Justine vit l'un des plus beaux moments de sa vie. Tout a été fait pour que son mariage soit une réussite : le cadre tout d'abord, une immense demeure entourée d'un parc que des illuminations viendront embellir, les invités ensuite, la famille et les amis du couple. La fête bat son plein. Pourtant, la nuit venue, Justine se sent lentement envahie par des doutes sans fondement, un vague à l'âme, une mélancolie étrange. Parallèlement, avec son télescope, un enfant découvre un corps céleste inconnu dans l'espace. Une planète massive, dont la route pourrait croiser celle de la Terre. Au fur et à mesure que la planète s'approche, le moral de Justine se dégrade. Sa soeur, au tempérament opposé, essaie de la raisonner
TELERAMA
Une dépressive (Kirsten Dunst) attend la fin du monde comme une délivrance ; sa sœur (Charlotte Gainsbourg) ne s’y résout pas. Lars von Trier abandonne son sens de la provocation et sa misogynie pour réaliser son œuvre la plus accomplie.
C‘est une histoire qui commence par la fin : la fin du monde. Cinq minutes d’ouverture, sur les notes de Tristan et Isolde, pendant lesquelles Lars von Trier présente les motifs du récit avec une puissance symbolique rare. Ces cinq minutes lancent, en majesté, l’œuvre la plus accomplie du cinéaste danois.
Flash-back en deux mouvements sur les derniers jours de l’humanité. Justine, une jolie blonde au sourire factice, se marie. Quelque chose grince dans l’ordonnancement des festivités, et pour cause : la rumeur court que la planète Melancholia pourrait percuter la Terre ; et Justine souffre d’une dépression.
Après un règlement de comptes familial façon , le deuxième acte bascule dans la science-fiction poétique. La vérité des êtres se dévoile à mesure que l’apocalypse approche. Et Lars von Trier délaisse sa misogynie pour signer deux beaux portraits de femme. Justine (Kirsten Dunst) trouve enfin la paix dans le chaos ; sa sœur, Claire (Charlotte Gainsbourg), ne peut se résoudre à disparaître, car elle a beaucoup à perdre : son fils. Le petit garçon observe le rapprochement de la planète Melancholia à travers un télescope bricolé avec un bâton et une tige de fer. Cette touche de simplicité dans une mise en scène au baroque grandiose est la plus belle trouvaille du film.
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