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Arthur RIMBAUD - Poesies

Arthur RIMBAUD - Poesies

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Arthur Rimbaud, Le bateau ivre
1895 poesie
Francois de La ROCHEFOUCAULT - Maximes

Francois de La ROCHEFOUCAULT - Maximes

«Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.»
«Le trop grand empressement qu'on a de s'acquitter d'une obligation est une espèce d'ingratitude.»
«Les défauts de l’esprit augmentent en vieillissant comme ceux du visage.»
«Il n’y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d’être méprisés.»
«On croit quelquefois haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter.»
«On aime à deviner les autres, mais l'on n'aime pas à être deviné.»
«Rien n'est si contagieux que l'exemple.»
«Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu'à prévoir celles qui nous peuvent arriver.»
«Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c'est qu'elle blesse la nôtre.»
«La confiance de plaire est souvent un moyen de déplaire infailliblement.»
«Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons.»
«Il est plus aisé de connaître l'homme en général que de connaître un homme en particulier.»
«La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu'il faut et à ne dire que ce qu'il faut.»
«La nature fait le mérite, et la fortune le met en oeuvre.»
«La fortune nous corrige de plusieurs défauts que la raison ne saurait corriger.»
[ François de La Rochefoucauld ] - Maximes

Texte essentiel de la réflexion sur soi, impitoyable anatomie du cœur humain, d'un pessimisme radical et joyeux, ses maximes ont fait de La Rochefoucauld un des grands moralistes français.
Si on compte de nombreuses éditions des Maximes, on connaît beaucoup moins les Mémoires. La Rochefoucauld les écrivit en 1653, lorsque l'échec définitif de la Fronde, à laquelle il avait activement participé, et une grave blessure reçue lors d'un combat, le contraignirent à se retirer dans ses terres. Elles sont à l'histoire ce que les Maximes sont à la psychologie : une terrible école de lucidité.
1662 essai philosophique
Pierre de RONSARD - Les Amours

Pierre de RONSARD - Les Amours

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
1552 poesie
Joao Guimaraes ROSA - Diadorim

Joao Guimaraes ROSA - Diadorim

À travers amours et guerres, envoûté par l'énigmatique Diadorim, évoquant toutes les aventures qui firent de lui un preux jagunço, un gardien de troupeaux, Riobaldo raconte les journées encore brûlantes passées de bataille en bataille, les longues chevauchées à méditer sur la vie et la mort, dans le décor aride du sertão, lieu de l'épreuve, de la révélation et de la confrontation à l'infini. Unique roman et chef-d'oeuvre du plus grand écrivain brésilien du XXe siècle, Diadorim apparaît d'ores et déjà, au même titre que Don Quichotte, La Chanson de Roland ou Faust pour la tradition européenne, comme une oeuvre mythique de dimension universelle.

« Un véritable tour de force sur le plan de la langue. Une des oeuvres formellement les plus abouties du siècle. »
Mario Vargas Llosa

« Une oeuvre d'une dimension rare en littérature... L'un des plus grands livres qu'on ait jamais écrits. Brutal, tendre, cordial, sauvage, vaste comme le Brésil lui-même. »
Jorge Amado
1956 epopee
Edmond ROSTAND - Cyrano de Bergerac - la tirade du nez

Edmond ROSTAND - Cyrano de Bergerac - la tirade du nez

Vous...vous avez un nez.... heu.... un nez... très grand.
Cyrano: - C'est tout ?...
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme.
En variant le ton, -par exemple, tenez :

Agressif : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez Il faudrait sur-le-champ que je l'amputasse !"
Amical : "Mais il doit tremper dans votre tasse : Pour boire, faites-vous fabriquer un Hanape !"
Descriptif : "C'est un roc!... C'est un pic!... C'est un cap!... Que dis-je, c'est un cap?... C'est une péninsule!"
Curieux : "De quoi sert cette oblongue capsule ? D'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ?"
Gracieux : "Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes De tendre ce perchoir à leurs petites pattes?"
Truculent : "Ca, monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ?"
Prévenant : "Gardez-vous, votre tête entraînée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !"
Tendre : "Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa couleur au soleil ne se fane !"
Pédant : "L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane Appelle Hippocampéléphantocamélos Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os !"
Cavalier : "Quoi, l'ami, ce croc est à la mode? Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode !"
Emphatique : "Aucun vent ne peut, nez magistral, T'enrhumer tout entier, excepté le mistral !"
Dramatique : "C'est la mer Rouge quand il saigne !"
Admiratif : "Pour un parfumeur, qu'elle enseigne !"
Lyrique : "Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?"
Naïf : "Ce monument, quand le visite-t-on ?"
Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu'on vous salue, C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue !"
Campagnard : "Hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain ! c'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain !"
Militaire : "Pointez contre cavalerie !"
Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie ? Assurément, monsieur, ce sera le gros lot !"
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot:
"Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître !"

- Voila ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettre
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
1897 theatre
Philipp ROTH - Portnoy et son complexe

Philipp ROTH - Portnoy et son complexe

L'un des plus connu des romans de Philip Roth né en 1933 à Newark aux Etats-Unis, maintes fois couronné à travers le monde pour ses différents livres et qui vit désormais dans le Connecticut.

Le livre date de 1967, traduit en français en 1970, il faut le préciser pour mesurer le choc qu'il a pu produire à l'époque, et aujourd'hui encore pour certains, car tout le long de ce roman l'auteur ne parle que de cul ! D'où le titre, car le « complexe de Portnoy » est un trouble caractérisé par un perpétuel conflit entre de vives pulsions d'ordre éthique et altruistes et d'irrésistibles exigences sexuelles.

Alex le héros du roman, est fonctionnaire à la mairie de New York. D'origine juive il a vécu dans une famille de type matriarcale où la mère mène tout le monde à la baguette et le père est un faible atteint de constipation chronique ! Enfant étouffé par une mère surprotectrice, il ne trouve d'échappatoire que dans la masturbation forcenée, plusieurs fois par jour et en tous lieux. Plus tard il collectionnera les conquêtes féminines sans assouvir sa (qué)quête.

Le livre accumule les scènes d'anthologie. Entre sa mère omniprésente, on pense aux sketches ou films avec Guy Bedos, et les parties de branlettes hallucinées, on rit beaucoup même si à la longue on peut se lasser de l'étalage de ses turpides en solitaire ou de ses parties de jambes en l'air avec ses différentes partenaires.

Il ne s'agit bien évidemment pas d'un roman pornographique, car derrière les images néanmoins crues, le livre cache une confession. En fait il s'agit du long monologue d'un patient à son psychanalyste. Mais quel est le « problème » d'Alex ? Son avidité sexuelle ou sa judéité ?

Il n'est pas toujours aisé de lire ce roman, car Philip Roth n'utilise pas une narration linéaire, nous sautons parfois du coq à l'âne, d'une époque à une autre, d'un souvenir à un fantasme. Parfois l'accumulation de scènes de sexe lasse, c'est vrai. Au final, la balance est à l'équilibre entre cette lassitude et les fous rires rentrés à la lecture de certaines pages, mais Alex est un héros de roman qui restera à jamais dans nos mémoires.

« Tap tap tap, ce n'est que moi, maman - ce gros chien si gentil m'a ramené à la maison avec ma canne. Un chien ? Chez moi ? Fais-le tout de suite sortir d'ici avant qu'il cochonne tout ! Jack, il y a un chien dans la maison et je viens de laver le lino de la cuisine ! Mais maman, il es ici pour y rester, il faut qu'il reste - c'est un chien dressé. Je suis aveugle. Oh ! Mon Dieu ! Jack ! crie-t-elle, tournée vers la salle de bains, Jack, Alex est revenu avec un chien - il est devenu aveugle ! Lui ? Aveugle ? répond mon père. Comment pourrait-il être aveugle, il ne sait même pas ce que ça veut dire d'éteindre une lampe. Comment ? hurle ma mère. Comment ? Dis-nous comment une chose pareille... Maman, comment ? Qu'est-ce que tu crois ? En fréquentant des filles chrétiennes. »
1969 roman
Jean ROUAUD - Les champs d'honneur

Jean ROUAUD - Les champs d'honneur

Prix Goncourt 1990

Premier roman de l'auteur, maître es lettres et kiosquier à Paris. 'Ce que seul l'écrit sans confusion peut avouer'. Ce roman simple, savoureux, tendre et plein de délicatesse, raconte l'histoire d'une famille du pays nantais à travers trois de ses membres, disparus à quelques semaines d'intervalle : le grand-père maternel, la 'petite tante' institutrice, et le père au début de la quarantaine. Par petites touches, caché derrière un 'nous' qui englobe (selon les circonstances) ses soeurs ou ses cousins, le narrateur remonte jusqu'à la Première Guerre mondiale qu'il évoque avec une intensité douloureuse.

Sa maîtrise de lettres en poche, Jean Rouaud exerce divers petits métiers comme pompiste, vendeur d'encyclopédies médicales... En 1978, il entre à 'Presse Océan' et rédige bientôt des papiers pour la 'une' du journal. Il monte ensuite à Paris ; il travaille tantôt dans une librairie, tantôt comme vendeur de journaux dans un kiosque. En 1990, il fait paraître son premier roman, 'Les champs d'honneur', un coup de maître puisqu'il obtient aussitôt le prix Goncourt. Marqué par la mort de son père au lendemain de Noël alors qu'il avait onze ans, puis par celle de sa mère en 1997, avant même qu'elle ait pu lire les lignes qu'il lui avait consacrées dans ses derniers romans, Jean Rouaud ressuscite au fil de ses oeuvres cette famille décimée, à l'aide de mots simples et de clins d'oeil emplis de malice et de tendresse.
(evene.fr)
1990 roman
Jean-Jacques ROUSSEAU - la Nouvelle Heloise (roman)

Jean-Jacques ROUSSEAU - la Nouvelle Heloise (roman)

C'est la passion amoureuse entre Julie d’Étanges, une jeune noble, et son précepteur, Saint-Preux, un homme d’origine humble. Après avoir tenté de s’en défendre, ce dernier va tomber sous le charme de sa jeune élève. Saint-Preux et Julie vont alors s’aimer dans le décor du lac Léman, mais leur différence de classe sociale les force à garder leur relation secrète. En raison des conventions sociales qui empêchent cet amour de s’exprimer au grand jour, Saint-Preux quitte la Suisse pour Paris et Londres d’où il va écrire à Julie. Les deux personnages vont alors échanger de nombreuses lettres et billets amoureux délibératifs, cherchant une réponse au dilemme que leur pose leur amour et à la situation catastrophique qu’elle engendre, jusqu’à ce que la famille d’Étanges, ayant découvert cette relation, persuade Julie d’épouser un autre homme, le vieux M. de Wolmar. Lorsque Saint-Preux rentre, des années plus tard, Julie a déjà choisi d’honorer ses vœux matrimoniaux et de remplir ses devoirs d’épouse et de mère. Incapable pourtant d’oublier Saint-Preux, Julie décide, par loyauté, d’avouer cet amour à son mari.

L'un des plus grands succès de librairie de la fin du xviiie siècle, révélant ainsi la place faite à la sensibilité au temps des Lumières.
Intitulé à l’origine Lettres de deux amants, Habitans d'une petite ville au pied des Alpes, La Nouvelle Héloïse s’inspire de l’histoire d’Héloïse et de Pierre Abélard, où la passion amoureuse est dépassée pour céder la place à la renonciation sublimée.
En dépit du genre romanesque sous lequel se présente La Nouvelle Héloïse, l’œuvre baigne dans une théorie philosophique où Rousseau explore les valeurs morales d’autonomie et d’authenticité pour accorder la préférence à l’éthique de l’authenticité contre les principes moraux rationnels : n’accomplir ce qu’exige la société que conformément à ses propres « principes secrets » et aux sentiments qui constituent l’identité profonde.
1761
Pascale ROZE - Le Chasseur zéro

Pascale ROZE - Le Chasseur zéro

Prix Goncourt 1996

Laura Carlson vit à Paris chez ses grands-parents. Sa vie est rythmée par le vrombissement du Chasseur Zéro, cet avion japonais qui a torpillé le cuirassier sur lequel servait son père. Sa mère vit en recluse. La petite Laura a peu d'amis. Son existence semble pourtant prendre un nouveau tournant lorsqu'elle rencontre Bruno, un jeune compositeur. Lui suffira-t-il à tourner la page d'un passé si douloureux
(evene.fr)
1996 roman
Jean-Christophe RUFIN - Rouge Brésil

Jean-Christophe RUFIN - Rouge Brésil

"On ne se trompe jamais en conférant à quelqu'un le grade qu'il n'a pas atteint. Celui qui bénéficie de cette erreur est tout prêt à la pardonner, en pensant que le flatteur a simplement un peu d'avance.".

Prix Goncourt 2001

Coup de projecteur sur un épisode méconnu - et peu glorieux - de l'histoire française : au XVIe siècle, un certain chevalier de Villegagnon pilote une tentative de colonisation du Brésil qui se terminera dans un bain de sang.

Docteur en médecine, Jean-Christophe Rufin a également fait Sciences po. Au début des années 1970, il se rend 'incognito' en Ethiopie, pays alors ravagé par la guerre, et rejoint les bataillons humanitaires. Ancien vice-président de Médecins sans frontières, directeur d'Action contre la faim, il a mené de nombreuses missions en Afrique et en Amérique latine. Ces séjours lui inspirent deux romans, tous deux récompensés par un prix Goncourt, le premier par celui du premier roman, et le second par le 'vrai' Goncourt : 'L' Abyssin' et 'Rouge Brésil'. Son militantisme de la première heure ne l'empêche pas de poser un regard critique sur la gestion de l'humanitaire et sur les travers de la démocratie en général. Pour preuve, il fait paraître plusieurs essais analysant finement notre système actuel, et un roman d'anticipation, 'Globalia' en 2004. Jean-Christophe Rufin y imagine un univers si politiquement correct, tellement démocratique, qu'il en devient tyrannique. Il revient très fort en 2007 avec 'Le Parfum d'Adam' dans lequel il s'attaque aux codes du thriller pour signer un roman d'espionnage planétaire. Toujours impliqué dans l'humanitaire, Jean-Christophe Rufin est élu président d'honneur d'Action contre la faim après en avoir quitté la direction. Très attaché à l'Afrique, il est nommé ambassadeur de France au Sénégal le 3 août 2007 sur les conseils de Bernard Kouchner. Le prix Goncourt 2001 semble peu décidé à se reposer sur ses lauriers et, en 2008, il sort une autobiographie / confession attachante : 'Un léopard sur le garrot'. Quelques mois plus tard, il est élu à l'Académie française, prenant ainsi le fauteuil de l'écrivain Henri Troyat.
(evene.fr)
2001 roman