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A L OUEST RIEN DE NOUVEAU, Lewis Milestone 1930, Louis Wolheim, Lew Ayres, John Wray (guerre)@@


1914, la guerre éclate en Allemagne. Paul Baumer et quelques camarades incités par leurs professeurs, s'enrôlent très vite dans l'armée, prêts à servir leur patrie. À peine engagés, l'esprit volontaire fait place aux désillusions : leur instructeur, le caporal Himmelstoss, fait preuve d'un sadisme sans faille et les premières images du champ de bataille leur jette la réalité de la guerre en plein visage.

TELERAMA:
La force du sujet emporte tout. Il faut montrer ce film aux enfants pour qu’ils y découvrent le mensonge de l’embrigadement, l’atrocité des mutilations, en un mot l’insoutenable horreur de la guerre. On a fait « mieux » depuis au cinéma en matière de réalisme rouge sang ; mais ce film garde sa force, peut-être parce qu’on sent confusément qu’il est presque contemporain du cauchemar qu’il décrit. Les scènes de combat sont frappantes — notamment par l’usage de la caméra qui se substitue à la mitrailleuse —, mais même les moments d’accalmie ont une intensité rare : ainsi, quand Albert découvre dans un miroir qu’il vient d’être amputé, ou lorsque Paul, de retour chez lui, est pris pour un lâche. Lewis Milestone a l’intelligence de montrer sans vouloir démontrer : si son film est un pamphlet, c’est seulement par la crudité des images… On n’oubliera pas la dernière scène, que le cinéaste tourna sans l’accord du studio. Conclusion inéluctable et dramatique de la tragédie…
A L OUEST RIEN DE NOUVEAU, Lewis Milestone 1930, Louis Wolheim, Lew Ayres, John Wray (guerre)@@ (E)
1914, la guerre éclate en Allemagne. Paul Baumer et quelques camarades incités par leurs professeurs, s'enrôlent très vite dans l'armée, prêts à servir leur patrie. À peine engagé ...

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AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@


En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...

TELERAMA:
Autant en emporte le vent fut une réussite commerciale sans précédent et continue d'avoir ses fans éperdus. Leigh et Gable sont parfaits, c'est vrai : impossible d'oublier Scarlett, ruinée, se faisant une robe avec les rideaux de Tara, sa chère propriété. Ni Rhett, lassé des caprices de sa bien-aimée, qui lui lance : « Frankly, my dear, I don't give a damn ! » (traduction : « Franchement, ma chère, j'en ai rien à cirer ! »).
AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@ (E)
En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fian& ...

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CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@


A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie.

TELERAMA
1942, Casablanca. Pour l’amour d’une femme, un Américain sort de sa neutralité désabusée et aide deux résistants. Un de ces classiques qu’on ne cesse de revoir.

Dans ce café brumeux de Casablanca, au milieu de la Seconde Guerre, le port du voile intérieur est indispensable, pour cacher ses souvenirs et ne pas regarder l’avenir en face. Voilà pourquoi, au commencement, le patron, Rick, n’a pas de visage. Ce n’est qu’une main lasse et inquiète, dont la caméra capte les mouvements crispés au bas d’un chèque, puis sur une pièce de jeu d’échecs. Ilsa, la cliente qu’il ne veut pas voir, n’a d’yeux que pour d’autres mains, celles d’un pianiste qui joue un air ancien, aux parfums de madeleine de Proust. Évidemment, Ilsa et Rick se sont aimés autrefois, dans un Paris de carton-pâte dont les artifices ne font que renforcer la douleur onirique. Évidemment, leurs retrouvailles ne peuvent que secouer les murs d’une ville bâtie pour l’entre-deux…

Tourné en pleine guerre, ce classique du cinéma surprend d’abord par son ironie visionnaire : on y jette à la poubelle des bouteilles d’eau de Vichy, et la victoire de la Résistance paraît certaine. Mais c’est surtout la magie éternelle du couple Bogart-Bergman qui ébranle. L’actrice raconta que la grâce lunaire et chancelante de leur jeu venait de l’état d’incertitude dans lequel ils étaient maintenus en permanence. Leurs répliques étaient écrites au jour le jour, et le dénouement de l’histoire leur fut caché jusqu’au dernier moment. Dire qu’à l’origine les studios pensaient faire jouer ce couple mythique par Ann Sheridan et Ronald Reagan…
CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@ (E)
A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer ...

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DANGEROUS MOOLIGHT, Brian Desmond Hurst 1941, Anton Walbrook, (Concerto de Varsovie Richard Addinssell)@@


Au début de la Seconde Guerre mondiale, un pianiste polonais, officier dans l'armée de l'air, échappe de peu à l'invasion allemande grâce à ses compagnons d'arme. Il se sert de son talent aux Etats-Unis, en organisant une tournée de concerts pour réunir des fonds pour la résistance polonaise....

TELERAMA
DANGEROUS MOOLIGHT, Brian Desmond Hurst 1941, Anton Walbrook, (Concerto de Varsovie Richard Addinssell)@@ (E)
Au début de la Seconde Guerre mondiale, un pianiste polonais, officier dans l'armée de l'air, échappe de peu à l'invasion allemande grâce à ses compagnons d'arme. Il se sert de son talent aux Etats-U ...

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GILDA, Charles Vidor, 1946, Rita Hayworth, Glenn Ford (societe)@@@


A Buenos Aires, en Argentine, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Johnny Farrell, un joueur médiocre, est agressé par des mauvais perdants dans une sombre ruelle des docks. Il est tiré d'affaire par un certain Ballin Mundson, propriétaire d'une maison de jeu. Johnny entre à son service. Les deux hommes deviennent rapidement amis. Ballin, toutefois, dissimule à Johnny ses activités clandestines. Au retour d'un voyage, il lui présente sa femme, la capiteuse Gilda. Johnny reconnaît en elle l'amante fatale qui fut jadis la cause de sa déchéance. En présence de Ballin, ni l'un ni l'autre ne laisse paraître le moindre signe qui pourrait trahir leur ancienne liaison. Entre ces trois êtres, des relations étranges prennent forme...

TELERAMA
Gilda apparaît très tard à l’image. Non qu’elle ne sache se faire désirer. Mais parce qu’on ne la désire pas. Ni Mundson, son mari, directeur de casino ­livide et balafré ; ni Johnny, son ex, jeune loup fringant et gominé. En 1946, alors que Rita Hayworth est au sommet de sa carrière, l’insinuation est de taille. Il ne s’agit en rien d’un avertissement à l’actrice sur sa chute prochaine, mais plutôt de l’audacieux camouflage d’un sujet impossible à traiter à l’époque, l’homosexualité masculine : filmé comme un objet de désir, Johnny est littéralement levé sur le trottoir par le mari de Gilda, armé… d’une canne. Cachée sous le label « film noir », Gilda met donc à nu l’entourage d’une femme fatale au charme inopérant. Impavide et miteuse, la caméra épouse le regard sadique des hommes qui l’entourent. Elle scrute le visage de Gilda, secoué de mouvements de joie toujours interrompus par l’irruption de figures masculines malveillantes. Rongée par sa frustration sexuelle, Gilda n’a qu’une seule satisfaction physique : la danse.

Pour la première fois à Hollywood, dans la mythique scène du strip-tease ganté, une actrice osait danser seule à l’écran, tout en extériorisant ses pulsions érotiques les plus intimes. Dès la sortie, le public fit un triomphe à ce film sec et amer sur le manque d’amour. Aujourd’hui encore, Gilda reste un bluffant manifeste sur l’atrophie du désir.
GILDA, Charles Vidor, 1946, Rita Hayworth, Glenn Ford (societe)@@@ (E)
A Buenos Aires, en Argentine, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Johnny Farrell, un joueur médiocre, est agressé par des mauvais perdants dans une sombre ruelle des docks. Il est tiré d'affaire par un certain B ...

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LA JOYEUSE DIVORCEE, Mark Sandrich, 1934, Fred Astaire, Ginger Rogers (musical danse)@@


Une jeune femme souhaitant divorcer simule un adultère en engageant par correspondance un homme qui se fera passer pour son amant. Elle rencontre à la douane Guy Holden, un danseur, et est persuadée qu'il s'agit de son homme de paille.
LA JOYEUSE DIVORCEE, Mark Sandrich, 1934, Fred Astaire, Ginger Rogers (musical danse)@@ (E)
Une jeune femme souhaitant divorcer simule un adultère en engageant par correspondance un homme qui se fera passer pour son amant. Elle rencontre à la douane Guy Holden, un danseur, et est persuadée qu'il s'agit de son ...

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LAURA, Otto Preminger 1944, Gene Tierney, Dana Andrews


Qui a tué Laura Hunt, une ravissante jeune femme qui doit une partie de sa notoriété au chroniqueur Waldo Lydecker ? L'inspecteur Mark McPherson mène l'enquête et interroge notamment Lydecker, qui considère Laura non seulement comme sa création, mais aussi comme un être lui appartenant.

TELERAMA:
Attention, chef-d’œuvre mythique. D’abord parce qu’il reste un des plus somptueux exemples du film noir hollywoodien, mais aussi parce que, plus que tout autre dans la filmographie de Gene Tierney, il est à l’origine du véritable culte que certains cinéphiles vouent à l’actrice — encore adolescent, Claude Chabrol vit Laura quinze fois d’affilée après être littéralement tombé amoureux de son interprète. Ne dévoilons pas le rebondissement majeur, qui fait glisser la femme fantasme vers la réalité…
Classique vénéneux, implacable suspense policier, le film de Preminger interroge surtout, dans une mise en scène d’une maîtrise obsessionnelle, la figure de la femme fatale contre son gré. Et l’emprise masculine, du rêve amoureux à la possession névrotique et assassine. Aussi riche dans son esthétique que dans ses rouages psychologiques, Laura restera fascinant jusqu’à la nuit des temps, et l’aura de Gene Tierney définitivement aveuglante.
LAURA, Otto Preminger 1944, Gene Tierney, Dana Andrews (E)
Qui a tué Laura Hunt, une ravissante jeune femme qui doit une partie de sa notoriété au chroniqueur Waldo Lydecker ? L'inspecteur Mark McPherson mène l'enquête et interroge notamment Lydecker, qui consid&eg ...

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LE POISON, Billy Wilder 1945, Ray Milland, Jane Wyman (thriller)@@


Incapable d'écrire une ligne depuis des années, Don Birman noie son désespoir d'écrivain raté dans l'alcool. Au quotidien, son frère Wick et sa fiancée Helen veillent tant bien que mal sur lui. Alors qu'il n'a pas bu une goutte de whisky depuis dix jours, Don fait tout son possible pour échapper au week-end à la campagne qu'ils ont organisé pour lui.

TELERAMA
Un chef-d’œuvre noir des années 1940, toujours brûlant d’actualité. Oublions le personnage de la fiancée : cette Américaine type — digne, courageuse, opiniâtre —, dont les qualités mêmes rendraient alcoolique n’importe qui. Mais, hormis cette forte dose de bons sentiments que la malheureuse Jane Wyman est chargée, à elle seule, de rendre émouvants (elle n’y parvient pas !), le film, quatre-vingts ans après, n’a rien perdu de sa force.

Célèbres à l’époque (elles permirent à Billy Wilder de remporter les Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur), les « grandes scènes spectaculaires », à savoir l’hôpital pour alcoolos et le delirium tremens, importent moins aujourd’hui que les moments ordinaires subis par Don, écrivain raté et alcoolique, perdu dans un New York que Wilder filme comme un cauchemar sans fin. Moment superbe : la longue errance de Ray Milland dans des rues aux stridences éprouvantes, où il se heurte à des boutiques de spiritueux obstinément closes…

Le film regorge d’idées : lors d’une représentation de La traviata, Don, en manque, ne fait qu’observer les maîtres d’hôtel qui, sur scène, apportent force verres aux convives. Et encore le plan génial où l’ombre d’une bouteille se reflète sur le plafond de la chambre, échappée du lustre où Don avait caché ses dernières réserves… Le happy end — obligatoire, à l’époque — est d’une ironie totale : le héros promet, une fois encore, de se remettre à écrire, alors même qu’un mouvement de caméra nous signifie que tout ce que nous venons de voir ne pourra que recommencer.

SYNOPSIS
Ecrivain raté, Don Birnam a lentement sombré dans l'alcool. A peine sorti d'une cure de désintoxication, il se met frénétiquement en quête d'une bouteille et ne se calme pas avant d'en avoir trouvé une, dans l'appartement de son frère, Wick. Helen St James, sa fiancée, a beau l'aimer tendrement, elle ne peut lutter contre les démons qui le hantent. Don a décidé de se détruire, tout simplement. Un long week-end commence : comment Don va-t-il l'occuper ? Il n'est pas seul, il pourrait aller à l'opéra avec Helen, ou faire une virée avec Wick. Mais en a-t-il envie ? La bouteille qui pend au bout d'une corde au bord de sa fenêtre n'est-elle pas une compagnie plus tentante ?...
LE POISON, Billy Wilder 1945, Ray Milland, Jane Wyman (thriller)@@ (E)
Incapable d'écrire une ligne depuis des années, Don Birman noie son désespoir d'écrivain raté dans l'alcool. Au quotidien, son frère Wick et sa fiancée Helen veillent tant bien que mal sur lu ...

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LE SIGNE DE ZORRO, Rouben Mamoulian 1946, Tyrone Power, Linda Darnell (aventure)@@


1820. Don Diego de la Vega, la meilleure épée de l'Académie royale de Madrid, rejoint ses parents en Californie. Son père, qui était gouverneur, vient de démissionner. Il a été remplacé par don Luis Quintero, qui s'enrichit sur le dos du peuple avec l'aide du capitaine Esteban Pasquale. Don Diego, qui s'est épris de Lolita Quintero, la nièce de don Luis, entretient apparemment des liens d'amitié avec le nouveau gouverneur et sa femme. Mais à la nuit tombée, il devient Zorro - "Renard" -, le mystérieux justicier masqué, défenseur des faibles et des opprimés. Il surgit de la façon la plus inattendue pour déjouer un à un les plans des scélérats, signant ses exploits d'un "Z" qui deviendra légendaire...

TELERAMA
1820. De retour d’Espagne, où il a parfait son éducation et sa science de l’escrime, le jeune Diego Vega découvre que la Californie est tombée sous le joug infamant de Luis Quintero, manipulé par l’odieux Esteban. Diego décide alors de s’inventer une seconde identité : celle d’un vengeur masqué…

Le héros du romancier Johnston McCulley trouve ici son interprète idéal. Tyrone Power a la prestance du grand Zorro, savant croisement entre Robin des bois (il vole les riches pour donner aux pauvres) et Batman (la cape, le masque et la double identité). On appréciera la façon dont il campe un Diego paresseux et précieux : une ruse pour mieux masquer ses activités nocturnes. Face à lui, le vrai méchant, c’est Basil Rathbone, profil d’aigle et arrogance très britannique. Bien servi par son chef opérateur, Rouben Mamoulian cisèle un noir et blanc contrasté. L’ombre de Zorro sur les murs blancs des haciendas en fait un héros de légende plus grand que nature. Même s’il manque par instants d’un peu d’ampleur, ce Signe de Zorro n’a rien d’une série Z.
LE SIGNE DE ZORRO, Rouben Mamoulian 1946, Tyrone Power, Linda Darnell (aventure)@@ (E)
1820. Don Diego de la Vega, la meilleure épée de l'Académie royale de Madrid, rejoint ses parents en Californie. Son père, qui était gouverneur, vient de démissionner. Il a été remplac ...

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LES LUMIERES DE LA VILLE, Charlie Chaplin 1931 (societe)@@@.


Après une série de coups du sort, Charlie le vagabond rencontre une jeune fleuriste aveugle. La détresse et le charme de la jeune fille l'émeuvent. Il lui donne le peu d'argent qui lui reste en échange d'une fleur. La jeune fille le prend pour un riche promeneur ; il se garde bien de la détromper. Peu après, par le plus grand des hasards, il sauve la vie d'un millionnaire excentrique qui, sous l'effet de l'alcool, lui donne sa voiture ainsi qu'une grosse somme d'argent.

TELERAMA
Alors que le cinéma sonore prenait son essor, Chaplin décida, lui, de tourner le “film muet idéal”, avec uniquement un accompagnement musical.

Entre le petit clochard et la marchande de fleurs, cela aurait pu être l’amour au premier regard. Mais voilà, si le sentiment est d’emblée réciproque, le regard, lui, est à sens unique : la belle est aveugle. Point de départ d’une mélo-comédie des apparences. Un claquement de portière, et la jeunette croit riche son bienfaiteur. De cette illusion classique ou de la vibration tactile ressentie face au galant fauché, laquelle va l’emporter, et à quel prix, quand la fille aux fleurs aura recouvré la vue ? On se doute du résultat et on le souhaite.

Mais tout l’art de Chaplin, inextricablement tissé de délicatesse et de grossièreté, consiste à nous mener en bateau jusqu’au climax romantique. Avant cette étreinte finale, qui d’ailleurs n’a pas lieu, le clochard cordial aux manières tout à la fois frustes et efféminées doit passer par d’autres embrassades, plus rudes. Il se heurte, en effet, à deux archétypes de la virilité : le richard pochetron, qui ne fraternise qu’en état d’ivresse ; et le boxeur tout bonnement bestial, que Charlot affronte en combat (d’anthologie) pour les yeux de sa dulcinée. Les petites fleurs, la suavité des blancs pétales, ça se gagne. Pour Chaplin, c’est sûr, l’amour n’est pas seulement aveugle, il est féminin.
LES LUMIERES DE LA VILLE, Charlie Chaplin 1931 (societe)@@@. (E)
Après une série de coups du sort, Charlie le vagabond rencontre une jeune fleuriste aveugle. La détresse et le charme de la jeune fille l'émeuvent. Il lui donne le peu d'argent qui lui reste en échange d'u ...

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NAPOLEON, Abel Gance 1927, Albert Dieudonné, Alexandre Koubitzky, Vladimir Roudenko, Marguerite Gance, Antonin Artaud (histoire)@@


Le film retrace le parcours de Napoléon Bonaparte, de son enfance à l'école de Brienne jusqu'au début de la première campagne d'Italie, en passant par le Club des Cordeliers, où il rencontre Danton et Rouget de l'Isle, puis par la Corse, d'où il s'enfuit pourchassé par les paolistes, ainsi que par le siège de Toulon, les journées de Thermidor et de Vendémiaire durant lesquelles, grâce à l'intervention de Barras, il devient général d'infanterie, et le mariage avec Joséphine de Beauharnais.

TELERAMA
Cest une histoire qui n’est pas faite pour se terminer un jour. Le Napoléon d’Abel Gance est un mythe qui ne cesse de se construire, mais le chapitre en cours, en écriture depuis quinze ans, voit venir son point final. Mercredi 13 décembre, de 10h30 à 12h30, quelques centaines de cinéphiles sont revenus cent ans en arrière : ils ont découvert les deux premières heures (sur sept) de l’œuvre restaurée par la Cinémathèque sur le modèle de celle projetée en 1927 au cinéma Apollo (que d’innombrables modifications rendirent ensuite invisible). Pour les cinq autres, il faudra attendre début juillet.

Verdict : ce n’est pas un simple remède au naufrage de Ridley Scott, c’est une merveille. On est familier de ces images déjà vues sous une forme ou une autre, à commencer par la mythique bataille de boules de neige en ouverture ; les voir éclater sur la toile de la Cinémathèque procure une émotion subtile, douce exaltation du voyage dans le temps, d’une beauté qui renaît.

Manque un million d’euros au budget
Restaurateur en chef, Georges Mourier a consacré quatorze années de sa vie à retrouver, nettoyer, assembler ces photogrammes. La partie corse (où Napoléon revient en permission en 1792) est un extraordinaire récit d’aventures, tourné en décors naturels, où l’art du cinéma muet trouve son épiphanie : travellings, surimpressions, plans très larges et très serrés, le maquis brûle et l’horizon scintille, on cligne des yeux. Le tout sur une vaste partition constituée de classiques du répertoire tissés les uns aux autres, interprétée par les orchestres de Radio France.

Si les sept heures de film sont déjà quasi prêtes, il reste encore un peu de travail sur la musique. Et à trouver un lieu pour les projections monstres prévues les 4 et 5 juillet. À quelques jours des jeux Olympiques, ce n’est pas facile : il faut 30 mètres de large pour les parties en triptyque, sans compter l’espace pour les quatre-vingts musiciens et le chœur. Enfin, Frédéric Bonnaud, directeur de la Cinémathèque, n’a pas manqué de préciser qu’il manquait toujours un million d’euros pour boucler le budget de ce projet pharaonique (évalué à plus de quatre). La légende, c’est sûr, est encore en mouvement.
NAPOLEON, Abel Gance 1927, Albert Dieudonné, Alexandre Koubitzky, Vladimir Roudenko, Marguerite Gance, Antonin Artaud (histoire)@@ (E)
Le film retrace le parcours de Napoléon Bonaparte, de son enfance à l'école de Brienne jusqu'au début de la première campagne d'Italie, en passant par le Club des Cordeliers, où il rencontre Danton ...

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ROME VILLE OUVERTE, Roberto Rosselini 1945, Anna Magnani, Aldo Fabrizi (histoire)@@


Dans Rome déclarée "'ville ouverte", les Allemands perquisitionnent l'immeuble où vit Giorgio Manfredi, une des figures du Comité de libération nationale. Ce dernier parvient à s'enfuir par les toits et se réfugie chez son ami Francesco, un typographe qui travaille notamment pour la presse clandestine.

TELERAMA
Peu de films ont joué un rôle aussi important dans l’histoire du cinéma : en retraçant, dès 1945, un moment particulièrement tragique de l’occupation allemande à Rome, ­Roberto Rossellini ouvrait la voie au néoréalisme. Ce cinéma qui, rompant avec les ­artifices du studio, descendit dans la rue avec l’ambition de parler de la vie dans ce qu’elle a de plus crucial. Après la libération de Rome, c’est l’histoire du prêtre don ­Morosini, exécuté par les Allemands, que Rossellini juge importante à raconter. Le ­destin de ce curé entré en résistance reflète l’esprit de sacrifice de ceux qui ont lutté contre la barbarie avec les armes de la foi en la liberté.

Dans Rome, ville ouverte, don Morosini devient don Pietro, interprété par Aldo Fabrizi, célèbre à l’époque pour ses talents comiques. Son visage jovial donne au personnage une franche bonhomie. Avec l’aide de Fellini, qui collabore au scénario, ce don Pietro a même parfois une certaine drôlerie. Rossellini ne sanctifie pas ses personnages, il les montre dans leur humanité simple, leur grandeur familière. C’est vrai aussi, et de manière exemplaire, de Pina, la femme à la fois meurtrie par la vie et toujours vaillante jouée par Anna Magnani. Figure du sacrifice elle aussi, Pina incarne d’abord le courage, l’élan généreux de la rébellion. Un film d’une humanité sublime.
ROME VILLE OUVERTE, Roberto Rosselini 1945, Anna Magnani, Aldo Fabrizi (histoire)@@ (E)
Dans Rome déclarée "'ville ouverte", les Allemands perquisitionnent l'immeuble où vit Giorgio Manfredi, une des figures du Comité de libération nationale. Ce dernier parvient à s'enfuir pa ...

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ROME VILLE OUVERTE, Roberto Rossellini 1945, Ana Magnani, ldo Fabrizi (histoire guerre)@@@


Dans Rome déclarée "'ville ouverte", les Allemands perquisitionnent l'immeuble où vit Giorgio Manfredi, une des figures du Comité de libération nationale. Ce dernier parvient à s'enfuir par les toits et se réfugie chez son ami Francesco, un typographe qui travaille notamment pour la presse clandestine.

TELERAMA
Peu de films ont joué un rôle aussi important dans l’histoire du cinéma : en retraçant, dès 1945, un moment particulièrement tragique de l’occupation allemande à Rome, ­Roberto Rossellini ouvrait la voie au néoréalisme. Ce cinéma qui, rompant avec les ­artifices du studio, descendit dans la rue avec l’ambition de parler de la vie dans ce qu’elle a de plus crucial. Après la libération de Rome, c’est l’histoire du prêtre don ­Morosini, exécuté par les Allemands, que Rossellini juge importante à raconter. Le ­destin de ce curé entré en résistance reflète l’esprit de sacrifice de ceux qui ont lutté contre la barbarie avec les armes de la foi en la liberté.

Dans Rome, ville ouverte, don Morosini devient don Pietro, interprété par Aldo Fabrizi, célèbre à l’époque pour ses talents comiques. Son visage jovial donne au personnage une franche bonhomie. Avec l’aide de Fellini, qui collabore au scénario, ce don Pietro a même parfois une certaine drôlerie. Rossellini ne sanctifie pas ses personnages, il les montre dans leur humanité simple, leur grandeur familière. C’est vrai aussi, et de manière exemplaire, de Pina, la femme à la fois meurtrie par la vie et toujours vaillante jouée par Anna Magnani. Figure du sacrifice elle aussi, Pina incarne d’abord le courage, l’élan généreux de la rébellion. Un film d’une humanité sublime.
ROME VILLE OUVERTE, Roberto Rossellini 1945, Ana Magnani, ldo Fabrizi (histoire guerre)@@@ (E)
Dans Rome déclarée "'ville ouverte", les Allemands perquisitionnent l'immeuble où vit Giorgio Manfredi, une des figures du Comité de libération nationale. Ce dernier parvient à s'enfuir pa ...

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