

Alex Lutz — aidé au scénario par sa partenaire Karin Viard — propose un surprenant et séduisant objet de cinéma romantique, à la fois intemporel et gracieusement contemporain. Il ne se passe pas grand-chose, mais beaucoup de moments d’émotion surviennent, comme volés : on jette son téléphone portable à la Seine qui rutile dans l’obscurité, histoire de se sentir vraiment libre, on échange avec gourmandise sur la notion d’attirance et la supposée alchimie entre deux êtres, avant de remonter par des escaliers où la femme — « Je m’appelle Nathalie » — semble plus essoufflée que l’homme — « Moi, c’est Aymeric. » Mais se prénomment-ils vraiment ainsi ? Et d’où vient leur complicité qui paraît si immédiate ?

De lieu en lieu, leur accord se fait parfait, et leurs confidences de plus en plus aiguës : Nathalie est décomplexée, douée pour s’incruster dans une fête de « jeunes » ; Aymeric, lui, connaît un endroit (un vieux magasin de meubles) où le temps peut se suspendre mieux qu’ailleurs, et où l’on peut marivauder. Et parce que Nathalie, dont le corps est régulièrement pris de fatigue ou de vertige, a envie de voir de la chair, ils se retrouvent, même, dans un club échangiste, où des confidences échangées avec un autre couple finissent par nouer la gorge.

Une nuit recèle un secret. Qui donne envie, immédiatement, de revoir le film, à la manière d’un Usual Suspects conjugal. Une révélation qui finira par éclore sur un pont, au petit matin, entre ce qui se passe là et maintenant, et un drame qui devra advenir. Fluide, bavard et sensuel, le résulat s’impose comme un bouleversant thriller des sentiments. Surtout, il réinvente une grande interprète : Karin Viard, d’une liberté absolue sous le regard complice d’Alex Lutz. Forte et frêle, elle rayonne. Grâce à elle, ce film au titre antonionien pourrait aussi bien s’intituler Identification d’un femme. Ou d’une actrice.
UNE NUIT, Alex Lutz 2023, Alex Lutz, Karin Viard (sentimental)@@ (E)
Un soir, pour ne pas rater son métro, Nathalie entre dans une rame bondée en bousculant Aymeric, coincé entre plusieurs passagers. Il l'invective, elle ne se laisse pas faire. Leur dispute provoque le sourire des autres ...

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UNE VIE CACHEE, Terrence Malik 2019, August Diehl, Valerie Pachner, Bruno Ganz (sentimental guerre)@@


Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Néanmoins, porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l'histoire de ces héros méconnus.

TELERAMA
Le fond est cruel : Terrence Malick n’élude pas la violence, les coups endurés en prison par le réfractaire. Mais la forme est celle d’une psalmodie douce, éminemment musicale (soutenue par Bach, Haendel, Dvorák…). Où l’infiniment grand, le ciel, ce qui nous dépasse, se conjugue avec la vie à portée de main — et d’abord le visage de Fani, l’épouse bien-aimée de Franz. C’est donc vers la lumière et une forme d’élévation spirituelle, non de désespoir, que tend cette œuvre pourtant funeste, éloge d’un engagement extrême. Celui d’un résistant solitaire défendant jusqu’au bout sa conscience morale et sa liberté, sans bruit, sans cris, sans même chercher à être un jour entendu… Mais, aujourd’hui, le film fait de cet inconnu un symbole d’héroïsme absolu. — Jacques Morice
UNE VIE CACHEE, Terrence Malik 2019, August Diehl, Valerie Pachner, Bruno Ganz (sentimental guerre)@@ (E)
Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Néanmoins, porté ...

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UNE ZONE A DEFENDRE, Romain Cogitore 2023, Francois Civil, Manon Bresch, Lyna Koudri (policier sentimental)@@@


Greg, un officier infiltré de la DGSI, et Myriam, une militante écologiste, se rencontrent dans une ZAD et tombent amoureux. 18 mois plus tard, Greg retourne sur place pour une mission officielle, il y retrouve Myriam et découvre qu'entre-temps elle a eu un enfant. Tiraillé entre son ambition professionnelle et un amour naissant, l'officier doit prendre une décision difficile qui pourrait tout changer.

TELERAMA
Un policier infiltré tombe amoureux d’une zadiste… Loin de la comédie franchouillarde “de société” que l’on pouvait craindre, la première production française de Disney+ est un mélodrame plus intéressé par la romance que par la politique.

Lui est flic, elle, zadiste. Greg devait infiltrer une ZAD forestière pour espionner Myriam, mais voilà que tous deux s’entendent… un peu trop bien. Un bébé plus tard, si on commençait par préciser ce qu’Une zone à défendre n’est pas ? Malgré son synopsis en forme de mauvaise blague (moqué sur Twitter par plusieurs critiques), le film de Romain Cogitore n’est ni une lettre d’amour aux lanceurs de balles de défense, ni une énième comédie « de société » à côté de la plaque. Il n’est pas non plus un quelconque « film » de plateforme nul et non avenu, mais un vrai long métrage, bien mis en scène et incarné.

Lyna Khoudri (Myriam) et François Civil (Greg) prolongent, en plus musclé mais pas forcément moins musqué, le duo amoureux dont on a découvert les prémices dans Les Trois Mousquetaires. Dans ce film aussi, ils jouent à « je t’aime moi non plus », surtout autour de leur (pauvre) gosse et de qui devra s’en occuper. L’existence même de ce bébé est une faute grave pour Greg ; Myriam, elle, a une zone à défendre et, croyez-la, c’est un travail à temps plein. Malgré les dreadlocks dont est affublée l’actrice – seul véritable faux pas du film –, on croit volontiers à ce couple qui n’aurait pas dû exister. Et à l’univers dans lequel il évolue : il y a une vraie ambiance, de la profondeur de champ (si, c’est important) et la ZAD n’est pas caricaturale. Elle donne à peine de quoi sourire, parfois – ce n’est pas non plus Problemos.

La politique est à la fois présente dans les images et un peu légère dans les dialogues. Couper des arbres, c’est terrible, retiendra-t-on : ce n’est pas encore un précis de collapsologie. Mais on voit tout de même des policiers taper, plein cadre, sur des manifestants : pas mal, pour un Disney… Rappelons que la série Oussekine était déjà produite par la souris aux grandes oreilles.

Une zone à défendre vise plutôt le mélodrame, transportant son intrigue sur le terrain de la morale. Vont-ils s’aimer, le peuvent-ils, que faire quand les deux sont accrochés à leurs « carrières » respectives ? Le filme tourne un peu en rond dans un dernier acte de comédie romantique classique, où les amants ne parviennent pas à se quitter. Pas comme dans la vraie vie. Parce que cette infiltration qui tourne mal (ou trop bien) est inspirée d’une histoire vraie qui, au Royaume-Uni, s’est soldée par un procès.
UNE ZONE A DEFENDRE, Romain Cogitore 2023, Francois Civil, Manon Bresch, Lyna Koudri (policier sentimental)@@@ (E)
Greg, un officier infiltré de la DGSI, et Myriam, une militante écologiste, se rencontrent dans une ZAD et tombent amoureux. 18 mois plus tard, Greg retourne sur place pour une mission officielle, il y retrouve Myriam et d&eac ...

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VA, VIS ET DEVIENS, Radu Mihaileanu 2005, Yael Abecassis, Roschdy Zem


1984. Des centaines de milliers d'Africains de vingt-six pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps, au Soudan. À l'initiative d'Israël et des États-Unis, une vaste action, l'opération Moïse, est menée pour emmener des milliers de Juifs d'Éthiopie (Falashas) vers Israël. Une mère chrétienne pousse son fils de 9 ans à se déclarer juif, pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant arrive en Terre sainte.
VA, VIS ET DEVIENS, Radu Mihaileanu 2005, Yael Abecassis, Roschdy Zem (E)
1984. Des centaines de milliers d'Africains de vingt-six pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps, au Soudan. À l'initiative d'Israël et des États-Unis, une vaste action, l'opération Moïs ...

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VALENTINE S DAY, Garry Marshall 2010, Julia Robets, Anne Hathaway, Bradley Cooper (comedie sentimentale)@@


Ce film retrace les destins croisés de couples le jour de la Saint-Valentin. Retrouvailles, séparations, rencontres, en ce jour de fête, tout semble possible à Los Angeles.

TELERAMA
La toute nouvelle comédie romantique de Garry Marshall (le spécialiste du genre, souvenez-vous de Pretty Woman), est un véritable zoo de stars : à chacun sa cage rose bonbon et sa petite amourette rien qu'à lui. Shirley MacLaine, Julia Roberts, Jamie Foxx, Ashton Kutcher, Anne Hathaway, Taylor « Twilight » Lautner, et on en oublie la moitié, se disputent le privilège d'apparaître (à peine, pour certains) dans le film choral le plus niais de la décen­nie. Armés de coeurs en sucre, de fleurs, de peluches, et surtout de sentiments dégoulinants, ils sont venus nombreux nous « vendre » la Saint-Valentin. Comme disait Brassens, « parlez-moi d'amour et je vous fous mon poing sur la gueule ».
VALENTINE S DAY, Garry Marshall 2010, Julia Robets, Anne Hathaway, Bradley Cooper (comedie sentimentale)@@ (E)
Ce film retrace les destins croisés de couples le jour de la Saint-Valentin. Retrouvailles, séparations, rencontres, en ce jour de fête, tout semble possible à Los Angeles.

TELERAMA
La toute nouvelle ...

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VANAJA, Rajnesh Domalpalli 2006 (folklore Inde)@@@


Vanaja est un film dramatique en langue télougou de 2006 écrit et réalisé par Rajnesh Domalpalli sur une histoire qui a constitué sa thèse de maîtrise en beaux-arts à l'Université de Columbia.
VANAJA, Rajnesh Domalpalli 2006 (folklore Inde)@@@ (E)
Vanaja est un film dramatique en langue télougou de 2006 écrit et réalisé par Rajnesh Domalpalli sur une histoire qui a constitué sa thèse de maîtrise en beaux-arts à l'Université ...

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VARSOVIE 83, Une affaire d etat, Jan P Matuszyński 2021 (histoire)@@


Varsovie, 1983 : durant l'oppressante loi martiale décidée par le général Jaruzelski, la milice citoyenne tue Grzegorz Przemyk, fils d'une militante proche de Solidarność. Mensonges, menaces : le régime totalitaire du Général Jaruzelski va tenter par tous les moyens d'empêcher la tenue d'un procès équitable.

TELERAMA
Varsovie, le 14 mai 1983, un lycéen meurt après avoir été roué de coups dans un commissariat par la milice citoyenne. Sa mère est une opposante au régime, une poétesse connue pour sa proximité avec le syndicat Solidarnosc, encore actif malgré son interdiction dans la Pologne du général Jaruzelski, où a été décrétée la loi martiale. Pour que la mort ignoble de Grzegorz Przemyk ne devienne pas une affaire d’État, le pouvoir est prêt à tout.

Une tension constante traverse ce film qui montre avec une extraordinaire vérité les grandes manœuvres entreprises afin de cacher la vérité. Autour du jeune Jurek, seul témoin du tabassage meurtrier, et de Barbara Sadowska, la mère de la victime, un tableau de société passionnant et glaçant se déploie. Chaque individu n’y est qu’un pion, qu’il s’agit de faire tomber ou de déplacer sur l’échiquier de la dictature. Les stratégies pour y parvenir sont connues, menaces, chantage, mise sur écoute, faux témoignages arrachés de force. Mais l’attention méticuleuse portée à chaque rouage du mécanisme de l’injustice a ici une force inédite.

Un regard, une coiffure, une expression du visage : avec des comédiens savamment choisis, les portraits sont tous marquants — qu’il s’agisse de la procureuse dont l’apparence évoque une mascarade ou de la mère qui semble prise dans un linceul. Chaque détail est la pièce d’un puzzle faisant réapparaître une époque. Le début des années 1980 semble même revivre à travers la manière de filmer. Le réalisateur réussit un film en immersion totale dans la Pologne communiste sous contrôle soviétique. Une telle acuité rend très actuel, et encore menaçant, le souvenir de cette folie despotique.


VARSOVIE 83, Une affaire d etat, Jan P Matuszyński 2021 (histoire)@@ (E)
Varsovie, 1983 : durant l'oppressante loi martiale décidée par le général Jaruzelski, la milice citoyenne tue Grzegorz Przemyk, fils d'une militante proche de Solidarność. Mensonges, menaces : le régime ...

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VENISE N EST PAS EN ITALIE, Ivan Calberac, Benoit Poelvoorde, Valerie Bonneton@@


Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l’invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie.
VENISE N EST PAS EN ITALIE, Ivan Calberac, Benoit Poelvoorde, Valerie Bonneton@@ (E)
Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui l ...

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VERA DRAKE, Imelda Staunton 2005, Imelda Staunton, Philip Davis, Daniel Mays (societe)@@


Les années 50 à Londres. La modeste famille des Drake est appréciée dans tout le quartier. L'homme, Stan, est mécanicien dans le garage de son frère. Sid et Ethel, les deux enfants, sont respectivement apprenti tailleur et ouvrière dans une fabrique d'ampoules électriques. Vera, femme de ménage, est connue pour rendre service à tout son entourage. Mais si la gentillesse de la mère de famille est appréciée, c'est une activité bien plus secrète qui lui vaut d'être réputée en ville. Vera aide en effet des femmes à avorter clandestinement, à une époque où cette pratique est considérée comme un crime. Mais un jour, une de ses "patientes" ayant été blessée, Vera est inquiétée par la police et la justice. Elle entame une descente aux enfers...

TELERAMA
Dans les années 1950, avec la minutie, la patience et l’humilité d’un artisan, Vera Drake pratique des avortements. Après “Secrets et mensonges” et “All or nothing”, un autre chapitre de la comédie humaine selon Mike Leigh.

Vera Drake chantonne. Tout le temps. Quand elle cuisine pour son mari et ses deux enfants. Quand elle s’échine à briquer les demeures des grands bourgeois qui la regardent à peine. Vera Drake est aussi une avorteuse. Elle pratique cette activité avec la minutie, la patience, l’humilité d’un artisan, sans demander d’argent. Qu’elle aide ces femmes en détresse ou qu’elle invite à dîner ce voisin effacé qu’elle soupçonne de ne se nourrir que de pain et de saindoux, Vera ne fait qu’obéir à sa raison, à sa logique.

Ce n’est pas une sainte laïque, mais un cœur simple à la Flaubert. Avec elle, Mike Leigh poursuit sa description méticuleuse, presque clinique, d’une comédie humaine peuplée d’êtres frustes et de paumés magnifiques. Le plus beau de ces personnages, c’est sûrement Reg, le voisin au saindoux. Morne, voire pathétique, avec sa parole embarrassée et son pantalon déchiré au genou. C’est lui qui dira brusquement, lors de l’arrestation de Vera : « Quand vous vivez avec six enfants dans une pièce sans pouvoir les nourrir, c’est dur de les aimer. » Un pamphlet contre l’hypocrisie de sociétés édictant des lois que les pauvres subissent et que les riches déjouent.
VERA DRAKE, Imelda Staunton 2005, Imelda Staunton, Philip Davis, Daniel Mays (societe)@@ (E)
Les années 50 à Londres. La modeste famille des Drake est appréciée dans tout le quartier. L'homme, Stan, est mécanicien dans le garage de son frère. Sid et Ethel, les deux enfants, sont respectivem ...

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VERS UN AVENIR RADIEUX, Nanni Moretti 2023, Mathieu Amalric (politique)@@


Giovanni, cinéaste italien renommé, s'apprête à tourner son nouveau film. Cependant, entre son couple en crise, son producteur français au bord de la faillite et sa fille qui le délaisse, tout semble jouer contre lui. Toujours sur la corde raide, Giovanni doit repenser sa manière de faire s'il veut mener tout son petit monde vers un avenir radieux.

TELERAMA
Le maître italien poursuit son autofiction en incarnant un cinéaste en pleine débâcle. Et son énergie du désespoir confine souvent au génie comique.

Que les cinéastes continuent à tourner bien au-delà de l’âge de la retraite donne, parfois, des films incroyables. A fortiori quand ces créateurs sont eux-mêmes la figure emblématique de leur œuvre, comme Nanni Moretti, et qu’on les voit changer, de façon imprévisible, au fil des ans et des décennies. Vers un avenir radieux prendra ainsi davantage de sens et de valeur pour les (nombreux) spectateurs familiers du maître italien et de son éternelle autofiction. Ce Giovanni qu’il incarne ici, occupé à la fabrication, à Rome, d’un nouveau film, sous-financé, on pense le connaître depuis toujours. Mais sa manière dictatoriale de marteler chacun de ses mots, de pontifier au travail comme en privé, le rend moins sympathique que prévu. Et d’ailleurs, son entourage, professionnel comme familial, n’est plus sous le charme. Bienvenue dans une histoire de débâcle.


À 69 ans, Moretti se plaît à se mettre en scène comme un homme qui ne mesure pas combien son statut, son autorité et sa magie vacillent. Avec toutes les vertus comiques de ce retard accumulé entre sa perception et la réalité. L’épouse et productrice depuis quarante ans (incomparable Margherita Buy) prépare en secret son départ du domicile conjugal, avec l’assistance d’un psychanalyste. Pour la première fois, elle produit, de surcroît, le film d’un autre réalisateur, jeune, adepte de la violence à l’écran, aux antipodes de Giovanni : une trahison à bas bruit… Et l’aveuglement du vétéran rime, de manière ironique, avec celui qu’il a inscrit au cœur de son scénario, situé en 1956 : des communistes italiens hésitent à condamner l’invasion de Budapest par les chars soviétiques, au moment même où ils accueillent un cirque hongrois à Rome…

Le film de toutes les crises
Dans un chaos complet, non dénué de suavité pour qui le contemple depuis un fauteuil de cinéma, Vers un avenir radieux devient le film de toutes les crises : du couple, de la soixantaine finissante, du cinéma, de la gauche italienne, que Moretti a si longtemps personnifiée… Mais loin de la tragi-comédie parfaitement huilée, le résultat frappe d’abord par le poids de confessions, de rage et l’énergie du désespoir dont le cinéaste le charge. L’artiste, manifestement, ne supporte plus grand-chose, ni l’inculture de ses nouveaux collaborateurs, ni les décisions politiques qui ont conduit l’Italie à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Quant à son propre état psychique, il est troublant d’entendre Giovanni, au pied du mur, avouer à sa fille son addiction aux somnifères et aux antidépresseurs.

Deux morceaux de bravoure viennent paradoxalement contredire le naufrage suggéré. Sur le sujet épineux de l’agonie du cinéma de création, plus que paupérisé, et de la prise de pouvoir des plateformes, l’auteur transmue son amertume en génie comique. Il réussit à faire de la confrontation entre son personnage et quelques décideurs romains de Netflix la scène la plus drôle du film, au tempo et aux dialogues irrésistibles. Et lorsqu’il s’agit d’acheminer le sombre tableau vers un dénouement, Nanni Moretti, tout largué et déphasé qu’il se représente, a une intuition merveilleuse. Il opère alors une acrobatie vers l’imaginaire, inédite dans son œuvre : précisément ce qu’il faut pour sortir du marasme par le haut, et donner, serait-ce une dernière fois, le frisson de l’espérance.
VERS UN AVENIR RADIEUX, Nanni Moretti 2023, Mathieu Amalric (politique)@@ (E)
Giovanni, cinéaste italien renommé, s'apprête à tourner son nouveau film. Cependant, entre son couple en crise, son producteur français au bord de la faillite et sa fille qui le délaisse, tout semble ...

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VICTORIA, Jstine Triet 2016, Virginie Efira, Vincent Lacoste


Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu'elle a sorti d'affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecoeur de défendre Vincent tandis qu'elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d'une série de cataclysmes pour Victoria.

TELERAMA
Cette Victoria, dépressive, la quarantaine, est-elle l’héroïne d’une comédie ? Oui, car elle est burlesque, jusque dans ses dénis, cette avocate pénaliste, mère séparée de surcroît. Son baby-sitter la lâche, ses plans sexe tournent au fiasco, et son ex-mari divulgue une part de son intimité sur un blog. Et voilà que son meilleur ami, soupçonné d’avoir poignardé sa femme, lui demande de le défendre…

Le trop-plein, la confusion des genres et des sentiments, le travail, la famille et l’amour entremêlés : tout cela était déjà dans La Bataille de Solférino , premier film de Justine Triet. Victoria, chronique qui varie les tempos, est plus écrit, plus accrocheur, dans la lignée de modèles hollywoodiens (Billy Wilder, Blake ­Edwards). Il offre des reflets justes du monde contemporain, entre rire, angoisse, addictions, quête narcissique et obligation de tout gérer et juger, en vitesse accélérée. On n’avait encore jamais vu ­Virginie Efira ainsi : baro­que ou réservée, éclatante ou éteinte, conquérante ou amorphe.
VICTORIA, Jstine Triet 2016, Virginie Efira, Vincent Lacoste (E)
Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu'elle a sorti d'affaire. Le lendemain, Vincent est accusé ...

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VIENS JE T EMMENE, Alain Guiraudie 2020, Jean-Charles Clichet, Noemie Lovsky, Dora Tillier (thriller)@@


A Clermont-Ferrand, Médéric tombe amoureux d'Isadora, une prostituée de cinquante ans qui est pourtant mariée. Alors que le centre-ville est le théâtre d'une attaque terroriste, Sélim, un jeune sans-abri, se réfugie dans l'immeuble de Médéric provoquant une paranoïa collective. Tout se complique dans la vie de Médéric, tiraillé entre son empathie pour Sélim et son désir de vivre une liaison avec Isadora.

TELERAMA
À la suite d’un attentat, une petite communauté oscille entre paranoïa et solidarité. Auteur généreux, Alain Guiraudie fait surgir l’espoir de la grisaille. un camaïeu de gris, décliné d’un ciel d’orage à la pierre de lave noirâtre qui confère à la cité arverne son air austère. Assombrie, Clermont-Ferrand l’est davantage depuis qu’un attentat terroriste a été commis au pied de la statue équestre de Vercingétorix, sur la place de Jaude.

Communiste revendiqué et de longue date, Alain Guiraudie a souvent filmé les prolétaires (ouvriers, paysans), mais aussi les corps atypiques, avec allégresse et empathie, ce qui est en soi un geste politique. Mais c’est la première fois qu’il se frotte directement aux plaies de la société française contemporaine : racisme, islamisme, communautarisme. Il le fait à sa façon, généreuse et franche, sans se départir de son humour paillard et en prenant soin de retourner les clichés pour rendre les situations et les réactions des personnages constamment imprévisibles.

Médéric (Jean-Charles Clichet, bluffant de décontraction) est un vieux garçon frustré qui drague gauchement une prostituée quinquagénaire mais aussi un redoutable ingénieur en cybersécurité et un bobo capable de proposer son Clic-Clac à un jeune SDF musulman un soir d’attentat. Isadora (Noémie Lvovsky, en grande forme) aime son métier, le plus vieux du monde, les cunnilingus mais aussi son mari qui la tabasse depuis trente ans : chez Guiraudie, personne ne rentre dans des cases étriquées…

Conflit pulsionnel
Recluse dans un immeuble-forteresse comme on en trouve dans les films de John Carpenter, la petite communauté de voisins aux profils hétéroclites cogite en permanence, échange bières et idées, assume ses fantasmes contradictoires : paranoïa et fraternité, Éros et Thanatos. Pour sortir de l’ornière identitaire, éviter la guerre civile, Alain Guiraudie mise sur une jeunesse diversifiée et, au bout du conte, laisse entrevoir l’hypothèse d’une réconciliation. « Viens je t’emmène / Où l’illusion devient réalité / Derrière le miroir de l’autre côté… »
VIENS JE T EMMENE, Alain Guiraudie 2020, Jean-Charles Clichet, Noemie Lovsky, Dora Tillier (thriller)@@ (E)
A Clermont-Ferrand, Médéric tombe amoureux d'Isadora, une prostituée de cinquante ans qui est pourtant mariée. Alors que le centre-ville est le théâtre d'une attaque terroriste, Sélim, un jeun ...

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VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@


Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, qui se trouve laide, est toujours en quête d'amour. Née bâtarde au début du XXe siècle, si elle n'a jamais été reconnue par son père, elle ne s'est jamais sentie aimée par sa mère.

TELERAMA
Violette Leduc, Simone de Beauvoir : un lien étrange entre deux monstres littéraires que Martin Provost et ses actrices rendent fascinant.

Hier, Séraphine de Senlis, aujourd’hui, Violette Leduc. De toute évidence, Martin Provost aime les cabossées, les provocatrices, les rejetées : celles qu’on enfer­me (dans un asile ou en elles-mêmes) pour les empêcher de peindre ou d’écrire. Pour lui, Séraphine et Violette sont des sœurs jumelles, unies par leur laideur et le peu d’amour qu’elles suscitent autour d’elles. Et en elles. Il les filme de la même façon : saisies de près ou de loin par de longs travellings, elles marchent, elles marchent sans cesse, elles ne font que marcher vers un but qui se dérobe. Elles sont abruptes, pas faciles et même carrément insupportables (sur le tournage, Emmanuelle Devos qualifiait son personnage d'« attachiante » !), mais, curieusement, c’est en scènes lentes, presque calmes que le cinéaste traduit leur emportement. C’est que la force des sentiments passe, chez lui, par une sagesse (parfois excessive) de la forme.

De la vie de son héroïne, le cinéaste privilégie le lien étrange, amoureux pour l’une, amical pour l’autre, que Violette noue avec Simone de Beauvoir. Ces deux femmes, il les filme comme deux blocs de solitude. Violette semble à jamais exilée dans une chambrette qu’elle déteste, le plus souvent encombrée d’une mère adorée et haïe ; Beauvoir, elle, déménage d’un appartement l’autre, dont les salons apparaissent de plus en plus sombres et nus : elle est loin de Sartre, des mondanités et de ses amours américaines. Ce sont deux monstres littéraires qu’on observe, rigoureusement opposés, liés, cependant, par la certitude du talent de l’autre. Entre Emmanuelle Devos, actrice de l’imperceptible, et Sandrine Kiberlain, impassible, un masque impénétrable posé sur le visage, les rencontres deviennent des moments fascinants dans leur épure même. Leur irréalisme absolu.

D’ailleurs, c’est lorsqu’il se met en quête de réalisme (la voix de Louis Jouvet sur une scène de théâtre, Jacques Bonnaffé qu’il tente désespérément de faire ressembler à Jean Genet…) que Martin Provost se plante. Ce qu’il réussit, en revanche, magnifiquement, c’est filmer ces moments de la vie de Violette comme du temps arrêté – que souligne la musique planante d’Arvo Pärt. À tel point que, lorsqu’au milieu des années 1960, après le triomphe de La Bâtarde, elle rencontre l’amour, le jeune homme qu’elle prend pour amant semble sortir d’un film des années 1930. De l’enfance de Violette. Ou de son imaginaire.
VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@ (E)
Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, ...

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VIRAGE, Delphine Lemoine 2025, Caroline Proust, Thomas Jouannet, Andréa Ferréol (thriller)@@


Louise Bach, brillante policière, rate un flag et risque la vie de sa partenaire en répondant aux appels répétés de son fils qui la tanne. Martin, son père, a décidé de rester vivre loin de tout, loin de la ville, loin de son métier d'infirmier. Louise les rejoint pour tenter de comprendre ce qui se passe et les ramener à Paris. Cependant, son flag loupé la poursuit jusqu'à mettre en danger sa famille.

TELERAMA
Flic surbookée, Louise tente de recoller les morceaux avec son mari tout en tirant au clair une histoire de cocaïne subtilisée. Le spectateur, lui, risque d’avoir du mal à ingérer ce mélange quelque peu frelaté.

Policière surbookée, Louise apprend que son mari Martin, dont elle est séparée, est parti s’installer dans le Nord avec leur fils Yvan. Elle les rejoint afin de tenter de comprendre les raisons de ce brusque départ. Mais sur place, elle se heurte au refus de communiquer de Martin. Yvan, de son côté, semble tremper dans des affaires louches avec son ami Arthur. Pour ne rien arranger, à la suite d’une opération de police qui a mal tourné à Paris, Louise est dans le viseur de sa hiérarchie. Celle-ci la suspecte d’avoir subtilisé une grosse quantité de cocaïne…

On est donc invité à suivre pendant une heure trente les efforts de l’héroïne pour s’innocenter auprès de ses supérieurs tout en recollant les morceaux avec son mari. Hélas, tout cela manque cruellement de rythme et d’originalité. Le cocktail histoire de famille / enquête policière a déjà été vu cent fois et l’ensemble se traîne jusqu’à un final peu crédible (on a droit à la sempiternelle confrontation de la flic avec l’antagoniste qui menace un personnage tiers avec son arme). Bref, la vie est trop courte pour s’infliger ce dispensable Virage.

VIRAGE, Delphine Lemoine 2025, Caroline Proust, Thomas Jouannet, Andréa Ferréol (thriller)@@ (E)
Louise Bach, brillante policière, rate un flag et risque la vie de sa partenaire en répondant aux appels répétés de son fils qui la tanne. Martin, son père, a décidé de rester vivre lo ...

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VOLUPTE SINGULIERE, Sven Taddicken 2016, Martina Gedeck, Ulrich Tukur (drame sentimental)@@


Réunissant deux figures majeures du cinéma allemand, qui ont notamment partagé l'affiche de La vie des autres, Sven Taddicken met en scène une étonnante histoire d'amour entre deux êtres solitaires, abandonnés, luttant l'un et l'autre contre une sorte d'asphyxie spirituelle.

TELERAMA
Une histoire bien tordue, pour pas grand-chose. On ne sait si le roman de la Britannique Alison Louise Kennedy, adapté ici, est aussi malsain, mais on parierait qu’il a au moins le sens du grotesque, fût-il sombre. Ce que n’a pas du tout ce film laborieux, sérieux et plutôt sinistre. Une femme au foyer qui a perdu la foi et qui ne s’en remet pas tombe un jour à la radio sur un célèbre psychologue vantant sa méthode de développement personnel. Elle le rencontre, se lie d’amitié avec lui, alors qu’ils n’ont rien en commun sinon une névrose puissante. On devine entre eux une attirance, mais l’un et l’autre sont empêchés, inhibés. Lui est en fait un addict au porno le plus déviant, incapable d’avoir un rapport sexuel réel. Elle, en plus d’être abandonnée par Dieu, est une femme battue par son mari, limite psychopathe.

Autant dire que ça ne rigole pas du tout dans ce film aussi constipé que ses personnages, au mystère lourdingue et à la délivrance finale très prévisible. Heureusement que ses deux acteurs — Martina Gedeck et Ulrich Tukur, tous deux présents dans La Vie des autres — ont un peu de talent. Mais qu’ont-ils été faire dans cette galère ?
VOLUPTE SINGULIERE, Sven Taddicken 2016, Martina Gedeck, Ulrich Tukur (drame sentimental)@@ (E)
Réunissant deux figures majeures du cinéma allemand, qui ont notamment partagé l'affiche de La vie des autres, Sven Taddicken met en scène une étonnante histoire d'amour entre deux êtres solitaires, ...

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VOUS N AUREZ PAS MA HAINE, Kilian Riedhof 2022, Camélia Jordana, Raphaël Personnaz, Pierre Deladonchamps (drame histoire)@


Le journaliste Antoine Leiris a perdu Hélène Muyal-Leiris, sa femme bien-aimée, le 13 novembre 2015, pendant les attentats terroristes du Bataclan, à Paris. Bien que dramatique, son histoire vraie propose une voie possible pour surmonter une tragédie sans sombrer dans le désespoir : à la haine des terroristes, Antoine oppose en effet l'amour qu'il porte à son jeune fils Melvil et à sa femme disparue.

TELERAMA
La femme d’Antoine Leiris a été tuée au Bataclan en 2015. C’est son histoire que le film de Kilian Riedhof tente de raconter. Il apparaît évident, dès la première image, que le cinéma ne peut être à la hauteur de cette souffrance.

Jusqu’à maintenant, les réalisateurs français s’accordent à dire que les fusillades du 13 novembre 2015 sont « de l’ordre de l’irreprésentable », comme l’a formulé Alice Winocour (Revoir Paris). L’Allemand Kilian Riedhof est de cet avis, mais il a tout de même estimé pouvoir représenter la douleur d’Antoine Leiris, dont la femme a été tuée au Bataclan – et dont la lettre destinée aux terroristes, puis le livre ont fait le tour du monde. Il suffit d’un plan ou deux pour constater que cela aussi reste mission impossible.

Le film, sans grande imagination formelle, ne parvient pas à se hisser à la hauteur d’une telle souffrance : gros plans racoleurs, flashbacks tire-larmes, images de bouteille de whisky ou du dressing rempli des robes de la défunte… Cette histoire méritait un regard plus singulier.
VOUS N AUREZ PAS MA HAINE, Kilian Riedhof 2022, Camélia Jordana, Raphaël Personnaz, Pierre Deladonchamps (drame histoire)@ (E)
Le journaliste Antoine Leiris a perdu Hélène Muyal-Leiris, sa femme bien-aimée, le 13 novembre 2015, pendant les attentats terroristes du Bataclan, à Paris. Bien que dramatique, son histoire vraie propose une voi ...

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WASABI, Gérard Krawczyk 2001, Jean Reno, Michel Muller, arole Bouquet, Ryôko Hirosue (thriller japon)@@


Hubert Fiorentini est un policier quadragénaire au caractère bien trempé, qui éprouve de ce fait quelques difficultés dans ses relations avec les femmes. Il n'est jamais parvenu à oublier son amour pour la jeune Miko, sa compagne japonaise, partie vingt ans plus tôt sans donner d'explication. Un jour, son tempérament violent conduit Hubert à démolir, sans le savoir, le portrait du fils du préfet. Les représailles ne se font pas attendre, et son supérieur lui impose aussitôt un congé. C'est alors que le flic turbulent apprend qu'il doit se rendre au Japon : Miko, décédée subitement, l'a désigné comme unique légataire d'un héritage dont le contenu reste une énigme...

TELERAMA
Un flic solitaire et retors retrouve sa fille lors d’une mission au Japon. Résultat : ce film écrit par Luc Besson est une pâte molle à peine relevée de quelques canardages.

Wasabi, c’est le petit tas de moutarde verte sur le côté du plateau de sushis. Jean Reno mange ça sur le bout du doigt, comme si c’était de la mousse au chocolat. Voilà un dur à cuire. Pendant ce temps, le spectateur avale tout aussi distraitement Wasabi-le-film, pâte molle à peine relevée de quelques castagnes et canardages. Un scénario niveau CE2 dépêche Jean Reno, superflic jamais remis d’une romance nippone, à la rencontre du fruit de cette liaison passée : une poupée choc aux tifs soleil couchant.

À Tokyo, le gendarme en vadrouille dézingue les yakusas à coups de club de golf. Il est tantôt flanqué de la post-lolita survoltée (cliché rituel des productions Luc Besson), tantôt d’un comparse gaffeur type La Chèvre, que Michel Muller (intéressant guignol canalesque) fait de son mieux pour étoffer. Aucun des deux tandems n’est vraiment exploité. Mais on s’en fout un peu, comme du reste.

Une seule chose ici compte : Jean Reno. Chaque nouveau rôle coule un peu plus dans le bronze sa statue d’acteur populaire. C’est un homme qu’on aime aimer, avec ses yeux cernés, sa barbe de trois jours, ses airs de chien fidèle. On voit doucement vieillir ce massif clergyman de la castagne. D’un film à l’autre et beaucoup sont médiocres il est le même et il est là. C’est un héros récurrent qui ne dit pas son nom. Sauf qu’ici (clin d’œil volontaire ?) il s’appelle Hubert, comme dans Les Visiteurs. Chevalier solitaire, anachronique et mutant, sympathique et opaque, Jean Reno aura un jour sa rétrospective à la Cinémathèque.

WASABI, Gérard Krawczyk 2001, Jean Reno, Michel Muller, arole Bouquet, Ryôko Hirosue (thriller japon)@@ (E)
Hubert Fiorentini est un policier quadragénaire au caractère bien trempé, qui éprouve de ce fait quelques difficultés dans ses relations avec les femmes. Il n'est jamais parvenu à oublier son amour ...

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WEEK ENDS, Anne Villacèque 2014, Karin Viard, Jacques Gamblin, Noemie Lvovsky, Ulrich Tukur, Laure Calamy (dramesentimental)@@


Deux couples, Christine et Jean, Sylvette et Ulrich, passent presque tous leurs week-ends ensemble dans un paisible village de Normandie où ils ont chacun acheté une maison. Ils se connaissent depuis plus de trente ans, leurs enfants ont grandi ensemble. Et puis un jour Jean quitte Christine. Celle-ci est dévastée. Sylvette et Ulrich font ce qu'ils peuvent pour la réconforter, mais elle résiste. Les rapports entre eux se distendent.

TELERAMA
Deux couples amis depuis vingt ans. L’un se sépare, l’autre ne sait comment réagir. Un récit original, avec des ruptures de ton surprenantes.

Il y a vingt ans, les deux couples étaient inséparables, au point d’acheter deux maisons de vacances voisines. Sylvette et Ulrich s’aiment toujours, ou du moins font semblant. Mais, de l’autre côté de la rue, Jean s’en va, laissant Christine dévastée. Et ses amis dans le doute. Un décor presque unique, un récit au fil des quatre saisons : avec Week-ends, Anne Villacèque signe une sorte de remake normand d’Another year — Karin Viard joue un rôle de maniacodépressive, comme Lesley Manville chez Mike Leigh. Mais le ton est encore plus désespéré. Chez Christine et Jean, l’amour fusionnel a viré à la haine et le poids du passé empêchera toujours les deux ex-conjoints de trouver le bonheur dans les bras d’un(e) autre. Quant à Sylvette et Ulrich, leur union paisible en façade est plombée par la routine.

Les amours de ces antihéros sont banales, mais leur chronique n’a rien d’ordinaire. Dès les premières minutes, Anne Villacèque bouscule le naturalisme apparent grâce à l’irruption violente de l’incongru. Christine, qui vient de se garer sur la dernière place disponible d’un parking, se fait insulter par une automobiliste furibarde : c’est drôle, puis de plus en plus inquiétant. À l’image de cette scène tendue, Week-ends va rarement là où on l’attend, grâce à un récit tout en ellipses et non-dits. Grâce, aussi, à d’étonnantes ruptures de ton. Dans la douceur comme dans la terreur, avec la soudaine crise d’angoisse de Jean. On n’est plus alors chez Mike Leigh. Mais du côté de chez Bergman.
WEEK ENDS, Anne Villacèque 2014, Karin Viard, Jacques Gamblin, Noemie Lvovsky, Ulrich Tukur, Laure Calamy (dramesentimental)@@ (E)
Deux couples, Christine et Jean, Sylvette et Ulrich, passent presque tous leurs week-ends ensemble dans un paisible village de Normandie où ils ont chacun acheté une maison. Ils se connaissent depuis plus de trente ans, leurs ...

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WELCOME BACK, Cameron Crowe 2015, Bradley Cooper, Emma Stone, Bill Murray, Alec Baldwin (sentimental)@


Un ex-militaire de renom revient à la base de l'US Air Force à Hawaï où il a vécu, en vue d'honorer un contrat pour une société civile de lanceurs de fusées. Il retrouve son ancien amour de jeunesse, maintenant mariée à un pilote avec qui elle a eu deux enfants. On lui assigne également un officier de liaison, jeune blonde carriériste et très imprégnée de culture hawaïenne malgré son attache marginale. Contre toute attente, il tombe sous son charme.

TELERAMA
WELCOME BACK, Cameron Crowe 2015, Bradley Cooper, Emma Stone, Bill Murray, Alec Baldwin (sentimental)@ (E)
Un ex-militaire de renom revient à la base de l'US Air Force à Hawaï où il a vécu, en vue d'honorer un contrat pour une société civile de lanceurs de fusées. Il retrouve son ancien amour ...

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WELCOME, Philippe Lioret 2009, Vincent Lindon,Firat Ayverdi, Audrey Dana (societe)@@@


À Calais, Bilal, jeune migrant kurde sans-papier, a le projet de se rendre en Angleterre pour retrouver sa petite amie, Mîna. Il décide alors de prendre des cours de natation pour traverser la Manche à la nage. Il se rend à la piscine municipale, où il rencontre Simon, un ancien champion de France de natation, devenu maître-nageur. Celui-ci est sur le point d'officialiser son divorce avec Marion, qui oeuvre par ailleurs dans une association d'aide aux sans-papiers.

TELERAMA
Personne, à l’époque, ne pouvait prévoir l’impact du film de Philippe Lioret. C’était quoi, Welcome, sinon une double histoire d’amour ? D’un côté un quadra (Vincent Lindon, très Gabin) cherchant à éblouir son ex-femme, de l’autre un jeune Kurde prêt à traverser la Manche à la nage pour rejoindre son amoureuse… Mais, autour de ses deux héros, Lioret filmait la « jungle » du nord de la France : les sans-papiers, bloqués à Calais, les passeurs se faisant payer 500 euros par tête pour leur faire gagner l’Angleterre. On découvrait aussi l’article L.622-1, devenu ­fameux avec le film : cette loi menaçant de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende tout citoyen convaincu d’avoir aidé une personne en situation irrégulière. C’est ce qui arrivait au personnage de Vincent Lindon : convoqué au commissariat, dénoncé par un de ces « bons Français » chez qui seul le paillasson (où était écrit « Welcome ») semblait avoir gardé quelque chose d’humain…

La polémique a injustement effacé les qualités romanes­ques de la mise en scène de Philippe Lioret. Intense et belle, elle ­repose sur des moments d’émotion — comme dans ces vieux chefs-d’œuvre italiens où il suffisait qu’un gamin glisse sa main dans celle de son père humilié pour que renaisse ­l’espoir.
WELCOME, Philippe Lioret 2009, Vincent Lindon,Firat Ayverdi, Audrey Dana (societe)@@@ (E)
À Calais, Bilal, jeune migrant kurde sans-papier, a le projet de se rendre en Angleterre pour retrouver sa petite amie, Mîna. Il décide alors de prendre des cours de natation pour traverser la Manche à la nage. Il ...

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WEST SIDE STORY, Steven Spielberg 2021, Mike Faist, Rachel Zegler, Ansel Elgort, Maddie Ziegler (musical)@@


Le coup de foudre frappe le jeune Tony lorsqu'il aperçoit Maria lors d'un bal en 1957 à New York. Leur romance naissante contribue à alimenter la guerre entre les Jets et les Sharks, deux gangs rivaux se disputant le contrôle des rues.

TELERAMA
L’amour contre la violence et l’intolérance. Le sujet était fait pour Spielberg, et son adaptation de la comédie musicale culte est emballante.
Avertissement avant que le spectacle commence : amateurs de modernisation à tous crins, passez votre chemin, il n’y aura pas de rap à la place du mambo dans le quartier de la légendaire tragédie chantée et dansée. Si Steven Spielberg fait le pari fou de réadapter la comédie musicale créée à Broadway en 1957, il s’attaque à ce monument avec du respect pour le passé, et c’est délicatement qu’il actualise l’amour naissant entre Maria et Tony sur fond de rixes entre gangs rivaux new-yorkais, les Jets (descendants d’anciens émigrés européens) et les Sharks (Portoricains fraîchement arrivés).

La présence de vrais requins (« sharks ») s’impose dès l’ouverture, avec ses mouvements de caméras vertigineux au milieu des gravats : les promoteurs immobiliers et leur énorme boule de démolition commencent à pulvériser le quartier de Lincoln Square et de San Juan Hill, dans l’Upper West Side, ce territoire pour lequel se battent les deux gangs. Faire couler le sang pour un fief condamné à disparaître : voilà qui rend encore plus absurde et tragique cette romance déjà condamnée par le racisme et la pauvreté. Quand Tony, le jeune Roméo des Jets rejoint Maria, la petite sœur de Bernardo, chef des Sharks, pour lui chanter son amour, leurs visages restent séparés par des grillages. Jusqu’au moindre détail, cette version envoie de tristes présages pour les tourtereaux enfermés contre leur gré dans des identités ennemies…

Avec une direction artistique flamboyante, fidèle aux couleurs des années 1950, Spielberg ajoute une noirceur contemporaine et alerte sur l’exclusion et la haine qui rongent toujours l’Amérique. Dans une même volonté de réalisme, il déplace bon nombre de numéros musicaux en extérieur, dans les rues de New York. Ils sont enthousiasmants, ces numéros, comme celui qui confronte Tony et son pote Riff au sujet de la possession d’une arme qui se révélera fatale. Dans le film original, la scène se déroulait dans un parking. Spielberg et son très inspiré chorégraphe, Justin Peck, la réinventent, totalement, sur une jetée, selon une tension digne du Far West. Suivra la séquence folle, du Rumble cette bagarre qu’il débarrasse des rondeurs de la danse pour l’assécher en une chorégraphie sans merci. Quant à America, moment qui se devait d’être euphorisant, il se déploie, en plein jour, au carrefour de plusieurs rues d’où affluent tous les Portoricains.

Si tous les interprètes ont l’âge de leurs jeunes personnages, cette merveille d’énergie est menée par la révélation Ariana DeBose. Elle compose une Anita explosive et émouvante qui réussit la prouesse de faire oublier Rita Moreno, créatrice du personnage à l’écran… À laquelle Spielberg et son scénariste ont l’idée, magnifique, de donner un autre rôle : la veuve de l’épicier de quartier, preuve vivante et douce que les mariages mixtes peuvent exister. C’est elle, cheveux neigeux et voix triste, qui chante Somewhere, ode à l’espoir en un monde meilleur, envers et contre tout. Sans doute le moment le plus bouleversant du film, comme une passerelle entre hier et aujourd’hui, et comme une séquence testamentaire de Spielberg l’humaniste enchanteur.
WEST SIDE STORY, Steven Spielberg 2021, Mike Faist, Rachel Zegler, Ansel Elgort, Maddie Ziegler (musical)@@ (E)
Le coup de foudre frappe le jeune Tony lorsqu'il aperçoit Maria lors d'un bal en 1957 à New York. Leur romance naissante contribue à alimenter la guerre entre les Jets et les Sharks, deux gangs rivaux se disputant le co ...

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WHITNEY HOUSTON, I wanna dance with somebody, Kasi Lemmons 2022, Naomi Ackie, Stanley Tucci (biopic)@@


Le portrait sans concession d'une femme complexe qu'on surnommait "la voix". De ses débuts comme choriste dans le New Jersey à son statut d'artiste parmi les plus récompensées et renommées de tous les temps, un retour sur le périple galvanisant, poignant et profondément émouvant de Whitney Houston. Un parcours exemplaire ponctué de concerts sensationnels et des chansons les plus emblématiques de la star.

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Malgré le talent de l’actrice Naomi Ackie, le destin tragique de la star de la soul disparue en février 2012 est largement édulcoré par le film de Kasi Simmons.

Il suscitait une certaine attente, ce biopic hollywoodien, première fiction d’ampleur sur Whitney Houston, décédée tragiquement dans la baignoire d’une chambre d’hôtel de Los Angeles, le 11 février 2012. Jusqu’ici, seuls l’avaient précédé un obscur téléfilm de 2015, et un bon documentaire de Kevin Macdonald en 2018. Si ce dernier, riche en révélations, éclairait sans voyeurisme, mais frontalement, la vie tumultueuse de la diva soul – révélant, entre autres, les possibles abus sexuels commis dans l’enfance par la cousine de Whitney, Dee Dee Warwick –, ce n’est pas le cas de ce film « autorisé », lisse comme une statue d’albâtre, et clinquant comme un faux diamant.

La réalisatrice Kasi Simmons, et le scénariste de Bohemian Rhapsody, Anthony McCarten, réduisent ici un destin « bigger than life » à une succession de saynètes formatées, éclusant, avec platitude, les passages obligés d’un chemin de croix jamais totalement assumé comme tel… Là réside le principal problème. Car sur l’ascension fulgurante de la petite fille du New Jersey, biberonnée au gospel et aux valeurs chrétiennes par une mère choriste, la cinéaste assure le show, sans réelle inspiration, mais avec une certaine efficacité.

Rien ne manque : la découverte de la voix d’or par le producteur Clive Davis, président d’Arista Records, le premier album propulsé en haut des charts, la gloire mondiale du film Bodyguard, etc. La participation au script de Clive Davis, qui, pour l’occasion, a mis à disposition le catalogue de chansons de Whitney Houston, permet de faire résonner sa voix, et de mettre en valeur ses tubes et prestations mythiques (dont le mémorable concert de 1994 en Afrique du Sud après l’élection de Nelson Mandela)…

Service minimum
Mais très vite, les choses se gâtent. Comme intimidée par son sujet – ou le regard des ayants droit ? – Kasi Simmons coche les cases d’une existence balisée par le drame, en se contentant d’assurer le service minimum. Si elle évoque, sans tabous, la bisexualité de son héroïne, sa longue relation secrète avec Robyn Crawford, devenue son assistante et sa directrice créative, c’est pour en livrer une version allégée, où, finalement, chacune s’accommode des compromissions imposées par la société et le statut de star dans les années 1990.

La relation toxique de Whitney avec sa famille, notamment son père, ou encore son mariage désastreux avec le rappeur Bobby Brown ? Édulcorés aussi, avec, pour la forme, deux petites scènes de ménage ou de règlement de compte presque proprettes, pour suggérer les violences, le vampirisme et l’emprise de l’entourage. Quant à la drogue, qui a causé la perte de la chanteuse, elle est pudiquement figurée au détour de quelques scènes elliptiques et, pour le coup, bien trop sages. Pour qui se souvient des images d’archives de l’époque, montrant la diva décharnée, fantomatique, le subterfuge paraît grossier.

Résultat, l’œil vif et le teint anormalement frais, cette Whitney Houston de carte postale s’achemine bravement vers son destin funeste, sans que jamais la déchéance, le désespoir, soient ressentis devant l’écran. Même sa mort est escamotée par un tour de passe-passe visuel : en lieu et place du dernier acte, c’est un flash-back interminable qui nous est présenté, où lors des American Music Awards de 1994, la star assure un medley historique, comparé à « l’ascension de l’Éverest ». Morceau de bravoure vocal qui, visiblement, dédouane la réalisatrice de clore son histoire.

À ce stade de tiédeur, et d’absence de point de vue, ce n’est plus du respect, mais de l’évitement. À se demander quel était le but de I Wanna Dance With Somebody : laisser à la postérité une image ripolinée, consensuelle de la chanteuse, plus rassurante pour les foules ? En ramenant les gouffres de cette vie sacrifiée à des accrocs filmés comme des séquences de soap, ce portrait de Whitney Houston ne lui rend, paradoxalement, pas hommage. Difficile de mettre en cause l’actrice Naomi Ackie (The Young Lady ; Star Wars, épisode IX ; Master of None) qui endosse ici un rôle écrasant, sans, du coup, réussir à lui apporter un véritable souffle.
WHITNEY HOUSTON, I wanna dance with somebody, Kasi Lemmons 2022, Naomi Ackie, Stanley Tucci (biopic)@@ (E)
Le portrait sans concession d'une femme complexe qu'on surnommait "la voix". De ses débuts comme choriste dans le New Jersey à son statut d'artiste parmi les plus récompensées et renommées de tou ...

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WIND RIVER, Taylor Sheridan 2017, Jeremy Renner, Elizabeth Olsen (aventure nature)@@


Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l'immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu'il découvre le corps d'une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre.

TELERAMA
Mise en scène impressionnante et casting impeccable pour un polar-western qui mêle brutalité et belle humanité, sur fond de réserves indiennes enneigées.

Après avoir brillé comme scénariste de ­Sicario, de Denis Villeneuve, Taylor Sheridan a gagné ses galons de réalisateur avec ce polar-western où un pisteur (Jeremy Renner, très Steve McQueen) et une inspectrice du FBI enquêtent sur la mort d’une jeune Amérindienne dans les contrées enneigées du Wyoming.

La tension constante, les éclairs de brutalité et les chevauchées sauvages à motoneige du chasseur solitaire font sensation. Et si le scénario pèche par un excès de lyrisme, l’empathie envers les laissés-pour-compte des États-Unis est exemplaire.
WIND RIVER, Taylor Sheridan 2017, Jeremy Renner, Elizabeth Olsen (aventure nature)@@ (E)
Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l'immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu'il découvre le corps d'une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce me ...

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WINTER SLEEP, Nuri Bilge Ceylan 2013Haluk Bilginer, Melisa Sözen(societe)(palme d or)@@@


Ancien comédien aujourd'hui à la retraite, Aydin s'est retiré dans son village d'Anatolie où il tient un hôtel. Il aime discuter avec ses hôtes et, de temps à autre, écrit des chroniques pour un journal indépendant. Alors que l'hiver s'installe, les touristes étant partis, cet homme mûr se retrouve avec sa jeune épouse, Nihal, et sa soeur, Necla, encore très affectée par son divorce.

TELERAMA
Aydin est un homme qui se dit, se veut, se croit raisonnable. Dans cette petite ville de Cappadoce, en Anatolie centrale, où les maisons, encastrées à même la roche, ressemblent à un décor de théâtre, il tient un hôtel pour touristes : l’Othello. Car, de longues années, il a été comédien célèbre et, selon lui, talentueux. Et voilà que cet homme fait, bien fait, peut-être surfait, va doucement se défaire…

Dans Les Climats (2007), Nuri Bilge Ceylan scrutait les corps d’un homme et d’une femme en pleine rupture. Ici, ce sont les âmes qu’il fouille avec une lucidité qui pourrait passer pour du sadisme, si son regard n’était constamment éclairé par la bienveillance. Tout ce que l’on tait, tout ce que l’on cache, tout ce que l’on sait de l’autre sans vouloir le dire, tout ce que l’on pense de soi sans pouvoir se l’avouer, il le révèle, peu à peu… Notamment lors des deux grands affrontements (une vingtaine de minutes chacun) du héros avec sa sœur, puis sa jeune femme : simples champs-contrechamps filmés dans une pénombre où seuls les visages deviennent des taches de lumière. L’épouse reproche à Aydin sa condescendance. La sœur, sa suffisance. « Tu faisais notre admiration, lui dit-elle. Nous pensions tant que tu ferais de grandes choses… »

Une fois encore, Tchekhov semble s’être glissé dans la peau du cinéaste. Winter Sleep, inspiré par plusieurs de ses nouvelles, est tout imprégné de son désenchantement, de sa malice, de sa compassion… Ce film superbe, dont on ne sort pas indemne, qu’on emporte avec soi pour ne le quitter jamais, provoque, en nous, la peur et la mélancolie : angoisse à l’idée d’être liés, même de loin, à tous ces personnages en perte d’eux-mêmes. Et tristesse infinie de savoir qu’un jour ou l’autre, on leur ressemblera.
WINTER SLEEP, Nuri Bilge Ceylan 2013Haluk Bilginer, Melisa Sözen(societe)(palme d or)@@@ (E)
Ancien comédien aujourd'hui à la retraite, Aydin s'est retiré dans son village d'Anatolie où il tient un hôtel. Il aime discuter avec ses hôtes et, de temps à autre, écrit des chroniques ...

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WIPLASH, Damien Chazelle 2014, Miles Teller, J.K. Simmons (musical)@@


Il n'y a que la musique dans la vie d'Andrew. Le jeune homme de 19 ans n'hésite pas à sacrifier ses relations amoureuses, amicales et familiales pour devenir un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération.

TELERAMA
Avant son triomphal “La La Land”, Damien Chazelle orchestrait avec brio la relation sadomaso entre un jeune batteur ambitieux et un prof tyrannique.

Bien décidé à devenir le meilleur, Andrew, jeune batteur d’un conservatoire de Manhattan, réussit à intégrer l’orchestre de jazz dirigé par le terrifiant Terence Fletcher, qui tient la perversité et l’humiliation pour des vertus pédagogiques.

Avec une virtuosité incroyable, Damien Chazelle fait de cette maigre intrigue un duel captivant où la musique se fabrique dans la douleur. Mise en scène syncopée, tension permanente, jeux d’éclairage dignes d’un film noir… Le réalisateur mélomane imprime au récit le tempo de ces vieux standards de jazz (dont Whiplash) qui donnent tant de mal à Andrew. En quelques gros plans — la main d’un batteur couverte d’ampoules, une flaque de salive aux pieds d’un trompettiste —, il rend sensibles la souffrance et l’angoisse de ces jeunes musiciens qui, sous une façade harmonieuse, se livrent à une compétition acharnée. Dans ce combat sans merci, l’art de l’instrumentiste vire au sport de combat et la salle de concert au ring de boxe.

Formellement maîtrisé, le film brille aussi par ses qualités d’écriture. Au fil d’un récit imprévisible jusqu’au twist final, les personnages se densifient, gagnent en complexité. Entre le jeune ambitieux et le prof castrateur, le face-à-face devient de plus en plus ambigu. À la fin du concert, un ultime et magistral morceau de bravoure devrait départager les spectateurs : d’un côté les humanistes, qui estimeront que le jeu n’en vaut pas la chandelle, de l’autre les esthètes, pour qui la beauté n’a pas de prix.
WIPLASH, Damien Chazelle 2014, Miles Teller, J.K. Simmons (musical)@@ (E)
Il n'y a que la musique dans la vie d'Andrew. Le jeune homme de 19 ans n'hésite pas à sacrifier ses relations amoureuses, amicales et familiales pour devenir un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération.

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WOMEN TALKING, Sarah Polley 2022, Rooney Mara, Claire Foy (religion)@@


Les femmes d'une communauté religieuse isolée tentent de concilier leur réalité avec leur foi. Elles se rassemblent pour trouver un moyen d'aller de l'avant ensemble afin de bâtir un monde meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants. Se battre ou partir ? Elles ne resteront pas les bras croisés.

TELERAMA
Dans une communauté religieuse américaine, les femmes se rebellent. Une fiction qui pèche par excès d’intentions et de symboles.

Àl’origine il y a une histoire vraie, l’un de ces faits divers qui font désespérer des hommes. Entre 2005 et 2009, plus de cent cinquante fillettes et femmes d’une communauté mennonite de Bolivie ont subi des viols nocturnes. Membres de cette mouvance protestante fondamentaliste, leurs agresseurs les droguaient à l’aide d’anesthésiant vétérinaire, moyennant quoi les victimes, âgées de 3 à 65 ans, se réveillaient le corps meurtri mais la mémoire floue. En 2018, la Canadienne Miriam Toews, elle-même née au sein d’une famille mennonite, en a tiré un roman, Women Talking (Ce qu’elles disent), dont sa compatriote l’actrice et réalisatrice Sarah Polley (Loin d’elle) signe une adaptation transposée aux États-Unis.

Des femmes qui parlent : le programme du livre reste celui du film, qui débute après l’élucidation des crimes. Les hommes, partis à la ville, ne vont pas tarder à regagner la ferme. Elles ont donc quelques heures pour trancher : rester et pardonner, rester et se battre ou fuir ? Rassemblée dans une grange, une poignée d’entre elles débattent, tandis que l’instituteur, un doux, un civilisé, fait office de greffier – aucune ne sait lire ni écrire, pourquoi éduquerait-on des filles ? Dans ce huis clos intergénérationnel, Ona (Rooney Mara), Mariche (Jessie Buckley), Salome (Claire Foy) et les autres confrontent idées et souvenirs, douleur et espoirs, réfléchissant à leur possible libération dans une sororité non dénuée de rosserie.

Théâtral, didactique, le résultat évoque une synthèse entre Douze Hommes en colère et une réunion MLF d’obédience chrétienne. Produite par Frances McDormand, qui fait une apparition en duègne revêche, cette fiction nommée à l’Oscar 2023 du meilleur film intéresse par son ambition même si elle pèche par excès d’intentions, de symboles, de voix off, de joliesse. Pour échapper parfois à son dispositif, au lieu d’en épouser radicalement l’austérité, Sarah Polley laisse la caméra s’égailler parmi les enfants dans une nature malickienne ou suivre deux jeunes amies à la rencontre d’un agent du recensement – l’occasion de découvrir en quelle année on se trouve. Les questions brassées par l’émouvant chœur d’actrices résument en tout cas les enjeux du féminisme à travers le temps, comme un cours de rattrapage en accéléré.
WOMEN TALKING, Sarah Polley 2022, Rooney Mara, Claire Foy (religion)@@ (E)
Les femmes d'une communauté religieuse isolée tentent de concilier leur réalité avec leur foi. Elles se rassemblent pour trouver un moyen d'aller de l'avant ensemble afin de bâtir un monde meilleur pour ell ...

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WUTHERING HEIGHTS, Andrea Arnold 2011, Juliette Binoche, Ralph Viennes (histoire)@@


Dans l'Angleterre du XIXe siècle, M. Earnshaw, un fermier des landes venteuses du Yorkshire, élève seul ses deux enfants, Hindley et Cathy. Un jour, il recueille un jeune vagabond et le baptise Heathcliff. Cathy va aussitôt le protéger face aux violences de Hindley, raciste et fou de jalousie de l'attention que son père porte à cet étranger indésirable. M. Earnshaw meurt et Cathy annonce son prochain mariage avec le fils de riches voisins. Heathcliff s'enfuit.

TELERAMA
“ Dans cette version sensitive, âpre et charnelle, l'émotion se décèle dans une mèche de cheveux, dans un grain de poussière, dans un silence. ”
WUTHERING HEIGHTS, Andrea Arnold 2011, Juliette Binoche, Ralph Viennes (histoire)@@ (E)
Dans l'Angleterre du XIXe siècle, M. Earnshaw, un fermier des landes venteuses du Yorkshire, élève seul ses deux enfants, Hindley et Cathy. Un jour, il recueille un jeune vagabond et le baptise Heathcliff. Cathy va auss ...

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YANNICK, Quentin Dupieux 2023, Pio Marmai, Raphael Quenard, Blanche Gardin


Sophie, Paul et William sont en pleine représentation de leur pièce de théâtre. Le public semble s'amuser, mais Yannick ne rit pas. Exaspéré, il se lève et apostrophe les comédiens, demandant à être diverti.

TELERAMA
Dans ce film de Quentin Dupieux, un spectateur de théâtre, déçu, se lève et s’énerve avant de prendre la troupe en otage. Une comédie politique délirante et rusée.

Yaurait-il deux Quentin Dupieux ? L’un serait « plastique », conceptuel, abstrait, absurde. L’autre, moins porté sur l’esthétique, plus trivial et sardonique, façon Bertrand Blier. Yannick appartient à cette seconde veine. Le décor est unique ici. Ce n’est pas un commissariat comme dans Au poste !, mais le huis clos d’un théâtre. Une pièce, Le Cocu, est en train d’y être jouée. Un homme (Pio Marmaï), qui vient de se découvrir cocu, s’exclame « Je n’en reviens pas ! », en le répétant une bonne huitaine de fois. C’est du boulevard qui paraît vite de mauvaise qualité, mais que Dupieux parvient à rendre assez drôle, par son sens de la caricature et l’outrance manifeste des trois comédiens (Blanche Gardin et Sébastien Chassagne côtoient Pio Marmaï). Au bout d’un moment pourtant, dans le public clairsemé, un homme intervient soudain haut et fort. Il est mécontent de la pièce, la juge nulle et tient à le dire. Sans rire. Yannick, c’est lui.

Voir ce gus rompre le contrat quasi sacré et tacite qui réclame le silence des spectateurs et le respect du travail des comédiens est une transgression déroutante. Et ce n’est que le début. Yannick commence à raconter sa vie et son métier (il est gardien de parking). Il justifie sa prise de parole intempestive par le temps qu’il a mis à venir de Melun (« dans le 77 ») et par sa demande de divertissement non satisfaite. Son monologue dure et le fait qu’il soit assuré par Raphaël Quenard, l’étoile montante révélée par Chien de la casse, assure le malaise maximal. Qui est et que veut cet escogriffe à la diction bizarre ? Est-ce un agitateur ou un intimidateur, un enfant coincé dans un corps d’adulte, un psychopathe, un prophète ? Impossible pour l’heure de trancher vraiment. Sur scène, les trois acteurs réagissent, surtout celui qui incarne le cocu, le plus remonté. Il sermonne et rappelle à l’ordre l’importun. Yannick finit par partir. Mais, entre-temps brocardé, il revient, un revolver à la main. Commence alors une très insolite prise d’otages.

Un banlieusard, le lien social rompu, le sentiment d’humiliation, l’exaspération qui monte jusqu’à la violence : fichtre, on rêve ou c’est de la politique ? Oui, mais à la Dupieux, en mode délirant et modeste, très rusé surtout. Pas de choc entre caillera et nantis, ici. Le « game » confronte un gars de la France périurbaine à un ventre mou généralisé, symbolisé à la fois par les comédiens et le public, varié, contraint lui aussi de participer au spectacle sauvage. C’est tout un théâtre de la France actuelle qui se joue alors, où Dupieux traduit le ressentiment, la peur, le sadisme, le vide, le sentiment d’être mal représenté, de ne pas être reconnu. Un monde du faux et du morne, dans lequel Yannick réinjecte de l’émotion, en roi de l’impro, en showman illuminé.

Voilà donc la noirceur corrosive de cette farce allégorique tempérée par le plaisir retrouvé du collectif. Qui passe ici par le travail des comédiens. C’est une mise à nu – Dupieux a liquidé tout le reste (accessoires bizarres, décors fantasques, forme surréaliste). Auparavant, ces acteurs étaient plutôt au second plan. On serait prêt à parier que le réalisateur ne voulait pas s’encombrer de ce narcissisme hautain, caractériel et un brin pathétique, incarné ici par Pio Marmaï (formidable, tout proche de Patrick Dewaere, jusque dans sa moustache). Au poste ! et Le Daim étaient aussi des films d’acteurs. Mais Yannick est assurément le premier à être sentimental, si proche d’eux.
YANNICK, Quentin Dupieux 2023, Pio Marmai, Raphael Quenard, Blanche Gardin (E)
Sophie, Paul et William sont en pleine représentation de leur pièce de théâtre. Le public semble s'amuser, mais Yannick ne rit pas. Exaspéré, il se lève et apostrophe les comédiens, dem ...

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YES MAN, Peyton Reed 2008, Jim Carrey (comique sentimental)@@


La vie de Carl Allen le déprime : il est divorcé, occupe un poste rébarbatif dans une banque et passe son temps libre à regarder des DVD. Par hasard, il rencontre un ancien camarade qui le convainc de participer à un programme de développement personnel, "Yes Man", dirigé par le gourou Terrence Bundley. Le principe est de dire oui à toute nouvelle situation. Carl se méprend toutefois sur le concept et dit oui à tout. Sa vie professionnelle et sentimentale change alors radicalement : promotion inattendue, nouvelle petite amie. Mais il découvre rapidement que sa nouvelle attitude lui apporte aussi son lot d'inconvénients...

TELERAMA
L’acteur, au meilleur de sa forme, fait des étincelles dans une comédie loufoque et réjouissante, qui se moque gaillardement de la “pensée positive” à l’américaine.

Des retrouvailles avec Jim Carrey, le type le plus drôle de tout Hollywood, dans un film dont il est le moteur, ça ne se refuse jamais. Yes Man démarre pourtant au fond du trou : Carl Allen, alias notre Jim préféré, s'encroûte dans son petit appartement et dans sa petite vie, refusant systématiquement tout ce qui pourrait l'en sortir. Mais nous sommes tout de même dans une comédie américaine et Carl, donc, est appelé à guérir. C'est l'art et la manière d'y parvenir qui font ici la différence, grâce à un « pitch » original. Carl, après avoir rencontré une sorte de gourou (Terence Stamp, hilarant), devient un « yes man ». Comprenez un gars qui dit oui à tout : prêter son téléphone à un SDF, apprendre le coréen, la guitare, le pilotage d'avion, accepter n'importe quelle invitation, y compris celle d'une vieille voisine libidineuse...

La ribambelle de situations offertes par cette lubie, satire désopilante de la « pensée positive », offre à Jim Carrey l'occasion de déployer son extraordinaire vis comica. Le temps a même bonifié ce talent burlesque unique, y ajoutant maîtrise et émotion. Mais les prouesses de la star, son parfait sens du timing ne vampirisent pas pour autant ses partenaires. Le film bichonne ses personnages secondaires, du charme piquant de Zooey Deschanel à la loufoquerie façon Peter Sellers de John Michael Higgins. Dites oui
YES MAN, Peyton Reed 2008, Jim Carrey (comique sentimental)@@ (E)
La vie de Carl Allen le déprime : il est divorcé, occupe un poste rébarbatif dans une banque et passe son temps libre à regarder des DVD. Par hasard, il rencontre un ancien camarade qui le convainc de participer ...

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YES MAN, Peyton Reed 2008, Jim CARREY, Zooey Deschanel, Rhys Darby (comique)@@


La vie de Carl Allen le déprime : il est divorcé, occupe un poste rébarbatif dans une banque et passe son temps libre à regarder des DVD. Par hasard, il rencontre un ancien camarade qui le convainc de participer à un programme de développement personnel, "Yes Man", dirigé par le gourou Terrence Bundley. Le principe est de dire oui à toute nouvelle situation. Carl se méprend toutefois sur le concept et dit oui à tout. Sa vie professionnelle et sentimentale change alors radicalement : promotion inattendue, nouvelle petite amie. Mais il découvre rapidement que sa nouvelle attitude lui apporte aussi son lot d'inconvénients...

TELERAMA
Les retrouvailles avec Jim Carrey, le type le plus drôle de tout Hollywood, dans un film dont il est le moteur, ça ne se refuse jamais. Yes Man démarre pourtant au fond du trou : Carl Allen, alias notre Jim préféré, s'encroûte dans son petit appartement et dans sa petite vie, refusant systématiquement tout ce qui pourrait l'en sortir. Mais nous sommes tout de même dans une comédie américaine et Carl, donc, est appelé à guérir. C'est l'art et la manière d'y parvenir qui font ici la différence, grâce à un « pitch » original. Carl, après avoir rencontré une sorte de gourou (Terence Stamp, hilarant), devient un « yes man ». Comprenez un gars qui dit oui à tout : prêter son téléphone à un SDF, apprendre le coréen, la guitare, le pilotage d'avion, accepter n'importe quelle invitation, y compris celle d'une vieille voisine libidineuse...

La ribambelle de situations offertes par cette lubie, satire désopilante de la « pensée positive », offre à Jim Carrey l'occasion de déployer son extraordinaire vis comica. Le temps a même bonifié ce talent burlesque unique, y ajoutant maîtrise et émotion. Mais les prouesses de la star, son parfait sens du timing ne vampirisent pas pour autant ses partenaires. Le film bichonne ses personnages secondaires, du charme piquant de Zooey Deschanel à la loufoquerie façon Peter Sellers de John Michael Higgins. Dites oui !
YES MAN, Peyton Reed 2008, Jim CARREY, Zooey Deschanel, Rhys Darby (comique)@@ (E)
La vie de Carl Allen le déprime : il est divorcé, occupe un poste rébarbatif dans une banque et passe son temps libre à regarder des DVD. Par hasard, il rencontre un ancien camarade qui le convainc de participer ...

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YESTERDAY, Danny Boyle 2019, Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon (musical)@@@


Un musicien anglais en quête de gloire découvre qu’il est le seul à se souvenir des Beatles et décide d’utiliser leurs chansons pour percer.
Quand, par magie, toutes les capitales du monde éteignent leurs lumières, Jack Malik est victime d'un accident de vélo. Il se réveille indemne mais découvre vite que le monde est différent. Quand son amie Ellie lui offre une guitare, il se met à jouer "Yesterday" des Beatles. A sa grande surprise, son auditoire le félicite, croyant qu'il est l'auteur de la chanson. Il fait une recherche sur Internet et découvre que les Beatles de Liverpool n'ont jamais existé. Jack en profite et décide d'utiliser les chansons du groupe pour se faire connaître. Et ça marche ! Il devient rapidement célèbre et remplit des salles immenses. Mais son mensonge commence à lui peser...

TELERAMA
Une récréation mélomane et originale. Vibrante déclaration d’amour au plus grand mythe pop du XXᵉ siècle, comédie alerte écrite par le pape du genre, Richard Curtis (l’homme de Quatre Mariages et un enterrement ou de Love Actually), ce joli film est une récréation mélomane et originale. Même si la conclusion reste gentiment prévisible (« all you need is love », et rien d’autre, bien entendu), le scénario est truffé d’idées comiques et de clins d’œil à l’univers des quatre de Liverpool — des chansons aux dialogues —, et l’interprétation ne manque pas de charme.

Ce grand karaoké orchestré par Danny Boyle est plus proche de son gentil Slumdog Millionaire que de la déglingue provocatrice de Trainspotting. La fête, allègre et légère, sans les Beatles eux-mêmes (à une surprise près), illustre, mine de rien, l’enivrante illusion de tous les fans, seuls au monde avec leurs idoles.
YESTERDAY, Danny Boyle 2019, Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon (musical)@@@ (E)
Un musicien anglais en quête de gloire découvre qu’il est le seul à se souvenir des Beatles et décide d’utiliser leurs chansons pour percer.
Quand, par magie, toutes les capitales du monde é ...

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YOUNG ADULT, Jason Reitman 2011, Charlize Theron (societe)@@


Mavis Gary, 37 ans, divorcée, habite Minneapolis et écrit des livres pour adolescents. Au moment où elle se rend compte que son inspiration s'est tarie, elle reçoit un e-mail de Buddy Slade, son ancien amour de lycée, qui lui fait part de la naissance de la fille qu'il a eue avec Beth, son épouse. Pour Mavis, il s'agit d'un signe. Elle décide donc de retourner à Mercury, la petite ville de leur enfance, et d'y reconquérir Buddy.

TELERAMA
Une trentenaire déboule dans son bled natal pour reconquérir un ex. Ça sonne comme une romance lambda, mais Jason Reitman et son interprète (Charlize Theron, épatante) nous offrent un beau portrait de femme borderline, corrosif et touchant.

Mavis, trentenaire, veut reconquérir un amour de jeunesse. Mais notre héroïne est tout sauf pimpante. Sa meilleure copine est une bouteille de bourbon, son compagnon, un petit chien geignard.

Comme toujours, Jason Reitman, à la lisière du cinéma populaire américain, joue à le faire légèrement dérailler. Ses personnages sont des intrus dans le décor : Juno, l’ado enceinte, ou le cynique lobbyiste de Thank you for smoking font partie de la même lignée que cette Mavis en tee-shirt Hello Kitty. Elle est sûre, entre deux cuites, de récupérer son amoureux d’autrefois. Le type est marié ? Tant pis. Il vient d’avoir un bébé ? Et alors ? Une belle exploration d’une personnalité borderline.

Si l’on retrouve la verve de Jason Reitman et de sa complice, la scénariste Diablo Cody, ce portrait de femme sous influence doit beaucoup à son interprète, Charlize Theron. Elle est experte pour malmener sa divine beauté, nous faire croire à cette grande gigue abrasive, narcissique, mais jamais repoussante. Le seul « monstre » ici, c’est la nostalgie.
YOUNG ADULT, Jason Reitman 2011, Charlize Theron (societe)@@ (E)
Mavis Gary, 37 ans, divorcée, habite Minneapolis et écrit des livres pour adolescents. Au moment où elle se rend compte que son inspiration s'est tarie, elle reçoit un e-mail de Buddy Slade, son ancien amour de l ...

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ZODIAC, David Fincher 2007, Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo (thriller)@@


Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, se lanca corps et âmes dans ce qui deviendra, l'enquête de sa vie.

TELERAMA
1969, San Francisco. Un flic et un jeune journaliste enquêtent sur “le Zodiac”, un tueur en série insaisissable. Fincher transforme l’épais dossier (bien réel) en objet de cinéma. En réaffirmant notamment sa foi dans les acteurs et dans le récit.
Pour raconter comment, à la fin des années 1970, un flic de San Francisco et un journaliste ont pisté un tueur en série, le Zodiac, Fincher tourne le dos aux architectures narratives complexes qui jusque-là étaient sa signature. À la manière d’un rapport de police que l’on compulserait page après page, il collecte des faits, rien que des faits, et les met bout à bout. Des meurtres, d’abord — filmés avec une sécheresse terrifiante —, et d’éventuels survivants. Et puis la longue et tortueuse enquête pour déchiffrer les indices que laisse volontairement l’assassin : conjectures, interrogatoires, perquisitions. Pas une séquence sans repères, lieu, date et heure. La dramatisation naît de l’accumulation.

David Fincher s’appuie aussi sur la puissance évocatrice du cinéma hollywoodien, sur le sens de la composition des acteurs américains, sur une mise en scène fluide, jamais tape-à-l’œil, qui transforme l’épais dossier en objet de cinéma. Même éclaté, émietté, le récit finit par prendre corps. La structure est toujours plus forte que le chaos de la vie, semble dire le cinéaste…
ZODIAC, David Fincher 2007, Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo (thriller)@@ (E)
Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cry ...