![]() | ALYAM ALYAM, Ahmed El Maânouni 2001, Ben BrahimDans la région de Casablanca, à Oulad Ziane, les habitants vivent de l'agriculture. Abdelwahad, depuis la mort de son père, est obligé d'assumer les responsabilités du chef de famille, alors qu'il ne rêve que d'émigrer en France. La mère essaie de le dissuader de partir, mais le jeune homme ne croit pas en son avenir dans l'agriculture. Le grand-père essaie également de le ramener à la raison, mais il y a ce cousin éloigné de France, qui lui assure que les papiers nécessaires seront prêts d'un jour à l'autre. Entre espoir et lassitude, Abdelwahad attend son heure... | ALYAM ALYAM, Ahmed El Maânouni 2001, Ben Brahim (E) Dans la région de Casablanca, à Oulad Ziane, les habitants vivent de l'agriculture. Abdelwahad, depuis la mort de son père, est obligé d'assumer les responsabilités du chef de famille, alors qu'il ne r&eci ... |
![]() | ANTICHRIST, Lars von Trier 2009, Charlotte Gainsbourg (drame filme e)@Après le décès de leur enfant, un couple se retire à "Eden", un chalet isolé dans la forêt, pour faire leur deuil et tenter de sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et la situation va de mal en pis... TELERAMA Sous l’apparence d’un suspense horrifique avec de vrais moments gore, se disent la guerre des sexes façon Strindberg, la geste des pulsions réprimées, le prix à payer des tabous transgressés. Pendant qu'« Elle » et « Lui » faisaient l'amour, leur petit garçon est tombé par la fenêtre... Deuil, remords et haine. On serait tout proche d'Ingmar Bergman si Lars von Trier ne se révélait, une fois de plus, un donneur de leçons bardé de certitudes existentielles et formelles. Elle (Charlotte Gainsbourg, Prix d'interprétation à Cannes) est un beau personnage. Pas une victime, mais une rebelle. Un reflet de toutes les damnations subies par les femmes au long des siècles. Mais comme Lars von Trier en fait la vraie responsable du drame, il est difficile de sympathiser avec cette créature à la Shining, qui en arrive à mutiler son mari, puis elle-même, pour les punir, en fin de compte, d'avoir été des humains aussi nuls... Le film est provocant, violent, difficilement supportable. Il reste, néanmoins, le film le plus épuré de Lars von Trier. Son film le plus cinglé, aussi, avec d'insolents moments gore et l'apparition délirante d'un renard qui hurle à la mort la morale du cinéaste : « Le monde est un chaos »… | ANTICHRIST, Lars von Trier 2009, Charlotte Gainsbourg (drame filme e)@ (E) Après le décès de leur enfant, un couple se retire à "Eden", un chalet isolé dans la forêt, pour faire leur deuil et tenter de sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et la s ... |
![]() | BANG GANG, Eva Husson 2015, Marylin Lima, Lorenzo Lefebvre (moeurs)@Les faubourgs aisés d'une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d'Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d'amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l'effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente. TELERAMA Pourquoi et comment des lycéens organisent-ils des orgies à l'insu des adultes ? Inspirée par le cinéma américain indépendant (Sofia Coppola, Larry Clark, Gus Van Sant), Eva Husson signe un premier film loin de l'esthétique et des préoccupations qui dominent en France. Il y a du style dans son portrait de groupe en pleine effervescence hormonale, sur fond de plages. Et deux héroïnes singulières, saillantes, ne serait-ce que pour les faux airs de Bardot ado chez l'une, et d'Adjani dans La Gifle chez l'autre... Mais la cinéaste se laisse porter par des courants trop contraires. Un peu de romantisme noir hérité des Tricheurs, de Marcel Carné : c'est un dépit amoureux qui déclenche les orgies. Un peu d'érotisme libertaire quand les pulsions se libèrent, sans tabou apparent. Et, finalement, le retour au moralisme, avec l'éloge du « vrai amour » et du « bon sexe ». A cela s'ajoute l'inévitable question des nouvelles technologies — les vidéos compromettantes diffusées sur le Net —, intégrée à l'histoire comme une contrainte d'époque, expédiée pour la même raison... Emaillé de belles idées, jusque dans l'utilisation d'une chanson de Véronique Sanson, le film sort du lot mais reste bancal, entre transgression mal assumée et conformisme latent. — Louis Guichard | BANG GANG, Eva Husson 2015, Marylin Lima, Lorenzo Lefebvre (moeurs)@ (E) Les faubourgs aisés d'une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d'Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d'amis va découvrir, tester ... |
![]() | BEAU PERE, Bertrand Blier 1981, Patrick Dewaere, Ariel Besse, Nicole Garcia, Maurice Ronet (moeurs)@@Lorsque Martine, sa compagne depuis huit ans, meurt dans un accident de voiture, Rémi, pianiste raté, sombre dans le désespoir. Du haut de ses 14 ans, Marion, la fille de Martine, demeure stoïque. Elle veut rester avec Rémi, mais le père de l'adolescente ne l'entend pas de cette oreille et vient la chercher. Quelques semaines s'écoulent. Rémi, ne supportant pas d'être sans nouvelles, téléphone à Marion, qui arrive aussitôt avec ses valises. Rémi donne des cours de piano et la jeune fille l'aide en faisant du baby-sitting. Un soir, Marion déclare à son beau-père son amour et le désir qu'elle éprouve pour lui. D'abord estomaqué, Rémi se contente finalement de hausser les épaules. Mais la nymphette n'est pas résolue à lâcher prise et entend bien parvenir à ses fins... | BEAU PERE, Bertrand Blier 1981, Patrick Dewaere, Ariel Besse, Nicole Garcia, Maurice Ronet (moeurs)@@ (E) Lorsque Martine, sa compagne depuis huit ans, meurt dans un accident de voiture, Rémi, pianiste raté, sombre dans le désespoir. Du haut de ses 14 ans, Marion, la fille de Martine, demeure stoïque. Elle veut rester ... |
![]() | BIS, Dominique Farrugia 2015, Kad Merad, Frank Dubosc (comique)@@Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent. D'un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l'autre, Patrice, père de famille monogame à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d'enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu'ils n'ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l'occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ? TELERAMA Deux potes quinquas tombent un soir de cuite et se réveillent en 1986, à la veille des résultats du bac… Une comédie revival un peu trop sage. eux potes de 50 ans aux CV bien différents, mais au taux d’alcoolémie identique ce soir-là, tombent dans l’escalier de la cave et se retrouvent en 1986, à la veille de leurs résultats du bac. Et s’ils en profitaient pour refaire (et même échanger) leurs vies ? Bon d’accord, on a déjà vu ça quelque part, et en mieux, du côté de chez Noémie Lvovsky (Camille redouble), mais Farrugia ne s’en sort pas si mal. Le film commence en franche comédie et les détails d’époque font mouche : vestes en jean pleines de badges, marques de bonbons et de boissons disparues, bandanas… On se régale quand les deux compères ados tentent de faire du fric en proposant, trente ans avant, le scénario d’un blockbuster français à une société de production ou lorsqu’ils passent une audition chez Eddie Barclay avec un futur tube des Dix Commandements… Puis la raison reprend le dessus — nos vies sont déjà écrites, inutile de lutter, il suffit de les améliorer. Le retour en 2015 des deux copains est, certes, tendre, mais nettement plus plan-plan. Si on nous avait dit qu’un jour on trouverait Dominique Farrugia un peu trop sage… | BIS, Dominique Farrugia 2015, Kad Merad, Frank Dubosc (comique)@@ (E) Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent. D'un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de ... |
![]() | ENTER THE VOID, Gaspar Noé 2009, Nathaniel Brown, Paz de la Huerta (film e)@Oscar et Linda, jeunes adultes, s'installent à Tokyo. Oscar vend de la drogue et Linda travaille en tant que stripteaseuse dans une boîte de nuit. Alors qu'Oscar est dénoncé par un de ses amis, celui-ci est abattu par la police dans les toilettes d'un bar. Alors que son âme se détache de son corps, Oscar se souvient de sa promesse jadis faite à sa sœur de ne jamais l'abandonner. Commence alors une longue errance de l'esprit à travers Tokyo. | ENTER THE VOID, Gaspar Noé 2009, Nathaniel Brown, Paz de la Huerta (film e)@ (E) Oscar et Linda, jeunes adultes, s'installent à Tokyo. Oscar vend de la drogue et Linda travaille en tant que stripteaseuse dans une boîte de nuit. Alors qu'Oscar est dénoncé par un de ses amis, celui-ci est abattu ... |
![]() | FENETRE SUR COUR, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, James Stewart (thriller)@@@@À cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l'immeuble qu'il occupe dans Greenwich Village. Ses observations l'amènent à la conviction que Lars Thorwald, son voisin d'en face, a assassiné sa femme. TELERAMA C’est l’un des plus grands films de Hitchcock : à la fois une réflexion sur l’amour et sur le cinéma. Comme le note François Truffaut dans son recueil d’entretiens avec le maître, tous les voisins qu’observe James Stewart ont pour point commun l’amour : couple qui se dispute, jeunes mariés qui passent leurs journées au lit, ménage sans enfants, danseuse qui s’exhibe… Figures du désir ou de la pratique amoureuse qui renvoient le personnage principal à son propre problème : épousera-t-il ou non sa dulcinée ? Par ailleurs, sa position d’observateur immobile est celle du cinéphile : en multipliant les cadres — rectangulaires comme les fenêtres, ronds comme les jumelles ou les objectifs photographiques —, la mise en scène construit une série de mises en abyme. Le voyeurisme — et l’impuissance qu’il suggère — nie le réel de la relation amoureuse et constitue un exutoire fantasmatique du désir. Sous le polar, d’une maîtrise absolue, se cachent une fois de plus les obsessions de Hitchcock. Ce thriller de Hitchcock est l’un des films préférés de Truffaut. | FENETRE SUR COUR, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, James Stewart (thriller)@@@@ (E) À cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilit&e ... |
![]() | GASOIL, Gilles Grangier 1955, Jan Gabin, Jeanne Moreau (road movie)@@Au volant de son poids lourd, Jean Chape, chauffeur routier auvergnat, sillonne les routes de France. Un matin, il voit un homme tomber de la voiture qui le précède. Jean, qui n'a pas le temps de freiner, le heurte. Il est bouleversé à l'idée d'avoir tué le malheureux. Sur les conseils de son amie Alice, institutrice dans la région parisienne, il prévient la police. Au cours de l'enquête, les inspecteurs découvrent que la victime, un gangster nommé Scoppo, était déjà morte au moment du choc, et optent pour l'hypothèse d'un meurtre maquillé en accident. Toutefois, Jean remarque bientôt qu'une mystérieuse voiture grise le suit dans tous ses déplacements... TELERAMA Un routier sympa est embarqué dans une sombre histoire de meurtre. Belle distribution : Ginette Leclerc, garce étincelante, et Jeanne Moreau, débutante. Un camionneur sympa tombe par hasard dans une sombre histoire de truands. Sa vie tranquille de provincial en est considérablement perturbée. Les gangsters croient que l’homme a volé à son tour le magot qu’ils ont eux-mêmes dérobé. La police se montre elle aussi soupçonneuse. Heureusement que ses copains routiers sont de braves gens qui n’ont pas froid aux yeux ! Ce film présente un aspect paradocumentaire très attachant. Le syndicat des routiers l’a patronné, et l’on comprend pourquoi. Il présente aussi un côté polar plus conventionnel, mais qui nous vaut de retrouver une Ginette Leclerc extra, mélange de vulgarité voulue et de « classe ». On remarque aussi Jeanne Moreau, dans un emploi modeste. L’ensemble est chaleureux, réalisé avec plus que de la conscience professionnelle par Gilles Grangier, un des meilleurs réalisateurs du cinéma dit commercial des années 50. | GASOIL, Gilles Grangier 1955, Jan Gabin, Jeanne Moreau (road movie)@@ (E) Au volant de son poids lourd, Jean Chape, chauffeur routier auvergnat, sillonne les routes de France. Un matin, il voit un homme tomber de la voiture qui le précède. Jean, qui n'a pas le temps de freiner, le heurte. Il est bou ... |
![]() | LE DERNIER DES JUIFS, Noe Debre 2023, Michel Zindel, Agnes Jaoui (religion)@@Giselle, diminuée par la maladie, vit dans un appartement en banlieue parisienne qu'elle partage avec Bellisha, son fils immature de 27 ans. Un jour, en allant faire des courses à l'épicerie casher, Giselle apprend la prochaine fermeture de la boutique car celle-ci manque de clients. Elle comprend alors que son fils et elle sont les derniers représentants de la communauté juive encore présents dans leur cité. Inquiète, elle se convainc qu'ils doivent fuir à leur tour. Confortablement installé dans sa petite routine, Bellisha, lui, peine à accepter cette décision. Pour rassurer sa mère, il décide pourtant de lui faire croire qu'il prépare leur départ... TELERAMA Dans leur cité, une mère et son fils sont les derniers de leur communauté… Première réalisation de Noé Debré qui sonde la judéité et les préjugés avec humour et finesse. Le film tombe bien, puisque tout va mal. Drame drôle et comédie triste, Le Dernier des Juifs, tourné avant l’horreur du 7 octobre et de la guerre qui endeuille le monde, danse au-dessus du volcan de l’actualité avec une grâce de funambule. Un numéro d’équilibriste signé Noé Debré, éclectique coscénariste de Dheepan (Jacques Audiard, 2015), de Problemos (Éric Judor, 2017) ou de Stillwater (Tom McCarthy, 2021), qui surprend avec ce premier long métrage en tant que réalisateur. Par son titre intriguant, déjà, qu’il partage avec un ouvrage du philosophe Jacques Derrida publié en 2014 et dont la polysémie — que signifie « dernier » ici, indigne ou ultime ? — densifie le propos. Mais aussi par sa douceur délibérée, à ne pas confondre avec de l’angélisme, à l’heure d’évoquer l’antisémitisme dans une banlieue française. Leurs coreligionnaires ayant mis les voiles, Giselle (Agnès Jaoui, très émouvante) et son grand fils Bellisha (la révélation Michael Zindel) sont effectivement les seuls Juifs à demeurer dans cette cité qui pourrait se situer à Sarcelles (Val-d’Oise). D’ailleurs, signe de la fin des haricots, l’épicier casher ferme boutique. Bref, « il faut qu’on parte », rumine la mère en clopant sur son balcon. Comme elle serine aussi qu’il n’y a plus que des Noirs dans le quartier, des médecins arabes à l’hôpital, sans parler des Péruviens en surpoids à la télé, Bellisha l’écoute d’abord sans s’affoler. Il a mieux à faire : le marché, la popote, du rap, ou l’amour avec sa voisine mariée et arabe (formidable Eva Huault), qui aimerait tant qu’il lui susurre « des trucs sales en hébreu ». Et lui de répéter les trois mots qu’il connaît, « Evenou shalom alerhem », soit « Nous apportons la paix », rengaine d’un chant fameux dont ce « fier Israélite » ignore la suite. Dénoncer sans stigmatiser Partir, d’accord, mais où ? Chez les bourgeois de Saint-Mandé ? En province ? En Israël ? Infiniment plus fin qu’Ils sont partout d’Yvan Attal (2016), Le Dernier des Juifs questionne à son tour et la judéité et l’assignation identitaire, avec un sens de l’absurde qui fait mouche : désigné comme juif par les autres — en témoignent les graffitis pro-palestiniens tracés par erreur sur la porte des Chinois d’en face —, le protagoniste doit tantôt taire son appartenance, tantôt la prouver. À la revisite d’un folklore séfarade haut en couleur (La vérité si je mens, Coco) ou des clichés sur les mamans envahissantes, l’auteur préfère le portrait d’un « enfant poule » aux petits soins pour sa mère malade, un jeune vieux aux manies de retraité et à la mythomanie galopante, interprété par un clown lunaire dans lequel on a tôt fait d’apprécier un héritier de Jean-Pierre Léaud. Aussi flottant que son providentiel acteur, le récit d’apprentissage, modeste dans sa forme, se démarque par ses embardées et ruptures de ton. Il passe progressivement du rire le plus franc — lorsque Bellisha entreprend de vendre des pompes à chaleur —, à une gravité qui contamine tout. Ainsi, une scène de cambriolage nocturne où le duo mère-fils se cache derrière un portant à vêtements fait remonter, en un plan, le temps des rafles à la mémoire. Dans ce joli coup d’essai, Noé Debré prend un luxe de précautions pour dénoncer les préjugés et la haine sans stigmatiser. Mais aucune sur le versant sentimental, ce en quoi il rappelle l’Albert Cohen du Livre de ma mère et son conseil universel : « Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. » | LE DERNIER DES JUIFS, Noe Debre 2023, Michel Zindel, Agnes Jaoui (religion)@@ (E) Giselle, diminuée par la maladie, vit dans un appartement en banlieue parisienne qu'elle partage avec Bellisha, son fils immature de 27 ans. Un jour, en allant faire des courses à l'épicerie casher, Giselle apprend la p ... |
![]() | MADEMOISELLE, Park Chan-wook 2016, Kim Min-hee, Tae-ri Kim (film e)@@Pendant les années 1930, dans une Corée sous domination japonaise, Sook-hee est engagée comme domestique au service d'Hideko, une héritière japonaise, qui vit dans un beau manoir, en pleine campagne, sous la domination de Kouzuki, son oncle tyrannique. Mais la jeune femme a un secret : pickpocket experte depuis l'enfance, elle a été embauchée par Fujiwara, un escroc qui se fait passer pour un comte japonais. Sook-hee est en effet chargée de l'aider à séduire Hideko afin de la faire interner et de la délester de sa fortune. Mais les sentiments s'en mêlent... TELERAMA Depuis Old Boy, en 2003, on s’attend à toutes les folies de la part de Park Chan-wook. Son film d’amour vampirique, Thirst, ceci est mon sang, en 2009, prouvait que le Coréen savait revisiter la littérature classique (Thérèse Raquin, de Zola) à sa sauce gothique. Ici, il transpose un roman récent, Du bout des doigts, de la Britannique Sarah Waters, en Corée, au moment de son occupation par le Japon, dans les années 1930. Donc, il était une fois une jeune arnaqueuse, envoyée par un escroc au service d’une belle recluse japonaise qui se fane sous le joug d’un oncle bibliophile, érotomane et fan du marquis de Sade… En fait, le cinéaste prend un malin plaisir à nous balader dans un conte en trois actes qui se contredisent et s’enrichissent, où chaque personnage, tour à tour manipulateur et manipulé, avance vers sa vérité. Deux scènes d’amour sont troublantes, osées : le cinéaste y confisque L’Origine du monde (et les boules de geisha) au seul plaisir des hommes, grands perdants de ce thriller à tiroirs. Mais la plus belle séquence, au cœur de Mademoiselle, est la fuite, à l’aube, de deux beautés… Au bout du parc, un petit muret. La première hésite : il y a tant de liberté derrière cette minuscule frontière. La seconde empile deux valises en guise d’escalier pour l’aider à passer de l’autre côté. Grâce à cet infime geste de galanterie d’une femme envers une autre, Park Chan-wook devient le plus romantique des féministes. | MADEMOISELLE, Park Chan-wook 2016, Kim Min-hee, Tae-ri Kim (film e)@@ (E) Pendant les années 1930, dans une Corée sous domination japonaise, Sook-hee est engagée comme domestique au service d'Hideko, une héritière japonaise, qui vit dans un beau manoir, en pleine campagne, sous ... |
![]() | NEW YORK NEW YORK, Martin Scorcese 1977, Liza Minelli, Robert de Niro (thriller sentimental)@@@New York, 1945. L'Amérique tout entière fête la fin de la guerre. A cette époque-là, Jimmy Doyle, un saxophoniste, fait la connaissance de Francine, une chanteuse. Ils tombent amoureux, non sans que Jimmy ait dû multiplier les tentatives de séduction. Le jeune musicien obtient un job auprès de sa conquête, dans l'orchestre, et ils partent en tournée ensemble. Le talent de Jimmy lui vaut une rapide promotion. Bientôt, Jimmy et Francine se marient et ont un enfant. Mais la vie les sépare de plus en plus. Si Jimmy tient à rester le saxophoniste bohème de ses débuts, qui se produit dans des sous-sols de boîtes enfumées, Francine entame une carrière brillante qui la pousse vers Hollywood... TELERAMA Août 1945, victoire des Etats-Unis sur le Japon. Dans un club, Jimmy drague Francine, qui le rembarre, mais le destin s'acharne et leurs amis respectifs les remettent en présence. Il joue du saxo, elle est chanteuse, ils s'aiment. L'amour et l'art sont-ils conciliables ? On a souvent reproché à Scorsese d'avoir cédé au système hollywoodien après avoir prouvé sa liberté de ton et d'inspiration avec Taxi Driver. New York, New York est, il est vrai, une superproduction comme on n'en faisait déjà plus à l'époque. C'est aussi l'hommage d'un cinéphile aux grandes comédies musicales des années 1940, avec de formidables numéros interprétés par Liza Minnelli (fille de Vincente, l'un des chantres du genre, et de Judy Garland, chanteuse sublime). C'est, enfin, l'affrontement perpétuel de deux personnages, oscillant entre attraction et répulsion. De Niro, fascinant, distille toute la thématique scorsesienne du personnage, égocentrique jusqu'au malaise, obsessionnel jusqu'à la violence. La rencontre, la déclaration d'amour, la demande en mariage, l'annonce du bébé, tous ces passages obligés sont étirés en de longues scènes, improvisées pour la plupart et travaillées pendant des heures. Leur puissance étonne encore. Scorsese cerne l'humain, ses plaies, ses bosses, ses travers et son irrépressible propension à aller au bout de ses forces et de ses désirs. | NEW YORK NEW YORK, Martin Scorcese 1977, Liza Minelli, Robert de Niro (thriller sentimental)@@@ (E) New York, 1945. L'Amérique tout entière fête la fin de la guerre. A cette époque-là, Jimmy Doyle, un saxophoniste, fait la connaissance de Francine, une chanteuse. Ils tombent amoureux, non sans que Jimmy a ... |
![]() | RADIOSTARS, Romain Levy 2012, Manu Payet, Clovis CornillacA son retour des Etats-Unis, Ben, qui n'a pas réussi à s'imposer dans le monde du show-business, ignore les propositions bien intentionnés de son père et propose ses textes à l'équipe du "Breakfast", qui fait la matinale d'une radio, Blast FM. Grâce à son ancienne petite amie, il fait ainsi la connaissance d'Arnold, le meneur de l'équipe, de Cyril, un quadra en perte de vitesse, et d'Alex, la vedette montante. A peine est-il embauché que le patron de Blast FM, Frédérico, décide que la matinale se déplacera en province pendant tout l'été, pour faire remonter les audiences déclinantes. Les débuts sont difficiles, les hôtels déprimants, le public maussade... TELERAMA Pour cause d’audience en baisse, une équipe de radio sillonne la France profonde à la reconquête de ses auditeurs... Nouvelles têtes aux origines mixtes, B.O. pop-rock chiadée et vannes incorrectes... Un joli film. La comédie française a la baraka. Confirmation avec ce premier long métrage de Romain Levy, jusque-là scénariste de potacheries (Cyprien, Les 11 Commandements). Il y raconte sa propre histoire, engagé comme nouvel « auteur de vannes » au sein d'une matinale radio déconnante, tendance Skyrock... « Punie » pour cause d'audience en baisse, une équipe d'animateurs radio doit sillonner la France profonde pour reconquérir ses auditeurs. De quoi, pour ces vanneurs professionnels un brin méprisants, avoir les chevilles qui désenflent. Ben, le « bleu » de la bande (Douglas Attal) — il s'est planté comme comique à New York ! —, comprend, par exemple, que ses textes sont nettement plus drôles dans la bouche d'un autre. Cet autre, c'est Manu Payet, qui s'impose comme la nouvelle grande valeur de la tchatche, face à Clovis Cornillac en leader égocentrique et énervé, accro au micro. Une troupe de nouvelles têtes aux origines mixtes, une BO pop rock chiadée, des vannes incorrectes au kilomètre et des défauts de débutant (quelques baisses de régime par-ci par-là) attestent que cette comédie est plus sincère que calibrée. Bref, ce film de potes trouve la bonne fréquence... | RADIOSTARS, Romain Levy 2012, Manu Payet, Clovis Cornillac (E) A son retour des Etats-Unis, Ben, qui n'a pas réussi à s'imposer dans le monde du show-business, ignore les propositions bien intentionnés de son père et propose ses textes à l'équipe du "Break ... |
![]() | SHAME, Steve McQueen 2011 (moeurs)@@Brandon est un trentenaire célibataire qui gagne bien sa vie. Installé seul dans un très bel appartement en plein coeur de New York, il souffre d'une addiction au sexe. Bourreau de travail, le jeune homme est surtout envié par son patron pour ses talents de séducteur. Son quotidien est bouleversé lorsque sa soeur Sissy pose ses affaires chez lui. La venue de cette chanteuse de jazz un peu perdue et au look extravagant l'oblige à dissimuler ses vices. Il se crée une vie bien rangée, tant chez lui qu'à son bureau. Apprenant qu'elle a une relation avec son directeur, il entreprend une sérieuse remise en question... TELERAMA Brandon est trentenaire, célibataire et obsédé sexuel… Steve McQueen exalte le magnétisme de Michael Fassbender. Brandon est trentenaire, célibataire, bien fait, élégant, peu disert. Bel appartement impersonnel à Manhattan, bon job insupportable, du « consulting », ce genre-là. Une litanie de messages d'amour suppliants sur son répondeur, dont il n'a que faire, lui qui ne pense qu'au sexe... L'addiction au porno est d'abord filmée par Steve McQueen comme le reflet d'une société de consommation effrénée. Le constat est percutant. Avec l'installation chez le héros de sa petite soeur douloureuse, le film bifurque, hélas. Mais ce virage moralisateur ne vient pas à bout de son rayonnement trouble : le puritanisme du cinéaste reste contredit par l'attention dévorante qu'il porte à son acteur, Michael Fassbender, dont il exalte le magnétisme sexuel. C'est McQueen qui l'avait révélé dans le rôle extrême de Bobby Sands, dans Hunger. Ils poursuivent leur travail d'exploration des pouvoirs et impasses du corps. McQueen est plasticien de formation. Au-delà de son scénario, Shame brille comme une sorte d'installation sur un thème ultra contemporain, à laquelle Fassbender se donne entièrement, altier et ravagé, impudique et ténébreux. | SHAME, Steve McQueen 2011 (moeurs)@@ (E) Brandon est un trentenaire célibataire qui gagne bien sa vie. Installé seul dans un très bel appartement en plein coeur de New York, il souffre d'une addiction au sexe. Bourreau de travail, le jeune homme est surtout en ... |
![]() | SPIDERMAN, Sam Raimi 2002, Tobey Maguire, Willem Dafoe (science fiction)@@Peter Parker est un orphelin qui est élevé par sa tante May et son oncle Ben dans le quartier de Forest Hills du borough de Queens, à New York. Il est victime d'humiliations de la part de ses camarades de lycée, sauf de son meilleur ami Harry Osborn qui le défend. Après avoir été mordu par une araignée génétiquement modifiée qui s'était échappée d'un laboratoire qu'il visitait avec sa classe, il se découvre des pouvoirs surhumains (une force et une agilité hors du commun, la capacité d’adhérer aux parois (uniquement avec pieds et mains), ainsi qu'un « sens d'araignée » qui l'avertit des dangers imminents). ALLOCINE Il existe des films qui le temps passant devienne culte, malgré les changements de mode, les évolutions technologiques. Spider man appartient à cette catégorie, le film arrive à jouer sur tous les tableaux, du drame à la comédie, de l'action à des scène plus intimistes, Spider man touche le spectateur en ne se réfugiant pas dans un déluge de scène d'actions et d'effets spéciaux. Il arrive à raconter l'histoire d'un Peter Parker qui en même temps qu'il apprend à utiliser ses pouvoirs, connait des sentiments amoureux, la souffrance de perdre quelqu'un, le poids des responsabilité. Tout cela dans un film qui est sensé être un film de super héros comme Marvel en fabriquera à la chaine. La différence avec ces produits insipides et formatés: Sam Raimi qui avec son talent unique apporte ce que peu de réalisateurs ont su apporter au genre: son universalité. Spider man est un film intemporel qui touche autant les jeunes que les adulte, qui raconte une histoire simple mais avec sincérité, qui offre des scènes d'action d'une ampleur que peu de film de super héros n'ont égalé sinon surpassé. Aujourd'hui encore ce film malgré ses quelque menus défauts reste encore à ce jour la meilleure adaptation de Spider man et le film super héros le plus aboutie en tant que tel. | SPIDERMAN, Sam Raimi 2002, Tobey Maguire, Willem Dafoe (science fiction)@@ (E) Peter Parker est un orphelin qui est élevé par sa tante May et son oncle Ben dans le quartier de Forest Hills du borough de Queens, à New York. Il est victime d'humiliations de la part de ses camarades de lycée, ... |
![]() | STUDIO 54, Mark Christopher 1998, Ryan Phillippe, Salma Hayek (jeunesse)@@New York, à la fin des années 1970. Shane O'Shea, 19 ans, rêve de pénétrer dans le plus célèbre club de la ville, le Studio 54, ainsi nommé parce qu'il se trouve dans la 54e rue. Un soir, enfin, il atteint son but. Il découvre un univers extravagant, qui mêle sexe, drogue et disco dans un tourbillon incessant. Le gérant gay du Studio, Steve Rubell, l'embauche comme serveur. Bientôt, Shane emménage chez un couple de collègues, Greg, serveur comme lui, et Anita, employée de vestiaire, qui voudrait faire carrière dans le disco. L'un de ses rêves les plus fous se concrétise lorsqu'il rencontre son idole, la comédienne Julie Black TELERAMA À la fin de cette évocation de l’âge d’or d’une fameuse discothèque new-yorkaise, le jeune barman, narrateur et héros de l’histoire, nous explique en voix off : le Studio 54 existe toujours, mais racheté par une grande compagnie, il est désormais aseptisé. Aseptisé : on ne saurait mieux décrire ce film. Sur le papier, c’est un hymne à la fièvre disco des années 70-80, aux folies et aux débordements du night-clubbing d’avant le sida et le moralisme de l’ère Reagan. À l’écran, ce n’est que mollesse, fadeur et sages délayages musicaux. L’histoire de la boîte est vue à travers la « trajectoire » de membres du personnel, d’abord très jeunes et pleins d’illusions, puis toujours très jeunes, avec quelques illusions en moins. C’est le problème du cinéaste : vouloir suggérer le passage du temps et la détérioration des choses, mais faire du surplace. | STUDIO 54, Mark Christopher 1998, Ryan Phillippe, Salma Hayek (jeunesse)@@ (E) New York, à la fin des années 1970. Shane O'Shea, 19 ans, rêve de pénétrer dans le plus célèbre club de la ville, le Studio 54, ainsi nommé parce qu'il se trouve dans la 54e rue. Un soi ... |
![]() | WELCOME TO NEW YORK, Abel Ferrara 2014, Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset (histoire moeurs dsk)@@Une transposition de `l'affaire DSK', survenue à New York en mai 2011 : Le président d'une grande banque internationale provoque un scandale après avoir tenté d'obtenir par la force les faveurs sexuelles d'une femme de chambre d'un hôtel new-yorkais. TELERAMA Donc, voilà, on l'a enfin vu ce film qui fait tant parler depuis plusieurs semaines. Ce n'est pas un navet, mais pas non plus du grand cinéma, Abel Ferrara ayant eu le tort de laisser trop de liberté à ses deux interprètes, Jacqueline Bisset et surtout, Gérard Depardieu. Derrière le buzz, les rumeurs, la polémique, autant dire le marketing 2.0, il y a donc un film – désormais disponible en VOD. Un film qui paraît bien fragile face à toutes les spéculations suscitées depuis un an. Au début, Abel Ferrara donne une dimension grotesque aux orgies new yorkaises enchaînées par Devereaux (le DSK de la fiction, joué par Gérard Depardieu), avec force grognements porcins. Est-ce son point de vue de cinéaste, ou bien la conséquence d'un tournage misant sur l'improvisation et l'inspiration momentanée des interprètes ? Pourquoi ce sous-Marco Ferreri, approximatif et rigolard, si loin de ce qui sera, à l'arrivée, la tonalité du film, une froideur caustique et désenchantée ? Le deuxième temps – arrestation et incarcération de Devereaux – est le moins bavard, le plus saisissant. Ferrara gagne, cette fois, à tout miser sur la force d'incarnation de son acteur. C'est Depardieu, une certaine figure de l'impunité grande gueule, qu'on arrête, qu'on menotte, qu'on humilie, qu'en enferme. C'est lui qui doit se déshabiller intégralement devant les matons de la prison de Rikers Islands. Passons à la raison d'être du film, son acte principal : le face-à-face conjugal dans la maison louée par la riche épouse Simone. Que se disent-ils pendant les premières heures ? Pendant les jours et les semaines qui suivent ? Abel Ferrara n'est pas seul à avoir fantasmé sur ce huis-clos inouï : toute la planète en a fait autant. Le niveau d'attente est élevé. En voyant Jacqueline Bisset (Simone) visiter, seule, la maison, s'étendre, un instant, sur le lit king size de la chambre, juste avant la signature du bail, on a pu croire encore à du grand cinéma, à des images qui diraient plus que n'importe quel dialogue. Quand la dispute s'engage entre les deux époux reclus, on y croit moins. Se confirme l'écueil de la méthode d'improvisation partielle choisie par Ferrara. Ni Depardieu ni Bisset ne peuvent pallier les manques d'un travail d'auteur. C'est injuste de les laisser se débrouiller seuls, dans leur joutes sans fin, et parfois affaiblir le film, bien malgré eux. Avec, enfin, cet étrange effet secondaire : le personnage masculin en sort beaucoup moins rapetissé que la femme. Dans le « roman » de Régis Jauffret, La ballade de Rikers Islands, cette épouse humiliée était élevée au rang de grande héroïne sacrificielle. Sous l'oeil d'Abel Ferrara, c'est l'inverse : elle apparaît préoccupée avant tout des apparences et de sa fortune, mais, surtout, sans aucune démesure et sans aucun humour. Logique, puisque le duel entre les deux personnages est souvent ramené par Ferrara à une simple confrontation entre deux acteurs. Quel que soit le talent de Jacqueline Bisset, c'est évidemment l'impossible monsieur Depardieu, le monstre sacré impardonnable, mais encore aimé, qui rafle tout. | WELCOME TO NEW YORK, Abel Ferrara 2014, Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset (histoire moeurs dsk)@@ (E) Une transposition de `l'affaire DSK', survenue à New York en mai 2011 : Le président d'une grande banque internationale provoque un scandale après avoir tenté d'obtenir par la force les faveurs sexuelles d'une fe ... |